Vous êtes ici » Les propositions subordonnées » Subordonnées circonstancielles » Circonstancielles conditionnelles
762. Autres cons­truc­tions et moyens d’exprimer la condition

1. Propositions indépendantes juxtaposées

Dans la langue parlée, on exprime souvent la condition en juxtaposant deux propositions for­mel­le­ment indépendantes, mais fortement liées par le sens. On uti­li­se soit l’imparfait, soit le conditionnel :

J’aurais freiné / je freinais une seconde plus tard, on fonçait dans un arbre. 
[= Si j’avais freiné une seconde plus tard, on aurait foncé dans un arbre.] Jos olisin jarruttanut hetkeä myöhemmin, olisimme törmänneet puuhun.
On restait une minute de plus /On serait restés une minute de plus, le train serait parti. 
[= Si on été restés…] Jos olisimme viipyneet minuutin vielä, juna olisi lähtenyt
Tu me l’aurais demandé, j’aurais pu te le dire tout de suite.
[= Si tu me l’avais demandé…] Jos olisit kysynyt minulta, olisin voinut sanoa sen heti.
T’aurais raté l’examen, (eh bien) t’aurais raté l’examen !
[= Si tu avais raté ton examen…] Jos et olisi läpäissyt tenttiä, (sitten) et olisit läpäissyt tenttiä!

Dans la phrase je freinais une seconde plus tard, on fonçait dans l’arbre, l’imparfait renforce l’idée de con­sé­quen­ce immédiate. Ces cons­truc­tions sont courantes dans la langue parlée, mais d’un emploi dé­licat pour l’apprenant de FLE. On peut toujours les remplacer par des conditionnelles classiques introduites par la con­jonction si. Remarquer que dans certains cas, les temps ver­baux sont intervertis par rapport à l’usage nor­mal :

J’aurais freiné [conditionnel] une seconde plus tard, on fonçait [imparfait] dans un arbre.
À comparer avec la forme « classique » :
Si j’avais freiné [plus-que-parfait] une seconde plus tard, on aurait foncé [conditionnel] dans un arbre.

On trouve un emploi similaire dans d’autres conditionnelles juxtaposées, qui ont une valeur net­te­ment con­cessive (sens de mê­me si, voir p. 741) :

Avec tous ces embouteillages, on serait partis plus tôt, on serait arrivés aussi tard.

2. À + infinitif

La cons­truc­tion à (en) + infinitif exprime la condition (avec une nuance causale ou éventuelle). Elle est cou­ram­ment uti­li­sée à l’oral également :

À l’en croire [= si on l’en croit], il est le meilleur joueur de golf de la planète.
À en juger par sa mine [= si on en jugeait par sa mine], il avait dû rater son examen.
À en croire les spécialistes [= si on croit les spécialistes], la banquise pourrait fondre tous les étés d’ici 2050.

Dans d’autres cas, la construction exprime une simple relation temporelle (ou causale), proche de l’idée exprimée par à force de (p. 715 §3) :

À l’entendre se plaindre sans arrêt [= si/quand on l’entend se plaindre], on se demande vraiment pourquoi il a choisi ce métier.
À les écouter bavarder [= si/quand on les écoute bavarder], on perd vite patience.

3. Gérondif ou participe

Le gérondif ou le participe peuvent avoir une valeur cir­cons­tan­cielle exprimant la condition :

En cherchant sur Internet, tu trouveras des milliers d’exem­ples.
Pris à temps, ce médicament est efficace contre la grippe.