Guide de grammaire française
pour étudiants finnophones

  Index alphabétique

Les propositions
relatives

Les pronoms relatifs

Le pronom relatif qui

Le pronom relatif que

Le pronom relatif dont

Préposition + qui/lequel/quoi

Le pronom relatif

Lequel pronom et déterminant

Ce + pronom relatif

Place de la relative et
ordre des mots

Le mode du verbe
dans la relative

Relatives spé­ci­fian­tes et
non spé­ci­fian­tes

La relative dans
le français parlé

Les pronoms relatifs

Termes utilisés 

La ma­niè­re de for­mer et d’uti­li­ser les pro­po­si­tions re­la­ti­ves en fran­çais est si­mi­lai­re à celle des pro­po­si­tions re­la­ti­ves en fin­nois. Les prin­ci­pa­les dif­fé­ren­ces et sour­ces de dif­fi­cul­tés pour les fin­no­pho­nes sont les critères de varia­tion de la for­me du pro­nom re­la­ti­f (et parfois de son an­té­cé­dent) en fran­çais.

On dis­tin­gue gé­né­ra­le­ment deux types de pro­po­si­tions re­la­ti­ves :

Rem. Cette distinc­tion a été sou­vent critiquée, mais elle s’est montrée utile dans l’en­sei­gne­ment du fran­çais lan­gue étran­gè­re aux finnophonnes. En fin­nois, le pro­nom an­té­cé­dent de re­la­ti­ve ne change pas de for­me, excepté les variations de la déclinaison. En fran­çais, en revanche, si l’an­té­cé­dent du pro­nom re­la­ti­f est une des for­mes des pro­noms il ou ça, la for­me de ce pro­nom peut varier selon que la re­la­ti­ve est spé­ci­fian­te ou non spé­ci­fian­te (par ex­em­ple lui, ce, celui, celui-là).

Formes des pronoms re­la­ti­fs

La pro­po­si­tion re­la­ti­ve com­mence par un pro­nom re­la­ti­f, qui peut parfois être pré­cé­dé d’une pré­po­si­tion ou d’un grou­pe pré­po­si­tionnel. La for­me des pro­noms re­la­tifs dépend

Formes des pro­noms re­la­ti­fs

Antécédent
GN +hum
Antécédent
GN −hum
Antécédent
non GN
Sujet
 
qui (lequel)qui
Com­plément de ver­be, at­tri­butque
CVP avec
préposi­tion de
dont
Autres pré­po­si­tions avec qui
avec lequel
avec lequel
avec laquelle
avec lesquel(le)s
avec quoi
Préposi­tion dont le 2e élé­ment est deprès de qui
(près duquel …)
près duquel
près de laquelle
près desquel(le)s
près de quoi
Préposi­tion àà qui (auquel …)auquel
à laquelle
auxquel(le)s
à quoi
Com­plément de temps
ou de lieu

Si l’an­té­cé­dent du pro­nom re­la­ti­f est une des for­mes des pro­noms il ou ça, la for­me de ce pro­nom peut varier en fonc­tion du type de re­la­ti­ve (spé­ci­fian­te ou non spé­ci­fian­te).

Remar­ques sur les for­mes des pro­noms re­la­ti­fs

1. Les pro­noms qui, que, dont et peuvent avoir com­me an­té­cé­dent un grou­pe no­mi­nal ou un au­tre élé­ment qu’un grou­pe no­mi­nal (pro­nom in­dé­fi­ni qui ne ren­voie pas à un ré­fé­rent hu­main, pro­nom ça etc.). Le pro­nom su­jet lequel qui est une va­rian­te de qui en fonc­tion de su­jet peut avoir comme an­té­cé­dent seu­le­ment un grou­pe no­mi­nal.

2. Quand le pro­nom re­la­ti­f est in­tro­duit par une pré­po­si­tion (à qui, pour lequel etc.), on uti­li­se la for­me qui ou lequel/laquelle quand l’an­té­cé­dent est un grou­pe no­mi­nal, et la for­me quoi quand l’an­té­cé­dent n’est pas un grou­pe no­mi­nal (pro­nom in­dé­fi­ni non animé, pro­nom faible ce etc.).

3. Les pro­noms qui, quoi, que, lequel peuvent aus­si être des pro­noms in­ter­ro­ga­tifs.

4. Devant voyelle, que s’élide, mais qui ne s’élide pas :

la voiture qu’il a achetée [= que + il, élision] / l’homme avec qui il parle [qui + il, pas d’élision]

Mais dans le fran­çais parlé, le i de qui peut s’élider devant voyelle (qu’), et ne doit pas être confondu dans ce cas-là avec la for­me élidée de que.

Le pronom relatif qui

Le pro­nom qui peut s’uti­li­ser com­me su­jet du ver­be de la re­la­ti­ve (il est aus­si uti­lisé com­me com­plé­ment du ver­be après une pré­po­si­tion, voir ci-dessous). Con­trai­re­ment à son équi­va­lent joka en fin­nois, le pro­nom qui est in­va­ria­ble. Il peut ren­vo­yer à tout type d’an­té­cé­dent :

Je fais les courses dans un supermarché qui est très bien fourni. Pour l’exposi­tion de photos, ce sont les nôtres qui ont été choisies.  Dans ce catalogue, j’ai trouvé quel­que chose qui pourrait t’intéresser. Au téléphone, il y avait quel­qu’un qui n’a pas voulu dire son nom. Personne n’a jamais compris ce qui l’avait pous­sée à agir ainsi.

Le ver­be de la re­la­ti­ve s’ac­cor­de en gen­re, en nombre et en per­son­ne avec l’an­té­cé­dent (comme c’est le cas en finnois éga­le­ment, sauf concernant le genre) :

Il surveillait ses enfants qui jouaient dans le sable. Vous qui avez tou­jours de bonnes idées, proposez quel­que chose ! C’est moi qui en ai eu l’idée. Sylvie, qui n’était jamais venue en Finlande, a beau­coup aimé le pays.

Il exis­te un deuxième pro­nom re­la­ti­f su­jet, lequel (voir description détaillée ci-des­sous). La dif­fé­ren­ce es­sen­tiel­le entre qui su­jet et lequel su­jet est que lequel ne s’u­ti­li­se que dans les re­la­ti­ves non spé­ci­fian­tes et en référence à un an­té­cé­dent grou­pe no­mi­nal : on ne peut pas dire *je voudrais relire ce livre lequel m’a beau­coup plu (re­la­ti­ve spé­ci­fian­te). Ex­em­ples de for­mes agram­ma­ti­cales :

Il y a plu­sieurs cons­truc­tions *lesquelles [= qui] ressemblent aux cons­truc­tions cli­vées. Nous avons interrogé des per­son­nes *lesquelles [= qui] étaient censées avoir participé à l’évaluation.

De plus, lequel su­jet s’uti­li­se presque ex­clu­si­vement dans le code écrit et se ren­con­tre peu à l’oral. Lequel peut aus­si être un déterminant re­la­ti­f, qui s’uti­li­se plutôt dans le style soutenu (ou administratif / juridique).

Le pro­nom re­la­ti­f que

Le pro­nom que peut être com­plé­ment de ver­be direct (CVD) ou at­tri­but du su­jet.

Que com­plé­ment de ver­be direct

Quand que est com­plé­ment de ver­be direct, il cor­res­pond aux for­mes du pro­nom re­la­ti­f fin­nois joka : jonka/ jotka (no­mi­natiivi/akkusatiivi-genetiivi) ou jota/joita (par­ti­tii­vi) :

Le chalet qu’ils ont acheté l’été dernier a été détruit dans un incendie. La voiture que j’avais réservée n’était pas disponible. Jacques est venu avec une dame que nous ne connaissions pas.

Que voici, que voilà

Que peut être « le com­plé­ment » des ad­ver­bes voici et voilà, qui sont d’anciennes for­mes ver­bales for­mées sur le ver­be voir  :

Le tableau que voici vaut très cher. Taulu, jonka näet tässä, on hyvin kallis. Tu em­por­te­ras la valise que voilà. Otat mukaan laukun, joka on tässä.

Rem. Cet em­ploi de que com­me com­plé­ment de voici/voilà est mentionné quasi sys­té­ma­ti­que­ment dans les manuels de fran­çais lan­gue étran­gè­re, ce qui peut donner l’impression qu’il est banal. Pourtant, c’est un tour assez peu fré­quent dans la langue cou­rante et il vaut mieux ne pas en abu­ser dans le fran­çais parlé  : au lieu de le tableau que voilà, on dit plus naturellement le ta­bleau (qu’il y a) là / le ta­bleau que tu vois etc.

