Guide de grammaire française
pour étudiants finnophones

  Index alphabétique

il et ça

C’est ou il est ?

C’est pour définir,
il est pour qualifier

C’est un médecin ou
Il est médecin ?

Un problème de didactique du FLE : il et ça

C’est ou il est ? Résumé

Solutions express

Les règles et les critères détaillés permettant de choisir entre la for­me il ou ça, et en par­ti­cu­lier entre il est et c’est sont pré­sen­tées en détail plus loin sur cette page. Mais pour donner une règle facile à retenir, qui couvre environ 90% des cas, on peut pro­po­ser les solutions pré­sen­tées ci-dessous.

Dans ce résumé, « nom » dé­si­gne un groupe nominal, qui peut être un nom com­me ce livre, un pronom ou un groupe com­me la petite fille qui joue dans le sable :

  NOM est ADJECTIF  →   Il/Elle est ADJECTIF
  NOM est NOM  →   C’est NOM
La petite fille qui joue dans le sable est très mignonne. Elle est très mignonne.
La petite fille qui joue dans le sable est ma nièce. C’est ma nièce.
Elle est dentiste

En fran­çais, les noms de pro­fes­sion dans la construction elle est dentiste se com­por­tent com­me des adjectifs. Mais on peut aus­si dire c’est une dentiste. On re­trou­ve la mê­me dif­fé­ren­ce en fin­nois :

Hän on hammaslääkäri. Elle est dentiste. (pro­fes­sion)
Hän on eräs hammasläkäri.
Se on yks hammalääkäri. (langue parlée)
Hän/Se on meidän hammaslääkäri(mme).
Hän on se hammaslääkäri, josta kerroin.
C’est une dentiste.
C’est une dentiste.
C’est notre dentiste.
C’est la dentiste dont je parlais.

Règle simplifiée : si en fin­nois on peut ajouter un déterminant (yksi, joku, meidän, se …) devant un nom de pro­fes­sion, en fran­çais on uti­li­se c’est et non pas il est/elle est

Solution intermédiaire

Pour décrire et mieux com­pren­dre la dif­fé­ren­ce entre il est et c’est, on peut aus­si uti­li­ser des critères sé­man­ti­ques et syntaxiques un peu plus nom­breux.

Étape 1. Distinguer pronom anaphorique et pronom conjugateur.

Il et ça peuvent être des pronoms anaphoriques, qui ont un antécédent (kor­re­laat­ti), ou des pronoms conjugateurs, qui n’ont pas d’antécédent et servent seu­le­ment à indiquer la personne 3 (3. persoona) du ver­be. Devant le ver­be être, on peut uti­li­ser dif­fé­ren­tes for­mes de pronom conjugateur : il, ça, c’, ce cela, qui dé­pen­dent du type de ver­be et du style (code écrit, fran­çais parlé), voir les deux ta­bleaux-ré­su­més.

Com­ment savoir si il et ça sont des pronoms conjugateurs ? La construction avec un su­jet pronom con­juga­teur ne peut pas être remplacée par une construction avec un pronom personnel com­me je :

Il était prévisible qu’il refuserait. ≠ *J’étais prévisible qu’il refuserait.
C’est bizarre qu’il n’ait pas téléphoné. ≠ *Je suis bizarre qu’il n’ait pas téléphoné.
Il est urgent de réparer chauffage. ≠ *Je suis urgent de réparer le chauffage.
C’est normal que tu hésites. ≠ *Je suis normal que tu hésites.
Il est normal d’hésiter. ≠ *Je suis normal d’hésiter.
C’est une chance de faire ce voyage. ≠ *Je suis une chance de faire ce voyage.

Remar­que : cer­tains adjectifs peuvent avoir deux sens dif­fé­rents.

Étape 2. Distinguer il et ça.

Si le pronom il ou ça n’est pas un pronom conjugateur, mais un vrai pronom qui a un antécédent, com­ment choisir entre les deux ?

a. Le pronom il ren­voie tou­jours à un groupe nominal (ou un pronom à valeur dé­fi­nie, c’est-à-dire personnel démonstratif ou possessif). Si on ne peut pas rem­pla­cer il par un nom ou un pronom, c’est un pronom conjugateur (voir Étape 1) :

Le livre est tombé par terre. → Il est tombé par terre.
Ces deux enfants qui jouent dans le sable habitent près de chez nous. → Ils habitent près de chez nous.
Il reste en­co­re une bouteille de vin. → Elle est pour toi.
Quelques-uns de nos amis passeront la nuit chez nous. → Ils passeront la nuit chez nous.

