Guide de grammaire française
pour étudiants finnophones

  Index alphabétique

Signes et règles
de ponctuation

Importance de la ponctuation

Les points

Utilisation de la virgule

La virgule séparant des propositions

Les tirets

Parenthèses et crochets

Les guillemets

Les noms des signes de ponctuation lus à haute voix

Règles concernant la coupure des mots

Importance de la ponctuation

Un mar­queur syntaxique

En fran­çais, la ponctua­tion a un rôle syntaxique plus im­por­tant qu’en fin­nois. En fin­nois, tou­te pro­po­si­tion subor­don­née est théoriquement signalée par une vir­gu­le (au début et à la fin de la sub­or­don­née), mê­me si le sens ne l’exige pas. Si on sup­pri­me les virgules dans les phra­ses fin­noi­ses sui­vantes, le sens ne change pas :

Tulin sisään, ennen kuin alkoi sataa. Mies, joka kastelee kukkia, on naapurimme.

En fran­çais, la virgule cor­res­pond sou­vent à une pause dans la pro­non­cia­tion ou à un chan­ge­ment dans la mélodie : on « entend » la virgule, parce qu’elle cor­res­pond la plupart du temps à une modifica­tion sensible de l’in­tonation. En fin­nois, c’est par­fois aus­si le cas, mais net­tement moins sou­vent. En fran­çais, la virgule est un mar­queur syntaxique. Il faut donc con­naitre cer­tai­nes règles de base de la ponc­tu­a­tion pour pouvoir à la fois interpréter et construire correctement par ex­em­ple les pro­po­si­tions sub­or­don­nées.

De la mê­me ma­niè­re, les signes typogra­phi­ques com­me les parenthèses (), les guil­lemets «  », les tirets etc. par­ti­ci­pent fortement à la structuration visuelle, syn­ta­xi­que et sé­man­ti­que du texte écrit et sont des signes de ponc­tu­a­tion qu’il faut savoir interpréter et uti­li­ser, com­me les points ou les vir­gu­les.

Les signes de ponc­tu­a­tion
,la vir­gu­le
;le point-vir­gu­le
:le deux-points
.le point
?le point d’in­ter­ro­ga­tion
les points de suspension
!le point d’exclamation
le tiret
-le trait d’union
(  )la parenthèse (ouvrante, fermante)
[ ]le crochet (ouvrant, fermant)
«  »les gui­lle­mets (ouvrants, fermants)

Sulkeissa ou suluissa se dit « entre parenthèses » ou « entre crochets », lai­naus­mer­keis­sä « entre gui­lle­mets ». Voir la ma­niè­re de lire les signes de ponc­tu­a­tion à haute voix ci-des­sous.

Les points

Le point et le point-vir­gu­le

Le point s’uti­li­se com­me en fin­nois. Le point-vir­gu­le, en revanche, est plus uti­li­sé en fran­çais qu’en fin­nois. Beaucoup d’u­ti­li­sa­teurs finnophones le confondent d’ail­leurs avec le deux-points. On uti­li­se en gé­né­ral le point-virgule pour distinguer deux éléments de phra­se qui sont liés entre eux, mais qu’on veut sé­pa­rer au lieu de les coordonner. Sou­vent, cer­taines sub­or­don­nées en fin­nois sont plus facilement traduites en fran­çais par deux pro­po­si­tions in­dé­pen­dan­tes reliées par un point-vir­gu­le (pour traduire des mots com­me vaan ou joten) :

Koska komissio valvoo tätä asiaa, painostustoimenpiteet on tarkoituksenmukaisinta jättää komissiolle, joten neuvosto ei katso tarkoituksenmukaiseksi puuttua tähän asiaan. Com­me c’est la Commission qui est chargée du contrôle de cette question, le plus adéquat serait de laisser à la Commission le soin de prendre des mesures de pression ; le Conseil considère qu’il n’a pas à se mêler de cette question. Tällä het­kellä maassa ei ole käynnissä etnisiä puhdistuksia vaan tilanne on siinä määrin pystytty rauhoittamaan, että nykyiset tapahtumat ovat yksittäisiä välikohtauksia. Il n’y a pas à l’heure actuelle de purifications ethniques en cours dans ce pays ; au contraire, on est si bien parvenu à calmer la situa­tion que les évènements actuels doivent être con­si­dé­rés com­me des incidents isolés.

Le point-vir­gu­le s’uti­li­se aus­si entre les éléments des énumérations, surtout (mais pas seu­le­ment) s’il faut séparer des pro­po­si­tions avec des ver­bes, par ex­em­ple dans les textes juridiques ou administratifs. En fin­nois, dans ce cas-là, on uti­li­se ha­bi­tu­el­le­ment une vir­gu­le. Exem­ples :

Les ver­bes à mo­dè­le de con­ju­gai­son régulier en -re du 3e grou­pe sont les sui­vants :
– ver­bes en consonne + re ;
– ver­bes en -aitre ;
– ver­bes en -aindre ;
– ver­bes en -uire.

Le deux-points

On uti­li­se le deux-points dans les mê­mes cas qu’en fin­nois, mais net­te­ment plus fré­quem­ment. En fran­çais, c’est sou­vent un moyen très pra­ti­que de traduire par exem­ple nimittäin  (au lieu d’employer en effet) ou vaan (au lieu d’employer au con­trai­re) :

Jean n’est pas venu ; en effet, il a raté l’avion = Jean n’est pas venu : il a raté l’avion. Jean ei tullut, hän myöhästyi nimittäin koneestaan. Il n’est ni marié ni divorcé : il est veuf. Hän ei ole naimisissa eikä eronnut vaan leski.

