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533. L’interrogation totale avec inversion et sujet pronom conjoint

1. Sujet pronom conjoint

Si le sujet du verbe est un pronom conjoint je, tu, il, elle, on, nous, vous, ils, elles (et le P3 nonGN ce), on le place tout simplement derrière le verbe, et on le relie à celui-ci avec un trait d’union. Aux temps com­po­sés, on place le pronom après l’auxiliaire :

Vous connaissez bien la France. →
Connaissez-vous bien la France ?
Elles sont allées en Bretagne. →
Sont-elles allées en Bretagne ?
Ils ont accepté. →
Ont-ils accepté ?

À la 3e personne du singulier, comme le pronom sujet il/elle/on commence par une voyelle, on ajou­te un −t− intercalaire après les formes verbales qui se terminent par une voyelle (voir remarque sur la prononciation p. 548 §1 et Phonétique p. 101 §3b) :

Elle chante → chante-t-elle ?
On a eu → A-t-on eu ?
Elle aura → Aura-t-elle ?
Il va partir → Va-t-il partir ?
A-t-elle déjà rencontré sa future belle-mère ?
Chante-t-il toujours à la chorale ?
Saura-t-on le faire ? 

2. Les pronoms ne changent pas de place

Il suffit de placer le pronom sujet derrière le verbe : l’ordre des autres pronoms ne change pas ! Les pronoms COD et COI placés devant le verbe peuvent donc se retrouver en tête de phrase ; la place du pronom ne change pas non plus par rapport à l’in­fi­ni­tif :

533. La place des pronoms conjoints dans l’interrogation directe
Ils nous en reparleront plus tard.Tu peux y aller.
Nous en reparleront-ils plus tard ?Peux-tu y aller ?
Il ne le leur avait pas dit. Elle s’en achetait tous les jours
Ne le leur avait-il pas dit ? S’en achetait-elle tous les jours ?
Il y a du nouveau. Vous ne vous en souvenez plus.
Y a-t-il du nouveau ? Ne vous en souvenez-vous plus ?
Tu ne le leur as pas acheté. Il n’y en a plus du tout.
Ne le leur as-tu pas acheté ? N’y en a-t-il plus du tout ?
Tu y es allé. Il aurait fallu le leur dire plus tôt.
Y es-tu allé ? Aurait-il fallu le leur dire plus tôt ?
Tu as pu en prendre un peu. Il n’a mê­me pas pu en gouter un peu.
As-tu pu en prendre un peu ? N’a-t-il mê­me pas pu en gouter un peu ?
Elle a tenté de les en convaincre. Il y en a eu plusieurs.
A-t-elle tenté de les en convaincre ? Y en a-t-il eu plusieurs ?

3. Cas particulier de la 1e personne du singulier

À la première personne du singulier de l’in­di­ca­tif présent, on n’uti­li­se en général que certains verbes mo­no­syl­labiques (voir p. 548 §2), essentiellement savoir, pouvoir , devoir, plus rarement faire :

Que sais-je de lui ?
Puis-je poser une question ?
Vais-je accepter ? Dois-je refuser ?
Que fais-je donc ici ?

À cause de l’inversion, le verbe change parfois de forme : pouvoir se met à la forme puis (voir p. 396), et l’e final des verbes du premier groupe devant je inversé prend un accent grave, mais ces formes en −è-je sont très peu fréquentes. Dans l’orthographe non rectifiée, on uti­li­se un accent aigu : chanté-je. Comme cet é se prononce de toute façon [ɛ], les nouvelles normes orthographiques recommandent d’écrire è : chantè-je ? Aux autres temps, les formes avec je inversé sont plus fréquentes :

Je suis bien coiffé. → Suis-je bien coiffé ?
Je vais leur révéler la vérité. → Vais-je leur révéler la vérité ?
Je peux ajouter quelque chose. → Puis-je ajouter quelque chose ?
Je peux m’en aller. → Puis-je m’en aller ?
Je chante. → Chantè-je ?
Avais-je eu raison de postuler ? Serais-je retenu parmi les candidats ? Voilà les questions qui ne cessaient de revenir.
Ai-je bien compris votre question ?
N’ai-je pas été trop brusque avec lui ?

Voir éga­le­ment la forme puissè-je p. 436 §2.