Principale exception : c’est + groupe nominal. Quand le pronom il est su­jet du ver­be être et que l’attribut du su­jet (predikatiivi) est un groupe nominal (ou un pronom), on uti­li­se com­me su­jet les for­mes du pronom ça (et non pas de il). Si l’attribut est un adjectif, on uti­li­se il :

Attribut groupe nominal Attribut adjectif
C’est ma sœur. Elle est jeune.
Ce serait une solution. Elle serait quasiment géniale !
C’était qui ? – C’est quelqu’un
que je connais.
Il était prof de maths* dans mon lycée.
Ça serait pas ton ancien prof de maths ?
– Oui, c’est bien lui.
Il était vraiment sympa.

Remar­que : dans ce genre de construction, les noms de pro­fes­sion sont des adjectifs. C’est pourquoi on uti­li­se le pronom su­jet normal il.

b. Le pronom ça est utilisé pour ren­voy­er à tou­tes sortes d’élé­ments au­tres qu’un groupe nominal (GN) : phra­se, idée, texte, con­tex­te, pro­nom in­dé­fi­ni etc. :

Il est né­ces­sai­re de revoir ce texte, à mon avis c’est mê­me indis­pen­sa­ble.
Tu pourrais me dire com­ment se termine le film ? Ce serait inté­res­sant.
Ne roule pas si vite, c’est dangereux.
Il n’a pas en­co­re répondu. Ça devient inquiétant.

Dans cer­tains cas, on peut reprendre un GN par ça au lieu de il :

Tu as une vilaine plaie au genou. il faut soigner ça. (lire…)
Un bébé, ça vous occupe tou­te la journée, mais c’est si mignon. (lire…)
Je n’avais jamais visité Lyon. C’est très grand. (lire…)

C’est pour dé­fi­nir, Il est pour qualifier

En examinant les règles pré­sen­tées dans le résumé ci-des­sus, on peut voir qu’en gé­né­ral

C’est pour dé­fi­nir

La cons­truc­tion c’est + GN sert en gé­né­ral à dé­fi­nir quel­que chose ou quelqu’un. Dans ce cas, ça/ce ren­voie à l’objet de pensée dont on est en train de parler et qu’on va dé­fi­nir : « ce que je montre/ce que tu vois/ce dont je parle/ce que tu veux savoir est… ». On ren­voie donc en quelque sorte à une proposition cachée, et pas à un nom. Pour cette raison, on uti­li­se le pronom sans genre et sans nombre (qui ne ren­voie pas à un ré­fé­rent précis).

Dans les ex­em­ples qui suivent, on donne aus­si des cas de c’est utilisé à d’au­tres temps (im­par­fait, conditionnel) ou devant pouvoir, devoir ; dans ces cas, la for me du pronom ça peut varier (voir tableau) :

Tu vois cet oiseau ? C’est une guignette. Näetkö tuon linnun? Se on rantasipi. Qu’est-ce que c’est, cette voiture ? – Ce ne serait pas la nouvelle Citroën ? Qui est cet hom­me, au milieu de la photo ? – Ça pourrait être mon arrière-grand-père. Ce type, ça serait pas ton cousin ? C’était qui le type qui vient de te saluer ? – Ça doit être un ancien voisin. Qu’est-ce que c’est que cette trace au centre de l’image ? – Cela semblerait bien être un astéroïde en­co­re non détecté.

L’at­tri­but de ce peut être un groupe nominal, un pro­nom possessif, dé­mons­tra­tif, in­dé­fi­ni, relatif, in­ter­rogatif, le pronom en etc. :

C’était Jean qui a téléphoné ? – Non, c’était pas lui. C’est les patins que tu voulais ? – Oui, c’est ceux-là. Je prends en­co­re un petit verre de vin. Ce sera le dernier. C’est ton livre ? – Oui, c’est le mien. C’est ça que tu voulais ? – Oui c’est ça. Ce sont des giroles ? Oui, c’en sont. C’est quoi ? = Qu’est-ce ?= Qu’est-ce que c’est ? C’est qui le mon­sieur à côté de ta mère ? – C’est son ancien mari.

Il est pour qualifier

La construction il/elle/ils/elles est/sont est gé­né­ra­le­ment suivie d’un adjectif, qui est l’attribut du pronom il/ils/elle/elles. Ce pronom reprend un groupe nominal :

J’ai cueilli un bouquet de muguet. Il est très parfumé. Aurèle est grande. Elle est grande. Les questions étaient très difficiles. Elles étaient très dfficiles. ■ Le fin­nois est plus facile qu’on ne croit. Il est plus facile qu’on ne croit. ■ Cette vieille maison est difficile à chauffer. Elle est difficile à chauffer.

Dans tous ces ex­em­ples, on parle d’un nom, et on le qualifie (kuvailla, luonnehtia), ce qui est ha­bi­tu­el­le­ment la fonction de l’adjectif qualificatif. C’est la mê­me chose en fin­nois.

