Jean-Michel Kalmbach



Phonétique et
prononciation du français
pour apprenants finnophones

Version d’archive de l’édition 2011-2017

Pour consultation uniquement
Reproduction et diffusion interdites


TABLE DES MATIÈRES GÉNÉRALE
EXERCICES DE PRONONCIATION
Annexes
Table de correspondance avec l’ancienne version en ligne

Avertissement concernant cette version d’archive










Version 1.1. (9/2013)
Année de 1e publication : 2011
© Jean-Michel Kalmbach, 2011-2017
  ISBN 978-951-39-4424-7
  Publié par : Kielten laitos, Jyväskylän yliopisto
  Jyväskylä, Finlande

   

Table des matières

Avertissement concernant cette version d’archive
Table de correspondance avec les pages de l’ancienne version en ligne

A. Phonétique

0. Introduction

0.1. Mode d’emploi et données techniques  
0.2. Avertissement concernant la version en ligne  
0.3. Objectif et approche  
0.4. Importance de la prononciation  
0.5. Notice sur les exercices de prononciation  

1. Généralités

1.1. L’objet de la phonétique
1.2. Phonétique et phonologie, phone et phonème
1.3. La transcription des phones
1.4. Signes de l’alphabet API utilisés dans la transcription phonétique du français
1.5. La transcription du français
1.6. Redondance des procédés de transcription
1.7. Homonymes, homophones, homographes
1.8. Comment lire ou nommer les lettres accentuées ?

2. Les organes de la parole

2.1. La production des sons
2.2. La cavité buccale
2.3. Les organes mobiles de la cavité buccale
2.4. Le lieu d’articulation
2.5. Consonnes et voyelles - Résumé des termes

3. Classement des consonnes du français

3.1. Le lieu d’articulation
3.2. Les modes articulatoires : les occlusives
3.3. Les modes articulatoires : les constrictives
3.4. Les modes articulatoires : les sonantes
3.5. Résumé : les consonnes du français
3.6. Le voisement
3.7. Divers 

4. Description des consonnes du français

4.1. Les occlusives bilabiales [p] et [b]
4.2. Les occlusives apicodentales [t] et [d]
4.3. Occlusives palatovélaires : [k]
4.4. Occlusives palatovélaires : [g]
4.5. Les constrictives labiodentales [f] et [v]
4.6. Prononciation des constrictives sifflantes [s] et [z]
4.7. Graphie de [s]
4.8. Prononciation du s final de plus
4.9. Graphie de [z]
4.10. Les constrictives chuintantes [ʃ] et [ʒ]
4.11. Graphie de [ʃ]
4.12. Graphie de [ʒ]
4.13. La nasale bilabiale [m]
4.14. Les nasales apicodentale [n] et vélaire [ŋ]
4.15. Graphie du groupe [nj]
4.16. Les liquides et le découpage en syllabes
4.17. Phonétique et prononciation des liquides [l] et [ʁ]
4.18. Graphie de [ʁ]
4.19. Graphie de [l]
4.20. Les semi-consonnes
4.21. Synérèse et diérèse
4.22. Phonétique et prononciation de [j]
4.23. Graphie de [j]
4.24. La semi-consonne [w]
4.25. La semi-consonne [ɥ]
4.26. Tableaux-résumés

5. Classement des voyelles du français

5.1. Caractéristiques générales
5.2. Le lieu d’articulation
5.3. Voyelles orales et voyelles nasales
5.4. La labialisation
5.5. Aperture, durée et tension
5.6. L’opposition voyelles ouvertes / voyelles fermées
5.7. La loi de position
5.8. La loi de position : exemples et exceptions
5.9. L’opposition [e/ɛ] en syllabe ouverte en finale absolue
5.10. Facteurs affectant l’aperture en syllabe ouverte non finale
5.11. Influence de paradigmes sous-jacents
5.12. Aspects phonologiques divers : a postérieur, e muet, voyelles nasales
5.13. Tableaux du système phonologique des voyelles du français

6. Description des voyelles

6.1. Voyelles antérieures non labialisées : [i]
6.2. Voyelles antérieures non labialisées : [e]
6.3. Voyelles antérieures non labialisées : [ɛ]
6.4. Voyelles antérieures non labialisées : [a]
6.5. Voyelles antérieures labialisées : [y]
6.6. Voyelles antérieures labialisées : [ø]
6.7. Voyelles antérieures labialisées : [œ]
6.8. E médian (e muet)
6.9. Quand prononcer e muet ?
6.10. Suppression obligatoire de e muet
6.11. E muet obligatoire ou stable
6.12. Groupes figés avec chute de e muet
6.13. Autres facteurs influençant la prononciation d’e muet
6.14. Les voyelles postérieures : [u]
6.15. Les voyelles postérieures : [o]
6.16. Les voyelles postérieures : [ɔ]
6.17. Phonétique et prononciation des voyelles nasales
6.18. Les voyelles nasales : principes graphiques généraux
6.19. [ɑ] nasal
6.20. [ɛ] nasal
6.21. [o] et [œ] nasal

7. Phonétique combinatoire

7.1. Coarticulation et syllabation
7.2. L’enchainement consonantique
7.3. L’enchainement vocalique
7.4. La liaison : généralités
7.5. Liaison obligatoire
7.6. Liaison facultative
7.7. Liaison interdite
7.8. Groupes figés
7.9. Liaison avec les voyelles nasales
7.10. La liaison avec tout - tous et neuf
7.11. La liaison : cas divers
7.12. L’assimilation
7.13. Force et perception de l’assimilation de sonorité
7.14. L’assimilation : exemples

8. La quantité

8.1. Durée et longueur
8.2. Consonnes longues accidentelles
8.3. Allongement vocalique à valeur distinctive
8.4. Cas particuliers

9. La prosodie

9.1. L’accentuation
9.2. Nature de l’accent en français
9.3. Place de l’accent de phrase
9.4. L’accent d’insistance
9.5. L’intonation
9.6. Fonction de l’intonation
9.7. L’intonation expressive

B. EXERCICES DE PRONONCIATION

10. Révision des principes orthographiques

10.1. Révision des règles graphiques élémentaires (1) 
10.2. Révision des règles graphiques élémentaires (2) 
10.3. Principes graphiques — exercices
10.4. Exceptions et difficultés diverses

11. Les consonnes sonores

11.1. Les occlusives sonores : [b]
11.2. Les occlusives sonores : [b]
11.3. Les occlusives sonores : [d]
11.4. Les occlusives sonores : [d]
11.5. Les occlusives sonores : [g]
11.6. Les occlusives sonores – révision
11.7. L’enchainement consonantique
11.8. L’enchainement consonantique
11.9. Prononciation de [s]
11.10. S sonore
11.11. S sonore — la liaison
11.12. S sonore : x = [gz] / révision
11.13. Prononciation de /r/
11.14. Prononciation de /r/
11.15. /r/ et occlusives sonores
11.16. /r/ et consonnes sonores
11.17. L’assimilation de sonorité

12. Les voyelles

12.1. Les voyelles labialisées : [u] et [y]
12.2. Les voyelles labialisées : [ø] et [o]
12.3. Les voyelles labialisées : o fermé
12.4. Eu ouvert
12.5. O ouvert
12.6. è ouvert
12.7. Les voyelles antérieures : é fermé
12.8. Les voyelles antérieures : [a] [i] [e]
12.9. Les voyelles orales : révision
12.10. Les voyelles nasales
12.11. Les voyelles nasales
12.12. Les voyelles nasales
12.13. Opposition voyelles nasales/voyelles orales
12.14. La liaison avec les voyelles nasales
12.15. L’enchainement vocalique
12.16. L’enchainement vocalique – voyelles nasales
12.17. L’enchainement vocalique – voyelles nasales
12.18. Révision : s sonore et voyelles

13. Autres consonnes

13.1. Les chuintantes
13.2. L’opposition sifflantes / chuintantes
13.3. L’opposition sifflantes / chuintantes
13.4. Prononciation de [l]
13.5. Les semi-consonnes : [w]
13.6. Les semi-consonnes : [ɥ]
13.7. Les semi-consonnes : [j]

14. E muet, langue parlée, liaison

14.1. E muet
14.2. Le groupe consonne+liquide en finale
14.3. Formes contractes – langue parlée
14.4. La liaison

15. Intonation et accentuation

15.1. Intonation et accentuation
15.2. L’intonation : interrogation et ordre
15.3. L’intonation expressive

Annexes

Annexe 1.  Tableau des valeurs des graphèmes du français  
Annexe 2.  Tableau des transcriptions des phonèmes du français  
Annexe 3.  Les recommandations orthographiques  
Annexe 4.  Vocabulaire  
Annexe 5.  Glossaire et abréviations  
Annexe 6.  Notes  
Annexe 7.  Bibliographie succincte  

Avertissement concernant cette version d’archive


Le manuel Phonétique et prononciation du français pour apprenants finnophones avait été mis en ligne en novembre 2011. Comme il était expliqué dans l’Avertissement concernant la version en ligne, il s’agissait fondamentalement d’une version du livre Phonétique et prononciation du français – ranskan fonetiikka ja ääntäminen (2007) portée au format html pour servir les besoins d’utilisateurs n’ayant pas accès à la version imprimée. Ce livre était né à partir d’un polycopié conçu en 1998 pour un cours de phonétique française théorique et de prononciation enseigné parallèlement aux exercices de laboratoire de langue (la conception de ces derniers remon­tant aussi loin que 1986).

Au fil de ces presque vingt années, le contenu de nombreuses pages de la partie « théorique » avait été corrigé, clarifié, et aussi complété et enrichi etc. Mais l’approche générale était restée la même qu’à l’origine. Le contenu, relativement détaillé et parfois inutilement théorique, pour ne pas dire dogmatique (ou traditionnaliste) ou compliqué, n’avait pas évolué sur le fond, et, comme souvent dans ce cas, les nombreuses remarques et ajouts, pour utiles qu’ils étaient, avaient fini par encombrer le manuel.

De plus, pour des raisons diverses (baisse du nombre d’étudiants de français, réduction des effectifs enseignants, nouvelles priorités etc.), l’enseignement de la phonétique a quasiment disparu des programmes des universités de Finlande, et celui de la pro­non­cia­tion a souvent été considérablement réduit. Le manuel en ligne n’était plus utilisé depuis 2014.

À la place, une série de nouveaux exercices de prononciation a été conçue en 2014-2015. Dis­po­ni­ble en ligne de façon officieuse, elle résumait en 18 ensembles d’exercices de laboratoire de langue le contenu des 52 chapitres d’exercices de prononciation du présent manuel, dont le nombre s’élève en réalité à une trentaine seulement, de nombreux chapitres étant volontairement redondants (à l’origine, on pouvait se permettre le luxe de pratiquer la ré­pé­tition « gratuite » pour améliorer l’entrainement à la prononciation). Ces nouveaux exer­ci­ces faisaient l’objet d’une introduction/présentation préparatoire pendant des cours de pratique de la langue. Le contenu de ces présentations, qui décrivait en condensé les principales difficultés de prononciation propres aux finnophones ainsi que les règles essentielles du système graphématique du français n’était pas disponible en ligne.

Le nouveau Guide de prononciation française pour apprenants finnophones réunit ces pré­sen­ta­tions théoriques et les exercices nouvelle formule. Il reprend partiellement le contenu de son prédecesseur, mais sans les parties portant sur la phonétique proprement dite. De plus, la description des faits de prononciation a été modernisée, de nombreuses règles ont été revues et/ou simplifiées.

Depuis la mise en ligne de la nouvelle version, le contenu du présent manuel de 2011 a été « figé » et il n’est plus mis à jour. Il est devenu caduque, en ce sens qu’il y figure de nom­breu­ses règles ou descriptions (ou transcriptions) que l’auteur considère comme partiellement inexactes, incomplètes ou inappropriées (le français et sa prononciation évoluent con­ti­nu­el­lement), et qui ont été revues dans la version la plus récente, qui est celle qui sera désormais mise à jour.

Cependant, bien que devenu inutile en 2018 pour les besoins de l’enseignement sur place, et malgré ses défauts et son âge, le manuel de 2011 contient peut-être des éléments utiles pour d’autres utilisateurs et c’est pourquoi il n’a pas été supprimé complètement et reste disponible en ligne, mais archivé sous une forme différente, qui regroupe en un seul fichier html tout le contenu des pages de l’ancienne version en ligne. Ceci a nécessité une re­nu­mé­ro­tation des pages et des paragraphes. Une table de correspondance devrait permettre à l’utilisa­teur intéressé de retrouver le contenu recherché.

La seule partie non reprise est l’index, qui n’avait du reste jamais été achevé et ne fonc­tion­nait qu’à moitié. Tout le contenu étant maintenant disposible en une seule « page » html, il est très facile de trouver un mot en utilisant la fonction « rechercher » du navigateur.

Clause de non responsabilité

Le contenu de la présente version en ligne a été « gelé » au 15.11.2017. L’auteur espère que cette version d’archive pourra encore être utile, mais insiste sur le fait qu’elle n’est plus valide et que toutes remarques ou tous commentaires concernant le contenu seraient nuls dans le sens qu’ils porterait sur un contenu d’ensemble expressément spécifié comme caduc/périmé et non endossé/assumé.


0. Introduction

0.1. Mode d’emploi et données techniques  
0.2. Avertissement concernant la version en ligne  
0.3. Objectif et approche  
0.4. Importance de la prononciation  
0.5. Notice sur les exercices de prononciation  

0.1. Mode d’emploi et données techniques

Version d’archive non mise à jour. Pour consultation uniquement. Reproduction, impression et diffusion interdites.

La Phonétique et prononciation du français pour apprenants finnophones est librement mise à la dis­po­si­tion de tous les internautes par l’Institut des Sciences du langage et de la communication de l’université de Jyväskylä. Conformément aux principes du libre accès (Open Access), l’utilisation de ce site est entièrement gratuite, aucun mot de passe ni aucune application pay­an­te particulière ne sont nécessaires.

Le contenu de ce site est accessible sur tout équipement électronique muni d’un navigateur Internet. Pour faciliter la navigation, le chemin d’accès complet est visible en permanence en haut de page pour chaque page ouverte. Exemple :

      PHONÉTIQUE ET PRONONCIATION DU FRANÇAIS POUR APPRENANTS FINNOPHONES  (page d’accueil)
      Phonétique et prononciation    A. Phonétique    IV. Description des consonnes 
     46. La semi-consonne [ɥ]

Les renvois vers d’autres paragraphes ou chapitres sont signalés par des liens hypertexte. Pour re­ve­nir à la page d’origine, utilisez le bouton Retour/Back de votre navigateur.

Les notes et des remarques complémentaires sont signalées par le signe . Un clic sur le signe affiche le contenu supplémentaire. NB. Les navigateurs Internet Explorer et Edge ne sont pas encore (2017) compatibles avec cette fonction, et affichent le contenu de la note ou remarque en permanence sous le corps du texte.

Les liens  Suivant  et  Précédent  permettent de naviguer de page en page. Ces liens sont conçus de tel­le sorte qu’il est possible de « feuilleter » tout le contenu de ce manuel page par page, de la première à la der­niè­re page.

  À chaque chapitre d’exercices de prononciation est associé un fichier audio (format mp3) gratui­te­ment accessible sur le site Moniviestin de l’Université de Jyväskylä. Pour accéder aux exercices audio, cliquer sur le symbole à droite dans la barre de titre du chapitre.

L’utilisation de cette Phonétique et prononciation du français est libre, mais le contenu est pro­té­gé par le droit d’auteur. Le contenu peut être cité librement, à condition de mentionner les sources.

0.2. Avertissement concernant la version en ligne  

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0.2.1. Un livre imprimé mis en ligne

Cette version en ligne de la Phonétique et prononciation du français – ranskan fonetiikka ja ääntäminen re­prend en grande partie le contenu de la version imprimée de 2007 [1]. Les chapitres de la partie Phonétique ont été mis à jour, et, si le plan d’ensemble reste le même, la structure des pages a dû être repensée, no­tam­ment pour les besoins de la mise en page pour supports mobiles. Le contenu de nombreuses pages a été simplifié, revu, corrigé, clarifié, et aussi com­plé­té et enrichi (exemples nouveaux et ajout de nom­breuses transcriptions phonétiques, liens hypertexte, nouveaux tableaux récapitulatifs etc.).

Cependant, malgré cette adaptation du contenu aux besoins de la version en ligne, l’utilisateur doit avoir conscience que celle-ci reste fondamentalement un livre imprimé porté au format html pour servir les be­soins d’utilisateurs n’ayant pas accès à la version imprimée (l’idée de mettre le texte en ligne est née à l’occasion de cours donnés à l’université A.I. Herzen de Saint-Pétersbourg en octobre 2010). Malgré la mi­se à disposition de fichiers audio librement ac­ces­si­bles, il ne s’agit pas d’un contenu multimédia conçu dès le départ pour un usage en ligne, intégrant par exemple des techniques de reconnaissance de la pa­ro­le, auquel cas il serait cer­tai­ne­ment très différent.

Même si sous sa forme en ligne actuelle ce guide est plus facilement utilisable pour l’auto-apprentissage, ce n’est donc pas sa vocation première : il s’agit au départ d’un manuel imprimé servant de support à un cours dispensé en enseignement présenciel, et les exercices de prononciation ont été conçus pour être effectués dans un laboratoire de langue sous la su­per­vi­sion d’un enseignant et non pour l’autoformation. Les exercices en ligne sont utilisés par les étudiants avant tout en complé­ment des exercices au laboratoire.

0.2.2. Une version de transition

La partie Phonétique a été et sera régulièrement mise à jour. Mais une mise à jour du texte des exercices de prononciation nécessiterait une mise à jour des enregistrements, qui ne se fera pas au coup par coup : une refonte complète des exercices est prévue, elle s’accompagnera d’une refonte plus ou moins im­por­tante de la partie Phonétique. Il est aussi prévu de mettre en place un véritable outil interactif ex­ploi­tant l’analyse vocale. Faute de temps et de moyens techniques immédiatement disponibles, un pro­jet de cette envergure ne verra pas le jour avant plusieurs années. C’est pour cette raison que les exer­ci­ces de prononciation sont livrés identiques à ceux de la version imprimée et ne seront pas modifiés à court ter­me (cela s’applique aussi aux fichiers audio).

Cette version en ligne est donc une sorte de version de transition ou hybride : elle est plus pratique à uti­li­ser qu’un support écrit traditionnel et apporte le « plus » d’être accessible à tous les internautes, mais elle est moins performante qu’un véritable support multimédia. L’auteur espère que, malgré ces li­mi­ta­tions, ce guide sera utile aux apprenants de français finnophones comme à ceux venant d’autres horizons linguistiques.

0.3. Objectif et approche  

Version d’archive non mise à jour. Pour consultation uniquement. Reproduction, impression et diffusion interdites.

0.3.1. Objectif et perspective

Ce guide de phonétique et de prononciation du français est destiné en premier lieu aux étu­diants des établissements d’enseignement supérieur de Finlande et a été conçu expressément pour les besoins spécifiques des apprenants dont la langue maternelle est le finnois. Les uti­li­sa­teurs non finnophones de cette version en ligne doivent tenir compte de cette approche, héritée de la version imprimée (voir Avertissement concernant la version en ligne), en attendant des versions « localisées » futures et éven­tu­el­les (par exemple pour apprenants russophones). Ce guide présente l’essentiel des notions de phonétique indispensables à :

La perspective adoptée est à la fois descriptive et normative. Mais les normes préconisées sont toujours tempérées de remarques sur les nombreuses divergences de prononciation chez les locuteurs francophones. Personne ne suit une norme absolue, même ceux qui se piquent de parler un français « pur » ou de suivre la bonne norme de prononciation. Ce qui peut paraitre la norme pour certains est ressenti comme étrange par d’autres. La France (pour ne pas parler de la Belgique, de la Suisse ou du Québec) est un vaste territoire et la prononciation est loin d’être uniforme, tout le monde le sait, sauf les étrangers qui apprennent le français « dans les livres » et… les puristes. La complexité du système orthographique du français, avec les lectures er­ro­nées qu’elle entraine, ne fait qu’ajouter à la confusion. De plus, la prononciation est en cons­tan­te évolution, évidence que bien des puristes oublient aussi. On s’est efforcé de rendre compte des divergences et de sensibiliser l’apprenant à cette grande diversité, tout en évitant de tomber dans un excès de détail, afin de ne pas obscurcir les règles essentielles. Le point de vue adopté dans les exercices de prononciation est évidemment plus proprement normatif. La norme choisie ne correspond à aucune norme officielle ni aucun parler particulier, mais à la somme virtuelle des traits phonétiques communs au français standard du nord de la France, qui, s’ils sont strictement observés par un apprenant allophone, lui permettent d’avoir une prononciation neutre, non identifiable géographiquement.

Ce guide est la compilation de plusieurs ouvrages de phonétique écrits par des spécialistes français et autres (voir Bibliographie succinte). Les ouvrages sur la phonétique du français ne manquent pas (encore qu’ils ne soient pas excessivement nombreux), mais aucun n’est vraiment utilisable tel quel par des étudiants qui ne désirent pas se spécialiser en phonétique, mais ont tout simplement besoin de notions dans ce domaine parce qu’ils étudient une langue étrangère. C’est à ce besoin que s’efforce de répondre le présent contenu.

0.3.2. Langue

On avait envisagé lors de la toute première édition (1990) la possibilité de rédiger cet ouvrage en finnois. Toutefois, au niveau universitaire, le futur spécialiste de français se doit de lire des manuels théoriques dans la langue qu’il étudie, ne serait-ce que pour pouvoir manipuler les concepts lors de la lecture d’ouvrages de spécialité sur le français. En outre, l’interprétation du système graphique du français nécessite un minimum de connaissances de vocabulaire et de grammaire (pour distinguer par exemple parent pluriel de parer et parent « père et mère ») et le français, malgré qu’on en ait, ne peut pas même se lire si on n’a pas étudié la langue de façon suffisante. Enfin, la mise en ligne en 2011 du contenu désormais librement accessible à tous les internautes rendait définitivement nécessaire l’utilisation exclusive du français.

Cependant, puisque cette version reste pour l’instant un support destiné à l’enseignement du français aux apprenants finnophones (voir Avertissement concernant la version en ligne), on a indiqué çà et là des équivalents finnois des termes essentiels et aussi de termes généraux courants, souvent mal connus des débutants. Une version multimédia permettra un jour d’ajouter le même vocabulaire en plusieurs langues. On s’est efforcé de simplifier la langue au maximum (hormis les textes de présentation, dont celui-ci), en évitant les phrases trop longues, les constructions complexes ou équivoques, quitte à user d’un français qui peut sembler pauvre et répétitif ou trop explicatif. Enfin, un vocabulaire figure à la fin de l’ouvrage, dans lequel le lecteur non francophone pourra trouver certaines indications. Un index alphabétique (en préparation) permettra également de retrouver des mots dont le sens est souvent expliqué dans le texte.

0.3.3. Méthode

Les deux parties de ce manuel sont prévues pour être étudiées ensemble et elles suivent toutes deux une progression. Dans la partie Exercices de prononciation, la progression est étudiée et il est re­com­mandé (du moins aux apprenants finnophones) de la suivre. Dans la partie théorique, il est plus facile de suivre un ordre différent, au gré des besoins. L’idéal serait de pouvoir étudier un point théorique et de l’illustrer dans la pratique par des exercices au laboratoire de langue. À moins de monopoliser un laboratoire de langue plusieurs heures par semaine, ce n’est guère faisable. En outre, le laboratoire est axé sur la répétition et sur l’entrainement progressif et régulier (voir Importance de la prononciation). Il suit donc son cours propre par rapport à la partie théorique et, pour cette raison, il y a dans la partie Exercices de prononciation des redites par rapport à la partie théorique. Il est plus facile de moduler la progression de cette dernière en fonction des difficultés abordées au laboratoire de langue que l’inverse.

Les nombreux tableaux-résumés et les règles détaillées exposées dans les différents chapitres font également de ce guide un site de référence sur lequel le lecteur trouvera réponse à de nom­breuses interrogations et peut servir, sous certaines conditions (voir Aver­tis­se­ment concernant la version en ligne), pour une autoformation visant à perfectionner la prononciation et le maniement de l’orthographe.

0.3.4. Orthographe

Les règles d’orthographe et explications des graphies appliquent les rectifications or­tho­gra­phi­ques publiées au Journal officiel de la République française du 6 décembre 1990. Les graphies parallèles sont néanmoins mentionnées et expliquées, puisqu’elles sont encore majoritaires dans les textes et doivent pouvoir être interprétées correctement. Un résumé des rectifications orthographiques figure dans l’Annexe 3.

0.4. Importance de la prononciation  

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0.4.1. Utilité d’une bonne prononciation

L’utilité d’une bonne prononciation parait sans doute évidente à tous, notamment dans le domaine de la communication (contacts professionnels, tourisme, échanges entre chercheurs, futurs enseignants de français etc.). Il faut aussi songer en termes de « profit » : à l’école, par exemple, on apprend un français essentiellement pratique, axé sur la langue parlée, sur la communication, et pourtant on ne fait pra­ti­quement jamais d’exercices de prononciation. Or, à quoi sert d’apprendre des formes verbales com­pli­quées, si on les prononce mal et que le francophone à qui l’on parle n’entend pas que c’était en fait une forme juste ?

0.4.2. Comment apprendre à bien prononcer ?

Il faut bien sûr connaitre les traits essentiels de la phonétique du français, connaitre les caractéristiques des phonèmes, et un certain nombre de règles concernant la manière dont sont transcrits ces phonèmes. Mais, avant tout, il faut s’entrainer à répéter les phonèmes : la prononciation est avant tout un exercice physique : il s’agit d’entrainer les organes de la phonation (langue, plis vocaux etc.) à prononcer des phonèmes différents de ceux auxquels on est habitué, autrement dit à faire des mouvements différents de ceux qu’on fait sans y penser quand on parle sa propre langue. Il faut donc d’abord s’entrainer à prononcer différemment, et également s’entrainer pour que cela devienne automatique. Il faut donc faire suffisamment d’exercices, exactement comme pour toute autre activité mettant en jeu des mou­vements du corps : sport, danse, pratique d’un instrument de musique etc. Enfin, il faut s’efforcer de continuer l’« entrainement » en dehors du cours de prononciation, et s’appliquer à bien prononcer lors d’autres cours aussi, et à chaque fois que l’occasion se présente de parler français.

0.4.3. Facilité et difficulté de la prononciation du français

La prononciation du français n’est, dans le détail, pas très difficile pour les finnophones. Il n’y a pas en français de phonème « impossible » à prononcer ; seul le [ʁ] se révèle parfois difficile pour certaines personnes, qui n’arrivent pas à prononcer un r non roulé. Pour le reste, les chuintantes, par exemple, qui semblent souvent difficiles, posent beaucoup moins de problèmes qu’on ne le pense en général.

Inversement, la prononciation du français est souvent plus difficile qu’on ne l’imagine. Certains pho­nè­mes, comme les voyelles labialisées ou les voyelles antérieures, diffèrent sensiblement des voyelles correspondantes du finnois ; cependant, pour les finnophones, souvent elles ne semblent pas « assez différentes », et on ne fait donc pas l’effort de bien les prononcer.

De plus, ce qui cause des difficultés, ce n’est pas seulement l’apprentissage des phonèmes isolés, ce sont aussi les traits caractéristiques généraux de la prononciation du français par rapport au finnois : le français se parle plus à l’avant de la bouche ; les lèvres bougent énormément ; lors de l’émission d’une phrase, la tension musculaire se maintient jusqu’à la fin et tend même à augmenter ; en français on découpe les syllabes autrement qu’en finnois etc. Autrement dit, il faut non seulement savoir réaliser les phonèmes, mais également les intégrer dans un mécanisme d’ensemble : mobilité, projection vers l’avant, enchai­ne­ment, syllabation ouverte. Cela demande beaucoup d’entrainement.

4. L’orthographe

Apprendre à prononcer le français, c’est également apprendre à interpréter le système graphique du français, qui n’est pas très simple. Contrairement au finnois, le français n’a pas une écriture très pho­né­tique [1], comme on peut s’en rendre compte dans les chapitres théoriques de la première partie de ce manuel. Il faut donc apprendre un certain nombre de règles — et beaucoup d’exceptions — pour savoir com­ment interpréter les combinaisons graphiques. Apprendre à prononcer en français, c’est aussi ap­pren­dre à écrire.

0.5. Notice sur les exercices de prononciation  

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0.5.1. Note sur cette édition en ligne

Contrairement à la première partie, qui a été notablement remaniée par rapport à l’édition imprimée, la partie d’exercices de prononciation reprend tels quels les 52 chapitres d’exercices du même manuel (cha­pitres 11 à 62, et l’ancien chapitre 10, déplacé en>introduction), pour conserver la compatibilité avec les exercices en ligne (en attendant une refonte complète des exercices, voir le détail dans l’aver­tis­se­ment concernant la version en ligne). Le chapitre 11 a été scindé en deux parties pour une lecture plus facile sur support mobile.

Le plan de 52 chapitres devait servir de matière à deux heures hebdomadaires de laboratoire de langue sur une année universitaire finlandaise, ce qui n’est plus le cas de nos jours, du fait des réductions d’effectifs et d’heures d’enseignement. Comme les chapitres contiennent de nombreuses parties de révision, il est facile, au cas où le cours de prononciation ne dure plus qu’un seul semestre par exemple (ou toute période de durée variable), de sélectionner les chapitres les plus importants, en fonction du niveau des étudiants, des préférences ou des disponibilités de chaque enseignant.

La longueur de chaque cours avait été calculée au départ de façon à ce que les exercices, après un commentaire théo­rique éventuel, puissent être repris deux ou trois fois durant les 45 mn de l’heure de laboratoire de lan­gue. Rien n’empêche, bien sûr, d’étudier deux ou même trois cha­pi­tres différents pendant une même sé­an­ce (et c’est du reste ainsi que ce manuel est utilisé depuis 2010).

NB. Numérotation des chapitres

La numérotation des chapitres de prononciation de ce site est la même que celle du manuel précédée du chiffre 1 : par exemple le chapitre 123 de l’édition en ligne correspond au chapitre 23 du manuel imprimé ou du chapitre annoncé au début de chaque exercice audio en ligne.

2. Structure

Les exercices de prononciation sont l’illustration des problèmes théoriques abordés dans la première par­tie (chapitres I à IX). Les deux parties se complètent et les références de l’une vers l’autre sont fré­quen­tes.

La succession des chapitres de prononciation n’est pas arbitraire. L’idéal serait d’axer les exercices sur des traits d’ensemble qui caractérisent le français par rapport au finnois (et à d’autres langues) : l’antériorité, le mode croissant, la tension, la prosodie. Autrement dit, partir de phénomènes globaux pour aller vers le détail, un peu comme dans l’apprentissage de la langue première (langue maternelle). Cela permettrait de sensibiliser l’apprenant à ces aspects en lui montrant la nécessité d’apprendre à prononcer « aut­re­ment » (tension, mode croissant) et « ailleurs » (antériorité), ce qui n’est pas une mince affaire, car il s’agit de se défaire des automatismes acquis dans sa langue maternelle. Cela reviendrait cependant à regrouper les différents phonèmes sous des rubriques un peu artificielles, à mélanger le traitement de voyelles et consonnes très variées, et laisserait orphelins un certain nombre de chapitres difficiles à ranger sous telle rubrique plutôt qu’une autre.

C’est pourquoi on a préféré traiter les problèmes de prononciation de façon classique « cas par cas », c’est-à-dire phonème par phonème, dans un ordre toutefois qui tient compte de l’« ur­gen­ce » des problèmes : l’opposition sourde / sonore étant absente du finnois (dans sa réalisation parlée), il convient d’y sensibiliser l’apprenant le plus rapidement possible (p. 113 à 118) ; de plus, on peut poser empiriquement que dans un mot mal prononcé, un francophone remarque d’abord l’erreur sur la sonorité et ensuite un problème sur les voyelles. C’est pourquoi celles-ci sont traitées en deuxième (difficultés avec la labialisation, l’aperture, l’écartement, la nasalité). Une fois ces problèmes traités, la prononciation doit s’être améliorée sensiblement. Restent alors divers problèmes plus ponctuels ([l], semi-consonnes etc.). Les chuintantes ont été mises à la fin, non qu’elles soient moins importantes — bien au contraire — mais parce qu’elles demandent une certaine accoutumance à la « gymnastique » des organes de la phonation, et il a semblé plus opportun de respecter une certaine progressivité dans les difficultés, pour de ne pas tout entasser au début. Au total, ce sont les phonèmes pris un par un qui, pro­gres­si­vement, devraient construire une image d’ensemble des grands traits du phonétisme du français. Si cette méthode est moins satisfaisante pour l’esprit, elle n’en est pas, l’expérience de 25 années de la­bo­ra­toire de langue l’a prouvé, moins efficace.

L’apprentissage de la prononciation est avant tout un apprentissage physique, comparable à l’appren­tis­sage d’un instrument de musique, par exemple. La réussite passe par la répétition — d’où l’importance de celle-ci dans la conception des exercices de ce manuel. En outre, pour être efficaces, ces exercices réclament de la part du professeur une surveillance constante et sans faille : il faut corriger avec obsti­na­tion les défauts constatés chez tel ou tel élève. Et ne pas hésiter à faire de même lors d’autres cours : une bonne prononciation est importante même et surtout en dehors du laboratoire de langue.

Les exercices n’ont pas d’autre but que de servir de matériau d’entrainement, et pourront paraitre décousus ou hors de tout contexte. Le laboratoire de langue — et la salle de classe — n’est de toute façon pas un contexte de situation de parole authentique.

1. Généralités

1.1. L’objet de la phonétique
1.2. Phonétique et phonologie, phone et phonème
1.3. La transcription des phones
1.4. Signes de l’alphabet API utilisés dans la transcription phonétique du français
1.5. La transcription du français
1.6. Redondance des procédés de transcription
1.7. Homonymes, homophones, homographes
1.8. Comment lire ou nommer les lettres accentuées ?

1.1. L’objet de la phonétique

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Ce guide est consacré à l’étude et à l’apprentissage des phonèmes du français par des apprenants de français langue étrangère (FLE), et a essentiellement une fonction pratique. Les quelques brefs rappels figurant ci-dessous et dans les pages suivantes servent avant tout à définir des termes uti­li­sés dans cet ouvrage et ne représentent pas un positionnement théorique particulier ou rigide.

La parole vise (tähtää) en général à la transmission d’un message. Bien que cette manière de présenter les choses soit un peu réductrice (kaavamainen), voire simpliste, on peut distinguer (erotella) plusieurs phases ou étapes (vaihe) dans le processus de la communication orale [adapté de Carton, p. 8] :

  1. une étape conceptuelle (käsitteellinen), au niveau de la pensée ;
  2. la mise en forme (muovaaminen) de cette pensée à l’aide de mots, ce qui fait intervenir le processus linguistique (système grammatical, lexique, phonologie etc.) ;
  3. une étape physiologique, avec influx nerveux (hermopulssi) et activité musculaire (organes de la phonation, voir 2.1. et suivants) produisant des sons ;
  4. une étape physique (fysikaalinen), avec propagation (kulkeminen) d’ondes sonores, qui sont un mouvement ondulatoire (aaltoliike) dans un fluide (l’air) ;
  5. une étape physiologique avec activité mécanique (tympan tärykalvo, osselets de l’oreil­le kuuloluut) et nerveuse qui transmet au cerveau le « message » ;
  6. une étape conceptuelle d’interprétation du message avec les outils linguistiques (on comprend ce qui a été dit).

