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539. Que/quoi com­plé­ment d’objet direct

Quand le pronom interrogatif que est en fonction de com­plé­ment d’objet direct, trois cons­truc­tions sont possibles :

1. Langue écrite

Dans la langue écrite essentiellement : on place le pronom que en tête de phrase avec inversion du verbe, Cette inversion est dite « simple » : le pronom conjoint (je, tu, il, elle, on, nous, vous, ils, elles) se place derrière le verbe, avec un trait d’union et éventuellement un -t- intercalaire (après voyelle), que fais-tu ? que cria-t-il ? Si le sujet est un autre mot qu’un des pronoms cités, il se place simplement après le verbe (et non pas devant le verbe, avec ajout d’un il(s) ou elle(s) après le verbe), car contrairement à qui, le pronom que ne peut être que l’objet direct, on n’a donc pas besoin de préciser la fonction par une inversion supplémentaire : que disent tes parents de ça ? (et non *que tes parents disent-ils de ça ?, à comparer avec qui en fonction de COD qui tes parents voient-ils ?) :

Que fais-tu ?
Que cria-t-il ?
Que vois-je ?
Que décida-t-il ?
Que lui avez-vous dit ?
Que s’est-il acheté ?
Qu’en sait-on ?
Que se sont-ils dit ?
Que se sont dit ces gens ?
Qu’étudie ton frère ?
Que faites-vous ce soir ?
Qu’en disent tes amis ?

2. Langue courante

Dans la langue courante, on uti­li­se la cons­truc­tion qu’est-ce que en début de phrase, suivie de l’ordre des mots normal (comparer avec les exem­ples ci-dessus) :

Qu’est-ce que tu fais ?
Qu’est-ce qu’il a crié ?
Qu’est-ce que je vois ?
Qu’est-ce qu’il a décidé ?
Qu’est-ce que vous lui avez dit ?
Qu’est-ce qu’il s’est acheté ?
Qu’est-ce qu’on en sait ?
Qu’est-ce qu’ils se sont dit ?
Qu’est-ce que ces gens se sont dit ?
Qu’est-ce que ton frère étudie ?
Qu’est-ce que vous faites ce soir ?
Qu’est-ce que tes amis en disent ?

Dans la prononciation courante, que est souvent supprimé devant consonne (Qu’est-ce tu fais c’soir ? ), voir p. 588 §7.

Remarque : cependant, comme COD d’un in­fi­ni­tif, on uti­li­se que seul (on ne peut pas uti­li­ser est-ce que) :

Que faire ?
Que répondre à cela ?
Que dire dans un cas pareil ?
Que leur annoncer ?

La question avec infinitif est de toute façon plutôt du style écrit, et on se retrouve donc dans le cas examiné ci-dessus au §1. Dans la langue courante, on dirait (par exem­ple) :

Qu’est-ce qu’il faut faire ?
Qu’est-ce qu’on peut répondre à ça ?
Qu’est qu’on peut/doit dire dans un cas pareil ?
Qu’est-ce qu’on va leur annoncer ?

Dans la langue courante, on peut aussi utiliser la variante quoi (voir aussi p. 639 §2), qui est fré­quen­te avec les ver­bes faire et dire (mais possible aussi avec d’autres verbes) :

Quoi faire ?
Quoi dire ?
Quoi répondre à un truc pareil ?
Quoi acheter ? Si je savais !

3. Langue familière

Dans la langue familière, la phrase interrogative peut se construire comme une phrase assertive avec l’ordre normal SVO et intonation. Le pronom interrogatif est à la forme disjointe quoi et se place après le verbe, comme un COD normal :

Tu vois quoi ?
Il a décidé quoi ?
Vous lui avez dit quoi ?
Il s’est acheté quoi ?
Tes amis en disent quoi ?
Ils se sont dit quoi ?
Ces gens se sont dit quoi ?
Ton frère étudie quoi ?
Tu fais quoi ce soir ?
Tes parents font quoi à Noël ?

La langue familière uti­li­se éga­le­ment la dislocation :

Ton frère, il étudie quoi ?
Tes parents, qu’est-ce qu’ils disent de ça ?

Ces formes sont fréquentes, mais sont à uti­li­ser avec prudence par le non francophone.