Guide de grammaire française
pour étudiants finnophones

  Index alphabétique

Déterminants
et pronoms
possessifs

Les déterminants possessifs

Emploi des déterminants possessifs

Le possessif devant des noms désignant une partie du corps

L’ex­pres­sion de la possession avec d’au­tres déterminants

Les pronoms possessifs

Résumé : les différentes manières d’exprimer la possession

Les déterminants pos­ses­sifs

Des for­mes variant selon le possesseur et l’objet possédé

Les dé­ter­mi­nants pos­ses­sifs cor­res­pon­dent aux suffixes pos­ses­sifs du fin­nois ( mat­kani = mon voyage). En français, la for­me des dé­ter­mi­nants pos­ses­sifs varie aus­si d’après le nom­bre d’« objets » possédés, alors qu’en fin­nois le nombre est effacé dans de nom­breux cas : matkamme = meidän matka ou meidän matkat. Les dé­ter­mi­nants pos­ses­sifs ont une for­me dif­fé­ren­te pour chaque per­son­ne (per­son­ne 1 à 6) et ils s’ac­cor­dent en gen­re (au sin­gu­lier) et en nombre :

Les dé­ter­mi­nants pos­ses­sifs
sin­gu­lierpluriel
mas­cu­linfé­mi­ninmasc./fém.
devant
consonne
devant voyelle

mes
tes
ses
possesseur sin­gu­liermonmamon
tontaton
sonsason
possesseur plurielnotre
votre
leur
nos
vos
leurs

Au fé­mi­nin, devant voyelle, on uti­li­se les mê­mes for­mes qu’au mas­cu­lin, mais de­vant h disjonctif, le fé­mi­nin sin­gu­lier ne change pas (tous les mots sui­vants sont fé­mi­nins, les h disjonctifs sont indiqués en rouge) :

mon habileté – sa hardiesse – sa hiérarchie – ton haleine – ta hanche – sa huppe – son hémo­philie – ma hauteur – sa harpe – son heure – sa hantise – sa haine –son hésita­tion – son har­mo­nie – ta harangue

Forme du dé­ter­mi­nant pos­ses­sif quand le possesseur est on

Le pro­nom on peut cor­res­pon­dre à deux types de ré­fé­rents :

a. un ré­fé­rent imper­son­nel de per­son­ne 3 (« quelqu’un »). Dans ce cas, le dé­ter­mi­nant pos­ses­sif qui ren­voie au possesseur est son sa ses. On uti­li­se aus­si les for­mes de per­son­ne 3 quand le possesseur est un au­tre pro­nom imper­son­nel ou in­dé­fi­ni :

Quand on veut payer moins cher, on a intérêt à réserver son billet très tôt à l’a­van­ce. Il ne faut jamais trop se presser, il faudrait tou­jours prendre son temps. Quel­qu’un a oublié son portefeuille sur le banc.  

b. dans le fran­çais parlé, on peut être la for­me du pro­nom de personne 4 nous  ; dans ce cas le dé­ter­mi­nant pos­ses­sif est notre/nos :

On vient avec vous en excursion, on emportera notre tente.  On fera le voyage par petites étapes, on va prendre notre temps.

L’ex­em­ple sui­vant combine les deux types de pronom on :

On [=nous] a oublié d’emporter nos sandales de plage, voilà ce que c’est quand on [= quelqu’un en général] fait ses valises au dernier moment.

Emploi des déterminants pos­ses­sifs

Les dé­ter­mi­nants pos­ses­sifs s’uti­li­sent dans les mê­mes cas et les mê­mes conditions que les suffixes pos­sessifs du fin­nois :

L’an prochain, j’irai en France avec mon mari et mes enfants. Nous irons voir nos amis et habiterons dans notre maison de vacances. Toute la soirée, Jean nous a parlé de ses vacances et de son voyage en Chine. Marie-Louise et Jeanine ont parlé de leur séjour à Istanbul et de leurs aventures. Elle est par­tie avec son amie. Ton histoire est intéressante. Je voulais couper du bois, mais je ne trou­ve plus ma hache. Il a oublié son parapluie dans le bus.

Il y a ce­pen­dant cer­tai­nes dif­fé­ren­ces entre le fin­nois et le fran­çais, qui con­cer­nent le nom­bre de « pos­ses­seurs ».