Dans l’enseignement pratique de la prononciation d’une langue étrangère, on s’intéresse en général aux points 2 et 3 de la liste ci-dessus :

1. On formule et on enseigne les règles selon lesquelles le système des phonèmes de la langue fonc­tion­ne (et, notamment dans le cas du français, comment ces phonèmes sont représentés dans l’écrit). C’est ce qui constitue le système phonologique (et gra­phé­ma­tique, voir ci-dessous). L’ap­pren­tis­sa­ge de ce système est donc un apprentissage théorique.

2. On enseigne comment ces phonèmes doivent être articulés (par la langue, la bouche, les plis vo­caux etc.) pour qu’il soit possible de transmettre les idées par la parole. C’est plus particulièrement le domaine de ce qu’on appelle la phonétique articulatoire. On apprend à le faire essentiellement par des exercices de prononciation (au laboratoire de langue ou ailleurs), qui sont des exercices d’en­trai­nement physique.

1.2. Phonétique et phonologie, phone et phonème

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1.2.1. Phonétique et phonologie

D’une façon très générale, on peut dire que la phonétique et la phonologie sont deux approches ou deux méthodes de description complémentaires (et non pas opposées) de certains aspects de la communication orale.

En simplifiant, on peut dire que la phonétique est la science qui s’occupe de décrire dans leur ensemble tous les phénomènes phonétiques d’une langue, tout le « matériau de production sonore » : sons, intonation, perception, organes etc. Pour le phonéticien, il existe en français deux /r/ différents : un /r/ roulé et un /r/ dit « grasseyé » (en finnois sorautettu r). [1]

Le phonéticien transcrit donc ces deux /r/ de différentes manières : dans une transcription, il s’efforce d’en donner une description aussi précise que possible [2]. La phonétique s’occupe des sons produits pour la communication orale, qu’on appelle des phones. Le mot « son » est un terme général, qui désigne aussi bien le son produit par une bouteille vide, une trompette ou la voix humaine. Le terme exact pour désigner le « son » produit par la voix humaine pour communiquer est « phone ». Cependant, dans la langue courante, on utilise plus fréquemment le terme de son. Ces phones sont des phénomènes physiques enregistrables, mesurables et analysables avec des instruments.

1.2.2. La valeur distinctive

La phonologie est une branche de la linguistique qui, à partir des descriptions que fournit la phonétique, retient les caractéristiques « utiles » des phones, en analyse la fonction, la valeur distinctive dans la production d’un message qui a un sens. Chaque fois qu’on prononce par exemple le mot revenir, un locuteur français l’identifiera toujours, quel que soit le /r/ (roulé ou grasseyé) avec lequel il est prononcé. Autrement dit, d’un point de vue phonologique, les deux /r/ possibles, qui sont phonétiquement net­te­ment différents, n’ont pas de valeur distinctive : ils ne permettent pas de distinguer deux mots différents, comme par exemple [t] et [d] qui permettent de distinguer [tiʁa] et [diʁa]. Pour apprendre à bien prononcer une langue étrangère, il faut donc tout autant s’intéresser à la phonologie qu’à la phonétique.

1.2.3. Phone et phonème

On peut donc dire que la phonologie est une branche de la linguistique qui étudie les fonctions des sons dans la formation du message, autrement dit elle étudie non pas les phones (les sons produits par les organes de la parole), mais ce qu’on appelle des phonèmes. Les phonèmes sont des unités distinctives de l’expression phonique (la parole), qui sont caractérisées davantage par les traits (piirteet, ominaisuudet) qui les opposent à d’autres unités. Le phonème est souvent décrit comme l’unité minimale porteuse de sens (merkitsevä).

La différence entre les mots pou [pu] (täi) et toux [tu] (yskä) se trouve dans l’opposition p/t. Les phones [p] et [t] sont donc des phonèmes dif­fé­rents en français, car ils permettent de distinguer deux mots différents. Ces deux mots forment ainsi une paire minimale (minipari). En revanche, en français, [r] et [ʁ] sont des phones différents, mais correspondent à un seul phonème, car ils ne permettent pas de dis­tinguer des mots. En japonais, [l] et [r] sont interprétés comme un seul phonème. Pour les finnophones, [p] et [b] sont généralement perçus comme un seul phonème etc.

1.3. La transcription des phones

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1.3.1. Transcription phonétique et transcription phonologique

Pour décrire les sons produits par les organes de la parole, les phonéticiens utilisent un système conventionnel de signes. Il faut se rappeler que ces signes ne décrivent pas tout. Comme les sons produits sont chaque fois différents, si on voulait trans­cri­re ces milliers et milliers de variantes, il faudrait un système de signes très compliqué. La seule transcription vraiment « fidèle » des sons, ce sont les tracés (piirros) que fournissent les ap­pareils d’enregistrement, ou, encore mieux, l’en­re­gistrement lui-même.

Il faut pourtant trouver les caractéristiques utiles et réduire le nombre des signes pour que la description devienne une interprétation des sons, qu’on puisse comprendre. On peut dis­tin­guer deux types de trans­criptions :

Exemple : une transcription phonétique peut distinguer un é très fermé, un é fermé et un é un peu ou­vert, qui sont des sons correspondant tous à des réalisations du phonème « é » (transcrit [e]) dans des con­ditions ou des environnements différents :

transcription phonétique transcription phonologique
é très fermé [ẹ] /e/
é moins fermé [e] /e/
é un peu ouvert [ę] /e/

1.3.2. Crochets vs. barres obliques

Pour la transcription phonétique, on utilise conventionnellement les crochets [ ], pour la transcription phonologique on utilise les barres obliques / /. Cependant, dans l’usage courant, on utilise les crochets [ ] pour marquer tout type de transcription. Les transcriptions « pho­né­ti­ques » des dictionnaires ou des ma­nuels de langue sont en fait souvent des transcription phonologiques, qui devraient utiliser les si­gnes / /. Mais par tradition et par habitude, on utilise les crochets (sur les incohérences des transcriptions dans les dictionnaires et les manuels, voir ci-dessous §4).

Il est important de se rappeler qu’il est impossible de faire une transcription absolument exacte avec des signes graphiques et, surtout, que les transcriptions phonétiques peuvent varier selon les personnes qui les réalisent : toute transcription est une interprétation.

1.3.3. L’alphabet de l’Association phonétique internationale

Il existe de nombreux systèmes de transcription phonétique, notamment un système propre aux romanistes, et, en Finlande, un système dit finno-ougrien utilisé pour l’étude des langues finno-ou­grien­nes. Il y a cependant un système qui s’est imposé progressivement comme système universel, c’est celui de l’Association phonétique internationale (API), qu’on appelle justement « transcription API ». Ce sys­tè­me n’est pas forcément meilleur que les autres (le sys­tè­me SU pour les langues finno-ougriennes est parfaitement adapté à la description de ces langues), mais il est devenu une norme connue de tous, et c’est pourquoi on l’adopte gé­né­ra­le­ment. Dans les dictionnaires bilingues modernes, c’est le seul qui est utilisé.

Dans cette transcription, il a quelques défauts « esthétiques » qui peuvent provoquer des confusions chez les francophones comme chez les finnophones : la lettre y se lit en français [i], mais le signe phonétique [y] transcrit le son indiqué par la lettre u (finnois y, allemand ü). De même, pour l’en­sei­gne­ment du fran­çais aux finnophones, qui ont tendance à mélanger s (s sourd) et ch (chuintante sourde), z (s sonore) et j (chuintante sonore), on aurait souhaité que les signes soient plus nettement différents : [s] s’oppose nettement à [ʃ], mais les deux signes se ressemblent, et [z] s’oppose net­tement à [ʒ], et pourtant les deux signes se ressemblent beaucoup, le signe [ʒ] rappelant la version cursive de [z]. Quand on écrit les signes à la main, il peut y avoir encore plus de risques de confusion.

1.3.4. La transcription phonétique dans les dictionnaires et les manuels de français

Pour l’apprenant de FLE, la principale source d’information sur la prononciation des mots français se trouve dans les transcriptions des dictionnaires monolingues ou bilingues, ou dans les manuels d’apprentissage du français. Dans les dictionnaires monolingues, la transcription n’est pas sys­té­ma­ti­que­ment indiquée. Elle l’est dans le Petit Robert, mais pas dans le Petit Larousse (dans ce dernier, seules sont indiquées les transcriptions de cas particuliers, sur lesquels les francophones peuvent hésiter aussi). Les dictionnaires bilingues indiquent plus souvent la transcription, mais ce n’est pas toujours le cas dans des éditions de poche ou bon marché. Il en va de même pour les manuels d’apprentissage de FLE, où le nombre des transcriptions est variable.

De toute façon, les dictionnaires bilingues, les manuels de FLE et, par exemple, les nombreuses res­sour­ces disponibles sur Internet se contentent, dans le meilleur des cas, de reproduire les trans­criptions figurant dans les dictionnaires monolingues, comme le Grand Robert ou le Petit Robert. Or, ces trans­crip­tions sont souvent entachées d’erreurs ou d’incohérences, quand elles ne sont carrément démodées ou vieillies. On peut citer divers cas évoqués dans le présent manuel :

1.4. Signes de l’alphabet API utilisés dans la transcription du français

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CONSONNES
4a. Signes identiques à ceux de l’alphabet normal
signeexempleRemarque
/b/ bébé
/d/dodu
ffarfelu
/g/gare, gui
jyeux, fillese prononce comme le j en finnois, mais pas comme le j français
kcas, qui
llu, vil
/m/marmotte
/n/nounou
/p/papa
ʁrare
ssauce
ttout, thon
vvive
woui, boirecomme le w anglais, pas comme le w finnois (= v) !
zoser, gazconsonne simple sonore (comme en anglais), pas [ts] comme en finnois ou en allemand
4b. Signes différents de ceux de l’alphabet normal
ŋbuildingdans des mots anglais
ʃchercherne pas confondre avec le signe qui transcrit [s] !
ʒje, Georgesne pas confondre avec le signe qui transcrit [z] !
ɥhuile, puis
VOYELLES
4c. Signes identiques à ceux de l’alphabet normal
ilit, pli
edé, nezcomme e finnois, mais pas comme e sans accent en français
ydu, muecomme le y finnois, pas comme en français (y = [i])
œœil, cœur
atasse, plat
/u/fou, troucomme u finnois, pas comme en français
/o/peau, mot
4d. Signes différents de ceux de l’alphabet normal
øfeu, nœudrappelle le ø danois ou norvégien
ɔmort, tort
əme, te, jequand il est prononcé, ce phonème est réalisé comme ø ou œ
ɛplaire, fer
ɛ̃fin, rein, tain le tilde ~ est commun à toutes les nasales et est donc facile à reconnaitre.
ɑ̃dans, temps
õbon, pontVoir Remarque 6.21.
AUTRES SIGNES
ːvoyelle longue ou consonne longue
ʔocclusive glottale
vv souscrit (indique la sonorisation)
oo souscrit (indique l’assourdissement)
Signes transcrivant des phonèmes devenus non productifs (et non réalisés)
ɲmontagneréalisé comme nj
œ̃brun, unréalisé comme ɛ̃
ɑâneréalisé comme a

Remarque : la liste ci-dessus est la liste complète des phonèmes du français d’aujourd’hui. Cela re­pré­sen­te 34 phonèmes, si on inclut le phonème ŋ présent dans de nombreux emprunts à l’anglais. Les phonèmes [ɲ, œ̃, ɑ] ne sont plus beaucoup ou pas du tout utilisés en français moderne et ne présentent pas d’utilité pour l’apprentissage du français comme langue étrangère.

1.5. La transcription du français

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1.5.1. Généralités

L’alphabet latin (tel qu’il est utilisé en français ou en anglais) comporte seulement 26 signes (et à l’origine, seulement 24). Le latin avait une « orthographe » plus ou moins phonétique : en latin, chaque lettre correspondait (à peu près) à un seul son. Mais le latin n’indiquait par exemple pas la quantité des voyelles (opposition brèves/longues, qui y jouait pourtant un grand rôle) et il était loin de « transcrire fidèlement » la prononciation, d’autant plus que la prononciation du latin évoluait sans cesse, et cette évolution n’était pas reflétée dans la graphie. Le français, depuis qu’il s’écrit, a toujours comporté plus de phonèmes que ce que les 24 signes de l’alphabet latin original auraient pu transcrire. Pour représenter les phonèmes du français, on a, au cours des siècles, trouvé différentes solutions. Du fait de l’évolution de la langue et de l’orthographe, on trouve maintenant en français

1.5.2. Digrammes et trigrammes

L’une des solutions les plus simples pour représenter des phonèmes pour lesquels il n’existe pas de lettre simple, c’est d’utiliser plusieurs lettres. Pratiquement toutes les langues d’Europe utilisent ce pro­cé­dé (menetelmä).

1. Quand on combine (yhdistää) deux lettres pour transcrire un seul phonème, on obtient un digramme (digrafi, kaksoiskirjain, en français on trouve aussi la forme digraphe). Les com­bi­nai­sons de lettres sui­vantes

ch = [ʃ]ai = [e]ou = [u]
qu = [k]on = [ɔ̃]an = [ɑ̃]

sont des digrammes, car elles correspondent toutes à un seul phonème (dans certains cas, elles cor­res­pon­dent à autre chose). En anglais sh [ʃ], en suédois sj (= [ɧ]), en hongrois sz (= [s]), en italien ch (= [k]), en basque tx (= [ʧ]) sont tous des digrammes. Même en finnois, on utilise des digrammes : uu n’est pas la même chose que u. Pour transcrire une voyelle longue, le finnois utilise donc lui aussi des digrammes (dans d’autres langues, on transcrit [u] long par exemple ú, ū etc.).

2. Quand on combine trois lettres pour transcrire un seul phonème, on obtient un trigramme (trigrafi, kolmoiskirjain, en français on trouve aussi la forme trigraphe) : eau (= [o]) est un tri­gram­me. En allemand, sch est un trigramme. Les trigrammes sont plus rares que les digrammes.

1.5.3. Les signes diacritiques

On appelle signes « diacritiques » (diakriittinen merkki) les signes qu’on ajoute à une lettre pour la dis­tin­guer (erottaa) d’une autre lettre ou pour indiquer que la lettre a une autre valeur (merkitys) que sa valeur habituelle. Le finnois utilise des signes diacritiques, les trémas (treema) sur a et o : ä n’est pas la même chose que a. Le finnois utilise également dans certains mots un signe (le «  háček ») sur le s : š. [1] Le français utilise plusieurs signes diacritiques : les accents (´ aigu, ` grave, ^ circonflexe), la cédille (ç), le tréma (ï). D’autres langues en Europe utilisent des signes diacritiques : le tchèque (ý), le hongrois (ő), l’allemand (ä), le roumain (ţ), l’islandais (á) etc. L’espagnol en utilise peu (~ et ¨), l’anglais, le néerlandais, le basque n’en utilisent aucun. L’alphabet pho­né­ti­que lui-même utilise de nombreux signes diacritiques (  ʴ  ̬  ̥  ̡ ).

Les signes diacritiques servent à la même chose que les digrammes et les trigrammes : à former des si­gnes supplémentaires pour transcrire, avec les 26 lettres de l’alphabet latin, des phonèmes qui sont plus nombreux. Souvent, les langues utilisent les deux procédés en même temps : digrammes (ou trigrammes) et signes diacritiques. C’est le cas de l’allemand, du hon­grois (qui a 42 phonèmes pour 26 lettres) et du français.

1.5.4. Les graphèmes

Une lettre seule, ou un groupe de deux lettres ou de trois lettres, ou une lettre avec un signe diacritique peuvent donc correspondre, dans un mot écrit, à une seule « unité » de trans­crip­tion, une seule unité gra­phique, qu’on appelle un graphème. Dans le mot bateau, on peut comp­ter quatre graphèmes (b, a, t, eau) qui correspondent à quatre phonèmes. Certains graphèmes ne correspondent à aucun phonème, comme pt dans exempt ou prompt. La lettre u surmontée du signe diacritique ^ (û, qu’on appelle « u accent cir­con­flexe ») correspond aussi à un gra­phè­me, ou bien ç, graphème appelé « c cédille ».

Il y a aussi en français de nombreux graphèmes à valeur grammaticale, qui ne correspondent à aucun pho­nè­me prononcé : dans ils, il y a trois graphèmes ; les deux premiers (i, l) cor­res­pon­dent chacun à un pho­nè­me, le dernier (s) est une marque grammaticale, comme le graphème ent dans ils parlent etc. Une liste des graphèmes du français et de leur valeur phonétique se trouve Annexe 1 .

1.6. Redondance des procédés de transcription

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1.6.1. Plusieurs systèmes concurrents

Le hongrois est un bon exemple de langue qui utilise à la fois une grande quantité de digrammes et de signes diacritiques. Pour chaque phonème, on utilise soit une lettre simple, soit un digramme, soit un signe diacritique. Par exemple le mot zsír : le groupe zs est un digramme (= [ʒ]), í utilise un signe dia­cri­ti­que (i + ´ = [iː], i long), et r est une lettre simple. Le hongrois utilise une transcription pra­ti­que­ment 100 % univoque (yksiselitteinen).

Le français n’est malheureusement pas aussi logique, car à cause des différents essais qui ont été faits par les imprimeurs et les grammairiens depuis la Re­nais­san­ce pour suivre l’évolution phonétique de la langue, on a obtenu un système redondant. On avait imaginé par exemple de redoubler (kahdentaa) les consonnes après e pour indiquer un [ɛ] : [ʒɛt] se transcrit jette (je jette heitän), alors que e suivi d’une seule consonne correspond à [ə] (jetons). C’est un procédé qui fonctionne toujours en français (pelle / peler, messe / mesure etc.). À l’époque de la Re­nais­san­ce, on a commencé à utiliser des signes diacritiques : ce sont les accents, que nous utilisons encore de nos jours. Ils font souvent double emploi (olla tarpeeton, turha) : pour transcrire [ɛt], on utilise ett dans mette, jette etc., et ète dans comète, achète etc. Certains adjectifs en et forment ainsi leur féminin en -ète, d’autres en -ette (voir Grammaire, p. 27 §2a). On utilise soit l’un, soit l’autre procédé.

1.6.2. Exemple de redondance : le cas de e

La transcription du phonème [ə] est très variée et a connu de nombreuses formes durant les siècles, formes qui coexistent (elävät rinnakkain) aujourd’hui et provoquent une certaine confusion. Il y a pour­tant quelques principes fondamentaux qui fonctionnent pratiquement toujours. Rappel :

  1. à l’intérieur d’un mot, la lettre e sans accent et suivie d’une seule consonne se prononce [ə] : mesure, regarder, debout, fenêtre etc.
  2. e avec un accent (aigu, grave, circonflexe) correspond normalement à /E/, autrement dit soit [e], soit [ɛ], selon les cas (voir 5.7.).
  3. e suivi de deux consonnes correspond lui aussi à /E/. Dans ce cas, il est donc inutile (et interdit) d’ajouter un accent : jette, peste, respecte, espace, exiger (x = 2 consonnes).
  4. quand e est suivi de deux consonnes dont la deuxième est l, r ou h, il transcrit e muet [ə] : reprendre [ʁəpʁɑ̃dʁ], reflet [ʁəflɛ], recherche [ʁəʃɛʁʃ]. Pour obtenir un /E/ (é ouvert ou fermé), il faut ajouter un accent : réfléchir, réprouver, réchapper etc.

1.6.3. Deux procédés qui s’excluent mutuellement

Pour indiquer [ɛ], on utilise soit le redoublement de la consonne, soit les signes diacritiques, mais jamais les deux ensemble. Conséquence : quand e est suivi de deux (ou 3) consonnes, il se prononce en général [ɛ/e] : il n’y a donc jamais d’accent sur la lettre e quand elle est suivie de 2 (ou 3) consonnes, sauf quand la deuxième lettre est un l, un r ou un h (réfléchir, être, cèdre etc.)

Comparer :

désert [dezɛʁ] : il faut un accent pour marquer [e]
dessert [desɛʁ] : pas besoin d’accent pour marquer [e], car il y a déjà deux consonnes.
mère [mɛʁ] : il faut un accent pour marquer [ɛ]
terre [tɛʁ] : pas besoin d’accent pour marquer [ɛ], car il y a déjà deux consonnes.

1.6.4. Exceptions

a. Dans les groupes où la deuxième consonne est un h, il y a pratiquement toujours un accent : méthane, méchant etc., sauf en finale : aneth [anɛt], varech [vaʁɛk] etc.

b. Dans certains mots, le redoublement de ss après e ne sert pas à indiquer un [ɛ/e], mais à empêcher qu’on lise [z] : dessus (composé des adverbes de et sus), car *desus se lirait [dəzy]), resserrer, dessous, ressortir, ressembler etc., tous avec [də-] ou [ʁə-] ; il s’agit donc en partie d’une graphie illogique, car ailleurs ess- se lit [ɛs-] : essence, presse, pressentiment etc.

c. Dans des mots composés récents, on peut avoir des e avec accents, parce qu’on veut maintenir l’orthographe des préfixes : on écrit télescope (qui obéit à la règle normale, mot da­tant de 1611), mais téléscripteur. Tous les deux utilisent le préfixe grec tele-, mais téléscripteur est de formation plus récente (fin XIXe siècle), et on a gardé le parallèle avec téléphone, té­lé­pa­thie etc. ; même chose avec prescrire, mais préscolaire (tous les deux avec le préfixe latin præ-, mais préscolaire est de formation récente et le suffixe pré- est utilisé dans le sens du finnois esi- dans de nombreux autres composés : prédestiné, pré­digéré, préalpin etc.).

1.6.5. Erreurs à éviter

Il y a donc deux erreurs à éviter :

1.7. Homonymes, homophones, homographes

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1.7.1. Homophones et homonymes

À cause de l’évolution phonétique de la langue, il y a en français une assez grande quantité de mots qui se prononcent de la même façon, mais qui ont un sens différent. On appelle ces mots des homonymes (« noms identiques »). Comme en finnois kuusi (« sapin ») et kuusi (« six »), on trouve en français par exemple la série

ceint ympäröity
sain terve
sein rinta
seing allekirjoitus
saint pyhä

qui se prononcent tous de la même manière : [sɛ̃]. Il y a aussi une autre série de synonymes :

foi usko
foie maksa
fois kerta
Foix (nom d’une ville)

prononcés tous les quatre [fwa]. Dans la langue courante, on désigne généralement ces mots du terme générique d’homonyme, mais le terme précis serait homophones, autrement dit des mots qui ont la même prononciation.

1.7.2. Homophones et homographes

Les homonymes sont toujours homophones (foi, fois, foie, Foix = [fwa]). Certains de ces homo­ny­mes / homophones non seulement se prononcent mais aussi s’écrivent de la même manière, on dit alors qu’ils sont homographes (bac lautta et bac ylioppilastutkinto). Cependant, le plus souvent, en français, les homo­ny­mes/ homophones ne s’écrivent pas de la même manière, ils ne sont donc pas homographes. Comme le finnois est une langue qui utilise une orthographe pratiquement entièrement phonétique, en finnois les homonymes/homophones sont toujours homographes. Enfin, en français, il y a aussi des ho­mo­gra­phes qui ne se prononcent pas de la même manière (ils ne sont donc pas homophones ou homo­ny­mes), ce qui est impossible en finnois. En ré­su­mé :

a. homonymes (homophones) non homographes :

poids [pwa] paino
pois [pwa] herne
poix [pwa] piki

b. homonymes (homophones) homographes :

amer [amɛʁ] katkera
amer [amɛʁ] merimerkki

c. homographes non homophones :

portions [pɔʁtjɔ̃] (me) kannoimme / portions [pɔʁsjɔ̃] annokset
couvent [kuvɑ̃] luostari / couvent [kuv] [he] hautovat
cassis [kasi] painauma / cassis [kasis] mustaherukka

1.8. Comment lire ou nommer les lettres accentuées ?

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La manière de lire ou de nommer oralement les graphèmes par exemple dans des exercices de grammaire pose souvent des problèmes. Voici un bref rappel :

é « e accent aigu » [əaaksɑ̃tegy] (on fait la liaison, voir p. 7.8.)
à « a accent grave »
è « e accent grave »
ù « u accent grave »
â « a accent circonflexe »
ê « e accent circonflexe »
î « i accent circonflexe »
ô « o accent circonflexe »
û « u accent circonflexe »
ä « a tréma »
ö « o tréma »
ï « i tréma »
ü « u tréma »
ë « e tréma »
l’ « l apostrophe »
s’ « s apostrophe »
ç « c cédille »

Remarquer qu’on n’uti­li­se pas d’article (on ne dit pas par exemple *« a l’accent grave ») !

Pour désigner une lettre double, par exemple mm, kk, ll etc., on dit « deux m », « deux k », « deux ll ». Ainsi, en dictant au téléphone ou à un guichet, la suite Sinikka Hämäläinen, Jyväskylä, s’é­pel­le de la façon suivante :

s,   i,   n,   i,   deux k,   h,   a tréma,   m,   a tréma,   l,   a tréma,   i,   n,   e,   n,   j,   i grec,   v,   a tréma,   s,   k,   i grec,   l,   a tréma

2. Les organes de la parole

2.1. La production des sons
2.2. La cavité buccale
2.3. Les organes mobiles de la cavité buccale
2.4. Le lieu d’articulation
2.5. Consonnes et voyelles - Résumé des termes

2.1. La production des sons

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2.1.1. Généralités

Comme on le souligne souvent, il n’y a pas dans le corps humain un organe responsable de la parole : la parole se fait par la collaboration de différents organes (qui servent normalement à respirer, mastiquer etc.). Le son est fondamentalement une vibration de l’air. Cet air est fourni par les poumons ; la vibration est fournie par les plis vocaux ; enfin, des mouvements compliqués de la langue (principalement) et des lèvres donnent au son une « couleur » particulière.

2.1.2. Les poumons

L’air nécessaire à la parole est expiré (uloshengitetty) par les poumons. Les poumons se remplissent à la suite de mouvements des muscles intercostaux (kylkivälilihakset) et du diaphragme (pallea) : les muscles écartent la cage thoracique (rintakehä), le diaphragme s’abaisse, et l’air est ainsi aspiré par sous-pression (alipaine). C’est l’inspiration (sisäänhengitys). L’expiration se produit par le relâchement (veltostuminen) des muscles intercostaux et du diaphragme : l’air est ainsi chassé des poumons. C’est pendant cette phase qu’on peut produire un son. Normalement, la parole se fait pendant l’expiration [1]. Tant que dure la parole, il faut une certaine pression d’air. Pratiquement tous les sons font intervenir d’une manière ou d’une autre le passage de l’air.

2.1.3. Le larynx, les plis vocaux et la glotte

L’air sortant des poumons passe par le larynx (kurkunpää), qui est l’endroit où sont produites les vibrations de l’air. L’air peut être arrêté, freiné ou mis en vibration par les plis vocaux (äänihuulet, appelés couramment « cordes vocales »), qui sont fixées à des cartilages (rusto), les cartilages aryténoïdes (kannurusto). [2]

L’ouverture entre les deux plis vocaux s’appelle la fente glottique (äänirako) ou, plus couramment, la glotte. Les vibrations sont provoquées par le rapprochement plus ou moins grand des plis vocaux, exactement comme c’est le cas pour les lèvres (de la bouche) devant l’embouchure (suukappale) d’une trompette : l’air sous pression essaye de sortir, à chaque ouverture il passe avec force et fait bouger les plis vocaux. Ceux-ci se referment de nouveau, puis se rouvrent, et ainsi de suite ; comme ces successions d’écartement et de fermeture sont extrêmement rapides (au moins 100 fois par seconde), on obtient une vibration continue, dont l’oreille ne peut pas percevoir les éléments, on a l’impression d’un son uniforme.

2.1.4. Positions des plis vocaux

Les plis vocaux peuvent avoir différentes positions :

Il y a encore d’autres possibilités de produire des sons :

Le voisement d’une consonne par exemple peut commencer plus ou moins tôt selon les langues, et aussi selon l’environnement phonétique. En français, le voisement se déclenche assez tôt pour les consonnes sonores, ce qui provoque notamment des phénomènes d’as­si­mi­la­tion fréquents.

2.15. Le pharynx

L’air passe également par le pharynx (nieluontelo), au niveau duquel se trouve l’épi­glot­te (kur­kun­kansi), au-dessus de la glotte, et qui, comme son nom l’indique en finnois, est un « cou­ver­cle » qui se rabat pour empêcher les aliments de passer dans la trachée (henkitorvi).

2.2. La cavité buccale

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Du point de vue de la variété des sons, c’est la zone de la bouche qui est la plus importante. Divers composants (osa, osatekijä) participent à la formation des sons en modifiant le canal vocal (ääniväylä), qui va de la glotte jusqu’aux lèvres.

2.2.1. Le voile du palais

Le voile du palais (kitapurje) ou palais mou (pehmeä kitalaki) est la partie arrière du palais (voir illustration p. 12). C’est une partie molle qui peut s’abaisser et se relever. Quand elle s’abaisse, l’air peut passer en même temps par la bouche et par les fosses nasales (nenäontelot). C’est ce qui provoque la nasalité de certains phonèmes. Il faut noter que l’abaissement du voile du pa­lais ne veut pas dire que l’air sort en soufflant par le nez. Simplement, le canal sonore chan­ge de timbre (sävy), car il y a une sorte de « caisse de résonance » (kaikupohja) sup­plé­men­tai­re (un peu comme on change la sonorité d’un tambour en mettant la main dessus ou en enlevant la main). On distingue donc :

2.2.2. La nasalité

Quand on prononce une consonne orale ou une voyelle orale, l’air passe seulement par la bouche. Quand on prononce une voyelle nasale, l’air passe à la fois par la bouche et le nez. Quand on prononce une occlusive nasale, comme le [n], l’air passe un moment uniquement par le nez (le canal sonore est bloqué par la langue derrière les dents). C’est ce qui provoque une certaine confusion entre [n] et [d ] ou [m] et [b] quand on a le nez complètement bouché par un rhume : comme la composante (tekijä) nasale a fortement diminué, on n’entend plus que l’occlusive dentale [d]. Mais généralement, la cavité nasale est rarement complètement remplie. On peut très bien prononcer des voyelles nasales quand on a le rhume, car, encore une fois, ce n’est pas l’air qui sort du nez (des narines), c’est la résonance du son dans le nez qui provoque la nasalité.

Il faut remarquer enfin que le voile du palais est moins richement innervé (hermotettu) que la langue et qu’il réagit donc musculairement un peu plus lentement ; les voyelles nasales sont pour cette raison toujours légèrement plus longues que les voyelles orales correspondantes (mais beaucoup moins longues que les voyelles longues du finnois !).

2.2.3. La luette

Il y a encore un organe ou partie d’organe qui sert en français à former des sons : c’est la luette (kitakieleke), qui, comme son nom finnois l’indique très bien, est une sorte de petite langue qui termine le voile du palais à l’arrière. La luette a pour fonction de fermer la partie nasale du pharynx pendant la déglutition (nieleminen), exactement comme l’épiglotte ferme la trachée. En français (et dans d’autres langues), on peut faire vibrer la luette contre le dos de la langue, on obtient alors un [ʁ].

2.2.4. Le palais dur

Le palais (kitalaki) qu’on appelle aussi palais dur (kova kitalaki) pour le distinguer du palais mou (voir §1 ci-dessus), est le « plafond de la bouche ». La langue forme des sons en se plaçant près de différents endroits du palais, comme expliqué 3.1.. Comme c’est le cas pour le dos de la langue, on distingue une partie antérieure (etu-) du palais dur, une partie médiane (keski-) et une partie postérieure (taka-), qu’on appelle prépalatale (prepalataalinen), médiopalatale (me­dio­pa­la­taa­linen) et post-palatale (post­pa­la­taa­li­nen). Voir résumé et explication des termes p. 14.

2.2.5. Les alvéoles

Il y a une zone derrière les dents du dessus (ylähampaat) qui fait aussi en quelque sorte partie du palais dur : c’est un renflement (kohouma) arrondi, qu’on sent facilement avec la langue et que les phonéticiens (pas les dentistes) appellent les alvéoles. Le nom finnois hammasvalli est plus parlant (kuvaava) que le français alvéoles. C’est là que sont prononcées de nombreuses consonnes. Là encore, on distingue des sons prononcés vers l’avant de la zone alvéolaire (etuvalli), il s’agit alors de pré-alvéolaires (pre­al­veo­laa­ri­nen), vers la zone médiane (du milieu) des alvéoles (keskivalli), ce sont alors des médio-alvéolaires (medioalveolaarinen), ou à l’arrière des alvéoles (takavalli), il s’agit alors de post-alvéolaires (post­al­veo­laa­rinen). Voir résumé et ex­pli­ca­tion des termes p. 14.

2.3. Les organes mobiles de la cavité buccale

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1. La langue

La langue est un muscle très mobile, qui peut prendre de nombreuses positions dans la bouche et aussi sur elle-même (creusée vers le milieu, retournée vers l’arrière). La langue comprend du point de vue de la phonétique articulatoire plusieurs parties, notamment la pointe ou apex (kielenkärki), la couronne (lapa) et le dos (kielen selkä). On distingue (eritellään) dans le dos de la langue une partie antérieure (etu-), une partie médiane (keski-) et une partie postérieure (taka-). Ceci correspond aux zones prédorsale (predorsaalinen), médiodorsale (medio­dor­saa­linen) et postdorsale (postdorsaalinen).

2.3.2. Les lèvres

Les lèvres jouent un rôle très important. Elles peuvent former des sons seules, quand on met les deux lèvres en contact comme pour [p], ou bien avec un contact des dents comme pour [f]. Quand les lèvres sont fermées, on obtient des consonnes bilabiales (bilabiaalinen, « fait avec les deux lèvres ») ; quand il y a contact des lèvres avec les dents, on obtient une labiodentale (labio­den­taa­linen).

En outre, les lèvres peuvent aussi prendre une forme particulière : il existe des voyelles arrondies (pyöreä), lors de la prononciation desquelles les lèvres forment une espèce de rond (comme pour [u]), on parle alors de voyelles labialisées (labiaalinen). Ou bien on peut étirer les lèvres pour ouvrir la bouche en largeur (comme pour le [a] français, parisien notamment), on obtient alors des voyelles écartées (lavea) ou illabiales (illabiaalinen).

En français, on observe aussi que, pendant la production de certains phonèmes, les lèvres vont beaucoup plus vers l’avant qu’en finnois. Un [u] français comme dans toujours se prononce avec une plus grande projection des lèvres (eteenpäin työntyminen) que par exemple hullu en finnois.

