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703. Hypotaxe et parataxe

1. Définition

Ces deux termes sont des synonymes d’origine grecque des mots d’origine latine subordination et coor­di­na­tion. Ils décrivent la manière d’enchainer les idées et d’exprimer les relations logiques entre les dif­fé­rents « blocs » de l’énoncé.

Pour former un énoncé, notamment à l’oral on peut aligner les idées sur le mode de la parataxe (mot à mot : « le fait de placer les choses l’une après l’autre ») ; on énonce des éléments successivement en les en­chai­nant avec des adverbes. C’est aussi le cas en finnois :

Je suis sorti, et alors j’ai vu qu’il pleuvait, et alors il fallu que je rentre, j’ai dû fermer la fenêtre du salon, elle était grande ouverte. Menin ulos ja silloin huomasin, että sataa, sitten minun piti mennä takaisin sisälle, minun piti laitta olohuoneen ikkuna kiinni, se oli jäänyt auki.

Inversement, dans l’hypotaxe ou discours hypotactique, on enchaine les idées par des conjonctions, ce qui pourrait donner par exem­ple la phrase suivante :

Quand je suis sorti, j’ai vu qu’il pleuvait, si bien que j’ai dû rentrer pour fermer la fenêtre du salon, qui était grande ouverte. Kun menin ulos, huomasin, että sataa, jolloin minun piti mennä takaisin sisälle laittamaan olohuoneen ikkunan kiinni, kun se oli jäänyt auki.

La parataxe n’est cependant pas l’exclusivité de l’oral, on peut évidemment l’uti­li­ser aussi à l’écrit, et, in­ver­se­ment, les procédés de l’hypotaxe s’emploient aussi à l’oral. La parataxe n’est pas une caractéristique typique de l’oral, qui dif­fé­ren­cierait celui-ci fondamentalement de l’écrit. La langue parlée, mê­me spon­tanée, uti­li­se parfois des cons­truc­tions avec de très nombreuses subordinations, notamment quand le locuteur donne des explications ou des justifications.

2. Dif­fé­ren­ces entre le français et le finnois

L’opposition parataxe/ hypotaxe présentée ici n’est qu’un aperçu schématique et un outil destiné à montrer les similitudes entre le français et le finnois, et, surtout, une dif­fé­ren­ce importante entre les deux langues dans ce domaine. En effet, après une proposition sub­or­don­née cir­cons­tan­cielle, le finnois ren­force souvent le rapport de la sub­or­don­née avec la principale en ajoutant dans la principale un adverbe à valeur ana­pho­ri­que, qui exprime le mê­me genre d’idée (temps, concession, condition etc.). Le finnois em­ploie à cet effet des formes adverbiales variées de l’anaphorique se (niin, très fréquent, voir exemple ci-dessous, silti, silloin), ou des adverbes com­me kuitenkin (pour la tra­duc­tion en français des exem­ples suivants voir ci-dessous §3) :

(a) Kun horjuin kuilun partaalla tietämättä itkeäkö vaiko nauraa, silloin huomasin etsiytyväni metsään.
(b) Tiedämme, että jos istutamme tomaatteja toukokuussa, niin voimme korjata sadon elo-syyskuussa.
(c) Vaikka ei pidäkään ylpistyä mistään arvonimistä, niin voimme hetkellisesti olla ylpeitä omasta saavutuksestamme.
(d) Vaikka et haluakaan julkaista tietojasi netissä, voit silti olla mukana työnvälitystieto­kan­nas­sam­me.
(e) Vaikka joidenkin merkkien suoritusvaatimuksia on tarkistettu, voitte kuitenkin edelleen suorittaa nämä merkit vanhojen vaatimusten mukaisesti.
(f) Mikäli PIN-koodi on tilattu aiemmin, niin se toimii myös A-rakennuksessa.

L’adverbe anaphorique est très courant à l’oral et moins fréquent à l’écrit (les exem­ples ci-dessus sont tous ti­rés de pages Internet, mélange d’écrit rigoureux et de parlé plus familier). Il fait en quelque sorte double em­ploi : une proposition commençant avec vaikka indique déjà à elle seule la concession, la reprise de l’idée d’opposition dans la principale avec silti/kuitenkin est redondante. Le finnois uti­li­se ainsi à la fois les outils de l’hypotaxe (conjonction vaikka) et de la parataxe (adverbe silti). Cet usage est tout à fait nor­mal en finnois, langue qui dispose d’outils exprimant la cataphore et l’anaphore au niveau de la phrase (cf. par exem­ple p. 610).

