Vous êtes ici » Les propositions subordonnées » Subordonnées circonstancielles » Généralités
701. Cir­cons­tan­cielles essentielles et explicatives, antéposées et postposées

1. Des critères pour guider l’apprenant FLE

Les conjonctions de subordination sont beaucoup plus nombreuses en français qu’en finnois. Elles sont souvent synonymes, mais pas forcément interchangeables. Dans bien des cas, une seule et mê­me con­jonc­tion finnoise peut se traduire par deux ou trois, parfois quatre ou cinq conjonctions dif­fé­ren­tes en français. Pour éclairer le fonc­tion­nement des propositions cir­cons­tan­cielles pour les fin­no­pho­nes et per­mettre à ceux-ci de choisir la bonne forme dans un cas donné, on a donc choisi d’uti­li­ser des critères que les gram­mai­res descriptives ou normatives du français ne mentionnent pas toujours ou qu’elles n’ex­ploi­tent pas tou­jours.

2. Cir­cons­tan­cielles essentielles et explicatives

Les grammaires regroupent traditionnellement les propositions sub­or­don­nées autres que relatives et com­plétives sous le nom général de « propositions cir­cons­tan­cielles ». Ce terme ne doit pas induire en er­reur : les GN com­pléments cir­cons­tan­ciels (p. 208) sont extérieurs à la structure actancielle du verbe et donc en quelque sorte « facultatifs ». Or, dans le cas des propositions sub­or­don­nées, le terme de « cir­cons­tan­ciel » ne signifie pas automatiquement que la proposition soit « facultative ». Comme on le fait pour les propositions relatives, on devrait dis­tin­guer les propositions cir­cons­tan­cielles essentielles, qui sont un élément important de la phrase et sans lesquelles la phrase change de sens, et les propositions cir­cons­tan­cielles explicatives, qui apportent une précision « facultative », un com­plé­ment d’information qui n’est pas absolument essentiel au sens de la phrase (on pourrait aussi uti­li­ser d’autres termes et opposer les cir­cons­tan­cielles essentielles ou déterminatives aux cir­cons­tan­cielles secondaires / ap­po­si­tives / descriptives / explicatives). Exem­ple il­lus­trant cette dif­fé­ren­ce :

Il n’est pas parti parce qu’il avait peur. vs. Il n’est pas parti, parce qu’il avait peur.

La première phrase, sans virgule et prononcée sur une seule ligne mélodique, nie la raison invoquée (la peur) comme cause du départ (donc il est parti pour une autre raison que la peur). La deuxième phrase, avec virgule et prononcée en deux temps, précise la raison du départ (la peur). Résultat : dans la première phrase, il est bien parti, alors que dans la deuxième phrase, il n’est pas parti. Cet exem­ple illustre éga­le­ment l’importance de la ponctuation en français, qu’il faut connaitre et savoir uti­li­ser dans l’expression écri­te, voir p. 521 et p. 522.

En français, certaines conjonctions sont uti­li­sées de préférence pour introduire des cir­cons­tan­cielles es­sen­tielles, d’autres des cir­cons­tan­cielles explicatives. Cela permet donc de fournir des indications au fin­no­phone pour choisir la bonne conjonction ou pour interpréter correctement une phrase française.

3. Cir­cons­tan­cielles antéposées et postposées

En plus des critères sémantiques opposant cir­cons­tan­cielles essentielles et cir­cons­tan­cielles ex­pli­ca­ti­ves, on uti­li­sera le critère de la position :

cir­cons­tan­cielles antéposées vs cir­cons­tan­cielles postposées.

La position de la cir­cons­tan­cielle peut en effet être utile pour choisir la bonne conjonction par rapport au fin­nois. Certaines propositions cir­cons­tan­cielles se trouvent en général (et certaines parfois uni­que­ment) placées avant la principale, par exem­ple les causales introduites par comme à l’écrit, d’autres de pré­fé­rence ou uniquement après celle-ci. Dans certains cas, la place est plus ou moins indif­fé­ren­te, mais la position de la cir­cons­tan­cielle par rapport à la principale n’est jamais anodine. Exactement comme dans le cas des com­plé­ments cir­cons­tan­ciels GN, la place de la proposition affecte le sens (voir par exem­ple p. 506).

Dans cette grammaire, la notion de cir­cons­tan­cielle antéposée (CircAP) et cir­cons­tan­cielle postposée (CircPP) sera essentiellement uti­li­sée comme moyen de donner certaines indications utiles au fin­no­pho­ne pour trouver la forme adéquate. Par exem­ple, quand le finnois koska introduit une cir­cons­tan­cielle anté­po­sée (CircAP), il sera normalement traduit comme et non pas parce que (p. 710).