12. Les lieux d’articulation et les organes articulateurs
       
1 lèvre supérieure 10 luette (uvulaire)
2 dents supérieures 11 paroi pharyngale
3 alvéoles (alvéolaire) A lèvre inférieure
4 alvéoles (post-alvéolaire) B pointe de la langue (apical)
5 palais (prépalatal) C couronne de la langue (coronaire)
6 palais (médiopalatal) D dos de la langue (prédorsal)
7 palais (post-palatal) E dos de la langue (médiodorsal)
8 voile du palais (vélaire) F dos de la langue (post-dorsal)
9 voile du palais (post-vélaire) G racine de la langue (radical)

2.4. Le lieu d’articulation

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2.4.1. Le resserrement

La langue se déplace dans la bouche contre les dents ou le palais (kitalaki) pour former des sons en provoquant un resserrement (kapeikko) dans le canal vocal ; le son produit dépend de la forme de ce resserrement. D’autres parties de la bouche peuvent également former un resserrement, comme les lèvres, le pharynx ou la luette (kitakieleke), voir tableau p. 14. Souvent, il y a resserrement du canal vocal en plusieurs endroits de la bouche à la fois, mais en général il y a un point plus important que les autres, qui caractérise le son produit. Le resserrement peut être complet, l’air est alors « bloqué », on dit qu’il y a occlusion (okkluusio) ; c’est ce qui se passe quand on prononce un [p], cela donne des sons qu’on appelle des consonnes occlusives (klusiilit). Le resserrement peut être partiel — un petit peu d’air peut passer par le passage — et on dit qu’il y a constriction (konstriktio), comme pour [f] ou [s], qui sont des consonnes qu’on appelle des constrictives (frikatiivit). Les deux diffèrent fondamentalement : l’occlusion se produit en une fois (il y a occlusion ou il n’y a pas occlusion), alors que pendant la constriction, on peut faire passer l’air en continu ; on peut prononcer un [f] long de plusieurs minutes, si on a du souffle, mais dans la prononciation normale la constrictive ne dure pas plus longtemps que l’occlusive.

L’endroit où se produit le resserrement s’appelle le lieu d’articulation (ääntymäpaikka), qu’on peut définir de la manière suivante : « le lieu d’articulation d’une consonne est l’endroit du canal vocal (bouche et paroi pharyngale) où l’air phonateur rencontre un obstacle (partiel ou total) par suite du mouvement d’un ou de plusieurs organes possibles. » (F. Carton, Introduction à la phonétique du français, p. 24.)

Dans le cas des voyelles aussi, la langue se place d’une manière particulière. La différence, c’est qu’il n’y a pas un resserrement aussi important que dans les consonnes. Mais on décrit aussi les voyelles par la position de la langue dans la bouche, autrement dit par le lieu d’articulation.

2.4.2. Le lieu d’articulation

Pour décrire le lieu d’articulation, on peut définir :

a. la position « en hauteur » de l’organe qui articule, c’est-à-dire la distance minimale entre les deux parties de la bouche (les deux lèvres l’une contre l’autre, la langue contre le palais, la luette contre le palais etc.) qui provoquent le resserrement. On appelle cela l’aperture (väljyys) (ou, improprement, « l’ouverture ») :

b. la position du point de resserrement dans le sens longitudinal (pituussuunnassa) (en avant ou en arrière de la bouche). Par exemple le lieu d’articulation peut se trouver au niveau des alvéoles (hammasvalli) : la langue touche les alvéoles, il s’agit donc d’une consonne alvéolaire (al­veo­laa­ri­nen) ; ou bien la langue touche le palais dur, il s’agit d’une consonne palatale (pa­la­taa­li­nen).

Dans le cas des consonnes, ces lieux d’articulation font toujours fonctionner au moins deux éléments qui sont en contact (sinon on ne peut pas « boucher » le canal vocal). Quand on parle de consonne postpalatale, cela veut dire que c’est un contact entre l’arrière (post-) du palais dur (palatal) et un point de la langue. Il est évident que ce point de la langue varie lui aussi : dans le cas d’une postpalatale, ce n’est évidemment pas la pointe de la langue qui vient se placer à l’arrière du palais dur (ce serait physiologiquement impossible), mais le dos (plus précisément la partie post-dorsale). Par exemple un [t] se fait avec la pointe de la langue (l’apex) contre les alvéoles : la consonne est dite « apico-alvéolaire » (apikaalialveolaarinen). C’est la même chose pour les voyelles, sauf que, comme la langue ne se rap­pro­che pas autant du palais et qu’il n’y a pas contact, la définition du lieu d’articulation est un peu plus « vague ».

Il faut se rappeler également que cette description n’est pas une description « topographique » exacte au millimètre près (millimetrin tarkkuudella) : il peut y avoir de grandes variations lors de chaque réalisation. Ce qui importe, c’est l’opposition entre les différentes zones où se produit le son, autrement dit la po­si­tion relative.

2.5. Consonnes et voyelles • résumé des termes

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2.5.1. La différence entre consonnes et voyelles

C’est une répartition qui semble universelle et intuitivement facile à comprendre, mais qui n’est pourtant pas évidente. La définition qu’on donne en général, c’est que la voyelle est un phonème qui peut former une syllabe à lui seul. Cette définition est une définition fonctionnelle (qui concerne l’emploi de la consonne). Ce n’est pas une définition phonétique. En effet, dans un assez grand nombre de langues, une consonne peut former une syllabe : par exemple le [n] dans l’anglais button ou en tchèque Pilzn etc.

Wiik (Wiik p. 35-36) donne une définition par élimination. Ce qui caractérise la voyelle, c’est qu’il n’y a pas d’obstacle fermant complètement le passage de l’air (l’air passe librement) et que l’aperture est assez grande. Toute consonne, au contraire, forme toujours un barrage (este). Avec les occlusives, l’air ne passe pas du tout ; avec les constrictives l’air ne passe que difficilement. Avec un [n] ou un [m] , l’air passe librement, mais à travers le nez : on peut donc définir une voyelle en disant que c’est un son lors duquel l’air peut sortir librement à travers la bouche. Pour éliminer les sons comme [j], qui est prononcé au départ comme [i], mais avec ensuite un mouvement de la langue qui se rapproche du palais, et comme [l], lors duquel l’air peut passer librement et continuellement par la bouche (mais sur les côtés de la langue — d’où le nom de latérale), Wiik propose la définition suivante :

Il y a d’autres manières de définir la différence entre voyelles et consonnes, notamment du point de vue acoustique, voir 7.1.2..

2.5.2. Résumé des termes

Le tableau suivant résume les termes physiologiques utilisés en phonétique mentionnés dans ce chapitre et les adjectifs correspondants, avec l’étymologie, qui permet d’expliquer le sens de l’adjectif :

14. Termes français et finnois
Nom Adjectif Sens
larynx kurkunpää laryngal laryngaalinen grec larynx « gorge »
glotte äänirako glottal glottaalinen grec glottê , langue
pharynx nieluontelo pharyngal faryngaalinen grec pharynx, « gorge »
lèvres huulet labial labiaalinen latin savant labium « lèvre »
dents hampaat dental dentaalinen de dent
alvéoles hammasvallit alvéolaire alveolaarinen de alvéole kuoppa
palais (dur) (kova) kitalaki palatal palataalinen latin palatum
voile du palais kitapurje vélaire velaarinen latin velum « voile du palais »
luette kitakieleke uvulaire uvulaarinen latin savant uvula, de uva « raisin »
pointe de la langue kielen kärki apical apikaalinen latin apex « pointe »
dos de la langue kielen selkä dorsal dorsaalinen latin médiéval dorsalis, de dos
racine de la langue kielen juuri radical radikaalinen latin radix « racine »

3. Classement des consonnes du français

3.1. Le lieu d’articulation
3.2. Les modes articulatoires : les occlusives
3.3. Les modes articulatoires : les constrictives
3.4. Les modes articulatoires : les sonantes
3.5. Résumé : les consonnes du français
3.6. Le voisement
3.7. Divers 

3.1. Le lieu d’articulation

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3.1.1. La zone de contact

Le lieu d’articulation a été défini au § 2.4.. Pour les consonnes, c’est l’endroit où la langue, ou bien un autre organe de la bouche (luette, lèvres) forme un resserrement contre un autre organe. Le lieu d’articulation se définit notamment par la zone dans laquelle se produit le resserrement :

zone de resserrementtype de consonne exemple en français 
lèvresbilabiale bilabiaalinen/b/
dents et lèvreslabiodentale labiodentaalinenf
dentsdentale dentaalinent, d
entre les dentsinterdentale interdentaalinen  (anglais th)
alvéolesalvéolaire alveolaarinens
avant des alvéoles pré-alvéolaire prealveolaarinen
milieu des alvéolesmédio-alvéolaire medioalveolaarinen
arrière des alvéolespost-alvéolaire postalveolaarinenʃ
palais durpalatale palataalinen
avant du palais durprépalatale prepalataalinen
milieu du palais durmédiopalatale mediopalataalinenj
arrière du palais durpostpalatale postpalataalineng+a
voile du palais, palais mouvélaire velaarinenk+u
luetteuvulaire uvulaarinenr français
racine de la langueradicale radikaalinenr parisien
pharynxpharyngale faryngaalinen
larynxlaryngale laryngaalinenʔ (occlusive glottale)

La liste ci-dessus donne une liste quasi complète de toutes les zones d’articulation, et on voit qu’en français, toutes ne sont pas utilisées. [1]

3.1.2. La partie de l’organe en contact

Mais l’indication du lieu où se produit l’articulation ne suffit pas : il faut aussi indiquer l’organe ou la partie de l’organe qui est en contact avec un autre. En général, c’est la langue, qui se trouve en bas, qui se place contre une partie de la bouche qui se trouve en haut. La langue peut aussi se placer entre les dents : on obtient une interdentale. Cela peut aussi être le dos de la langue qui se place contre le palais mou : on obtient une dorsovélaire, ou bien la racine de la langue qui se place contre la luette, on obtient alors une radico-uvulaire. On peut donc classer les consonnes du français d’après le lieu d’articulation de la manière suivante :

point de contact 1point de contact 2nomexemple
(inférieur) (supérieur)

Lèvre inférieurelèvre supérieurebilabialep b m
Lèvre inférieuredents du hautlabiodentalef v
pointe de la languedentsapicodentalest d n s z
dos de la languepalais antérieurdorsopalatal ou prépalatalʃ ʒ
dos de la languepalais durdorsopalatalk g ɲ j
dos de la languevoile du palaisdorsovélairek g
racine de la langueluetteradico-uvulaireʁ

Ce classement du lieu d’articulation pourrait être affiné (tarkennettu) en tenant compte des différentes variantes de certaines consonnes : devant [a], la consonne [k] est prévélaire, alors que devant [u] elle est post-vélaire, et devant [i] post-palatale. Il suffit cependant de parler de palatale ou de vélaire ; comme on indique en général aussi la partie de la langue qui touche le palais, on n’utilise en général que deux éléments, et on peut donc dire que [k] est une dor­so­pa­la­tale ou dorsovélaire  (mais si on veut être très précis, on peut définir par exemple [ʒ] comme une prédorso-prépalatale labiale). En général, à l’intérieur d’une même langue, il n’y a que trois types d’occlusives : bilabiale, dentale/alvéolaire et palatale/vélaire (P – T – K). Pour cette raison, une classification moins précise est en général suffisante : bilabiale – dentale – vélaire. [2]

3.2. Les modes articulatoires : les occlusives

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3.2.1. Le mode articulatoire

Comme le montre la liste 3.1., [t] et [s] sont des apicodentales. Bien qu’elles aient le mê­me lieu d’articulation, ces deux consonnes ne sont pas des phonèmes identiques. Ce qui les distingue, c’est la manière dont elles sont prononcées, ce qu’on appelle le mode d’articulation ou mode articulatoire (ääntymätapa), qui est le deuxième critère important de classement des consonnes. C’est ainsi qu’on peut opposer :

  1. les consonnes qui forment un barrage à l’air, qui obstruent (tukkia [1]) le passage de l’air ; ce sont
  1. les consonnes lors de la prononciation desquelles l’air peut sortir pratiquement librement, et qu’on appelle les sonantes (resonantit).

3.2.2. Les occlusives

Les occlusives (klusiilit) sont les consonnes prononcées par une occlusion (tukkeuma) du canal vocal qui est suivie d’une ouverture : fermeture complète, puis explosion de l’air. Les occlusives ont ceci de particulier que leur prononciation ne s’entend que quand elles cessent : une occlusive en train d’être prononcée, c’est du silence ! Ce n’est que quand elle a été prononcée qu’on entend « ce qu’elle a été ».

Il y a trois phases (vaihe) dans la prononciation d’une occlusive : mise en place (asettuminen) des organes (par exemple le placement de la langue contre les alvéoles), tenue (pitäminen), et détente (laukeaminen), qui sont des termes physiologiques. En termes phonétiques, on dit que la première phase est la phase d’implosion (imploosio ou tiivistymävaihe) ; vient ensuite la phase d’occlusion (okkluusio ou umpivaihe) et enfin la phase d’explosion (eksploosio ou laukeama).

Ces trois phases se font en une seule séquence (jakso) : si on ouvre le passage de l’air, la consonne « se prononce ». Quand deux occlusives identiques se suivent, il n’y a pas d’explosion entre les deux : on passe de l’une à l’autre sans changement, comme en français par exemple dans toute tordue. Autrement dit, quand en finnois on prononce takki, on ne prononce pas deux occlusives successives (ce qui donnerait quelque chose comme [takəki]), simplement, on retarde, on prolonge la phase de tenue. On imagine qu’on prononce deux consonnes seulement parce qu’on est habitué à voir deux consonnes écrites. Dans la réalité, il s’agit d’une occlusive avec une phase de tenue plus longue, ce qu’on peut schématiser de la manière suivante :

laki k = mise en place tenue détente [k]
lakki kk = mise en place t  e  n  u  e détente [kː]

(Le signe ː indique une consonne ou une voyelle longue.)

3.2.3. Groupes de plusieurs occlusives

En revanche, quand une occlusive est suivie d’une autre consonne (donc pas une occlusive), il y a en général explosion avant la deuxième consonne, surtout si les deux consonnes ont un lieu d’articulation différent. Si le lieu d’articulation est le même, comme pour [tn] dans ethnie, il n’y a pas d’explosion entre les deux consonnes. La détente se produit dans ce cas-là après la deuxième consonne (elle se produit par le nez dans le cas de [tn] ou par les côtés de la langue dans le cas de [tl] dans atlas). De même, si deux occlusives se suivent, la détente se produit seulement après la deuxième occlusive comme dans le [pt] d’aptitude. La première occlusive, en position uniquement implosive, est donc assez faible (il manque la phase d’explosion). Cette tendance est générale en français, qui est une langue qui n’aime pas les suites de consonnes. C’est ce qui permet de comprendre le phénomène de l’assimilation de sonorité ou l’assimilation du lieu d’articulation dans certaines variantes du français. [2]

3.2.4. Voisement

Les occlusives peuvent être sourdes (sans voisement) ou sonores (avec voisement). Quand l’occlusive est sonore, les plis vocaux vibrent. La vibration des plis vocaux se déclenche (alkaa) en général après la mise en place. Mais il est essentiel que cette vibration commence avant la phase de détente, sinon on obtient une occlusive sourde. Voir Le voisement 3.6.. Les occlusives du français sont les suivantes :

[p]  [t]  [k]
[b]  [d]  [g]

3.3. Les modes articulatoires : les constrictives

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3.3.1. Les constrictives

Les constrictives (frikatiivit ; en français, le terme de fricative est un terme auditif) sont des consonnes prononcées avec un resserrement (= constriction) important du canal vocal, suivi d’une ouverture. Il y a également trois phases : mise en place (asettuminen) des organes — le dos de la langue presque contre le palais —, tenue (pitäminen), et détente (laukeaminen). Contrairement aux occlusives, pendant la tenue, l’air n’est pas complètement bloqué : il peut passer. Il y a donc un « souffle » qui sort et c’est le type de souffle (raclement, sifflement, battement etc.) qui fait comprendre de quel phonème il s’agit. La tenue et la détente ont la même importance. Les constrictives durent donc un tout petit peu plus longtemps que les occlusives, car il n’y a pas d’explosion comme pour les occlusives (qui sont caractérisées par un passage : d’abord on n’a rien, puis on entend quelque chose), mais un « frottement » (hankaus). Les constrictives peuvent être prononcées de manière continue : on peut prononcer un s ou un r pendant une minute si on veut (c’est pourquoi on appelle parfois les constrictives des consonnes continues. Dans la pratique, bien sûr, les constrictives ne durent pas beaucoup plus longtemps que les occlusives.

Comme les constrictives sont le résultat d’un frottement, on peut varier la force du frottement, sans le supprimer complètement. C’est ainsi qu’on peut prononcer des constrictives doubles, en provoquant une légère détente puis en resserrant le passage :

lasi s = mise en place tenue détente
[s]
kassi ss = mise en place tenue / détente tenue détente
[s] [s]

(Le signe ː indique une consonne ou une voyelle longue.)

3.3.2. Mode articulatoire

Les constrictives peuvent elles aussi être soit sourdes (sans voisement) soit sonores (avec voisement). Là encore, la sonorité est provoquée par la vibration des plis vocaux (le voisement) pendant la phase de tenue et de détente. Il est important de maintenir le voisement encore pendant la phase de détente, sinon la consonne est sentie comme sourde. En français standard de France, dans ils sont quatorze, le z est prononcé nettement sonore. Dans la variante belge du français, le z s’entend comme un [s], non pas parce qu’il est prononcé au départ comme un [s] — il y a un début de sonorisation — mais parce que pendant la phase de détente le voisement cesse. Le résultat, c’est qu’on entend pratiquement [s]. En français standard, le voisement est net, parce qu’il se maintient jusque pendant la détente. Les constrictives du français sont les suivantes :

[f]  [v]  [ʃ]  [ʒ]
[s]  [z]  [j]  [w]  [ɥ]

On trouve également des constrictives à articulation double, le [w] et le [ɥ] : il y a un res­ser­re­ment des lèvres et un resserrement au niveau de la langue et du palais ([ɥ]) ou de la langue et du voile du palais ([w]). Il y a en plus un mouvement d’ouverture des lèvres à la fin de l’émis­sion.

Dans le cas de [j], [w] et [ɥ], l’air sort par la bouche de la même manière que pour les voyelles, mais il y a en plus un mouvement de la langue et/ou des lèvres. Sans le mouvement de la lan­gue et des lèvres, ces phonèmes seraient des voyelles ([i], [y] et [u]). Elles ont donc certaines caractéristiques des voyelles, c’est pourquoi on les appelle des semi-consonnes (ou semi-voy­el­les) : pour cette raison, on peut aussi les ranger parmi les sonantes (voir ci-dessous).

3.3.3. La forme du resserrement

Dans le cas des constrictives, il faut tenir compte également de la forme du resserrement. Quand c’est la racine de la langue qui frotte contre le pharynx (comme pour [ʁ] pharyngal), le resserrement est fait sur toute la largeur de la langue et de manière uniforme. Mais quand c’est le dos de la langue qui forme le resserrement, il peut y avoir différentes possibilités : au lieu d’être plate, la langue peut se creuser, s’incurver (käyristyä) et former une sorte de sillon (kouru). Quand le sillon est assez profond, donc quand la langue est assez incurvée, on obtient des chuintantes (sibilantit) comme [ʃ] et [ʒ] ; quand la langue est assez peu incurvée, on obtient des sifflantes (spirantit), comme [s] et [z] (chuintante et sifflante sont des termes auditifs descriptifs, phonétiquement ces phonèmes sont des constrictives). [1]

3.4. Les modes articulatoires : les sonantes

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3.4.1. Les sonantes

Il existe une troisième catégorie de consonnes, les sonantes (resonantit). Il y a un obstacle dans la bouche, mais l’air peut passer facilement, et, surtout, il y a en même temps une forte ré­so­nan­ce. Le phonème [m] est par exemple une sonante, il peut même former une sorte de mot, le hum (hymähdys). En règle générale, les sonantes sont sonores. En français, les sonantes sont de trois types :

3.4.1a. Les nasales

La bouche est fermée par les deux lèvres placées l’une contre l’autre ([m]), par la langue placée contre les alvéoles ([n]) ou par la langue placée contre le palais dur ([ŋ]). Le voile du palais est abaissé, et l’air résonne dans le nasopharynx (nenä- ja nieluontelo), mais aussi dans la bouche. Tout ne résonne pas dans le nez ! Sur le plan phonologique, les nasales correspondent à des occlusives :

[p]  /  [b]  — [m]
[t]   / [d]   — [n]
[k]  / [g] — [ŋ]

Il existe enfin une quatrième consonne nasale, une nasale palatale [ɲ] transcrite par gn (comme dans montagne), mais en français moderne, elle est prononcée sous forme de [n+j], voir 4.15..

Il y a aussi en français des voyelles nasales. Elles sont prononcées selon le même principe de base : abaissement du voile du palais. La différence, c’est que, dans le cas des consonnes, le voi­le du palais s’éloigne beaucoup plus de la paroi (seinämä) du pharynx que dans le cas des voyelles. On peut dire d’une certaine manière que pour les voyelles, la nasalisation n’est qu’une « coloration » supplémentaire.

3.4.1b. Les vibrantes

Les vibrantes (tremulantit) sont des consonnes provoquées par un battement, c’est-à-dire par de légères occlusions répétées. Il s’agit en français essentiellement des variantes de r. Le r normal est en français le r dit « grasseyé » (terme qui correspond à sorautettu r ; c’est un terme descriptif sans véritable valeur phonétique). Cet /r/ est habituellement prononcé par des bat­te­ments du voile du palais (et aussi de la luette). Il existe un r dit « roulé » (le même que le r finnois, lequel comporte cependant plus de battements) : il est prononcé avec la pointe de la langue contre les alvéoles. Le lieu d’articulation est tout à fait différent du r normal du français. Pourtant, le phonème est compris comme r. En français (de France, de Belgique, du Québec, de Suisse), il est uniquement régional, et on n’y accordera pas d’attention particulière.

3.4.1c. Sonante latérale

La sonante latérale du français est /l/. Dans le cas de [l], l’air ne passe pas par le milieu du res­serrement, mais sur les côtés libres de la langue : c’est pourquoi on l’appelle « consonne la­té­ra­le » (sivu-, la­te­raa­li­nen).

3.4.2. Terme à retenir : les liquides

On regroupe souvent [ʁ] et [l] sous le nom de liquides (likvidat). C’est un terme descriptif sans va­leur pho­né­tique, mais qui est utile pour mettre sous un même nom ces deux phonèmes, qui ont dans certains cas un comportement semblable (dans le découpage en syllabes, par ex­em­ple).

3.5. Résumé : les consonnes du français

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3.5.1. Mode articulatoire et lieu articulatoire

Pour définir avec précision chaque phonème, on peut utiliser un classement qui combine les critères de mode articulatoire et de lieu articulatoire. On obtient alors le résumé suivant :

19. Tableau des consonnes du français
Modes articulatoires → occlusives constrictives sonantes
Lieux articulatoires ↓ s
o
u
r
d
s
o
n
o
r
e
s
o
u
r
d
s
o
n
o
r
e
d
o
u
b
l
e
n
a
s
a
l
l
a
t
é
r
a
l
v
i
b
r
a
n
t
Bilabiales pbɥ wm
Labiodentales fv
dentales et alvéodentales tdn
Alvéolaires szl(r)
post-alvéolaires ʃʒ
Médiopalatales jɥ(ɲ)
post-palatales kg
pré- ou postvélaires kgwŋ
post-vélaires kgʁ
Uvulaires
Pharyngales (ʁ)
Laryngales (ʔ)(h)

3.5.2. À noter

  1. Dans le tableau, il y a deux phonèmes qui se trouvent en même temps à deux endroits différents : [ɥ] et [w]. Ce sont tous deux des constrictives sonantes à double articulation : il y a un mouvement des lèvres en avant comme pour prononcer [y] et [u] (ce sont des bilabiales), mais avec en même temps un second resserrement : la langue se rapproche du palais dans le cas de [y], c’est donc une dorsopalatale, et se rapproche du voile du palais dans le cas de [w], qui est une dorsovélaire.
  2. Dans ce tableau, on trouve mentionnés plusieurs r : [r], [ʁ] et [ʁ]. Le premier, alvéolaire, est l’ r « roulé » (le r du finnois), qui ne fait pas partie du système phonétique du français standard. L’ r normal est le [ʁ] post-vélaire ou uvulaire, qui se prononce avec des vibrations du voile du palais (et éventuellement de la luette, mais pas toujours) contre le dos de la langue. Il peut se prononcer sans vibration. Il est alors « dévibré », et transcrit [ʁ̥]. C’est notamment le cas à la fin des mots : pire [piʁ] ou [piʁ̥].
  3. La nasale médiopalatale [ɲ] n’est plus guère employée, elle est aujourd’hui réalisée sous la forme [nj]. Voir 4.15..

3.6. Le voisement

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3.6.1. Description

Le voisement est la vibration des plis vocaux (2.1.3), autrement dit le passage de l’air à travers la glotte avec ouverture et fermeture successive des plis vocaux. Quand l’air passe et que les plis vocaux vibrent, le son est voisé. On parle de phonèmes sonores. Voisé est un terme physiologique, sonore est un terme auditif. Inversement, quand l’air ne passe pas (les plis vocaux sont fermés) ou quand les plis vocaux ne vibrent pas (l’air passe, mais les plis restent écartés), le son produit n’est pas voisé. On parle alors de phonèmes sourds.

Les voyelles, qui sont prononcées avec un passage de l’air continu, ont donc naturellement tendance à être sonores. C’est aussi le cas des sonantes, qui sont prononcées avec passage de l’air. Inversement, les constrictives et, surtout, les occlusives, qui forment un barrage au passage de l’air, ont tendance à être sourdes.

3.6.2. Tendances générales et particularismes

Ces tendances se retrouvent dans toutes les langues du monde, mais ne sont pas des règles absolues. En effet, on peut, pour produire des sons plus variés, mettre en marche des mécanismes inverses :

  1. On peut faire cesser le voisement alors que l’air passe librement, et produire des voyelles ou des so­nan­tes sourdes. En français, c’est essentiellement le cas du [ʁ] dévibré.
  2. On peut provoquer un voisement alors que le passage de l’air est empêché. Puisque, pour que le voisement se réalise, il faut faire vibrer les plis vocaux (et donc faire passer de l’air entre ceux-ci), il faut bien que l’air aille « quelque part ». Dans le cas des constrictives, comme il y a un rétrécissement im­por­tant mais pas complet, l’air peut facilement sortir par le passage qui existe (comparer [s] et [z], par exemple). Dans le cas des occlusives, l’air ne passe pas : il s’emmagasine (kerääntyy) dans les cavités (ontelot) supralaryngales (au-dessus du larynx), qui se gonflent. En même temps, l’épiglotte (kur­kun­kan­si) est abaissée, ce qui agrandit encore la cavité ainsi créée. Lorsqu’on prononce une occlusive sonore, cette cavité se gonfle comme un ballon, ce qu’on sent très bien si on essaie de prononcer par exemple un [b]. évidemment, comme la cavité n’est pas énorme, on ne peut pas emmagasiner (kerätä, varastoida) de l’air très longtemps et au bout d’un moment, la prononciation de l’occlusive sonore devient impossible, car on ne peut plus emmagasiner de l’air et donc faire vibrer les plis vocaux. Dans le cas de [b], on a encore la possibilité de mettre de l’air dans la bouche et de gonfler les joues (qui servent de réservoir supplémentaire). On peut donc prononcer un [b] assez longtemps (durant 2 ou 3 secondes). En revanche, on ne peut pas prononcer un [g] aussi longtemps : la langue se place plus en arrière, la cavité buccale est donc nettement plus petite et comme l’articulation du [g] se fait à l’arrière, on ne peut pas non plus gonfler les joues. Il est difficile de prononcer un [g] pendant plus d’une seconde.

3.6.3. Sons marqués et non marqués

Quand les sons d’une langue suivent la tendance naturelle (par exemple être sourd dans le cas d’une occlusive, être sonore dans le cas d’une sonante), on dit qu’ils sont non marqués (tunnusmerkitön). Quand ils s’opposent à la tendance naturelle (par exemple une occlusive sonore), on dit qu’ils sont marqués (tunnusmerkillinen). Cette opposition entre marqué et non marqué permet de créer des op­po­si­tions phonologiques supplémentaires (et donc des phonèmes supplémentaires). En finnois, on n’utilise pas la marque de la sonorité comme moyen de création d’oppositions phonologiques. C’est pourquoi il est si difficile pour les finnophones de distinguer les sourdes des sonores. Le finnois n’utilise pas l’opposition sourde / sonore pour différencier les mots. [1]

En termes physiologiques : le finnophone n’est pas habitué dans sa propre langue à faire gonfler comme un ballon la cavité supralaryngale, et c’est pourquoi la production des occlusives sourdes demande beaucoup d’efforts avant de devenir « automatique » [2]. Comme on le voit dans le tableau 19, le français utilise le voisement pour créer deux séries de phonèmes qui s’opposent : une série d’occlusives [p-t-k / b-d-g] et de constrictives [f-s-ʃ / v-z-ʒ]. Pour les autres consonnes, par exemple [ ʁ], [j] ou [l], l’opposition sourde/sonore ne joue aucun rôle : cependant, il y a bien une différence entre le [l] de boucle, qui est sourd, et le [l] de sigle, qui est sonore, mais, comme on l’a dit, elle ne joue aucun rôle sur le plan pho­no­lo­gique.

3.7. Divers

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3.7.1. La force d’articulation

On peut également distinguer (eritellä) les consonnes selon la force musculaire utilisée pour les réaliser :

Il existe une loi de compensation musculaire de l’énergie. Une occlusive sonore est moins forte qu’une occlusive sourde, car une partie de l’énergie musculaire a été utilisée pour le voi­se­ment. Les nasales [n] et [m] sont considérées comme plus faibles que les occlusives [d] et [b] ; de même, l’énergie des palatales est plus importante que celle des non palatales.

Ce classement d’après l’énergie musculaire ne permet pas de distinguer des traits aussi nets que d’autres classements. De plus, il n’existe pas beaucoup d’informations objectives et pré­ci­ses à ce sujet. Mais il importe quand même de se rappeler qu’il existe une différence entre les consonnes sur ce plan-là, car elle permet de mieux comprendre par exemple les phénomènes d’assimilation.

3.7.2. Fréquence des consonnes

Des statistiques relativement récentes (réalisées par Wioland, en 1991 ; cité par Léon P., p. 75) indiquent la fréquence suivante par ordre décroissant :

ʁ 7,25 %d 4,03j 2b 1,4
s 6m 3,8ʒ 1,6ʃ 0,5
l 5,6p 3,7z 1,5ɥ 0,5
t 5,3n 3f 1,4g 0,4
k 4,06v 2,7w 1,4

On voit la très grande fréquence de ʁ et l’utilité de bien savoir le prononcer. De même, s est très fréquent. (Voir Exercices de prononciation).

Le français compte en moyenne environ 56 % de consonnes et 44% de voyelles. Il y a beaucoup de sonantes (près de 21 %), qui contribuent, avec les voyelles (un total de 65% des phonèmes), à donner une impression de sonorité et d’harmonie (sur le plan phonostylistique, les langues avec beaucoup de voyelles sont perçues comme harmonieuses et mélodieuses).

3.7.3. Correspondance des termes désignant les consonnes

Plan physiologiquePlan acoustique et auditif
voisée soinnillinensonore soinnillinen
non voisée soinnitonsourde soinniton
occlusive klusiiliexplosive eksplosiivinen
constrictive konstriktiivinenfricative frikatiivinen
mi-occlusive puoliklusiiliaffriquée affrikaatta
latérale lateraalinenliquide likvidi
vibrante dorso-uvulaire dorsouvulaarinen tremulanttigrasseyé sorautettu

4. Description des consonnes du français

4.1. Les occlusives bilabiales [p] et [b]
4.2. Les occlusives apicodentales [t] et [d]
4.3. Occlusives palatovélaires : [k]
4.4. Occlusives palatovélaires : [g]
4.5. Les constrictives labiodentales [f] et [v]
4.6. Prononciation des constrictives sifflantes [s] et [z]
4.7. Graphie de [s]
4.8. Prononciation du s final de plus
4.9. Graphie de [z]
4.10. Les constrictives chuintantes [ʃ] et [ʒ]
4.11. Graphie de [ʃ]
4.12. Graphie de [ʒ]
4.13. La nasale bilabiale [m]
4.14. Les nasales apicodentale [n] et vélaire [ŋ]
4.15. Graphie du groupe [nj]
4.16. Les liquides et le découpage en syllabes
4.17. Phonétique et prononciation des liquides [l] et [ʁ]
4.18. Graphie de [ʁ]
4.19. Graphie de [l]
4.20. Les semi-consonnes
4.21. Synérèse et diérèse
4.22. Phonétique et prononciation de [j]
4.23. Graphie de [j]
4.24. La semi-consonne [w]
4.25. La semi-consonne [ɥ]
4.26. Tableaux-résumés

4.1. Les occlusives bilabiales [p] et [b]

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4.1.1. Phonétique et prononciation

Les deux occlusives bilabiales [p] et [b] sont prononcées par un mouvement de fermeture des deux lèvres très caractéristique.

4.1.2. Graphie de [p]

Le phonème [p] est transcrit par p ou pp au début ou au milieu des mots, et il se prononce aussi habituellement à la fin des mots (plus de 100 mots) :

papa, épopée, appui, trappe etc.
cap, cep, top, slip, hanap

4.1.3. Exceptions

a. La lettre p ne se prononce pas à l’intérieur de certains mots, dont la plupart sont tout à fait courants, compter, baptiser et sculpter, et leurs dérivés :

compte [kɔ̃t], accompte [akɔ̃t], compter [kɔ̃te]
comptable [kɔ̃tabl], comptabilité [kɔ̃tabilite], comptabiliser [kɔ̃tabilize]
baptiser [batize], débaptiser [debatize], rebaptiser [ʁəbatize]
baptême [batɛm], baptismal [batismal], baptistère [batize]
sculpter [skylte], sculpteur [skyltœʁ], sculpture [skyltyʁ]

b. La lettre p ne se prononce pas à la fin d’un certain nombre de mots, dont certains sont très courants :

champ, coup, beaucoup, contrecoup (moins fréquent : contrechamp)
loup, drap, trop, galop, sirop

On ne prononce pas non plus le p dans les formes du présent du singulier de l’indicatif et de l’impératif du verbe rompre et de ses composés :

je romps [ʁɔ̃], tu romps [ʁɔ̃], elle rompt [ʁɔ̃]
je corromps [koʁɔ̃], tu corromps [koʁɔ̃], il corrompt [koʁɔ̃]
j’interromps [ɛ̃tɛʁɔ̃], tu interromps [ɛ̃tɛʁɔ̃], elle interrompt [ɛ̃tɛʁɔ̃]
Ne m’interromps [mɛ̃tɛʁɔ̃] pas sans arrêt !

c. Dans le groupe -ps en finale, le p et le s se prononcent [-ps], au total environ 20 mots, dont la plupart sont assez rares :

laps, turneps, schnaps

Mais le groupe -ps ne se prononce pas dans dans les mots corps et temps et leurs composés (autrement dit, les lettres ps ne transcrivent aucun phonème) :

temps, contretemps, entretemps, printemps
corps, anticorps, justaucorps
corps-à-corps [kɔʁakɔʁ] etc.

22. Résumé comparatif p et ps final
Règle normaleExceptionRègle normaleException
-p final
prononcé
-p final
non prononcé
-ps final
prononcé
-ps final
non prononcé
cap
cep
top
slip
hanap etc.
champ
contrechamp
coup
beaucoup
contrecoup
loup
drap
trop
galop
chips
laps
turneps
schnaps
clips
reps
forceps
princeps
etc.
temps
contretemps
entretemps
printemps
corps
anticorps
justaucorps
corps-à-corps

Voir aussi le tableau-résumé général sur la prononciation des occlusives en finale.