Que at­tri­but

Le pro­nom que en fonc­tion d’at­tri­but du su­jet cor­res­pond au fin­nois joka ou jotka/joita. La cons­truc­tion en fran­çais n’est pas tou­jours facile à com­pren­dre (lire). Si l’an­té­cé­dent est un grou­pe no­mi­nal, le su­jet du ver­be est à la for­me ce : c’est un spec­tacle, c’est un pro­blè­me, c’est un charmeur etc. Dans ce cas, le su­jet est donc le pro­nom ce et l’at­tri­but est que :

Vous ne pouvez pas imaginer le spectacle que c’était. Ette voi kuvitella, millainen näky se oli. Tu ne comprends pas le pro­blè­me que c’est. Et ymmärrä, millainen ongelma se on. Tu ne sais pas le charmeur que c’est. Et tiedä, millainen hurmuri hän on.

Dans la phra­se sui­vante, le pro­nom su­jet est il, car l’enfant se comporte comme un ad­jec­tif servant à qualifier (il est en­co­re bébé, il est en­co­re enfant, au­tre­ment dit « il est en­co­re jeu­ne ») :

L’enfant qu’il était ne pouvait pas com­pren­dre. Lapsi, joka hän oli, ei voinut ym­mär­tää.

Attribut du su­jet ad­jec­tif

L’at­tri­but du su­jet peut aus­si être un ad­jec­tif. Le pro­nom que est alors placé après l’ad­jec­tif. La cons­truc­tion équivaut au fin­nois ad­jec­tif kun ver­be :

Mais André, gêné qu’il était, n’a pas osé le lui dire. Mutta André, hämmentynyt kun oli, ei uskaltanut sanoa sitä hänelle N’ayant le cœur ni au jeu, ni au travail, elle ne pro­fi­ta pas des récréations, angoissée qu’elle était par ce qui l’attendait le lendemain matin. Les pipiers ont pris l’ha­bi­tu­de d’em­ploy­er la technique du préculottage, fatigués qu’ils étaient de voir revenir des clients énervés d’avoir bru­lé leur pipe.

On uti­li­se le mê­me type de cons­truc­tion dans les exclamations :

Bête que je suis ! Voi minua tyhmää! [mot à mot « voi sitä tyhmyriä, joka olen »].

Le pro­nom re­la­ti­f dont

Fonctions

Dont dépend di­rec­te­ment du ver­be. Le pro­nom dont peut remplacer pra­ti­que­ment tout com­plé­ment pré­cé­dé de la pré­po­si­tion de (voir les li­mi­ta­tions). Cette pré­po­si­tion de peut ex­pri­mer :

Les passagers dont les places sont dans les rangées 25 à 33 sont priés d’embarquer en premier. L’élan est un animal qui vit dans la forêt et dont la viande est ex­cel­len­te. Christiane a une nouvelle voiture dont elle est très satisfaite. [sa­tis­fait de qch] C’est un bois dont on fait des meubles. Se on puuta, josta tehdään kalusteita. [faire qch de qch] Voilà le monsieur dont je t’ai parlé. [parler de qch] Le village dont il est originaire se trouve au pays Basque. [être originaire de qqpart] La ma­niè­re dont il a pré­sen­té le pro­blè­me est tout à fait inattendue. [la ma­niè­re de faire qch] J’ai perdu le né­ga­ti­f des vieilles photos dont tu m’as demandé de faire des tirages. [des tirages des vieilles photos] Les gyromitres sont des champignons mortels dont le gout ressemble à celui des morilles et qu’on consomme en Fin­lan­de. Korvasienet ovat tappavan myrkyllisiä sieniä, joiden maku muistuttaa huhtasienen makua ja joita syödään Suomessa. Selon les études, les clients ne sont pas satisfaits de la ma­niè­re dont ils sont traités.

Confusions induites par le fin­nois jonka

a.  En fin­nois, la for­me jonka peut être l’akkusatiivi (com­plé­ment direct, que) et le ge­ne­tii­vi (pos­ses­sion etc. dont). Cet­te identité de for­me entraine sou­vent des con­fu­sions chez les dé­bu­tants, qui, pour traduire par exem­ple talo, jonka näen siellä, on sininen, uti­li­sent dont à la place de que : la maison *dont je vois là-bas est bleue. Pour résumer :

Akkusatiivi = CVD
Talo, jonka näet tuolla, on meidän.
La maison que tu vois là-bas est la nôtre.
Genetiivi = possession
Talo, jonka ovi on sininen, on meidän
.
La maison dont la porte est bleue est la nôtre.

Il faut faire atten­tion par ex­em­ple avec des ver­bes qui ont un com­plé­ment direct (CVD, objekti) en finnois, mais un com­plé­ment avec pré­po­si­tion en fran­çais :

ostaa jtak  = acheter qch, mais tarvita jtak = avoir besoin de qch
Pölynimurirobotti jonka ostin, on jo rikki.L’aspirateur-robot que j’ai acheté est déjà en panne. Mais :
Pölynimurirobotti, jonka tarvitset, on minulla. L’aspirateur-robot dont tu as besoin est chez moi.

b.  Le nom CVD dont le pro­nom dont est le com­plé­ment conserve sa place nor­ma­le dans la phra­se et ne suit pas im­mé­dia­te­ment dont, contrairement au fin­nois jonka (er­reurs fré­quen­tes) :

Kohta ajetaan kylään, jonka valokuvan näytin sinulle viime kerralla.
On va passer par le village dont je t’ai montré la photo l’au­tre jour.
[et non pas *dont la photo je t’ai montrée…]

Ensin esittelemme kyselyn, jonka tuloksia analysoimme toisessa osassa.
Nous présentons d’abord le ques­tionnaire dont nous analyserons les ré­sul­tats dans la deuxième par­tie.
[et non pas *dont les résultats nous analyserons…]

Duquel avec un com­plé­ment du nom

Quand l’an­té­cé­dent est pré­cé­dé par le com­plé­ment du nom (de +nom) d’un com­plé­ment de ver­be pré­po­si­tion­nel ou d’un com­plé­ment de phra­se pré­po­si­tion + nom, il est repris par duquel, de laquelle, desquels, des­quel­les selon le mécanisme sui­vant :

devant la porte du jardin de la maison
          → le jardin devant la porte de laquelle

La maison devant le jardin de laquelle il y a une voiture rouge est la nôtre.  Talo, jonka pihan edessä on punainen auto, on meidän. Nos vacances, au début des­quel­les il a beau­coup plu, ont quand mê­me été très agréables. Lomamme, jonka alussa satoi paljon, on silti ollut hyvin mukava. J’ai fait une chute à la fin de la saison de ski de cette année-là. → Cette année, à la fin de la saison de ski de laquelle j’ai fait une chute, restera gravée dans ma mémoire.

Duquel s’uti­li­se aus­si com­me va­rian­te de dont dans d’au­tres cas, voir ci-dessous.

Préposi­tion + qui, lequel, quoi

Antécédent groupe nominal (GN)

Mis à part son uti­li­sa­tion com­me for­me alternative de qui su­jet, la fonc­tion prin­ci­pa­le du pro­nom lequel est celle de pro­nom re­la­ti­f, dont l’antécédent qui est un groupe nominal (GN) pré­cé­dé d’une pré­po­si­tion. Quand l’an­té­cé­dent du pro­nom a un ré­fé­rent humain, on peut aus­si uti­li­ser la for­me in­va­ria­ble qui (voir ci-dessous). Les for­mes en le- ou les- se con­trac­tent avec la pré­po­si­tion à ou la pré­po­si­tion de.

Formes du pro­nom lequel

SINGULIER PLURIEL
mas­cu­linlequellesquels
fé­mi­ninlaquellelesquelles
à +mas­cu­linauquelauxquels
à + fé­mi­ninà laquelleauxquelles
de + mas­cu­linduquel (dont)desquels (dont)
de + fé­mi­ninde laquelle (dont)desquelles (dont)

L’arbre sur lequel la foudre est tombée a été coupé en deux. Le quartier dans lequel ils vivent est très calme. Le livre auquel il a consacré plus de trois ans de travail va enfin sortir. Des chercheurs présentent les méthodes grâce auxquelles ils reconstituent l’histoire du climat. La réunion pen­dant laquelle le nouveau président a été élu était orageuse. C’est un détail auquel per­son­ne n’avait prêté attention. La police a trouvé des élé­ments à partir desquels on a pu reconstituer les minutes qui ont pré­cé­dé la catastrophe.

