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636. Interrogation partielle

1. Identité du mot interrogatif

L’interrogation partielle directe se fait à l’aide d’un mot interrogatif (qui, quand, , quoi, combien, etc.). Dans l’interrogation in­di­recte, on uti­li­se en général (sauf certains cas, voir §2 et §3 ci-dessous) exactement le mê­me mot interrogatif que dans l’in­ter­ro­gative directe. La seule dif­fé­ren­ce avec l’in­ter­ro­ga­tion directe est que l’ordre des mots redevient l’ordre des mots nor­mal SVO :

Qui t’a offert ces belles fleurs ? → Je me demande qui t’a offert ces belles fleurs.
Combien de temps resterez-vous absent ? → Je ne sais pas combien de temps vous resterez absent.
a-t-il mis ses lunettes ? → Il ne sait plus il a mis ses lunettes.
Laquelle de ces couleurs est-ce que tu préfères ? → J’ignore laquelle de ces couleurs tu préfères.
Quand est-ce que tu te marieras ? → Est-ce que tu sais quand tu te marieras ?
Pourquoi ne m’a-t-on pas avertie ? → J’aimerais bien savoir pourquoi on ne m’a pas avertie. 
De qui se moque-ton ici ? → J’aimerais vraiment savoir de qui on se moque ici.
Combien cela lui a-t-il couté d’efforts ? → Nul ne peut imaginer combien cela lui a couté d’efforts.
Quelle voiture a-t-elle achetée ? → On ne sait pas encore quelle voiture elle a achetée.
Quelle décision prendra-t-il ? → Personne ne sait quelle décision il prendra. (voir p. 642)
Lequel de ces modèles les consommateurs préfèrent-ils ? → L’étude tente de savoir lequel de ces modèles les consommateurs préfèrent.

2. Qui est-ce qui/que

Les formes qui est-ce qui (qui en fonction de sujet) et qui est-ce que (qui en fonction de COD ou d’attribut du sujet), ou qui en fonction de COI avec une pré­po­si­tion se réduisent à qui :

Qui est-ce qui a oublié ses clés ici ? → J’aimerais bien savoir qui a oublié ses clés ici.
Qui est-ce que ça peut bien intéresser ? → On se demande qui ça peut bien intéresser.
Qui est-ce que c’est ? → Je ne sais pas qui c’est.
À qui est-ce qu’ils en ont parlé ? → On n’a jamais su à qui ils en avaient parlé.
De qui est-ce qu’on se moque ici ? → J’aimerais vraiment savoir de qui on se moque ici.

3. Qu’est-ce qui → ce qui ; que/qu’est-ce que → ce que

La seule exception notable à la règle de l’identité du mot interrogatif énoncée au §1 concerne les in­ter­ro­gatifs à référent non humain qu’est-ce qui en fonction de sujet ou les in­ter­ro­ga­tifs que ou qu’est-ce que en fonction d’objet direct et d’at­tribut du sujet, qui deviennent respec­tive­ment ce qui et ce que :

Qu’est-ce qui te dérange dans ce film ? → Je me demande ce qui te dérange dans ce film. 
Qu’est-ce qui les intéresserait ? → Elle ne savait pas ce qui les intéresserait.
Que fais-tu ce soir ? → On te demande ce que tu fais ce soir.
Qu’est-ce que sa mère a cuisiné ? → Je me demande ce que sa mère a cuisiné.
Qu’est-ce ? / Qu’est-ce que c’est ? → Je me demande ce que c’est.
Qu’était ce sentiment qui le saisit ? → Il ignorait ce qu’était ce sentiment qui le saisit.
Qu’allons-nous devenir ? → Je me demande ce que nous allons devenir.
Qu’est-il advenu de lui ? → Nous ignorons ce qu’il est advenu de lui.
Qu’est-ce qu’il veut comme cadeau ? → Je ne sais pas ce qu’il veut comme cadeau.

Cette cons­truc­tion s’analyse formellement comme le pronom incomplet (p. 231) ce suivi d’une propo­sition relative spécifiante (p. 608). En finnois, l’antécédent sen/sitä (en tiedä, mikä häntä kiinnostaisi = en tiedä [sitä], mikä...) n’est pas exprimé, alors qu’en français il l’est toujours (p. 246).