4.1.4. Graphie de [b]

Le phonème [b] se transcrit habituellement b, plus rarement bb, dans toutes les positions : à l’initiale, en milieu de mot et en finale de mots :

bien, robe, table, obéir
abbé, sabbat, kabbale, gibbeux

À la fin des mots, b se prononce habituellement. Il existe près de 40 mots dans lesquels le b se prononce, mais ils ne sont pas très fréquents :

club, bob, toubib, Jacob

Exceptions : b ne se prononce pas à la fin de quelques mots, dont l’un fait partie du vocabulaire courant, le mot plomb (lyijy), ainsi que dans le nom propre Christophe Colomb (Kristofer Kolumbus) :

plomb [plɔ̃], aplomb [aplɔ̃], surplomb [syʁplɔ̃]
Christophe Colomb [kʁistɔfkolɔ̃]

Dans radoub (laivan korjaus), l’usage est incertain, le b, final se prononce [ʁadub] ou non [ʁadu].

4.2. Les occlusives apicodentales [t] et [d]

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4.2.1. Phonétique et prononciation

Les deux occlusives apicodentales [t] et [d] sont prononcées avec la pointe de la langue (l’apex) contre l’arrière des incisives (etuhampaat) ou les gencives (ikenet).

[t] est sourd. Quand [t] est suivi d’une voyelle, les plis vocaux commencent à vibrer au moment de l’explosion. Il n’y a pas d’air qui sort de la glotte entre le moment de l’explosion et le début de la voyelle qui suit : le [t] n’est pas aspiré, comme il l’est dans les langues germaniques. En finale absolue, on entend cependant un petit souffle quand l’occlusion cesse. Le [t] finnois s’articule au même endroit, il n’y a donc pas de problème de position.

[d] est sonore : les plis vocaux vibrent. [d] est pour les finnophones une consonne à surveiller particulièrement. En effet, le [d] du finnois n’est pas une consonne sonore très forte et n’aide pas vrai­ment à prononcer le [d] français. Il faut réellement faire un effort volontaire pour mettre en marche la vibration des plis vocaux. De plus, la prononciation de [d] pose deux problèmes qui n’apparaissent pas pour [t] :

En finale absolue (ilmauksen lopussa), le [d] doit lui aussi être nettement sonore, on entend donc une sorte de son indéfini rappelant vaguement un [ə] : Finlande, Suède etc.

4.2.2. Graphie de [t]

a. La graphie habituelle du phonème [t] est t ou tt, dans de très nombreux mots :

tête, tenture, attirer, attenter etc.

À la fin des mots, la règle générale est que t ne se prononce pas (voir le tableau-résumé général sur la prononciation des occlusives en finale p. 47), ceci concerne des milliers de mots et formes verbales :

il doit, on bat, elle fait, un pont, le début, il mit etc.

Exceptions : t final se prononce dans des mots courants 

noms : but, dot, fait, aout, granit
adjectifs : brut, mat, net

Le mot granit sans -e signifie ”kova kivilaji” ; le mot granite avec un -e signifie ”graniitti”.

et dans quelques mots moins fréquents, ainsi que dans deux interjections :

azimut, bizut, occiput, rut, scorbut, ut etc. ; chut !, zut !

Bizut est la variante de bizuth (finnois ”fuksi”).

Dans aout, but et fait, la prononciation est facultative : on peut ne pas prononcer e t, mais la tendance moderne est de le prononcer systématiquement.

b. On trouve aussi assez fréquemment la graphie th :

thé, athée, thermique, méthane, cathode, mathématiques etc.

En finale de mot, le graphème th se prononce toujours. C’est d’ailleurs la fonction du h : il indique que le t se prononce. On trouve environ 30 mots de ce genre :

aneth tilli, vermouth, mammouth, math, bizuth etc.

sauf dans les mots suivants :

goth [go] (gootti), wisigoth [wizigo] (länsigootti), ostrogoth [ostʁogo] (itägootti)

Remarque : le groupe ti peut aussi transcrire [si] et [sj]. Voir 4.7. et l’Annexe.

4.2.3. Graphie de [d]

Le phonème [d] se transcrit habituellement d ou dd, dans de très nombreux mots :

dédale, dédouaner, addition, reddition, redondant, addenda etc.

À la fin des mots, la règle générale est que d ne se prononce pas, ce qui concerne des cen­tai­nes de mots (voir le tableau-résumé général sur la prononciation des occlusives en finale p. 47) :

nid, blond, poids, fond, attend, entend etc.

Exceptions : le d final se prononce dans les mots en -ad (il y en a une dizaine, qui sont rares [1]), les mots en -od (une dizaine, rares aussi), deux mots (d’origine arabe) en -ed :

tan-sad, Bagdad, nemrod, oued, bled

Le d le prononce également dans le mot sud (c’est le mot le plus important à retenir parmi ces exceptions) et dans talmud. En revanche, le d ne se prononce pas dans nord (ce qui est la règle normale). Comparer :

sud [syd]
nord [nɔʁ]

4.3. Occlusives palatovélaires : [k]

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4.3.1. Phonétique et prononciation

La consonne [k] est une occlusive dorsopalatale ou dorsovélaire prononcée avec le dos de la langue contre le palais ou le voile du palais. Le lieu d’articulation dépend essentiellement de la voyelle suivante : devant une voyelle antérieure [i], [y], [e], [ə], [k] est palatal ; devant [ɑ̃], [o], [u], [k] est vélaire. [k] est sourd. Il n’y a pas de vibration des plis vocaux, ni d’aspiration comme dans les langues germaniques.

4.3.2. Graphie

À cause de l’évolution très diverse du /k/ latin (transcrit originellement c), il existe de nom­breu­ses graphies pour le son [k], qui se transcrit :

24a. Graphèmes correspondant à [k]
k dans un nombre assez important de mots,
dans toutes les positions
kilo, teck, batik etc.
c ou ccdevant les lettres a, o, u tracas, écouter, acculer etc.
c en finale bec, lac, truc, soc, grec etc.
c devant consonne ou après consonne acte, secte, octobre, parc, turc
arc, fisc, talc, exact, abject etc.
cu ou ccu devant e dans le groupe -cueil [kœj] ; cette graphie correspond à c + euil, mais avec inversion du groupe eu pour éviter la lecture *ceuil qui se prononcerait [sœj] écueil, recueil, accueillir etc.
q à la fin de certains mots
Normalement on ne prononce pas le q de cinq devant consonne : cinq personnes [sɛ̃pɛʁsɔn].
coq [kɔk], cinq [sɛ̃k]
qu dans de nombreux mots que, quand, vainqueur, qualité etc.
cqu dans quelques mots acquérir, grecque, acquitter etc.
ch ou cch bien que ch corresponde normalement au phonème [ʃ], il se lit [k] dans des mots assez nombreux, voir 4.11. 2a et 2b. lichen, archaïque, Bacchus etc.
sch dans le groupe sch, on prononce assez souvent [sk], voir 4.11.2c. scherzo, schisme etc.

4.3.3. En finale

La règle générale, c’est qu’en position finale un c se prononce, sous la forme [k]). Le k final se prononce

sec, pic, bloc, truc, mec, lac, sac, bac, flic, plouc, clac etc.

Les exceptions sont cependant assez nombreuses. Le c final ne se prononce pas :

24b. c final non prononcé
après voyelle dans les motsestomac, tabac, accroc, croc, escroc, raccroc, caoutchouc (et des noms propres comme Saint-Brieuc)
dans quelques mots terminés en -nc et dans la forme verbale vainc ou convainc (3e personne du singulier de l’indicatif présent de vaincre et convaincre)ajonc, blanc, franc, jonc, tronc
dans le groupe -ct en finale dans les motsaspect, respect, suspect, circonspect, instinct, distinct, succinct
dans quelques mots terminés en -rc (mais le prénom Marc se prononce bien avec [k] : [maʁk])porc, clerc, marc, la Place Saint-Marc (à Venise)

Voir aussi le tableau-résumé général sur la prononciation des occlisives en finale p. 47

4.3.4. Remarques

Au féminin, le c ne se prononce pas dans succincte [syksɛ̃t], mais se prononce dans distincte  [distɛ̃kt]. Dans d’autres mots, ce groupe ct correspond à [kt] :

direct, intellect, select, impact, contact, compact, tract etc.

Il est impossible de prévoir quels sont les mots où on prononce [kt] et ceux où on ne prononce rien (aspect etc.). Le seul moyen est de les aprendre par cœur ou de vérifier dans un dictionnaire. Dans exact on entend parfois supprimer le groupe [kt] et prononcer [ɛgza], mais le plus souvent on prononce [ɛgzakt].

Dans le mot donc, on prononce un [k] final, mais certaines personnes le suppriment ; on le supprime assez fréquemment dans dis donc ! [didɔ̃] (Kuule!), mais ce n’est pas systématique. Le plus simple est de toujours prononcer le c de donc (par exemple [didɔ̃k]).

4.3.5. Cas particuliers

a. On trouve également le phonème [k] dans le groupe double [ks] qui est transcrit par la lettre simple x à l’initiale ou entre deux voyelles.

taxi, syntaxe, boxer, expérience, xylophone

Remarque : Dans le préfixe ex-, et certaines exceptions à l’initiale, x se lit [gz], voir 4.9.2.p. 30 §2.

b. Dans certains mots, qu correspond à [kw] ou [kɥ]. Voir 4.24.2. et 4.25.3., ainsi que des exemples 13.5., exercice 10 et 13.6. exercice 5 :

adéquat, équilatéral etc.

c. Le groupe cc devant e, i, y transcrit deux phonèmes [ks] (plus de 100 mots concernés):

accepter, accès, accident
coccinelle, accélérer, coccyx etc.

d. Le graphème qu est en général un digramme qui transcrit [k] et n’apparait jamais seul : il est toujours suivi d’une voyelle. Il y a cependant quelques mots où le q de qu transcrit [k+y]. Il s’agit essentiellement du mot piqure, et des composés rares comme surpiqure etc. Les deux autres sont rares aussi : arqure, craqure. Dans les graphies non rectifiées, l’u porte dans ces mots un accent circonflexe, justement pour indiquer que dans ce cas qu n’est pas un di­gram­me : piqûre (graphie encore fréquente), arqûre, craqûre.

4.4. Occlusives palatovélaires : [g]

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4.4.1. Phonétique et prononciation

La consonne [g] est une occlusive dorsopalatale ou dorsovélaire, prononcée avec le dos de la langue contre le palais ou le voile du palais. Le lieu d’articulation dépend essentiellement de la voyelle suivante : devant une voyelle antérieure [i], [y], [e], [ə], [g] est palatal ; devant [ɑ̃], [o], [u], [g] est vélaire. La consonne [g] est sonore : les plis vocaux vibrent. En finale absolue, on entend donc une sorte de son indéfini rappelant vaguement un [ə], mais qui ne forme pas une syllabe. Le [g] est une consonne à surveiller, mais en général assez facile à prononcer pour les finnophones.

4.4.2. Graphie

L’occlusive sonore [g] est transcrite par les graphèmes suivants :

g ou gg devant a, o, u (de très nombreux mots) gare, gui, aigu, algue, agglomérer, agglutiner etc.
gu devant e, i et (rare) y vague, blague, rogue, navigue, gui, Guillaume, aiguiser, Tanguy etc.
gu on trouve aussi la graphie gu devant a ou odans des formes verbales en se fatiguant, nous naviguons etc.
güe on met un tréma sur le u pour indiquer que gu ne forme pas un digramme, mais se lit [g]+[y]  [1] aigüe [egy], cigüe [sigy], ambigüe, exigüe, argüer,
gh dans les mots d’emprunt suivants ghetto, kirghize, larghetto, spaghetti
c dans second et les mots de la même famille, et et dans le mot zinc

Mais on entend aussi assez fréquemment prononcer zinc avec [k] final [zɛ̃k].

seconde [səgɔ̃]
secondaire [səgɔ̃dɛʁ]
seconder [səgɔ̃de]
zinc [zɛ̃g]
g ou ggdevant e ou i transcrit [g] dans des mots d’emprunt

Dans suggérer et les mots de la même famille gg transcrit [gʒ], voir 4.14..

geisha, yogi, gestalt, gestaltisme, gewurztraminer, boggie, buggy, groggy, jogger, joggeur, joggeuse, jogging, leggins etc.
gn le groupe gn transcrit normalement [nj] (4.15.), sauf dans un certain nombre de mots d’origine savante grecs ou latins, où il transcrit [gn], donc avec un [g], et et dans des mots d’emprunt gnose, gnostique, gnome ; diagnostic, diagnostiquer, stagner, stagnation, pugnace, pugnacité etc.
gneiss gneissi, gnou gnu-antilooppi etc.

4.4.3. Cas particuliers

On prononce un [g] dans le groupe [egz-], qui est la prononciation du préfixe ex- devant voyelle (4.9.) :

examen, exemple, exercice etc.

Dans certains mots, gu correspond à [gw] ou [gɥ]. Voir 4.24.2. et 4.25.3., ainsi que des exemples 13.5. exercice 10 et 13.6. exercice 5 :

jaguar, linguiste etc.

4.4.4. Exceptions en finale

À la fin des mots, la lettre g se prononce (voir le tableau-résumé général sur la prononciation des occlusives en finale p. 47) :

gang, grog, zigzag, mustang etc.

Exceptions : g ne se prononce pas dans un certain nombre de mots (environ 20 mots, dans la liste, les plus courants sont dans la première ligne), ainsi que dans quelques composés de ces mots, assez rares :

long, étang, faubourg, hareng, poing, sang, sang-froid
bourg, joug, seing, coing, harfang

Dans le groupe  ing, des mots d’emprunt d’origine anglaise, on prononce [iŋ(g)], voir 4.14..

Dans le mots legs (perintö), il y a flottement : on prononce [lɛ] ou [lɛg].

4.5. Les constrictives labiodentales [f] et [v]

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4.5.1. Phonétique

Les deux constrictives labiodentales [f] et [v] sont prononcées avec la lèvre inférieure appuyée sous les incisives (etuhampaat) supérieures. Ces deux phonèmes ne posent pas de problèmes aux finnophones, même si dans le système proprement finnois (pas dans les mots d’emprunt), il n’y a pas de [f]. [1]

4.5.2. Graphie de [f]

Le phonème [f] est en général transcrit f ou ff :

nef, fou, golf, soufre, baffe, souffre, effronté, affilier etc.

Dans un nombre important de mots (plusieurs centaines), d’origine grecque, il est transcrit ph :

pharmacie, orphelin, amorphe, paragraphe etc.

À la fin des mots, f se prononce (dans des centaines de mots) :

fautif, bref, chef, pouf, craintif

4.5.3. Exception : f non prononcé en finale

L’ f final ne se prononce pas dans quatre mots :

clef (variante de clé), nerf, cerf, serf

et dans l’élément chef- de chef-d’œuvre [ʃedœvʁ]. Cependant, quand chef est employé seul, l’f se pro­non­ce ([ʃɛf]), et on le prononce aussi dans les autres mots composés : chef d’orchestre, chef-machi­nis­te etc.

L’f final ne se prononce pas non plus dans les pluriels de œuf et de bœuf, mais il se prononce au singulier :

un œuf [ɛ̃nœf], un bœuf [ɛ̃bœf]
des œufs [dezø], des bœufs [debø]

4.5. 4. Graphie de [v]

Le phonème [v] se transcrit v (il n’y a pas de mots avec vv) :

vivant, vouloir, aviver, vivifier etc.

Cas particulier : [v] est transcrit f dans neuf quand on fait la liaison devant heures et ans. Devant les autres mots, on prononce [f] :

à neuf heures [anœvœʁ], dix-neuf ans [diznœvɑ̃] mais :
le neuf aout [lənœfut], il a neuf enfants [ilanœfɑ̃fɑ̃]

À noter  : la lettre v ne figure jamais en finale (sauf dans des mots étrangers).

4.6. Prononciation des constrictives sifflantes [s] et [z]

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4.6.1. S sourd

Les deux consonnes [s] et [z], qu’on appelle des « sifflantes » (sibilantit, terme auditif), sont des constrictives prédorso-alvéolaires : elles sont prononcées avec le dessus de la langue contre la région des alvéoles. De plus, la langue forme un léger creux (kouru) au milieu. Ce creux est très peu ouvert et laisse passer l’air de façon sifflante. L’air sifflant sort au niveau des dents de de­vant supérieures.

Autre caractéristique importante, sur laquelle on n’insiste pas assez en général : les bords de la langue sont pressés contre ou entre les dents. C’est ce qui rend le s aigu et net (comme le ”terävä s” du finnois). En finnois, s se prononce avec la pointe de la langue plus haute et se rapproche de [ʃ]. De plus, en finnois, la langue n’est pas en contact avec les dents sur le côté. Il faut donc prononcer un s bien tendu et sifflant. Cette prononciation de s est très importante, car elle permet de faire la distinction avec [ʃ] : on peut ap­pren­dre à bien prononcer un [ʃ] seulement quand on sait bien prononcer [s] !

Un excellent moyen de vérifier si la langue est bien placée, c’est de la mettre dans la même position que pour le groupe [ij] dans taian (génitif de taika) ou Maija : la langue occupe pratiquement la même position que pour le [s] français, notamment avec les bords contre les dents ; puis, au lieu de relâcher la cons­tric­tion comme pour [j], on lève la pointe de la langue et on produit un souffle (si on fait cela à partir de [j], on obtient automatiquement un [z] sonore).

Le phonème [s] est sourd. Il n’y a pas de vibration des plis vocaux, la glotte reste ouverte. Le sif­fle­ment est net, la prononciation tendue.

4.6.2. S sonore

Le phonème [z] est la variante sonore de [s]. Il est prononcé avec une nette énergie et une vibration des plis vocaux qu’on doit bien entendre. Ne pas oublier de maintenir les bords de la langue contre les dents. C’est un phonème fréquent en français, car il sert notamment de marque de pluriel devant voy­el­le : lesamis etc. Une mauvaise prononciation de [z] se remarque immédiatement à l’oreille des fran­co­pho­nes. En finale absolue, il faut veiller à maintenir la sonorité jusqu’au bout (voir à propos de quatorze en Belgique 3.3.2.).

Devant [z] final, une voyelle s’allonge légèrement, en général. Donc on remarque encore plus si le phonème est mal prononcé.

4.7. Graphie de [s]

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4.7.1. Règle générale

Le phonème [s] est transcrit de façon très variée :

sà l’initiale, après consonne, et après nasale avec n ou m(des milliers de mots) sable, morsure, penser, sucre etc.
ssentre voyelles ou en fin de mot (des milliers de mots) saucisse, fissure, express, strass etc.
scdans un certain nombre de mots, devant les lettres e ou i descendre, conscience, discerner, scier, scission, sciatique etc.
cdevant les lettres e, i ou y (des milliers de mots) ceci, ciel, cyprès, cynique, cécité etc.
ç devant les lettres a, o ou u (des centaines de mots et formes verbales) façade, glaçon, gerçure, ça, commenças, lançons, plaçais etc.
ti dans le groupe -ti- dans de très nombreux mots en tion, -tiel, -tien, -tieux etc. ou même en -tie (voir Annexe 1)patient, martial, partiel, contentieux, démocratie, idiotie etc.
x à la fin et à l’intérieur de certains mots, soit seulement 6 mots au total six, dix, coccyx
soixante
Bruxelles, Auxerre [1]

4.7.2. Dans la lettre x

La lettre x transcrit deux phonèmes à la fois, [k] + [s] :

boxe, boxeur, boxer, vexer, syntaxe
xénon, xylophone, xérographie
lynx, larynx, pharynx etc.

Normalement, x transcrit un groupe sourd [ks]. Cependant, dans certains cas, x peut aussi transcrire le même groupe dans sa version sonore, autrement dit en combinant [g] et s sonore : [gz]. Voir 4.9.2.p. 30 §2.

En finale, dans la majorité des mots, l’x ne se prononce pas (notamment dans des pluriels) :

doux, roux, faux, prix, croix
travaux, bijoux, spéciaux etc.

Les seules exceptions sont les trois mots suivants, où l’x final se prononce [s] :

six [sis], dix [dis], coccyx [kɔksis]

Mais dans six et dix, il peut devenir sonore devant voyelle, et il ne se prononce pas devant consonne, voir 11.11. exercice 7 et Grammaire p. 136.

4.7.3. Cas particuliers

  1. Quand la lettre s est entre deux voyelles, elle transcrit en général [z], voir 4.9..
  2. Le groupe cc devant e, i, y correspond à deux phonèmes [k + s], voir 4.3.5c.
  3. Dans le nom de la ville de Metz, tz transcrit [s] : [mɛs]. Les habitants de la ville s’appellent d’ailleurs les Messins. Dans tous les autres cas, le groupe, tz correspond à [ts] : Austerlitz, Biarritz etc.
  4. À la fin des mots, la lettre s, qui sert de marque du pluriel, ne se prononce généralement pas. Il y a pourtant près d’une centaine d’exceptions : lotus, sas, bis, plus, mars etc. et des noms propres. Voir p. 201.
  5. Dans les noms propres, il y a parfois flottement (Cujas avec [-s] ou sans), surtout dans les noms de lieux dans certaines régions (nom en -as, -is etc.). [2]
  6. Dans le mot os (luu), l’s se prononce au singulier [ɔs], mais pas au pluriel : des os [dezo].

4.8.. Prononciation du s final de plus

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4.8.1. Plus négatif

Quand plus est l’adverbe négatif (ne... plus), on ne prononce pas l’s devant consonne. Devant voyelle, on peut faire la liaison (en s sonore [z]), mais cette liaison est facultative, surtout si on n’exprime pas le mot négatif ne (autrement dit dans la langue parlée) :

Ce n’est plus amusant. [səneplyzamuzɑ̃]
Langue parlée : C’est plus amusant. [seplyamuzɑ̃]
Je ne veux plus(‿)en entendre parler. [ʒənvøply(z)ɑ̃nɑ̃tɑ̃dʁəpaʁle]
Langue parlée : Je veux plus en entendre parler. [ʒvøplyɑ̃nɑ̃tɑ̃d̥paʁle]

4.8.2. Plus augmentatif

Quand le mot plus signifie « davantage », « encore », l’s peut être prononcé (sourd !) ou non. De nos jours, dans la langue courante, on a tendance à le prononcer systématiquement :

un peu plus [ɛ̃pøplys]
rien de plus [ʁjɛ̃d̥plys]
Il en a acheté plus. [ilɑ̃naaʃteplys]
Il y a plus de visiteurs. [iljaplys̬dəvizitøʁ]
Il faudrait plus de sel. [ilfodʁɛplys̬dəsɛl]

Ainsi, on distingue les deux phrases suivantes, qui se ressemblent beaucoup, mais ont un sens différent, et où le mot plus se prononce différemment :

Il n’en faut plus. Sitä ei tarvitse enää. [ilnɑ̃foply]
Il n’en faut pas plus. Sitä ei tarvitse enempää. [ilnɑ̃fopaplys]

Dans les locutions adverbiales de plus et en plus, on prononce toujours le s final (sourd) :

De plus, vous aviez été prévenus. [dəplysvuzavjeetepʁevny]
Et en plus, il pleut ! [eɑ̃plysilplø]

4.8.3. Plus signe mathématique

Quand plus désigne le signe mathématique +, il se prononce avec un s sourd :

trois plus trois égalent six [tʁwaplystʁwaegalsis]
il fait plus six [ilfeplyssis].

Ne pas oublier que devant consonne sonore, l’s sourd de plus peut se sonoriser (assimilation de sonorité, voir 7.14).

4.9. Graphie de [z]

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4.9. Règle générale

Le phonème [z] est transcrit :

Tableau 30a. Graphies de [z]
zà l’initiale et au milieu des mots (des centaines de mots) zone, bazar, douze, zizanie etc.
zen finale, dans un seul mot (gaz), ailleurs il ne se prononce pas, voir ci-dessous 3c. gaz
zzdans un seul mot :
jazz [dʒaz]
squand il est entre deux voyelles (règle « des deux voyelles »), dans des centaines de mots oser, visiter, désert, hasard etc.
xdans trois adjectifs deuxième, sixième, dixième
xdans la liaison après les déterminants numéraux terminés par un x deux‿amis
six‿heures
dix‿ans
xdans deux noms de nombre dix-huit, dix-neuf

Dans les mots d’emprunt italiens, la lecture du groupe zz varie : Abruzzes avec [z], pizza et pizzicato avec [dz] ([pidza]).

4.9.2. Dans la lettre x

La lettre x transcrit deux consonnes à la fois [k + s]. Normalement, cet x correspond à une double consonne sourde, [ks] même quand il se trouve entre deux voyelles, voir 4.7.2.

Cependant, dans certains cas, x peut aussi transcrire le même groupe dans sa version sonore, autrement dit en combinant [g] et s sonore : [gz]. On trouve un « x sonore » dans les cas suivants :

Tableau 30b. Graphies de [gz]
préfixe ex- devant voyelle ou hune centaine de mots examen, exercice, exemple, exaucer, exocet, exigu, exhorter, exhumer, exhausser, réexaminer, exagérer etc.
préfixe hexa- et sexa-une quinzaine de mots hexagone, hexagonal, hexamètre, sexagénaire, sexagésimal etc.
Initiale des motsDans certains cas rares. Usage flottant et variable selon les locuteurs. Certains dictionnaires indiquent que ces mots se prononcent avec [gz] initial, mais la prononciation habituelle semble être plutôt avec [ks], sauf dans le prénom Xavier, prononcé systématiquement avec une sonore. Xavier [gzavje], xylophone [gzilo-]

4.9.3. Exceptions

Exceptions à la « règle des deux voyelles » :

a. Dans un nombre limité de cas, la lettre s transcrit un s sonore ([z]), bien qu’il se trouve entre une voyelle et une consonne :

Tableau 30c. s non intervocalique = [z]
préfixe trans-une vingtaine de mots transiger, transi, transistor, transit, transitif, transition, transitoire, transhumance, intransigeant, transatlantique, transeuropéen, transocéanique, transuranien
série subsi- et balsa[sybzi-]
[balza-]
subsister, subsistance, subsidiaire, subsidiarité etc. ; balsa, balsamique, balsamine
noms propres série limitée, qui comprend aussi les adjectifs dérivés de ces noms

et un nom commun

On entend aussi assez fréquemment prononcer Israël (et les dérivés israélien, israélite) et Islande (et l’adjectif islandais) avec [z] ; l’usage est flottant.
Alsace (alsacien, alsatique), Strasbourg (Strasbourgeois), Lisbonne (Lisbonnais), Saint-Pétersbourg, Elsa, Jersey ;
jersey

Israel [izʁaɛl], Islande [izlɑ̃d]

b. La lettre s transcrit un s sourd, bien qu’il se trouve entre deux voyelles :

— après le préfixe re- et quelques mots du même type plus rares (voir note [1] et Annexe 1) :

resaler, resaluer, resucé, resurgir etc.

— dans des mots composés où le deuxième terme est un mot qui existe autrement :

semblable [sɑ̃blabl] → vraisemblable [vʁɛsɑ̃blabl]
invraisemblable, vraisemblance

C’est notamment le cas d’un certain nombre de mots (qui augmente continuellement) formés avec des préfixes latins ou grecs : auto-, a-, anti-, hypo-, homo-, poly-, para-, pré- etc. :

suffisant → autosuffisant, soviétique → antisoviétique, syntaxique → asyntaxique
sensible → photosensible, supposer → présupposer etc.
aseptique, aseptiser, asexué, asymétrique, asocial, asyntaxique
autosatisfaction, autosuggestion, antisémite, dysenterie, homosexuel
polysyllabique, polysémie, parisyllabique, parasyntaxique, parasol [2] etc.

Dans carrousel, il y a flottement : certains prononcent avec [s], d’autres avec [z]. Même les dic­tion­naires donnent des indications différentes. On peut donc prononcer comme on veut, et no­ter simplement que le mot peut également être une exception à la règle normale.

c. À la fin des mots : la combinaison -ez en finale se prononce [e], le z ne se prononce pas. Le z ne se prononce en finale que dans le mot gaz. [3]

4.10. Les constrictives chuintantes [ʃ] et [ʒ]

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4.10.1. Phonétique et prononciation

Les deux consonnes [ʃ] et [ʒ], qu’on appelle généralement des « chuintantes » (suhuäänne), mais c’est un terme auditif et non phonétique), sont des constrictives post-alvéolaires : la pointe de la langue se place à l’arrière de la région des alvéoles, pratiquement au début du palais, et la partie antérieure du dos de la langue se rapproche du palais en formant une sorte de cavité (ontelo). De plus, la langue est très creusée (kourumainen). Par rapport à [s], la langue se trouve un peu plus en arrière, mais la différence la plus importante, c’est que la langue est plus creusée, et, donc, que les côtés de la langue ne sont pas pressés contre les dents. En quelque sorte, la langue « flotte » plus librement dans la bouche.

En général, la prononciation de ces phonèmes ne pose pas de grandes difficultés aux fin­no­pho­nes, quand il sont isolés. En revanche, il faut faire particulièrement attention, dans les mots ou phrases où ils sont ensemble, à ne pas mélanger les quatre phonèmes comme dans Basile se changeait.

4.10.2. Chuintante sourde

Le phonème [ʃ] est sourd. Il n’y a donc pas de vibration des plis vocaux. Ce phonème est facile à prononcer. La difficulté se trouve surtout dans l’opposition avec [s]. De plus, les groupes [sʃ] ou [ʃs] ne sont pas rares. On peut s’entrainer à les prononcer en faisant progressivement le passage de l’un à l’autre, et en apprenant petit à petit à les enchainer de manière naturelle, sans faire de pause : des phrases comme j’suis, j’sais etc., qui contiennent une chuintante suivie immédiatement d’une sifflante, sont banales et fréquentes. Il faire attention à bien distinguer les sifflantes et les chuintantes ; par exemple, dans ça se chante, [sasʃɑ̃t], il faut éviter de faire une assimilation du lieu articulatoire des phonèmes, et ne pas prononcer * [saʃʃɑ̃t]. Mais en même temps, il faut s’efforcer de bien les enchainer, donc de les prononcer sans marquer de pause.

L’affriquée [ʧ] est réalisée en français standard pratiquement toujours comme deux phonèmes séparés [tʃ] et ne constitue donc pas un phonème à part entière. Dans les mots d’emprunt, on prononce [tʃ] :

ciao [tʃao], churro [tʃuʁo], csardas [tʃaʁdas] etc.

4.10.3. Chuintante sonore

Le phonème [ʒ] est la variante sonore de [ʃ]. Il y a une vibration des plis vocaux qui doit s’entendre très nettement. Ce phonème doit donc être surveillé encore plus que [ʃ], car, en plus de la confusion entre sifflante et chuintante, il y a la confusion possible entre sourde et sonore comme dans échangez-en. Là encore, les rencontres de [ʒ] et [z] sont fréquentes : manges-en, un vase japonais etc.

L’affriquée [ʤ] est réalisée en français standard pratiquement toujours comme [dʒ] et n’est donc pas un phonème à part entière. Dans certains mots d’emprunt, essentiellement anglais, on maintient le [ʤ] d’origine, mais réalisé comme double consonne [dʒ] :

job [dʒɔb], gin [dʒin] etc.

ou dans des noms propres de diverse provenance, comme Gengis-Khan [dʒɛndʒiskan], mais on entend aussi par exemple prononcer job sous la forme [ʒɔb].

4.11. Graphie de [ʃ]

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4.11.1. Règle générale

Ce phonème se transcrit :

Tableau 32a. Graphies de [ʃ]
chtranscription la plus fréquente (des milliers de mots) chien, chat, chercher, acheter etc.
schdans des mots d’origine grecque ou des mots d’emprunt allemands, au total plus de 100 mots schéma, schisme, schiste, schnaps etc.
shdans de nombreux mots d’emprunt anglais shopping, shérif, shampooing etc.
scdans quelques mots d’emprunt italiens fasciste, fascisme, fascisant

4.11.2. Exceptions

Tableau 32b. Exceptions concernant [ʃ]
ch ou cch = [k]Dans un grand nombre de mots, (des centaines de mots, dans le domaine technique notamment). Voir une liste d’exemples 10.4 exercice 5, qui présente certains mots courants, qu’il peut être utile de mémoriser. psychologue, écho, psychiatre, chœur, choléra, cholestérol, archéologie, chorégraphie, orchidée, orchestre, archaïque, chaos etc.
ch + consonne = [k]Mais dans les mots familiers suivants, ch transcrit [ʃ]. Dans le mot yacht, le groupe ch ne se prononce pas : [jɔt]. chrétien, cochlée , chlore, chrome, chthonien, drachme, autochtone, chlorophylle, arachnéide etc.
ch + consonne = [ʃ]Mais dans quelques mots familiers, ch transcrit [ʃ].
Dans le mot yacht, le groupe ch ne se prononce pas : [jɔt].
fichtre, fouchtra, chtouille
sch- initial = [k]Le groupe sch- en initiale se prononce habituellement [ʃ] (voir ci-dessus), mais il y a aussi des mots avec [sk] les mots composés à partir du grec schizo- [skizo] comme schizophrène, l’italien scherzo (et scherzando), et le mot scholie (parfois aussi scholastique, graphie vieillie de scolastique).
-ch final = [k]/[ʃ]À la fin des mots, ch se trouve dans des mots d’emprunt et correspond à [k] ou [ʃ]. varech [vaʁɛk], le Loch Ness [lɔknɛs], le Troisième Reich [ʁajʃ]

Remarques

  1. Ch ou cch = [k] : ces mots sont en général des mots d’origine grecque, qui ont souvent une forme équivalente en finnois (psychologuepsykologi), mais malgré cela il n’y a pas vraiment de moyen de savoir avec certitude si ch se lit [k] ou [ʃ] : la prononciation de ces mots est impossible à prédire, car il n’y a pas de logique : le même préfixe grec chir- (« main ») se prononce [kiʁ] dans chiromancie (kädestä ennustaminen) et [ʃiʁ] dans chirurgien. De même, psychologie se prononce avec [k] et psychique avec [ʃ], alors qu’il s’agit du même élément psych-. Dans le doute, le mieux est de consulter un dictionnaire indiquant la prononciation (les francophones eux-mêmes ont parfois des hésitations).
  2. Sch- = [ʃ] ou [sk] : il faut donc faire attention aux mots d’emprunts qu’on trouve en finnois et en français. Le finnois peut induire en erreur (johtaa harhaan) et inciter à prononcer [sk] là où il faut prononcer [ʃ] (voir une liste d’exemples 10.4 exercice 6) : finnois skisma, français schisme (avec [ʃ]), arkkitehti / architecte (avec [ʃ]), psyykkinen / psychique ( [psiʃik]) etc.

4.12. Graphie de [ʒ]

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4.12.1. Transcrit par j

Ce phonème se transcrit généralement j (des milliers de mots). À noter que le groupe -je (qui transcrit [-ʒ]) n’apparait jamais en fin de mot (sauf dans trois mots très rares) : quand un mot se termine pho­né­tiquement par [-ʒ], on peut donc être sûr qu’il s’écrit -ge.

je, joujou, joli, jujube etc.

On trouve -je [ʒ] final dans les formes interrogatives inversées dis-je, que sais-je[1]. Dans les verbes du premier groupe, l’e qui précède le pronom -je inversé se prononce [ɛ] : [ʃɑ̃tɛʒ]. Il prend un accent grave, chantè-je (dans l’orthographe non rectifiée, un accent aigu : chanté-je, mais qui se prononce de toute façon aussi [ɛ]). Ces formes de verbes du premier groupe sont hypo­thé­ti­ques et quasiment inutilisées, et les formes avec -je inversées se limitent couramment à quel­ques verbes (puis-je, dis-je, sais-je) etc.