Antécédent non grou­pe no­mi­nal : pro­nom quoi

Quand l’an­té­cé­dent du pro­nom re­la­ti­f ne ren­voie pas à un grou­pe no­mi­nal, au­tre­ment dit si c’est un pro­nom in­dé­fi­ni (rien, quel­que chose), le pro­nom ce, une phra­se etc., la for­me du pro­nom re­la­ti­f après pré­po­si­tion est quoi :

L’em­ploi est quel­que chose pour quoi nous devons tous nous battre. Il n’avait plus rien en quoi espérer. Il y avait une grève du métro, à cause de quoi je suis arrivé avec deux heures de retard.

Quand l’an­té­cé­dent est le nom chose (une chose, des choses etc.), la for­me du pro­nom est donc laquelle/ lesquelles, alors que si l’an­té­cé­dent est le pro­nom in­dé­fi­ni quel­que chose, le pro­nom re­la­ti­f est à la for­me quoi. Com­pa­rer :

L’em­ploi est une chose pour laquelle nous devons tous nous battre.
L’em­ploi est quel­que chose pour quoi nous devons tous nous battre.

L’er­reur à éviter, pour les fin­no­pho­nes, est d’interpréter quel­que chose com­me un grou­pe dé­ter­minant in­dé­fi­ni + nom (voir ex­pli­ca­tions) et de dire l’em­ploi est quel­que chose pour *la­quel­le, qui est agram­ma­ti­cal.

Usage littéraire de quoi

Cepen­dant, dans le style soutenu ou littéraire, on uti­li­se assez fré­quem­ment quoi pour ren­voy­er au grou­pe no­mi­nal une chose, par analogie avec le pro­nom quel­que chose (a) ; dans la langue cou­rante (écrite et orale), on uti­li­se nor­ma­le­ment à laquelle (b) :

(a) em­ploi littéraire : C’est une chose à quoi je n’avais pas pensé.
(b) for­me nor­ma­le : C’est une chose à laquelle je n’avais pas pensé.

De mê­me, dans un style littéraire, cer­tains auteurs uti­li­sent quoi pour ren­voy­er aus­si à d’au­tres an­té­cé­dents no­mi­naux :

C’étaient tous une grande majorité d’inconnus pour lui, parmi quoi trois publicitaires. Derrière lui s’étendait une longue table au bout de quoi chuintait un télécopieur.  En descendant l’escalier au bas de quoi […] paraissait se recueillir un homme de soi­xan­te ans, il s’arrêta.

Ce n’est ce­pen­dant pas la for­me ha­bi­tu­el­le du fran­çais standard et il vaut mieux l’éviter dans la rédac­tion de textes cou­rants.

Qui vs lequel

La for­me lequel est obli­ga­toi­re après pré­po­si­tion si le ré­fé­rent de l’an­té­cé­dent n’est pas un hu­main. Si l’an­té­cé­dent dé­si­gne un humain, on peut aus­si uti­li­ser qui. La dif­fé­ren­ce entre les deux est que lequel a plutôt un sens restrictif et in­tro­duit gé­né­ra­le­ment une re­la­ti­ve spé­ci­fian­te : les amis sur lesquels = ne ystävät joihin… La for­me qui peut s’uti­li­ser dans les deux cas, spécifiant ou non spécifiant. Mais la dif­fé­ren­ce de sens est le plus sou­vent imperceptible :

Les spécialistes avec qui / avec lesquels j’ai parlé étaient plutôt pessimistes. Les amis sur lesquels/ sur qui il comptait pour m’aider à repeindre le chalet, n’ont pas pu venir. Les élèves à qui / auxquels j’ai donné une mauvaise note n’étaient pas contents. Voilà les amis aux parents de qui / desquels nous avons loué notre mai­son de vacances.

En cas d’hésitation, le plus simple est donc, dans ce cas, de tou­jours uti­li­ser le pro­nom qui. La for­me plurielle lesquel(le)s est ce­pen­dant obli­ga­toi­re après la pré­po­si­tion parmi (parce que cette pré­po­si­tion est tou­jours for­mellement suivie d’un pluriel, et le mot qui n’a pas la for­me d’un pluriel) :

Je ne me sens pas dif­fé­ren­te des gens parmi lesquels je vis. Cette cellule d’éduca­tion est constituée de 20 personnes parmi lesquelles il y a des élèves, des étu­diants et des enseignants.

Dont / de qui / duquel

a) Pour reprendre un grou­pe [de + GN], la for­me duquel/de laquelle etc. est très peu employée : on em­ploie pra­ti­que­ment tou­jours la for­me dont, avec an­té­cé­dent hu­main ou non humain, que la re­la­ti­ve soit spé­ci­fian­te ou non. Les for­mes de qui ou duquel/de laquelle sont net­te­ment moins fré­quentes (mais pas impos­si­bles). Pour l’étu­diant de fran­çais lan­gue étran­gè­re, le plus simple dans un tel cas est d’uti­li­ser tou­jours dont :

J’ai trouvé les livres dont tu m’as parlé dans la petite librairie du coin de la rue. C’est un résultat dont nous sommes très fiers. Ce système permet de collecter et d’archiver tous les documents et informations dont nous aurons besoin. Seuls pourront survivre les prestataires dont l’assise financière est suffisamment solide. Les bénéficiaires potentiels sont les salariés dont la qualifica­tion est in­suf­fi­sante au regard de l’évolu­tion des technologies et des organisations.

b. Mais quand le grou­pe [de + GN] est com­plé­ment d’un au­tre grou­pe no­mi­nal, on ne peut pas le rem­placer par dont. On ne peut uti­li­ser que la for­me duquel/de laquelle, ou de qui s’il s’agit d’un ré­fé­rent humain ; dans ce cas l’opposi­tion entre de qui et duquel cor­res­pond à l’opposi­tion spé­ci­fian­te/non spé­ci­fian­te :

Nous avons réussi à à remet­tre la machine en marche avec les conseils d’un tech­ni­cien génial. → C’est lui le technicien génial avec les conseils de qui nous avons réussi à remet­tre la machine en marche. Le gouvernement n’a rien fait pour répondre aux attentes des salariés, devant les revendications desquels/de qui les syndicats semblent eux aus­si impuissants à réagir. Dans ce grou­pe de services, nous disposons d’un écosystème de partenaires, avec l’aide desquels nous dé­li­vrons un niveau de service élevé et constant.

c. Quand de est un élé­ment d'une­ pré­po­si­tion com­po­sée (près de, à cause de etc.), l’élé­ment de ne prend ja­mais la for­me dont  (comme c’est pos­si­ble dans le vendeur de qui je parle → le ven­deur dont je parle). On ne peut uti­li­ser que la for­me duquel/de laquelle, ou de qui s’il s’agit d’un ré­fé­rent humain ; dans ce cas l’opposi­tion entre de qui et duquel cor­res­pond à l’opposi­tion spé­ci­fian­te/non spé­ci­fian­te : l’élé­ment de est contracté avec lequel/les­quel(le)s :

la per­son­ne au su­jet de la laquelle / au su­jet de qui il m’a téléphoné. le pro­fes­seur à côté duquel / à côté de qui je me trouve les amis de la part de qui / de la part desquels il vous appelle Il y a bien d’au­tres fonc­tion­naires à l’encontre des­quels les sanctions disciplinaires sont prises par l’administra­tion et non par une juridiction. Qui réussirait à convaincre les plus riches et les plus puissants que la réussite de leur montée consisterait désormais à permet­tre la croissance de ceux aux dépens de qui ils se sont enrichis  L’original de cette dépêche est ren­voyé au rectorat de l’université auprès de laquelle la demande a été in­tro­duite.

Bien que cela soit tentant pour les fin­no­pho­nes, puis­qu’en fin­nois duquel/de qui/ dont cor­res­pon­dent à un seul et mê­me pro­nom (jonka/joiden), on ne peut pas faire les trans­for­ma­tions sui­vantes :

la per­son­ne au su­jet **dont il m’a téléphoné → la per­son­ne au su­jet de la laquelle / au su­jet de qui il m’a téléphoné le professeur à côté **dont je me trouve → le professeur à côté duquel / à côté de qui je me trouve les amis de la part **dont il vous appelle →les amis de la part de qui / de la part desquels il vous appelle

Pour surprenantes qu’elles puissent paraitre au lecteur fran­co­pho­ne, ces for­mes « syn­cré­ti­ques » (qui ne sont pas dénuées de logique) se rencontrent aus­si chez d’au­tres ap­pre­nants de fran­çais lan­gue étran­gè­re que les étudiants fin­no­pho­nes. Mais elles doivent être évi­tées, car elles sont agram­ma­ti­cales.

