Vous êtes ici » Les propositions subordonnées » Subordonnées circonstancielles » Circonstancielles conditionnelles
759. Conjonctions conditionnelles demandant le subjonctif

1. À condition que

À condition que correspond au finnois sillä ehdolla/edellytyksellä että :

On peut vous emmener demain matin à condition que pour une fois vous soyez à l’heure !
Les demandes en retard sont recevables à condition qu’elles soient accompagnées d’un certificat médical.
Les visiteurs sur le stand sont les bienvenus à conditions qu’ils sachent manier les armes de compétition.
Les professeurs auxiliaires peuvent être les professeurs responsables de stages à condition qu’ils supervisent les étudiants concernés à l’université.
Vous pouvez installer le logiciel et valider votre licence sur une autre machine à condition que vous désinstalliez complètement le logiciel de la machine.
Les jeunes de moins de 20 ans peuvent bénéficier de ce service à condition qu’ils n’aient jamais perçu d’allocations chômage.

Si le sujet de la sub­or­don­née est le mê­me que celui de la principale, on peut uti­li­ser une cons­truc­tion in­fi­ni­tive, mais elle n’est pas obligatoire. Les trois derniers exem­ples ci-dessus pour­raient ainsi se dire éga­le­ment :

Les professeurs auxiliaires peuvent être les professeurs responsables de stages à condition de superviser les étudiants concernés à l’université.
Vous pouvez installer le logiciel et valider votre licence sur une autre machine à condition de désinstaller complètement le logiciel de la machine.
Les jeunes de moins de 20 ans peuvent bénéficier de ce service à conditions de n’avoir jamais perçu d’allocations chômage.

2. À moins que

La locution conjonctionnelle à moins que a le mê­me sens que sauf si. Elle est suivie du sub­jonc­tif, et dans la langue écrite le verbe est précédé d’un ne explétif. Dans la langue parlée, le ne explétif est ra­re­ment employé :

À moins que vous n’ayez de nouvelles objections, nous allons donc poursuivre la mise en œuvre de notre programme.
À moins que tu ne débrouilles vraiment n’importe comment, tu devrais réussir l’examen de conduite sans problèmes.
Tous les produits importés d’un pays tiers seront soumis à cette taxe spéciale à moins qu’ils n’aient été agréés par la Commission.

Si le sujet de la sub­or­don­née est le mê­me que celui de la principale, on peut uti­li­ser une cons­truc­tion in­fi­ni­tive, mais elle n’est pas obligatoire (mais néanmoins fréquente, mê­me dans la langue parlée). Les deux derniers exem­ples ci-dessus pourraient ainsi se dire éga­le­ment :

À moins de te débrouiller vraiment n’importe comment, tu devrais réussir l’examen de conduite sans problèmes.
Tous les produits importés d’un pays tiers seront soumis à cette taxe spéciale à moins d’avoir été agréés par la Commission.

3. À supposer que, en supposant que, en admettant que

Ces trois locutions conjonctionnelles introduisent une hypothèse « gratuite », une supposition. Elles sont équi­va­lentes au finnois olettaen että suivi du conditionnel :

À supposer que/En supposant que/En admettant que vous ayez eu un mois de plus pour terminer cette thèse, est-ce que vous pensez réellement que vous l’auriez remise avant la date limite ?
À supposer que/En supposant que/En admettant que tous puissent obtenir, par exem­ple, un diplôme supérieur, le système méritocratique fait pourtant des perdants, ceux qui auront le diplôme un peu moins coté.

En admettant que peut aussi être un simple gérondif d’admettre dans le sens de « reconnaitre ». Il est alors sui­vi d’un in­di­ca­tif :

On n’étonnera personne en admettant que Grignan est un village de caractère(s).
En admettant que le mouvement de la Terre autour du Soleil est circulaire uniforme, évaluer la période de rotation T de la Terre autour de l’axe des pôles par rapport au référentiel de Kepler [usage fréquent d’admettre dans les problèmes mathématiques].

4. Si tant est que

La locution conjonctionnelle si tant est que est souvent présentée par les grammaires comme faisant partie du style soutenu, pourtant elle s’emploie relativement fréquemment dans la langue courante. Elle a le mê­me sens que à supposer que (voir aussi si jamais ci-dessus). En finnois, elle correspond à jos yleensä / jos ylipäänsä :

L’église engage de moins en moins de musiciens professionnels si tant est que l’on puisse encore parler de Musique au sein de la liturgie.
Elle avait quelque chose d’innocent en elle, une sorte de pureté d’enfance, si tant est que l’enfance soit innocente.
Pourtant, cet après-midi-là, si tant est que le souvenir qu’il en reste fût quelque peu fidèle à quoi que ce soit […] était d’un calme monacal. [Yourcenar]
Que puis-je faire dans ce cas-là, si tant est que vous puissiez me conseiller ?
Pessoa passa sa vie à explorer ces « moi » et « soi » multiples qui s’offrent à chacun de nous, incapable de choisir et de dire qui était le vrai Pessoa, si tant est qu’il fût nécessaire qu’il y en eût un.

On trouve parfois des cas avec l’in­di­ca­tif :

L’échec de la stratégie européenne pour l’emploi est patent, si tant est que son objectif était bien l’emploi et non la flexibilité.

La forme attendue serait si tant est que son objectif ait bien été l’emploi et non la flexibilité, l’in­di­ca­tif s’explique probablement par le fait qu’on a voulu éviter l’imparfait du subjonctif ou par attraction avec l’idée de « si on peut dire que ».