Formes plurielles du dé­ter­mi­nant en fran­çais

En fin­nois, la for­me du suffixe pos­ses­sif varie en fonc­tion de la per­son­ne (je tu nous…) mais pas en fonc­tion du nombre de pos­ses­seurs comme en fran­çais. Un mot comme lap­sem­me peut signifier « notre en­fant » ou « nos enfants ». Pour cette raison, les fin­no­pho­nes ont sou­vent ten­dan­ce à ou­blier d’uti­li­ser le « vrai » pluriel, au­tre­ment dit le mot lapsemme ren­voy­ant à plu­sieurs en­fants est traduit no­tre en­fant au lieu de nos enfants, parce que le pluriel (du nom­bre de pos­ses­seurs) contenu dans notre est en quel­que sorte perçu comme suf­fi­sant. Il faut donc faire atten­tion à uti­li­ser, le cas échéant, la for­me in­di­quant à la fois le pluriel du pos­ses­seur et le pluriel de l’objet possédé :

lapsemme = notre enfant / nos enfants ystävänne = votre ami / vos amis

Ce pro­blè­me est par­ti­cu­lièrement fré­quen­t dans le cas de la per­son­ne 3/6. En fin­nois, il y a seu­le­ment deux for­mes de pos­ses­sif dif­fé­ren­tes, alors qu’en fran­çais il y en a quatre :

possesseur sin­gu­lier (par ex­em­ple mère) :
Elle m’a parlé de sa fille. Hän kertoi tyttärestään.
Elle m’a parlé de ses filles. Hän kertoi tyttäristään.

possesseur pluriel (par ex­em­ple parents) :
Ils m’ont parlé de leur fille. He kertoivat tyttärestään.
Ils m’ont parlé de leurs filles. He kertoivat tyttäristään.

On peut uti­li­ser ses avec un su­jet dé­si­gnant un possesseur pluriel, mais, dans ce cas, le dé­ter­mi­nant ren­voie à un pos­ses­seur dif­fé­rent. Utiliser la for­me erronée ren­voy­ant à un pos­ses­seur sin­gu­lier n’est pas à proprement parler agram­ma­ti­cal, mais le fran­co­pho­ne comprend au­tre chose que ce que le fin­no­pho­ne croit ex­pri­mer (c’est valable aus­si dans le cas de notre enfant / nos enfants) :

Elles m’ont parlé de ses filles. He kertoivat hänen tyttäristään. [donc des filles d’une au­tre per­son­ne qu’Elles].

En fin­nois, à la per­son­ne 3/6, si le possesseur est dif­fé­rent du su­jet de la phra­se, il est in­di­qué par un pro­nom au génitif. En fran­çais, on ne précise pas cette dif­fé­ren­ce, et la phra­se sui­vante peut avoir deux significations :

Elle m’a parlé de sa fille. Hän kertoi tyttärestään. [de sa propre fille]
Elle m’a parlé de sa fille. Hän kertoi hänen tyttärestään. [la fille de quelqu’un d’au­tre]

Objet possédé unique vs multiple

Quand il y a plu­sieurs pos­ses­seurs, qui « possèdent » chacun un seul objet, on uti­li­se en fran­çais les for­mes du dé­ter­mi­nant pos­ses­sif ren­voy­ant à un possesseur pluriel notre votre leur (des for­mes au sin­gu­lier qui s’ac­cor­dent avec l’objet possédé sin­gu­lier). Comme le nom­bre d’objets possédés n’est pas mar­qué par le suffixe pos­ses­sif en fin­nois, il règne une in­cer­titude quant à la for­me à uti­li­ser, surtout à la per­son­ne 3/6. Comme il y a plu­sieurs pos­ses­seurs, les fin­no­pho­nes déduisent qu’il y a (au to­tal) plu­sieurs objets possédés et uti­li­sent les for­mes plurielles nos vos leurs. Dans ce cas, contrairement au fin­nois, le fran­çais permet de mar­quer pré­ci­sé­ment le nom­bre d’objets possédés par pos­sesseur, et le dé­ter­mi­nant s’ac­cor­de au sin­gu­lier. Com­pa­rer :

Avec l’été qui arrive, les véliplanchistes vont ressortir leur planche à voile. Nyt kun kesä tulee, surffailijat ottavat purjelautansa esille. Avec la première neige abon­dan­te qui est prévue, les skieurs vont ressortir leurs skis.

