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629. La concordance des temps dans une sub­or­don­née au subjonctif

1. Règle de base

La concordance des temps fonc­tion­ne de la mê­me manière au subjonctif, sauf que le subjonctif n’a pas de futur : c’est le subjonctif présent qui fait fonction de futur (p. 627 §2). Après une principale dont le verbe est à un temps du passé, le verbe de la sub­or­don­née au subjonctif varie en principe de la façon suivante dans la norme du français écrit :

subjonctif présentsubjonctif imparfait
subjonctif imparfaitsubjonctif imparfait
subjonctif passésubjonctif plus-que-parfait
subjonctif plus-que-parfaitsubjonctif plus-que-parfait

En réalité, l’imparfait et le plus-que-parfait du subjonctif ne s’uti­li­sent que dans la langue écrite soutenue (voir l’exem­ple de l’Ode au subjonctif p. 631 §3). Certains auteurs l’uti­li­sent plus que d’autres, et les usa­gers éprouvant une insécurité linguistique (p. 582) l’uti­li­sent n’importe quand dans la langue courante, par hypercorrectisme (p. 583), notamment dans la presse. Il ne faut donc pas s’étonner de trouver de nom­breux im­par­faits du subjonctif dans les journaux en ligne ou imprimés. Le plus souvent, ils sont malvenus. Un imparfait du subjonctif de concordance des temps dans un récit de style courant parait très étrange.

2. Langue écrite moderne et langue courante

Dans la langue courante, quand le verbe de la principale est au passé, dans la subordonnée on uti­li­se ha­bi­tuel­lement le pré­sent et le subjonctif passé au lieu de l’imparfait du subjonctif. Dans la langue parlée, le subjonc­tif présent et le subjonctif passé sont les seuls temps du subjonctif uti­li­sés, l’imparfait et le plus-que-parfait sont exclus. Après une principale dont le verbe est à un temps du passé, le verbe de la sub­or­don­née au subjonctif varie donc de la façon suivante dans la langue courante et la langue parlée :

subjonctif présent → subjonctif présent
subjonctif passé → subjonctif passé

La concordance des temps se fait donc ainsi :

Langue soutenue : Il voulait que tout fût réglé dans les moindres détails.
Langue courante / parlée : Il voulait que tout soit réglé dans les moindres détails.

629. La concordance des temps au subjonctif
Verbe de la
principale au
présent/futur/
conditionnel
Verbe de la
sub­or­don­née
Principale au passé Verbe de la sub­or­don­née
Langue couranteLangue soutenue
Il faut
Il faudra
Il faudrait
Voulant
que tu comprennes
qu’il vienne
que vous ayez fini
 que ce soit terminé

Il voulait que
Il voulut que
Il avait voulu que
Il eut voulu que
Il aurait voulu que
Il eût voulu que
qu’il voulût que
qu’il ait voulu que
qu’il eût voulu que
ayant souhaité que
tu comprennes
vous veniez
ce soit terminé
vous ayez fini
tu comprisses
vous vinssiez
ce fût terminé
vous eussiez fini

3. Enchainement de subordonnées

Un subjonctif présent dans une proposition subordonnée peut donc parfois renvoyer à un contexte pas­sé et entrainer une modification du ver­be de la principale :

Je me demande s’il faut qu’on lui dise qu’il n’a aucune chance d’être désigné à ce poste.
Je me demandais s’il fallait qu’on lui dise qu’il n’avait aucune chance d’être désigné à ce poste.

Dans cette phrase, le temps du passé (imparfait) me demandais entraine la concordance des temps dans l’in­terrogative in­di­recte (fautfallait), qui entraine la concordance des temps dans la complé­tive (dise deviendrait dît dans la langue soutenue, mais reste dise dans la langue courante), qui à son tour entraine la concordance des temps (aavait) dans la deuxième complétive (dise est une for­me de présent, mais ex­pri­me un passé).

4. Concordance des temps après un passé composé

Après une principale au passé composé (dans le discours et le récit), on met le verbe de la subor­donnée au subjonctif présent. En effet, le fait que l’auxiliaire du verbe soit un présent (passé com­po­sé = présent de l’in­dicatif de l’auxiliaire + participe passé) a pour effet que le passé composé n’est pas senti comme un temps passé faisant partie du récit, mais comme un temps ancré dans le discours.

Il a souhaité que vous partiez.
Il a fallu qu’elles reviennent.

En outre, comme dans la langue courante il n’y a qu’un seul temps du passé dans la sub­or­don­née (le sub­jonc­tif passé), pour souligner plus nettement la valeur passé de ce subjonctif (antériorité) on uti­li­se par­fois des formes du subjonctif passé surcomposées (p. 368 §3) :

Il n’est pas possible qu’ils aient fini si tôt.
Il n’était pas possible qu’ils aient eu fini si tôt.