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616. Remarques sur les propositions relatives

1. *C'est de ce livre dont

Dans les formes c'est de ce livre dont (p. 621 §1), l’analogie fonc­tion­ne ainsi dans l’esprit des usagers :

(a) La fillette (sujet) parle. Pronom sujet : qui → C’est la fillette qui parle.
(b) Je vois la fillette (objet direct). Pronom COD : que → C’est la fillette que je vois.
(c) Je donne une pomme à la fillette (COI). Pronom COI : à qui → *C’est à la fillette à qui je donne la pomme.
(d) Je parle de la fillette (objet in­di­rect). Pronom de+relatif : dont → *C’est de la fillette dont je parle.
(e) La fillette habite dans cette ville. (lieu). Pronom relatif de lieu : → *C’est dans cette ville habite la fillette.

Dans les phrases (c) (d) et (e), la relation entre le verbe et le com­plé­ment (marquée par une pré­po­si­tion) est donc exprimée deux fois (à – à qui, de – dont, dans – où). Or, dans l’extraction, il suffit qu’elle soit exprimée devant le GN extrait. Ce qui est déroutant pour de nombreux usagers, c’est que le mot que est une conjonction, à laquelle on ne peut pas adjoindre une pré­po­si­tion. Les phrases correctes seraient :

(c) Je donne une pomme à la fillette [objet in­di­rect]. → C’est à la fillette que je donne la pomme.
(d) Je parle de la fillette [objet in­di­rect]. → C’est de la fillette que je parle.
(e) La fillette habite dans cette ville [lieu]. → C’est dans cette ville qu’habite la fillette.

2. Qui et Lequel dans les locutions pré­po­si­tionnelles terminées par de

Bien que le groupe pré­po­si­tion de + qui/lequel puisse être remplacé par dont (le vendeur de qui je parle → le vendeur dont je parle), cette transformation est impossible si la pré­po­si­tion de est un élément d’une locution pré­po­si­tionnelle comme au sujet de, auprès de etc. Dans ce cas, l’élément de est toujours conservé, éven­tuel­lement sous forme contractée s’il est suivi de lequel/ lesquel(le)s, et ne peut pas être remplacé par dont :

la personne au sujet de la laquelle / au sujet de qui il m’a téléphoné
le professeur à côté duquel / à côté de qui je me trouve
les amis de la part de qui / de la part desquels il vous appelle etc.

Bien que cela soit tentant pour les fin­no­pho­nes, puisqu’en finnois duquel / de qui / dont correspondent à un seul et mê­me pronom (jonka), on ne peut pas opérer les transformations suivantes :

la personne au sujet de la laquelle / au sujet de qui il m’a téléphoné → la personne au sujet **dont il m’a téléphoné
le professeur à côté duquel / à côté de qui je me trouve → le professeur à côté **dont je me trouve
les amis de la part de qui / de la part desquels il vous appelle → les amis de la part **dont il vous appelle etc.

Pour surprenantes qu’elles puissent paraitre au lecteur francophone, ces formes « syn­cré­ti­ques » (qui ne sont pas entièrement illogiques) se rencontrent aussi chez d’autres ap­pre­nants FLE. Mais elles doivent être évitées à tout prix, car elles sont totalement agram­ma­ti­cales.