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718. Résumé : utilisation de pour dans les subordonnées circonstancielles

Employé comme préposition, le mot pour a des sens variés, attribution, but, cause etc., répertoriés dans les dictionnaires, que l’on peut consulter à ce sujet. Le mot pour s’emploie également devant infinitif. Dans ce cas, le sens varie en fonction notamment du temps de l’infinitif (voir §1). En outre, pour peut s’employer comme une sorte d’adverbe quantifieur devant adjectif, dans des constructions de sens concessif (voir §1).

1. Pour + infinitif

Le sens et l’interprétation de pour dépendent en général du temps de l’infinitif, ou d’un autre indice qui précise le sens.

a. Pour + infinitif présent, exprime le but

C’est l’emploi le plus fréquent et le plus connu des apprenants de FLE, qui a des équivalents dans d’autres langues. En finnois, il correspond notamment au 1er infinitif au cas translatif (voidakseen, sanoakseni) :

Il est parti un an en France pour faire de la recherche.
Pour faire des progrès, vous devriez séjourner dans un pays francophone.

b. Pour + infinitif passé, exprime la cause

Cette uti­li­sation de pour est relativement fréquente (p. 715). Il faut savoir interpréter le sens cor­rec­te­ment, puis­que, suivi de l’in­fi­ni­tif passé, pour exprime la cause, alors que suivi de l’in­fi­ni­tif pré­sent, il exprime le but :

Pour avoir attendu trop longtemps, nous n’avons plus pu réserver de maison pour les vacances.
Il a eu une amende pour ne pas avoir bouclé sa ceinture de sécurité.
Pour ne pas avoir été vidées [in­fi­ni­tif passé passif négatif] depuis deux mois, les poubelles commençaient à sentir terriblement mauvais.

L’équi­va­lent en finnois de ces in­fi­ni­tifs serait une cons­truc­tion participiale : odotettuamme liian pitkään ou une proposition introduite par koska, kun etc.

c. Pour + infinitif présent (passé), exprime la concession

La pré­po­si­tion pour peut introduire une in­fi­ni­tive concessive (p. 737). Il s’agit en quelque sorte de l’équi­va­lent de si concessif (p. 735) et les conditions d’uti­li­sation sont les mê­mes : la concessive introduite par pour s’uti­li­se uniquement en position CircAP. Il faut se garder de confondre ce pour avec son équi­va­lent final (jotta). Le plus souvent, cette cons­truc­tion est employée avec le verbe être. Le finnois connait une cons­truc­tion similaire avec des in­fi­ni­tifs du genre ollakseen silti… Le sens concessif de pour est sys­té­ma­ti­que­ment souligné ou explicité dans la principale par néanmoins ou la cons­truc­tion n’en... pas moins etc. (voir p. 735). On emploie éga­le­ment, quoique moins fréquemment, des adverbes comme pourtant, encore :

Pour être douée, elle n’en est pas moins très paresseuse.
Pour être lent dans son travail, il est néanmoins efficace.
Colbert, soutenu par l’opinion, fit, dans des circonstances nouvelles et très avantageuses, une opération qui, pour avoir été critiquée, n’en mérite pas moins des éloges sans restriction.
Pour avoir été souvent négligée, cette cause ne se trouve pas moins au fond de beaucoup de conflits internationaux [= Bien qu’elle ait souvent été négligée...].

718. Résumé : le sens de pour en fonction du temps du verbe
temps de l’infinitifvaleurexempleéquivalent en finnois
PRÉSENTBUTpour comprendre,
pour faire
ymmärtääkseen, tehdäkseni
PASSÉCAUSEpour avoir refusé,
pour être restés
kieltäydyttyään, jäätyämme
PRÉSENT ou PASSÉ
+ adverbe
concessif
CONCESSIONPour être lent, il est néanmoins efficace.
Pour avoir été souvent critiqué, il reste cependant très influent.
Ollakseen hidas hän on silti tehokas.
Vaikka häntä on usein arvosteltu, hän on silti edelleen hyvin vaikutusvaltainen.

2. Pour + adjectif, sens concessif

Si / quelque / pour sont en principe interchangeables en tête de CircAP, mais pour est assez rarement utilisé en position de CircPP (on préfère si ou quelque).

Ces cons­truc­tions, si compliquées/quelque compliquées/pour compliquées qu’elles paraissent, sont assez fréquentes.
Quelque curieux /Si curieux/Pour curieux que cela puisse sembler, c’est tout à fait courant.
On donne ce qu’on veut par Paypal, et quelque étrange que paraisse ce modèle économique, il permet sans aucun doute une meilleure rémunération des artistes.
Tout cela, pour amusant que cela puisse être quand on n’a rien de mieux à faire, est d’une grande banalité.
Si drôle qu’elle ait d’abord pu paraitre, sa chute eut des conséquences dramatiques.

Le mot quelque est ici en fonction d’adverbe, comme dans l’expression quelque peu (hieman, hiukan). Il faut se garder de confondre cet emploi de quelque avec quelque déterminant (p. 738 §5). De mê­me, l’élé­ment pour doit être correctement interprété dans un sens concessif et non final. Le fait que ces mots soient suivis d’un adjectif doit permettre de bien interpréter la cons­truc­tion.