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548. Remarques sur l'interrogation directe

1. Prononciation

Le t que l’on ajoute entre une forme verbale terminée par une voyelle et un pronom commençant par une voyelle (p. 533) permet d’assurer une prononciation identique en [t] à la troisième personne du singulier dans tous les groupes verbaux :

Vient-il ?
Finit-elle ?
Joue-t-il ?
Apprend-il quelque chose ?

Dans la prononciation, le d final (verbes du 3e groupe) se prononce [t] :

Attend-il [atɑ̃til] ?
Le surprend-elle [ləsyʁpʁɑ̃tɛl] ?

Dans les verbes du 1er groupe dont le radical se termine par t (chant-er, jet-er, prêt-er etc.), dans la for­me avec inversion chante-t-elle ? ou le prête-t-il ?, on prononce un [t] nettement allongé :

[ʃɑ̃tːɛl], [pʁɛtːil]

Comme au pluriel on fait toujours la liaison après la terminaison -ent, le singulier de ces verbes se pro­nonce comme le pluriel :

[ʃɑ̃tːɛl] = Chante-t-elle ? / Chantent-elles ?

Pour plus de détails, voir Phonétique p. 101 §3b.

2. L’inversion à la 1e personne du singulier

Il est théoriquement possible de mettre tous les verbes à la forme interrogative en -je au présent de l’in­di­ca­tif, mais c’est peu fréquent, d’abord pour des raisons sémantiques (on se pose rarement une question à soi-mê­me, sauf une question rhétorique), et aussi souvent pour des raisons phonétiques, car l’association de je avec certains verbes donne des formes comiques : cours-je ? (cf. courge kur­pit­sa), réponds-je ? (évoque éponge), nais-je ? (neige), fends-je (fange muta), etc. Ce phénomène est parfois exploité in­ten­tion­nellement à l’oral pour plaisanter (à la fois pour imiter un style précieux et s’en moquer à cause du résultat comique) : Ponds-je une réponse ? Écris-je ou n’écris-je pas ? etc.

Les dialogues dans les œuvres littéraires sont ainsi souvent en désaccord avec cette réalité. Même dans des romans où les personnages parlent de la langue parlée, l’intrusion de formes avec inversion est fréquente, en partie sous l’influence des conventions du genre littéraire. Mais, à pro­pre­ment parler, ces questions avec inversion sont des hypercorrectismes (p. 583). On en trouve par­fois mê­me dans les dia­lo­gues de films, et l’uti­li­sation abusive de la question avec inversion est par­ticu­lièrement fréquente et dé­ran­geante dans la littérature graphique (bande dessinée).

Remarque : la question en écho (rhétorique) se fait avec l’ordre normal :

Qui êtes-vous ? – Qui je suis ?
Kuka olette? – [Että] kuka minä olen?

3. Paljonko maksaa? Ça coute combien ?

La manière la plus fréquente de demander le prix de quelque chose est de dire :

Ça coute combien ? ou
C’est combien ?

Mais il y a de nombreuses autres possibilités :

langue parlée langue écrite
Combien est-ce que ça coute ? Combien est-ce que cela coute ?
Ça coute combien ? Quel est le prix de...?
Combien ça coute ? Combien est-ce ? (assez rare)
C’est combien ? (très fréquent) Combien ce livre coute-t-il ? (assez rare)
Combien coute ce livre ? (fréquent) = Combien coute ce livre ? (forme normale)
Ce livre coute combien ?

On trouve aussi des formes fréquentes avec dislocation :

Il coute combien, ce livre ?
Ça coute combien, ce livre ?
C’est combien, ce livre ?
Combien, ce livre ? (familier)