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622. Les phrases pseudo-clivées

1. Définition et mécanisme

Les phrases pseudo-clivées (p. 517) sont formées d’une proposition relative qui contient le thème et d’une par­tie introduite par c’est qui représente le propos (p. 511). La proposition introduite par c’est complète le con­te­nu du pronom antécédent de la relative :

J’ai acheté quelque chose. C’est un kayak gonflable. →
Ce que j’ai acheté, c’est un kayak gonflable.

La partie ce que j’ai acheté reste sémantiquement incomplète tant qu’elle n’est pas explicitée par la partie introduite par c’est. L’antécédent de la relative est un pronom incomplet (p. 230).

Étant donné que les cons­truc­tions pseudo-clivées sont très fréquentes à l’oral et fréquentes à l’écrit aussi, il faut bien avoir assimilé le fonc­tion­nement et l’emploi des dif­fé­ren­tes formes des pronoms relatifs. Pour l’apprenant fin­no­pho­ne, il s’agit donc de faire attention

– à la forme du pronom incomplet (celui, celle, ce, etc.) ;

– à la forme du relatif et à la cons­truc­tion du verbe (choix de la pré­po­si­tion, si nécessaire).

2. Formes de pronoms variables

L’attribut du pronom ce dans la principale peut être un GN ou un autre élément grammatical (proposition, infinitif etc.). Contrairement au finnois, en général, même quand l’attribut est un GN, la forme du pronom incomplet antécédent du pronom relatif dans la phrase pseudo-clivée est le pronom à antécédent non GN ce, car le contenu sémantique du pronom n’est pas encore connu : il est révélé dans la phrase principale introduite par c’est... :

Ce qui m’a plu dans le roman, ce sont les dialogues.
Ce que j’ai trouvé génial dans ce film, c’est les paysages magnifiques. Ce dont je me souviendrai toujours, c’est la manière dont il m’a regardé quand je le lui ai annoncé.
Ce à quoi personne n’avait osé penser, c’est que la fonte de la calotte polaire s’accélèrerait à ce point.

Plus d’exemples…

Ce que je voudrais, c’est que tu t’impliques un peu plus dans l’éducation de nos enfants.
Ce dont les clients se plaignent le plus, c’est la suspension.
Ce que nous nous voudrions faire et ce dont nous aurions besoin, c’est de signer un partenariat.
Ce contre quoi il faut se mobiliser, c’est la lente remontée de l’obscurantisme en Europe.
Ce qui dif­fé­ren­cie ces gens de mes concepteurs Web stagiaires, c’est qu’ils ont conscience de leurs connaissances et de leur pôle d’expertise.
Ce qu’on peut reprocher aux Français, c’est qu’ils ont la vie intérieure d’un teckel, avec l’idéal d’un teckel.
Ce qui s’est passé, c’est que je n’avais pas mes papiers à jour.
Ce qu’il faudrait à ce pays, c’est une réforme radicale des institutions.
Ce qui n’est pas prouvable, c’est ce à partir de quoi on prouve.

Cependant, le pronom incomplet antécédent de la relative peut aussi renvoyer anaphoriquement à un GN connu (ou implicite, dans le cas d’un pronom nominal, p. 231 §1) ; dans ce cas, la forme est celui / celle :

Celle dont les clients se plaignent le plus, c’est la 2 litres diesel. [renvoie à une voiture]
Celle qui nous intéresse, c’est la photo du milieu. [renvoie à une photo – implique qu’on a déjà parlé de photos antérieurement]

Plus d’exemples…

Ceux avec qui nous n’avons jamais de problèmes, c’est les clients étrangers, pas les Français. [renvoie à « clients » ; le pronom peut aussi être nominal (« les gens »)]
Celui qui a obtenu le plus de points, c’est le candidat du parti des Verts. [on parle de candidats]
Celle que j’ai bien aimée, c’est la prof que j’avais en sixième et qui nous faisait vraiment beaucoup apprendre de textes et puis les jouer. [dans le contexte, on évoque d’anciens professeurs]

3. Variante avec si

Les cons­truc­tions pseudo-clivées ont une variante introduite par si. Bien que dans ce cas-là, on n’uti­li­se pas toujours de pronom relatif, celui-ci est fréquent et il faut là aussi veiller à la cons­truc­tion et à la forme du pronom. Remarquer notamment la dif­fé­ren­ce entre une chose, qui est un groupe nominal, qui est donc repris par dont, et quelque chose, qui, étant un pronom indéfini et ne renvoyant donc pas à un GN identifiable, est repris par quoi . Cette construction est fréquente dans la langue parlée :

S’il y a quelqu’un qui m’énerve, c’est ton frère quand je l’entends parler.
S’il y a une chose dont je peux m’estimer satisfait, c’est d’être allé m’installer à la campagne.

Plus d’exemples…

S’il y a un truc que je supporte pas, c’est qu’on se pointe systématiquement en retard.
S’il y a une chose à laquelle je ne me peux pas m’habituer, c’est de me lever si tôt.
S’il y a quelque chose à quoi l’Européen peut s’identifier, c’est à sa culture commune.
S’il y a quelque chose contre quoi il faut se mobiliser, c’est la remontée de l’obscurantisme en Europe.

Remarque : il existe aussi des cons­truc­tions pseudo-clivées introduites par si qui expriment la cause, voir p. 716 §2.