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585. La nouvelle orthographe

En marge de ce chapitre consacré à la norme, on donne ici un résumé des recommandations or­tho­gra­phiques publiées dans le Journal officiel de la République française (section des documents ad­mi­nis­tratifs) le 6 décembre 1990. Ces recommandations ont progressivement pris place dans la pratique éditoriale (dictionnaires, manuels, etc.), et elles sont entérinées dans l’enseignement officiel en France (depuis 2007) comme en Belgique ou en Suisse. Une version détaillée de ces règles est disponible sur www.orthographe-recommandee.info ou www.renouvo.org. Ci-dessous figure un résumé des princi­pa­les rè­gles.

1. Devant une syllabe contenant un e muet, on écrit è et non é : évènement comme avènement, cèdera comme lèvera, etc. Exceptions:

  1. les préfixes dé- et pré- (dégeler, prévenir, etc.) ;
  2. les é initiaux (échelon, édredon, élever, etc.) ;
  3. médecin et médecine.

2. Dans les verbes terminés à l’in­fi­ni­tif par -eler et -eter, le e du radical se change en è quand la syllabe suivante contient un e muet : il détèle, il époussète ; il détèlera, etc. Les noms en -ment s’écrivent comme le verbe. Exceptions : appeler, jeter et les verbes de leurs familles (y compris interpeler) redoublent l ou t devant une syllabe contenant un e muet : j’appelle, je jette, j’appellerai, etc.

3. Il n’y a pas d’accent circonflexe sur les lettres i et u : traitre, bruler, etc. Exceptions :

  1. les 1e et 2e personnes du pluriel du passé simple : nous vîmes, nous lûmes, vous lûtes, etc. ;
  2. les mots qui sans cet accent seraient homographes : le participe passé , les adjectifs mûr et sûr, le nom jeûne et les formes du verbe croitre qui sans accent seraient identiques à des formes du verbe croire : il croît, je croîs, etc., ainsi que la 3e personne du singulier du subjonctif imparfait : je voulais qu’il partît ; plût au ciel que..., etc.

4. Les noms composés formés, avec trait d’union, formés à l’origine soit d’une forme verbale et d’un nom (verbe suivi d’un nom com­plé­ment d’objet direct), soit d’une pré­po­si­tion suivie d’un nom, perçus comme des mots simples, prennent la marque du pluriel au second élément quand et seulement quand le nom composé est lui-mê­me au pluriel : un essuie-main, des essuie-mains ; un garde-meuble, des garde-meubles (qu’il s’agisse de personnes ou de choses) ; un après-midi, des après-midis etc. [1] Exceptions : quelques composés dont le second terme contient un article (trompe-l’œil) ou commence par une ma­jus­cule (prie-Dieu).

5. Les numéraux composés sont unis par des traits d’union : vingt-et-un-mille-trois-cent-deux, etc. Million et milliard, qui sont des noms comme millier, ne sont ni précédés ni suivis d’un trait d’union : deux mil­lions trois-cent-mille, etc.

6. Le participe passé laissé suivi d’un in­fi­ni­tif reste invariable : les enfants que tu as laissé partir (p. 493 §4).

7. Les noms que le français a empruntés à d’autres langues font leur pluriel comme les autres mots français : les matchs, les solos, les maximums, etc. Exceptions : les noms ayant conservé valeur de citation restent in­variables : des requiem, etc. La règle vaut aussi pour des noms qui étaient des pluriels dans la langue d’o­ri­gi­ne : un errata, des erratas, etc.

8. La finale -olle est remplacée par la finale -ole : corole, etc. Exceptions : colle, folle, molle.