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523. La virgule et les propositions complétives et relatives

1. Propositions complétives

En français, comme en finnois, on ne met pas de virgule entre le sujet et le verbe, ou entre le ver­be et son objet. Les complétives (introduites par que) qui peuvent être sujet, objet ou at­tri­but, ne sont donc pas séparées par une virgule du verbe dont elles dépendent. En français – contrairement au fin­nois – on ne met donc pas de virgule devant le mot introduisant la com­plé­tive, ni après la complétive :

Il m’a dit qu’il serait absent deux jours.
On a dit aux informations qu’il allait y avoir une tempête.
Il n’est pas normal que ces piles soient déjà vides.
Que vous soyez étonnés me parait normal.

2. Propositions interrogatives in­di­rectes

Les interrogatives in­di­rectes sont aussi des com­plé­ments (d’objet direct) de la proposition prin­cipale et ne sont donc pas précédées d’une virgule :

Je me demande s’il viendra.
On a dit aux informations qu’il allait y avoir une tempête. Mais on ne sait pas où la tempête sera la plus violente.
Elle ne savait pas qui c’était.

Mettre une virgule devant si, c’est isoler la phrase comme une sub­or­don­née cir­cons­tan­cielle condi­tion­nelle (finnois jos). Comparer :

Nous ne savions pas si cette nouvelle était vraie.
Emme tienneet, oliko uutinen totta.
Nous ne savions pas, si cette nouvelle était vraie, ce que nous aurions dû faire.
Emme tienneet, mitä meidän olisi pitänyt tehdä, jos tämä uutinen oli totta.

Donc, ne pas écrire (erreur fréquente chez les fin­no­pho­nes) : « Je ne sais pas, s’il vient demain. » Un fran­cophone interprète cette phrase d’abord comme « En tiedä – jospa hän tulisi huomenna. »

3. Propositions relatives

L’emploi correct de la virgule est particulièrement important avec les relatives. Quand la re­la­ti­ve est spé­ci­fiante (p. 608), elle n’est pas entourée de virgules :

L’homme que tu as vu à l’instant est mon professeur de trompette.
Les Schmitt n’ont toujours pas la voiture qu’ils ont commandée en novembre.

On n’uti­li­se la virgule que pour isoler une relative non spécifiante (p. 609) :

– appositive (p. 609 §2) ; comparer :

Les Finlandais qui sont blonds ont les yeux bleus.
Niillä suomalaisilla, joilla on vaalea tukka, on siniset silmät.
Les Finlandais, qui sont blonds, ont les yeux bleus.
Suomalaisilla, joilla on [yleensä] vaalea tukka, on siniset silmät.

– accidentelle (renvoyant à un antécédent déterminé par un déterminant indéfini, voir p. 609 §3) :

À cause de ses problèmes financiers, le collectionneur a dû vendre cinq tableaux, dont deux auxquels il tenait beaucoup.
Un nouveau cas de grippe aviaire a été signalé, qui inquiète grandement les autorités sanitaires.

Dans certains cas, il faut donc faire attention à « supprimer » la virgule, mais dans d’autres, avec les relatives déterminatives, il faut bien penser à l’uti­li­ser, sinon on peut obtenir un sens comique. Com­pa­rer :

Je suis allé au ciné-club avec ma femme, qui aime les films de Truffaut. [= relative non spécifiante]
Kävin elokuvakerholla vaimoni kanssa, joka pitää Truffaut’n elokuvista.

Je suis allé au ciné-club avec ma femme qui aime les films de Truffaut. [= relative spécifiante]
Kävin elokuvakerholla [sen] vaimoni kanssa, joka pitää Truffaut’n elokuvista.

Dans le deuxième exem­ple, l’absence de virgule fait penser que le locuteur a plusieurs femmes (dont une qui aime Truffaut, les autres n’aimant pas Truffaut). En finnois, la virgule est obli­ga­toire, et si on veut mar­quer la dif­fé­ren­ce entre les deux relatives, il faut par exem­ple uti­li­ser les pronoms cataphoriques se ou sel­lai­nen.

Remarque : le pronom relatif lequel introduit toujours une relative appositive et est précédé d’une vir­gu­le :

Ils ont traité l’affaire avec la secrétaire du directeur, lequel avait donné son accord.

Bon à savoir pour les apprenants de FLE…

Dans l’usage courant, beaucoup d’usagers francophones ne font pas toujours attention à l’emploi de la virgule, par mégarde ou par ignorance. On peut donc trouver de nombreux cas dans lesquels une relative non spécifiante n’est pas isolée du reste de la phrase par des vir­gu­les, et, quoique moins fréquemment, des cas où on place une virgule devant une proposition relative spécifiante. Il faut donc parfois rétablir (ou supprimer) des virgules, en fonction du sens du contexte (voir aussi par exemple p. 243 §4).