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552. Mitä/Mikä se/tämä on? – langue écrite

1. Mitä se on?

Dans sa forme la plus simple, la question est posée pour demander une définition d’une chose que l’on montre (référence déictique) ou à laquelle on fait référence dans le contexte (référence anapho­rique). Le plus fréquemment, on uti­li­se le pronom ce devant le verbe être, qui correspond à se en fin­nois. Dans ce cas, plusieurs formes sont possibles. Remarquer la forme très simple qui est la norme de l’é­crit soigné (langue soutenue) :

Qu’est-ce ? [langue soutenue]
Qu’est ce que c’est ? [langue courante]
C’est quoi ? [langue parlée]
Qu’est-ce que c’est que ça ? [langue parlée]

2. Mikä tämä esine on? Mitä tämä on?

Quand le sujet est un autre mot que ce (en finnois se), cette question si simple en principe devient assez compliquée :

552. Mikä/Mitä se on?
langue écrite/soutenue langue courante langue parlée
Qu’est-ce que ceci/cela ? Qu’est-ce que c’est ?
Qu’est-ce que c’est que ça ?
Qu’est-ce que c’est, ça ?
C’est quoi ?
C’est quoi, ça ?
Qu’est-ce que ce livre ? Qu’est-ce que c’est ce livre ? Qu’est-ce que c’est, ce livre ?
C’est quoi, ce livre ?
Qu’est-ce qu’un gyromitre ? Qu’est-ce que c’est qu’un gyromitre ? Qu’est-ce que c’est, un gyromitre ?
C’est quoi, un gyromitre ?
Un gyromitre, c’est quoi ?

3. Forme de la langue écrite

À l’écrit soigné, la norme est la cons­truc­tion qu’est-ce que + GN :

Qu’est-ce que le déterminant ?
Qu’est-ce qu’un pronom ?
Qu’est-que la passion ?
Qu’est-ce qu’un livre, en fin de compte, sinon de la cellulose et de l’encre ?
Qu’était-ce que ce sentiment inexplicable qu’elle ressentait ?

Cette cons­truc­tion s’interprète comme qu’est-ce + que + GN. Le mot que est une sorte de conjonc­tion d’ap­pui après la question qu’est-ce : qu’est-ce|que|ce livre ? Il correspond au que de qu’est-ce que tu veux ?, en finnois littéralement Mitä se on [se mitä] haluat?.

Quand cette question est lue oralement (conférence, discours, etc.), on constate parfois chez cer­tains orateurs un allongement discriminatoire de la voyelle [ɛ] de l’élément qu’est-ce (allongement distinctif, voir Phonétique p. 102)  :

Qu’est-ce que la lumière ? [kɛˑskəlalymjɛʁ]
Qu’est-ce qu’une langue ? [kɛˑskynlɑ̃g]

L’allongement s’accompagne alors d’une légère rupture dans l’intonation : la première partie est pro­noncée sur un ton égal suspensif, la deuxième partie sur un ton descendant (avec accent d’insis­tance sur la pre­miè­re syllabe du GN) :

Qu’est-ce que la lumière ? [kɛˑskə | la'lymjɛʁ]

L’allongement et le schéma intonatif particulier servent à dis­tin­guer la suite qu’est-ce + que + GN de la sui­te qu’est-ce que qui est le premier élément de qu’est-ce que c’est/qu’est que tu fais, et qui est pro­noncée en un seul bloc sur un ton descendant. À l’écrit, la dif­fé­ren­ce entre les deux structures est im­mé­dia­te­ment identifiable ; à l’oral, si on prononçait la question Qu’est-ce que la lumière ? d’un seul trait sur un ton descendant, on pourrait avoir l’impression que la question reste incom­plè­te : Qu’est-ce que la lumiè­re… [fait, provoque, apporte, etc.] Cependant, cette manière de prononcer avec allongement et pau­se n’est pas systématique.

4. Langue écrite courante

La cons­truc­tion équi­va­lente de la langue écrite courante (mais pas de type scientifique, juridique, etc.), uti­li­sée aussi à l’oral, comprend un élément c’est que supplémentaire. Comparer :

Qu’est-ce que la lumière ?
Qu’est-ce que c’est que la lumière ?

Exem­ples :

Qu’est ce que c’est que la créatine?
Qu’est-ce que c’est que l’école ? C’est un espace dédié à l’enseignement.
Qu’est ce que c’est que la boxe française ?
Qu’est ce que c’est que l’angle horaire en astronomie ?
Qu’est-ce que c’est que le stress ?

La cons­truc­tion qu’est-ce que c’est que s’emploie aussi fréquemment dans la langue parlée avec une va­leur particulière, voir p. 553 §2b.