4.12.2. Transcrit par g

Le phonème [ʒ] est également transcrit avec la lettre g dans les cas suivants :

- g devant e, i, y (des centaines de mots) :

givre, gel, gypse, gingembre etc.

- ge devant a, o, u (des centaines de mots) :

mangeons, geai, bourgeois, gageüre, plongeur etc.

Dans ces mots, l’e remplit la même fonction que la cédille dans le cas de [c+a] : il transforme [g] en [ʒ]. Dans le cas de geu, ce n’est pas exactement ce qui se passe, car on a un digramme eu, et comme g est devant e, il se lirait de toute façon [ʒ] (mangeur, rougeur etc.).

Dans les graphies non rectifiées égrugeure, gageure, mangeure et vergeure, l’e servait de « cé­dil­le » devant u, gageure (uhkayritys) : [gaʒyʁ]. Comme rien ne permettait de voir que eu n’était pas un digramme, beaucoup de gens prononçaient [gaʒœʁ]. Aujourd’hui, l’orthographe de ces mots a été corrigée en égrugeüre, gageüre, mangeüre, vergeüre, ce qui permet de voir que l’e sert uni­que­ment à transformer g en [ʒ].

- gg transcrit deux consonnes, le groupe [gʒ] dans les mots de la famille de suggérer (suggestif, suggestion etc.) : [sygʒeʁe].

4.12.3. Exceptions

Devant e et i, g transcrit [g] dans les mots d’emprunt (voir 4.4.2.) :

geisha, yogi
gestalt, gestaltisme, gewurztraminer
jogger, joggeur, jogging, aquajogging etc.

4.13.  La nasale bilabiale [m]

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4.13.1. Phonétique

Le phonème [m] est une nasale bilabiale, prononcée avec les deux lèvres fermées et avec passage de l’air par les fosses nasales. Il correspond tout à fait à [m] en finnois et ne pose pas de problèmes de prononciation.

4.13.2. Graphie de [m]

Le phonème [m] est transcrit m ou mm (des milliers de mots). Il n’y a pas d’exceptions :

mât, mois, âme, immobile, immédiatement etc.

La lettre m peut aussi former un digramme avec les voyelles pour transcrire des voyelles nasales, voir Principes graphiques généraux 6.18. :

ramper, pomper, température, impression, humble etc.

4.13.3. En finale

On trouve plusieurs mots dans lequels le m forme un digramme avec la voyelle qui le précède et le groupe se lit comme une voyelle nasale :

faim, nom, renom, thym, parfum, Adam

Mais ces mots avec voyelle nasale finale transcrite avec un m sont en fait des exceptions, une dizaine seulement, au total (voir Annexe 1), alors que dans le cas de n, les mots terminés par voyelle+n correspondant à une nasale (don, brun etc.) sont très nombreux. En effet, dans la majorité des cas, le m final après voyelle se prononce et ne forme pas un digramme trans­cri­vant une nasale. On trouve :

- toute une série de mots latins ou pseudolatins se terminant par -u, où m transcrit un véritable [m] et dans lesquels u se prononce [ɔ], au total près de 500 mots :

album [albɔm]
forum [foʁɔm]
aquarium [akwaʁjɔm]
planétarium [planetaʁjɔm] etc.

Le mot parfum est ainsi le seul où -um transcrive une voyelle nasale : [paʁfɛ̃].

-  environ 45 mots d’origine diverse en -em, prononcés avec finale [ɛm] :

harem, tandem, modem, nem (kevätrulla) etc.

-  environ 20 mots en -im, assez rares, et environ 60 mots en -am ; dans tous ces mots, l’m final se prononce.

On peut donc dire que la règle, c’est que -m en finale se prononce (plus de 700 cas), et que les cas où il transcrit une nasale et ne se prononce pas sont des exceptions (10 cas).

4.13.4. Exceptions

a. Dans certains mots d’emprunt, m à l’intérieur d’un mot ne forme pas de digramme avec la voyelle et se prononce [m] :

hamster [amstɛʁ], romsteck [ʁɔmstɛk]

b. Dans un nombre limité de mots, le groupe mn, qui transcrit normalement [mn] (amnésie, gymnastique, omniprésent etc.) transcrit un simple [n]. Il s’agit des mots autmone/automnal et des mots de la famille de damner :

automne [otɔn], automnal [otonal]
damner [dane], condamner [kɔ̃dane]
condamnable [kɔ̃danabl], damnation [danasjɔ̃]
condamnation [kɔ̃danasjɔ̃]

4.14. Les nasales apicodentale [n] et vélaire [ŋ]

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4.14.1. Phonétique

Le phonème [n] est une consonne apicodentale nasale, prononcée avec la pointe de la langue contre les dents (ou les alvéoles) et passage de l’air par les fosses nasales. Il correspond tout à fait à [n] en finnois et ne pose pas de problèmes de prononciation.

Le phonème [ŋ] est une consonne prévélaire ou post-vélaire nasale, prononcée avec le dos de la langue contre le voile du palais, et avec passage d’air par les fosses nasales. Ce phonème ne faisait pas partie du système consonantique du français moderne (depuis le moyen français). On trouvait seulement un [ŋ] résultant de l’assimilation de [g] au contact d’une nasale, comme dans l’exemple classique une longue minute [ynlɔ̃ŋminyt]. Mais avec la pénétration des mots d’emprunt anglais en -ing, ce phonème est devenu tout à fait courant : qui n’a pas cherché une place de parking ? De brushing à baby-sitting en passant par pudding, les emprunts sont très nom­breux.

Il faut remarquer que des gens le prononcent encore le groupe -ing avec hypercorrection [iŋg], en rajoutant un [g] à la fin, mais la plupart des locuteurs savent le prononcer sur le modèle an­glais original. On peut donc considérer à l’aube du troisième millénaire que ce phonème fait partie du système phonétique du français. En outre, cette nasale vient compléter le système phonétique des occlusives ; à chaque série d’oc­clu­si­ves correspond ainsi une nasale :

p - b - m
t - d - n
k - g - ŋ

4.14.2. Graphie de [n]

Le phonème [n] est transcrit n ou nn (des milliers de mots). Il n’y a pas d’exceptions. :

nu, nuit, âne, inné, benne etc.

Comme m, la lettre n peut former un digramme avec les voyelles pour transcrire des voyelles nasales, voir Principes graphiques généraux 6.18. :

dental, vanter, bonté, scinder, synthèse etc.

En finale, n ne se prononce donc pas, sauf dans une série de noms en -men, d’origine grecque savante, où -men transcrit [-mɛ̃n], au total une vingtaine de mots dont les plus courants sont :

spécimen, cyclamen, abdomen, cérumen
dolmen (mot breton) etc.

De même, dans gluten [glytɛ̃n] et quelques autres (voir Annexe 1). Le mot examen est une exception, car on prononce [-mɛ̃]. Contrairement à ce qui se produit pour m, on peut dire que les cas où -n final se prononce sont des exceptions (environ 20 mots), la règle est que -n final est un élément de digramme transcrivant une nasale (des centaines de mots).

4.14.3. Exceptions

Dans le groupe voyelle+n, la lettre n se prononce dans des mots d’emprunt d’origines diverses :

fun, tan-sad, open, spin
menhir, chouchen (mots bretons), zen, dan etc.

4.14.4. Graphie de [ŋ]

On ne trouve ce phonème que dans les mots d’origine anglaise en -ing (plus de 100 mots), où il est transcrit ng, dans certaines onomatopées comme bing ! ou bong !, ainsi que dans viking :

parking, building, brushing, dinghy
meeting, dancing, trekking etc.

Dans les mots gang, gong, le n forme un digramme avec la voyelle (an, on), qui transcrit une nasale et le g se prononce [g] :

gang [gɑ̃g]
gong [gɔ̃g]

4.15. Graphie du groupe [nj]

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4.15.1. Phonétique

Les manuels de prononciation et surtout les transcriptions phonétiques des manuels de fran­çais langue étrangère ou des dictionnaires notamment, continuent d’utiliser le signe [ɲ] pour transcrire une consonne dorsopalatale nasale, prononcée avec le dos de la langue contre le palais. La pointe de la langue ne touche pas les dents. Cependant, en français moderne, ce phonème a évolué vers un groupe composé d’une nasale et d’une constrictive palate [nj] : la pointe de la langue se place derrière les dents comme pour [n] et la détente se fait sous la forme de [j]. La nasale [n] n’est donc plus à proprement parler une nasale palatale. Le dos de la langue se place contre le palais uniquement dans la « deuxième partie » du phonème, pour [j], et non pas dès le départ, comme ce serait le cas pour un véritable [ɲ]. S’il reste des régions ou des locuteurs qui prononcent un véritable [ɲ], on peut considérer qu’à l’oreille la différence est inexistante (la plupart des usagers sont incapables et de prononcer un véritable [ɲ] et de le différencier de [nj]). On peut donc prononcer [nj], exactement comme dans le finnois Anja, linja, anjovis, banjo, injektio, konjakki, kampanja etc. On considèrera donc que le phonème [nj] ne fait actuellement plus partie du système phonologique du français et que, de toute façon, son ap­pren­tis­sa­ge est parfaitement inutile pour les apprenants FLE. Les problèmes liés aux gra­phè­mes transcrivant [ɲ] devenu [nj] sont nombreux et c’est pourquoi le groupe [nj] est étudié ici, mê­me s’il ne pose pas de problèmes de prononciation en tant que tel pour les finnophones.

4.15.2. Graphie

Le groupe [nj], qui remplace aujourd’hui [ɲ], se transcrit essentiellement de deux façons :

-  gn, dans de très nombreux mots :

vigne, montagne, Allemagne, magnétique etc.

Il est rare à l’initiale, sauf dans des mots familiers ou étrangers :

gnangnan [njɑ̃njɑ̃], gnognotte, gnard, gnouf, gnon, gnôle, gnocchi

-  ni + voyelle (des centaines de mots) et tous les cas où peut se produire une rencontre entre [n] et [j] :

panier, meunier, dernier, marronnier etc.

On trouve également épisodiquement la graphie ign dans oignon [ɔnjɔ̃] (graphie non rectifiée de ognon, forme moderne) et encoignure [ɑ̃kɔnjyʁ]. Il s’agit d’une graphie ancienne : le son [ɲ] était transcrit jusque vers le XVIIe siècle par le trigramme ign [1], aujourd’hui par le digramme gn (par exemple rognon, cogner, besogne, etc). On prononce donc oignon et encoignure « de façon juste », mais on les écrit avec une orthographe archaïque. Cas inverse : le mot moignon (tynkä), qui se prononçait [mɔnjɔ̃] (comme oignon) a été mal « lu » et se prononce maintenant [mwanjɔ̃]. Pour cette raison, la graphie moderne d’oignon et encoignure a été corrigée en ognon et encognure.

4.15.3. Exceptions

À l’initiale, excepté les quelques mots énumérés ci-dessus, gn transcrit [gn]. Il s’agit es­sen­tiel­le­ment de mots d’emprunt grecs ou à d’autres langues :

gnose [gnoz], gnome [gnom]
gneiss [gnɛs], gnou [gnu]

On trouve aussi la lecture [gn] du groupe gn à l’intérieur de mots, dans les composés du radical grec gno- (« savoir ») et dans les composés de -gnathe (« mâchoire ») :

diagnostic [diagnostik], agnostique
prognathe [pʁognat]), agnathe

et dans quelques mots avec une prononciation latinisante :

stagner [stagne], stagnant, stagnation
pugnace [pygnas], pugnacité
cognitif [kɔgnitif], cognition

4.16. Les liquides et le découpage en syllabes

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4.16.1. Phonétique

On utilise le terme auditif de liquides, qui n’a pas de sens précis sur le plan phonétique, pour décrire [l] et [ʁ]. Même si ce terme n’est pas très précis, il permet de regrouper ces deux consonnes sous une appellation unique, car elles ont toutes deux un comportement particulier du point de vue du découpage des mots en syllabes. Pour le reste, les deux phonèmes sont d’une réalisation très différente, et si on peut trouver quelque chose de « liquide » (soliseva) dans [l] (tout à fait subjectivement), il n’y a rien de tel dans [ʁ] dans le mot tartre.

4.16.2. Le découpage en syllabes

Normalement, quand deux consonnes se rencontrent, on fait la coupe (jako) syllabique entre les deux :

actif [ak-tif], poster [pɔs-te]
abdomen [ab-do-mɛn], aptitude [ap-tityd], apnée [ap-ne] etc.

C’est la même chose en finnois. En revanche, il y a une différence avec le finnois : les liquides, quand elles sont suivies d’une voyelle (prononcée), forment un seul groupe consonantique avec la consonne qui précède ; la syllabe commence donc avant la consonne qui précède [l] ou [ʁ], et non pas avant la liquide :

autrefois [o-tʁə-fwa], attraper [a-tʁa-pe]
tableau [ta-blo], anglais [ɑ̃-glɛ], couplet [ku-plɛ]
immatriculer [i-ma-tʁi-ky-le], occlusive [o-kly-ziv]
spectral [spɛk-tʁal], vitrier [vi-tʁie], malfrat [mal-fʁa]

Quand la liquide n’est pas suivie de voyelle, elle forme bien sûr un seul groupe syllabique avec la ou les consonnes qui précèdent :

siècle [sjɛkl], angle [ɑ̃gl]
mettre [mɛtʁ], battre [batʁ], votre [vɔtʁ] etc.

Il faut retenir cette règle importante, car elle a une influence sur la prononciation des voyelles ouvertes (voir 5.6.3b.). De plus, quand on écrit et qu’on est obligé de couper un mot en fin de ligne, on fait la coupure des mots (tavutus) d’après le même principe (contrairement au fin­nois) :

au-trefois, ta-bleau, cou-plet, vi-trier, an-glais
siè-cle, san-glier, ou-blier etc.

Quand il y a deux consonnes avant r ou l, on coupe après la première consonne :

attraper > at-traper, mettre > met-tre, occlusive > oc-clusive
applaudir > ap-plaudir, spectre > spec-tre, malfrat > mal-frat etc.

4.17. Phonétique et prononciation des liquides [l] et [ʁ]

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4.17.1. Latérale [l]

Le phonème [l] est une consonne latérale apicodentale ou apicoalvéolaire, c’est-à-dire prononcée avec la pointe de la langue contre les incisives (etuhampaat) supérieures. La position est pratiquement la même que pour [t], mais il y a un passage libre sur les côtés de la langue (alors que dans le cas de [t], le passage est obstrué). C’est pourquoi on appelle cette consonne une latérale. Le terme de semi-occlusive serait peut-être plus juste, puisqu’il y a une occlusion partielle comme pour [t], avec passage de l’air sur les côtés. Le lieu d’articulation de [l] est important, car en finnois, [l] devant les voyelles postérieures ([a, o, u]) est nettement vélaire, c’est-à-dire prononcé avec le dos de la langue contre le voile du palais. Les finnophones ont donc tendance à prononcer un [l] trop « fort », trop postérieur au contact des voyelles d’arrière du français ([a], [u] etc., et même [ɛ]). Cette faute est particulièrement sensible en finale de mots, dans des mots comme école, normal, miel.

Il faut s’appliquer à prononcer un [l] plus antérieur (ce qu’on appelle en finnois du terme au­di­tif heleä l), le dos de la langue ne doit pas se rapprocher du voile du palais. Ce défaut de pro­non­cia­tion est cependant assez difficile à corriger, car psychologiquement la différence n’est pas « assez grande » par rapport au [l] finnois. Pourtant une oreille française remarque aussitôt une erreur sur l (pour les Français, cet l vélaire est l’un des traits caractéristiques des Anglais ou des Belges parlant le français avec un accent). On peut facilement illustrer cette différence en prononçant par exemple illalla sillalla « à la finnoise », puis « à la française ». En français, la position de la pointe de la langue dans la prononciation de [l] ne change pas, quelle que soit la voyelle environnante.

4.17.2. Vibrante [ʁ]

Le [ʁ] du français standard d’aujourd’hui est une constrictive ou sonante dorso-uvulaire. La partie postérieure du dos de la langue se place contre la luette, ou l’arrière du voile du palais : la position est assez variable, et [ʁ] peut aussi être post-vélaire. Un [ʁ] au contact de consonnes sourdes (comme dans tartre) peut être très fort, et prononcé avec un contact avec la luette. En finale, il n’y a souvent plus qu’une très légère constriction au niveau du voile du palais, comme dans il aime rire.

De toute façon, dans la prononciation de ce phonème, ce n’est pas tellement le lieu d’articulation qui est important, c’est le mode articulatoire : il est produit par un frottement ou raclement (kaapiminen, rykiminen) très caractéristique [1], et qui le différencie complètement du /r/ finnois.

Il existe des variantes de /r/ qui se réalisent selon le contexte (ympäristö)) phonétique (ce sont donc des variantes combinatoires) :

Ces différentes réalisations ne changent rien sur le plan phonologique, /r/ est toujours reconnu comme [ʁ], et le finnophone n’a pas à se préoccuper de ces variantes, sauf sur un point : la sonorité. Pour prononcer r en français, il faut donc faire attention à deux choses :

quelle perte ! / qu’elle perde !
le prix / du riz
morte / morde.

Un [ʁ] très sourd avec fort raclement provoque automatiquement l’assourdissement (soinnittomaksi muuttuminen) de l’occlusive qui le précède, ce qui est une des erreurs les plus fréquentes des finnophones par­lant français. Il faut donc prononcer un [ʁ] non seulement qui ne soit pas roulé, mais qui soit plus léger, dévibré.

4.17.3. Remarques

a. Le phonème [ʁ] est statistiquement le phonème le plus fréquent du français.

b. On rencontre assez fréquemment des [ʁ] géminés. La prononciation d’un [ʁ] géminé peut être importante dans certains cas, pour distinguer par exemple :

pour apporter / pour rapporter
pour enseigner / pour renseigner
leur apport / leurs rapports
pas rangé / par rangées

c. Trois verbes du 3e groupe (courir, mourir, acquérir, et leurs composés), ont un futur avec [ʁ] géminé (voir 8.2.2.) ; en outre, au futur et au conditionnel des verbes du 1er groupe dont le radical se termine par -r, il y a également une géminée, à cause de la chute du e muet. Com­pa­rer :

[tiʁe] / [tiʁːe] : je tirai / je tirerai (passé simple / futur)
[tiʁa] / [tiʁːa] : il tira / il tirera (passé simple / futur)
[tiʁɛ] / [tiʁːɛ] : je tirais / je tirerais (imparfait / conditionnel)
[tiʁe] / [tiʁːe] : vous tirez / vous tirerez (présent / futur) etc.

4.18. Graphie de [ʁ]

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4.18.1. Règle générale

Le phonème [ʁ] se transcrit habituellement r, rr, ou r(r)h :

pari [paʁi], pourri [puʁi]
martre [maʁtʁ], tertre [tɛʁtʁ]
rhume [ʁym], rhétorique [ʁetoʁik]
diarrhée [djaʁe], arrhes [aʁ] etc.

En finale, r se prononce après a, i, o, u, sauf dans le graphème er (voir ci-dessous §3) :

tir, par, cor, pur etc.

4.18.2. Exceptions

Comme tous les groupes de consonne doubles, le graphème rr transcrit un [ʁ] simple. Ce­pen­dant, il y a quelques exceptions : Dans les formes du futur et du conditionnel des verbes courir, mourir et conquérir, acquérir, requérir[1], le rr de la graphie correspond à [ʁː] (r double ou long) :

il courra [kuʁːa]
il mourrait [muʁːɛ]
il acquerra [akɛʁːa]
ils conquerraient [kɔ̃kɛʁːɛ]
il requerront [ʁəkɛʁːɔ̃]

Dans tous les autres cas, rr correspond à un r simple (voir 8.2.2.) :

il pourra [puʁa], tu verrais [vɛʁɛ]
vous serrez [sɛʁe], il fourra [fuʁa]
elles enverront [ɑ̃vɛʁɔ̃], ils déterrèrent [detɛʁɛʁ] etc.

4.18.3. Le graphème er en finale : [e]

Dans les mots terminés par -er, les lettres e et r forment un digramme qui transcrit [e]. L’r ne se prononce donc pas ! Cela concerne près de 11 000 verbes du 1er groupe, des centaines d’ad­jec­tifs, des centaines de noms (voir exemples p. 136, exercices 2 à 5) :

réparer [ʁepaʁe], accabler [akable] etc.
familier [familje], dernier [dɛʁnje] etc.
abricotier [abʁikotje], pommier [pɔmje] etc.
boulanger [bulɑ̃ʒe], ouvrier [uvʁie] etc.

De même de nombreux noms propres se terminent par ce digramme -er prononcé [e] :

Roger [ʁoʒe], Didier [didje], Ogier [oʒje]
Charlier [ʃaʁlje], Barnier [baʁnje], Garnier [gaʁnje]
Le Corbusier [ləkɔʁbyzje], Yves Rocher [ʁoʃe]
Alger [alʒe], Béziers [bezje], Angers [ɑ̃ʒe] etc.

Il faut absolument éviter de prononcer le r dans ce cas, car c’est une grosse faute de pro­non­cia­tion.

4.18.4. Exceptions : er en finale prononcé [ɛʁ]

Les mots où le graphème er en finale représente un [e] fermé sont l’immense majorité. Dans un nombre limité de cas, ce graphème correspond à [ɛʁ]

– 11 mots d’origine romane :

fer, mer, ver, cher, fier, hier
cuiller (graphie ancienne de cuillère), amer, cancer, hiver, enfer

– des noms savants assez peu nombreux d’origine grecque dans le domaine des sciences (certains sont d’emploi courant) :

master, liber, sphincter
éther, ester, polyester etc.

– dans certains noms propres comme Quimper, Saint-Omer.

– dans un assez grand nombre (qui ne cesse de croitre) de mots d’emprunt, de l’anglais essentiellement (voir autres exemples 12.6., exercice 8) :

leader, reporter, bulldozer
scanner, roller, pullover
geyser (de l’islandais)
lieder, hamster (de l’allemand)
vétiver (du tamoul) etc.

Dans certains de ces mots-là (surtout anglais), la prononciation tend à évoluer vers [œʁ] et la graphie -eur tend à remplacer la finale -er  : scannerscanneur. Voir 6.7.2..

Le mot reporter se prononce donc de deux façons différentes, qui dépendent du sens :

Le reporter [ʁəpɔʁtɛʁ] veut reporter [ʁəpɔʁte] la réunion.
Reporteri haluaa siirtää kokouksen.

Pour les mêmes raisons, on prononce différemment le groupe final er dans les deux noms de race de chien suivants :

terrier [tɛʁje] (mots français), finnois terrieri
setter [sɛtɛʁ] (mot d’origine anglaise), finnois setteri

4.18.5. Autres exceptions

Dans les mots monsieur, messieurs et gars, l’r final ne se prononce pas :

monsieur [məsjø]
messieurs [mesjø]
gars [ga]

Le groupe de lettres -ars peut donc se lire de trois manières différentes :

mars [maʁs]
jars [ʒaʁ]
gars [ga]

Parmi les trois, c’est le mot jars qui est régulier, car normalement un s final ne se prononce pas (tu pars, des cars etc.).

4.19. Graphie de [l]

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4.19.1. Régle générale

Le phonème [l] est toujours transcrit l ou ll :

lui, poule, balle, pull, Lully, parallèle
fil, vil, cil, civil, avril etc.

Les difficultés dans le cas de l viennent surtout du fait que dans de nombreux cas, l ne se prononce pas, autrement dit il ne transcrit aucun phonème.

Se rappeler que dans la combinaison voyelle+il(le) ou consonne+ille, la lettre l est un élément de digramme (ou trigramme) qui sert à transcrire [j]. Voir 4.23..

4.19.2. Cas particuliers

a. Finale il

Dans certains cas, le l final des mots en -il ne se prononce pas (normalement -il se lit [il]). Il s’agit des mots suivants :

outil [uti]
coutil [kuti]
fusil [fyzi]
fournil [fuʁni]
gentil [ʒɑ̃ti] (féminin gentille régulier : [ʒɑ̃tij])
sourcil [suʁsi]

Il existe également des mots avec deux prononciations possibles :

baril [baʁi(l)], persil [pɛʁsi(l)]
fenil [fəni(l)], terril [tɛʁi(l)]

L’usage est flottant (notamment en fonction des usages régionaux), certains (par exemple dans le Sud de la France) prononcent le [l], d’autres pas ; on entend aussi couramment sourcil pro­non­cé [suʁsil]. Pour nombril, les deux prononciations sont possibles également, mais c’est la prononciation [nɔ̃bʁil] qui prédomine [1]. Le traitement différent de persil et de nombril se voit dans les dérivés :

persil > persillé [-sije]
nombril > nombrilisme [-lism]

b. Autres l non prononcés

Dans certains autres mots aussi, la lettre l ne transcrit aucun phonème prononcé :

pouls [pu]
soul [su] (graphie parallèle ancienne : soûl)
cul [ky]

De même dans les mots en -aul- : [2]

aulx [o] (pluriel d’ail)
Renault [ʁəno]
Thibault [tibo] etc.

c. Prononciation de il dans la langue parlée

Dans la langue parlée, le l du pronom il ou ils devant consonne ne se prononce pas : [3]

il dit [idi]
ils passent [ipas]

Devant voyelle, le final de il se prononce au singulier, mais pas au pluriel ; au pluriel, il y a liai­son avec [z], et le l se retrouve donc devant consonne ([z]) et tombe :

il écoute [ilekut]
ils écoutent [izekut]

Dans une prononciation plus soutenue, cet l se prononce toujours.

4.20. Les semi-consonnes  

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4.20.1. Règle générale

On regroupe habituellement sous le nom de semi-consonnes trois phonèmes qui ont aussi certaines caractéristiques des voyelles : [j], [w] et [ɥ]. Par leur mode articulatoire, ce sont des constrictives, mais d’un type particulier : pour les prononcer, il faut faire cesser le res­ser­re­ment, par un mouve­ment des lèvres ou de la langue. Quand on prononce un [j], on place d’abord la langue dans la posi­tion de [i], avec le milieu du dos de la langue contre le palais. Si on maintient la langue dans cette position, on entend uniquement [i] (donc, une voyelle) ; en relâchant la constriction, par un mouve­ment de la langue vers le bas, le son est réalisé comme [j]. De même, pour prononcer [w], on place la langue dans la position de [u], puis par un mouvement des lèvres (et non de la langue dans ce cas), on réalise la consonne [w]. C’est le même principe pour [ɥ]. Quand on prononce ces constric­tives « à moitié », c’est-à-dire sans faire un mouvement de la langue ou des lèvres, elles restent des voyelles. De même qu’on peut prononcer un [s] en continu, si on prononce en continu [j] ou [w], on obtient une voyelle. D’une certaine manière, on peut donc dire que [j], [w] ou [ɥ] sont des voyelles qui se terminent sous forme de consonne, d’où leur nom de semi-consonnes. Cependant, sur le plan phonologique, ce sont de vraies consonnes, car il y a bien un obstacle au passage de l’air, contrairement aux voyelles (l’air ne peut pas passer con­ti­nuel­le­ment).

4.20.2. Remarque générale sur la transcription de [j]

Entre un i syllabique (qui forme une syllabe) et une autre voyelle, on prononce généralement un [j] de passage. Ceci essentiellement quand on a (dans cet ordre) i+voyelle :

oublier [ublije]
peuplier [pøplije]

Cependant, il serait exagéré de considérer ce [j] comme un phonème à part entière : il s’agit d’un phénomène transitoire, dont la force est variable. Dans les transcriptions, certains ma­nu­els ou dic­tion­nai­res transcrivent cette consonne transitoire comme un véritable [j] : tablier [tablije], d’autres comme un petit [j] en exposant [tablije], dans d’autres (par exemple dans le présent ouvrage), on ne le transcrit pas du tout. De toute façon, même si on ne le transcrit pas, ce [j] se forme plus ou moins automatiquement.

On a choisi dans ce guide de ne pas le transcrire, car en finnois la lettre i devant voyelle forme une syllabe (piano = [pi-a-no]) et les finnophones ont donc tendance naturellement à in­ter­pré­ter i comme une syllabe. Inversement, en finnois le groupe ij transcrit un [j] long, Maija se lit [majːa] et la transcription plier [plije] pourrait ainsi induire les finnophones en erreur (pro­non­cia­tion erronée [plijːe]). Dans les trans­crip­tions ci-dessus et ailleurs dans ce guide, i syllabique devant voyelle est donc transcrit [i], pour garantir une interprétation correcte de la trans­crip­tion par les finnophones.

4.21. Synérèse et diérèse  

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4.21.1. Définition

Les semi-consonnes posent le problème du découpage syllabique. Dans certains cas, le groupe semi-consonne + voyelle équivaut à (on sama kuin) deux syllabes, dans d’autres cas il équivaut à une seule syllabe. Le fait de prononcer un groupe de phonèmes (dont l’un est une voyelle) en deux syllabes s’appelle la diérèse (fi. diereesi), d’un mot grec savant signifiant « séparer » ; prononcer les deux phonèmes en une seule syllabe, c’est faire la synérèse (fi. synereesi), d’un mot grec savant signifiant « unir ».

4.21.2. Avec [j]

Dans le groupe i + voyelle, i correspond à [j] : on fait la synérèse et non pas la diérèse comme en finnois. Piano, par exemple se prononce donc [pjano] (2 syllabes) et non pas *[piano] (3  syllabes). Cette règle est valable quelle que soit la voyelle qui suit i. Attention notamment aux terminaisons -ier, -ière, -iaire etc. : elles se prononcent en une seule syllabe. Exemples de mots :

une syllabe     : pied, lierre, bière, pierre, lièvre, fière, tiers, rien, lion etc.
deux syllabes  : studio, pédiatre, panier, avion, envieux, amiante, tertiaire etc.
trois syllabes   : décision, asiatique, tanzanien, quotidien etc.

Il faut faire attention à la prononciation des mots comme piano, studio (trois syllabes en finnois, deux syllabes seulement en français), qui sont pour ainsi dire des « faux amis phonétiques ».

Remarque : on fait aussi la synérèse avec le verbe il y a (à différents temps), qu’on prononce [ilja] (2 syllabes) et non pas [ilia] (3 syllabes) :

Il y a des oiseaux. [iljadezwazo]
Il y avait du verglas. [iljavɛdyvɛʁgla]
Il y aura des éclairs au dessert. [iljoʁadezeklɛʁodesɛʁ]
Il y a eu une annonce [iljayyanɔ̃s] etc.

4.21.3. Exceptions

a. quand i est précédé du groupe consonne + liquide, on fait la diérèse (sur la transcription, voir Ramarque générale 4.20.2.) :

plier [plie], crier [kʁie], trier [tʁie], grief [gʁiɛf], deux syllabes
tablier [tablie], ouvrier [uvʁie] trois syllabes, comme février, sanglier
propriétaire [pʁopʁietɛʁ], inoubliable [inubliabl] quatre syllabes

Cela n’a pas toujours été le cas : anciennement, on prononçait tablier en deux syllabes [ta-blje] (avec un [l] palatalisé).

Avec d’autres voyelles :

embryon, plieuse, en criant etc.

b. dans les verbes monosyllabiques avec radical en -i et commençant par [ʁ] ou [l], on fait généralement la diérèse, mais cela dépend des locuteurs :

vous riez [ʁie] ou [ʁje]
vous liez [lie] ou [lje]

Les composés de ces mots suivent la règle normale (puisqu’ils ont au minimum deux syllabes) et on y fait la synérèse :

délier [delje]
relier [ʁəlje] etc.

Le mot hier se prononce librement [jɛʁ] ou [iɛʁ].

c. dans les composés avec anti-, péri-, on a tendance à conserver le nombre de syllabes du suffixe et on ne fait donc pas la synérèse :

anti-atomique [ɑ̃tiatomik] et non pas [ɑ̃tjatomik]
périarthrite [peʁiaʁtʁit] et non pas [peʁjaʁtʁit]

mais dans une prononciation rapide et un peu relâchée, le i tend à devenir [j] ;

d. le préfixe bio- ([bjo-], 1 syllabe) est devenu un mot indépendant signifiant en finnois luomu. Dans ce cas, on le prononce assez souvent en deux syllabes :

les produits bio [bio].

4.21.4. Avec [ɥ]

Avec [ɥ], l’usage est un peu flottant, car par son articulation, il résiste davantage. Aujourd’hui, on fait pratiquement toujours la synérèse :

Suède (1 syllabe)
nuage (1 syllabe)
puer (1 syllabe)
puanteur (2 syllabes)

mais il y a des gens qui font la diérèse :

actualités [aktyalite] (5 syllabes) ou
actualités [aktɥalite] (4 syllabes).

Après le groupe consonne + liquide, il y a toujours diérèse, comme dans le cas de [j] :

influence [ɛ̃flyɑ̃s]
congruent [kɔ̃gʁyɑ̃] etc.

NB. Quand [ɥ] est suivi de [i], on fait toujours la synérèse :

bruit [bʁɥi], fruit [fʁɥi]
pluie [plɥi], pruine [pʁɥin]

4.21.5. Avec [w]

Dans le cas de [w], on fait toujours la synérèse, quelle que soit la voyelle qui suit et même après le groupe consonne + liquide :

point [pwɛ̃], groin [gʁwɛ̃]
croire [kʁwaʁ], ployer [plwaje] etc.

4.22. Phonétique et prononciation de [j]  

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4.22.1. Caractéristiques

Le phonème [j] (qu’on appelle classiquement « yod ») est une constrictive dorsopalatale prononcée avec le dos de la langue contre le palais. La langue est pratiquement dans la même position que pour [s], mais elle est entièrement plate, alors que dans le cas de [s], elle est légèrement incurvée (kourumainen), et la pointe de la langue est abaissée (dans le cas de [s], la partie prédorsale de la langue touche les alvéoles). En général, [j] est au contact de voyelles et est donc sonore. Il y a un resserrement de la langue contre le palais, mais à cause des vibrations des plis vocaux, on n’entend pas vraiment de bruit de frottement (hankaus). En revanche, au contact d’une consonne sourde comme dans pied [pje], on entend plus nettement un souffle. Il y a donc un [j] sonore et un [j] sourd, mais cette distinction ne joue aucun rôle sur le plan phonologique.

Du point de vue de la prononciation, [j] ne pose pas vraiment de problème, puisqu’il existe aussi en finnois. Il faut faire attention aux cas où il apparait entre deux [i] comme dans taillis [taji] (vesakko) : comme le lieu d’articulation est le même, il faut « matérialiser » la consonne [j] en accentuant (korostaa) le resserrement et en produisant un son de frottement plus net que d’habitude (et plus fort que dans le finnois taian). Voir 13.7., exercice 9.

4.22.2. Transcription

Entre un i syllabique (qui forme une syllabe) et une autre voyelle, on prononce généralement un [j] de passage. Ceci essentiellement quand on a (dans cet ordre) i+voyelle :

oublier [ublije]
peuplier [pøplije]

Cependant, il serait exagéré de considérer ce [j] comme un phonème à part entière : il s’agit d’un phénomène transitoire, dont la force est variable. Dans les transcriptions, certains manuels ou dictionnaires écrivent tablier [tablije], d’autres [tablije], dans d’autres (par exemple dans ce manuel), on ne le transcrit pas du tout. De toute façon, même si on ne le transcrit pas, ce [j] se forme plus ou moins automatiquement. Voir Remarque générale 4.20.2..