Chaque véliplanchiste ne possède (en gé­né­ral) ou n’uti­li­se qu’une seule planche, alors que les skieurs sont obligés d’uti­li­ser au moins deux skis. Ainsi on écrit leur planche à voile au sin­gu­lier, et non pas leurs planches à voile comme les fin­no­pho­nes sont tentés de le faire. Au total (arith­mé­tiquement), cela représente ef­fec­ti­ve­ment plu­sieurs planches à voile (plu­sieurs véliplanchistes = plu­sieurs pos­ses­seurs = plu­sieurs plan­ches), cela peut donc pa­rai­tre illogique.

Sens et em­plois divers du dé­ter­mi­nant pos­ses­sif

Le dé­ter­mi­nant pos­ses­sif peut prendre une nuance affective ou (à la per­son­ne 3) ironique :

Arrête avec tes histoires ! Lopeta nyt höpötykset!. Tu m’embêtes, avec ta voiture ! En jaksa enää kuunnella sinun autojuttujasi. Alors, on fait sa crise ? Joko taas aloitat? Eh bien, on veut pas faire ses devoirs ? Eikö sitä haluta tehdä läksyjä?

Le dé­ter­mi­nant pos­ses­sif peut aus­si in­di­quer une manie ( piintynyt tapa), une ac­ti­vi­té typique ou fré­quen­te :

Maman est de nouveau devant sa machine à coudre. Äiti se on taas ompelukoneensa ääressä. Il m’énerve, avec son golf !

On uti­li­se sou­vent le dé­ter­mi­nant pos­ses­sif dans des ex­pres­sions où en fin­nois on n’ex­pri­me pas le pos­ses­sif :

faire ses bagages pakata [laukkunsa] faire sa toilette peseytyä faire ses adieux hy­västellä faire ses devoirs tehdä läksyt faire son marché käydä torilla [ruo­ka­os­tok­sil­la] faire son service olla armeijassa passer son bac suorittaa yliop­pi­las­tut­kin­to passer son permis käydä autokoulua prendre son élan ottaa vauhtia pren­dre son gouter syödä välipalaa pren­dre son temps tehdä kaikessa rauhassa

On peut ajouter à cette liste l’ex­pres­sion faire son droit lukea lakitiedettä, qui commence à être vieillie.

Dans l’armée (sauf dans la marine) on uti­li­se le pos­ses­sif mon pour s’adresser à un officier supérieur. Le dé­ter­mi­nant mon cor­res­pon­d dans ce cas au fin­nois herra (« monsieur ») :

Oui, mon capitaine ! Kyllä, herra kapteeni! À vos ordres, mon commandant ! Käskystä, herra majuri!

Le pos­ses­sif devant des noms dé­si­gnant une par­tie du corps

Article dé­fi­ni + pro­nom

Devant un nom dé­si­gnant une par­tie du corps en fonc­tion de com­plé­ment de ver­be direct (CVD), si la rela­tion de possession est évidente, on ne mar­que pas le pos­ses­seur, contrairement à l’usage fré­quen­t en fin­nois. Au lieu d’un dé­ter­mi­nant pos­ses­sif, on uti­li­se l’ar­ti­cle dé­fi­ni :

Il a tourné la tête. Hän käänsi päätään. J’ai mal à la tête. Päätä särkee. Il a tour­né le dos. Hän käänsi selkänsä. J’ai levé les yeux et j’ai vu qu’il neigeait. Nostin kat­set­tani ja huomasin, että sataa lunta. L’élève a levé la main. Si tu peux lever la jambe aus­si haut, tu es vraiment souple ! Il ne faut pas baisser les bras.

C’est no­tam­ment le cas quand le possesseur est in­di­qué par un pro­nom per­son­nel :

Je lui ai brossé les cheveux. Harjasin hänen hiuksensa. Je me lave les mains. Pesen käteni. N’oublie pas de te brosser les dents ! Christiane s’est cassé la jambe. Christiane katkaisi jalkansa. Il m’a pris par la main.

Si on disait Christiane a cassé sa jambe, cela signifierait qu’elle a une prothèse (ce qui est évi­dem­ment pos­si­ble) qu’elle a cassée pen­dant qu’elle la nettoyait. On peut dire ce­pen­dant Christiane s’est cassé une jambe, quand on veut insister sur la nature in­dé­fi­nie (gauche ou droite) ou le nombre (une jambe, et non pas les deux).

Remar­que  : dans le fran­çais parlé, cet em­ploi s’étend aus­si à cer­tains cas où la par­tie du corps n’est pas un com­plé­ment direct : Elle m’a marché sur le pied.