Le point d’in­ter­ro­ga­tion et le point d’exclamation

Ces deux signes s’uti­li­sent com­me en fin­nois. Dans cer­tains cas, en fin­nois une in­ter­ro­ga­tive in­di­recte peut être sé­parée de la prin­ci­pa­le sous for­me de pro­posi­tion indépen­dante in­tro­duite par että. La construc­tion équi­va­lente en fran­çais est une in­ter­ro­ga­tive direc­te avec point d’in­ter­ro­ga­tion :

Hän mietti asiaa pitkään. Että voidaanko siihen ruveta.Il réfléchit longtemps à la ques­tion. Pou­vait-on se lancer là-dedans ?

Les espaces avant la ponctua­tion haute

La pra­ti­que typogra­phi­que fran­çaise exige qu’on mette une espace (sanaväli, dans le vo­ca­bu­lai­re de l’imprimerie, le mot espace est fé­mi­nin) avant la ponctua­tion « hau­te », c’est-à-dire devant le deux-points, le point-vir­gu­le, les points d’in­ter­ro­ga­tion et d’exclama­tion ( : ; ! ?), ainsi qu’avant et après le mot in­tro­duit par des gui­lle­mets : « Quoi ? ». Cette pra­ti­que est due à l’uti­li­sa­tion abondante et déjà an­cien­ne des ita­liques (kursiivi) en fran­çais.

Dans cer­tai­nes polices de caractères (fontti), dans un texte en italique, les lettres avec une hampe (l, f, h, d etc.) sont penchées et touchent pres­que le signe de ponc­tu­a­tion. Ajouter une espace permet de mieux faire ressortir le signe. Com­pa­rer l’effet visuel sans espace et avec espace :

vient-il? grand: neuf;
vient-il ? grand : neuf ;

Le fin­nois n’uti­li­se les italiques que depuis assez récemment. Pour met­tre des mots en relief (korostaa), la ty­po­gra­phie fin­lan­daise uti­li­sait traditionnellement l’es­pa­ce­ment (har­ven­nus) des caractères, et le pro­blè­me de « l’écra­se­ment » des si­gnes de ponctua­tion ne se posait pas. C’est pourquoi la pra­ti­que typogra­phi­que fin­lan­dai­se est dif­fé­rente de la fran­çaise.

Utilisa­tion de la vir­gu­le

Énumérations

La vir­gu­le sert à séparer les éléments de la phra­se. Ce peuvent être des éléments de mê­me type qui se suivent dans une énumération, par ex­em­ple des grou­pes no­mi­naux, des ad­ver­bes ou d’au­tres mots :

Le ski alpin comporte plu­sieurs disciplines : le slalom, la descente, le slalom géant, le slalom super-géant et le combiné alpin. Elle se leva et lentement, dignement, sans mot dire, elle se dirigea vers la porte.

La vir­gu­le peut éga­le­ment servir à établir une distinction, une rupture entre des mots ou grou­pes de mots d’aspect similaire mais qui ne font pas par­tie d’une énu­méra­tion ou sont au­tre­ment séparés par le sens :

Cet été, nous irons en Belgique, au Luxembourg et en France, et nous rentrerons par le Danemark.

Dans la phra­se ci-dessus, le premier et relie les deux com­plé­ments en Belgique et au Luxem­bourg, le deuxième relie les deux grou­pes verbaux irons et rentrerons. La vir­gu­le indique donc que le grou­pe et nous rentrerons par le Danemark n’est pas la sui­te de l’énuméra­tion en Belgique… et en France mais se rattache à nous irons. Autres ex­em­ples :

Pour vous identifier, vous pouvez uti­li­ser un code PIN ou un mot de passe, ou vous pouvez uti­li­ser une notifica­tion à confirmer sur votre téléphone. Cette thé­ra­pie ne s’occupe spécifiquement ni de l’émotionnel ni du corporel, ni, non plus, du non-ver­bal.

La vir­gu­le et les con­jonc­tions de coordination

Quand les con­jonc­tions de coordina­tion et, ni, ou relient deux éléments de mê­me type (ad­jec­tifs, noms, grou­pes no­mi­naux, ver­bes etc.), on ne met nor­ma­le­ment pas de vir­gu­le, ni avant ni après la con­jonc­tion (voir les ex­em­ples ci-dessus). Ce­pen­dant, com­me le montrent éga­le­ment les ex­em­ples ci-dessus, si la con­jonc­tion de co­or­dina­tion est suivie d’un élément qu’on veut isoler, on peut met­tre une vir­gu­le, avant ou après la con­jonc­tion (mê­me si elle est en début de phra­se) :

Mais, mal­gré tout, son attitude est surprenante. Et, depuis qu’il est gué­ri, il man­ge mieux. Car, et ce n’est pas fortuit, nous avons apporté du neuf dans ce vieux port des Landes. Il se leva et, sans mot dire, il sortit.

Les au­tres con­jonc­tions dites de coordination, mais et car (pour or et donc, voir re­mar­que ci-dessous) ne servent pas à relier des éléments de mê­me type (par ex­em­ple deux GN) dans la phra­se, mais in­tro­duisent des rapports (et non des liens) sé­man­ti­ques de causalité (op­po­si­tion, conséquence) entre des pro­po­si­tions ou des phra­ses entières. Mais et car peu­vent donc facilement être pré­cé­dés d’une vir­gu­le, no­tam­ment quand la par­tie in­tro­duite s’interprète com­me un ajout (lisäys) ou un com­men­taire, ou qu’on veut mar­quer une rupture de construction :

Et non seu­le­ment on peut le faire, mais a fortiori on peut vouloir le faire. Dans tous les cas, l’im­por­tant est d’arrêter le saignement le plus vite pos­si­ble, car une perte d’un litre de sang chez un adulte est suffisante pour met­tre sa vie en danger. Voter par anticipa­tion en fran­çais : pos­si­ble, mais pas garanti. [site de Radio-Ca­na­da, sept. 2019]

Dans cer­tains cas, quand il y a ellipse du ver­be, on peut relier deux éléments de mê­me nature avec mais/car sans vir­gu­le :

C’est faisable mais dangereux. C’est une pro­po­si­tion impos­si­ble à faire adopter car trop couteuse. [Dans les deux cas, on aurait tou­tefois pu met­tre une vir­gu­le après le premier terme.]

