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534. L’interrogation totale avec inversion : autre sujet

1. Sujet autre que pronom conjoint

Si le sujet est un autre mot qu’un pronom conjoint, c’est-à-dire un nom, un pronom démonstratif ou pos­ses­sif, un pronom indéfini non neutre (certains, plusieurs etc.), etc., on ajoute simplement il/elle derrière le verbe, et on le relie à celui-ci par un trait-d’union. Les autres pronoms liés au verbe ne changent pas de place :

Antoine est à la maison.
Antoine est-il à la maison ?
La petite Clémentine sait déjà marcher.
La petite Clémentine sait-elle déjà marcher ?
Sa mère et sa sœur se sont encore disputées.
Sa mère et sa sœur se sont-elles encore disputées ?
Le vendeur vous les avait expliquées.
Le vendeur vous les avait-il expliquées ?
Cédric aurait dû leur en parler.
Cédric aurait-il dû leur en parler ?

Quand le sujet est un P3 nonGN (le pronom cela), un pronom indéfini neutre comme rien, personne, un in­fi­ni­tif, une proposition complétive, etc., il est repris par le pronom il, qui a donc ici une valeur neutre (sans genre ni nombre) :

Cela ne vous surprend pas.
Cela ne vous surprend-il pas ?
Cela ne te parait pas une aberration.
Cela ne te parait-il pas une aberration ?
Quelqu’un veut ajouter quelque chose.
Quelqu’un veut-il ajouter quelque chose ?
Refuser serait la bonne solution.
Refuser serait-il la bonne solution ?
Nul n’aura le courage de protester
Nul n’aura-t-il le courage de protester ?
Qu’il change sans arrêt d’adresse vous parait normal.
Qu’il change sans arrêt d’adresse vous parait-il normal ?

2. Sujet ce/cela

La forme ce du pronom de 3e personne à antécédent non GN devant le verbe être (c’est) se comporte comme un pronom conjoint, autrement dit, à la forme interrogative, on le place simplement après le verbe : c’est est-ce ? ce serait serait-ce ? Dans les cas où devant être on emploie la forme ça/cela et avec les autres verbes qu’être, le sujet cela est repris par le pronom de rappel il après le verbe. Dans certains cas, on peut employer les deux formes :

C’est intéressant. → Est-ce intéressant ?
Cela n’a pas été concluant. → Cela a-t-il été concluant ?
Ce serait intéressant. → Serait-ce intéressant ? ou Cela serait-il intéressant ?

Un certain nombre de formes avec -ce sont plus ou moins sorties de l’usage ou considérées comme archaïques (ou affectées), par exem­ple seront-ce des solutions ? En outre, quand l’attribut est un GN, la cons­truc­tion avec inversion simple n’est pas possible. La situation, assez compliquée, est décrite en détail p. 549.

Remarque : dans une question avec inversion, on n’uti­li­se pas la forme ça, parce ça est de la langue parlée alors que la question avec inversion est typique de la langue écrite :

Ça/Cela vous parait normal. Mais :
Cela vous parait-il normal ? Cela-vous intéresse-t-il ? et non :
*Ça vous parait-il normal ? *Ça vous intéresse-t-il ?

Cette règle échappe à de nombreux usagers. On trouve de nombreuses occurrences de ça sujet de ques­tion avec inversion. Ces formes sont cependant à la limite de grammaticalité et à éviter dans tout type d’écrit.