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558. La négation : formes de base

1. Ne … pas

Dans sa forme de base (correspondant au finnois ei accompagnant un verbe), la négation s’exprime à l’aide de deux mots (considérés comme des adverbes) négatifs, qui « encadrent » le verbe : ne se place entre le sujet du verbe et le verbe (avant les pronoms conjoints qui précèdent éventuellement le verbe), et le deuxième mot négatif, en général l’adverbe pas, se place après le verbe. Aux temps composés, pas se place après l’auxiliaire, selon le schéma suivant :

ne (pronom) verbe pas
ne (pronom) auxiliaire pas participe

ainsi que l’illustrent les exem­ples suivants :

(a) Aujourd’hui, il fait beau. Aujourd’hui, il ne fait pas beau.
(b) La Finlande a obtenu une médaille d’or. La Finlande n’a pas obtenu de médaille d’or.
(c) Tu aurais dû le lui dire. Tu n’aurais pas dû le lui dire.
(d) Tu le leur as promis. Tu ne le leur a pas promis.
(e) Bois du lait. Ne bois pas de lait.

La négation a un effet sur certains articles ; dans les exem­ples (b) et (d), de est la forme de l’article in­défini devant objet direct dans une phrase négative (p. 49).

Dans les formes avec inversion, l’adverbe ne ne change pas de place et reste devant le verbe :

Tu n’aurais pas dû le lui dire.
N’aurais-tu pas dû le leur dire ?

2. Variantes de pas

Le mot pas est au départ un simple nom qui servait à renforcer la négation (voir p. 568 §1). Il sub­siste d’autres noms de ce type, mais nettement moins fréquents : nepoint (= ne … pas), est uti­li­sé dans la lan­gue soutenue ou dans un usage régional ; ne … mot, ne … goutte sont littéraires et se sont conservés dans quelques expressions plus ou moins figées :

Il n’y a point d’autre solution.
Il n’a dit mot.
On n’y voit goutte. Täällä ei näe metriäkään.
Je n’y comprends goutte. En ymmärrä siitä yhtään mitään.

3. Absence de ne dans la langue parlée

Dans la langue parlée, on supprime presque systématiquement l’adverbe négatif ne et la négation s’ex­pri­me seulement avec pas, ou un autre mot négatif comme plus, rien, jamais, etc. Ce mot, qui était à l’origine un simple nom servant à renforcer la négation, assure ainsi dans la langue parlée les fonctions de seul mot négatif. Selon Blanche-Benveniste (ALPF p. 39), 95 % des particules ne sont absentes dans les con­ver­sa­tions quotidiennes chez les locuteurs de tous les âges et de toutes les couches sociales. Comparer les exem­ples suivants avec les exem­ples ci-dessus :

Aujourd’hui, il fait pas beau.
La Finlande a pas obtenu de médaille d’or.
Tu aurais pas dû le lui dire.
J’ai pas mangé.
Bois pas de lait.
Tu le leur as pas promis.
Il y a pas d’autre solution.
Il a pas dit un mot.
J’ai rien compris.
Ils partent pas encore demain.

La phrase sans ne de la langue parlée est absolument équi­va­lente pour le sens à la phrase avec ne dans la langue écrite. Il y cependant des cas de tournures sans ne qui se sont lexicalisées dans la langue parlée, et dans lesquelles on ne peut pas rétablir ne sans changer le sens de la phrase (voir p. 568 §3).