Le pro­nom

Équivalent de pré­po­si­tion + lequel à va­leur spatiale et tem­po­rel­le

Le pro­nom peut remplacer lequel com­plé­ment pré­po­si­tionnel pré­cé­dé de la pré­po­si­tion à et dans, et plus gé­né­ra­le­ment tout com­plé­ment pré­po­si­tionnel à va­leur spatiale ou tem­po­rel­le. Il cor­res­pond au fin­nois jo(i)ssa/ johon/ joihin etc. ou jo(i)na, jolloin :

Les cartons sont rangées les photos se trouvent sur l’étagère de gauche. = Les cartons dans lesquels sont rangées. L’adresse la lettre a été envoyée n’est plus valable. = L’adresse à laquelle la lettre a été envoyée… La commode se trouve le portrait me vient de ma grand-mère. =La commode sur laquelle se trouve le portrait. L’époque cela s’est produit me parait si lointaine. =L’époque à laquelle cela s’est produit… La réunion il a été élu a été orageuse. =La réunion lors de laquelle il a été élu…

Il y a une très légère nuance de sens : les pro­po­si­tions in­tro­duites par pré­po­si­tion + lequel ont une valeur spé­ci­fian­te ; celles in­tro­duites par sont de type gé­né­raliste (spé­ci­fian­te ou non spéci­fian­te). Cette dif­fé­ren­ce est sou­vent imperceptible. On peut donc uti­li­ser dans tous ces cas.

Préposi­tion à valeur non spatiale ou tem­po­rel­le

Mais le pro­nom ne peut pas remplacer les grou­pes où le mot lequel est pré­cé­dé d’une pré­po­si­tion spa­tiale quand cette pré­po­si­tion n’ex­pri­me pas une véritable rela­tion de lieu ou bien a perdu son sens spa­tial, par ex­em­ple quand elle sert à in­tro­duire un com­plé­ment de ver­be pré­po­si­tion­nel. Dans ce cas-là, il faut uti­li­ser la pré­po­si­tion suivie du pro­nom lequel :

avoir confiance en quel­qu’un → les amis dans lesquels/en qui il a confiance [et non : les amis * il a confiance]

dire quel­que chose dans une langue [en allemand, en fran­çais] → la langue dans laquelle il a pro­non­cé son dis­cours [et non pas : la langue * il pro­non­cé son dis­cours].

Mais : On trouve cette cons­truc­tion dans plu­sieurs langues romanes. (sens spatial) → Les langues romanes dans lesquelles/Les langues romanes on trouve cette cons­truc­tion…

Le jour où, l’année où

Avec les com­plé­ments de phra­se ex­pri­mant le temps qui ne sont pas in­tro­duits par une pré­po­si­tion (jour, se­mai­ne, an, année etc.), est la seule for­me pos­si­ble :

Le jour où ils se sont mariés il faisait froid. Tu te rappelles en­co­re l’année où tu as eu vingt ans ? Le siècle où Louis XIV a régné, sou­vent nommé « grand siècle », a été catastrophique pour l’économie fran­çaise.

Erreur à éviter : l’er­reur fré­quente chez les ap­pre­nants de fran­çais lan­gue étran­gè­re (fin­no­pho­nes, an­glo­pho­nes etc.) consiste à uti­li­ser la con­jonc­tion quand com­me un pro­nom re­la­ti­f (pour traduire jolloin/when). En fran­çais, on ne peut pas dire *le jour quand il né, ou *l’année quand j’ai com­mencé mes études. Le mot quand ne peut être qu’une con­jonc­tion de sub­or­di­na­tion (ou un ad­ver­be in­ter­ro­ga­tif), pas un pro­nom re­la­ti­f. Le pro­nom re­la­ti­f à uti­li­ser dans un tel cas est  :

le jour où il est né l’année où j’ai com­mencé mes études le samedi où ils se sont mariés la semaine où nos amis arriveront le moment où cela s’est produit à l’instant où je sortais etc.

Relative non spé­ci­fian­te

Cepen­dant, si la re­la­ti­ve est non spé­ci­fian­te (en fin­nois on uti­li­se dans ce cas aus­si jol­loin), on ne peut pas uti­li­ser . Il faut reprendre l’an­té­cé­dent par un nom support com­me moment, époque etc. Le re­la­ti­f fin­nois jolloin s’apparente dans un tel em­ploi à une con­jonc­tion de subordina­tion à valeur tem­po­rel­le, et peut être ren­du en fran­çais par une con­jonc­tion ou une locu­tion con­jonc­tion­nelle du mê­me gen­re :

Ministeri erosi vasta viime viikolla, jolloin koko jupakka oli jo ohi. Le ministre n’a démissionné que la semaine dernière, à un moment où tou­te l’affaire était déjà du passé. / Le ministre n’a démissionné que la semaine dernière, alors que tou­te l’af­fai­re était déjà du passé.

combiné à des ad­ver­bes ou des pré­po­si­tions

Le pro­nom peut aus­si avoir pour an­té­cé­dents des ad­ver­bes de lieu (, partout, quel­que part etc.) :

Ils habitent tou­jours où ils habitaient déjà il y a trente ans. J’aimerais passer mes vacances quel­que part où il n’y ait pas trop de touristes. La mafia prospère partout où il n’y a plus d’État.

peut être pré­cé­dé par des pré­po­si­tions (de, à partir de, jusque) :

La route par où nous sommes passés est très sinueuse. La ville d’où part le Tour de France cette année est en Belgique. Il n’y a pas de secteur jusqu’où les forces du mar­ché n’étendent leur influence. Ils sont montés sur un promontoire à par­tir d’où on voit très bien tou­te la baie.

Lequel pro­nom et déterminant

Lequel pro­nom

Le pro­nom lequel en fonc­tion de su­jet s’uti­li­se dans deux cas :

1.  quand il y a ambigüité sur l’an­té­cé­dent auquel le pro­nom re­la­ti­f peut ren­voy­er, lequel, qui s’ac­cor­de en gen­re et en nombre, peut permet­tre de préciser l’an­té­cé­dent de façon plus explicite :

Je viens de prendre connaissance du rapport de la Commission, lequel semble main­te­nant beau­coup plus réaliste. Olen juuri tutustuneet komission mietintöön, joka tuntuu nyt paljon realistisemmalta.

Si on avait utilisé qui au lieu de lequel, l’an­té­cé­dent de qui pourrait être la Com­mis­sion ou le rapport, tandis que le mas­cu­lin lequel montre clairement qu’on ren­voie au grou­pe no­mi­nal le rapport. Cepen­dant, cette distinc­tion, sou­vent pré­sen­tée com­me une so­lu­tion élégante et miraculeuse dans les manuels de gram­mai­re, n’est évi­dem­ment pos­si­ble que quand les deux an­té­cé­dents sont de gen­re ou de nombre dif­fé­rent ; dans ce cas, la for­me du pro­nom lequel renseigne sur l’an­té­cé­dent.

Si les deux an­té­cé­dents sont par exem­ple du fé­mi­nin singulier ou du mas­cu­lin pluriel, le pro­nom lequel est tout aus­si ambigu que qui. Dans un tel cas, s’il est né­ces­saire de clarifier l’an­té­cé­dent, on le répète devant le pro­nom qui. Cette répé­ti­tion est un pro­cé­dé assez fré­quent (uti­li­sé en fin­nois aus­si). L’an­té­cé­dent est alors tou­jours re­pris sans au­cun dé­ter­mi­nant :

Je viens de prendre connaissance du rapport du Conseil, rapport qui semble main­te­nant beau­coup plus réaliste. Les deux pays viennent de signer des ac­cords sur le com­merce des armes, ac­cords qui pourraient avoir des ré­per­cus­sions sur l’équilibre diplomatique de la région.

2.   Dans le style administratif, juridique etc., on uti­li­se assez fré­quem­ment lequel à la place de qui, mê­me s’il n’y a au­cu­ne ambigüité pos­si­ble sur l’an­té­cé­dent :

Des progrès ont été accomplis en ce qui concerne l’égalité entre les sexes dans l’en­sei­gne­ment, laquelle pourrait  être atteinte d’ici 2020 dans cer­tains des pays étudiés. On a entendu trois témoins, lesquels ont tous fait la mê­me déclaration. L’une des possibilités de lutte contre le chômage est la mobilité de la main-d’œuvre, laquelle est tou­tefois source de pro­blè­mes sociaux.

