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518. L’extraction avec c’est : limitations

1. Extraction de l’adverbe

L’extraction ne se fait pas aisément avec tous les adverbes, et elle est tributaire de contraintes sé­man­ti­ques et du contexte.

On ne peut par exem­ple pas extraire toujours :

*C’est toujours qu’il va à la chorale.

En revanche, on pourrait dire :

C’est tous les jours qu’il va à chorale.

En effet, l’extraction met en relief ici une opposition implicite entre tous les jours et seulement certains jours. Ainsi, certains adverbes, notamment quand ils peuvent être remplacés par un com­plé­ment cir­cons­tan­ciel, se prêtent mieux à l’extraction :

(a) C’est progressivement que ces réformes se mettront en place. [progressivement = avec le temps, en douceur]. Mais :
(b) ?C’est lentement que nous sommes sortis.
(c) ?C’est vite qu’ils sont partis.

La cons­truc­tion serait plus naturelle en (b) s’il y avait par exem­ple un verbe :

C’est en avançant lentement que nous sommes sortis.
C’est en marchant très vite qu’ils sont partis.

On peut toutefois imaginer de mettre en relief un adverbe pour l’opposer à un autre, pour corriger une assertion :

C’est lentement que nous sommes partis, pas brusquement.
[Dans l’intonation, il y aurait insistance sur lentement].

2. Extraction du verbe

L’extraction du verbe est possible aussi, mais moins fréquente, et elle doit être développée par une cons­truc­tion négative qui explicite le sens. Quand on extrait le verbe qui n’est accompagné d’aucun autre élé­ment focalisable, le mécanisme est assez simple, et on trouve ces phrases clivées mê­me à l’écrit :

C’est acheter que nous devions, pas louer.
C’est manger que je veux, pas boire.

Quand on extrait le verbe d’une phrase dans laquelle il y a d’autres élément focalisables, les procédés de thématisation sont passablement difficiles à manier pour un apprenant FLE :

C’est achetée, qu’elle l’a, sa maison, ma sœur, pas louée.

Ce genre de phrase clivée s’uti­li­se exclusivement dans la langue parlée.

3. Extraction d’une sub­or­don­née

On peut extraire des sub­or­don­nées cir­cons­tan­cielles, de cause, de but, de temps, etc., mais toutes les conjonctions ne permettent pas cette extraction :

*C’est quoiqu’il soient arrivés en retard que
*C’est comme ils sont arrivés que nous avons pu nous mettre à table
*C’est puisqu’il sont arrivés... etc.