Des noms qui servent à qualifier

Cepen­dant, on peut aus­si uti­li­ser des noms com­me des adjectifs qualificatifs dans cer­tai­nes cons­truc­tions.

a. Noms de pro­fes­sion. Quand on parle d’une personne et qu’on indique sa pro­fes­sion, en fran­çais on uti­li­se le nom de pro­fes­sion com­me un adjectif (c’est pour cette raison qu’il est sans ar­ti­cle). Dans ce cas-là, on répondrait à la question Quelle est la pro­fes­sion de...? :

Quelle est la pro­fes­sion de Pierre ? – Il est pilote.
Quelle est la pro­fes­sion de François ? – Il est capitaine de marine marchande.
Quelle est la pro­fes­sion de Marie ? – Elle est pompière.
Quelle est la pro­fes­sion de Michel ? – Il est infirmier.
Quelle est la pro­fes­sion de Sylvie ? – Elle est prof de fran­çais.

Si on met un déterminant devant l’adjectif, il redevient un nom, et on uti­li­se la construction c’est. Com­pa­rer :

(a) Quelle est la pro­fes­sion de M. Martin ? – Il est prof de fran­çais.
(b) Qui est M. Martin ? – C’est un prof de fran­çais. / C’était notre prof de fran­çais.

Dans l’exem­ple (b), on demande à quelqu’un qui est M. Martin (et non pas quelle est sa pro­fes­sion). La personne répond en dé­fi­nissant M. Martin : elle le connait par ex­em­ple parce que c’est son ancien professeur de fran­çais.

En fin­nois, on peut aus­si modifier le sens du mot en ajoutant un déterminant :

Kuka on M. Martin? – Hän on eräs opettaja. [jonka tunnen] / langue parlée : Se on yksi opettaja. [jonka tunnen]

✎ À retenir : si en fin­nois devant un nom de pro­fes­sion on uti­li­se ou on peut uti­li­ser un déterminant (yks, eräs, joku, meidän, se, pari, muutama…), ce mot est uti­li­sé com­me nom et en fran­çais on uti­li­se la construction c’est....

b. Adjectifs de nationalité. La phra­se fin­noi­se hän on ranskalainen peut se tra­dui­re de deux ma­niè­res en fran­çais :

Il est français / Elle est française.[ad­jec­tif] Hän/Se on ranskalainen.
C’est un Français / C’est une Française. Hän on [eräs] ranskalainen. / Se on yks rans­ka­lai­nen.

Com­me dans le cas a. ci-dessus, on constate que si on peut met­tre un déterminant devant l’adjectif fran­çais ou ranskalainen, cet adjectif de nationalité dé­si­gne un nom (qui représente une personne). On uti­li­se donc dans ce cas la construction c’est (et dans ce cas par­ti­cu­lier, le nom s’écrit alors avec une majuscule).

GN à double sens

Dans cer­tains cas, des noms peu­vent avoir un em­ploi ad­jec­tival. C’est ainsi qu’on peut dire Ce sont des amis ou Ils sont amis. Cela s’explique par le fait qu’en fran­çais le mot ami peut être soit un nom soit un ad­jectif (dans ce cas-là, il signifie « ys­tä­vyys­suh­tees­sa oleva, läheinen »). En fin­nois, ystävä est uni­que­ment un nom (on ne peut dire *hän on hyvin ystävä), et pour cette raison la dif­fé­ren­ce entre les deux ex­em­ples sui­vants peut paraitre difficile à com­pren­dre :

a) Pierre et Ove sont des amis à nous. → Ce sont des amis.
b) Pierre et Ove sont très amis. (ovat hyviä ystäviä, hyvin läheisiä) → Ils sont amis.

Le mot psychologue peut aus­si être un nom (psykologi) ou un ad­jec­tif (qui n’a pas d’équivalent adjectival en fin­nois, mais peut se traduire par le nom ihmistuntija) :

Elle est psychologue. / C’est une psychologue. Hän on psykologi.
Elle est très psychologue. Hän on hyvä ihmistuntija.

Parmi les au­tres mots qui se comportent de cette ma­niè­re, on peut mentionner jumeaux (jumelles), connaisseur, amateur, artiste, synonyme… :

Quelle est la dif­fé­ren­ce entre les ex­pres­sions « le pro­blè­me, c’est que » et « l’ennui, c’est que » ? Elle n’est pas très grande :
ils sont synonymes (ne ovat synonyymisia, sama­mer­ki­tyk­si­siä) ou
ce sont des synonymes (ne ovat synonyymeja).