Exemple d’emploi de niin anaphorique

Exemple caractéristique, ces instructions au personnel envoyées par un responsable de gestion de reprographie, dans lequel on compte pas moins de huit niin employés anaphoriquement dans un total d’onze phrases :

Lukijalaitteen herätys
Jos kopioavaimen lukija ei toimi aamulla, niin kannattaa kokeilla vaihtoehtoista kirjautumista.
Jos pääsee sisään kerran, niin se herättää monesti lukijankin.
Jos toisaalta vaihtoehtoinen kirjautuminenkaan ei toimi eli näyttöön jää vain pyörimään joku ilmoitus ja se ei etene, niin kannattaa painaa keltaista AC-näppäintä nopeasti kahdesti, niin saa siten jumitilan kuitattua pois ja lukija elpyy.

Jos nämäkään toimet eivät auta, niin on suositeltavaa tehdä boottaus virtakytkimen kautta. Katkaisija sijaitsee konsolilla olevan vihreän käynnistysnäppäimen alapuolella (n. 20 cm alempana), muoviläpän alla. Virta pois, antaa sammua ja laittaa uudelleen päälle.

Skannausvihjeitä
- Muistakaa, että sähköpostiin skannaus on rajoittettu 1 MB:n kokoisiin tiedostoihin. Siksi jotkut skannaus eivät saavu perille.
- Jos skannaa mm. käsinkirjoitettuja alkuperäisiä, niin kannattaa ottaa tekstintunnistus (oletus) pois päältä ja skannata vain Vain kuva –valinnalla. Muuten skannaus hidastuu todella paljon. Valinta löytyy: Tallennusasetukset -> Tiedostomuoto -> Vain kuva.
- Jos skannaustyö tehdään lasilta, niin skanneri tekee automattisesti joka sivusta oman dokumentin. Kannatta silloin valita Koostetyö päälle. Työ -> Koostetyö -> valitse Kyllä. Sen jälkeen työn osat koostuvat samaan yhteen tiedostoon.
Työhön voi koostaa sivuja sekä lasilta että kiertosyöttölaitteesta. Kun kaikki osat on skannattu, niin valitse Lähetä työ.

3. Adverbe anaphorique interdit

La dif­fé­ren­ce entre le finnois et le français est qu’en français la reprise de l’idée de la sub­or­don­née par un adverbe dans la principale est normalement interdite, comme on le voit dans la traduction des exem­ples précédents, où ne figurent pas les adverbes du finnois :

(a’) Alors que j’étais au bord du gouffre et ne savais s’il fallait rire ou pleurer, je me rendis compte que mes pas me menaient vers la forêt.
(b’) Nous savons que si nous plantons les tomates en mai, nous pourrons récolter en aout-septembre.
(c’) Bien qu’il n’y ait pas de raison de faire étalage de son titre, on peut être fier, sur le moment, du travail accompli.
(d’) Quand bien mê­me vous ne voudriez pas voir votre nom apparaitre sur le réseau, vous serez inscrit dans notre fichier de main-d’œuvre.
(e’) Bien que les critères d’attribution des badges aient été revus, vous pouvez encore les obtenir selon les anciens critères.

Dans le discours écrit soigné, on évite donc d’écrire :

Bien que vous ayez eu la jambe cassée, vous pouvez quand mê­me faire du sport. ou
Si cette hypothèse est exacte, alors nous devons en tirer les conclusions qui s’imposent.

À l’oral, cependant, les phrases ci-dessus sont courantes et on trouve de nombreux cas avec uti­li­sation d’un adverbe de rappel :

Bon ben si tu viens demain, alors il faut qu’on fasse une petite fête.

En fait, il ne s’agit pas d’une infirmation de la règle énoncée ci-dessus, qui reste d’application rigoureuse à l’écrit, mais d’un glissement de l’hypotaxe vers la parataxe tout à fait fréquent dans la langue parlée : la phrase commence avec une sub­or­don­née, puis dans l’esprit du locuteur, il y a une rupture de cons­truc­tion et on passe au discours paratactique.