Dans l’ordre voyelle+i, le [j] de passage est moins fréquent, on peut dire pays [pei] ou [peji] (l’essentiel, dans ce mot, est de ne pas dire [pɛj], voir 4.23.4..

4.23. Graphie de [j]  

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4.23.1. Pas de lettre unique transcrivant [j]

La constrictive [j] est un phonème fréquent en français. Pourtant, contrairement au finnois, il n’y a pas en français une seule lettre qui soit spécialisée dans la transcription de [j], et, ce qui est encore plus déroutant pour les finnophones, la lettre j ne transcrit jamais [j] ! Le phonème [j] a plusieurs équivalents graphiques : les lettres i, ï, y et des combinaisons de i et l ou ll.

4.23.2. [j] transcrit i ou y

Le phonème [j] peut être transcrit par des lettres simples, i et y, mais toujours en combinaison avec d’autres voyelles :

44a. [j] transcrit i ou y
i + voyellede nombreux mots ; à l’initiale, le groupe i + voyelle est assez rare (environ 30 mots au total) piano, fier, miauler etc. ;
ioniser, iode, iule, iambe, iambique
hi + voyelle-en position initiale, dans un nombre limité de mots hier, hiérarchie, hiatus, hiatal
y + voyelle-en position initiale, dans un assez grand nombre de mots yeux, yoyo, youpie, yaourt etc.
y intervocaliquenombreux mots payer, tuyau, voyez etc.
Y est comme deux lettres i à effet différent

Dans le cas de y intervocalique, y transcrit le résultat de deux ii, dont le premier formerait un digramme avec la voyelle qui précède et affecte la prononciation de cette voyelle :

voyez = *voi-iez [vwa+je], noyer [nwaje], ployer [plwaje], croyant [kʁwajɑ̃], aboyer etc. [abwaje]
payer = *pai-ier [pe+je], balayer [baleje], essayer [eseje], effrayant [efʁejɑ̃], bégayer [begeje], rayonner [ʁejone], crayon [kʁejɔ̃] etc.
tuyau = *tui-iau [tɥi+jo], appuyer [apɥije], essuyez [esɥije], ennuyeux [ɑ̃nɥijø] etc.

Il y a cependant des exceptions à cette règle (voir §4b, c et d ci-dessous).

Deux prononciations pour hier [...]

Hier peut se prononcer avec synérèse [jɛʁ] ou diérèse [iɛʁ]. La prononciation avec synérèse [jɛʁ] est plus fréquente.

4.23.3. Exceptions avec i

Normalement, ï (i « tréma ») transcrit [i] (donc toute une syllabe) et non pas [j] :

haïr [a-iʁ] (2 syllabes)
maïs [ma-is] (2 syllabes), ne pas prononcer [majs]
naïf [na-if] (2 syllabes), ne pas prononcer [najf]
droïde [dʁo-id] (2 syllabes)
cycloïde [si-klo-id] (3 syllabes)

Voir autres exemples 10.4. exercices 3 et 4. Dans certains mots d’emprunt, ï ne forme pas de syllabe, car le tréma indique seulement qu’on ne doit pas lire oi comme [wa] :

Tolstoï [tɔlstɔj], Hanoï [anɔj]

Nombreux mots avec et [...]

Il y a en français près de 300 mots avec -aï- et plus de 500 avec -oï-. Dans ouïe (kuulo et aussi au pluriel kidukset), on fait aujourd’hui la synérèse, malgré l’ï : [wi] (anciennement [ui]).

4.23.4. Exceptions avec y

a. Dans quelques mots, le graphème ay se lit en deux syllabes (diérèse), la lettre y transcrit un [i] :

pays [pei] avec 2 syllabes, et tous les dérivés :
paysage [peizaʒ], paysan [peizɑ̃], 3 syllabes
paysannerie, paysagiste, 4 syllabes

ainsi que dans abbaye :

abbaye [abei] 3 syllabes

Il ne faut donc pas confondre

[abei] abbaye / [abɛj] abeille
[pei] pays / [pɛj] paye

b. Le graphème ay équivaut normalement à [ᴇj] (= [ɛj] ou [e]), ce qui est le cas dans plus de 300 mots : balayer, pagayer, trayon, crayon etc. (voir Remarque ci-dessus). Il y a pourtant un nombre assez important de mots où ay transcrit [aj] ; c’est notamment le cas dans des noms propres ou des mots d’emprunt (voir liste complète Annexe 1) :

mayonnaise [majonɛz]
bayer [baje] ammottaa, Bayard [bajaʁ]
Fayard, La Fayette [lafajɛt]
cayenne [kajɛn], cobaye [kobaj]
bayou [baju], hayon [ajɔ̃] etc.

c. Le graphème oy équivaut normalement à [waj] (voyons, royal etc., voir Remarque ci-dessus), sauf dans quelques mots d’emprunt, où il se lit [ɔj/oj] :

coyote [kojɔt]
cow-boy [kobɔj]
goyave [gojav] (et quelques mots régionaux)

De même, uy suivi de voyelle équivaut normalement à [ɥij] (tuyau, fuyez voir Remarque ci-dessus), sauf dans deux mots où il transcrit [yj] :

gruyère [gʁyjɛʁ]
bruyère [bʁyjɛʁ], mais prononcé également [bʁɥijɛʁ].

4.23.5. [j] transcrit par une combinaison de i et l

44b. [j] transcrit par une combinaison de i et l
voyelle + ilde nombreux mots pareil [paʁɛj], bail [baj], fenouil [fənuj], seuil [sœj], écueil [ekœj]
voyelle+ ill+voyellede nombreux mots pareille [paʁɛj], merveilleux [mɛʁvejø], travaille [tʁavaj], travaillons [tʁavajɔ̃], mouille [muj], mouillé [muje] etc.
consonne+ ill+voyellede nombreux mots brille [bʁij], brillant [bʁijɑ̃], tilleul [tijœl], sillon [sijɔ̃], bille [bij], billard [bijaʁ], fille [fij], fillette [fijɛt], gentille [ʒɑ̃tij], gentillesse [ʒɑ̃tijɛs], morille [moʁij], pupille [pypij] etc

Exceptions : dans distiller et instiller, on prononce un [l] :

il distille [distil], la distillation [distilasjɔ̃]
il instille [ɛ̃stil], l’instillation [ɛ̃stilasjɔ̃].

Osciller [...]

Osciller est également donné avec [l] par plusieurs dictionnaires, mais la prononciation courante est avec [j] : [osije].

4.23.6. Exceptions avec il

Les exceptions et irrégularités sont nombreuses :

a. Dans quelques mots courants, qu’il faut absolument connaitre, le groupe -ille/-illvoyelle se prononce [il] :

ville [vil]
mille [mil]
tranquille [tʁɑ̃kil]
bacille [basil]

et les mots des mêmes familles ou leurs composés :

villa [vila], village [vilaʒ]
millier [milje], million [miljɔ̃]
tranquilliser, colibacille etc.

Deux prononciations pour million [...]

Million est cependant assez souvent prononcé avec [j] : [mijɔ̃].

C’est aussi le cas dans quelques mots plus rares en -ille (aspergille, codicille etc.), au total environ 50 mots (voir Annexe 1). Ce sont là les seules exceptions, qui sont donc finalement peu nombreuses. La fréquence des mots mille, ville et tranquille peut donner aux apprenants l’impression que le groupe -ille en finale se lit toujours [il], mais ce n’est pas le cas.

Valeur du graphème ill- initial [...]

En début de mot, où ill- correspond à la fusion du préfixe in avec l, on prononce toujours [l] : illimité [ilimite], illogique [iloʒik], illusion [ilyzjɔ̃] etc.

b. Dans les mots terminés en -illaire, le groupe ill correspond à [il] et non [ij] (25 mots concernés, voir Annexe 1) :

ancillaire [ɑ̃silɛʁ]
maxillaire [maksilɛʁ], armillaire etc.

c. Le mot oïl dans langue d’oïl qui désigne le français du nord sur le plan de l’histoire de la langue (opposé à langue d’oc), on prononce [ɔjl], de même que oil dans le mot moderne hydrofoil [idʁofɔjl]. Mais dans poil (et ses composés rebrousse-poil, passepoil) on prononce comme on l’attend normalement : [pwal].

Gasoil [...]

De même dans gasoil (dieselöljy), on prononce [gazwal] ; la forme moderne est gazole.

d. Dans l’anglicisme cocktail, on prononce [kɔktɛl] (ai est lu comme un digramme).

4.24 La semi-consonne [w]  

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4.24.1. Phonétique

Le phonème [w] (qu’on appelle parfois « oué ») est une constrictive dorsovélaire labialisée à double articulation. La langue se place dans la même position que pour la voyelle [u], avec les lèvres très arrondies ; par un mouvement d’ouverture des lèvres et de relâchement de la constriction, on réalise la consonne [w]. Sur le plan de la prononciation, elle est pratiquement identique au [w] anglais, et ne devrait donc pas poser de problèmes aux finnophones, qui connaissent tous l’anglais. Malgré cela, ils ont souvent tendance à prononcer [w] trop près de [ɥ]. Il faut prononcer ce phonème en articulant comme pour prononcer [u] et en labialisant fortement.

Il faut également faire attention au groupe [vw] comme dans voiture, voir, envoyer, revoir, avoine etc. : il faut bien distinguer le [v] du [w] et ne pas assimiler *[watyʁ] pour voiture. Les petits enfants fran­co­pho­nes font souvent cette erreur et mettent un certain temps avant de savoir bien prononcer au revoir (prononcé par eux *[ɔʁwaʁ]).

4.24.2. Graphie

Le phonème [w], qui est toujours devant voyelle, est transcrit :

45. Graphèmes correspondant à [w]
oudans un nombre relativement limité de mots oui, inouï, ouate, ouistiti, ouaouaron, avouer, renouer, Ouagadougou etc.
w, whdans des mots d’emprunt, en général de l’anglais (plus de 150) watt, weekend, sandwich, tramway, whisky, wifi etc.
oice digramme équivaut toujours à [wa], dans des centaines de mots croire, froid, trois, moi, voie etc.
oyce digramme est la variante de oi devant voyelle et correspond dans ce cas à [waj] (des milliers de cas) croyable [kʁwajabl], ployer [plwaje], foyer [fwaje] etc.
oe, dans une série de mots limitée (voir 6.4.2.) poêle [pwal]
moelle [mwal], moelleux [mwalø]
moellon [mwalɔ̃]
udans les graphèmes -qua- ou -gua-, dans certains mots d’origine savante ou étrangère. Ces groupes se prononcent [kwa] et [gwa], alors que la lecture normale est [ka] et [ga]. Il existe une quarantaine de mots de cette catégorie, voir 13.5. exercice 10 . adéquat, aquatique, jaguar, guacamole etc.

4.24.3. À noter

Paradoxalement, dans les mots francisés commençant par [w] (c’est-à-dire qui ne sont pas des emprunts récents à l’anglais), la lettre w ne correspond pas à [w], mais à [v] :

wagon [vagɔ̃]
wassingue [vasɛ̃g]
w.-c. [vese]
welche [vɛlʃ]

Ces mots ne sont qu’une dizaine, la majorité des mots commençant par w se prononcent avec [w] (voir exemples ci-dessus). Sur certains, il y a hésitation (wassingue avec [va-] ou [wa-]). En Belgique, on prononce pratiquement toujours [w], également dans les exceptions indiquées à l’instant, notamment wagon [wa-].

4.25. La semi-consonne [ɥ]  

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4.25.1. Phonétique

Le phonème [ɥ], qu’on désigne dans les ouvrages de phonétique du terme de « ué », est une constrictive dorsopalatale labialisée à double articulation. La langue se place dans la même position que pour la voyelle [y], avec les lèvres très arrondies ; par un mouvement d’ouverture des lèvres et de relâchement de la constriction, on réalise la consonne [ɥ]. C’est un [y] avec mouvement des lèvres, comme [j] est un [i] avec mouvement de la langue. Exemples : pluie, étui, tuant, appuyer, actualité, suédois etc. (sur la diérèse, voir 4.21.4.). On trouve également ce phonème dans la langue parlée au contact du pronom personnel tu avec des voyelles : Tu arrives ? [tɥaʁiv], Où tu es ? [utɥe]. Ce phonème n’est pas très facile pour les étrangers, car il est fortement labialisé, avec une prononciation très tendue (tiukka). Il est d’ailleurs unique en son genre dans les langues européennes ! Il faut éviter de le relâcher dans la direction de [w]. La bonne prononciation de [ɥ] est à surveiller particulièrement au contact de [ʁ] dans les groupes consonne + rui- : fruit, bruit, gruyère, bruyant, truite, bruine etc.

4.25.2. Remarques

  1. Dans le français de Wallonie (en Belgique), on prononce fréquemment [w] en position initiale devant [i] : à huit heures [awitœʁ], et puis [epwi] etc.
  2. Dans une prononciation enfantine, ou rapide, ou familière, [ɥ] peut disparaitre après labiale : puis se prononce [pi].

4.25.3. Graphie

Le phonème [ɥ] est toujours transcrit u :

cuivre, bruine, tuyau, fuyant
nuée, nuage, Suède, actuel, puanteur etc.

Dans certains mots (savants pour la plupart), le groupe qu transcrit [kɥ] et le groupe gu trans­crit [gɥ], voir 13.6. exercice 5 :

aiguille [egɥij], aiguillage [egɥijaʒ]
ambigüité, contigüité, exigüité,
équidistant [ekɥidistɑ̃], équilatéral
linguiste, linguistique
quidam, quiétisme, requiem, ubiquité etc.

Dans ambigüité, contigüité et exigüité, on met un tréma sur l’u (ü) pour indiquer qu’il ne faut pas lire le groupe gui [gi] (comme dans guide). On rencontre encore fréquemment les graphies non rec­ti­fiées contiguïté, ambiguïté et exiguïté avec tréma sur l’i, qui ont au moins le mérite d’in­di­quer qu’on ne doit pas lire [gi]. [1]

Logiquement, il faudrait donc aussi mettre un tréma dans aiguille, linguistique (comme on le fait en es­pa­gnol pour linguïstica) et tous les autres mots de la série, malheureusement, on ne l’a pas fait, et le seul moyen de savoir si qui correspond à [kɥi] et non à [ki] comme normalement, ou si gui correspond à [gɥi] et non à [gi] comme normalement, c’est d’apprendre ces mots par cœur ou de vérifier dans un dictionnaire.

4.26. Tableaux-résumés

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4.26.1. La prononciation des occlusives « graphiques » en finale

Les consonnes occlusives en finale se répartissent en deux groupes : -p, -b, -c et -g sont généralement prononcés, les cas où ils ne sont pas prononcés étant minoritaires, tandis que dans le cas de -t et -d c’est l’inverse : ils sont majoritairement muets (non prononcés en finale).

47a. Occlusives finales
RÈGLE GÉNÉRALE
cas majoritaires
EXCEPTION
cas minoritaires
-p, -b prononcé [-p, -b]
cap, cep, club, Jacob
non prononcé
coup, champ, plomb
-t, -d non prononcé
plat, vert, nid, pied, chaud, court
prononcé [-t, -d]
net, dot, bled
-c, -g prononcé [-k, -g]
sec, lac, gong, grog
non prononcé
tabac, jonc, sang, long

4.26.2. Résumé des termes finnois-français

Ce tableau présente quelques adjectifs et préfixes ou adverbes utilisés dans le langage spé­cia­li­sé de la phonétique, mais qui sont aussi d’usage courant et qu’il est bon de connaitre.

47b. Occlusives finales
Type AVANT MILIEU ARRIÈRE
adverbe à l’avant au milieu à l’arrière
adjectif antérieur
etu-, etinen
médian
keski-, keskinen
postérieur
taka-, takainen
préfixe pré-
etu-
médio-
keski-
post-
taka-
équivalent
phonétique
palatal
palataalinen
médian
keski-
vélaire
velaarinen

5. Classement des voyelles du français

5.1. Caractéristiques générales
5.2. Le lieu d’articulation
5.3. Voyelles orales et voyelles nasales
5.4. La labialisation
5.5. Aperture, durée et tension
5.6. L’opposition voyelles ouvertes / voyelles fermées
5.7. La loi de position
5.8. La loi de position : exemples et exceptions
5.9. L’opposition [e/ɛ] en syllabe ouverte en finale absolue
5.10. Facteurs affectant l’aperture en syllabe ouverte non finale
5.11. Influence de paradigmes sous-jacents
5.12. Aspects phonologiques divers : a postérieur, e muet, voyelles nasales
5.13. Tableaux du système phonologique des voyelles du français

 5.1.  Caractéristiques générales  

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5.1.1. Formation des voyelles

Les voyelles sont le résultat d’une vibration des plis vocaux, comme les phonèmes en général, mais elles sont caractérisées par deux traits particuliers :

La résonance dépend essentiellement de la position de la langue dans la bouche, selon le même principe général que pour les consonnes. La différence, c’est que la langue n’est jamais en contact avec une autre partie de la bouche, la définition du lieu d’articulation est donc moins précise. Pour caractériser les voyelles, on prend en compte les facteurs suivants : aperture, lieu d’articulation, labialisation.

5.1.2. L’aperture

On appelle aperture (väljyys) la distance entre la langue et le palais, là où le canal buccal est le plus étroit (à l’endroit où la langue est la plus proche du palais) : quand la langue est très proche du « haut » de la bouche, l’aperture est petite ; quand la langue est en bas, et que le canal vocal (ääniväylä) est très ouvert, l’aperture est grande.

5.1.3. Le lieu d’articulation

Dans le cas des voyelles, le lieu d’articulation désigne la zone de la cavité buccale dans laquelle se produit le resserrement (dans le cas d’une voyelle, la langue n’est jamais en contact avec le haut de la cavité buccale, puisque l’air peut toujours passer librement) : si le resserrement se produit dans la zone qui se trouve à l’avant de la bouche, on obtient des voyelles antérieures (etuvokaalit), qu’on appelle aussi des voyelles palatales (palataalivokaalit) ; au milieu de la bouche, on obtient des voyelles mé­dia­nes (keskinen), et à l’arrière de la bouche on obtient des voyelles postérieures (ta­ka­vo­kaa­lit), qu’on appelle aussi des voyelles vélaires (velaarivokaalit). On ne distingue en général que trois lieux d’articulation, qui sont beaucoup moins nombreux que les lieux articulatoires des consonnes (apico­dental, pré­pa­la­tal, médiopalatal, prévélaire, etc.). En français, il n’y a qu’une voyelle médiane ([ə]), en finnois il n’y en a aucune ; les voyelles plus importantes sont les voyelles antérieures et postérieures (mê­me distinction en finnois).

5.1.4. La labialisation

La labialisation, c’est le fait que certaines voyelles sont prononcées avec un fort mouvement des lèvres (verticalement ou horizontalement). Il y a donc des voyelles labiales et des voyelles non labiales.

 5.2.  Le lieu d’articulation  

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5.2.1. Le trapèze vocalique

Les voyelles antérieures (voir le schéma ci-dessous) sont articulées avec la partie avant (antérieure) de la langue. En passant de [i] à [a], la langue s’abaisse progressivement, et en même temps elle recule (elle n’aurait pas de place pour s’abaisser si elle ne reculait pas). Les voyelles postérieures sont articulées avec la partie arrière (postérieure) de la langue, c’est-à-dire le dos de la langue. En passant de [a] à [u], le dos de la langue remonte vers le voile du palais et recule encore. Arrivée tout en haut, pour [u], la langue est obligée d’avancer de nouveau un peu. On peut facilement symboliser la position de la langue dans le sens lon­gi­tu­dinal (pituus­suunnassa), c’est-à-dire le lieu d’articulation, et la position de la langue en hauteur, dans le sens vertical, c’est-à-dire l’aperture, par le schéma suivant :



Les voyelles du français se disposent selon une forme de trapèze (suunnikas), qu’on appelle parfois le trapèze vocalique.

 5.2.2. Classement phonétique des voyelles du français

Les voyelles françaises sont aussi caractérisées par d’autres traits, qui sont présentés dans les pages suivantes, notamment l’opposition entre voyelles orales et voyelles nasales, et la labialisation. On peut présenter les voyelles du français du point de vue phonétique de la manière présentée dans le tableau ci-dessous (le classement phonologique, fonctionnel, est étudié 5.13.). Par rapport au finnois (et à beaucoup d’autres langues européennes), le vocalisme français présente quatre caractéristiques :

  1. l’opposition nasales / orales (en finnois aucune voyelle nasale) ;
  2. la prédominance (valta-asema) des voyelles antérieures (palatales) : sur les 15 voyelles habituelles du français, 10 sont antérieures, 5 postérieures (en finnois, c’est 5 contre 3) ;

  3. la prédominance des voyelles labiales : sur 15 voyelles, il y a 10 voyelles arrondies (en finnois c’est 4 contre 4).
  4. l’intensité du mouvement des lèvres : les voyelles labiales sont prononcées avec un mouvement en avant très net, les voyelles écartées avec un mouvement sur les côtés très net, elles sont très écrasées. En finnois, il n’y a pas le même phénomène.
51. Les voyelles du français
Orales Nasales
palatales vélaires palatales vélaires
simples arrondies simples arrondies
i e y
e ø o
ɛ œ ɔ ɛ̃ ɔ̃
a ə ɑ̃

Dans ce tableau ne figure pas le [ɑ] postérieur. Le phonème [œ̃] est facultatif, voir 5.12.3.

 5.3.  Voyelles orales et voyelles nasales  

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 5.3.1. Caractéristiques des voyelles nasales

Les voyelles du français peuvent être prononcées uniquement par la bouche, ce sont alors des voyelles orales (oraalinen). En plus de ces voyelles orales, il existe une série de voyelles nasales : lors de l’émission du son, le voile du palais s’abaisse légèrement, et un facteur de ré­so­nan­ce nasal s’ajoute à la résonance buccale. Contrairement aux consonnes nasales, l’air passe par le nez, mais aussi par la bouche (quand on prononce une consonne nasale, l’air passe un instant uniquement par le nez). Les voyelles nasales devraient donc s’appeler plus exactement des voyelles oronasales ou, au moins, des voyelles nasalisées. De plus, le voile du palais ne s’abaisse que légèrement (dans le cas des consonnes nasales, il s’abaisse plus). Le facteur nasal ne change pas d’une voyelle à l’autre, ce qui distingue les voyelles nasales les unes des autres, c’est le lieu d’articulation et l’aperture, comme pour les voyelles orales.

Parmi les langues d’Europe, il n’y a que le français, le breton, le portugais et le polonais qui aient des voyelles nasales. En portugais et en polonais, les voyelles nasales sont suivies d’une légère consonne nasale. En français, au contraire, les voyelles nasales sont des voyelles pures : il n’y a aucun élément consonantique. Quand on prononce une voyelle nasale, il faut faire attention à « arrêter » la nasalisation au bon moment, autrement dit il faut remettre le voile du palais dans sa position normale avant de commencer à mettre en place la consonne qui va suivre. Quand par exemple on prononce un [ɑ̃] suivi d’un [t] (comme dans entier), si on ne referme pas le passage nasal en remontant le voile du palais avant de placer la pointe de langue contre les alvéoles pour faire [t], on obtient pendant un moment une consonne qui est apico-alvéolaire et nasale, ce qui est exactement la définition de ... [n] ! Au lieu de [ɑ̃tje], on obtient ainsi *[ɑ̃ntje]. Il faut donc justement s’appliquer à prononcer des voyelles nasales absolument pures, telles qu’on les prononce dans le français standard du nord de la France. [1]

 5.3.2. Timbre différent de celui des voyelles orales correspondantes

Comme on le voit sur le schéma de la page précédente, les voyelles nasales ne sont pas exactement la version nasalisée des voyelles orales correspondantes :

La nasale [œ̃] est aujourd’hui de plus en plus menacée, et de nombreux locuteurs prononcent [ɛ̃] à la place. Il y a donc confusion entre brun et brin. Les cas de confusion sont rares et le rendement (tuottavuus) de [œ̃] est limité. Voir 5.12.3..

5.4.  La labialisation  

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5.4.1. Définition

Quand on prononce une voyelle, on fait en général également des mouvements avec les lèvres. Ces mouvements servent 1) à modifier le canal vocal pour produire des séries de voyelles nouvelles et 2) à mieux différencier les voyelles : le mouvement des lèvres est un élément de la production des sons qui permet d’ajouter des traits (piirteet) avec lesquels on reconnait mieux la voyelle. Ce phénomène s’appelle la labialisation (labiaalisuus). Il se produit en finnois comme en français, mais en français il est nettement plus prononcé (voimakas). Les lèvres peuvent avoir essentiellement deux formes caractéristiques :

  1. on prononce certaines voyelles en arrondissant la bouche, en formant avec les lèvres une sorte de trou arrondi. On les appelle pour cette raison des voyelles arrondies (pyöreä). Dans ce cas-là, les lèvres se projettent souvent vers l’avant (työntyvät eteenpäin). C’est pourquoi on appelle aussi les voyelles arrondies des voyelles labiales (labiaalinen), parce qu’elles sont prononcées avec un fort mouvement des lèvres. En français, la projection (eteenpäin työntyminen) des lèvres est nettement plus forte qu’en finnois ;
  2. on prononce certaines autres voyelles en écartant les lèvres et la forme de la bouche n’est plus un rond, mais un ovale écrasé (leveä soikio). C’est pourquoi on appelle ces voyelles des voyelles écartées (lavea). En général dans ce cas, les lèvres ne vont pas vers l’avant, mais se retirent (vetäytyvät) sur les côtés. C’est pourquoi ces voyelles sont appelées illabiales (illabiaalinen), c’est-à-dire « non labiales ».

5.4.2. Lien entre l’aperture et la labialisation

Dans les langues du monde, on constate des tendances générales : [1]

  1. quand une voyelle est très arrondie, les lèvres vont très en avant. Il y a donc une correspondance entre la taille de l’ouverture de la bouche et la projection en avant des lèvres.
  2. il y a également une correspondance entre l’aperture et la forme des lèvres : moins l’aperture est grande, moins l’ouverture des lèvres est grande, autrement dit, plus la langue se rapproche du palais ou du voile du palais, plus les lèvres sont arrondies. Un [u] (faible aperture) est donc plus arrondi qu’un [o] (aperture moyenne), en français comme en finnois. De ceci découle (seuraa) que :

5.5. Aperture, durée et tension  

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5.5.1. Influence de l’aperture et de la durée

Comme il est expliqué 5.7., en français les voyelles [e ø o] et [ɛ œ ɔ] forment un système où s’opposent les voyelles ouvertes et les voyelles fermées selon certaines règles bien précises. Les autres voyelles ne s’opposent pas de la même manière (il n’y a pas un i fermé qui s’oppose à un i ouvert). Cette opposition entre voyelle ouverte et voyelle fermée est phonologique. Du point de vue phonétique, les différences sont plus nombreuses. Elles sont dues (johtuvat) no­tam­ment à l’allongement des voyelles sous l’effet (vaikutuksesta) d’autres phonèmes en­vi­ron­nants : bien que phonologiquement le français n’utilise pas la durée (kesto) pour distinguer des mots différents, sur le plan phonétique la durée des voyelles varie. Il y a différents facteurs qui font varier la durée :

a. Une constrictive sonore allonge la voyelle :

Cet allongement est particulièrement sensible (tuntuva) avec [z] : seize, chose etc.

b. Parmi les sonantes, [ʁ] a tendance à allonger les voyelles en finale absolue (ilmauksen lopussa).

L’allongement est dû à des raisons physiologiques (temps de réaction des organes dans [ʁ], durée nécessaire de la constriction dans [z] etc.). Cet allongement est appelé allongement com­binatoire (kombinatorinen pidennys). Il est en général nettement perceptible (havaittavissa) en finale absolue, dans les autres positions il est moins net, mais réel. Cependant, pho­no­lo­gi­que­ment il n’a pas de fonction distinctive, autrement dit il ne permet pas de distinguer deux mots différents comme par exemple en finnois tuli et tuuli. Il y cependant quelques cas particuliers dans lesquels on utilise l’allongement, voir Allongement vocalique à valeur distinctive 8.3.).

c. La longueur a également des conséquences sur le timbre (sävy) :

Du fait de ces différents facteurs, on parvient à distinguer plusieurs apertures, et on peut classer les voyelles du plus fermé au plus ouvert de la manière suivante :

54. Variation de l’aperture en fonction de la durée
très fermée en syllabe finale fermée en syllabe non finale légèrement ouverte en syllabe non finale ouverte en syllabe finale très ouverte en syllabe finale
dose doser doter dote dort
clé périr tester test mer
yeuse yeux écœuré neuve beurre

Cependant, ces différences objectives (mesurables) dans l’aperture des voyelles ne jouent aucun rôle sur le plan phonologique : elles ne servent pas à distinguer des mots différents. On ne retient pho­no­lo­gi­quement et on n’utilse pédagogiquement que deux degrés d’aperture, ouvert et fermé.

5.5.2. La tension

Pour caractériser phonétiquement les voyelles, on utilise aussi parfois la notion de ten­sion musculaire ou articulatoire. Cela signifie que certaines voyelles sont prononcées avec une plus grande dépense d’énergie que d’autres. Mais comme il est difficile de mesurer exactement cette énergie, la notion de tension est plutôt subjective. Les voyelles du finnois ne sont pas très tendues en général. Dans les langues germaniques, on a par exemple des voyelles tendues (tiukka) comme dans le suédois sida ou l’anglais seed et des voyelles relâchées (höllä), comme dans le suédois sitta et l’anglais sit. C’est valable aussi pour le français.

En général, plus la voyelle est fermée, plus elle est tendue, et plus elle est allongée, plus elle est tendue aussi : [o] dans sauce est plus tendu que dans sort, et dans rose il est plus tendu que dans sauce. Les voyelles n’ayant pas de distinction d’aperture ont en général une tension à peu près identique (i dans cirque et dans cire). Cette notion de tension n’est pas très utile pour décrire de façon systématique les voyelles, mais il faut se rappeler une chose importante : les voyelles du français sont nettement plus tendues que celles du finnois. Dans ministre, i est beaucoup plus tendu que dans ministeri. Cette tension est un élément qu’il faut apprendre à maitriser quand on parle le français et qui fait que la prononciation des voyelles françaises est plus difficile pour les finnophones qu’on ne l’imagine. Le manque général de tension dans les voyelles du finnois fait que les finnophones ont tendance à prononcer des voyelles trop faibles, pas assez « éclatantes » (notamment les [i, e, a]).

5.5.3. L’écartement des voyelles [a e i]

Les trois voyelles [a, e, i] sont celles qui, par rapport au finnois, sont le plus caractérisées par leur antériorité et leur écartement. Il faut s’efforcer de les prononcer de façon écartée, « écrasée » (en écartant le commissures des lèvres vers le côté) et très tendue. Les finnophones ont souvent tendance à faire d’un [a] une sorte d’e muet indistinct, surtout à l’intérieur d’un mot ; [i] est lui aussi souvent mal prononcé, notamment à l’intérieur d’un mot, devenant parfois e muet, quand il ne disparait pas purement et simplement. Enfin, au contact de [ʁ], tous les trois phonèmes ont tendance à être pro­noncés de manière trop lâche et indistincte. Des mots comme américain, intéres­santsympathique ou et cetera sont très souvent mal prononcés ; on doit y voir là non pas l’influence d’autres langues (américain n’a effectivement que trois syllabes en anglais, l’équivalent d’intéressant en suédois comme en anglais n’a que trois syllabes etc.), mais bien une mauvaise réalisation des voyelles antérieures.

 5.6. L’opposition voyelles ouvertes / voyelles fermées  

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 5.6.1. Le système phonologique des voyelles du français

Le système phonologique des voyelles du français est caractérisé par des séries d’oppositions entre voyelles labialisées et non labialisées, voyelles orales et voyelles nasales, voyelles ou­ver­tes et voyelles fermées. On peut trouver différents classements selon la manière d’exa­mi­ner les phonèmes. De ce point de vue, le système phonologique du finnois est beaucoup plus simple et plus facile à classer. Il est vrai que le finnois est une langue avec assez peu de voyelles (la moitié seulement des voyelles du français), mais, d’un autre côté, le finnois utilise des diph­ton­gues, qui compliquent le classement.

Le tableau de la p. 51 présente une manière possible (phonétique) de classer les voyelles. Sur le plan fonctionnel (phonologique), ce système est complété par une opposition entre voyelles ou­ver­tes et voyelles fermées, qui dépend de la position de la voyelle dans le mot ou dans l’ex­pres­sion. Avant de dresser un tableau du système phonologique des voyelles, il faut analyser le fonc­tion­nement de cette opposition.

 5.6.2. Syllabe ouverte et fermée, voyelle libre et voyelle entravée

Si, quand elle est prononcée, une syllabe se termine par une voyelle, on dit que c’est une syllabe ouverte (avotavu). La voyelle est alors une voyelle libre, parce qu’elle n’est pas suivie par une consonne :

a-vo-ta-vu = 4 syllabes ouvertes, 4 voyelles libres
re-pos [ʁə-po] = 2 syllabes ouvertes, 2 voyelles libres
heureux [ø-ʁø] = 2 syllabes ouvertes, 2 voyelles libres

Si, quand elle est prononcée, la syllabe se termine par une consonne, il s’agit d’une syllabe fermée (umpitavu) et la voyelle est entravée :

valta [val-ta] = 1 syllabe fermée (1 voyelle entravée), 1 syllabe ouverte (1 voyelle libre)
hôtel [o-tɛl] = 1 syllabe ouverte (1 voyelle libre), 1 syllabe fermée (1 voyelle entravée)
porteur [pɔʁ-tœʁ] = 2 syllabes fermées, 2 voyelles entravées

 5.6.3. Important !

a. Ceci concerne uniquement la forme prononcée des mots et des syllabes ! Dans la forme écrite de nombreux mots, il y a souvent des lettres qui ne se prononcent pas. Il faut donc savoir faire abstraction (jättää huomioimatta) de ces lettres « inutiles », notamment dans le cas où on écrit un e qui ne se prononce pas (e muet) :

champs [ʃɑ̃] = 1 syllabe ouverte
poids [pwa]   = 1 syllabe ouverte
morille [mo-ʁij]   = 1 syllabe ouverte, 1 syllabe fermée
pêle-mêle [pɛl-mɛl] = 2 syllabes fermées
acheter [aʃ-te] = 1 syllabe fermée, une syllabe ouverte (e muet ne se prononce pas dans cette position, voir 6.10.2.)

b. Les liquides forment un groupe avec la consonne qui précède (voir 4.16.). Une consonne suivie d’une liquide ne ferme donc pas la syllabe ; elle n’est pas à la fin de la syllabe, elle commence une autre syllabe :

feutrer [fø-tʁe] = 2 syllabes ouvertes
maitriser [me-tʁi-ze] = 3 syllabes ouvertes
réfléchi [ʁe-fle-ʃi] = 3 syllabes ouvertes
pote[po-tle] = 2 syllabes ouvertes (e muet ne se prononce pas dans cette position, voir 6.10.2.)

Mais :

spectral [spɛk-tʁal] = 2 syllabes fermées

Quand la liquide n’est pas suivie d’une voyelle, il y a bien sûr un seul groupe syllabique et donc une seule syllabe, fermée :

siècle [sjɛkl]
mettre [mɛtʁ]
votre [vɔtʁ]
fenêtre [fə-nɛtʁ] etc.

