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527. Les guillemets

1. Emploi

Les guillemets français sont « », autrement dit le signe en formes de doubles chevrons « avant le mot, et le si­gne » après le mot (voir description ci-dessous §4 et suivant). On les uti­li­se aussi quand on écrit à la main. Ils s’uti­li­sent dans les mê­mes cas que le signe correspondant en finnois ” (dans la pratique typographique des ouvrages littéraires, le finnois utilise également les doubles guillemets fermants français pour in­di­quer le début et la fin d'une citation, » ... ») :

Exem­ples :

Il avait longtemps entendu parler de la fameuse « réforme », sans savoir en quoi elle consistait.
« Marène » signifie « muikku ».
« Mauviette » est un autre mot pour « alouette ». Kiuru on toinen sana leivoselle.

2. Niin sanottu

Les guillemets sont souvent une solution très pratique pour traduire à l’écrit la locution niin sanottu. À l’oral, comme on n’entend pas les guillemets, on peut rendre niin sanottu par la tournure ce qu’on appelle  (uti­li­sa­ble évidemment aussi à l’écrit) :

tämä niin sanottu uudistus… cette « réforme »…
Se oli niin sanottu lippulaiva. C’était le « haut de gamme ». / C’était ce qu’on appelle le haut de gamme.

3. Variantes

On uti­li­se les guillemets anglais “ ” comme guillemets de second rang, autrement dit pour mettre entre guil­le­mets un mot se trouvant dans une partie qui est elle-même entre guil­le­mets :

« Calculer, c’est effectuer sur des éléments d’un ensemble des “opérations algébriques” ». [Citation du Petit Robert s.v. calculer].

En finnois, on uti­li­se parfois les guillemets simples pour indiquer le sens d’un mot (pratique non conforme à la tradition typographique finlandaise, mais assez répandue dans un certain type d’écrits scientifiques). Dans ce cas-là, en français, on uti­li­se de toute façon les guillemets nor­maux. Com­parer :

Ranskassa ”brutal” tarkoittaa ’kovakouraista’ eikä ’karkeaa’.
En finnois, « brutaali » signifie « grossier » et non pas « violent ».

4. Formes et normes typographiques

Avant l’arrivée des ordinateurs, les guillemets « et » n’existaient pas sur les machines à écrire (inventées aux USA), et on uti­li­sait le signe "…", mais qui est en fait très exactement le signe de la seconde (en ma­thé­ma­tiques, physique, astronomie, etc.). Aujourd’hui, tous les ordinateurs peuvent produire au­to­ma­ti­que­ment les guillemets adaptés à chaque langue et il n’y a donc aucune raison d’uti­li­ser autre chose. Dans cer­tains journaux francophones, on uti­li­se les guillemets anglais, parce qu’ils prennent moins de place, mais les journaux attentifs aux traditions typographiques uti­li­sent les guillemets français.

Dans la tradition typographique finlandaise, les guillemets ouvrants et fermants sont identiques. Chaque pays a sa propre tradition dans ce domaine. Comparer :

anglais example
finnois esimerkki
français « exem­ple »
allemand Beispiel
hongrois példa

Les traitements de texte modernes savent convertir automatiquement le signe " en guillemets en fonction de la langue du texte. Les exem­ples ci-dessus ont été obtenus automatiquement en sé­lec­tion­nant la langue adaptée à chaque exem­ple et en tapant ".

Remarque : le signe " est inconnu de la typographie française et doit être proscrit de tout texte réa­li­sé avec un trai­te­ment de texte moderne.

5. Une tradition plusieurs fois centenaire

L’usage des guillemets en français relève d’une tradition plusieurs fois centenaire. Mais cet usa­ge n’est pas simplement justifié par la tradition, il a des justifications esthétiques et pra­ti­ques. Les guillemets français, avec leurs espaces encloses, sont plus cohérents avec le reste de la pratique typographique française de la ponctuation qui veut qu’on ne mette pas d’espace avant la ponc­tuation basse (point, virgule) mais qu’on mette une espace avant la ponctuation haute (point-virgule, deux-points, points d’exclamation et d’in­ter­ro­ga­tion et guil­le­mets). Cette pratique répond à des exigences de lisibilité. La tradition typographique des Anglo-Saxons est basée sur l’absence d’espace avant la ponctuation haute (; ! : ?). Dans ce contexte, l’usa­ge des guillemets anglais composés collés est compréhensible. Mais il ne peut être transposé au français, car le français uti­li­se abondamment l’apostrophe (). L’anglais n’uti­li­se l’apostrophe que pour noter le « gé­ni­tif saxon » («Lloyd’s »). En français, à cause de la fré­quen­ce de l’apo­stro­phe, l’usage des guillemets an­glais provoquerait cons­tam­ment des grou­pes difficiles à lire :

Ce serait l’“exception”.
Dans un tel cas, on parle d’“effacement”.

Il est nettement plus facile de lire avec les guillemets français :

Ce serait l’« exception ».
Dans un tel cas, on parle d’« effacement ».