La vir­gu­le après un com­plé­ment de phra­se en début de phra­se

Quand un com­plé­ment de phra­se (grou­pe no­mi­nal, pré­po­si­tionnel, ad­ver­be etc.) com­mence la phra­se (ou une pro­po­si­tion), il est suivi d’une vir­gu­le (ce qui n’est ha­bi­tu­el­le­ment pas le cas en fin­nois, et est impos­si­ble par exem­ple en allemand) :

Dans ce petit village, il y a une très belle église baroque. L’an prochain, nous irons à Bali. En 2039, elle aura vingt ans. À vrai dire, cela ne me fait ni chaud ni froid. Hier, il a beau­coup neigé. Aussi, nous avons déjà pu faire du ski. Len­te­ment, ils durent se rendre à l’évidence et accepter la situation.

Cepen­dant, dans un cer­tain nombre de cas, on ne met pas de vir­gu­le après un com­plé­ment de phra­se en tête de phra­se :

a. quand le com­plé­ment de phra­se est suivi im­mé­dia­te­ment du ver­be (in­ver­sion). Com­pa­rer :

Dans tou­tes ses œuvres, on retrouve le mê­me style ampoulé. vs.
Dans tou­tes ses œuvres se retrouve le mê­me style ampoulé.
L’an prochain, une grande foire de l’habitat sera organisée ici. vs.
L’an prochain aura lieu ici une grande foire de l’habitat.
Devant le musée, une foule de touristes attendaient l’ouverture. vs.
Devant le musée se tenait une foule de touristes attendant l’ouverture.

b. dans le code écrit, après cer­tains ad­ver­bes, on fait cou­ram­ment l’in­ver­sion ; dans ce cas-là, on ne met pas de vir­gu­le :

Peut-être auront-ils l’occasion d’aller au Canada. Aussi attendent-ils les va­can­ces avec impatience. Ainsi la Finlande devint-elle le premier pays d’Europe à ac­cor­der le droit de vote aux femmes.

Dans la langue cou­rante, on uti­li­se éga­le­ment aus­si et ainsi sans in­ver­sion ; on ajou­te alors une vir­gu­le :

Aussi, ils attendent les vacances avec impatience. Ainsi, la Finlande devint le premier pays d’Europe à ac­cor­der le droit de vote aux femmes.

Remar­que : mal­gré ces règles ou principes généraux assez simples, de nom­breux usagers de la langue ne prêtent pas tou­jours une grande atten­tion à l’utilisa­tion pré­cise de la vir­gu­le. On trouve donc beau­coup de variation, d’incohérences ou de con­tra­dic­tions dans l’em­ploi de la vir­gu­le dans les textes.

Donc et or

Bien que dans l’enseignement de la grammaire au niveau scolaire donc figure traditionnellement dans la liste des con­jonc­tions de coordina­tion (voir remar­que ci-des­sous), il s’agit d’un ad­ver­be et non d’une con­jonction. Il peut ainsi se placer après le ver­be, com­me n’importe quel au­tre ad­ver­be (a) et (b), posi­tion qui est exclue pour une con­jonc­tion de coordina­tion (c) :

(a) Cela prouve donc/ainsi/seu­le­ment/clairement que…,
(b) On a donc démontré que… etc.
(c) **Cela prouve mais que…

Pour cette raison, donc peut se placer assez librement dans la phra­se, pré­cé­dé, suivi, entouré (ou non) de vir­gu­les.

De mê­me, or peut difficilement être con­si­dé­ré com­me con­jonc­tion de co­or­di­na­tion. On peut dire :

difficile mais pos­si­ble
difficile
et impos­si­ble
difficile
ou impos­si­ble
mais pas :
dif­fi­ci­le *or impos­si­ble

Il serait plus prudent de le con­si­dé­rer com­me un connecteur as­si­mi­la­ble à un ad­ver­be com­me pourtant ou en fait. Il est donc tout à fait logique qu’il soit suivi d’une vir­gu­le. Il y a un cer­tain flottement concernant l’em­ploi de la vir­gu­le après or, qui provient justement du fait que les gram­mai­res traditionnelles enseignent 1) que or est une con­jonc­tion de coordina­tion et que 2) on ne met jamais de vir­gu­le après une con­jonc­tion de coordination. L’une et l’au­tre affirma­tion sont inexactes.

Ornicar. Dans l’enseignement traditionnel de la grammaire, on enseignait aux enfants la liste des con­jonc­tions de coordination mais ou et donc or ni car avec la phra­se « Mais où est donc Ornicar ? », qui est restée célèbre (no­tam­ment le nom propre Ornicar). En réalité, elle con­tient ce­pen­dant seu­le­ment trois mots qui sont de réelles con­jonc­tions de co­or­di­na­tion (et ou ni).

La vir­gu­le séparant des pro­po­si­tions

La vir­gu­le et les sub­or­don­nées ad­ver­bia­les

Quand la sub­or­don­née ad­ver­bia­le est en début de phra­se, elle est suivie d’une vir­gu­le (com­me les com­plé­ments de phra­se no­mi­naux) :

Bien qu’il soit déjà tard, nous pourrions aller prendre un verre. Com­me le ré­seau était surchargé, je n’ai mê­me pas pu accéder à la page d’accueil. Si on le lui avait proposé, il aurait refusé. Dès que tu seras arrivé, passe-moi un coup de fil. Que ça te plaise ou non, cette année on ira en vacances à la montagne.

