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760. Autres conjonctions conditionnelles demandant le subjonctif

1. Selon que

Cette locution conjonctionnelle équivaut à si et l’équivalent finnois est riippuen siitä… tai. On uti­li­se nor­ma­le­ment l’in­di­ca­tif, mais on rencontre aussi des exem­ples de subjonctif :

Selon que vous serez puissant ou misérable,
Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir. [La Fontaine]
La marque du pluriel n’étant pas la mê­me selon que l’on uti­li­se telle ou telle langue de l’Union européenne, c’est la forme euro qui figure sur les billets.
Selon que l’on nait dans un taudis ou dans un appartement de 120 m2, on n’est pas à égalité face à la culture.
Le désir existe et nous fait exister, il se manifeste différemment selon que l’on soit femme ou homme, selon les individus, les cultures, la géographie et les époques.

2. Pour peu que

Le sens de la locution pour peu que est assez proche de la conjonction temporelle dès que, mais il s’y ajou­te une nuance de condition. Elle signifie en substance « il suffit que… pour que » et équivaut au finnois jos vain ou kunhan vain. Elle est suivie du subjonctif et est d’usage courant dans la langue écrite et dans la langue parlée :

Pour peu que vous attendiez encore une semaine, vous pourrez commander le modèle 2013.
Les uti­li­sateurs sont indulgents pour peu qu’ils sentent que l’équipe de développement est réellement engagée dans la résolution des problèmes.
Les médicaments liquides sont autorisés pour peu qu’ils soient indispensables et que leur quantité soit en adéquation avec la durée du vol.
Le moteur de recherche répertorie tous les blogs, pour peu qu’ils aient un contenu suffisant et qu’ils soient toujours actifs.

3. Pour autant que, autant que

Ces deux locutions (la variante autant que est moins fréquente) ont une valeur conditionnelle in­tro­dui­sant une restriction et peuvent se paraphraser par « si du moins ». Elles ressemblent pour le sens à dans la mesure où, en finnois ainakin siinä määrin kuin, ainakin sen perusteella mitä. Elles sont généralement suivies du subjonctif, mais on trouve parfois aussi l’in­di­ca­tif (l’in­di­ca­tif indique que la locution a sim­ple­ment le sens de « si », « aussi longtemps que », en finnois kunhan vain) :

Mon but est de vous indiquer, pour autant que le court laps de temps me le permette, la signification des principales périodes de l’évolution de l’art.
Il y participera, pour autant que cette organisation fournisse, en outre, des satisfactions individuelles.
La mortalité dans cet échantillon de population est associée au tabagisme et, autant qu’on puisse en juger, à la pollution.
Nos dif­fé­ren­ces culturelles sont une grande richesse pour autant que nous acceptons de vivre ensemble dans le respect et l’amour du prochain.
La version d’analyse régularisée que nous uti­li­sons est nouvelle, pour autant que nous sachions.

Les constructions (pour) au­tant que je sache et (pour) autant que je m’en souvienne (et le pluriel avec sujet nous) peuvent se traduire en finnois par l’infinitif au translatif tietääkseni (-ksemme) et muis­taak­se­ni (-ksemme), voir p. 438 §2 (mais ymmärtääkseni se traduit si j’ai bien compris).

4. Que + subjonctif

Cette cons­truc­tion s’uti­li­se majoritairement dans la langue écrite. Elle exprime une condition qui en­trai­ne une conséquence exprimée par la principale. Elle contient l’idée « dès que/chaque fois que » ou « il suffit que ». On peut considérer que c’est une variante à nuance conditionnelle (une sorte d’éventuel) de dès que, et en finnois l’équivalent le plus proche est heti kun. Souvent, le rapport consécutif entre la sub­or­don­née et la principale est renforcé par et, mais ce n’est pas systématique :

Que l’un de ces adverbes disparaisse, et la phrase n’a plus de sens.
Que l’un des amis bavardât trop longtemps, et c’était la catastrophe.
Mais que l’empereur quittât son rôle, apparaissait le Napoléon coléreux ou comédien.
Que quelqu’un prononçât à voix haute le nom du capitaine, un souffle de confiance venait balayer craintes et inquiétudes.

Cette cons­truc­tion ne doit pas être confondue avec un impératif (Qu’il disparaisse !) ni les cons­truc­tions concessives que… ou que (voir point suivant §5).

5. Que… ou…

Cette cons­truc­tion (qu’il soit content ou non, qu’il soit satisfait ou qu’il trouve la proposition trop chère, etc.) a à la fois une nuance conditionnelle et concessive. Elle est en quelque sorte la forme ré­pé­tée de la cons­truc­tion que + subjonctif examinée au point précédent, et dont le sens a glissé de la condition à la concession : que = « (mê­me) si… ou (mê­me) si ». Mais elle est aujourd’hui interprétée uniquement avec un sens concessif, voir p. 740 §2.