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531. Généralités

1. Généralités

L’interrogation directe est passablement complexe en français, quelle que soit la langue à laquelle on la compare (voir par exemple p. 554). Deux systèmes principaux sont en concurrence, qui s’opposent par la structure de la phrase interrogative et par l’ordre des mots :

Il existe en outre des dif­fé­ren­ces considérables entre la langue parlée et la langue écrite. La langue parlée uti­li­se un nombre élevé de formes dif­fé­ren­tes (p. 546 et 547).

Dans la terminologie grammaticale, on oppose également deux types d’interrogation, l’interrogation to­ta­le et l’interrogation partielle. Ces deux termes permettent de regrouper commodément des phénomènes similaires. Dans les deux types d’interrogation, il est possible d’utiliser soit l’inversion du sujet soit l’ordre des mots SVO.

2. L’interrogation totale

On appelle « interrogation totale » la forme d’interrogation à laquelle on répond par oui ou par non, mots qu’on appelle « mots-phrases » (p. 178 §5), parce qu’ils remplacent toute une phrase comme réponse. Mais on peut éga­le­ment répondre en utilisant d’autres adverbes ou toute une phrase au lieu de oui ou non :

Est-ce as pensé à acheter des asperges ? – Non.
A-t-on voté cette fameuse loi ? – Oui, heureusement.
Vous viendrez nous voir ce weekend ? ‐ Absolument !
Tu es sûr qu’il va accepter ? – Il n’a pas le choix.

Rappel : Si vs oui

Quand on répond affirmativement à une question négative, on uti­li­se en français le mot-phrase si, et non pas oui :

Tu ne devais pas aller chez le dentiste aujourd’hui ? — Si, mais j’ai annulé le rendez-vous.
Tu ne crois pas que j’ai raison ? — Si.

L’interrogation totale peut se faire de trois manières : soit par l’inversion, c’est-à-dire en plaçant le sujet ou un pronom de rappel après le verbe, soit en uti­li­sant la locution interrogative est-ce que, soit, cou­ram­ment à l’oral, en modifiant l’intonation de la phrase assertive (p. 502). Dans ce cas, au lieu de descendre vers la fin, la phrase reste en suspens.

531. L’interrogation totale
phrase assertive inversion est-ce que … intonation
Tu viens. Viens-tu ? Est-ce que tu viens ? Tu viens ?
Le soleil brille. Le soleil brille-t-il ? Est-ce que le soleil brille ? Le soleil brille ?

3. L’interrogation partielle

L’autre type d’interrogation est l’interrogation partielle, qui porte sur un élément seulement de l’énoncé, le sujet, l’objet du verbe, un complément circonstanciel, une quantité etc. Dans ce cas-là, la réponse est en principe l’élément sur lequel porte l’interrogation :

Quand rentreront-ils de voyage ? – Demain matin.
Avec qui tu as parlé avant ? – La voisine.
Comment vous semble cette idée ? – Elle ne me semble pas très convaincante.
Quelle solution nous proposez-vous ? – Je n’ai pas encore réfléchi à une solution. [signifie : je ne propose aucune solution]

Dans l’interrogation totale, on peut également utiliser soit l’inversion, soit l’ordre des mots SVO (avec ou sans la particule est-ce que), et souvent le choix entre les constructions est assez vaste et dépend non seulement du type de sujet mais aussi du type de verbe (transitif ou intransitif), etc. :

Pourquoi sont-ils partis si tôt ? Pourquoi les visiteurs sont-ils partis si tôt ?
Pourquoi est-ce qu’ils sont partis si tôt ? Pourquoi est-ce que les visiteurs sont partis si tôt ?
Pourquoi ils sont partis si tôt ? Pourquoi les visiteurs sont partis si tôt ? (p. 544 §2)