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731. Généralités

1. Une grande variété

L’expression de la concession est très riche et variée en français. Il existe une grande quantité de conjonc­tions et de cons­truc­tions spécifiques. Bien que les conjonctions concessives in­tro­dui­sent en général in­dif­fé­rem­ment des CircAP ou CircPP, la position de la cir­cons­tan­cielle apporte dans certains cas des in­for­mations utiles sur le choix de la conjonction. Le mode du verbe de la sub­or­don­née est souvent le sub­jonc­tif, mais il y a aussi un nombre important de conjonctions demandant l’in­di­ca­tif.

731. Conjonctions concessives et mode de la sub­or­don­née
SUBJONCTIFINDICATIF
bien que vaikka mê­me si vaikka(kin)
quoique vaikka(kin),joskinquand bien mê­me vaikka (kuinka)
encore que vaikka(kin),joskinalors que vaikka,kun tosiasiassa
quitte à ce que silläkin uhallatandis que kun taas
malgré le fait que siitä huolimatta ettäsi vaikka(kin)
en dépit du fait que siitä huolimatta että

2. Usage fréquent – et parfois délicat

Les cir­cons­tan­cielles concessives s’emploient indifféremment en position antéposée ou post­po­sée à la prin­cipale, mê­me si par exem­ple quoique s’emploie préférablement comme CircPP. Les concessives in­tro­duites par une locution conjonctionnelle formée avec que de­man­dent le subjonctif, ce qui ne les em­pê­che pas d’être uti­li­sées aussi fréquemment à l’oral qu’à l’écrit. En effet, en position postposée, la conces­sive exprime souvent un commentaire en rappel qui nuance l’idée de la principale. Cet emploi est si fréquent que mê­me des conjonctions typiques de la langue écrite comme quoique s’uti­li­sent couramment dans la langue comme des sortes d’adverbe (et le verbe de la proposition est alors à l’in­di­ca­tif), voir ci-dessous §3.

Bien que les concessives typiques introduites par bien que, encore que etc. soient d’un usage fréquent, celles qui sont formées avec des déterminants ou pronoms indéfinis ou avec des adverbes (quels que soient ses mérites, quelque intéressants soient-ils) sont souvent difficiles à interpréter pour de nombreux francophones et sont source de nombreuses erreurs au niveau de l’orthographe. Ces « fautes d’ortho­gra­phe » traduisent le fait que de nombreux usagers ne comprennent pas réellement la structure gramma­ticale des cons­truc­tions en question. Ces nombreuses erreurs posent en outre un problème d’inter­pré­ta­tion par l’apprenant FLE des productions écrites des francophones, voir p. 742 §3.

3. Encore que, bien que et quoique adverbes

Les conjonctions concessives encore que, bien que et quoique s’emploient fréquemment dans la langue courante comme des adverbes adversatifs. Elles sont alors le plus souvent suivies de l’in­di­ca­tif. Dans l’intonation, on marque une pause, ou il y a un changement de ligne mé­lo­di­que :

Oh, si j’avais eu plus d’argent, j’aurais peut-être acheté une voiture plus grande, encore que, celle-là est bien suffisante pour moi.

De mê­me, mê­me si peut faire fonction d’adverbe et être suivi par exem­ple d’un conditionnel, ce que les règles de grammaire proscrivent normalement s’il s’agit d’une véritable conjonction (p. 742 §1) :

Ils ont sans doute eu raison de rentrer, mê­me si, à mon avis, ça aurait été intéressant de passer un an à l’étranger.