Quand la pro­po­si­tion sub­or­don­née suit la pro­po­si­tion prin­ci­pa­le, il y a deux pos­si­bi­li­tés : quand la sub­or­don­née est es­sen­tielle, c’est-à-dire qu’elle est un élément né­ces­sai­re et im­mé­diat de la prin­ci­pa­le, elle n’est pas pré­cé­dée d’une vir­gu­le :

J’ai réservé les billets sur Internet pour que nous n’ayons pas à faire la queue. Passe-moi un coup de fil dès que tu seras arrivé.

On uti­li­se la vir­gu­le pour indiquer que la sub­or­don­née est « explicative », donc un élé­ment se­con­daire, précisément pour indiquer qu’elle n’est pas une suite in­dis­pen­sa­ble de la prin­ci­pa­le :

Le pont sera construit, mê­me si ça doit prendre des années  Je me suis de­man­dé, quand il m’a dit ça, s’il était sérieux. Ihmettelin, kun hän sanoi sen minulle, oliko hän tosissaan. Je ne lui ai rien dit, puis­que je ne suis pas censé être au cou­rant. En ker­tonut hänelle mitään, minähän en periaatteessa tiedä mitään.

Sub­or­don­nées causales

La vir­gu­le peut avoir une influence sur l’interpréta­tion des pro­po­si­tions sub­or­don­nées causales. Quand la subordonnée causale suit une prin­ci­pa­le né­ga­ti­ve, si la sub­or­don­née n’est pas pré­cé­dée d’une vir­gu­le, la néga­tion porte sur la sub­or­don­née et non pas sur la prin­ci­pa­le. Com­pa­rer :

Il n’est pas parti, parce qu’il avait peur. = Hän ei lähtenyt (koska hän pelkäsi).
Il n’est pas parti parce qu’il avait peur. = Hän lähti (mutta ei sen takia, että pelkäsi, vaan muusta syystä).

La dif­fé­ren­ce de sens est donc notable. En fin­nois, il faut uti­li­ser deux cons­truc­tions dif­fé­ren­tes (koska vs eisen takia että), car en fin­nois la vir­gu­le est obli­ga­toi­re et la dif­fé­ren­ce de sens entre les deux interprétations de Hän ei lähtenyt, koska pel­käsi ne se ver­rait pas à l’écrit. Parfois, la distinc­tion n’est pas tou­jours très nette, et il peut y avoir des in­ter­pré­ta­tions dif­fé­ren­tes. Com­pa­rer par exem­ple :

J’ai réservé les billets sur Internet, pour que nous n’ayons pas à faire la queue. Varasin liput Internetistä, jotta ei tarvitse jonottaa.

On peut paraphraser cet exem­ple en disant : « varasin liput internetistä – näin mei­dän ei tarvitse jonottaa ». Sans vir­gu­le, la phra­se si­gni­fie « varasin liput vasta varten internetistä, jotta ei tarvitsisi jonottaa ja silti… ». Dans la pro­non­cia­tion, les deux phra­ses ont une mé­lo­die dif­fé­ren­te :

J’ai réservé les billets sur Internet pour que nous n’ayons pas à faire la queue, et il a quand mê­me fallu attendre 20 minutes ! Varasin liput Internetistä, jotta ei tarvitsisi jonottaa, ja silti piti odottaa 20 minuuttia.

La par­tie J’ai réservé… à faire la queue est pro­non­cée sur une seule et mê­me ligne mé­lo­di­que légèrement montante et sans interruption.

Propositions com­plé­tives

En fran­çais, com­me en fin­nois, on ne met pas de vir­gu­le entre le su­jet et le ver­be, ou entre le ver­be et son com­plé­ment. Les com­plé­tives (in­tro­duites par que) qui peu­vent être su­jet, com­plé­ment ou at­tri­but, ne sont donc pas séparées par une vir­gule du ver­be dont elles dépendent. En fin­nois, ce­pen­dant, la tradition ty­po­gra­phi­que veut qu’on mette une vir­gu­le devant le mot in­tro­duisant la com­plé­tive et après la com­plé­tive. En fran­çais, il n’y a pas de virgule :

Il m’a dit qu’il serait absent deux jours. On a dit aux informations que cette nuit il allait y avoir une tempête. Il n’est pas normal que ces piles soient déjà vides. Que vous soyez étonnés me parait normal.

Propositions in­ter­ro­ga­tives in­di­rectes

Les pro­po­si­tions in­ter­ro­ga­tives in­di­rectes sont aus­si des com­plé­ments directs de la pro­po­si­tion prin­cipale et ne sont donc pas pré­cé­dées d’une vir­gu­le :

Je me demande s’il viendra. On a dit aux informations qu’il allait y avoir une tem­pête. Mais on ne sait pas où la tempête sera la plus violente. Elle ne savait pas qui c’était.

Mettre une vir­gu­le devant si, c’est isoler la phra­se com­me une sub­or­don­née ad­ver­bia­le condi­tion­nelle (fin­nois jos). Com­pa­rer :

Nous ne savions pas si cette nouvelle était vraie.  Emme tienneet, oliko uutinen totta.
Nous ne savions pas, si cette nouvelle était vraie, ce que nous aurions dû faire. Emme tienneet, mikäli tämä uutinen oli totta, mitä meidän olisi pitänyt tehdä.

Donc, éviter d’écrire (er­reur fré­quen­te chez les fin­no­pho­nes) : « Je ne sais pas, s’il vient demain. » Un fran­cophone interprète cette phra­se d’abord com­me « En tiedä. Jospa hän tulisi huomenna. »

Propositions re­la­ti­ves

L’em­ploi correct de la vir­gu­le est par­ti­cu­liè­re­ment im­por­tant avec les re­la­ti­ves. Quand la re­la­ti­ve est spé­ci­fiante, elle n’est pas entourée de vir­gu­les :

L’homme que tu as vu à l’instant est mon professeur de trompette. Les Schmitt n’ont tou­jours pas la voiture qu’ils ont commandée en novembre.

