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627. La concordance des temps

1. Mécanisme

La concordance des temps s’applique dans les sub­or­don­nées complétives et dans les sub­or­don­nées in­ter­ro­gatives in­di­rectes. Quand ces propositions sub­or­don­nées dépendent d’une proposition princi­pale dont le temps est au passé, le verbe de la sub­or­don­née se met à un temps du passé (imparfait, plus-­que-parfait) ou au conditionnel. La concordance des temps n’existe pas en finnois (voir cepen­dant p. 630 §3), mais elle fonc­tion­ne de façon pratiquement identique en anglais. Comme l’anglais est la langue étrangère la plus étudiée en Finlande, le mécanisme de la concordance des temps en français ne doit pas poser de dif­fi­cul­tés majeures aux apprenants FLE fin­no­pho­nes.

La principale peut elle-mê­me être une sub­or­don­née dépendant d’une autre proposition. Le temps du pas­sé de la principale peut être un temps conjugué, un in­fi­ni­tif, un participe, un passé périphras­ti­que (venir de + in­fi­ni­tif) etc. Même un participe présent, dans un récit au passé, peut avoir une valeur de passé et en­trainer la concordance des temps (p. 482 §3) :

Elle m’a annoncé qu’elle allait se marier. [complétive]
Je me demandais qui avait bien pu téléphoner à cette heure. [interrogative in­di­recte]
Le texte de loi a été adopté quand le parti socialiste a annoncé qu’il retirait son amendement. [complétive dépendant d’une sub­or­don­née avec un verbe au passé]
Je pensais vous avoir dit que je serais absent demain. [complétive dépendant d’une in­fi­ni­tive au passé]
On venait de nous annoncer que la réunion serait annulée. [complétive COD d’une principale avec un verbe au passé récent]
Comprenant qu’il était inutile d’insister, il sortit en claquant la porte. [complétive COD d’une principale avec un participe de sens passé]

Dans les complétives, en fonction du sens du verbe de la principale et de la cons­truc­tion, le temps de la sub­or­don­née peut être à l’in­di­ca­tif ou au subjonctif.

2. Au subjonctif

Dans certains cas, le verbe de la proposition complétive est au subjonctif. Dans ce cas-là, la concor­dance des temps s’applique éga­le­ment quand le temps du verbe de la principale est au passé. La dif­fé­ren­ce par rapport à l’in­di­ca­tif, c’est que le subjonctif n’a pas de futur. C’est le subjonctif pré­sent qui fait fonction de futur logique, et dans les cas où à l’in­di­ca­tif on emploie un conditionnel, au subjonctif on emploie le présent :

On ne sait pas si ça servira à quelque chose.
On n’est pas sûr que ça serve à quelque chose.
On ne savait pas si ça servirait à quelque chose.
On n’était pas sûr que ça serve à quelque chose.

Le subjonctif dispose au total de quatre temps, qui peuvent tous s’uti­li­ser dans la concordance des temps, mais dans la langue moderne, on n’en uti­li­se couramment que deux, le subjonctif présent et le subjonctif pas­sé. Voir p. 629.