Il est + nom

On peut uti­li­ser IL est suivi d’un attribut groupe nominal, quand le pro­nom IL ren­voie (viittaa) clairement à un nom qui a déjà été dé­fi­ni ou mentionné. Si on qualifie un nom déjà dé­fi­ni antérieurement (il a été mentionné), on y ren­voie avec il, qui est alors dans sa fonction normale de pronom anaphorique :

Qui est M. Martin ? – C’est un prof. Il était notre prof de fran­çais. L’ar­ti­cle se contracte éga­le­ment avec les pré­po­si­tions de ou à quand elles sont un élément d’une locu­tion pré­po­si­tionnelle. Garde ces photos pour toi, elles sont tout ce qui te reste de mes grands-parents. C’est vers 2 ans que l’enfant prend conscience de son sexe. Vous lui dites qu’il est un garçon, ou une fille, vous lui expliquez la dif­fé­ren­ce entre papa et maman.

C’est ce qui explique l’opposition entre dé­fi­nition dans (a) et qualification (b) dans les exem­ples sui­vants :

(a) En effet, le thème n’est pas tou­jours le su­jet gram­ma­ti­cal du ver­be de la phra­se. Cela peut être par exem­ple un com­plé­ment de phra­se.
(b) Le nom peut être le su­jet de la phra­se. Il peut aus­si être le com­plé­ment direct du ver­be ou un com­plé­ment de phra­se.

Dans l’exem­ple (a), on dit que dif­fé­ren­tes choses peu­vent être le thème : le su­jet du ver­be ou un com­plé­ment de phra­se, et on précise ce qui est par ex­em­ple le thème : Qu’est-ce qui est le thème ? (dé­fi­nition). Dans l’exem­ple (b), on parle du nom (qui est donc identifié), et on in­di­que qu’il peut avoir plu­sieurs qualités : su­jet, com­plé­ment de ver­be, com­plé­ment de phra­se. Le mot qualité peut aus­si signifier ominaisuus, en qualité de = jonkin ominaisuudessa, jonakin.

La dif­fé­ren­ce peut par­fois être très difficile à com­pren­dre, parce qu’il faut savoir interpréter le sens précis des mots (et des constructions) pour choisir entre c’est et il est et, donc, avoir des con­nais­san­ces en vo­ca­bu­lai­re suf­fi­sam­ment éten­dues. En cas de dou­te, une so­lu­tion est d’uti­li­ser un au­tre ver­be ou une au­tre cons­truction :

Le thème n’est pas tou­jours le su­jet gram­ma­ti­cal du ver­be de la phra­se. Un com­plé­ment de phra­se peut aus­si être le su­jet. Le nom peut être le su­jet de la phra­se. Mais on peut aus­si l’uti­li­ser com­me com­plé­ment direct du ver­be ou un com­plé­ment de phra­se. / Mais sa fonction peut aus­si être celle de com­plé­ment direct du ver­be ou un com­plé­ment de phra­se. L’ar­ti­cle se contracte éga­le­ment avec les pré­po­si­tions de ou à quand ces prépositions sont un élément d’une pré­po­si­tion com­po­sée. Etc.

Résumé

Le mot ça/ce devant être peut aus­si être un sim­ple pro­nom ana­pho­ri­que ren­voy­ant à au­tre chose qu’un grou­pe no­mi­nal. On peut donc trou­ver dans ce cas en fin­nois le pro­nom se, avec en fran­çais trois valeurs dif­fé­ren­tes :

Se on harakka. = C’est une pie. ça ren­voy­ant à ce qu’on montre ou dont on a parlé, at­tri­but GN.
Se on utelias. = Elle est curieuse. il ren­voy­ant à harakka
Se on hauskaa. = C’est amusant. ça ren­voy­ant par ex. à l’idée se että on utelias

Avec un ré­fé­rent humain, en fin­nois, les pro­noms sont dif­fé­rents, alors qu’en fran­çais on uti­li­se les mê­mes pro­noms (au­cun chan­ge­ment par rapport à l’ex­em­ple pré­cé­dent) :

Hän on kämppäkaverini. = C’est ma colocataire.ça ren­voy­ant à ce qu’on montre ou dont on a parlé, at­tri­but GN.
Hän on opiskelija. = Elle est étudiante.il ren­voy­ant à kämppäkaverini.
Se ei ole yllättävää. = Ce n’est surprenant.ça ren­voy­ant par ex. à l’idée « se että hän on opiskelija »

C’est un médecin ou Il est médecin ?

Une règle simple

Com­me expliqué ci-dessus, les ap­pre­nants fin­no­pho­nes ont ten­dan­ce à uti­li­ser de façon erronée le pro­nom il pour for­mer la cons­truc­­tion servant à in­di­quer la pro­fes­sion de quel­qu’un, en disant par exem­ple *il est un médecin/*elle est une médecin. En fin­nois, c’est un médecin et il est médecin correspondent à une seule for­me hän on lääkäri, ou dans le fin­nois parlé, se on lääkäri. En fran­çais, ce sont deux cons­truc­tions dif­fé­ren­tes :

C’est un médecin répond à la ques­tion Qui est-ce  ? (Kuka hän on?) ;
Il est médecin répond à la ques­tion Quelle est sa pro­fes­sion ? (Mitä hän on ammatil­taan?).