On n’uti­li­se la vir­gu­le que pour isoler une re­la­ti­ve non spé­ci­fian­te :

À cause de ses pro­blè­mes financiers, le collectionneur a dû vendre cinq tableaux, dont deux auxquels il tenait beau­coup. Un nouveau cas de grippe aviaire a été signalé, qui inquiète grandement les autorités sanitaires.

Com­pa­rer les deux phra­ses sui­vantes :

(a) Les Finlandais qui sont blonds ont les yeux bleus. Niillä suomalaisilla, joilla on vaa­lea tukka, on siniset silmät.
(b) Les Finlandais, qui sont blonds, ont les yeux bleus. Suomalaisilla, joilla on [yleen­sä] vaalea tukka, on siniset silmät.

La phra­se (b) ex­pri­me une généralité à peu près vraie (bien qu’il y ait beau­coup de Finlandais avec une couleur de cheveux dif­fé­ren­te), mais la phra­se (a) serait absur­de, car elle si­gni­fierait que tous les Finlandais aux cheveux blonds ont au­to­ma­ti­que­ment des yeux bleus, ce qui n’est pas du tout le cas.

Dans cer­tains cas, il faut donc faire atten­tion à « supprimer » la vir­gu­le, mais dans d’au­tres, avec les re­la­ti­ves spé­ci­fian­tes, il faut penser à l’uti­li­ser, sinon on peut ob­te­nir un sens inattendu. Com­pa­rer :

Je suis allé au ciné-club avec ma femme, qui aime les films de Truffaut. [= re­la­ti­ve non spé­ci­fian­te] Kävin elokuvakerholla vaimoni kanssa, joka pitää Truffaut’n elokuvista.

Je suis allé au ciné-club avec ma femme qui aime les films de Truffaut. [= re­la­ti­ve spé­ci­fian­te] Kävin elokuvakerholla [sen] vaimoni kanssa, joka pitää Truffaut’n elokuvista.

Dans le deuxième exem­ple, l’absence de vir­gu­le fait penser que le lo­cu­teur a plu­sieurs femmes (dont une qui aime Truffaut, les au­tres n’aimant pas Truffaut). En fin­nois, la vir­gu­le est obli­ga­toire, et si on veut mar­quer la dif­fé­ren­ce entre les deux re­la­ti­ves, il faut par exem­ple uti­li­ser les dé­ter­mi­nants cataphoriques se ou sel­lai­nen.

Remar­que : le pro­nom relatif lequel in­tro­duit tou­jours une re­la­ti­ve non spé­ci­fian­te et est pré­cé­dé d’une vir­gu­le :

Ils ont traité l’affaire avec la secrétaire de la di­rec­trice, laquelle avait donné son ac­cor­d.

Constructions elliptiques

Quand il y a ellipse d’un ver­be dans une pro­po­si­tion coordonnée, on mar­que cette ellipse avec une vir­gu­le, pour éviter les mauvaises interprétations des grou­pes qui sont syntaxiquement distincts l’un de l’au­tre :

Le convoi, qui se dirigeait à travers le désert vers la frontière égyptienne, aurait été entièrement détruit et les équipages des véhicules, tués.

La vir­gu­le mar­que l’ellipse du ver­be : et les équipages des véhicules auraient été tués. Sans la vir­gu­le, on lirait : les équipages des véhicules tués, et le mot tués se rapporterait à véhicules (= ?tapetut ajoneuvot”). Autres exem­ples :

On peut dire que la présence de la conjonction de devant infinitif est la règle, son absence, l’ex­cep­tion. Nos voisins rentreront de vacances la semaine prochaine, mais nous, pas avant le 15 Aidez vos clients à atteindre leurs objectifs… et vous, les vôtres.

Texte d’exem­ple

On uti­li­se la vir­gu­le chaque fois qu’il faut isoler un élément de la phra­se. Mais ce n’est pas tou­jours absolument né­ces­sai­re, et l’uti­li­sa­tion de la vir­gu­le dépend aus­si des gouts et des ha­bi­tu­des personnels. Cer­tains correcteurs (de maisons d’édition, de journaux etc.) sont plus stricts que d’au­tres. Dans un texte offi­ciel, on met plus de vir­gu­les que dans un roman, mais c’est variable. Exem­ple de texte « lour­de­ment » ponc­tué :

La vir­gu­le a, en fran­çais, un rôle syntaxique évident, qui, dans la plupart des cas, est mê­me capital, mê­me si, bien sou­vent, il n’est pas absolument indispensable d’en met­tre partout, quoique cela ne soit pas non plus, sauf pour cer­tains, for­cé­ment né­ga­ti­f. Or, il faut bien le dire, les Finlandais, eux, sont sou­vent perplexes quand il s’agit d’uti­li­ser la vir­gu­le, l’oubliant en général, mê­me quand elle est né­cessaire, et, inversement, en mettant une là où c’est interdit, ce qui, il faut le sa­voir, peut rendre une phra­se inintelligible ou, du moins, obliger le lecteur à re­li­re la phra­se pour la com­pren­dre. Mais, reconnaissons-le, bien des Français eux-mê­mes se montrent assez paresseux à cet égard.

On pourrait supprimer tou­tes les vir­gu­les isolant les com­plé­ments de phra­se sans que le sens du texte change. Le mê­me texte peut être allégé d’une par­tie de ses vir­gu­les, mais il reste plus de vir­gu­les que dans un texte en fin­nois équi­va­lent :

La vir­gu­le a en fran­çais un rôle syntaxique évident, qui dans la plupart des cas est mê­me capital, mê­me si bien sou­vent il n’est pas absolument indispensable d’en met­tre partout, quoique cela ne soit pas non plus, sauf pour cer­tains, forcément né­ga­ti­f. Or, il faut bien le dire, les Finlandais, eux, sont sou­vent perplexes quand il s’agit d’uti­li­ser la vir­gu­le, l’oubliant en général, mê­me quand elle est né­ces­sai­re, et, inversement, en mettant une là où c’est interdit, ce qui, il faut le savoir, peut rendre une phra­se inintelligible ou du moins obliger le lecteur à relire la phra­se pour la com­pren­dre. Mais, reconnaissons-le, bien des Français eux-mê­mes se montrent assez paresseux à cet égard.

