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607. Ce + pronom relatif

1. Généralités

L’un des emplois courants du pronom incomplet à antécédent non GN ce est celui où il est antécédent du relatif (p. 238 et suivantes). Dans ce cas, il correspond en finnois à se (non GN) + mikä. Le pronom relatif qui complète le pronom incomplet est qui / que / dont et, après pré­po­si­tion, quoi. On obtient ainsi les combinaisons sui­van­tes :

ce quice à quoice pour quoi ce envers quoi
ce quece sur quoi ce à partir de quoi ce avec quoi
ce dont (ce + de quoi)ce contre quoi ce vers quoi ce vis-à-vis de quoi, etc.

Exem­ples :

Ce qui te ferait du bien, c’est de faire de la natation.
Cette mesure stimulera l’économie à hauteur de 4,5 milliards par rapport à ce qui aurait été le cas si les cotisations n’avaient pas été gelées.
Il fait toujours ce qu’il veut.
Il est resté ce qu’il était. Hän jäi siksi, mitä hän oli.
Ce n’était pas ce à quoi ([səakwa], voir ci-dessous) j’avais pensé. Se ei ollut sitä, mitä ajattelin.
Le développement de la sécurité est ce vers quoi ([səvɛʁkwa]), doivent tendre tous nos efforts. Turvallisuuden lisääminen on se, mihin meidän on pyrittävä kaikin voimin.
Le cahier des charges est ce à partir de quoi ([səapaʁtiʁdəkwa] se définit la relation entre le client et l’agence.
Contrairement à ce que pensent beaucoup d’apprenants, le groupe ce que n’est pas une « expression figée ».
On ne peut véritablement saisir la portée et la novation de cette pensée qu’en restituant ce vis-à-vis de quoi ([səvizavidəkwa] et contre quoi ([səkɔ̃tʁəkwa]) elle s’exerce.
Atteindre les quarts de finale, c’est plus que ce à quoi je m’attendais à mon arrivée au tournoi.

Prononciation : dans les groupes ce qui et ce que, on supprime l’e de ce dans la prononciation courante, ce qui [ski] et ce que [skə] (sur les variantes possibles, voir Phonétique p. 74 §1). En revanche, quand ce est devant une préposition, on maintient l’e de ce, aussi bien devant voyelle que devant consonne :

Je n’ai donc pas la moindre idée de ce à quoi [dəsəakwa] (et non *[dəsakwa]) vous faites référence.
C’est précisément ce contre quoi [səkɔ̃tʁəkwa] (et non [skɔ̃tʁəkwa]) nous nous battons.

Devant consonne, on entend cependant certains locuteurs faire tomber l’e muet (la séquence [skɔ̃tʁəkwa] n’est pas totalement impossible). La tendance à le maintenir est cependant très forte. Mais devant voyelle, de toute façon, cet e ne s’élide pas dans ce cas.

2. Remarques

  1. La forme ce de quoi est assez rare (mais pas impossible), on uti­li­se plus fréquemment ce dont :
  2. Merci pour ton cadeau. C’est exactement ce dont j’avais besoin.
    Ce dont il s’agit ici, c’est ton avenir.

  3. Le pronom ce suivi d’un relatif est couramment uti­li­sé dans les phrases pseudo-clivées (p. 622).
  4. Le pronom ce antécédent de relatif correspond au finnois se. Ce dernier n’est toutefois pas toujours ex­pri­mé devant le relatif, alors qu’en français on l’exprime toujours (p. 246).

3. Après voici et voilà

Après voici et voilà, le pronom ce est effacé et on on uti­li­se de quoi, à quoi, sur quoi, etc. :

Voici de quoi j’aurais besoin : … Tarvitsisin seuraavaa: …
Voilà de quoi je voulais vous faire part. Sen halusin saada tietoonne.
Voilà à quoi je voulais en venir. Siihen minä tähtäsin.
Voilà sur quoi il faudrait insister. Sitä juuri pitäisi painottaa.

4. Ce non exprimé devant des groupes pré­po­si­tionnels figés

a. Devant les groupes pré­po­si­tionnels suivants, on n’exprime pas le pronom incomplet ce (ces grou­pes se sont grammaticalisés et se comportent comme des locutions adverbiales) :

après quoi minkä jälkeen, ja sitten
sans quoi muuten
avant quoi mitä ennen
grâce à quoi minkä ansiosta, jolloin
sur quoi ja sitten, jolloin
moyennant quoi sillä, sen avulla
au lieu de quoi sen sijaan
faute de quoi muuten
à la suite de quoi
en conséquence de quoi minkä seurauksena

Exem­ples :

Je vais encore lire un peu, après quoi j’irai me coucher.
Dis-leur d’être plus soigneux, faute de quoi ils devront tout refaire.
Les enchérisseurs doivent être munis d’une pièce d’identité officielle, faute de quoi l’offre sera rejetée.
Les trois premières fonctions suffisent à expliquer 95% de la variation totale, moyennant quoi il est possible de dif­fé­ren­cier les zones avec remontée d’eau.

b. Le caractère figé de ces groupes se voit dans le fait qu’ils sont fréquemment uti­li­sés comme adverbes de liaison en tête de phrase :

Ainsi François Hollande s’était-il engagé [...] à interdire le cumul des fonctions de premier secrétaire fédéral et de député européen, au motif que « le mandat d’eurodéputé est un mandat à plein temps ». Moyennant quoi, il promouvait sur les listes de juin 2004 de son parti trois premiers secrétaires.

La suite sur quoi peut être un groupe figé à valeur temporelle, qui signifie « à la suite de cela, ensuite » ; mais on peut aussi uti­li­ser sur quoi de façon tout à fait indépendante et le rattacher à ce, en début de phrase :

Ce sur quoi je voudrais revenir, c’est le problème des équ­iva­lences des diplômes.

En position postposée, on uti­li­se plutôt un autre antécédent que ce, pour éviter la confusion avec la locution sur quoi de sens temporel :

Il reste encore le problème des équ­iva­lences des diplômes, question sur laquelle nous reviendrons ultérieurement.

c. Après la pré­po­si­tion en, l’emploi de ce est obligatoire en début de phrase, et il est facultatif dans les autres cas :

Ce en quoi il avait toujours cru lui paraissait soudain vide de sens.
Les critiques lui ont reproché son style un peu facile, (ce) en quoi ils n’avaient pas tort.