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655. La complétive com­plé­ment d’adjectif ou d’adverbe

1. Complément d’adjectif

Une proposition complétive peut développer un adjectif, exactement comme peut le faire un nom :

Je suis heureux de ta venue.
Je suis heureux que tu viennes.
Elle était déçue de son voyage.
Elle était déçue que le voyage ait été si court.

Quand le com­plé­ment d’un adjectif relié à l’adjectif est un nom, il est relié à l’adjectif par une pré­po­si­tion (voir p. 36) ; sur l’interprétation de la cons­truc­tion de l’adjectif (il est heureux de son départ/ il est heu­reux de partir/ il est heureux que tu partes) voir p. 347. La proposition complétive, en revanche, se cons­truit gé­né­ralement di­rec­te­ment après l’adjectif, sans pré­po­si­tion ni ajout d’un P3 à antécédent non GN ce. En fin­nois, on ajou­te habituellement un pronom antécédent (olen iloinen siitä että, olen yllättynyt siitä että, etc.). En français aus­si, on peut souvent rétablir l’antécédent et la pré­po­si­tion, surtout dans la langue cou­rante ou par­lée (mais ce n’est ni sys­té­ma­ti­que ni obligatoire). La langue écrite préfère omettre la pré­po­si­tion et le pro­nom ce (voir aussi le cas des propositions complément d’objet indirect p. 653 §2 et suivant) :

langue écrite : Je suis désolé que tu n’aies pas pu venir à notre fête.
langue courante : Je suis désolé de ce que tu n’aies pas pu venir à notre fête.

Cependant, avec les adjectifs être disposé à ce que olla valmis siihen, että et être habitué à ce que olla tot­tu­nut siihen, että, l’expression de la pré­po­si­tion et de l’antécédent est obligatoire :

Il n’était pas disposé à ce qu’on vienne mettre le nez dans ses affaires. Hän ei aikonut antaa muiden penkoa yksityisasioitaan.

Il est important de savoir identifier la pré­po­si­tion « cachée », autrement dit d’identifier la cons­truc­tion de l’adjectif, car de cette pré­po­si­tion dépend la forme du pronom qui reprend la com­plé­ti­ve, par exem­ple devant le verbe ou dans les phrases pseudo-clivées (p. 622) :

Elle était fière qu’on l’ait nommée à ce poste après seulement trois mois.
Elle en était très fière. [fier de → pronom en]
Ce dont elle était très fière, c’est qu’on l’ait nommée à ce poste après seulement trois mois.
Ils étaient étonnés que personne n’ait réagi.
Ils en étaient étonnés.
Ce dont ils étaient étonnés, c’est que personne n’ait réagi.

Remarque : ne pas confondre les cons­truc­tions qui se ressemblent :

Je suis désolé de ce que tu dis. Olen pahoillani siitä, mitä sanot. [relative]
Je suis désolé de ce que tu dises de telles choses. Olen pahoillani siitä, että sanot tällaista. [complétive]

2. Mode du verbe

Dans les complétives com­plé­ment d’adjectif, le mode normal est le subjonctif (mais il y a des exceptions).

a. Subjonctif

Le verbe de la proposition complétive se met au subjonctif quand la complétive est com­plé­ment d’un adjectif exprimant un sentiment :

bouleversé järkyttynyt, choqué tyrmistynyt, confus hämillään, content, désolé, ennuyé harmistunut, étonné, fier, furieux, gêné kiusaantunut, indigné tuohtunut, jaloux, malheureux, mécontent, ravi, scandalisé, stupéfait, surpris, touché liikuttunut, vexé, triste etc.

Exem­ples :

Nous sommes confus que vous ayez dû attendre. Olemme pahoillamme, että teidän piti odottaa.
Elle était désespérée que Christophe l’ait quittée.
Ma mère serait trop peinée que j’aille le revoir. Äitini olisi liian pahoillaan siitä, että menen häntä tapaamaan uudestaan.
Elle était malade qu’il puisse avoir quelqu’un d’autre. Hän oli raivoissaan siitä, että hänellä saattoi olla joku muu.

Ne pas confondre cette cons­truc­tion avec la cons­truc­tion il est adjectif/nom que (p. 660). Comparer :

Il est normal que tu sois fatigué. On luonnollista, että olet väsynyt.
Il est étonné que tu sois fatigué. Hän on yllättynyt siitä, että olet väsynyt.

b. Indicatif

Le verbe de la complétive se met à l’in­di­ca­tif quand la complétive est com­plé­ment des adjectifs sui­vants, qui indiquent une certitude (ou quasi certitude) :

assuré, certain, conscient, convaincu, persuadé, sûr

Je suis conscient que cela posera des problèmes. Olen tietoinen siitä, että tämä aiheuttaa ongelmia.
Il était convaincu que tout le monde avait tort.
Je suis sûr qu’il viendra.

Cependant, après une principale à la forme négative, on met le subjonctif (p. 666).

3. Complément d’adverbe

Certains adverbes ou cons­truc­tions assimilables à des adverbes placés en tête de phrase sont fré­quem­ment développés par une complétive (il n’y a pas de cons­truc­tion équi­va­lente en finnois). Le verbe de la com­plé­ti­ve est à l’in­di­ca­tif. Ce type de cons­truc­tion est très fréquent dans la langue parlée, en particulier peut-être que (p. 508 §2), mais il est à éviter dans la langue écrite soignée :

Évidemment que nous irons en France en été ! Tietenkin käymme kesällä Ranskassa.
Heureusement que nous avions acheté le billet à l’avance. Onneksi olimme ostaneet lipun etukäteen.
Peut-être que nous irons en Laponie pour Pâques. Lähdemme ehkä Lappiin pääsiäiseksi.
Sans doute que les taux d’intérêt vont encore baisser. Korot laskevat varmaan vielä.
Probablement qu’ils ont raté l’avion. He ovat luultavasti myöhästyneet koneesta.
Certainement qu’il aura de bons résultats. Hän saa varmaan hyviä tuloksia.
Bien sûr que tu peux rester ! Totta kai voit jäädä meille.

Attention au sens de bien sûr que en début de phrase : il équivaut à totta kai!, no mutta tietysti!, avec une touche légèrement familière ou affective. Si on veut dire de façon neutre tietenkin voit jäädä meille, on peut di­re : Tu peux bien sûr rester chez nous. / Bien sûr, tu peux rester chez nous.