Bon à savoir pour les étu­diants de fran­çais lan­gue étran­gè­re  : dans l’usage cou­rant, beau­coup d’usa­gers francophones ne font pas tou­jours atten­tion à l’em­ploi de la vir­gu­le, par mé­garde ou par ignorance. On peut donc trouver de nom­breux cas dans lesquels une re­la­ti­ve non spé­ci­fian­te n’est pas isolée du reste de la phra­se par des vir­gu­les, et, quoique moins fré­quem­ment, des cas où on place une vir­gu­le devant une pro­po­si­tion re­la­ti­ve spé­ci­fian­te. Il faut donc parfois rétablir (ou supprimer) des vir­gu­les, en fonc­tion du sens du contexte.

Les tirets

Dans la pra­ti­que typogra­phi­que fran­çaise, le tiret est un tiret long dit « cadratin », en fin­nois m-viiva (m-kirjaimen leveinen), alors qu’en Finlande, on uti­li­se nor­ma­le­ment le tiret moyen (ou demi-cadratin), dit n-viiva (n -kirjaimen leveinen).

— tiret cadratin / m-viiva
–  tiret moyen / n-viiva

Dans la pra­ti­que typogra­phi­que fran­çaise cou­rante, on uti­li­se ce­pen­dant aus­si fré­quem­ment le tiret moyen à la place du tiret cadratin. En re­vanche, en fin­nois on uti­li­se rarement le tiret cadratin (long).

Remar­que : il ne faut pas confondre le tiret moyen – avec le trait d’union - yh­dys­vii­va, qui, com­me son nom l’indique, est utilisé pour relier des mots entre eux, com­me dans timbre-poste ou, y a-t-il. Cepen­dant, la plupart des claviers de smart­pho­nes, par ex­em­ple, uti­li­sent ou produisent un seul et mê­me signe pour les deux.

On uti­li­se le tiret long () pour :

a. in­tro­duire les répliques dans les dialogues (voir le texte lu à haute voix ci-des­sous) ;

b. encadrer lespro­po­si­tions incises (upotuslause), au­tre­ment dit pour isoler un élé­ment de phra­se. C’est un usage similaire aux parenthèses, une sorte de « ver­sion lit­té­rai­re » de la parenthèse. Cet usage est plus fré­quen­t qu’en fin­nois :

Il avait dû longtemps réfléchir avant de prendre une décision — qui serait de tou­te façon douloureuse — et il en avait perdu le sommeil.

Le tiret moyen – (en fin­nois ranskalainen viiva, ajatusviiva) s’uti­li­se dans les cas sui­vants :

c.  pour in­tro­duire les éléments d’une liste, d’une énumération etc., au­tre­ment dit il cor­res­pond à ce qu’on appelle en fin­nois ranskalaiset viivat (« tirets fran­çais »). Dans la pra­ti­que typogra­phi­que mo­derne et no­tam­ment sur In­ter­net, le tiret est dans ce cas fré­quem­ment rem­pla­cé par divers types de puces, ron­des, carrées, fléchées, co­lo­rées (○ ♦ ■ ► etc.).

d. pour séparer deux mots qui for­ment un grou­pe, no­tam­ment des noms propres dans une bibliographie :

Dubois – Lagane, Grevisse – Goosse, la coopéra­tion France – Allemagne

e. en remplacement du tiret cadratin dans la typographie cou­rante.

À retenir : pour indiquer une coupure dans un texte, on uti­li­se en fran­çais les points de sus­pension entre crochets […] et non pas les tirets com­me en fin­nois, voir point sui­vant.

Parenthèses et crochets

Les parenthèses (mot fé­mi­nin) s’uti­li­sent dans les mê­mes cas qu’en fin­nois. Les cro­chets s’uti­li­sent éga­le­ment de la mê­me ma­niè­re en fran­çais et en fin­nois, mais on peut signaler quel­ques par­ti­cu­larités. En fran­çais, on uti­li­se les crochets :

– dans une citation (lainaus) pour indiquer qu’on rétablit un morceau de texte man­quant, par exem­ple le ver­be d’une prin­ci­pa­le, quand on ne cite que la sub­or­don­née, ou pour rétablir un su­jet figurant à une personne dif­fé­ren­te, ou bien sous for­me de pro­nom dans une cita­tion sortie de son contexte et qu’on veut rendre plus claire :

[Le ministre précise que] la réfor­me des 35 heures doit être adoptée d’ici la fin de l’année. La police a indiqué que « mal­gré tou­tes les recherches, elles [les nou­vel­les victimes] n’ont pas en­co­re pu être identifiées avec certitude ».

– pour indiquer qu’on supprime un morceau d’une citation ; dans ce cas-là, en fin­nois, on uti­li­se les tirets :

Le ministre a déclaré que ces mesures allaient entrainer de nouvelles dispositions en matière d’impôts […] ainsi qu’une révision du plan social prévu.

Les gui­lle­mets

Forme des gui­lle­mets dans la typographie fran­çaise

Les gui­lle­mets fran­çais sont « », au­tre­ment dit le signe en for­mes de doubles che­vrons « avant le mot, et le si­gne » après le mot (voir ci-dessous). On les uti­li­se aus­si quand on écrit à la main. Ils s’uti­li­sent dans les mê­mes cas que le signe cor­res­pon­dant en fin­nois ” :

Exem­ples :

Il avait longtemps entendu parler de la fameuse « réfor­me », sans savoir en quoi el­le consistait. « Marène » si­gni­fie « muikku ». « Mauviette » est un au­tre mot pour « alouette ». Kiuru on toinen sana leivoselle.

