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757. Si et locutions conjonctionnelles avec formées avec si

1. Si, excepté si, sauf si

La conjonction si est la conjonction conditionnelle la plus fréquente. Elle est normalement suivie du présent de l’in­di­ca­tif, de l’imparfait ou du plus-que-parfait (voir le détail p. 755). Les locutions excepté si et sauf si s’emploient comme les phrases avec si, en ajoutant l’idée que la condition est exclue, et cor­res­pon­dent au finnois paitsi jos :

Si tu viens en été en Finlande, tu pourras voir le soleil de minuit.
Si vous aviez une tondeuse électrique, ça ferait moins de bruit.
Si l’eau n’était pas aussi froide, nous pourrions nous baigner.
Si tu avais réservé un jour plus tôt, tu aurais payé moitié prix.
Si cela arrivait demain, aucune assurance ne viendrait à votre secours sauf si vous aviez pensé à souscrire une assurance conducteur !
La bourse du 2nd degré n’est pas accordée aux redoublants, sauf s’ils n’étaient pas boursiers l’an passé.
Toute annulation dans les 24 heures après réservation est gratuite (excepté si l’arrivée a lieu dans un délai de 72 heures).

Autres locutions formées avec si : comme si introduit une idée de comparaison et correspond au finnois ikään kuin ou kuin + conditionnel, voir le détail p. 765 §3. Dans certains cas, comme si peut être suivi d’un conditionnel passé 2e forme (p. 417). La conjonction conditionnelle mê­me si a une valeur nettement con­ces­sive et est traitée au chapitre des sub­or­don­nées concessives (p. 733).

Remarque : la conjonction si peut aussi avoir une valeur concessive (p. 735) ou temporelle (p. 746 §5).

2. Si jamais

La locution si jamais introduit un éventuel et a un sens proche de au cas où. L’éventualité est considérée comme peu probable. En finnois, elle correspond à jos sattumoisin, jos käy niin että, etc. Si jamais peut être est suivi du présent de l’in­di­ca­tif (valeur d’éventuel), de l’imparfait (valeur de potentiel) ou du plus-que-parfait (irréel du passé, pure hypothèse théorique) :

Si jamais tu cherches la série 3, elle est en vente sur le mê­me site, sur cette page.
Si jamais on avait un trou de mémoire, la pub se chargerait de nous rafraichir la mémoire !
Et si jamais il avait dû avoir un choix entre sa santé spirituelle et sa santé physique, je sais laquelle elle aurait choisie.
Si jamais il avait existé, la question de l’infini l’aurait-elle à ce point taraudé ?

Comme au cas où, la locution si jamais est très fréquemment employée dans la langue parlée comme adverbe « de supposition » (il introduit en quelque sorte une phrase inachevée dont on ne précise pas le verbe), qui correspond plus ou moins au finnois varmuuden vuoksi ou kaiken varalta :

Je te file mon deuxième numéro de portable, si jamais…
Il faudrait peut-être qu’on rentre déjà dimanche, si jamais…
Ils avaient acheté une bouteille de plus, si jamais…

Si jamais peut avoir éga­le­ment introduire une supposition qu’on met en doute et a un sens très proche de à supposer que ou si tant est que (voir p. 759 §3-4) :

En tout cas la conviction du roi était bien établie, et la mort du duc d’Orléans vint encore reculer (si jamais elles avaient existé) les chances de Victor Hugo.
Cette mutinerie avait consumé le dernier lien qui existait entre elles (si jamais il y en avait eu un).

Remarque : ne pas confondre l’emploi locutionnel de si jamais avec les cas où si et jamais ont chacun leur valeur propre (jos + koskaan) :

Comme si jamais il avait réfléchi aux choses tranquillement et calmement. =
Comme s’il avait jamais réfléchi aux choses tranquillement et calmement.
Ikään kuin hän olisi koskaan miettinyt asioita rauhallisesti.

La locution et si jamais introduit une supposition théorique, qui correspond au finnois entä mitä jos :

Et si jamais on ne le retrouvait pas ?
Et si jamais il avait été à deux doigts de disparaitre ?
Et si jamais il fallait revenir à pied ?
Et si jamais il pleuvait ?
Et si jamais c’est lui qui avait tort ?

3. Variante d’ici que

Dans la langue parlée, la locution d’ici que est souvent uti­li­sé pour présenter une hypothèse que l’on peut redouter, dans le sens « tu imagines si… » ou « et si jamais… ». Elle peut être complétée par une expression telle que il n’y a qu’un pas ou il ne manquerait plus que ça, mais souvent la phrase introduite par d’ici que est un commentaire en suspens, qu’on ne complète pas, qui correspond par exem­ple au finnois tiedä vaik­ka… :

D’ici à ce que le final s’achève par une régate au contact, il n’y a qu’un pas, parce que le vent tombe par devant et donc la dif­fé­ren­ce entre les deux voiliers est de huit nœuds.
Ne rigolez pas, d’ici qu’ils aient fantasmé sur un probable espionnage de leurs mails, il n’y a qu’un pas.
C’est bientôt ton anniv’ et d’ici que tu te retrouves avec une enveloppe contenant deux places (une pour toi, une pour ta meilleure amie coiffeuse) pour le prochain show de M.P, y a pas des kilomètres !
Oh la la d’ici qu’ils aient fait ça sur les émissions précédentes…
…D’ici qu’ils aient l’idée de venir se balader dans le coin…
Alors bon séjour à ta fille, m’étonnerait beaucoup qu’elle ne s’y plaise pas, d’ici qu’elle veuille rester avec son frère !
Essaye de ne pas le vexer. D’ici qu’il change d’avis au dernier moment…