Autres cas

a. Si le nom est modifié par un ad­jec­tif (ou une construc­tion équi­va­lente), il faut uti­li­ser le dé­ter­mi­nant pos­ses­sif :

Elle se brossa longtemps ses beaux cheveux bruns. Il découvrit son dos bronzé et musclé.

b. Quand le GN est su­jet d’un ver­be, on in­di­que en gé­né­ral le possesseur (puis­qu’en gé­né­ral le su­jet est au début de la phra­se, et qu’au­cun élé­ment n’est en­co­re venu in­di­quer la pos­ses­sion) :

Ses dents sont très blanches. Hänellä on hyvin valkoiset hampaat. Mon nez me fait mal. Nenääni saattuu.

L’ex­pres­sion de la possession avec d’au­tres dé­ter­mi­nants

Valeur in­dé­fi­nie ou démonstrative

Le dé­ter­mi­nant pos­ses­sif est un dé­ter­mi­nant dé­fi­ni : ses parents = les parents qu’il a, mes amis = les amis que j’ai. Il ne peut pas se combiner avec d’au­tres dé­ter­mi­nants. Si, en mê­me temps que la possession, on veut ex­pri­mer une quantité in­dé­fi­nie ou une valeur dé­mons­tra­tive (fin­nois se kirjasi), les moy­ens varient et dé­pen­dent du co­de et du style.

a. Code écrit strict. Dans le code écrit strict, on peut uti­li­ser la cons­truc­tion pro­nom de pos­ses­sif ou une phra­se re­la­ti­ve :

Il est venu avec quel­ques-uns de ses amis. C’est un de mes amis. Ce sont des gens de ma famille. Ce canot qui m’appartient est de fabrica­tion suédoise. Plu­sieurs de ses enfants sont allés s’installer en Angleterre.

b. Code écrit courant/fran­çais parlé. Couramment, on uti­li­se la construc­tion dé­ter­mi­nant + nom à pro­nom : eräs ystäväniun ami à moi :

J’ai vu des amis à lui. C’est un ami à moi. Ce sont des parents à moi. Ce canot à moi est de fabrica­tion suédoise. Il est venu avec quel­ques amis à lui. On est allés en Islande avec des amis à nous.

Cette for­me est gé­né­ra­le­ment pré­sen­tée comme fa­mi­liè­re dans les gram­mai­res, mais le degré de fa­mi­lia­ri­té est vraiment très faible. Il est net­te­ment plus cou­rant de dire Ce sont des parents à moi que de trouver une for­me de remplacement telle que ce sont des gens de ma famille. Dans le code écrit strict, on uti­li­sera ce­pen­dant de préférence les for­mes pro­po­sées plus haut.

Remar­que : utilisée simultanément avec le dé­ter­mi­nant pos­ses­sif, cette construc­tion  à + pro­nom person­nel peut aus­si servir à focaliser le pos­ses­seur :

C’est ma tasse à moi. Minun kuppini se on! Ces histoires sont ses pro­blè­mes à lui, elles ne me concernent pas. Tu devrais d’abord penser à tes enfants à toi, au lieu de t’occuper de ceux des au­tres.

c. Style littéraire : si le nom dé­ter­mi­né est au sin­gu­lier, on peut uti­li­ser l’ad­jec­tif pos­ses­sif mien ou sien :

Il est venu avec un sien ami. Je suis parti avec un mien cousin.

L'adjectif possessif mien, tien, sien : emploi limité

Les mots mien et sien sont de véritables ad­jec­tifs pos­ses­sifs. Dans cet em­ploi, ils sont vieillis ou littéraires et il est préférable de ne pas les uti­li­ser. L’ad­jec­tif pos­ses­sif est ce­pen­dant utilisé dans la langue moderne cou­rante pour for­mer les pro­noms pos­ses­sifs le mien, le tien etc.

On peut aus­si uti­li­ser l’adjectif tien (un tien cousin), mais quand on tutoie les gens, on uti­li­se ha­bi­tu­el­le­ment le code du fran­çais parlé et on dira plutôt j’ai rencontré un cousin à toi. L’ad­jec­tif pos­ses­sif est quasiment inusité au plu­riel, et en fran­çais mo­der­ne, on dira ainsi dif­fi­ci­lement ?Nous sommes partis avec un nôtre ami ou ?Je vous ai vu avec ce vôtre cousin. On l’uti­li­se aus­si assez rarement avec un nom au fé­mi­nin : Elle m’a parlé d’une sienne cousine.