Dans cet em­ploi, le pro­nom lequel uti­li­sé en fonc­tion de su­jet équivaut à une re­la­ti­ve co­or­don­née par une con­jonc­tion de coordina­tion (et, mais) et il peut se pa­ra­phra­ser ainsi :

Des progrès ont été accomplis en ce qui concerne l’égalité entre les sexes dans l’en­sei­gne­ment, et cette égalité pourrait être atteinte d’ici 2020 dans cer­tains des pays étudiés. On a entendu trois témoins, et ces témoins ont tous fait la mê­me dé­cla­ra­tion. L’une des possibilités de lutte contre le chômage est la mobilité de la main-d’œuvre, mais cette mobilité est source de pro­blè­mes sociaux.

Remar­que : on ne peut pas répéter lequel en le coordonnant avec et (*et lequel/*et laquelle etc.). Si on veut répéter le pro­nom re­la­ti­f, il faut obli­ga­toi­rement uti­li­ser et qui :

On entendu trois témoins, lesquels ont fait la mê­me déclara­tion et qui [et non : *et lesquels] sem­blaient dignes de foi.

Le dé­ter­mi­nant re­la­ti­f lequel

Dans le style soutenu, on uti­li­se éga­le­ment le dé­ter­mi­nant re­la­ti­f lequel, laquelle, les­quel­(le)s qui précède le su­jet de la re­la­ti­ve, et qui cor­res­pond éga­le­ment à un grou­pe co­or­don­né par et (ou mais) :

Le Parlement a examiné longuement la réfor­me fiscale prévue pour l’an prochain, laquelle réfor­me est censée relancer la consommation. Eduskunta käsitteli pitkään ensi vuodelle suunniteltua verouudistusta, jonka uskotaan piristävän kulutusta. Ce pro­cé­dé comprend les étapes consistant à dé­fi­nir un premier facteur d’état d’infrastructure (ICF), lequel facteur est une re­pré­senta­tion numérique de l’état d’un réseau.

L’un des cas les plus fré­quents d’utilisa­tion du dé­ter­mi­nant re­la­ti­f lequel est la construc­tion auquel cas, mot à mot « jossa tapauksessa » (= jolloin) :

Vous serez peut-être absent, auquel cas vous me préviendrez. Olette ehkä poissa, jolloin ilmoittanette siitä etukäteen.

Cette ex­pres­sion est plus ou moins figée, car nor­ma­le­ment, pour dire tapauksessa on uti­li­se la pré­po­si­tion dans : dans ce cas (et non pas *à ce cas). On devrait donc dire logiquement dans lequel cas, mais la for­me ancienne auquel cas s’est main­te­nue.

Dans la langue cou­rante on répète gé­né­ra­le­ment l’an­té­cé­dent, sans déterminant (sans ar­ti­cle ou sans lequel) :

Le Parlement a examiné longuement la réfor­me fiscale prévue pour l’an pro­chain, réfor­me qui est censée relancer la consommation. Ce pro­cé­dé comprend les étapes consistant à dé­fi­nir un premier facteur d’état d’infrastructure, facteur qui est une re­pré­senta­tion numérique de l’état d’un réseau…

Cette répéti­tion de l’an­té­cé­dent peut dans cer­tains cor­res­pondre en fin­nois au dé­ter­mi­nant re­la­ti­f jollainen :

Devalvaatiota päätettiin lykätä, jollaisella päätöksellä tuli olemaan kohtalokkaita seu­rauk­sia.  Il fut décidé de sursoir à la dévaluation, décision qui devait avoir des con­sé­quences fatales. ou Il fut décidé de sursoir à la dévaluation, laquelle décision de­vait avoir des conséquences fatales. 

Recommandation

Au total, lequel en fonction de su­jet (ou déterminant de su­jet) de re­la­ti­ve re­pré­sente une va­rian­te re­la­ti­vement secondaire de qui, utilisée surtout dans le code écrit strict. D’une façon générale, dans l’ex­pres­sion écrite au niveau moyen (B2+), il vaut mieux uti­li­ser lequel (pro­nom ou démonstratif) avec prudence et préférer par ex­em­ple des cons­truc­tions de remplacement com­me et qui ou mais qui.

Ce + pro­nom re­la­ti­f

L’un des em­plois cou­rants du pronom ce (la for­me faible du pro­nom ça) est celui où il est utilisé com­me an­té­cé­dent du pro­nom re­la­ti­f. Dans ce cas, il cor­res­pond en fin­nois au pro­nom se + mikä (avec antécédent non grou­pe no­mi­nal). Le pro­nom re­la­ti­f qui complète le pro­nom faible est qui/que/dont et, après pré­po­si­tion, quoi (puis­que ÇA, dont ce est un allomorphe, ne ren­voie pas à un groupe nominal). On obtient ainsi les com­bi­nai­sons sui­van­tes :

ce quice à quoice pour quoice envers quoi
ce quece sur quoice à partir de quoice avec quoi
ce dont (ce + de quoi)ce contre quoice vers quoice vis-à-vis de quoi etc.

Prononciation : dans les grou­pes ce qui et ce que, on supprime l’e de ce dans la pro­non­cia­tion cou­ran­te, ce qui /ski/ et ce que /skɶ/. Mais quand ce est devant une pré­po­si­tion, on maintient l’e de ce, aus­si bien devant une consonne que devant une voy­el­le (e ne s’élide pas) :

Je n’ai donc pas la moindre idée de ce à quoi /dɶsɶakwa/ (et non */dɶsakwa/) vous faites référence. C’est précisément ce contre quoi /sɶkõtʁɶkwa/ (et non */skõ­tʁɶ­kwa/) nous nous battons.

Devant consonne, on entend ce­pen­dant cer­tains lo­cu­teurs faire tomber l’e muet (la séquence /skõtʁɶkwa/ n’est pas totalement impos­si­ble). La ten­dan­ce à le main­tenir est ce­pen­dant très forte. Mais devant voyelle, de tou­te façon, cet e ne s’élide pas dans ce cas.

Exemples :

Ce qui te ferait du bien, c’est de faire de la natation. Il est resté ce qu’il était. Hän jäi siksi, mitä hän oli. Il fait tou­jours ce qu’il veut. Ce n’était pas ce à quoi (/sɶakwa/) j’avais pensé. Se ei ollut sitä, mitä ajattelin. Le dé­ve­lop­pement de la sécurité est ce vers quoi (/sɶvɛʁkwa/), doivent tendre tous nos efforts.Turvallisuuden lisääminen on se, mihin meidän on pyrittävä kaikin voimin. Cette mesure stimulera l’économie à hauteur de 4,5 milliards par rap­port à ce qui aurait été le cas si les cotisations n’avaient pas été gelées. Le cahier des charges est ce à partir de quoi (/sɶapaʁtiʁdɶkwa/ se dé­fi­nit la rela­tion entre le client et l’agence. Contrairement à ce que pensent beau­coup d’ap­pre­nants de fran­çais, le grou­pe ce que n’est pas une « ex­pres­sion figée ». On ne peut vé­ri­ta­ble­ment saisir la portée et la nova­tion de cette pensée qu’en restituant ce vis-à-vis de quoi (/sɶvi­zavidɶkwa/ et contre quoi (/sɶkõtʁɶkwa/) elle s’exerce. Atteindre les quarts de finale, c’est plus que ce à quoi je m’attendais à mon arrivée au tournoi.

Après la pré­po­si­tion en, l’em­ploi de ce est obli­ga­toi­re en début de phra­se, et il est fa­cul­ta­tif dans les au­tres cas :

Ce en quoi il avait tou­jours cru lui paraissait soudain vide de sens. Les critiques lui ont reproché son style un peu facile, (ce) en quoi ils n’avaient pas tort.

La for­me ce de quoi est assez rare (mais pas impos­si­ble), et on uti­li­se plus fré­quem­ment ce dont :

Merci pour ton cadeau. C’est exac­te­ment ce dont j’avais besoin. Ce dont il s’agit ici, c’est ton avenir.