Il suffit de retenir la règle sui­vante :

Quand le nom at­tri­but du su­jet in­di­que la pro­fes­sion de quel­qu’un, ce nom devient un ad­jec­tif. Il n’a donc pas de déterminant (le, ce mon…) et on uti­li­se la construction ha­bi­tu­el­le avec un adjectif il/elle est médecin com­me il/elle est sympathique.

Qu’est-ce que c’est ? C’est une planche à roulettes. Se on rullalauta.
Qu’est-ce que c’est ? C’est un bouleau. Se on koivu.
Qu’est-ce que c’est ? Ce sont des cadeaux pour mes enfants.
Qui est-ce que c’est ? C’est mon frère. Se on veljeni.
Qui c’est ? C’est un médecin. Kuka hän on? Hän on (eräs) lääkäri.

Si par exem­ple dans un hôpital on voit une personne habillée en blanc et qu’on ne sait pas si c’est une infirmière ou une médecin, on posera la ques­tion ainsi : Onko tuo lääkäri vai sairaanhoitaja? et sans doute pas : Mikä tämän valkotakkisen naisen ammatti on? On demanderait en fran­çais : « C’est une médecin ou une in­fir­miè­re ? » et non pas « Quelle est la pro­fes­sion de cette femme en blanc ? »

L’inverse n’est pas vrai : à la ques­tion Quelle est sa pro­fes­sion? on peut répondre en uti­li­sant c’est + déterminant + nom (GN), en fran­çais et en fin­nois :

Quelle est la pro­fes­sion de ce monsieur ?
Il est tapissier-décorateur. Hän on verhoilija.
C’est un tapissier-décorateur. Hän on eräs verhoilija. / Se on yks verhoilija.

Com­me tous les adjectifs en gé­né­ral, l’adjectif indiquant la pro­fession peut être re­pris par le pronom le, tandis que le groupe nominal déterminé par un(e) est repris par en :

at­tri­but ad­jec­tif : for­me le du pro­nom ça, in­va­ria­ble
Tu es satisfaite et je le suis aus­si.
Armèle est professeure d’école et sa fille le sera bientôt aus­si.

at­tri­but nom : for­me en du pro­nom il, en… un
Ce champignon est une girole et celui-ci en est une aus­si.
Ce professeur est un physicien renommé et sa collègue en est une aus­si.

L’ad­jec­tif ne peut pas recevoir d’extension

Dans la construction il est vendeur/elle est géophysicienne…, le mot dé­si­gnant la pro­fes­sion est un adjectif. On ne peut pas compléter un adjectif par ex­em­ple par une pro­po­si­tion re­la­ti­ve, ni met­tre un déterminant devant l’adjectif :

*Notre voisine est âgée que nous aidons à faire les courses.
*Elle est âgée que nous aidons à faire les courses.

De la mê­me ma­niè­re, on ne peut pas compléter un nom de pro­fes­sion utilisé com­me adjectif :

(a) Son mari est *tapissier-décorateur qui a restauré notre canapé.
(a’) Il est *tapissier-décorateur qui a restauré notre canapé.
(b) Cette dame est *dentiste chez qui je vais depuis vingt ans.
(b’) Elle est *dentiste chez qui je vais depuis vingt ans.
(c) Marie-Laurencin était *peintre célèbre.
(c’) Elle était *peintre célèbre.
(d) Alvar Aalto était *grand architecte finlandais.
(d’) Il était *grand architecte finlandais.
(e) Henri Poincarré était *mathématicien fran­çais.
(e’) Il était *mathématicien fran­çais.

Sous l’influence du fin­nois hän on lääkäri/myyjä/palomies…, les finnophones ont ten­dan­ce à produire des phra­ses com­me (c’) ou (d’). Les mots peintre célèbre, grand ar­chi­tec­te et mathématicien fran­çais ne désignent pas des pro­fes­sions. On ne peut donc pas les uti­li­ser com­me adjectifs.

Si un ajoute un déterminant devant les mots signalés par * dans les ex­em­ples ci-des­sus, ils deviennent des noms et les phra­ses sont grammaticales. Et dans ce cas, devant le ver­be être, on uti­li­se le pro­nom ce :

Son mari est le tapissier-décorateur qui a restauré notre canapé.
C’est le tapissier-décorateur qui a restauré notre canapé.
Cette dame est la dentiste chez qui je vais depuis vingt ans.
C’est la dentiste chez qui je vais depuis vingt ans.
Marie-Laurencin était une peintre célèbre.
C’était une peintre célèbre.
Alvar Aalto était un grand architecte finlandais.
C’était un grand architecte finlandais.
Henri Poincarré était un mathématicien fran­çais.
C’était un mathématicien fran­çais.

