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728. Consécutives descriptives

1. La conséquence en forme de commentaire

Les consécutives descriptives indiquent une conséquence rajoutée sous forme de commentaire après la principale. Elles sont introduites par des locutions conjonctionnelles variées, qui se dif­fé­ren­cient essentiellement par le niveau de langue :

si bien que joten (langue écrite, langue courante)
de sorte que joten (surtout langue écrite)
de telle sorte que joten (surtout langue écrite)
de façon que joten (surtout langue écrite)
de manière que joten (surtout langue écrite)
de sorte que joten (langue écrite)
à tel point que joten, niinkin…sti että, jopa siinä määrin että (langue écrite, langue courante)
au point que joten, niinkin…sti että (langue écrite essentiellement)
tant et si bien quekunnes lopulta
ce qui fait que joten (très uti­li­sé dans la langue courante/langue parlée)

Exem­ples :

J’avais un horaire des bus périmé, si bien que j’ai raté le dernier bus et que j’ai dû rentrer à pied.
Nous avons préparé tout le matériel pour la conférence, de (telle) sorte que vous pourrez commencer aussitôt.
Toute la journée il a neigé en abondance, à tel point que la station a été fermée.
Kevin est toujours très distrait, au point qu’on finit pas se demander si ce n’est pas un problème neurologique.
Il y avait toujours quelqu’un chez eux, de telle manière que ce n’était pas nécessaire de téléphoner avant de leur rendre visite.

Certaines de ces locutions s’uti­li­sent aussi dans des cir­cons­tan­cielles es­sen­tiel­les. La dif­fé­ren­ce est marquée par la ponctuation (et l’intonation dans la version par­lée). Attention à bien interpréter les nuances de sens.

La locution tant et si bien que est similaire par le sens et l’emploi à si bien que (et sans doute em­ployée par certains usagers dans un but purement augmentatif à la place de ce dernier, sans aucune nuance supplémentaire), mais elle apporte une nuance d’insistance et de durée, qui la rapproche à la fois de jusqu’à ce que et de à tel point que. Elle peut être paraphrasée par [et] finalement, [et] au bout du compte. Elle est également employée couramment en tête de phrase, à la place de si bien que (ou de ce qui fait que employé dans la langue courante) :

La maison de leurs voisins a été longtemps déserte, tant et si bien qu’elles avaient fini par oublier ce que peuvent être des voisins. [synonyme : si bien que]
Il arrive même, parfois, qu’on se sépare de façon lamentable : on s’injurie, on lance les mêmes injures qu’on reçoit, tant et si bien que les auditeurs s’en veulent d’être venus écouter de pareils individus. [Platon] [synonyme : à tel point que]
Lors de l’arrivé de la police, le couple se rebelle, tant et si bien qu’ils doivent être menottés. [synonyme : à tel point que]
Les dumplings étaient fantastiques ! Tant et si bien que nous avons commandé une autre tournée. [synonyme : si bien que]

Le groupe tant et si bien que est également employé dans une locution verbale, faire tant et si bien, qui a le sens de « poursuivre une action avec détermination », « insister sans relâche jusqu’à obtenir satisafaction », « s’acharner » :

Les sauveteurs firent tant et si bien que tous les passagers purent être évacués à temps.
Ses ennemis firent tant et si bien qu’il dut s’exiler et qu’il mourut loin de son pays natal.
Mme de Staël avait fait tant et si bien que ses amants désiraient tous convoler, mais pas avec elle.

2. Ce qui fait que

Toutes les locutions présentées ci-dessus s’uti­li­sent essentiellement dans la langue écrite. Dans la langue parlée, la locution de loin la plus fréquente est ce qui fait que. On peut ainsi reprendre certaines des phra­ses précédentes dans leur version « langue courante » :

J’avais un horaire des bus périmé, ce qui fait que j’ai raté le dernier bus et que j’ai dû rentrer à pied.
Nous avons préparé tout le matériel pour la conférence, ce qui fait que vous pourrez commencer aussitôt.
Toute la journée il a neigé en abondance, ce qui fait que la station a été fermée.

Malgré le fait que cette expression soit composée de quatre mots et semble compliquée, elle se prononce couramment en deux syllabes seulement : [skifɛk]. Elle est donc aussi brève que le finnois joten, et d’un emploi très courant.

3. Construction in­fi­ni­tive

Quand le sujet de la sub­or­don­née est le mê­me que celui de la principale, la conjonction au point que est remplacée par une in­fi­ni­tive :

Il a énormément travaillé pour sa thèse, au point de ne plus dormir.
Cette enquête reste très souvent sans réponse, au point de ne pas avoir été retenue par de nombreux chercheurs.
La chanteuse avait été reçue à bras ouverts comme une princesse, au point d’avoir été surprise elle-mê­me.

4. Nuance de but

Certaines de ces locutions conjonctionnelles servent aussi à exprimer le but. Elles sont alors suivies du subjonctif. En finnois, on uti­li­se souvent le conditionnel dans le cas correspondant :

Il y avait dans le jardin un portique disposé de manière qu’on trouvât de l’ombre à toute heure.
Il travaille de façon que sa famille puisse vivre à son aise.
Articulez, de sorte que l’on vous comprenne bien.
L’appartement était disposé de telle sorte/façon/manière qu’on voie à travers l’immeuble.
Le professeur avait organisé sa semaine de telle manière que ses étudiants puissent venir le consulter au moins trois fois par semaine.

Avec l’in­di­ca­tif, ces phrases expriment une conséquence de fait (tosiasiallinen seuraus), avec le sub­jonc­tif elles indiquent une conséquence voulue. En traduisant depuis le français, il faudra faire at­ten­tion de ne pas les confondre avec les conjonctions exprimant la conséquence. Parfois la nuance n’est pas très gran­de, et, en traduisant en français il n’est pas toujours facile de choi­sir le mode. En cas de doute, le mieux est d’uti­li­ser des conjonctions à sens nettement final (afin que, pour que).