Remar­ques

Place de la re­la­ti­ve et ordre des mots

Place de la re­la­ti­ve

Com­me en fin­nois, la re­la­ti­ve se place nor­ma­le­ment im­mé­dia­te­ment après l’an­té­cé­dent, qui peut donc être assez éloigné du ver­be dont il est su­jet :

La réfor­me des diplômes, qui a été pré­pa­rée pen­dant plu­sieurs années et devrait permet­tre aux étudiants d’achever leurs études plus rapidement, du moins en théorie et si les promesses des politiques dans ce domaine sont tenues, entrera en vigueur l’an prochain.

Dans le code écrit, une re­la­ti­ve non spé­ci­fian­te dont l’an­té­cé­dent est un grou­pe no­mi­nal avec un dé­ter­mi­nant in­dé­fi­ni peut se placer après le ver­be de la prin­ci­pa­le (et non pas di­rec­te­ment après l’an­té­cé­dent), mais uni­que­ment si le ver­be est in­tran­si­tif :

Une longue guerre com­mençait, qui allait durer dix ans. Alkoi pitkä sota, joka tulisi kestämään kymmenen vuotta. Un vent violent se leva, qui fit claquer la toiture de tôle. Nousi kova tuuli, joka sai peltikaton kolisemaan.

Ordre des mots

Dans la re­la­ti­ve, on observe gé­né­rale­ment l’ordre des mots normal su­jet-ver­be-com­plé­ment. L’in­ver­sion du su­jet est pos­si­ble :

a)  si le pro­nom re­la­ti­f est le seul com­plé­ment du ver­be et le su­jet est un nom (pas un pro­nom per­son­nel) :

C’est le vélo qu’a gagné Aija. / C’est le vélo qu’Aija a gagné à la tombola. [le CdP à la tombola empêche l’inversion.] Nous avons visité l’église dont nous avait parlé le guide. / Nous avons visité l’église dont le guide nous avait parlé hier. [le CdP-ad­ver­be hier empêche l’inversion.]

Dans de tels cas, l’in­ver­sion permet de focaliser tel ou tel élé­ment de la phra­se. Com­pa­rer :

C’est le vélo qu’a gagné Aija. [information : ce vélo est celui d’Aija.]
C’est le vélo qu’Aija a gagné. [information, par exem­ple : Aija a deux vélos, et celui qui est dé­si­gné ici est celui qu’elle a gagné un jour à la tombola, et non pas l’au­tre, qu’elle a acheté.]

La déléga­tion à l’environnement est allée visiter le site dont le journal local a par­lé. [information, par ex­em­ple : le scandale du site a été révélé par le journal (local).]
La déléga­tion à l’environnement est allée visiter le site dont a parlé le journal local. [information : c’est le journal local qui en a parlé, pas un au­tre journal.]

Com­me sou­vent quand il s’agit de l’ordre des mots, la dif­fé­ren­ce de sens produite n’est pas forcément très sensible ni mê­me significative. Elle l’est surtout à l’écrit, à l’oral sou­vent net­te­ment moins.

b)  quand le pro­nom re­la­ti­f est , que le ver­be est intransitif et que le su­jet est un nom ou un pro­nom in­dé­fi­ni (pas un pro­nom per­son­nel) ; dans ce cas, si le ver­be est mono- ou dissyllabique, l’in­ver­sion est très fré­quen­te :

À Odense, j’ai visité la maison où a vécu Andersen. C’est un parc où ne vient jamais per­son­ne.

Mais si le ver­be a un com­plé­ment ou si dans la pro­po­si­tion il y a un ad­ver­be ou un com­plé­ment de phra­se, on em­ploie l’ordre des mots normal :

C’est un parc où les gens amènent sou­vent leurs enfants. Ce n’est pas l’endroit où le bus s’arrête d’ha­bi­tu­de. La déléga­tion à l’environnement est allée visiter le site dont le journal a parlé hier.

Le mode du ver­be de la re­la­ti­ve

Le mode ha­bi­tu­el du ver­be de la pro­po­si­tion re­la­ti­ve est l’in­di­ca­tif. Il y a quel­ques cas où le ver­be peut être au sub­jonc­tif ou à l’in­fi­ni­tif.

Subjonctif

On uti­li­se le sub­jonc­tif dans une re­la­ti­ve spé­ci­fian­te pour ex­pri­mer une nuance de but ou de con­sé­quence (quel­que chose doit être tel qu’on puisse faire…). Dans ce cas-là, en fin­nois on uti­li­se le kon­di­tio­naali pour ex­pri­mer la mê­me nuance :

Je cherche un livre qui soit facile à lire. Etsin kirjaa, joka olisi helppo lukea. Il fau­drait quel­qu’un qui connaisse bien la musique classique. Me tarvitsemme sellaisen henkilön, joka tuntisi hyvin klassisen musiikin. Ils n’ont pas trouvé de séjour qui leur convienne. He eivät löytäneet sopivaa matkapakettia.  Pour les vacances, j’ai­merais aller quel­que part où il ne fasse pas trop chaud. Haluaisin lähteä lomalle sellaiseen paikkaan, jossa ei olisi liian kuumaa. Il n’a rien trouvé qui lui plaise. Hän ei löytänyt mitään, mikä tyydyttäisi häntä.

S’il n’y a pas de nuance de but, on uti­li­se l’in­di­ca­tif :

Je connais quel­qu’un qui veut garder des enfants le mercredi. J’ai trouvé un ap­par­te­ment qui me permet de recevoir plus de monde. 

Dans la langue cou­rante et dans le fran­çais parlé, il est assez fré­quent qu’on n’u­ti­li­se pas le sub­jonc­tif, mê­me s’il y a une nuance de but :

Je ne vois rien qui me plait. On n’a trouvé personne qui avait les qualifications né­ces­saires.

Très sou­vent, un konditionaali dans une re­la­ti­ve en finnois se traduit donc par un sub­jonc­tif en fran­çais. Mais le konditionaali peut évi­dem­ment aus­si être un vé­ri­ta­ble con­di­tion­nel exprimant la condi­tion, qui se traduit alors par un conditionnel en fran­çais :

Alkuillasta torilla sattui välikohtaus, jolla olisi voinut olla vakavat seuraukset. En début de soirée, il y a eu un incident qui aurait pu avoir des conséquences dra­ma­ti­ques.

Infinitif

À la place du sub­jonc­tif, quand l’an­té­cé­dent in­dé­fi­ni de la re­la­ti­ve spé­ci­fian­te est pré­cé­dé d’une pré­po­si­tion et que le su­jet de la prin­ci­pa­le est le mê­me que celui de la re­la­ti­ve (co­ré­fé­ren­ce du su­jet), on peut aus­si uti­li­ser l’infinitif ; le mê­me pro­cé­dé exis­te en fin­nois :

Elle n’avait personne à qui raconter ses soucis. Hänellä ei ollut ketään, jolle kertoa huolistaan. = Elle n’avait personne à qui elle puisse raconter ses soucis. Il ne connait personne en qui avoir confiance. Hän ei tunne ketään johon luottaa.= Il ne connait personne en qui il puisse avoir confiance. ) Il cherchait un endroit calme où [= dans lequel] passer ses vacances. Hän etsi rauhallista paikkaa, missä viettää lomansa. = Il cherchait un endroit calme où il puisse passer ses vacances. Il lui faudrait quel­qu’un sur qui se reposer. Hän tarvitsisi jonkun ihmisen, joka olisi hänelle tukena.=Il lui faudrait quel­qu’un sur qui il puisse se reposer.

Les re­la­ti­ves in­fi­ni­tives s’em­ploient surtout dans le code écrit après des ver­bes exprimant le but com­me chercher, avoir besoin de, falloir etc. (elle n’avait personne à qui … signifie elle avait besoin de quel­qu’un à qui …), mais aus­si dans le fran­çais parlé dans des ex­pres­sions plus ou moins figées com­me on ne sait plus à qui se fier ei oikein tiedä kehen luottaa, on ne sait plus qui croire, je ne sais que dire.

Le sub­jonc­tif dans une re­la­ti­ve com­plé­ment de superlatif

Le sub­jonc­tif s’uti­li­se aus­si dans une re­la­ti­ve spé­ci­fian­te quand la re­la­ti­ve est com­plé­ment d’un superlatif : 

C’est le plus beau concert auquel nous ayons assisté cette année. Il m’a offert le cadeau le moins cher qu’il ait pu trouver. C’est le témoignage le plus sérieux que nous ayons recueilli. C’est le plus gros mensonge que j’aie jamais entendu ! C’est le plus beau tableau que j’aie jamais vu. C’était la plus merveilleuse musique qu’il nous ait été donné d’entendre. C’est l’hôtel le moins cher que vous puissiez trouver ici. C’est la seule solu­tion qu’on puisse envisager. La première per­son­ne que nous ayons vue était un Finlandais !