Un pro­blè­me de didactique du FLE : il et ça

Définitions

Rappel : dans ce Guide de grammaire et dans les descriptions pré­sen­tées sur cette page,

Les ca­rac­té­ris­ti­ques, les for­mes et l’utilisation de ces pronoms sont ex­pli­quées en détail dans les pages consacrées à il et à ça. Les for­mes sont nom­breu­ses et sou­vent elles se ressemblent, ou on uti­li­se la mê­me for­me pour plu­sieurs fonctions. La variation des for­mes n’est pas tou­jours facile à maitriser, mê­me pour les fran­co­pho­nes.

Un double pro­blè­me

Pour de nom­breux ap­pre­nants de fran­çais langue étrangère, l’utilisation des pro­noms il et ça pose un au­tre pro­blè­me : il faut savoir quand on uti­li­se les for­mes de il et quand on uti­li­se celles de ça. De façon gé­né­ra­le, ce n’est pas très facile, car il/ça/ce peuvent être utilisés dans des cas très variés, mais c’est par­ti­cu­lièrement difficile dans le cas des constructions avec attribut du su­jet com­me c’est intéressant vs il est in­té­res­sant.

Cette opposition n’est pas une dif­fi­cul­té pour les fran­co­pho­nes et, pour cette raison, elle n’est pas décrite de façon fonctionnelle ou efficace, mê­me simplifiée, dans les gram­mai­res fran­çai­ses. Mais sur Internet, par ex­em­ple, on trouve de nom­breu­ses res­sour­ces où on tente d’expliquer le pro­blè­me sui­vant :

(a) Cette dame est notre nouvelle voisine. (a’) Cette dame est très sympathique.
(b) Cette dame est très sympathique. (b’) Elle est très sympathique.
(c) J’ai parlé avec cette dame. (c’) Cette dame est notre nouvelle voisine.
(d) J’ai parlé avec cette dame. (d’) C’est notre nouvelle voisine.

Dans les ex­em­ples (a’) et (c’), la structure est iden­ti­que : Cette dame est… Pourtant, dans les ex­em­ples (b’) et (d’), pour reprendre (korvata) cette dame, on uti­li­se un pronom dif­fé­rent. Pourquoi uti­li­se-t-on une for­me du pronom il dans (b’) et une for­me de ça dans (d’) ?

C’est une question que se posent de nom­breux étu­diants de fran­çais lan­gue étran­gè­re dans la langue desquels on n’uti­li­se pas (ou pas tou­jours) de pronom personnel devant le ver­be, ou bien qui n’uti­li­sent qu’un seul type de pronom de personne 3. En italien, il n’y aurait aucun pronom devant le ver­be è :

(b’) È molto simpatica.
(d’) È la nostra nuova vicina.

En fin­nois

En fin­nois, contrairement à l’italien, on uti­li­se un pronom de personne 3/6 devant le ver­be (les pronoms de personne 1/2/4/5 minä sinä me te sont facultatifs) :

(a’) Tämä rouva on hyvin mukava.
(b’) Hän on hyvin mukava.
(c’) Tämä rouva on uusi naapurimme.
(d’) Hän on uusi naapurimme.

On remar­que ce­pen­dant qu’en fin­nois on uti­li­se le mê­me pronom (hän)dans les phra­ses (b’) et (d’), alors qu’en en fran­çais on uti­li­se elle et c’. Le pronom hän est la for­me uti­li­sée pour ren­voy­er à un nom à ré­fé­rent humain (amie, enfant, personne, skieuse, dentiste…). Si on ren­voie à un au­tre ré­fé­rent (animal, plante, objet etc.), on uti­li­se le pronom se :

(e) Cette petite fleur est une violette. (e’) Cette petite fleur est jolie.
(f) Cette petite fleurs est jolie. (f’) Elle est jolie.
(g) Une petite fleur a poussé sur la pelouse. (g’) Cette petite fleur est une violette.
(h) Cette petite fleur est une violette. (h’) C’une violette.
(e) Tuo pieni kukka on keto-orvokki. (e’) Tuo pieni kukka on kaunis.
(f) Tuo pieni kukka on kaunis. (f’) Se on kaunis.
(g) Nurmikolla kasvaa pieni kukki. (g’) Pieni kuka on keto-orvokki.
(h) Tuo pieni kukka on keto-orvokki. (h’) Se on keto-orvokki.

