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625. Discours direct et discours in­di­rect

1. Définition

On appelle « discours in­di­rect » (en finnois epäsuora esitys) le fait de rapporter un énoncé prononcé en si­tua­tion de deixis (p. 500) généralement sous la forme d’une sub­or­don­née dépendant d’un verbe signifiant « dire » ou « pen­ser » (et tous les verbes synonymes). Rapporter signifie « raconter », en finnois selostaa. À la place de dis­cours in­di­rect, on uti­li­se pour cette raison aussi le terme de discours rapporté :

discours direct :    Il a dit : « Je viens demain ».
discours in­di­rect : Il a dit qu’il viendrait demain/le lendemain.

Cette distinction existe aussi en finnois (suora esitys/epäsuora esitys). Il s’agit surtout d’une distinc­tion utile pour l’explication de certains phénomènes grammaticaux.

2. Mécanisme

Le discours direct est le fait de présenter (comme le mot esitys l’exprime très bien en finnois) les propos d’une personne exactement comme cette personne les a énoncés (en uti­li­sant la mê­me per­sonne gram­ma­ticale) :

Philippe m’a dit : « Je te rapporterai tes livres demain ».

Dans le discours in­di­rect, il y a d’abord transformation de la phrase indépendante Je te rapporte tes li­vres demain en sub­or­don­née complétive introduite par que :

Philippe m’a dit qu’il me rapporterait mes livres demain.

De plus, les pronoms changent en fonction de la personne qui rapporte le discours, et les déictiques de­vien­nent des anaphoriques, voir p. 626. Si le locuteur n’est plus le je de l’exem­ple précédent, on obtient la phra­se suivante :

Philippe lui a dit qu’il lui rapporterait ses livres le lendemain.

En outre, on constate que le verbe rapporter dans la complétive a changé de temps, à cause de ce qu’on appelle la concordance des temps (p. 627).

Le finnois uti­li­se pratiquement les mê­mes procédés que le français, et le discours in­di­rect ne pose pas de problèmes quant à son principe de base. Les dif­fi­cul­tés portent essentiellement sur la forme des ana­pho­ri­ques en français et sur la concordance des temps, qui n’existe théoriquement pas en finnois (voir ce­pen­dant p. 630 §3).

3. Le discours in­di­rect libre

Il existe éga­le­ment le discours in­di­rect libre (vapaa epäsuora esitys) qui s’uti­li­se essentiellement dans la langue écrite (de type littéraire). Les propos sont rapportés sans subordination, comme le discours direct, mais avec les temps et les références du discours in­di­rect. L’exem­ple précédent deviendrait ainsi :

Philippe lui rapporterait ses livres le lendemain. Philippe toisi hänelle hänen kirjansa seuraavana päivänä.