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553. Mitä/Mikä se/tämä on? – langue parlée

1. Formes courantes

Dans la langue parlée, pour rendre l’idée du finnois Mitä/Mikä se/tämä on?, on uti­li­se la cons­truc­tion qu’est-ce que c’est + GN, autrement dit sans ajouter de conjonc­tion que devant le GN :

Qu’est-ce que c’est la lumière ?

Cette cons­truc­tion est redondante et assimilable à une cons­truc­tion disloquée avec sujet en rappel (dis­location à droite, p. 514), puisqu’elle contient deux sujets (ce et la lumière). Dans la langue cou­rante, on marque couramment une pause entre la question et le sujet rejeté. On trouve éga­le­ment des questions avec dislocation à gauche :

Qu’est-ce que c’est, la lumière ?
La lumière, qu’est ce que c’est ?

Exem­ples :

Qu’est-ce que c’est le RSS et à quoi ça sert ?
Le droit de préemption, qu’est-ce que c’est ?
Qu’est ce que c’est une hépatite médicamenteuse ?
Qu’est ce que c’est des criquets-phasmes de l’équateur ?
La compta en ligne, qu’est ce que c’est ?
Qu’est ce que c’est les adjectifs qualificatifs ?
Qu’est-ce que c’est, un ornithorynque ?

On obtiendrait la version langue courante (uti­li­sable à l’écrit aussi) de ces exem­ples simplement en rajoutant que :

Qu’est-ce que c’est que le RSS et à quoi ça sert ?
Qu’est ce que c’est qu’une hépatite médicamenteuse ?
Qu’est ce que c’est que des criquets-phasmes de l’Équateur ?
Qu’est ce que c’est que la compta en ligne ?
Qu’est ce que c’est que les adjectifs qualificatifs?
Qu’est-ce que c’est qu’un ornithorynque ?

2. Variantes

a. Dans la langue parlée familière, on uti­li­se fréquemment la cons­truc­tion qui est-ce que c’est qui pour renforcer la question ou souvent mê­me sans véritable intention de mise en relief particulière :

Qui est-ce que c’est qui a dit que tout est relatif ?
Qui est-ce que c’est qui a découvert la pénicilline ?

b. Dans la langue parlée familière, la cons­truc­tion Qu’est-ce que c’est que s’uti­li­se fréquemment avec un GN déterminé par un démonstratif. Elle marque fréquemment (mais pas toujours) la surprise, l’in­dignation, etc :

Qu’est-ce que c’est que ce livre ? C’est nouveau ?
Tiens, qu’est-ce que c’est que ça ? J’ai jamais vu ça !
Qu’est-ce que c’est que cet homme-là ?
Qu’est-ce que c’est que cette robe que tu portes là ?
Mais qu’est-ce que c’est que cette histoire ?
Mais qu’est-ce que c’est que ce truc/ce cirque/ce souk/ce bins/ce foutoir ?
Qu’est-ce que c’est que cette blague de 8e étage sans ascenseur ?
Qu’est-ce que c’est que cette nage débile ?
Qu’est-ce que c’est que cette émission de nuls ?

Cette valeur sera rendue en finnois par un mot comme ihmettä (mitä ihmettä tuo on?) ou d’autres éléments de renforcement plus ou moins colorés dont la langue abonde.

c. Il existe encore bien d’autres possibilités de construire des questions dans la langue parlée, par ex­emple kuka hän on? peut aussi se dire qui c’est ça ? ou (familier) qui c’est que c’est ? Il y a aussi des facteurs phonétiques d’assimilation entrainant des formes raccourcies (que disparait souvent) :

Qu’est-ce que c’est ça ? prononcé [kɛseksa] ou mê­me [kɛsesa]
Qu’est-ce que tu veux ? [kɛstyvø]
Qu’est-ce que ça donne ? (Mitä siitä tulee?) [kɛsːadɔn] etc. (p. 588 §7).

Toutes les possibilités n’ont pas été exposées, le système étant déjà suffisamment compliqué.