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711. Types courants : parce que

1. Parce que

En règle générale, parce que introduit une CircPP (mais parce que peut aussi introduire une CircAP, voir p. 712 §1). Cette cir­cons­tan­cielle peut être essentielle ou explicative. La dif­fé­ren­ce entre les deux est mar­quée par l’intonation ou la ponctuation (voir exem­ple p. 701 §2). La con­jonc­tion parce que est carac­té­ri­sée par le fait que c’est la seule qui réponde di­rec­te­ment à la question pourquoi ?

Nous avons pris un taxi parce que nous n’avions plus beaucoup de temps.
Ils n’ont pas pu visiter le musée, parce qu’il était fermé pour travaux.
Je ne rentrerai pas avant cinq heures, parce que j’ai une réunion.
Pourquoi n’aimes-tu pas prendre l’avion ? – Parce que les aéroports sont si déprimants.

Familièrement, on peut uti­li­ser parce que comme mot explicatif unique :

Pourquoi tu ne veux pas venir ?
— Parce que !

On remarquera que c’est le seul mot avec lequel ce soit possible, alors qu’en finnois dans ce cas on peut uti­li­ser siksi ! ou (moins fréquent, mais possible) koska ! En finnois, parce que a donc plusieurs équi­va­lents :

  1. sen takia että/ siksi että
  2. koska/kun
  3. siksi (seul)

2. Forme clivée

Le fait que la conjonction parce que soit la seule qui réponde di­rec­te­ment à la question pour­quoi ? se ma­ni­feste éga­le­ment dans le fait qu’on peut transformer l’ensemble principale + cau­sa­le en phrase cli­vée (p. 516) pour focaliser la cause. C’est la seule conjonction qui permette cette transformation. On foca­li­se la sub­or­don­née causale en l’extrayant en tête de phrase avec c’est parce que, la principale est alors introduite par la conjonction que (sur le modèle de c’est à cause de ça que je suis parti) :

C’est parce que vous n’avez pas lu les instructions comme il faut que vous avez donné tant de réponses fausses.
C’est justement parce que c’est un sujet d’une grande importance qu’il devait être traité en conséquence.
C’est parce que la propriété existe qu’il y a des guerres, des émeutes et des injustices.
C’est parce que la vitesse de la lumière est plus rapide que celle du son que tant de gens paraissent brillants tant qu’ils n’ont pas eu l’occasion d’ouvrir la bouche.

3. Forme pseudo-clivée

La cause introduite par parce que se prête aussi à la transformation pseudo-clivée (p. 517) Cette trans­for­mation se fait par un procédé particulier. On conserve l’ordre habituel principale + cau­sale, mais la prin­ci­pale est thématisée sous forme de proposition conditionnelle introduite par si, et la causale est fo­ca­lisée par c’est, sur le modèle suivant :

A (principale) parce que B (sub­or­don­née causale)
Si A (principale), c’est parce que B (sub­or­don­née causale)

Il ne faut donc pas interpréter la conjonction si avec une valeur véritablement conditionnelle, elle sert sim­plement à poser une condition préalable, un état de fait qui amène l’explication donnée. On pourrait la pa­ra­phra­ser par « si c’est un fait que » (en finnois joskin). Ces cons­truc­tions sont fréquentes à l’écrit com­me à l’oral. Le verbe c’est peut être modifié par des adverbes comme justement, précisément etc., qui ren­for­cent la focalisation :

Si vous ne pouvez pas visionner la vidéo, c’est parce que Javascript n’est pas activé sur votre navigateur.
Si je suis à Pampelune en ce moment, c’est justement parce que j’ai reçu une bourse du ministère français des affaires étrangères pour suivre la San Fermin de cette année.
Si je travaille autant c’est parce que j’éprouve plus de plaisir à terminer une tâche qu’à m’en débarrasser, parce qu’il me faudrait déployer davantage d’efforts pour refuser certaines collaborations que pour les assurer.
Si nous n’avons pas pu livrer votre commande, c’est précisément parce que l’adresse était incomplète.

Cette cons­truc­tion pseudo-clivée a une variante construite avec c’est que (p. 716 §2).

4. Interprétation de si

En finnois, on uti­li­se rarement ce genre de cons­truc­tion, car jos s’interprète prioritairement avec une va­leur conditionnelle. La phrase suivante :

Si je ne suis pas venu, c’est parce que j’avais vraiment trop de travail.

se traduira nettement plus naturellement ainsi :

Sen takia en tullut, koska minulla oli todella liika töitä.
Et non pas :
(?) Jos en tullut, se on sen takia, että minulla oli todella liikaa töitä.