Mes parents et des parents

En fran­çais, le mot parent dé­si­gne à la fois l’un des deux parents dans le sens de « vanhemmat » (mère/père), et au sens plus large, une per­son­ne quelconque de la pa­renté (oncle, tante, cousin etc.), en fin­nois sukulainen. En fran­çais, on uti­li­se un seul et mê­me mot là où d’au­tres langues en uti­li­sent deux dif­fé­rents, comme en finnois, ou en italien genitori vs parenti, espagnol padres vs parientes, anglais pa­rents vs re­la­ti­ves etc.).

Ce qui est éga­le­ment embarrassant pour les ap­pre­nants de fran­çais lan­gue étran­gè­re, c’est qu’au pluriel, le grou­pe no­mi­nal avec ar­ticle dé­fi­ni les parents dé­si­gne tou­jours les père et mère d’une per­son­ne, puis­qu’il s’agit de parents « dé­fi­nis » im­pli­ci­te­ment. Le sens à don­ner au mot parent dépend le plus sou­vent du dé­ter­mi­nant utilisé.

a. Parents avec un dé­ter­mi­nant dé­fi­ni dé­si­gne gé­né­ra­le­ment les père et la mère (dans tou­tes les configurations de genres pos­si­bles), en fin­nois vanhemmat :

Il s’entend bien avec ses parents. Hän tulee hyvin toimeen vanhempiensa kanssa.
J’ai rencontré les parents de Clémentine. Tapasin Clémentinen vanhemmat.

b. Parents avec un dé­ter­mi­nant in­dé­fi­ni dé­si­gne les gens de la parenté, en fin­nois sukulaiset. Si on veut mar­quer le possesseur, il faut uti­li­ser la cons­truc­tion à+pro­nom per­son­nel :

Au mariage, on n’avait invité que des parents. Häihin kutsuttiin vain sukulaisia.
Nous sommes en vacances chez des parents à nous. Olemme lomalla sukulaistemme luona.

Il faut donc éviter de présenter par ex­em­ple des cousins en disant « Ce sont mes parents ». Ne pas tra­dui­re non plus le mot sukulaiset par le faux-ami inspiré de l’an­glais re­la­ti­ves : en fran­çais « les re­la­ti­ves » signifie uni­que­ment « les propositions re­la­tives » (relatiivilauseet).

c. Cette alternance n’est pas automatique : mê­me avec un dé­ter­mi­nant non dé­fi­ni, le mot pa­rent peut dé­si­gner des parents dans le sens de père ou mère :

un parent isolé yksinhuoltaja À la réunion, le professeur a rencontré des parents in­quiets de l’avenir de l’école. Un proviseur-adjoint vararehtori agressé par un parent [titre dans un journal]

Il s’agit donc, com­me tou­jours dans le cas de l’ar­ti­cle, d’interpréter le sens du GN en fonc­tion du con­tex­te. Les fin­no­pho­nes peuvent ce­pen­dant retenir la règle de base sui­vante (en sachant qu’elle ne couvre pas tous les cas d’em­ploi) :

He ovat vanhempani. = Ce sont mes parents.
He ovat sukulaisiani. = Ce sont des parents à moi/Ce sont des gens de ma famille.

Les pronoms pos­ses­sifs

Les pro­noms pos­ses­sifs sont com­po­sés de l’ar­ti­cle dé­fi­ni et de l’ad­jec­tif pos­ses­sif mien, tien etc., qui ne s’emploie plus au­trement dans la langue moderne, sauf dans le style litté­raire un peu archaïsant. L’ar­ti­cle dé­fi­ni et l’ad­jec­tif qui composent le pro­nom pos­ses­sif s’ac­cor­dent en gen­re et en nom­bre.

Les pro­noms pos­ses­sifs
sin­gu­lierpluriel
mas­cu­linfé­mi­ninmas­cu­linfé­mi­nin
possesseur sin­gu­lierle mienla mienneles miensles miennes
le tienla tienneles tiensles tiennes
le sienla sienneles siensles siennes
possesseur plurielle nôtrela nôtreles nôtres
le vôtrela vôtreles vôtres
le leurla leurles leurs

L’ar­ti­cle dé­fi­ni qui est un élé­ment du pro­nom pos­ses­sif se contracte avec à ou de :

François a rapporté mon livre, mais il n’a pas pensé au tien. J’ai nettoyé l’écran de ton ordinateur, mais pas en­co­re celui du mien. Mes enfants ont beau­coup aimé ce jeu, je l’offrirai aux vôtres pour Noël.