… on constate que dans les ex­em­ples fin­nois (b’) et (d’) on uti­li­se le mê­me pronom hän, et dans les ex­em­ples (f’) et (h’) on uti­li­se le mê­me pronom se, alors qu’en fran­çais on uti­li­se dans les deux cas un pronom dif­fé­rent elle vs c’.

Enfin, dans le fin­nois parlé, on uti­li­se très fré­quem­ment le pronom se pour ren­voy­er aus­si à un antécédent à ré­fé­rent humain. Dans les phra­ses sui­vantes, on uti­li­se­rait donc le mê­me pronom dans la langue cou­ran­te :

(b’) Se on hyvin mukava.
(d’) Se on uusi naapurimme.
(f’) Se on kaunis.
(h’) Se on keto-orvokki.

On peut dire que la difficulté pour les finnophones est est la mê­me que pour les ita­lo­pho­nes : en italien, il n’y a aucun pronom, en fin­nois il y a partout le mê­me pro­nom. L’er­reur typique chez les ap­pre­nants italophones est d’uti­li­ser ça (f”) à la place de il, et chez les ap­pre­nants finnophones d’uti­liser il à la place de ça (d”) :

(f) Cette petite fleur est une violette. (f”) *C’est jolie.
(d) J’ai parlé avec cette dame. (d”) *Elle est notre nouvelle voisine.

En italien, com­me il n’y a pas d’au­tres repères, l’utilisation de c’ s’explique pro­ba­blement par la fréquence de la construction c’est. En fin­nois, l’utilisation de elle dans ce cas est due au fait que dame dé­si­gne un humain et qu’on uti­li­se nor­ma­le­ment le pronom hän pour ren­voy­er à un humain. Même si dans la langue parlée on uti­li­se le pronom se, les finnophones savent que dans les constructions avec attribut du su­jet, il faut choisir entre c’est et il/elle est. Il choisissent donc la so­lu­tion qui fournit un repère dans leur propre leur propre langue : le ré­fé­rent est humain, donc on uti­li­se il/elle.

Mais dans la réalité, l’opposition il/ça dans les constructions attributives c’est/il est dépend de facteurs dif­fé­rents de celle de hän/se. Ces facteurs sont à la fois syn­ta­xi­ques et sé­man­ti­ques. Dans son principe de base, l’opposition il/ça est très simple, mais il y a de nom­breu­ses va­rian­tes pos­si­bles, qui com­pli­quent le choix du pronom. Bien que les lo­cu­teurs fran­co­phones natifs n’en aient pas conscience, c’est pro­ba­ble­ment l’une des plus grandes difficultés du fran­çais pour de nom­breux ap­pre­nants allophones. Le fait que ces constructions soient très utilisées dans la lan­gue de tous les jours rend le pro­blè­me en­co­re plus sensible.

Cepen­dant, les fran­co­pho­nes eux-mê­mes sont parfois dérangés par cet aspect « non humain » de ce et com­mettent exac­te­ment les mê­mes er­reurs que les fin­no­pho­nes, ainsi que le mon­trent ces exem­ples re­le­vés dans la presse ou sur Internet :

Marc Gendron est né au beau milieu du siècle sur les bords du Saint-Laurent, au pied de la plus grande centrale électrique de l’époque. […] Bref, il est un drôle d’oi­seau. [for­me attendue : c’est un drôle d’oiseau…] Dans le domaine pro­fes­sionnel, le Verseau est très po­ly­va­lent. Il peut améliorer sans cesse ses conditions de travail ainsi que celles de ses col­lè­gues. Il est un collègue joyeux et sans histoires. [for­me attendue : c’est un collègue..] Il est dif­fi­ci­le à un blogue d’offrir un con­te­nu aus­si élitiste de par le simple fait qu’il est un outil démocratique par excellence. [for­me attendue : c’est un outil…] Ces par­ti­cu­les sont prétendues être du VIH, mais en réalité elles sont des par­ti­cu­les cellulaires et non virales. [for­me attendue : ce sont des par­ti­cu­les…]

Des pronoms à usages multiples

Ce qui pose aus­si des pro­blè­mes (aux ap­pre­nants de tou­te provenance lin­guis­tique), c’est que il et ça peuvent chacun être utilisés pour plu­sieurs fonc­tions dif­fé­ren­tes (ci-dessous 1. à 3.). Pour les finnophones, une difficulté sup­plé­men­tai­re est que, dans la langue parlée, on uti­li­se très fré­quem­ment la for­me se à la place de hän. Dans le fin­nois parlé, le pronom se est donc le pronom de personne 3 unique et multi-usages (ci-dessous 4.).

