Vous êtes ici » Les propositions subordonnées » Propositions complétives » Complétives conjonctives
662. La complétive attribut du sujet

1. Structure

La complétive peut être l’attribut d’un sujet GN. Le verbe de la complétive se met alors en principe au sub­jonctif :

L’essentiel est que le client soit satisfait.
Le miracle est qu’il ait réussi à s’en sortir sans l’aide de personne.

Ce type de cons­truc­tion n’est pas très fréquent. En général, le nom est détaché en prolepse (dislocation à gauche, p. 513), et on se retrouve alors à proprement parler dans le cas étudié p. 665 :

L’essentiel, c’est que le vin soit bon.
Notre chance, c’est que tout se soit passé si vite.
Le miracle, c’est que nous soyons encore vivants.
Ce qui compte, c’est que tu prennes ton médicament régulièrement.

2. Mode du verbe

On trouve aussi assez fréquemment l’in­di­ca­tif dans la complétive attribut du sujet. Dans certains cas, l’op­po­sition entre in­di­ca­tif et subjonctif correspond à une dif­fé­ren­ce de sens, bien que cette opposition ne soit pas toujours très nette et que l’usage soit flottant dans ce domaine. On peut trouver ce genre de nuan­ce dans le cas de l’essentiel est que. Si le verbe de la complétive est au subjonctif, l’essentiel signifie « l’ob­jectif essentiel » (il y a donc une nuance de but, l’essentiel est virtuel), tandis que l’in­di­ca­tif indique que l’es­sentiel est la chose essentielle qu’on peut constater, qui existe déjà. Comparer :

L’essentiel est que votre texte soit du bon français, lisible et grammatical. [Désigne l’objectif à atteindre dans le processus de rédaction.]
L’essentiel est que votre texte est du bon français, lisible et grammatical. [Signifie que le texte qu’on a sous les yeux est du bon français, lisible et grammatical, mê­me si par exem­ple il n’est pas très varié.]

3. Constructions figées

De nombreuses cons­truc­tions, sous forme disloquée ou non, se sont plus ou moins lexicalisée et sont en quel­que sorte assimilables à des locutions pré­po­si­tionnelles (on les traduit assez facilement par une ex­pres­sion ad­verbiale en finnois), après lesquelles on uti­li­se l’in­di­ca­tif :

La vérité, c’est que tu n’as pas envie de partir. Tosiasiassa sinua ei huvita lähteä.
Le problème, c’est que je n’ai plus d’argent. Ongelma on vain se, että olen rahaton. ou : Minulla vain ei ole rahaa.
L’ennui, c’est que j’ai oublié mes clés. Valitettavasti unohdin avaimeni.
Nous devions rendre le projet aujourd’hui, le problème est que le responsable est en arrêt de travail. Meidän piti luovuttaa suunnitelma tänään, valitettavasti vastuuhenkilö joutui sairaslomalle.
Le fait est que son travail n’est pas bien consistant. Hänen työnsä on todellakin aika heppoinen.

Les expressions le problème c’est que ou l’ennui, c’est que sont très fréquentes dans la langue parlée, où elles servent en quelque sorte de substitut aux adverbes cependant / pourtant ou malheureusement. On aura donc intérêt à les rendre en finnois par kuitenkin ou valitettavasti plutôt que par une complétive. De mê­me, la vérité c’est que correspond fréquemment à itse asiassa.