5.7.  La loi de position  

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5.7.1. Règle de base

En français, les voyelles [e]/[ɛ], [ø]/[œ], [o]/[ɔ] forment un système de voyelles à aperture variable. Elles représentent chacune une des deux formes possibles (fermé/ouvert) d’un phonème désigné par les lettres capitales /E/, /Ø/, /O/ :

E Ø O
fermé ouvert
e ø o ɛ œ ɔ

Ces lettres capitales indiquent que le phonème peut avoir plusieurs formes (c’est-à-dire se manifester sous forme de phones différents, du plus ouvert au plus fermé), mais qui sont toutes des formes d’un seul et même phonème (du point de vue phonologique). Ces lettres capitales indiquent donc un archiphonème (arkkifoneemi) : un ensemble de traits distinctifs qui sont communs à plusieurs phonèmes. Les voyelles représentées par les archiphonèmes /E/, /Ø/, /O/ peuvent avoir des degrés d’aperture très variables (voir tableau p.54), mais on ne retient phonologiquement que deux apertures utiles. Ce degré d’aperture dépend de la position de la voyelle, selon la règle suivante, qu’on appelle loi de position :

5.7.2. En syllabe ouverte

En syllabe ouverte (voyelle libre), la voyelle est fermée (suppea) :

il peut [pø]
le loto [loto]
c’est beau [bo]
son nez [ne]

5.7.3. En syllabe fermée

En syllabe fermée, il y a deux possibilités :

a. En finale absolue (fin de groupe de mot, ilmauksen lopussa), la voyelle est ouverte (väljä) :

il a peur [pœʁ]
mes bottes [bɔt]
du sel [sɛl]

b. Dans les autres positions, le degré d’aperture est variable, il n’est pas rigoureux, et il n’a pas d’importance du point de vue de la compréhension : c’est la neutralisation, on peut marquer la voyelle par les signes /E/, /Ø/, /O/, qui sont des archiphonèmes. Comparer :

Je mets la lettre à la poste.

Le o est en finale absolue, donc on prononce [pɔst].

Je vais la poster.

Le o n’est pas en finale absolue, donc l’ouverture est variable [pOste].

Je le respecte.

Le e de res- n’est pas en finale absolue, donc l’opposition d’aperture est neutralisée ; le e de -pect(e) est en finale absolue, donc il est ouvert : [ʁᴇspɛkt].

Il faut le respecter.

Le e de -pect- n’est plus en finale absolue, donc l’opposition d’aperture est neutralisée : [ʁᴇspᴇkte].

On peut donc prononcer librement [e] ou [ɛ] au début de respecter, cela n’a aucune importance. L’essentiel, c’est de respecter le degré d’aperture de la voyelle finale.

Remarque : cependant, dans les transcriptions phonétiques, on n’utilise que rarement les archiphonèmes. Par convention, dans une syllabe fermée se trouvant à l’intérieur d’un mot, on transcrit une voyelle ouverte (même si celle-ci ne se prononce pas toujours très ouverte) :

respecter [ʁɛspɛkte], imposteur [ɛ̃pɔstœʁ], dernier [dɛʁnje], perspective [pɛʁspɛktiv], projeter [pʁɔʃte] etc.

5.7.4. Résumé

La loi de position peut se résumer de la façon suivante (il y a des exceptions, voir 5.8.2.) :

  1. Toute voyelle LIBRE est FERMÉE
  2. Toute voyelle ENTRAVÉE a un degré d’ouverture variable, sauf en FINALE ABSOLUE, où elle est ouverte

NB. Important ! L’opposition ouvert / fermé est très nette en finale. Dans cette position, il faut strictement respecter l’opposition d’aperture (sauf dans le cas de [ɛ], voir 5.9.). Quand on prononce par exemple la mer avec un [e] trop fermé (*[meʁ] ), cela se remarque immédiatement. Dans les autres positions, en syllabe fermée l’opposition est neutralisée, et l’aperture n’a pas d’importance ; en syllabe ouverte non finale, la voyelle est fermée, mais cette fermeture n’est pas non plus aussi stricte que dans le cas d’une voyelle finale. Dans cette position, la voyelle est souvent influencée par l’environnement phonétique, voir 5.10..

56. La loi de position – résumé (règle de base)
syllabe ouverte
(voyelle libre)
syllabe fermée (voyelle entravée)
voyelle fermée (suppea) finale absolue autres positions
voyelle ouverte neutralisation

5.8. La loi de position : exemples et exceptions  

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5.8.1. Exemples de manifestation de la loi de position

1. La loi de position se manifeste couramment dans la conjugaison de verbes ou les formations de féminins :

donner [done] / il donne [dɔn]
léguer [lege] / il lègue [lɛg]
il peut [ilpø] / ils peuvent [ilpœv]
sot [so] /sotte [sɔt]
balayer [baleje] / il balaye [balɛj]

2. Dans les mots contenant un e muet en position non finale, il faut savoir faire abstraction (jättää huomioimatta) du e : ce qui fait d’abord penser à une syllabe ouverte cache en réalité une syllabe fermée :

promenade [pʁɔm-nad]
évènement [evɛnmɑ̃] (sur la graphie d’évènement, voir note [1])
extrêmement [ekstʁɛmmɑ̃] (= [mː], on a transcrit deux m pour montrer le mécanisme)
nette[nɛtte] (même remarque, [tt] = [tː])

5.8.2. Exceptions

a. Si la voyelle est suivie par [ʁ] ou [l], elle est toujours ouverte, même ailleurs qu’en finale absolue :

poster [pOste] / porter [pɔʁte]
festif [fᴇstif] / fermer [fɛʁme]  ;

b. Devant s sonore, [ø] et [o] restent fermés (suppea) même en finale absolue :

bosse [bɔs] vs. dose [doz]
malheur [malœʁ] vs. malheureuse [maløʁøz]

Mais cette exception ne concerne pas [ɛ] :

frère [fʁɛʁ] / fraise [fʁɛz].

c. Il y a aussi d’autres exceptions plus ponctuelles (tapauskohtainen) ([ø] dans neutre, jeûne etc.). Elles sont abordées en détail au chapitre 6, mais le tableau suivant résume les principales ex­cep­tions :

Tableau 57. Résumé des exceptions ponctuelles concernant la loi de position
[E]Peut être ouvert ([ɛ]) en syllabe finale ouverte (voir 5.9. et 6.3.2b.
- mots en -et/êt
- mots en -ai
- mots en -ès
- mots en -ai + consonne
- mots en -aie
sujet, forêt
essai, balai
exprès, très
trait, paix
plaie, monnaie etc.
[ø]Peut être fermé ([o]) en syllabe finale fermée (voir 6.7.3.p. 70 §3)
- tous les mots en [-øz] (voir ci-dessus 2b)
- env. 20 mots en [-øt]
- 3 mots en [-øl]
- formes des verbes beugler et meugler
- dans le mot jeûne
heureuse, fameuse
émeute, thérapeute
meule, veule ; veulerie
beugle, meuglent
jeûne
[O]Peut être fermé ([o]) en syllabe fermée (voir 6.15.)
dans toutes les positions
- graphème au = toujours [o] fermé
- graphème ô = toujours [o] fermé
épaule, auxiliaire, fausse, chaude
côte, nôtre, rôle, arôme
en syllabe finale
- tous les mots en [-oz] (voir ci-dessus 2b)
- graphème -ome/-one, mots d’origine grecque
- graphèmes oa/a/ow dans mots d’emprunt
chose, pose, morose
zone, atome
toast, goal, hall, crawl

 5.9.  L’opposition [e/ɛ] en syllabe ouverte en finale absolue  

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5.9.1. Une évolution non achevée

D’après la loi de position, un /E/ en syllabe ouverte finale doit être fermé. C’est le cas dans la moitié sud de la France, où le système phonologique des voyelles ouvertes et fermées s’est uniformisé  (yhtenäistyä) : en finale absolue on n’a que des [e] fermés.

C’est ce qui s’est passé pour /O/ et /Œ/ dans l’ensemble du français : l’opposition ouverte/ fermée de la voyelle libre en syllabe finale s’est neutralisée progressivement ; pour peau et pot, qui étaient autrefois opposés [po] et [pɔ], il n’y a plus actuellement qu’une seule prononciation possible : [po] . L’opposition o ouvert / o fermé existe encore, en Belgique notamment, où on ne prononce pas de la même manière pot et peau.

On a donc dans le français du sud un système phonologique des voyelles orales simple et logique :

Finale entravée Finale libre Non finale
iy/u/iy/u/iy/u/
ɛœɔeø/o/ɛœɔ
aaa

Devant s sonore [ø] et [o] restent ouverts  : chose [ʃɔz], fameuse[famœz].

Français du sud et français du nord [...]

Dans le français du sud, le système est entièrement uniforme, car devant s sonore [ø] et [o] restent ouverts (comme cela devrait théoriquement être le cas, mais ce n’est pas le cas dans le français du nord, voir 5.8.2b.) : chose est prononcé [ʃɔz], fameuse [famœz].

5.9.2. Maintien de l’opposition ouvert/fermé en finale libre

Dans le français du nord, ce système n’est pas aussi simple, car en syllabe ouverte en finale, on maintient encore l’opposition entre [e] et [ɛ]. Les cas où cette opposition se maintient sont assez difficiles à analyser, car il n’y a pas toujours de logique, et souvent certains cas sont imprévisibles. Il faut se rappeler cependant deux choses importantes :

  1. en règle générale, dans la prononciation courante, les /ᴇ/ en syllabe ouverte en finale absolue tendent à être fermés (la tendance est donc à l’uniformisation, sur le modèle de ce qui est valable dans le français du sud). Le maintien de l’opposition entre [e] et [ɛ] se fait essentiellement dans une langue soutenue (huoliteltu kirjakieli) et dépend donc d’une certaine manière du registre de langue : dans une prononciation soignée (lec­tu­re d’un texte à la télévision, discours etc.), on a ten­dan­ce à maintenir l’opposition [e]  / [ɛ], ce qui est normal, puisqu’en quelque sorte on lit de la lan­gue écrite. C’est la mê­me chose quand on lit des textes à caractère poétique, dans la dé­cla­ma­tion de la tra­gé­die classique etc. ;
  2. cet e ouvert n’est jamais très ouvert : le [e] de forêt, par exemple, est nettement moins ouvert que celui de mer. Il faudrait plutôt le transcrire /ᴇ/ (aperture variable).

5.9.3. Graphies possibles de [ɛ] en syllabe finale libre

En finale, on peut avoir un è ouvert en syllabe ouverte en général dans des cas où dans la graphie le mot se termine par une consonne ; la syllabe est donc en quelque sorte fermée graphiquement; dans ces finales fermées graphiquement mais ouvertes phonétiquement, [e] correspond aux graphies suivantes :

Dans tous ces cas, on peut prononcer un è semi-ouvert, mais attention : il ne faut pas exagérer l’aperture. Il ne faut pas dire du lait [dylɛ], mais plutôt [dylę]. Une prononciation avec e trop ouvert serait étrange (et de toute façon, on peut aussi dire [dyle] avec [e] fermé.)

Remarque : du point de vue des finnophones, la situation est en fait assez simple : comme le [e] finnois est moins fermé et moins tendu que [e] en français, les finnophones ont tendance à prononcer les [e] finaux de façon semi-ouverte, ce qui convient très bien dans les cas qu’on vient de voir. Les finnophones n’ont donc pas d’effort particulier à faire pour prononcer un [e] ouvert en syllabe ouverte de finale absolue, car ils ont tendance à le faire naturellement. En fait, les finnophones ont plus de problèmes pour prononcer des e bien fermés là où ils sont nécessaires (comme par exemple dans les cas ci-dessous, et tous les cas où un e fermé est exigé, voir 5.7.).

5.9.4. Prononciation d’un é fermé

Les graphies suivantes transcrivent [e] fermé :

On oppose théoriquement les terminaisons je chantai [-te] au passé simple et je chantais [‑ɛ] à l’imparfait. Cette opposition n’a aucun sens dans la langue parlée, le passé simple n’étant plus qu’un temps de la langue écrite. De même, l’opposition futur / conditionnel, j’irai [iʁe] / j’irais [iʁɛ] est elle aussi plutôt théorique : le futur est aujourd’hui couramment prononcé avec [ɛ], à cause de l’influence ouvrante de [ʁ] et sans doute aussi à cause d’un phénomène d’hy­per­cor­rec­tis­me (voir Grammaire p. 583) : le [ɛ] ouvert étant une marque du langage plus soutenu, on le met systématiquement dans les formes en -rai-, même au futur en -rai, où il faudrait un [e] fermé.

La situation est un peu confuse, et les francophones (au moins les Français du Nord de la France) ont tendance à confondre les cas où il faut dire [e] bien fermé et [e] ouvert. Pour l’étranger, on peut donner un conseil général : en finale absolue, dans les cas avec syllabe fermée graphiquement, on peut prononcer un [e] un peu ouvert. Dans les autres cas (par exemple ceux indiqués ci-dessus), il est im­por­tant de prononcer un [e] bien fermé.

5.10. Facteurs affectant l’aperture en syllabe ouverte non finale  

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5.10.1. L’harmonisation vocalique

Selon la loi de position (5.7.), une voyelle libre (= en syllabe ouverte) est en principe fermée. Cependant, cette voyelle peut s’ouvrir, plus ou moins, sous l’effet de divers facteurs. Le premier de ceux-ci est l’harmonisation vocalique. Ce phénomène, qu’on appelle aussi harmonie vocalique, est connu de tous les finnophones, puisqu’il est systématique en finnois (comme en hongrois et en turc) : dans un mot comportant des voyelles d’avant, on utilise une désinence avec une voyelle d’avant (-llä, -ssä etc.) et des désinences avec voyelle d’arrière (-lla, -ssa etc.) dans les mots avec voyelle d’arrière.

Le même phénomène se manifeste également en français, mais il n’est pas systématisé. Il concerne uniquement les voyelles /E/, /Ø/ et /O/, en syllabe ouverte non finale : si cette voyelle (qui a donc deux formes possibles, ouverte ou fermée) est suivie d’une autre voyelle du système /E Ø O/, elle a tendance à prendre la même aperture. Normalement, en syllabe ouverte non finale, la voyelle est fermée (la fermeture est moyenne, puisque dans cette position elle n’a pas de grande importance, voir 5.7.4nb) ; si la voyelle qui suit est ouverte, la voyelle /e ø o/ devient plus ouverte :

- dans automne [otɔn], le [o] initial s’ouvre un peu : [ǫtɔn]. Certains dictionnaires transcrivent [ɔtɔn], ce qui est exagéré. Il faut transcrire [otɔn], et se rappeler que l’o peut être un peu plus ouvert ;

- même chose dans

j’essaye [ęsɛj]
les heures [lęzœʁ]
agronome [agʁǫnɔm]
psychologue [psikǫlɔg]
aurore [ǫʁɔ]
le Pôle nord [pǫlnɔʁ] etc.

- les voyelles ouvertes ont le même effet (vaikutus) même quand elles sont nasales : dans copain, l’o est légèrement ouvert à cause du [ɛ] qui suit ([kǫpɛ̃]).

Exemple de copine [...]

Dans copine, l’o est légèrement ouvert, non pas à cause de l’harmonisation vocalique, mais à cause de l’influence de copain (paradigme sous-jacent, voir 5.11.).

Il y a aussi des cas où la voyelle reste fermée bien qu’elle soit entravée :

- dans désespérer, le deuxième e devrait être normalement ouvert ; comme toutes les autres voyelles du mot sont des é fermés, on prononce également celui-là fermé : [dezespere].

- dans anesthésie, le premier e, en syllabe fermée, devrait être ouvert ; sous l’influence fermante de [e] et de [i] qui suivent, on prononce pratiquement [anestezi] etc.

5.10.2. Influence des liquides

Le deuxième facteur qui peut affecter l’aperture de la voyelle en syllabe ouverte non finale, ce sont les liquides [l] et [ʁ], qui ont tendance à rendre plus ouvertes les voyelles qui les précèdent. En syllabe fermée, la voyelle reste toujours nettement ouverte devant ces deux consonnes (il n’y a pas neutralisation de l’opposition d’ouverture) : cette influence ouvrante se manifeste aussi en syllabe ouverte. Dans mélasse, l’é est légèrement ouvert ; dans périr, l’é est plus ouvert (à cause de [ʁ]) que dans bénir ; de même l’o de joli ou de morue, qui sont plus ouverts que les o fermés de vomi ou de motif. Mais on ne va pas tout à fait jusqu’à [ɛ] ou [ɔ].

NB. Dans le cas de psychologue [psikɔlɔg], il faut plutôt considérer que le premier o est ouvert sous l’effet de l’harmonisation vocalique (comme le premier o dans colonne, l’é dans célèbre etc., voir ci-dessus §1). En fait, les deux causes, influence des liquides et harmonisation vocalique, se conjuguent (vaikuttavat yhdessä) et font que le premier o de psychologue est assez nettement ouvert ; c’est la même chose dans personnel (influence du [ɛ] final et du paradigme de personne avec [ɔ]).

 5.11.  Influence de paradigmes sous-jacents  

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 5.11.1. Une influence invisible

Parmi les facteurs affectant l’aperture en syllabe ouverte non finale, il faut aussi tenir compte d’un phénomène plus difficile à percevoir et qui fait appel aux connaissances du vocabulaire ou de la grammaire. Souvent, le fonctionnement de la loi de position est contrarié par l’existence de paradigmes (de « modèles grammaticaux ») sous-jacents (alla oleva, piilevä) : le paradigme (c’est-à-dire l’ensemble des formes possibles) du verbe régler compte beaucoup de formes avec [ɛ] : je règle, tu règles, il règle etc. On a donc tendance à aligner (mukauttaa) la prononciation de toutes les formes de régler sur ce modèle-là et à prononcer par exemple le premier [e] de l’infinitif régler, en syllabe ouverte et qui devrait être normalement fermé (et d’ailleurs transcrit é), sous la forme d’un [ę]. En règle générale, la voyelle tend à garder le timbre qu’elle avait dans le radical du mot d’origine. [1]

 5.11.2. Cas divers

Cet alignement des formes sur la prononciation d’un paradigme sous-jacent peut toucher beaucoup de mots :

a. Influence des verbes

On prononce raisonnable avec un o un peu ouvert, sous l’influence des formes de raisonner (il raisonne etc.), saignant avec [ɛ] sous l’influence des formes de saigner comme ça saigne etc.

b. Influence du mot de base dans les dérivés

C’est aussi le cas avec d’autres dérivés (johdannaiset) : si on forme un adverbe à partir de l’adjectif extrême, prononcé en finale avec un [ɛ], en ajoutant le suffixe -ment, on ne change pas la pro­non­cia­tion : extrêmement est prononcé [ekstʁɛmːɑ̃], avec un è très ouvert, alors que dans cette position, l’op­po­si­tion d’aperture devrait être neutralisée (puisqu’on a une syllabe fermée non finale). C’est la même chose dans des mots comme nette[nɛtte], parallèlement [paʁalɛlmɑ̃] etc., avec un è très ouvert, qui sont influencés par le paradigme de l’adjectif net (prononcé [nɛt] ) ou parallèle. Les cas de ce genre sont très nombreux : enrobé avec o un peu ouvert sous l’influence de robe, atrocité avec o un peu ouvert sous l’influence d’atroce, drôlement avec un o nettement fermé (malgré la syllabe fermée et l’influence ouvrante de [l]) sous l’influence de drôle, ou encore jeunesse avec un [œ] relativement ouvert sous l’influence de jeune etc.

c. Maintien de la prononciation dans les préfixes courants

Dans les préfixes, on a tendance à maintenir l’aperture la plus fréquente. Exemples :

- le préfixe bio- : le mot « bio », très utilisé aujourd’hui, est employé souvent seul (dans le sens de luomu), et on a tendance à maintenir l’o fermé partout, même en syllabe fermée : biosphère se prononce [bjosfɛʁ] (ou [biosfɛʁ] avec diérèse) ;

- le préfixe auto- a tendance à être prononcé toujours [oto], même en syllabe fermée : autostop [otostɔp], autochtone [otokton] (avec dans ce mot en plus influence fermante de l’o final, harmonisation vocalique), autopsie [otopsi] ;

- radio (existe comme mot indépendant) avec o fermé dans radioscopie [ʁadjoskopi]  ;

- rétro- (utilisé comme adjectif indépendant rétro) avec o fermé dans rétrospective [ʁetʁospɛktiv] ;

- pré-, préfixe très courant, prononcé avec un [e] fermé même en syllabe entravée dans préscolaire [pʁeskolɛʁ] (avec peut-être en plus influence de l’orthographe é).

De la même manière, on peut dire que des séries avec [e] fermé comme médical, médicament, médico- « donnent le ton » et induisent la prononciation d’un [e] fermé dans médecin /metsɛ̃/ ou médecine /metsin/, alors que cet [e] se trouve (à cause de la chute de l’e muet) en position entravée. Dans le cas de médecine, cette tendance est encore renforcée par la fermeture du [i] final (harmonisation vocalique, comme dans anesthésie), ce qui contribue sans doute aussi à uniformiser la prononciation avec [e] dans les mots en méd-.

Il y a encore de nombreux autres cas similaires.

d. Maintien de la prononciation originelle dans les mots composés

Dans les mots composés, on maintient la prononciation des mots indépendants : dans prêt-à-porter, le /ᴇ/ est en syllabe ouverte et devrait donc être fermé, mais on conserve la pron­on­cia­tion de prêt [pʁɛtapɔʁte]. Même chose dans

Proche-Orient (Lähi-Itä) [pʁɔʃoʁjɑ̃]
vol-au-vent [vɔlovɑ̃]
tête-à-queue [tɛtakø]
rez-de-chaussée [ʁetʃose] etc.

Cependant, l’harmonisation vocalique peut affecter certaines voyelles qui se retrouvent dans ce nouvel environnement phonétique, par exemple vol-au-vent pourrait se prononcer aussi [volovɑ̃] sous l’influence fermante du [o] de au.

e. Cas particuliers

Dans certains autres mots, il y a des tendances moins faciles à analyser : dans des mots comme diagnostic ou pronostic, on a tendance à prononcer un o fermé en syllabe entravée [diagnostik], [pʁonostik], sans doute sous l’influence d’une prononciation étymologisante due au paradigme de gnose.

 5.11.3. Résumé

En résumé, on peut constater que dans le français standard du nord, le fonctionnement de la loi de position est fortement gêné par un certain nombre de facteurs parasites, et devient de ce fait parfois difficile à comprendre. Il n’est pas toujours facile de savoir d’où proviennent les variations d’aperture. Les influences peuvent d’ailleurs se combiner : le é de l’imparfait il dait toujours est prononcé avec un [ɛ] nettement ouvert : c’est à la fois à cause de l’harmonie vocalique, car le -ais est prononcé ouvert, et sous l’influence du paradigme de céder avec les forme comme il cède. Dans le sud de la France, rien de tel : la terminaison -ais est prononcée [e], il n’y a pas d’harmonisation vocalique ; la loi de position fonctionne régulièrement et on prononce [sede]. La règle « voyelle libre non finale = voyelle fermée » doit donc être nuancée (lieventää), car de nombreux facteurs articulatoires, linguistiques, expressifs, sociolinguistiques, peuvent influencer le degré d’aperture de la voyelle /e ø o/ dans cette position. Sur le plan strictement phonologique, cependant, on ne peut opposer que voyelle ouverte et voyelle fermée ; les variantes dans le degré d’aperture ne jouent pas de rôle du point de vue de la compréhension, et de toute façon, on peut très bien prononcer de manière « phonologique », c’est-à-dire uniquement avec deux degrés : ouvert ou fermé. De ce point de vue, la transcription [ʁɔbinɛ] de robinet dans le Petit Robert est, phonologiquement, aberrante. Phonétiquement, on prononce à peu près entre [ʁǫbinɛ] et [ʁobine]. Mais certainement jamais [ʁɔbinɛ] avec e final aussi ouvert que dans mer ni surtout un o aussi ouvert que dans port. La transcription phonologique correcte conforme à la norme du français du nord serait [ʁobinᴇ], et c’est celle qui devrait figurer dans un dictionnaire (dans le français du Sud, on dit [ʁobine]).

5.12. Aspects phonologiques divers : a postérieur, e muet, voyelles nasales  

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5.12.1. Le statut de a postérieur

Quand on compare les formants (voir [p. 50 note 1]) des deux /a/ ([a] antérieur 660/1350/2380 Hz, [ɑ] postérieur 620/1150/2250 Hz), on constate que la différence entre les deux n’est pas très grande. Du point de vue articulatoire, [ɑ] est prononcé avec la langue un peu plus en arrière ; la caractéristique essentielle, est que cet [ɑ] n’est pas écarté, comme l’[a] le plus fréquent. Mais la distinction entre les deux est difficilement perceptible si on ne se trouve pas en position finale. Cela a pour conséquence que la très grande majorité des Français ne sait plus prononcer le [ɑ] postérieur. Dans certaines régions il est maintenu, mais ne se remarque qu’en finale : je ne sais pas [ʒənsepɑ]. Normalement, on devrait prononcer un [ɑ] dans les mots avec â (pâte, âne etc.), les mots terminés par -as (repas, gras, tas etc.), les mots en -ase (base, rase) et les mots en ‑ation (nation, réalisation etc.).

Cependant, chez la majorité des locuteurs cette distinction est toute théorique et les gens sont incapables de prononcer [ɑ]. La distinction était d’ailleurs plutôt arbitraire (mielivaltainen) dans bien des cas : on devrait dire sable avec [ɑ] et table avec [a], paille avec [ɑ] et caille (viiriäinen) avec [a]. Pourquoi ? Mystère... Il faut se rappeler également que ce phonème est apparu re­la­ti­ve­ment tardivement dans la langue (vers le xviie siècle) et il est probable qu’il y a des régions où il n’a jamais été prononcé (à cause de la faible diffusion du français).

La distinction entre pâte (théoriquement [pɑt]) et patte [pat] ne repose plus en français moderne sur l’opposition entre [ɑ] et [a], mais sur un allongement du [a] dans pâte : on oppose [paˑt] et [pat] (le signe [ˑ] transcrit une semi-longue), voir 8.3.2.c

On peut donc considérer qu’en français contemporain, il n’y a qu’un seul [a] utile à connaitre, et que le [ɑ] postérieur devient de plus en plus régional (au Canada, il est encore tout à fait vivant). Une description phonologique du français standard ne tient donc compte que d’un seul /a/.

5.12.2. Le statut de e muet

Le phonème qu’on transcrit [ə] a des noms variés : e muet, e caduc, e instable etc. Tous ces noms peuvent être critiqués (par exemple quand il est prononcé, e n’est pas muet ni caduc !). On garde ici le nom conventionnel, qui n’est qu’une étiquette. Dans certains cas précis, (qui sont abordés en détail 6.10. et suivantes), e muet peut tomber. La situation varie en fonction de critères géographiques. Dans le français méridional, e muet est maintenu dans toutes les positions, même en finale. Son statut phonologique est donc clair : il s’agit d’un phonème comme les autres.

Dans le français du nord, la situation est plus complexe :

On peut sans doute dire que e muet fonctionne plutôt comme un son transitoire (voir 7.1.) ou comme une variante stylistique : dans la langue soutenue, on prononce plus d’e muets que dans la langue courante familière. Mais il n’y a pas d’opposition de sens entre [latsy] et [ladəsy], qui sont tous deux des réalisations de là-dessus. Comme e muet ne permet pas de distinguer des paires minimales, il n’a pas de fonction phonologique. Mais c’est incontestablement une des voyelles du système vocalique français.

5.12.3. Le système des nasales

Le système des nasales compte théoriquement quatre voyelles différentes. Le phonème [œ̃] tend à disparaitre dans le français du Nord, mais il se maintient encore assez bien selon les différentes régions, dans le Sud-est notamment. Sa disparition n’est pas aussi avancée que celle du [ɑ], que de nombreux locuteurs sont tout simplement incapables de prononcer. Le phonème [œ̃]  peut être conservé dans les chiffres : un animateur de jeu télévisé pourrait annoncer par exemple comme numéro gagnant « le un ! » [ləœ̃]. Cependant, le rendement (tuottavuus) fonctionnel de l’opposition [œ̃] /[ɛ] est très faible. Il n’y a qu’une vingtaine de mots qu’on peut opposer : empreint / emprunt, brin / brun etc. Il est clair qu’on va vers une simplification du système. Le phonème [œ̃] aurait sans doute disparu déjà s’il ne se trouvait dans un des mots les plus fréquents du français, l’article un.

Sur l’ensemble de la France, il y a beaucoup plus de locuteurs capables de prononcer [œ̃] et incapables de prononcer [ɑ] que de locuteurs capables de prononcer [ɑ] et qui ne prononcent plus [œ̃] . Malgré cela, il est plus simple et plus économique pour l’apprenant de français langue étrangère de prononcer couramment [ɛ̃] à la place de [œ̃].

5.13. Tableaux du système phonologique des voyelles du français  

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Les deux tableaux suivants des voyelles du français résument les différentes règles et limitations. Comme on l’a vu, le système est assez différent dans la moitié nord de la France ou la moitié sud. Le français analysé dans ce manuel est avant tout le français standard du nord, la situation du français du sud est présentée surtout pour permettre la comparaison et faire mieux ressortir les différences. Ces tableaux sont une des manières de classer les voyelles, on pourrait les classer autrement encore.

Français du nord
Orales

Nasales

Finale

non finale

entravée

libre

i y /u/ i y /u/ i y /u/ ɔ̃

e ø /O/ e Ø /o/ E Œ /O/ ɛ̃

(œ̃)
ɛ œ ɔ

ɛ - -
ə
a a a ɑ̃

Français du sud
Orales

Nasales

Finale

non finale

entravée

libre

i y /u/ i y /u/ i y /u/ ɔ̃

ɛ œ ɔ

e Ø /o/ E Œ /O/ ɛ̃ œ̃
ə ə
a a a ɑ̃

Les différences entre le français méridional et le français du nord ne sont pas toutes aussi marquantes (selvä, merkittävä) les unes que les autres : le fait de prononcer fermés tous les /e/ en finale libre (même dans après, forêt etc.) se remarque assez peu. Le maintien systématique de e muet se remarque immédiatement (notamment parce que le rythme est différent). Une personne prononçant tous les /e/ finaux libres comme fermés n’est pas « détectée » comme méridionale si elle ne prononce pas systématiquement les e muets. Il faut donc un ensemble de facteurs plus marquants.

6. Description des voyelles

6.1. Voyelles antérieures non labialisées : [i]
6.2. Voyelles antérieures non labialisées : [e]
6.3. Voyelles antérieures non labialisées : [ɛ]
6.4. Voyelles antérieures non labialisées : [a]
6.5. Voyelles antérieures labialisées : [y]
6.6. Voyelles antérieures labialisées : [ø]
6.7. Voyelles antérieures labialisées : [œ]
6.8. E médian (e muet)
6.9. Quand prononcer e muet ?
6.10. Suppression obligatoire de e muet
6.11. E muet obligatoire ou stable
6.12. Groupes figés avec chute de e muet
6.13. Autres facteurs influençant la prononciation d’e muet
6.14. Les voyelles postérieures : [u]
6.15. Les voyelles postérieures : [o]
6.16. Les voyelles postérieures : [ɔ]
6.17. Phonétique et prononciation des voyelles nasales
6.18. Les voyelles nasales : principes graphiques généraux
6.19. [ɑ] nasal
6.20. [ɛ] nasal
6.21. [o] et [œ] nasals  

6.1. Voyelles antérieures non labialisées : [i]  

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6.1.1. Phonétique

Ce phonème est une voyelle antérieure fermée, non labiale (= palatale illabiale). Le dos de la langue se lève vers le milieu du palais dur. Par rapport au finnois, le [i] français est caractérisé par une fermeture maximale du canal buccal, ce qui lui donne un timbre très aigu. De plus, il est nettement plus tendu. Il y a donc une assez nette différence entre ministre et ministeri, et il faut surveiller la prononciation de [i] en français, sinon le timbre devient trop neutre et trop imprécis.

6.1.2. Graphie

Le phonème [i] correspond aux graphèmes suivants :

65. Graphèmes correspondant à [i]
ides milliers de motsici, rire, mise, bille [bij]
ile, abime, git etc.
îdans la nouvelle orthographe, le circonflexe sur i a été supprimé, sauf au passé simple et à l’imparfait du subjonctifnous fîmes, vous vîtes, bien qu’elle prétendît
ydans des centaines de motshymne, synonyme, gynécée, ichthys [iktis]
ea, ee, uidans les mots d’emprunttee-shirt [tiʃœʁt], meeting, leader [lidœʁ], sweat-shirt [switʃœʁt], building [bildiŋ]
Dans l’orthographe non réformée…

Dans la majorité des écrits publiés avant la réforme de 1990 (et même après), on trouve évidemment de nombreux mots avec î : île, abîme etc.

Le mot sweat-shirt devrait être prononcé [swɛtʃœʁt], mais la majorité des Français l’ignorent et prononcent avec [i], par analogie avec des mots comme leader [lidœʁ].

NB. Se rappeler que la lettre y ne transcrit jamais [y] comme en finnois, mais toujours [i] (ou [j]), voir 10.1.2.).

6.2. Voyelles antérieures non labialisées : [e]  

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6.2.1. Phonétique

Ce phonème est une voyelle antérieure mi-fermée, non labiale (= palatale illabiale). Le dos de la langue se lève vers le milieu du palais dur, mais s’en rapproche moins que dans le cas de [i]. Le passage est également un peu plus étroit dans le pharynx que pour [i]. Par rapport au [e] finnois, il y a trois différences :

  1. le [e] français est un peu plus fermé ;
  2. en français, [e] est très écarté : les lèvres forment une ouverture aplatie et s’écartent en direction de la commissure des lèvres (suupieli) : comparer Tampere et tempéré, pane! / pané, helle / héler. Le [e] du français est donc assez différent du finnois, mais  cette différence n’étant cependant pas nettement perceptible pour les finnophones, il faut que ceux-ci fassent un réel effort pour penser à chaque fois à prononcer le [e] nettement fermé. C’est notamment le cas des mots en -er, où il faut être vigilant.
  3. [e] est également nettement plus tendu, à l’intérieur des mots, notamment, il ne faiblit pas : amé­ri­cain, intéressant ne doivent pas être prononcés avec un [e] trop relâché qui devient un [ə], c’est une faute courante, qu’il faut éviter.

On voit que les deux phonèmes sont assez nettement différents. Ce qui compte avant tout, ce n’est pas tellement la différence d’aperture, c’est l’écartement et la tension : [e] pourrait être décrit en français com­me une voyelle « écrasée », ce qu’il n’est pas en finnois.

Pour la description de [e], comme pour toutes les voyelles du système /e œ o/, il faut se rappeler les règles concernant les voyelles ouvertes et fermées et la loi de position (voir 5.7.). En syllabe inac­cen­tuée, la fermeture n’est plus très stricte, et elle varie notamment par harmonie vocalique en fonction de la voyelle qui suit (voir 5.10.1).

