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637. Ordre des mots dans la langue standard

1. Norme du français standard

Les procédés interrogatifs uti­li­sés dans l’interrogation directe (inversion, est-ce que) dis­pa­rais­sent dans l’interrogation in­di­recte. Dans la norme du français moderne, l’inversion avec rejet du pronom conjoint (Vient-il ? Les enfants jouent-ils ?) est impossible, on uti­li­se l’ordre SVO. De mê­me, l’uti­li­sa­tion de est-ce que est interdite :

Où est-il ? → Je me demande où il est.
Quand partirez-vous ? → Je me demande quand vous partirez.
Quelle station tes parents recommandent-ils ? → J’aimerais savoir quelle station tes parents recommandent.
Où est-ce qu’ils ont passé leurs vacances cette année ? → On aurait bien aimé savoir où ils ont passé leurs vacances cette année.
Qu’est-ce qui pourrait leur faire plaisir ? → Je n’arrive pas à imaginer ce qui pourrait leur faire plaisir.

2. Avec inversion du sujet GN ou pronom non conjoint

On peut cependant placer le sujet après le verbe, comme c’est le cas pour les subordonnées relatives (p. 531 §2). Dans les cas exposés p. 507, on fait l’inversion, mais uni­quement quand le sujet est un autre mot qu’un pronom conjoint :

À quoi sert ce bidule ? → J’aimerais bien savoir à quoi sert ce bidule.
On ignore comment s’est produit l’accident ou On ignore comment l’accident s’est produit. [Ici, le verbe est suffisamment « long » et l’inversion n’est pas obligatoire]
On ignore pourquoi il [=l’accident] s’est produit ici. [Inversion impossible, car sujet pronom conjoint.]
Je serais curieux de savoir où ils habitent.
Je serais curieux de savoir où habitent les élèves que je rencontre tous les matins en sortant.

Si dans la proposition interrogative in­di­recte il n’y a pas d’autre élément que le sujet (qui peut être dé­veloppé par une relative), ce sujet est souvent inversé (sauf si c’est un pronom conjoint) :

Tu ne sais pas ce qu’est l’esprit de sacrifice.
Il ignorait ce qu’était ce sentiment qui le saisit.
Personne ne sait de quoi sont composées les ondes électromagnétiques.
Vous n’imaginez pas ce que signifie pour lui cet échec aux élections.

On peut aussi faire l’inversion quand le mot interrogatif est un objet direct, mais là aussi uniquement quand le sujet est un autre mot qu’un pronom conjoint (sinon on obtiendrait une inversion avec rejet du pronom après le verbe) :

Nous nous demandons ce que signifie sa déclaration ou ce que sa déclaration signifie.
Je ne sais pas très bien ce qu’étudie ce chercheur ou ce que ce chercheur étudie.

Mais avec sujet pronom conjoint :

Nous nous demandons ce qu’elle [= sa déclaration] signifie.
Je ne sais pas très bien ce qu’il étudie.