Confusion à éviter

Certaines for­mes du dé­ter­mi­nant et du pro­nom pos­ses­sif se ressemblent de façon trompeuse. Il ne faut pas les confondre :

a) notre et votre sans ar­ti­cle et sans accent circonflexe sur l’o sont des dé­ter­mi­nants pos­ses­sifs ;

b) le nôtre et le vôtre, tou­jours avec un ar­ti­cle et un accent circonflexe sur l’o, sont des pro­noms pos­ses­sifs :

Notre voiture est en réparation. Pourrions-nous prendre la vôtre ?

La pro­non­cia­tion est dif­fé­ren­te éga­le­ment :

a) dé­ter­mi­nant pos­ses­sif notre ~ votre = o ouvert /nɔtʁ~vɔtʁ/
b) pro­nom pos­ses­sif le nôtre ~ le vôtre = o fermé /lɶnotʁ~lɶvotʁ/

Emploi des pronoms pos­ses­sifs

Syntaxiquement, le pro­nom pos­ses­sif se substitue à un grou­pe no­mi­nal contenant un dé­ter­mi­nant pos­ses­sif et un nom :

J’ai apporté mon portable. → J’ai apporté le mien.

En fin­nois, on uti­li­se dans ce cas le genetiivi du pro­nom per­son­nel, ou par exem­ple oma :

Notre maison est plus petite que la leur. Meidän talon on pienempi kuin heidän. J’ai pris mes skis, mais j’ai oublié les tiens. Otin omat sukset mukaan, mutta unohdin si­nun.  Ces gants sont à toi. Sur les miens, il y a des initiales. Nämä lapaset ovat si­nun. Minun omissani on nimikirjaimet.  Je n’ai pas de parapluie, tu peux me prêter le tien ? Minulla ei ole sateenvarjoa, voitko lainata omaasi?

On peut aus­si uti­li­ser le pro­nom pos­ses­sif pour ex­pri­mer la possession à la place de être à + pro­nom per­son­nel (voir ci-des­sous) :

À qui est ce livre ? Il est à toi ? / C’est le tien ? Quelqu’un a oublié son parapluie. — Il n’est pas à moi / Ce n’est pas le mien.

Résumé : les dif­fé­ren­tes ma­niè­res d’ex­pri­mer la possession

a. Verbe être à + quelqu’un (olla jllakulla) :

Ces rollers sont à moi. À qui est ce casque ? Il est à elle.

b. Verbe appartenir à + quelqu’un (kuulua jllek) :

Le tableau appartient à un riche collectionneur. Cette pipe a appartenu à mon grand-père.

c. Pro­nom faible celui + de + nom ( olla jonkun) :

À qui est ce bonnet ? C’est celui de Luc. Ce n’est pas ma voiture, c’est celle de mon père.

d. Dé­ter­mi­nant pos­ses­sif :

Le voisin est parti courir avec son chien. Je peux prendre ce vélo ? – Non, c’est mon vélo et je ne le prête pas !

e. Pro­nom pos­ses­sif :

C’est ta voiture qui fait ce bruit bizarre ? – Non, c’est la tienne. À qui est ce vélo ? – C’est le mien.

Exemples : À qui est ce VTT ? Kenen maastopyörä tämä on ? Ce VTT est à Agnès. Tämä maastopyörä on Agnèsin. Ce VTT appartient à Agnès. Tämä maastopyörä kuuluu Agnèsille. Ce VTT est celui d’Agnès. Tämä maastopyörä on Agnèsin. C’est son VTT. Se on hänen maastopyöränsä. Ce VTT est le sien. Tämä maastopyörä on hänen.

✋ Dans la cons­truc­­tion c’est la tienne ou ce n’est pas le mien, le pro­nom pos­ses­sif at­tri­but du su­jet remplace un grou­pe no­mi­nal : on uti­li­se donc la cons­truc­tion c’est et non pas il est. C’est pour cette raison qu’on dit :

Il est à toi. (su­jet il)
mais :
C’est le tien. (su­jet ce, *il est le tien est agram­ma­ti­cal).

ISBN 978-951-39-8092-4 © Jyväskylän yliopisto 2020
Page 21. Les déterminants pos­ses­sifs. Dernière mise à jour : 12.8.2021