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641. Comment introduire l’interrogative in­di­recte

1. Description du problème

Comme il est expliqué à la page précédente, un certain nombre de verbes transitifs finnois ont des équi­va­lents en français qui ne peuvent pas recevoir comme com­plé­ment une interrogative in­di­recte, soit parce que

En outre, contrairement au finnois, il est impossible de faire dépendre l’interrogative in­di­recte d’un nom (*la question si c’est utile), voir § 6 ci-dessous.

2. Emploi d’un verbe support

Si l’on tient à uti­li­ser un verbe comme réfléchir, qui n’est pas transitif direct, il faut uti­li­ser un « objet intermédiaire » (qui peut alors être introduit par la pré­po­si­tion avec laquelle le verbe se construit) qui sert de support[1] à l’interrogation in­di­recte, par exem­ple la question de savoir si ou le problème de savoir si/comment/quand etc. :

Nous réfléchirons à la question de savoir si cette théorie est adaptée à notre analyse. /
Nous réfléchirons au problème de savoir si cette théorie est adaptée à notre analyse.
Nous réfléchirons aussi à la question de savoir comment délimiter d’une façon satisfaisante le domaine de l’aide à la décision.

Ces supports peuvent aussi s’uti­li­ser pour développer d’autres verbes, en fonction du sens ou de la cons­truc­tion du verbe :

Nous nous poserons la question de savoir si cette théorie est adaptée à notre analyse.
Nous examinerons le problème de savoir si cette théorie est adaptée à notre analyse.
Nous nous intéresserons à la question/au problème de savoir si la théorie est adaptée à notre analyse.
Nous nous pencherons sur la question de savoir si cette théorie est adaptée à notre analyse.
Nous aborderons aussi la délicate question de savoir comment calculer de façon adéquate le nombre des cristaux qui réagissent à ce jet d’électrons.

On peut également employer des noms, qui peuvent être développés par une proposition  :

Dans ce commentaire, nous réfléchirons sur le rapport entre la conception actuelle du PTG et le développement des concepts de traumatisme et de résilience.
Nous réfléchirons aussi à la manière dont on peut délimiter d’une façon satisfaisante le domaine de l’aide à la décision.

3. Ne pas uti­li­ser de pré­po­si­tion suivie d’un pronom

Il faut éga­le­ment éviter de calquer la cons­truc­tion finnoise qui consiste à faire suivre une pré­po­si­tion di­rec­te­ment d’un mot interrogatif, sur le modèle du finnois keskittyä siihen miksi, riippua siitä, kuinka, ce qui est impossible en français : *s’intéresser à comment (voir faq p. 158), *réfléchir sur pourquoi, *dé­pen­dre de comment, *se renseigner pourquoi sont agrammaticaux. On ne peut donc pas dire par exem­ple *nous nous concentrerons si ce problème (keskitymme siihen, onko/ kuin­ka...), il faut là aussi uti­li­ser un support ou une autre cons­truc­tion :

Nous nous concentrerons sur la question / sur le problème de savoir si cette théorie est adaptée à notre analyse. Ou
Nous nous concentrerons sur la question de savoir pourquoi de telles formes ont été uti­li­sées par les apprenants.
Nous nous intéresserons au problème de savoir comment / de quelle manière enseigner de façon efficace la distinction entre pronom et déterminant.
Nous réfléchirons à la manière dont on peut analyser ce phénomène à la lumière des théories actuelles.
Tout cela dépend en fait de la manière dont on a réussi à résumer l’information sous une forme exploitable.

4. Dépendre de

Ce problème concerne typiquement le verbe dépendre. Dans la langue parlée, après la cons­truc­tion im­per­son­nelle ça dépend, on construit couramment dépendre avec une interrogative in­di­recte :

Ça dépend si on aura le temps ou pas.
Ça dépend à quelle heure vous venez.
Ça dépend un peu comment il réagira.
Ça dépend quand le film commence.
Ça dépend ce qu’il en pense.
Ça dépend comment tu veux faire.

Cependant, à l’écrit soigné, ces tournures sont à éviter. Il faut recourir à des cons­truc­tions plus ou moins « compliquées » :

Cela dépend de la question de savoir si nous en aurons le temps. / Cela dépend du temps dont nous disposerons.
Cela dépend de l’heure à laquelle heure vous venez.
Cela dépend de la manière dont il réagira. / Cela dépend de sa réaction.
Cela dépend de l’heure à laquelle le film commence.
Cela dépend de ce qu’il en pense.
Cela dépend de la manière dont tu veux procéder.

5. Uti­li­ser des verbes simples

Ces cons­truc­tions peuvent sembler inutilement compliquées au fin­no­pho­ne (et à tout apprenant de FLE), malheureusement il est absolument impossible de dire par exem­ple **Nous nous concentre­rons sur comment enseigner..., *nous nous intéresserons à savoir si, erreurs fréquemment constatées et tout à fait typiques. Très souvent, on peut consi­dé­ra­ble­ment simplifier la formule en évitant les verbes comme se concentrer sur ou s’in­té­res­ser à et en uti­li­sant se demander :

Nous nous demanderons si cette théorie est adaptée à notre analyse.
Nous nous demanderons pourquoi de telles formes ont été uti­li­sées par les apprenants.
Nous nous demanderons comment / de quelle manière enseigner de façon efficace la distinction entre pronom et déterminant.

6. L’interrogative in­di­recte ne peut pas dépendre d’un nom

En finnois, il est possible de développer l’idée interrogative contenue dans un nom en le faisant suivre d’une interrogative in­di­recte (ei ole aavistusta, onko..., kysymys, onko). Cette cons­truc­tion est im­possible en fran­çais. Il faut ajouter un support quelconque, qui varie en fonction des construc­tions :

Ministeri ei osannut vastata kysymykseen, milloin uusi laki astuu voimaan.
Le ministre n’a pas su répondre à la question de savoir quand la loi entrerait en vigueur.
Se seikka, onko murha ollut harkittu, vaikuttaa oleellisesti tuomioon.
Le problème de savoir si le meurtre était prémédité est déterminant dans le jugement. 

Exemples de formes erronées relevées dans des travaux d’étudiants :

Tous les deux livres ont été très utiles et intéressants à lire et ils nous ont donné une idée *comment la Tour Eiffel est décrite en général.
Tous les deux livres ont été très utiles et intéressants à lire et ils nous ont donné une idée de la manière dont la Tour Eiffel est décrite en général.

La typographie du texte du phylactère doit créer une impression *de comment le personnage s’exprime.
La typographie du texte du phylactère doit créer une impression de la manière dont le personnage s’exprime.

Il n’existe pas de règles explicites *sur comment présenter la culture dans les manuels scolaires.
Il n’existe pas de règles explicites sur la manière de présenter la culture dans les manuels scolaires.

Car à la fin, c’est l’enseignant qui fait *le choix comment le LOPS est réalisé au cours des langues.
Car c’est l’enseignant qui, en dernier ressort, décide comment/fait le choix de savoir comment le LOPS est mis en œuvre dans les cours de langues.

C’est donc une question pertinente *comment la culture du pays cible est présentée dans les manuels scolaires.
C’est donc une question pertinente de savoir comment la culture du pays cible est présentée dans les manuels scolaires.

Je n’ai donc pas la moindre idée *à quoi vous faites référence.
Je n’ai donc pas la moindre idée de ce à quoi (sur la prononciation de ce groupe, voir p. 607 §1) vous faites référence.

Il n’est pas sans importance *comment les élèves et l’enseignant se sentent dans la classe.
Il n’est pas sans importance de savoir comment les élèves et l’enseignant se sentent dans la classe.