La pra­ti­que typo­gra­phique des ouvrages littéraires finlandais uti­li­se aus­si les gui­lle­mets fran­çais (mais seu­le­ment les gui­lle­mets fermants ») pour in­di­quer le début et la fin d’une citation, »», ou par ex­em­ple dans les dialogues d’un roman. 

Niin sanottu

Les gui­lle­mets sont sou­vent une solu­tion très pra­ti­que pour traduire à l’écrit la locu­tion niin sanottu. À l’oral, com­me on n’entend pas les gui­lle­mets, on peut ren­dre niin sanottu par la tournure ce qu’on appelle  (uti­li­sa­ble évi­dem­ment aus­si à l’écrit) :

tämä niin sanottu uudistus… cette « réfor­me »…
Se oli niin sanottu lippulaiva. C’était le « haut de gamme ». / C’était ce qu’on appelle le haut de gamme.

Variantes

On uti­li­se les gui­lle­mets anglais “ ” com­me gui­lle­mets de second rang (tois­si­jai­nen), au­tre­ment dit pour met­tre entre guil­le­mets un mot se trouvant dans une par­tie qui est elle-mê­me entre guil­le­mets :

« Calculer, c’est effectuer sur des éléments d’un ensemble des opérations al­gé­bri­ques». [Cita­tion du Petit Robert s.v. calculer].

En fin­nois, on uti­li­se parfois les gui­lle­mets simples ‘ ’ pour indiquer le sens d’un mot (c’est une pra­ti­que non confor­me à la tradi­tion typogra­phi­que finlandaise, mais assez répandue dans un cer­tain type d’écrits scientifiques). Dans ce cas-là, en fran­çais, on uti­li­se de tou­te façon les gui­lle­mets nor­maux. Com­parer :

Ranskassa ”brutal” tarkoittaa ’kovakouraista’ eikä ’karkeaa’. En fin­nois, « brutaali » si­gni­fie « grossier » et non pas « violent ».

Normes typogra­phi­ques

Avant l’arrivée des ordinateurs, les gui­lle­mets « et » n’existaient pas sur les ma­chi­nes à écrire (inventées aux USA), et on uti­li­sait le signe "…". Pour cette raison, les claviers des smartphones ne savent produire ha­bi­tu­el­le­ment que le signe ". Mais les claviers des ordinateurs peu­vent produire au­to­ma­ti­que­ment les gui­lle­mets adap­tés à cha­que langue et il n’y a donc au­cu­ne raison d’uti­li­ser au­tre chose.

Dans la tradi­tion typogra­phi­que finlandaise, les gui­lle­mets ouvrants et fermants sont iden­ti­ques. Chaque pays a sa propre tradi­tion dans ce domaine. Com­pa­rer :

anglaisexample
fin­noisesimerkki
fran­çais« exem­ple »
allemandBeispiel
hongroispélda

Les traitements de texte modernes savent convertir automatiquement le signe " en gui­lle­mets en fonc­tion de la langue du texte. Les exem­ples ci-dessus ont été ob­te­nus automatiquement en sé­lec­tion­nant la langue adaptée à chaque exem­ple et en tapant ". Dans cer­tains journaux francophones, on uti­li­se les gui­lle­mets anglais “ ”, parce qu’ils prennent moins de place, mais les journaux attentifs aux tra­di­tions typogra­phi­ques uti­li­sent les gui­lle­mets fran­çais.

Remar­que : le signe " est inconnu de la typographie fran­çaise et doit être proscrit de tout texte réa­li­sé avec un trai­te­ment de texte moderne.

Une tradi­tion plu­sieurs fois centenaire

L’usage des gui­lle­mets en fran­çais relève d’une tradi­tion plu­sieurs fois centenaire. Mais cet usa­ge répond aus­si à des exigences de lisibilité. La tradi­tion ty­po­gra­phi­que anglo-saxonne est basée sur l’absence d’espace avant la ponctua­tion haute (; ! : ?). Dans ce contexte, l’usa­ge des gui­lle­mets anglais “ ” est compréhensible. Mais il ne peut pas être transposé au fran­çais, car le fran­çais uti­li­se beau­coup l’a­pos­tro­phe (). L’anglais n’uti­li­se l’apostrophe que pour noter le « gé­ni­tif saxon » (comme dans Lloyd’s). En fran­çais, à cause de la fré­quen­ce de l’apo­stro­phe, l’utilisation des gui­lle­mets an­glais créerait cons­tam­ment des grou­pes difficiles à lire (a), qu’il est net­te­ment plus facile de lire avec les gui­lle­mets fran­çais (b) :

(a) Ce serait l’“ex­cep­tion”. Dans un tel cas, on parle d’“effacement”.
(b) Ce serait l’« ex­cep­tion ». Dans un tel cas, on parle d’« effacement ».

Les noms des signes de ponctua­tion lus à haute voix

Le texte sui­vant est un exem­ple de la ma­niè­re dont on « lit » les signes de ponctua­tion à haute voix en dictant un texte, une adresse, une cita­tion etc., à quel­qu’un :

Hier, nous sommes allés faire du lèche-vitrines. Avec mon amie Jeanine — qui est très dépensière — nous avons parcouru les grands magasins ; Jeanine était très ex­citée. Arrivée com­me par hasard au rayon des smartphones (de la Fnac), elle m’a demandé : « Et si je m’achetais le dernier mo­dè­le d’Appeule qui est sorti hier ? »
— Tu es dingue ! Il est trois fois trop cher pour ce qu’il vaut !

