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522. La virgule et les sub­or­don­nées cir­cons­tan­cielles

1. Règle générale

Quand la sub­or­don­née cir­cons­tan­cielle est en début de phrase, elle est suivie d’une virgule (comme les com­plé­ments cir­cons­tan­ciels nominaux) :

Bien qu’il soit déjà tard, nous pourrions aller prendre un verre.
Comme le réseau était surchargé, je n’ai mê­me pas pu accéder à la page d’accueil.
Si on le lui avait proposé, il aurait refusé.
Dès que tu seras arrivé, passe-moi un coup de fil.
Que ça te plaise ou non, cette année on ira en vacances à la montagne.

2. La subordonnée suit la principale

Quand la sub­or­don­née suit la principale, il y a deux possibilités : quand la sub­or­don­née est es­sen­tielle p. 701, c’est-à-dire qu’elle est un élément nécessaire et immédiat de la principale), elle n’est pas précédée d’une virgule :

J’ai réservé les billets sur Internet pour que nous n’ayons pas à faire la queue.
Passe-moi un coup de fil dès que tu seras arrivé.

3. La virgule délimite une subordonnée explicative

La virgule s’uti­li­se si la sub­or­don­née est non spécifiante (« explicative », p. 701), donc un élé­ment se­con­daire, et ce précisément pour indiquer qu’elle n’est pas une suite nécessaire de la principale :

Le pont sera construit, mê­me si ça doit prendre des années !
Je me suis demandé, quand il m’a dit ça, s’il était sérieux. Ihmettelin, kun hän sanoi sen minulle, oliko hän tosissaan.
Je ne lui ai rien dit, puisque je ne suis pas censé être au courant. En kertonut hänelle mitään, minähän en periaatteessa tiedä mitään.

4. Cir­cons­tan­cielles causales

La virgule a une influence sur l’interprétation des sub­or­don­nées causales. Dans le cas d’une causale suivant une principale négative, la dif­fé­ren­ce de sens est donc considérable : quand la sub­or­don­née n’est pas pré­cé­dée d’une virgule, la négation porte sur la sub­or­don­née et non pas sur la principale. Comparer :

Il n’est pas parti, parce qu’il avait peur. = Hän ei lähtenyt (koska hän pelkäsi).
Il n’est pas parti parce qu’il avait peur. = Hän lähti (mutta ei sen takia, että pelkäsi, vaan muusta syystä).

En finnois, on est obligé d’uti­li­ser deux cons­truc­tions dif­fé­ren­tes (koska vs. eisen takia että), car la vir­gu­le est obligatoire et la dif­fé­ren­ce de sens entre les deux interprétations de Hän ei lähtenyt, koska pelkäsi ne se verrait pas à l’écrit. Parfois, la distinction n’est pas toujours très nette, et il peut y avoir des in­ter­pré­ta­tions dif­fé­ren­tes. Com­pa­rer par exem­ple :

J’ai réservé les billets sur Internet, pour que nous n’ayons pas à faire la queue.
Varasin liput Internetistä, jotta ei tarvitse jonottaa.

On peut paraphraser cet exem­ple en disant : « varasin liput internetistä – näin meidän ei tarvitse jonottaa ». Sans virgule, la phrase signifie « varasin liput vasta varten internetistä, jotta ei tarvitsisi jonottaa ja silti… ». Noter que dans la prononciation, les deux phrases ont une mélodie dif­fé­ren­te :

J’ai réservé les billets sur Internet pour que nous n’ayons pas à faire la queue, et il a quand mê­me fallu attendre 20 minutes ! Varasin liput Internetistä, jotta ei tarvitse jonottaa, ja silti piti odottaa 20 minuuttia.