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756.  Le temps du verbe dans la sub­or­don­née conditionnelle

1. Imparfait ou plus-que-parfait

En finnois, le verbe de la proposition conditionnelle est au conditionnel. En français, ce n’est nor­ma­le­ment pas le cas : le verbe de la proposition conditionnelle doit être à l’imparfait ou au plus-que-parfait. Le conditionnel est interdit. L’uti­li­sation fautive du conditionnel dans la sub­or­don­née fait l’objet de nombreuses interdictions et mises en garde dans les grammaires (voir cependant p. 763, et également p. 635 §2) :

S’il faisait [imparfait] beau ce weekend, nous pourrions [conditionnel présent] faire une promenade à vélo. Jos viikonloppuna olisi kaunis ilma, voisimme lähteä pitkälle pyöräretkelle.
Si tu étais resté [plus-que-parfait] plus longtemps, nous aurions pu [conditionnel passé 1e forme] faire une excursion en montagne. Jos olisit viipynyt kauemmin meillä, olisimme voineet lähteä retkelle vuoristoon.

2. Con­di­tion­nel passé 2e forme

Cependant, dans la langue écrite, dans un récit au passé simple, l’irréel du passé est rendu par le con­di­tion­nel passé 2e forme (p. 417). Il s’agit d’une sorte de concordance des temps similaire à l’uti­li­sation du subjonctif plus-que-parfait après un verbe principal au passé :

Il s’assit sur les coussins et il la considéra d’un air presque attendri, comme s’il eût trouvé dans ce spectacle un délassement à ses fatigues.
S’il eût reçu du ciel un cœur sec, froid, raisonnable, avec tous les autres avantages qu’il réunissait d’ailleurs, il eût pu être fort heureux.
S’il eût accepté cette proposition de loi, il eût déclenché des réactions violentes.

On uti­li­se aussi couramment à l’écrit le conditionnel passé 2e forme pour marquer l’antériorité par rap­port à une principale au conditionnel passé 1e forme :

Eh bien, que lui serait-il donc arrivé s’il eût accepté la clémence du roi au lieu d’une justification juridique ?
S’il eût accepté cette dignité, le changement de la république en une monarchie despotique aurait été trop sensible.
Il est certain que s’il eût fallu assembler les états comme il se fait en d’autres lieux, ou dépendre de la bonne volonté du parlement pour avoir tout ce dont il était besoin, on ne l’aurait jamais eu.
S’il eût fallu nommer un professeur de gymnastique pour les singes du Zoological Garden, qui sont bien dégourdis cependant, Joe aurait certainement obtenu cette place.

3. Conditionnelles introduites par si coordonnées

Normalement, on coordonne les sub­or­don­nées en uti­li­sant le mot que (p. 704). Dans le cas des con­di­tion­nel­les introduites par si, dans la langue courante, on préfère cependant répéter si :

Si j’avais plus de temps et si ce n’était pas aussi cher, je consacrerais tous mes loisirs à faire du parachutisme.
S’il avait assisté à tous les cours et s’il avait mieux révisé, il n’aurait pas échoué à son examen.

On peut cependant aussi reprendre la conjonction si par que comme c’est le cas avec d’autres con­jonc­tions :

  1. Que s’uti­li­se dans ce cas essentiellement dans la langue écrite, dans un style plutôt soutenu ;
  2. le verbe de la proposition introduite par que est au subjonctif ;
  3. le subjonctif n’est possible que dans les conditionnelles exprimant le potentiel ou l’irréel.

S’il venait à changer d’avis et qu’il s’en tienne à sa décision antérieure, ce serait la catastrophe pour nous.
Si les conditions météorologiques l’avaient permis et que l’équipe ait été au complet, ils auraient pu tenter l’escalade de la face nord.
S’il venait demain et que je sois absent, veuillez lui faire savoir que je le recevrai mardi.

Remarque

On trouve dans certaines grammaires des exem­ples de subjonctif avec l’éventuel, mais ils sem­blent à la limite de la grammaticalité (? Si tu vas à Paris et que tu aies un peu de temps, passe voir mon amie Claire, Grammaire expliquée du français, p. 321).

Dans le cas d’un éventuel, on uti­li­se couramment et que suivi de l’in­di­ca­tif : 

Si vous vivez dans une province du Canada autre que le Québec, et que vous souhaitez parrainer un parent ou un membre de votre famille, vous devez signer une entente avec le ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration.
Toutefois, si je m’assieds 5 minutes et que je prends le temps de réfléchir aux 10 jours que j’ai passé sans tabac, je me rends compte que la maison est pleine de chewing-gums en tout genre.