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630. La concordance des temps : autres cas

1. Concordance des temps après un participe présent

De la mê­me manière que le subjonctif présent peut avoir valeur d’imparfait et entrainer une modification du temps dans la sub­or­don­née qui suit (p. 629 §3), un participe présent peut renvoyer à un temps passé et entrainer une modification du verbe de la principale :

Ne sachant pas ce qu’il doit faire, il attend des directives de votre part. ou
Ne sachant pas ce qu’il devait faire, il attendait des directives de votre part.
Comprenant qu’il était inutile d’insister, il sortit en claquant la porte.

Le participe est ici formellement un participe présent, mais il a une valeur de passé (voir p. 482 §3). Cette va­leur de passé est exprimée à la fois par le verbe de la principale (sortit) mais aussi par le fait que le ver­be (était) de la complétive dépendant de comprenant est à l’imparfait. Comme le participe n’a que deux temps, le présent et le passé, le participe présent peut avoir valeur d’impar­fait, lequel est un « présent du passé » (voir p. 410).

2. Exceptions à la concordance des temps

On n’applique pas la concordance des temps dans les cas suivants :

a. Quand le verbe de la principale est au passé composé et l’action de la sub­or­don­née est envisa­gée comme continuant nettement dans la situation de l’énonciation, surtout dans la langue parlée :

Elle m’a dit au téléphone qu’elle reste / restera encore deux jours.

On peut cependant très bien dire (dans la langue écrite et dans la langue parlée) :

Elle m’a dit au téléphone qu’elle restait / resterait encore deux jours.

b. Si on veut souligner que le verbe de la sub­or­don­née traduit une vérité générale qui reste valable :

Au début du siècle dernier, on ne savait pas encore que le tabac est cancérigène.
C’est Pasteur qui a démontré que les maladies infectieuses sont provoquées [= présent du passif] par des microbes.

Mais la concordance des temps reste toujours possible :

Le tabac est cancérigène. Au début du siècle dernier, on ne le savait pas encore. →
Au début du siècle dernier, on ne savait pas encore que le tabac était cancérigène.

Dans le doute, l’apprenant FLE peut retenir qu’il vaut mieux appliquer la concordance des temps, no­tam­ment à l’écrit.

3. Concordance des temps en finnois ?

En anglais, la concordance des temps fonc­tion­ne pratiquement de la mê­me manière qu’en français. Sous l’influence de cette langue, dans les médias finlandais (notamment dans les sous-titres de films ou de séries télévisées), on constate assez souvent une uti­li­sation erro­née de la concordance des temps, qui n’exis­te pourtant pas en finnois. Exem­ple :

I knew you would come (qui correspond exactement à Je savais que tu viendrais) est traduit
*Tiesin, että tulisit.

La bonne traduction serait :

Tiesin, että tulet.

La dif­fé­ren­ce entre le français (ou l’anglais) et le finnois se voit clairement quand on remplace en fin­nois la complétive par une participiale :

Il a dit qu’il était surpris. Hän sanoi olevansa yllättynyt.
Il a dit qu’il avait été surpris. Hän sanoi olleensa yllättynyt.
Il a dit que tout serait bientôt terminé. Hän sanoi kaiken olevan pian valmiina.

Quand on traduit en finnois un texte français (ou anglais), il faut faire attention à bien interpréter l’im­parfait de la sub­or­don­née (qui est en fait un présent) ou le conditionnel (qui est un futur, c’est-à-di­re en finnois un présent) :

Le journaliste a promis que le texte serait prêt pour le lendemain.
Toimittaja lupasi, että juttu on valmis seuraavana päivänä.
Le président a dit qu’il était satisfait de la rencontre.
Presidentti kertoi olevansa tyytyväinen tapaamisen tuloksiin
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