Les ad­jec­tifs premier, dernier et seul et l’ex­pres­sion il n’y a (pas) que, qui ex­pri­me l’idée de « seul », ont le sens d’un superlatif et la re­la­ti­ve qui les com­plè­te est en gé­né­ral au sub­jonc­tif :

André est le seul qui ait accepté de m’aider. Arrivés dans notre petit village en Auvergne, la première personne que nous ayons rencontrée était un Finlandais ! Ces voisins sont les seuls avec qui nous ayons eu des pro­blè­mes. Il n’y a pas que toi qui saches faire la cuisines !

Si premier et dernier indiquent un ordre (dans le sens de « järjestys ») concret (par exem­ple le premier d’une série), on uti­li­se l’in­di­ca­tif :

Nous devions visiter trois églises ; la première que nous avons voulu visiter était mal­heu­reu­se­ment fermée.

Il n’est pas tou­jours facile de savoir quel mode uti­li­ser. Suivis du sub­jonc­tif, premier et der­nier indiquent une nuance supplémentaire. Com­pa­rer :

(a) C’est la dernière possibilité que tu as de réussir. Se on sinun viimeinen mah­dol­li­suu­te­si onnistua. (b) C’est la dernière possibilité que tu aies de réussir. Se on nyt aivan viimeinen mahdollisuutesi.

La phra­se (a) signifie objectivement qu’on avait par exem­ple trois possibilités de ré­us­sir un con­cours, et que c’est maintenant la dernière des trois, car le concours ne sera plus or­ga­ni­sé après cela. La phra­se (b) peut être dite par ex­em­ple sur un ton un peu menaçant et moins objectif : dans la réalité, il se pourrait qu’il y ait en­co­re d’au­tres possibilités.

Il y a un moyen pra­ti­que de savoir quel mode em­ploy­er : premier et dernier en­trai­nent le sub­jonc­tif dans la re­la­ti­ve si on peut les traduire par ihka en­sim­mäi­nen et vihoviimeinen (ou si on peut ajouter aivan devant l’ad­jec­tif en fin­nois). Com­pa­rer :

Saavuttuamme auvergnelaiseen kyläämme, aivan ensimmäinen ihminen, johon tör­mä­sim­me, oli suomalainen! [em­ploi de aivan pos­si­ble, donc sub­jonc­tif en fran­çais]
Mais :
Meidän piti käydä kolmessa eri kirkossa, ensimmäinen, jonka halusimme nähdä, oli va­li­tet­ta­vas­ti kiinni. [?? ihka ensimmäinen/aivan ensimmäinen, jonka seraient étranges, car en­sim­mäi­nen a une valeur numérale. Il n’y a pas de sub­jonc­tif dans ce cas en fran­çais].

Relatives spé­ci­fian­tes et non spé­ci­fian­tes

Relatives spé­ci­fian­tes

La re­la­ti­ve spé­ci­fian­te (fi. restriktiivinen) est une pro­po­si­tion qu’on ne peut pas supprimer sans que le sens gé­né­ral de la phra­se change ou devienne illogique :

J’ai oublié la lettre que je devais poster. [sans la re­la­ti­ve : J’ai oublié la lettre. = n’importe quelle lettre] Les gens qui fument s’exposent à de graves maladies. [sans la re­la­ti­ve : « Tous les gens s’exposent à de graves maladies ». Ce n’est pas tout à fait absurde, mais ce n’est pas l’idée de la phra­se.] Découvrez un voisin qui va vous accompagner. [publicité d’une banque] Le réseautage, ou com­ment rencontrer des gens qui peu­vent vous aider. Verkottuminen eli kuinka tapaan ihmisiä, jotka voivat auttaa minua. L’orateur a aus­sitôt riposté avec des arguments dont la justesse a cloué le bec à son adversaire. Puhuja vastasi heti niin osuvilla perusteilla, että hänen vastustajansa jäi sanattomaksi.

Dans l’in­ter­ro­ga­tion in­di­recte, la re­la­ti­ve qui dé­ve­lop­pe le com­plé­ment du ver­be est tou­jours spé­ci­fian­te :

On se demande ce qu’il va en­co­re inventer. Elle ne sait plus sur qui compter. Personne ne sait sur quoi cela débouchera. Je ne sais pas qui le lui a dit.

Ponctuation :  en fin­nois, à l’écrit la pro­po­si­tion re­la­ti­ve (com­me tou­tes les pro­po­si­tions subordonnées) est conventionnellement pré­cé­dée et suivie d’une virgule. En fran­çais la re­la­ti­ve spé­ci­fian­te n’est nor­ma­le­ment ni pré­cé­dée ni suivie d’une vir­gu­le), puis­qu’elle est un com­plé­ment né­ces­sai­re de l’an­té­cé­dent.

Cons­truc­tions équi­va­lentes

Quand le ver­be de la re­la­ti­ve spé­ci­fian­te est le ver­be être, on peut sou­vent sup­pri­mer qui est (dans le code écrit surtout) :

Je fais les courses dans un supermarché qui est très bien fourni. → Je fais les cour­ses dans un supermarché très bien fourni. Je cherche un livre qui soit facile à lire pour un jeune enfant. → Je cherche un livre facile à lire pour un jeune enfant.

Avec d’au­tres ver­bes que être, on peut uti­li­ser des cons­truc­tions avec une pré­po­si­tion ou un par­ti­ci­pe :

Les gens qui ont les cheveux roux supportent mal le soleil. → Les gens aux che­veux roux supportent mal le soleil. L’élan est un animal qui vit dans la forêt et dont la viande est excellente. → L’élan est un animal vivant dans la forêt et à la viande excellente. Les re­la­ti­ves sont une cons­truc­tion qui pose parfois des pro­blè­mes. → Les re­la­ti­ves sont une cons­truc­tion posant parfois des pro­blè­mes.

On peut aus­si remplacer les re­la­ti­ves par des in­fi­ni­tives, quand le ver­be de la prin­ci­pa­le est un ver­be de per­cep­tion :

Il regardait les bateaux de plaisance qui manœuvraient. → Il regardait les ba­teaux de plaisance manœuvrer dans le port. Je l’entends qui arrive. → Je l’en­tends ar­ri­ver.

Relative non spé­ci­fian­te

La pro­po­si­tion re­la­ti­ve peut aus­si apporter sim­ple­ment une informa­tion sup­plé­men­tai­re ou une précision qu’on peut sup­pri­mer sans que le sens chan­ge énor­mé­ment  :

On a entendu trois témoins, lesquels ont tous fait la mê­me déclaration. Je viens de lire un livre, que j’ai trouvé très intéressant.  Quatre tomes sont déjà dis­po­ni­bles, dont trois que vous pouvez voir sur la photo ci-dessus.

Sou­vent, cette in­forma­tion ex­pri­me la cause, le but, la concession, la condi­tion etc. La pro­po­si­tion re­la­ti­ve non spé­ci­fian­te (fi. epärestriktiivinen) se com­porte donc sou­vent com­me une pro­po­si­tion ad­ver­bia­le en­châs­sée (upotettu) dans une au­tre pro­po­si­tion. Dans les exem­ples ci-dessus, la re­la­ti­ve indique une cause :

La Finlande, où il y a beau­coup de lacs, est un pays idéal pour la pêche de détente. Les Bonin, qui ont acheté une nouvelle maison, nous ont invités à pendre la crémaillère. Il est allé aux puces avec sa femme, qui aime les antiquités.

La re­la­ti­ve non spé­ci­fian­te est gé­né­ra­le­ment pro­non­cée avec une intonation dif­fé­ren­te (avec une pause et sur un ton plus bas, dite « parenthèse basse »), qui isole la pro­po­si­tion du reste de la phra­se. Pour cette raison, à l’écrit, la re­la­ti­ve non spé­ci­fian­te est séparée du reste de la phra­se par des virgules. En fin­nois, on trouve le mê­me type de dif­fé­ren­ces entre les re­la­ti­ves et, à l’oral, l’intona­tion de la re­la­ti­ve non spé­ci­fian­te est aus­si dif­fé­ren­te de celle de la re­la­ti­ve spé­ci­fi­an­te. Mais en fin­nois, à l’écrit, les virgules sont obli­ga­toi­res dans les deux types de re­la­ti­ves et à l’é­crit la dif­fé­ren­ce est donc moins nette qu’en fran­çais.