1.il et ça peu­vent être des pro­noms anaphoriques, qui ont un antécédent (kor­re­laat­ti) :

il correspond au fin­nois se ou hän et ren­voie à un groupe nominal : Le chat joue, il est tout excité;
ça correspond au fin­nois se (mais jamais à hän), et ne ren­voie pas à un groupe nominal, mais à une idée, une phra­se, un ver­be etc. : Arrête de chantonner, ça m’énerve.

2.ça peut être un pro­nom démonstratif, qui correspond aux pro­noms tämä/ tuo/se :

Qu’est-ce que tu voudrais gouter ? Ça ou ça ?

3.il et ça peu­vent servir de pro­nom conjugateur (voir ci-des­sous), né­ces­sai­re pour in­di­quer la per­son­ne grammaticale (per­son­ne 3) du ver­be. En fin­nois, il n’y a au­cun mot équi­va­lent, car le fin­nois n’uti­li­se pas de pro­nom conjugateur :

Il pleut. Sataa. Il est fré­quent qu’il pleuve. On tavallista, että sataa. Ça glisse. On liukasta. Ça m’énerve de devoir me lever si tôt. Ärsyttää, kun pitää nousta niin aikaisin.

4. En fin­nois, le pronom se est utilisé pour ren­voy­er à un GN à ré­fé­rent non hu­main (VISK §717), mais dans la langue parlée, on l’uti­li­se aus­si fré­quem­ment pour ren­voy­er à un GN dé­si­gnant un humain (VISK §720), ex­em­ple (b) ci-dessous. Le mot se peut donc avoir trois valeurs dif­fé­ren­tes et servir de pronom de personne 3 unique :

(a) Lautanen putosi lattialle, se meni ihan säpäleiksi. L’assiette est tombée par terre, elle est en mille morceaux.
(b) Yksi mies soitti. Se kysyi sua. Il y a un type qui a appelé. Il voulait te parler.
(c) Kauppakeskuksen ilmastointilaite rikkoutui, ja se aiheutti savua ja osittaisen evakuoinnin. Le système d’aération du centre com­mercial est tombé en panne, et cela a pro­vo­qué des dégagements de fumée et une évacuation par­tielle.

Le pronom de personne 3/6 en fran­çais et en fin­nois

Les tableaux com­pa­ra­tifs sui­vants montrent les ressemblances et les dif­fé­ren­ces entre le fin­nois et le fran­çais.

En fran­çais, le pronom ça ren­voie uniquement à un antécédent qui n’est pas un groupe nominal. En fin­nois, se peut ren­voy­er à un groupe nominal ou un au­tre antécédent

fran­çais fin­nois
il ça HÄN SE
antécédent
GN
antécédent
non GN
antécédent
GN
antécédent
GN et non GN

En fin­nois, pour ren­voy­er à un antécédent GN, on peut uti­li­ser les for­mes HÄN ou SE. En fran­çais, on ne peut uti­li­ser que les for­mes de il. On ne fait pas de distinction entre un ré­fé­rent humain (le joueur) et non humain (le livre) :

fran­çais fin­nois
antécédent GN
il ré­fé­rent humain ré­fé­rent non humain
HÄN SE

Si on adopte la perspective du fran­çais (antécédent GN vs antécédent non GN), on ob­tient la com­pa­rai­son sui­vante :

fran­çais fin­nois
antécédent
GN
antécédent
non GN
antécédent
GN
antécédent
non GN
il ça HÄN SE
langue parlée
SE

Cepen­dant, en fran­çais et en fin­nois, les for­mes du pronom à antécédent non groupe nominal ne peuvent pas se met­tre au pluriel :

fran­çais fin­nois
antécédent
GN
antécédent
non GN
antécédent
GN
antécédent
non GN
il ça HÄN SE
ils - he
ne
(fin­nois parlé)
-

Enfin, il et ça peuvent être utilisés com­me pronoms conjugateurs. Ce genre de pronoms n’exis­te pas en fin­nois. On obtient alors la com­pa­rai­son sui­vante : de

pronom anaphorique
antécédent GN
pronom anaphorique
antécédent non GN
pronom conjugateur
fran­çais
il ça il*, ça
fin­nois
HÄN, SE SE -

*Com­me pronom conjugateur, il alterne avec ça. Dans ce cas, il n’a qu’une seule for­me pos­si­ble, alors que ça a des allomorphes (cela, ce, c’, ç’).

Au total, les deux systèmes de pronom de personne 3 ne reposent donc pas sur les mê­mes critères en fran­çais et en fin­nois, ce qui pro­vo­que des con­fu­sions. Le seul point commun est que quand on ren­voie à un antécédent qui n’est pas un groupe nominal, on uti­li­se en fran­çais ça et en fin­nois SE, qui n’ont pas de pluriel.

ISBN 978-951-39-8092-4 © Jyväskylän yliopisto 2020
Page 33. IL vs ÇA. Dernière mise à jour : 15.8.2021