Le texte se dicte de la ma­niè­re sui­vante (dans la dictée, on uti­li­se le vouvoiement, ouvrez les gui­lle­mets, fermez la parenthèse etc., mê­me quand on dicte à quel­qu’un qu’on tutoie) :

Hier vir­gu­le nous sommes allés faire du lèche-vitrines point
Avec mon amie Jeanine tiret qui est très dépensière tiret nous avons parcouru les grands magasins point-vir­gu­le
Jeanine était très excitée point
Arrivée com­me par hasard au rayon des smartphones
ouvrez la parenthèse
de la Fnac fermez la parenthèse vir­gu­le
elle m’a demandé deux-points ouvrez les gui­lle­mets
Et si je m’achetais le dernier mo­dè­le d’Appeule qui est sorti hier point d’in­ter­ro­ga­tion
fermez les gui­lle­mets, à la ligne (uusi kappale)
Tiret
Tu es dingue point d’exclamation
Il est trois fois trop cher pour ce qu’il vaut point d’exclamation

Règles concernant la coupure des mots

Depuis longtemps, les traitements de texte sur ordinateur savent couper au­to­ma­ti­que­ment les mots en fin de ligne en res­pec­tant les règles propres à chaque lan­gue, à condi­tion de dé­fi­nir la langue cor­res­pon­dant à tel ou tel passage, et que le logiciel soit équipé de divers modules linguistiques (qui sont parfois payants). On ne dis­po­se donc pas tou­jours de la coupure des mots automatique.

De plus, des textes comme des mémoires de master contiennent fré­quem­ment des passages en plu­sieurs langues dif­fé­ren­tes (fran­çais, fin­nois, anglais etc.), qui sont alors coupés par le logiciel selon les règles du fin­nois. Cela peut être laborieux de dé­fi­nir la langue de chaque passage, et il est parfois plus simple et né­ces­sai­re de couper les mots manuellement. Il est donc utile de connaitre les prin­ci­pa­les rè­gles de coupure, car il y a cer­tai­nes dif­fé­ren­ces entre la pra­ti­que typogra­phi­que du fin­nois et du fran­çais.

Dans l’ensemble, on peut dire que la coupure des mots à la fin d’une ligne se fait sui­vant les mê­mes règles en fran­çais et en fin­nois. On coupe après les voyelles ou entre deux consonnes : re-ce-voir, ab-jec-tion, ap-por-ter, es-pè-ce, col-por-teur, ac-cep-ter etc.

En général on ne coupe que des syllabes entières et on rejette au moins deux lettres au début de la ligne sui­vante : avoi-ne (et non pas *avoin-e, ni *a-voine) ;

Règles par­ti­cu­liè­res du fran­çais (par rapport au fin­nois)

a. si le mot est pré­cé­dé d’un ar­ti­cle ou d’une pré­po­si­­tion avec une voyelle élidée, on peut couper le mot après une seule voyelle, car elle for­me une syllabe avec l’ar­ti­cle ou la pré­po­si­tion ; on ne coupe pas au niveau de l’apostrophe (voir ci-des­sous) : de l’a-voine, un kilo d’a-voine ;

b. on peut aus­si couper deux voyelles, si elles se pro­non­cent ou peu­vent se pro­non­cer en deux syllabes ou si elles ne for­ment pas un digramme : influer → in-flu-er, en remuant → en remu-ant, mais fruité → frui-té [pas *fru-ité, car ui se pro­non­ce en un seul grou­pe] ;

c. en présence du grou­pe [voyelle + y], on coupe après y : voyage → voy-age, essuyer → essuy-er, moyenne → moy-enne, envoyé → en-voyé [et non *envoy-é] ;

d. les grou­pes [consonne l, r) + voyelle] for­ment une seule syllabe (pho­né­tique­ment aus­si) ; il faut donc couper avant la consonne qui précède l ou r (dif­fé­ren­ce avec le fin­nois) : enclencher → en-clencher, tableau → ta-bleau, réfléchir → ré-fléchir, occlusion → oc-clusion, rencontrer → rencon-trer, com­pren­dre → com-prendre / compren-dre ;

e. si la coupure tombe dans un grou­pe de plus de 2 consonnes, il faut vérifier s’il s’agit d’un pré­fixe ; dans ce cas on coupe au niveau du préfixe : instruire → in-struire et non pas *ins-truire (préfixe in-), recons­truc­tion → recon-struc­tion et non pas *recons-truc­tion (préfixe con- ), abstrac­tion → ab-strac­tion et non pas *abs-trac­tion (préfixe ab-).

Coupure interdite

f. après une apostrophe : aujourd’hui → aujour-d’hui [et non pas *aujourd’-hui], l’enfant → l’en-fant [et non pas *l’-enfant] ;

g. on ne coupe pas les digrammes ou les trigrammes : ch, gu, gn, au, eau, oi, ai, en, on etc. : réfléchir → ré-flé-chir, éloigné → éloi-gné, en se fatiguant → fati-guant, s’enivrer → s’en-ivrer (en+ivre) ;

h. pour des raisons de bienséance, on ne devrait pas couper des mots com­me culture, cultiver, culbute etc., après cul- ni des mots com­ment concert, contraire etc., après con- (de mê­me qu’en fin­nois on ne devrait cou­per par exem­ple le par­ti­ci­pe sovittu que d’une seule ma­niè­re, sovit-tu) :

cultivateur → culti-vateur, culture → cultu-re (ou faire passer en entier à la ligne sui­vante)
condi­tion → condi-­tion (ou faire passer en entier à la ligne sui­vante)
conclusion → conclu-sion (ou faire passer en entier à la ligne sui­vante);

i. on ne coupe pas les noms propres. Si le nom propre contient un trait d’union, on peut couper au niveau du trait d’union.

Dans les journaux imprimés, où le texte se trouve sou­vent dans des colonnes étroi­tes, on ne respecte pas tou­jours les règles h. et i., car cela pro­vo­que des pro­blè­mes de mise en page (c’est aus­si le cas dans le présent Guide).

ISBN 978-951-39-8092-4 © Jyväskylän yliopisto 2020
Page 66. La ponctuation. Dernière mise à jour : 12.10.2021