La re­la­ti­ve dans le fran­çais parlé

Dans le fran­çais parlé, il y a une ten­dan­ce à simplifier les cons­truc­tions re­la­ti­ves. Sur beau­coup de points, cette ten­dan­ce est déjà ancienne et (mal­gré ce que croient les puristes) n’est pas une innova­tion ou une « dégradation » de la langue moderne. L’étu­diant de fran­çais lan­gue étran­gè­re rencontrera très cer­tai­nement ce gen­re de cons­truc­tions dans le fran­çais parlé dans un pays francophone ou mê­me à l’écrit, sur Internet ou d’au­tres sup­ports. Malgré cela, les va­rian­tes de le fran­çais parlé qui sont exposées ci-des­sous restent du domaine du fran­çais non conventionnel et ne sont pas admises dans la norme du code écrit.

Le décumul

Les cons­truc­tions re­la­ti­ves ont ceci de par­ti­cu­lier que le pro­nom re­la­ti­f cumule (kumuloi, yhdistää) deux fonctions. C’est à la fois :

Les cons­truc­tions re­la­ti­ves sont donc re­la­ti­ve­ment complexes. Une phra­se com­me

Je ne connais pas la dame avec les grands-parents de laquelle nous sommes partis en va­can­ces.

contient une cons­truc­tion avec les grands-parents de laquelle, que de nom­breux ap­pre­nants de fran­çais lan­gue étran­gè­re auraient des dif­fi­cul­tés à for­mer spontanément. Mais les cons­tructions de ce gen­re sont dif­ficiles ou in­uti­lement compliquées pour de nom­breux fran­co­pho­nes aus­si. Pour cette raison, dans le fran­çais parlé il y a une ten­dance à simplifier la structure re­la­ti­ve en la décomposant en deux fonc­tions dis­tinctes (on uti­li­se parfois à ce propos le terme de « décumul ») :

  1) la fonc­tion de subordination
  2) la fonc­tion gram­ma­ti­cale du pro­nom.

La fonc­tion de subordina­tion est gé­né­ra­le­ment assurée par le mot que, qui devient une sorte de « subordonnant re­la­ti­f » passepartout.

Forme cou­rante

Dans sa for­me la plus simple et la plus cou­rante, le décumul consiste à simplifier un pro­nom re­la­ti­f CVP ou un CdP (dont, à qui, etc.) en le remplaçant par que, en conservant la for­me nor­ma­le du ver­be :

Ça c’est exac­te­ment le gen­re de truc que j’aurais besoin. [for­me nor­ma­le : dont] C’est le livre que je te parlais l’au­tre jour. [for­me nor­ma­le : dont] C’est Summer, la fille que je te parlais tout à l’heure au petit déj, elle est trop belle ! [for­me nor­ma­le : dont] À moins qu’il t’ait donné trois billets de saison à la place qu’on était hier, je ne veux pas le savoir ! [for­me nor­ma­le : ] En fait j’ai deux sessions de MSN, et il y en a une que je me sers plus que l’au­tre. [for­me nor­ma­le : dont] [à propos d’une voiture :] Et pour les ailes arrières, c’est un des trucs que je me souviens bien et elles sont vraiment très pro­non­cées. [for­me nor­ma­le : dont]

Que + anaphore pré­po­si­tionnelle

Dans d’au­tres cas, no­tam­ment quand le re­la­ti­f est élément d’une structure pré­po­si­tion­nel­le, la fonc­tion sub­or­don­nan­te est exprimée par que et la fonc­tion gram­ma­ti­cale est exprimée par exem­ple par une pré­po­si­tion (anaphore pré­po­si­tion­nel­le) :

le magasin devant lequel je t’attendais → le magasin que je t’attendais devant le type avec lequel tu es parti → le type que tu es parti avec

Ajout d’un élément que ou c’est

Quand le re­la­ti­f est le pro­nom (à sens spatial ou tem­po­rel), le décumul se fait sou­vent en ajou­tant que après ( ex­pri­me la fonc­tion gram­ma­ti­cale, et que, la subordination) :

Avec ma coloc, on s’est dit : « C’est dimanche, c’est la fête, c’est le jour où qu’on tra­vail­le pas et que c’est trop bien : célébrons cette occasion ».  Je t’emmène à la ville, dit l’oncle ; c’est le jour où qu’on va chez Parisot faire la par­tie et prendre un verre. Ils en ont jamais parlé de la gamine, depuis le jour où qu’on l’a mise dans la terre, dans son trou à elle, pour tou­jours.

On trouve éga­le­ment la for­me où c’est que (com­me dans l’in­ter­ro­ga­tion in­di­recte) :

C’est dans le magasin où c’est que t’as acheté tes shorts. Va voir le topic où c’est que je raconte mes pro­blè­mes intestinaux.

Le subordonnant que peut aus­si s’uti­li­ser avec au moment où, décom­po­sé en au mo­ment que, ou bien combiné avec où que :

Par exem­ple, vous achetez un produit version 3.2, les mises à jour seront gratuites jusqu’au moment qu’on arrive à la version 4. Alright, là c’est tou­jours le moment où que je sais absolument pas trop quoi dire, vraiment…

Divers

On trouve éga­le­ment d’au­tres types de mo­di­fi­ca­tions, qui sont moins fré­quentes que les pré­cé­den­tes :

– le pro­nom su­jet qui peut devenir que :

C’est pas nous qu’on l’a dit. [= nous qui l’avons dit].

– on observe éga­le­ment un décumul du pro­nom su­jet qui sous la for­me sub­or­don­nant que + pro­nom su­jet :

C’est moi que je leur ai dit d’aller faire ça. [c’est moi qui leur ai dit]

Prononcia­tion du re­la­ti­f qui dans le fran­çais parlé

L’un des points auxquels étu­diant de fran­çais lan­gue étran­gè­re doit faire atten­tion est la pro­non­cia­tion du pro­nom qui : la for­me de ce pro­nom est sou­vent instable devant voyelle et on a ten­dan­ce à élider le i (qu’). Ce phénomène est très fré­quent dans le fran­çais parlé et touche tous les lo­cu­teurs. De plus, dans le fran­çais parlé, le l final du pro­nom il ou ils est régulièrement supprimé devant une consonne. Il(s) se pro­non­ce ainsi /i/ et les deux grou­pes sui­vants se pro­non­cent de la mê­me ma­niè­re :

les gens qui voient
les gens qu’ils voient
/leʒɑ̃kivwa/
/leʒɑ̃kivwa/

Il faut donc éviter de confondre qui avec le grou­pe qu’il(s), au­tre­ment dit [que + il(s)] pro­non­cé /ki/. Inversement, le cas échéant, il faut aus­si savoir interpréter un grou­pe qu’ com­me le pro­nom qui élidé quand on le rencontre à l’écrit (ce qui n’est pas si facile pour un non francophone), com­me dans ces exem­ples relevés dans des blogs et des forums (dans tous les ex­em­ples, qu’ est la for­me élidée de qui) :

C’est pas moi qu’ai dit ça, c’est Mylène. Un journaliste qu’avait rien pigé non plus m’a demandé ce que moi j’en pensais. Bon, déjà, au début, c’est lui qu’a pris le volant : la voiture était neuve de ce matin, il voulait pas la casser tout de suite. Y a truc qu’est pas normal dans cette histoire. Sans quoi dernièrement j’ai regardé Phénomènes, un film qu’aurait pu être sympa, mais la fin pardon, c’est du gros n’importe quoi. N’empêche… c’était quoi ce rêve débile qu’était pas tout à fait un rêve  Évi­dem­ment dans leur élan ils se sont battus avec la police qu’avait rien compris, et ils ont bien dû casser une centaine de voitures. Y a ceux qu’ont raté l’avion parce qu’ y z’étaient enfermés dans les toilettes. Je suis pas de celles que t’entendras parler pour rien dire, ni de celles qu’ont pas de cervelle.

Remar­que : cette élision de qui est ce­pen­dant typique du fran­çais parlé. Dans le code écrit, elle n’est pas admise et il est exclu de l’uti­li­ser dans un texte de type officiel, ad­mi­nis­tratif, scientifique etc. En re­van­che, l’élision de que est tout à fait la norme à l’écrit com­me à l’oral :

les choses qu’ils a dites les histoires qu’écoutent les enfants etc.

ISBN 978-951-39-8092-4 © Jyväskylän yliopisto 2020
Page 50. Les pro­po­si­tions re­la­ti­ves. Dernière mise à jour : 25.9.2021