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727. Consécutives essentielles au subjonctif

1. Assez… pour que / trop… pour que

Les adverbes assez/trop peuvent être en fonction d’adverbe ou de déterminant (en composition avec de). On peut aussi uti­li­ser suffisamment à la place de assez. La présence de pour pourrait faire penser qu’il s’a­git de cons­truc­tions à valeur finale, mais elles expriment cependant une conséquence (voir p. 729 §3). En fin­nois, l’équi­va­lent est en général liian paljon / liian vähän… jotta, mais une bonne traduction en finnois de as­sez... pour que… à laquelle on ne pense pas tou­jours peut aussi être sen verran… että :

Il pleut bien trop pour que nous puissions partir faire un pique-nique.
Il n’avait pas assez neigé pour qu’il soit absolument nécessaire de damer la piste.
Le projet n’avait pas recueilli assez de soutien pour qu’il soit rationnel de le poursuivre.
La commune a débloqué assez d’argent pour que les travaux de la nouvelle crèche puissent enfin commencer.

Quand le sujet de la sub­or­don­née est le mê­me que celui de la principale, les sub­or­don­nées conjonctives introduites par assez / trop… pour sont remplacées par des in­fi­ni­tives :

Elle l’aime trop pour lui en vouloir.
Cette pièce n’est pas assez grande pour pouvoir servir de salle à manger.

2. Constructions du style soutenu

Il existe dans la langue soutenue des variantes de assez ... pour que / trop… pour que qui s’uti­li­sent quand la principale est négative ou interrogative (attention : uniquement interrogative avec inversion, pas avec est-ce que). Ces cons­truc­tions sont délicates à uti­li­ser et relativement lourdes. On les trouve assez sou­vent dans le style administratif et politique :

La fusion des instituts en un seul est-elle si urgente que tout doive être décidé en un mois ?
Vous n’allez pas me dire que vous avez du travail au point que vous ne puissiez trouver une demi-heure pour régler cette question ?
Le bruit était-il tel qu’il fallût fermer les fenêtres ?
Cette décision était-elle tellement importante qu’elle imposât la réunion de tout le conseil d’administration ?
Avez-vous tant de soucis que vous en perdiez le sommeil ?
Il n’avait pas montré une telle compétence qu’il faille d’office le nommer chef du personnel.

Dans la langue courante, ces phrases pourraient se dire de la façon suivante :

Est-ce que la fusion des instituts en un seul est si urgente qu’il faut tout décider en un mois ?
Vous n’allez pas me dire que vous avez tellement de travail que vous ne pouvez pas trouver une demi-heure pour régler cette question?
Il n’y avait pas assez de bruit pour qu’il / il n’y avait pas de bruit au point qu’il soit nécessaire de fermer les fenêtres.
Est-ce que cette décision était si importante qu’elle imposait la réunion de tout le conseil d’administration ?
Est-ce que vous avez tellement de soucis que vous en perdez le sommeil ?
Il n’avait pas montré une compétence si grande qu’il fallait d’office le nommer chef du personnel.