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659. Inversion avec sujet apparent : il / cela verbe que

La complétive sujet d’un verbe peut être rejetée après celui-ci avec uti­li­sation simultanée d’un pronom sujet apparent, dont la forme est il (§1) si le verbe est intransitif et cela si le verbe est transitif direct (§3).

1. Verbe intransitif

Le pronom sujet apparent servant à indiquer la personne du verbe de la principale est il quand ce verbe est intransitif ou transitif in­di­rect avec un com­plé­ment COI comme advenir, arriver, convenir, se faire, falloir, suf­fi­re, sembler, pouvoir, valoir mieux etc., ou un verbe intransitif avec pronom réfléchi :

Il faut que je lui écrive bientôt. [sur la cons­truc­tion il faut que, voir le détail p. 349]
Il importe que vous soyez tous actifs.
Il convenait que le contenu des discours fût neutre.
Il suffit que vous ajoutiez un s et la phrase est juste.
Il s’agit que vous vous dépêchiez un peu. Teidän pitäisi nyt kiirehtiä hieman.
Il arrive que la neige fonde déjà fin mars.
Il semble que cela soit difficile à démonter.
Il me tarde que cela soit fini. Kunpa se olisi jo ohi!
Il dépendra de nous seuls que cela réussisse. Riippuu vain meistä, että se onnistuu.

Le verbe s’en falloir (= puuttua) se comporte de la mê­me façon :

Il s’en faut que sa thèse soit terminée. Hänen väitöskirjansa ei ole valmis, kaukana siitä!
Il s’en est fallu de peu que nous manquions l’avion. Olimme vähällä myöhästyä koneesta.
Il s’en est fallu d’un cheveu qu’il aille s’écraser au fond du ravin. Oli hiuskarvan varassa, että hän ei pudonnut rotkoon.

Dans l’interrogation, le pronom apparent se place après le verbe, et la complétive ne change pas de place :

Se peut-il qu’il ait agi aussi lâchement ?
Comment se fait-il que ce rapport ne soit pas encore prêt ?

2. Verbe de la complétive à l’in­di­ca­tif

Dans certains cas, le verbe de la complétive est à l’in­di­ca­tif. Ce mode s’explique par des phénomènes d’ana­lo­gie, la cons­truc­tion n’étant plus ressentie comme une inversion du sujet.

a. Après le verbe il arriva que (dans le sens de « tapahtui / kävi niin että »), on uti­li­se l’in­di­ca­tif ; de mê­me avec il advint que, qui a le mê­me sens. Comparer :

Il arriva cet hiver-là que le lac gela fin octobre. Ja niin kävi sinä talvena, että järvi jäätyi lokakuun lopulla.
Il est arrivé que les lacs soient déjà gelés fin octobre. Järvet ovat saattaneet jäätyä jo lokakuun lopulla.

b. Dans la complétive sujet réel de il semble que, le verbe se met au subjonctif (cas normal, voir aussi faq p. 681). Mais quand on ex­prime le com­plé­ment d’objet in­di­rect, il se met à l’in­di­ca­tif (vraisemblablement parce qu’une cons­truc­tion telle que il me semble que est assimilée à la locution figée à mon avis) :

Il me semble que tu as fait une erreur quelque part.
Il lui semblait que tous étaient ligués contre lui.
Il nous semble que cette argumentation doit être revue en profondeur.

c. De mê­me, après certains autres verbes, on uti­li­se l’in­di­ca­tif, là encore parce que le sens du verbe se rap­pro­che d’un verbe d’opinion ou déclaratif :

il parait que = « on dit que »
il apparait que = « on peut dire que »
il s’ensuit que = « ce qui veut dire que »
il résulte que = « ce qui signifie que »
il se trouve que = « il faut savoir que »
il reste que = « on peut dire cependant que »

Exem­ples :

Il parait que le ministre a démissionné. (voir faq p. 681)Ministeri on kuulemma eronnut. / Ministerin huhutaan eronneen.
Il parait qu’il y aura une grève du métro lundi. Maanantaina metro on kuulemma lakossa.
Il parait que ce produit se vend très bien. Tämä tuote myy kuulemma hyvin.
Il apparait clairement que l’Office des statistiques s’est trompé dans ses prévisions. Näyttää vahvasti siltä, että Tilastokeskus on tehnyt virheitä ennusteessaan.
Il s’ensuit qu’il faut refaire tous les calculs. Siitä seuraa, että kaikki täytyy laskea uudestaan.
Il se trouve que nous avons justement un expert sous la main. Meillä sattuu juuri olemaan asiantuntija käytössämme.
Il reste que nous avons perdu du temps. Kaikesta huolimatta aikaa meni hukkaan.

3. Verbe transitif direct

Quand le verbe est transitif direct, l’uti­li­sation de il marqueur de la personne verbale est impossible, car le mot il pourrait être confondu avec un véritable pronom anaphorique (il m’agace hän ärsyttää minua). On uti­li­se donc comme marqueur de la personne verbale Le P3 à antécédent non GN ça (langue écrite cela), qui fait ainsi fonc­tion de sujet apparent. Le vrai sujet du verbe reste la proposition complétive qui se trouve après le verbe :

Cela t’ennuie qu’il parte ?
Cela m’étonne qu’il n’ait rien dit.
Ça m’énerve prodigieusement que quelqu’un tricote pendant les cours.
Ça nous ferait plaisir que pour une fois vous veniez à l’heure.
Cela m’arrangerait que vous vous asseyiez à l’avant de la salle.

Il faut souligner encore une fois que l’uti­li­sation du subjonctif ici n’est pas due au sens du verbe (qui ex­pri­me­rait par exem­ple un sentiment), mais tout simplement au fait que la com­plé­ti­ve est sujet du verbe de la principale.