6.2.2. Graphie

Le phonème [e] est transcrit de nombreuses façons :

A. En syllabe finale
66a. Graphèmes correspondant à [e] en syllabe finale
é, éedes milliers de motsété, clé, bonté, portée etc.
erdes milliers de motsmarcher, aller, routier, papier, léger, premier etc.
ezdes milliers de motsnez, chez, rez-de-chaussée, lisez, cassez etc.
esdans les déterminants plurielsles, des, ces, mes, tes, ses
eden finale dans les motspied, trépied (et tous les composés de pied), sied (du verbe seoir)
aidans les temps verbaux (passé simple et futur, verbes monosyllabiques en ‑ai-), des milliers de motsallai, entrai, pourrai, il le sait etc.
efdans un seul motclef (on écrit aussi clé)

Dans une prononciation courante et dans le Midi de la France, on peut avoir en syllabe finale également d’autres combinaisons graphiques :

ai : laid, lait, fait, frais etc. ;
e + t : met, sujet etc.

B. Dans les autres positions
66b. Graphèmes correspondant à [e] dans les autres positions
éen syllabe ouverte
On compte également comme syllabe ouverte les syllabes suivies de consonne + liquide (l, r)
bénédiction, renégat, dégénérer, homogénéité
réfléchir, compléter etc.
aien syllabe ouvertemaison, aimé etc.
œdans des mots de formation savante
fœtus [fetys], œsophage, [ezofaʒ], œnologie [enoloʒi]
-ay + voyelle [ej]mots très nombreux balayant, rayon, payez, essayez, clayons etc.
-ey + voyelle [ej]une dizaine de motsseyant, grasseyer, mareyeur, volleyeur

Remarques :

  1. Dans certains cas, devant un ancien e muet qui ne se prononce plus, on maintient l’ancien [e] fermé, alors que la syllabe est devenue entravée : élever, élevage ; mais dans ce cas en général, [e] s’est ouvert et est prononcé avec aperture variable (évènement, sècheresse) .
  2. Les dictionnaires indiquent parfois des prononciations contradictoires pour les mots en -ai- : maison est transcrit soit [mezɔ̃] soit [mɛzɔ̃]. Dans cette position (voyelle libre en syllabe ouverte), [e] est normalement fermé. Les variations d’aperture sont dues à l’environnement phonétique (har­mo­ni­sa­tion vocalique) ou l’influence de paradigmes sous-jacents. Phonologiquement, il s’agit d’un [e].
  3. Dans le cas de œ, il y a parfois hésitation et de nombreuses personnes lisent le œ comme [ø] : fœtus [føtys], œsophage [øzofaʒ], œnologie [ønoloʒi].
C. Syllabe non ouverte et non finale

En syllabe non ouverte et non finale, l’opposition d’aperture est neutralisée, et les com­bi­nai­sons gra­phiques sont très variées. Il faut noter que dans ce cas, on n’a pas forcément un [e] fermé, mais uni­que­ment un /ᴇ/ moyen. Les graphies 6.3. concernent donc également la trans­crip­tion de [e]

6.3. Voyelles antérieures non labialisées : [ɛ]  

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6.3.1. Phonétique

Ce phonème est une voyelle antérieure mi-ouverte non labialisée (palatale illabiale). La langue se lève vers une région du palais dur qui se trouve un peu en arrière de celle du /e/. Il est pourtant moins « écrasé » que [e]. Le phonème [ɛ] est plus ouvert que [e], mais pas aussi ouvert que le ä finnois. Il n’est pas toujours facile pour les finnophones de savoir exactement où le placer par rapport à [æ] finnois.

Il faut s’efforcer de prononcer tous les [ɛ], et y penser aussi là où ils sont « cachés » et où le débutant oublie souvent de le prononcer : par exemple dans le pronom elle, les démonstratifs cet etc. Devant [ʁ], notamment en finale absolue, il faut penser à prononcer un [ʁ] suffisamment ouvert ; de plus, il faut prononcer un [e] suffisamment léger, sinon il tend à former une diphtongue bizarre (faute fréquemment constatée) : mon père est prononcé *[pɛəʁ].

Attention également à la synérèse / diérèse (voir 4.21.). Les mots suivants :

lierre, pierre
bière, fière
lièvre, tiers
entière, manière etc.

se prononcent en une seule syllabe ; de même, les terminaisons -ier, -ière, -iaire etc. se prononcent en une seule syllabe.

Il y a opposition entre [e] et [ɛ] seulement en syllabe ouverte. En syllabe fermée, on ne trouve que /ᴇ/, avec ses divers degrés d’aperture, du plus ouvert au moins ouvert.

6.3.2. Graphie

a. En syllabe finale fermée

Nombreuses graphies possibles :

Tableau 67a. Graphèmes correspondant à [ɛ] en syllabe fermée
ènombreux mots lièvre, père, chère, stère, sixième etc.
ênombreux mots lièvre, père, chère, stère, sixième etc.
e+ 2 consonnes (ou plus)nombreux mots plectre, tertre, festival, respecter, moyenne, selle, jette, terre, stress, ennemi, benne, steppe, nette, sexe, vexer (x = [ks]) etc.
éGraphies anciennes erronées rectifiées en évènement, allègement événement, allégement
edans une dizaine de mots en eterie (voir 6.8.3a) papeterie [papɛtʁi], marqueterie [maʁkɛtʁi], pelleterie [pɛlɛtʁi] etc.
einombreux mots beige, neige, treize, seize etc.
ainombreux mots maitre, traitre, connaitre, paraitre, naissent, paraissent, faite, chaise etc.
dans l’orthographe non rectifiée encore répandue maître, connaître etc.
-ayce groupe -ay se trouve en finale dans une dizaine de mots et se prononce [ɛ] (ou [e] selon les locuteurs), on n’y prononce pas de [j] Fontenay, Orsay, gamay, volnay, tramway (emprunt récent à l’anglais)
-ayeenviron 20 mots, rares fraye, glaye, La Haye
-eyune dizaine de mots bey [bɛ], jockey [ʒokɛ], poney [ponɛ], trolley
-aye prononcé [ɛj]mots très nombreux balaye, raye, paye, essaye etc.
-aye [ɛj]en finale, mots très nombreux balaye, raye, paye, essaye, payons etc.
eil(l) + voyelle [ɛj]des centaines de mots pareil, réveil, meilleur, veilleur etc.

Finale ay : l’y était purement décoratif ; il permet de terminer les mots en ai par une lettre avec un jambage (jalka) arrondi : Fontenay. C’est la même chose pour l’orthographe classique de Roy.

Les groupes consonne+liquide+voyelle forment une seule syllabe et ne ferment pas la syllabe précédente ; dans maitriser, étrange, hébreu, on a donc des [e] libres, et donc fermés.

Remarque : à cause de la loi de position et de l’harmonisation vocalique, ces mêmes graphies peuvent aussi transcrire [e]  :

arrêter [aʁete], neiger [neʒe], payer [peje] etc.

b. En syllabe finale ouverte

Dans le français courant souvent et dans le français méridional toujours, les formes du point 2b. cor­res­pon­dent à [e] fermé. Sur le maintien de l’opposition e/ɛ en finale libre, voir 5.9.

Tableau 67b. Graphèmes correspondant à [ɛ] en syllabe finale ouverte
etnombreux mots sujet, foret, navet, rejet etc.
êtnombre relativement limité de mots forêt, benêt etc.
èsnombreux mots exprès, décès, procès, accès etc.
ainombre relativement limité de mots essai, balai etc.
ai + consonnenombreuses formes paix, trait, fait, plait, je parlais, il irait, il chantait
aiequelques mots claie, taie, monnaie etc.

6.4. Voyelles antérieures non labialisées : [a]  

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6.4.1. Phonétique

Ce phonème est une voyelle antérieure ouverte non labialisée (une voyelle palatale illabiale). Par rapport au finnois, [a] en français est un peu plus antérieur, et surtout il est très écarté. Il faut surveiller ce phonème dans les mots que le finnois a empruntés, car on y réalise facilement une prononciation par analogie : dans café, [a] est nettement plus tendu et plus écarté (plus « écrasé ») que dans kahvi. De même pour magasin / makasiini etc.

En outre, il faut prononcer [a] avec netteté à l’intérieur des mots. Les voyelles du français ont une tension constante, il n’y a pas d’affaiblissement en milieu de mot (comme dans les langues germaniques) : sym­pa­thique avec un [a] bien net, et non pas *[sɛ̃pətik].

On constate un allongement combinatoire devant [z] (les constrictives sonores en finale ont tendance à allonger la voyelle) : base, phrase etc. Les mots avec â comportent aussi un [a] légèrement allongé (al­lon­ge­ment à valeur distinctive, voir 8.3.2c), surtout en finale absolue fermée : Je me tâte ! (mietin vielä asiaa), C’est du plâtre, ou quand il faut éviter des ambigüités comme pâte / patte. Sinon, [a] est de durée normale : un pâté, châtrer, plâtrier etc.

6.4.2. Graphie

Le phonème [a] est transcrit de la façon suivante :

Tableau 68. Graphèmes correspondant à [a]
a, â, à, aadans des milliers de mots parade, sparadrap, tas, plat, rate, là, voilà
tâche, pâte, tâter, Bâle, râle, mâle
Baal, graal etc.
edans les adverbes en -emment, au total environ 50 adverbes, dont une vingtaine seulement sont courants prudemment [pʁydamɑ̃], intelligemment, patiemment, récemment etc.
edans certains autres mots en nombre limité femme [fam]
solennel [solanɛl], solennité, solennellement
couenne [kwan], rouennais (de Rouen)
edans le digramme oe [=wa] dans quelques mots en nombre limité moelle [mwal] (luuydin), moelleux [mwalø], moellon [mwalɔ̃] (lohkokivi)
edans le digramme [=wa], dans un seul mot (deux sens, selon le genre) (un) poêle [pwal] (kamina)
(une) poêle [pwal] (paistinpannu)

Le digramme oi cache aussi un [a], puisqu’il transcrit [wa] (des milliers de mots) :

pois, trois, foi etc.

La graphie oy transcrit [waj]  : employer, foyer etc. (sauf en finale), voir 4.24..

6.5. Voyelles antérieures labialisées : [y]  

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6.5.1. Phonétique

Ce phonème est une voyelle antérieure fermée arrondie (palatale labialisée). La position de la langue est à peu près celle de [i], mais les lèvres vont vers l’avant. On peut dire que [y] est un [i] fortement labialisé (il s’agit d’une voyelle secondaire, ou « composée »). Ce phonème ne pose pas de grandes difficultés aux finnophones, puisque le finnois connait aussi un [y]. Cependant, [y] en français est plus fermé, plus tendu et plus labialisé. Il faut notamment le surveiller dans l’article féminin : dans c’est une amie, il faut veiller à prononcer un vrai [y] et non une espèce de phonème indistinct qui pourrait faire interpréter l’article comme un masculin. De plus, avec [y], il faut faire attention quand il se trouve à l’initiale et par­ti­cu­liè­re­ment au contact de [ʁ] à l’intérieur des mots : bureau, interruption, où u ne doit pas être prononcé comme un [ə] in­dis­tinct.

6.5.2. Graphie

Le phonème [y] est transcrit par la lettre u, avec différentes variantes :

69. Graphèmes correspondant à [y]
u, ûdes milliers de motsdur, pur, cru, nu, mûr, sûr, dû
sucre, cru, tu fumes (verbe fumer)
nous fûmes (verbe être) etc.
üdans certains mots pour éviter une mauvaise lecture du groupe geu ou gueaigüe [egy] (sans ü se lit [ɛg])
gageüre [gaʒyʁ] (sans ü pourrait se lire [gaʒœʁ], voir 4.12.2)
eu, dans les formes du passé simple, de l’imparfait du subjonctif et du participe passé d’avoirj’eus [ʒy]
tu eus [tyy]
il eut [ily]
nous eûmes [nuzym]
vous eûtes [vuzyt]
ils eurent [ilzyʁ]
tu eusses [tyys]
qu’il eût [kily]
vous eussiez [vuzysje]
il eût eu [ilyy]
nous eûmes eu [nuzymy]
ils eussent eu [ilzysty]

Remarque : il existe de nombreux mots avec û, où le circonflexe a été supprimé par les rec­ti­fi­ca­tions orthographiques, mais qu’on trouve encore partout dans les textes écrits avec un circonflexe : brûler, flûte, affût etc. Le circonflexe est cependant maintenu au passé simple et à l’imparfait du subjonctif (a) et pour distinguer les homonymes (b), voir Annexe 3 :

(a) nous lûmes, vous lûtes, nous sûmes, vous sûtes, qu’il dût, qu’il sût, qu’il voulût etc.
(b) sur /sûr, du / dû, mur / mûr etc.

6.5.3. À noter

La lettre u transforme g en [g] devant e et i :

gué, gui, guide, vague. Voir 4.4. et 10.1.4.

6.6. Voyelles antérieures labialisées : [ø]  

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6.6.1. Phonétique

Ce phonème est une voyelle mi-fermée arrondie (palatale labialisée). Comme pour [y], qui est la combinaison de [i] + labialisation, [ø] est le résultat de la combinaison [e] + labialisation. Le phonème existe aussi en finnois, et les mêmes remarques d’ensemble sont valables que pour [y] français par rapport à [y] finnois : il faut penser à bien labialiser. Comparer pöpö / peureux, söpö /un peu. En revanche, ce pho­nè­me ne risque pas de se confondre avec d’autres à l’intérieur d’un groupe de mots, il est donc moins à sur­veiller.

6.6.2. Graphie en syllabe ouverte

Le phonème [ø] est toujours transcrit eu ou œu (avec parfois un accent) et n’existe habituellement qu’en syllabe ouverte (voyelle libre) :

70a. Graphèmes correspondant à [ø] en syllabe ouverte
eudes centaines de motsheureux, peureux, feu, pneu, bleu, cieux, vieux, jeudi, déjeuner, peuplier, neutralité etc.
œudans 4 motsvœu, nœud, œufs, bœufs

6.6.3. Graphie en syllabe fermée

Il y a un certain nombre de cas, limités en nombre mais qui se rencontrent assez fré­quem­ment, où on rencontre [ø] en syllabe fermée :

70b. Graphèmes correspondant à [ø] en syllabe fermée
devant [z]dans des centaines de mots, notamment le féminin des adjectifs en -euxheureuse, sérieuse, creuse, gueuse, La Meuse etc.
devant [ʒ]dans le nom d’une villeMaubeuge
les mots en ‑eutre3 mots et les formes en syllabe ouverte des verbes feutrer et calfeutrerneutre, feutre, pleutre, il se calfeutre etc.
les mots en ‑euteune vingtaine de motsmeute, émeute, choreute, thérapeute etc.
dans un mot en ‑eumeterme de musicologie (neumi) rareneume
dans la suite ‑euledans trois mots
mais les autres mots en -eule se prononcent avec [œ] comme le veut la règle (voir 6.7. : filleule [fijœl], seule [sœl], gueule, aïeule
meule ; veule, veulerie
dans la suite ‑eugle-formes avec syllabe fermée des verbes beugler (ulvoa) et meugler (ammua)
Dans les autres formes, eu est de toute façon en syllabe ouverte et est donc, comme normalement, fermé (parce que le groupe consonne+liquide forme une seule syllabe : beugler [bøgle], elles meuglaient [ɛlmøglɛ]).
il beugle, tu meugles, elles meuglent etc.
dans un seul motjeûne paasto

NB. Au total, si on ne compte pas le féminin des adjectifs en -eux, cela représente seulement 30 cas avec [ø] en syllabe finale fermée. Voir des exemples de mots 12.2.3., exercice 3.

6.7. Voyelles antérieures labialisées : [œ]  

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6.7.1. Phonétique

1. Phonétique

Ce phonème est une voyelle antérieure mi-ouverte arrondie (palatale labialisée). Il s’agit d’une voyelle composée : la langue est pratiquement dans la même position que pour [ɛ], mais les lèvres vont vers l’avant et forment un rond. Ce phonème n’est pas toujours facile pour les finnophones. On peut s’en­trainer en prononçant [ɛ], puis, en maintenant la langue dans la même position, on avance les lèvres pour faire un arrondi assez ouvert (il n’est pas aussi rétréci que pour [y], évidemment.). Il faut notamment surveiller la prononciation en finale devant [ʁ], dans les très nombreux mots en -eur(e). Si le [œ] est trop fermé, cela se remarque im­mé­dia­te­ment.

6.7.2. Graphie

Ce phonème se transcrit de la même manière que [ø], mais il apparait uniquement en syllabe fermée (il y a également quelques autres graphies, qui ne sont pas utilisées pour [ø]) :

Tableau 71. Graphèmes correspondant à [œ]
eudevant consonne (des centaines de mots ; pour les exceptions, voir 6.5.3.) neuf, veuf, peuvent, seul, tilleul, glaïeul, filleule, gueule, heure, peur, beurre, écureuil, accueil, recueil, meurtre, heurter, rolleur, batteur, chanteur etc.
œunombre limité de mots bœuf, œuf, sœur, cœur, œuvre
œseul (sans u), dans un seul mot œil (et les composés trompe-l’œil, œil-de-bœuf etc.)
u dans les mots d’emprunt à l’anglais (c’est l’adaptation au phonétisme français du phonème anglais [ʌ]). Il y a plus de 100 mots de ce genre, voir exercice 4, 12.4.4. club, pub, mug, muffin, fun, ketchup, nurse, ulster, burn-out, punch*
edans les terminaisons en -er des mots d’em­prunt à l’anglais. En effet, dans beaucoup de mots d’em­prunt en -er, la prononciation tend à évoluer vers [œʁ] et la graphie suit cette évolution et est de plus en plus souvent alignée sur la graphie normale -eur leader [lidɛʁ] ou [lidœʁ], supporter [sypɔʁtɛʁ] ou [sypɔʁtœʁ], cutter [kœtɛʁ] ou [kœtœʁ]
variantes :scanneur, supporteur, boosteur** etc.
idans des emprunts tee-shirt [tiʃœʁt]
sweat-shirt [swɛtʃœʁt] ou [switʃœʁt] (voir 6.1.2nb)

* Prononciation de u  : le mot punch se prononce [pœnʃ] dans le sens « iskuvoima » ; on trouve aussi un autre mot punch « punssi, booli », qu’on prononce avec nasale et sans [n] : [pɔ̃ʃ] et dont la graphie moderne est ponch.

** Alternance -er/-eur : il n’est pas facile de donner des règles précises à ce sujet, surtout que certains mots d’emprunt re­la­ti­ve­ment anciens ont conservé le [ɛ], comme pullover. La tendance générale est cependant de prononcer de plus en plus souvent avec [œ] ;

Remarque : il n’y a pas véritablement d’opposition entre [ø] et [œ], car les deux phonèmes n’ap­pa­rais­sent pas dans les mêmes cas : [ø] est normalement en syllabe ouverte (sauf certaines exceptions), [œ] est toujours en syllabe fermée (pas d’exceptions !) ; [œ] n’apparait jamais en finale libre. Les paires mi­ni­ma­les sont très rares : jeune / jeûne. Beaucoup de gens ne savent même pas que jeûne doit se prononcer avec [ø] et prononcent jeune et jeûne de la même façon.

6.8.  E médian (e muet)  

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6.8. 1. Phonétique

Le phonème [ə] est une voyelle « médiane » labialisée ou antérieure labialisée. Il est, comme [ø], fortement labialisé. Il ressemble beaucoup à [ø]. Il est assez difficile de trouver une grande différence entre [ə] et [ø]. Quand on veut éviter la confusion entre les deux formes pra­ti­que­ment identiques dans c’est ce que je préfère et c’est ceux que je préfère, on est en fait obligé d’allonger l’[ø] de ceux, pour bien montrer qu’il ne faut pas comprendre ce. Cela prouve qu’il est impossible de les différencier seulement par une différence de timbre, qui, à l’oreille, est pratiquement inexistante.

Remarque : iIl ne faut pas confondre e muet avec le [ə] neutre (le « schwa ») de l’anglais folder ou de l’allemand Ecke. Quand [ə] est prononcé, il est prononcé avec une intensité et une longueur normales.

6.8. 2. Graphie

Le phonème [ə], quand il est prononcé, correspond aux graphèmes suivants :

Tableau 72. Graphèmes correspondant à [ə]
e sans accent, et suivi d’une seule consonneDe nombreux mots. Uniquement en syllabe ouverte ; au-delà de la 1e syllabe, le plus souvent, il n’est pas prononcé (6.9. et suivantes).
Ne pas oublier que dans le groupe consonne + r/l, la consonne forme un groupe avec la liquide. Donc, bien que dans ce cas e soit suivi de deux cosonnes, il se prononce comme s’il était suivi d’une seule consonne.

petite, mesure, fenêtre, regarder etc.


retrouver [ʁətʁuve]
secret [səkʁɛ] etc.
aidans les formes en fais- du verbe faire et les dérivés de faire, et par analogie, dans le mot faisan (fasaani) faisant [fəzɑ̃], faisons [fəzɔ̃], faisais [fəzɛ] ; faiseur [fəzœʁ], faisable [fəzabl], faisabilité [fəzabilite], bienfaisant [bjɛ̃fəzɑ̃], bienfaisance [bjɛ̃fəzɑ̃s]
faisan [fəzɑ̃]
ondans monsieur monsieur [məsjø]

6.8. 3. Remarques

a. Dans certains cas, un e suivi d’une seule consonne correspond à [ɛ], notamment dans des mots en ‑eterie :

papeterie [papɛtʁi]
marqueterie [maʁkɛtʁi]
pelleterie [pɛlɛtʁi] etc.

Dans certains de ces mots (18 au total, assez rares pour la plupart), il y a un certain flottement et on entend parfois prononcer -eterie avec un e médian, par exemple papeterie [papətʁi].

b. En fin de mot, la lettre e ne se prononce pas, voir 6.10.1. Dans certains cas, on est parfois obligé de main­te­nir [ə] quand le mot est suivi d’un groupe consonantique complexe : dans l’autre groupe [lotʁəgʁup], sans e muet, on obtiendrait la suite [tʁgʁ], impossible à prononcer sans [ə]. Dans ce cas, dans la langue par­lée, la solution est qu’on supprime complètement le groupe -le/-re. Voir Apocope, 14.2.B.

c. Dans le français méridional, tous les e muets sont maintenus, même en finale :

Elle m’a dit qu’elle viendrait le lendemain à sept heures.
[ɛləmadikɛləvjɛndʁeləlandəmɛŋasɛtœʁə]

6.9. Quand prononcer e muet ?  

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6.9.1. Généralités

Les ouvrages de phonétique ou de prononciation énumèrent souvent des règles compliquées, selon lesquelles la chute de e muet dépendrait de la position du e dans le mot (début ou milieu de mot), du nombre de consonnes qui précèdent ou qui suivent (règles des « trois consonnes ») etc. Toutes ces rè­gles ne fonctionnent en général pas et ne sont guère utiles pour l’apprenant FLE. Il faut retenir quelques principes généraux :

NB. Ces principes concernent la pononciation standard du français du nord de la France. Dans le français méridional, tous les e muets sont maintenus, même en finale :

Il faudra me le rappeler.
[ilfodʁamələʁapəle]

6.9.2. Le niveau de langue

La chute de e muet dépend du niveau de langue. Plus le niveau de langue est élevé, plus on prononce de e muets. Inversement, plus le niveau de langue est familier, plus on peut faire disparaitre de [ə]. Dans la langue parlée, on peut très bien prononcer

je trouve que ce livre est pas mal [ʃtʁuvkslivʁepamal]

c’est-à-dire en cinq syllabes seulement, et sans aucun e muet (alors que d’après les manuels de pro­non­ciation on devrait prononcer au moins un e muet ici, celui de que ou de ce). On ne prononce l’e muet que quand la chute de e muet rend le mot imprononçable :

mercredi, sans e muet = *[mɛʁkʁdi] (suite [ʁkʁd] imprononçable)
cette grenouille, sans e muet = *[sɛdgʁnuj] (suite [dgʁn] imprononçable) etc.

Sinon, on supprime le plus d’e muets possible, tant que cela reste prononçable :

Il est debout devant la petite fenêtre [iledbudvɑ̃laptitfnɛtʁ].

Il est donc difficile de donner des règles précises, car le maintien ou la chute d’e muet dépendent du lo­cuteur, du moment, de la situation, de l’humeur, de la fatigue etc. Plus le niveau de langue est soutenu (kirjakielenomainen), plus on maintient e muet. Mais cela n’est pas systématique.

6.9.3. Conseils de prononciation

Mais on peut retenir une règle générale valable pour l’apprenant de FLE : si on n’est pas sûr, il vaut mieux prononcer les e muets, sauf ceux qui sont interdits (6.10.). Il est parfaitement possible de dire

Il est debout devant la petite fenêtre. [iledəbudəvɑ̃lapətitfənɛtʁ] ou
Je ne te le dis pas. [ʒənətələdipa]

C’est beaucoup moins bizarre que de prononcer des phrases en faisant tomber des e muets qui devraient être prononcés, pour imiter la langue parlée. Il vaut donc mieux être prudent et parler un peu « trop bien ». Dans la conversation courante, on peut bien sûr faire tomber sans grands risques un certain nombre de e muets, comme le font les locuteurs francophones. On trouvera au point 14.1. des exercices qui donnent des exemples courants où on fait tomber e muet : article le, préposition de, pronoms je, te, me, se etc. Et avec lesquels on peut s’entrainer à prononcer comme on le fait couramment en français.

6.10. Suppression obligatoire de e muet  

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Dans les cas suivants, on ne prononce pas l’e muet :

6.10.1. En fin de mot

grande, longue, table etc.

sauf quand il s’agit du pronom le :

prends-le, dis-le

On ne prononce jamais le e muet final devant une autre voyelle (erreur fréquente à éviter) :

votre ami [vɔtʁami], quatre assiettes [katʁasjɛt]
une table en bois [yntablɑ̃bwa]
Tu vas attendre ici. [tyvaatɑ̃dʁisi]
Il faut mettre un bonnet. [ilfomɛtʁɛ̃bonɛ]

Élision : c’est pour cette raison aussi que l’e muet s’élide (heittyy) dans les articles, les pronoms et ne devant voyelle :

il me voit — il m’écoute ; le jouet — l’ami ; ce sera — c’est ; on te téléphonera — on t’attendra ;
il se dépêche — elle s’énerve ; pas de miel — pas d’abeilles ; il ne dit rien— il n’a rien dit

L’e muet de ce se maintient cependant devant une préposition dans les construction ce à quoi, ce envers quoi etc. Voir Grammaire p. 607 §1.

6.10.2. Dans la deuxième syllabe et au-delà

à l’intérieur d’un mot, on ne prononce pas l’e muet quand il est au moins dans la deuxième syllabe (il y a cependant des exceptions, voir 6.11.). Normalement, on doit donc faire faire tomber le e dans les mots comme

e dans la 2e syllabe :

dangereux [dɑ̃ʒʁø], médecin [med̥sɛ̃], au-dessus [od̥sy]
acheter [aʃte], amener [amne], promenade [pʁɔmnad], nous appelons [nuzaplɔ̃]
revenu [ʁəvny], carrefour [kaʁfuʁ], développer [devlope]
droguerie [dʁɔgʁi], braderie [bʁadʁi], lingerie [lɛ̃ʒʁi]

e dans la 3e syllabe :

extrêmement, complètement
dérangement, entretenu [ɑ̃tʁətny]

e dans la 4e syllabe :

renouvèlement
dédommagement
développement

Dans le mot développement, on a un e dans la 2e et la 4e syllabe. Ils tombent tous les deux et le mot n’a que 3 syllabes au total :

développement [devlɔpmɑ̃]

Il est donc incorrect ou au moins étrange de dire (sauf dans le français méridional, où c’est parfaitement normal, voir 6.8.3c) :

*[medəsɛ̃] (médecin), *[samədi] (samedi)
*[aməne] (amener), *[aʃəte] (acheter)

NB. À cause de la chute d’e muet et des phénomènes d’assimilation, la prononciation de certains mots change complètement par rapport à la graphie :

projeter se prononce /pʁɔʃte/, comme le groupe che dans acheter
médecin se prononce /metsɛ̃/, avec [t]
au-dessus se prononce /otsy/ etc.

Voir autres exemples au paragraphe 6.14.1..

6.10.3. Futur de certains verbes

Pour les mêmes raisons que celles exposées au §2, on ne prononce pratiquement jamais le e muet du radical des verbes du premier groupe (en -er) au futur ou au conditionnel :

sauterai [sotʁe], marcherai [maʁʃʁe], achètera [aʃɛtʁa]
aimerais [ɛmʁɛ], accorderais [akɔʁdʁɛ] etc.

puisque cet e se trouve toujours au moins en deuxième syllabe, sauf quand c’est impossible à prononcer (voir paragraphe suivant). Attention au futur des verbes avec radical vocalique (jou-er, cri-er, ski-er, tu-er etc.), il ne faut jamais prononcer [ə] (erreur fréquente) :

jouera [ʒuʁa], créera [kʁeʁa], triera [tʁiʁa], nouera [nuʁa], tuerais [tyʁɛ] etc.

6.10.4. Après voyelle

Attention aussi dans des mots en voyelle + ement, où la lettre e ne se prononce pas :

aboiement [abwamɑ̃] (et non *[abwaəmɑ̃]), chatoiement [ʃatwamɑ̃]
déploiement [deplwamɑ̃], dénouement [denumɑ̃]

Le e ne se prononce évidemment pas non plus à la fin des mots après voyelle, puisque dans cette position il ne se prononce normalement pas du tout :

ils se déploient [deplwa], le ciel rougeoie [ʁuʒwa]
la route poudroie [pudʁwa], ça signifie [sasinjifi]
ils skient [ski], tu joues [ʒu], elles renouent [ʁənu] etc.

6.11. E muet obligatoire ou stable  

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6.11.1. Maintien de e muet  (e muet obligatoire)

Certains de ces e muets qui sont normalement interdits (voir 6.10.) se maintiennent cependant :

a. Quand le groupe dans lequel se trouve e muet serait autrement impossible à prononcer : mercredi (pour éviter *[ʁkʁd] ), dans certains futurs comme cadrera (pour éviter *[dʁʁ]), chambrera (pour éviter *[bʁʁ]) etc. ;

b. On maintient e muet quand il est suivi, dans un même mot, de [lj], [ʁj], [mj], [nj]  (c’est-à-dire liquide + [j] ou nasale + [j]) :

atelier, chancelier, sommelier
palefrenier [palfʁənje]
nous chanterions, nous semions
nous appelions, vous épèleriez etc.

6.11.2. Liste de mots dans lesquels on maintient l’e muet

Dans certains mots, on maintient e muet pour des raisons assez difficiles à déterminer, par exemple dans apercevoir (et les formes avec -ev- apercevant, apercevons, apercevais etc.), concevoir (et les formes avec -ev- concevant, concevons, concevais etc.), voir la liste complète ci-dessous. Ce maintien est dû à des raisons complexes, sans doute pour garder au mot son identité phonique (äänneasu), et non pas, comme on le dit souvent, pour éviter des groupes de consonnes inconnus : on prononce guenon [gənɔ̃] et non pas [gnɔ̃], mais ce n’est pas parce que le groupe [gn] est difficile à prononcer, puisqu’il existe dans gnou, diagnostic, gnome, stagnant etc. De même, on prononce bedaine [bədɛn] et non *[bdɛn], mais ce n’est pas à cause de la « rareté » du groupe [bd], qui existe dans abdiquer, hebdomadaire, molybdène etc. (pour bedaine voir ce­pen­dant « Autres facteurs » 6.13.).

apercevoirgarnementpeser (et formes conjuguées)
guenonporcheriebedaine
benêtinversementforgeron
concevoir, concevons etc.pelerquenouille
échevelépenaudquerelle
ensevelirquelque chosefenouil
énervementquelquefoissquelette
femellequelque partsecousse
semer, semais, semons etc.sèche-cheveux

Remarque : dans quelque chose, quelquefois, quelque part, e muet se maintient en finale du mot quelque. On prononce donc dans une prononciation soignée [kɛlkəʃoz] sans chute de e muet. Erreur fréquente : supprimer l’e muet *[kɛlkʃoz]. Cette prononciation semblerait logique, mais personne ne prononce quelque chose de cette manière. Dans la langue courante, dans la prononciation familière et « abrégée », on supprime l et on prononce [kɛkʃoz], en deux syllabes. C’est aussi le cas de quelquefois [kɛkfwa] et quel­que part [kɛkpaʁ].

6.12. Groupes figés avec chute de e muet  

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6.12.1. Noms composés

De nombreux groupes de mots forment des noms composés dans lesquels l’e muet de la préposition de n’est pratiquement jamais prononcé, même dans une prononciation soignée. La chute de e muet entraine aussi des phénomènes d’assimiltion et, dans la prononciation, le résultat final à l’oreille est parfois assez éloigné de la forme « complète » écrite. L’apprenant FLE a donc intérêt à apprendre la prononciation de ces groupes comme un seul « bloc », sans e muet, et avec les groupes de consonnes nouvelles nées de l’as­similation :

un accident de chemin de fer /aksidɑ̃tʃmɛ̃tfɛʁ/ rautatieonnettomuus
un accident de voiture /aksidɑ̃dvwatyʁ/ liikenneonnettomuus
un agent de change /aʒɑ̃tʃɑ̃ʒ/ pörssimeklari
un bras de fer /bʁatfɛʁ/ kädenvääntö
le chemin de fer /ʃmɛ̃tfɛʁ/ rautatie
un coup de pied /kutpje/ potku
un coup de poing /kutpwɛ̃/ nyrkinisku
un coup de tête /kutːɛt/ päähänpisto
un coup de tonnerre /kutːonɛʁ/ ukkosenjyrähdys; järisyttävä uutinen
l’eau de Javel /odʒavɛl/ kloorivesi
l’eau-de-vie /odvi/ viina
un grain de sable /gʁɛ̃tsabl/ hiekanjyvä
un grain de sel /gʁɛ̃tsɛl/ suolarae
un lopin de terre /lopɛ̃tːɛʁ/ maatilkku
un nid de poule /nitpul/ kuoppa (tiessä)
du pain de seigle /pɛ̃tsɛgl/ ruisleipä
un pas de vis /padvis/ ruuvin kierre
un petit bout de chou /ptibutʃu/ pieni palleroinen
un point de suture /pwɛ̃tsytyʁ/ ommel (haavassa)
une queue de cheval /køtʃval/ poninhäntä
un raz-de-marée /ʁadmaʁe/ hyökyaalto
le ski de fond /skitfɔ̃/ maastohiihto
le ski de piste /skitpist/ laskettelu

6.12.2. Expressions diverses

tout le temps /tultɑ̃/ jatkuvasti
à bout de souffle /abutsufl/ hengästynyt
pas de problème ! /patpʁoblɛm/ ookoo, kaikin mokomin
pas de chance ! /patʃɑ̃s/ harmillista!
pas de doute /padːut/ aivan varmasti
en bout de table /ɑ̃butːabl/ pöydän päässä
combien de fois /kɔ̃bjɛ̃tfwa/ kuinka usein
il n’y a pas de quoi /ilnjapatkwa/ ou /japatkwa/ ei kestä!
petit à petit [ptitapti] vähitellen
un(e) petit(e) ami(e) [ptitami] poikaystävä (tyttöystävä)

6.13. Autres facteurs influençant la prononciation d’e muet  

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6.13.1. Langue parlée

Dans les mots monosyllabiques comme je, te, se, le etc., e s’élide régulièrement devant voyelle (j’écoute, il t’aime, on s’habille, l’écran). Dans la langue parlée, l’e muet de ces mots tombe également devant consonne ; ces mots se réduisent alors à une simple consonne :

le : chez le dentiste ʃeldɑ̃tist], dans le fond dɑ̃lfɔ̃]
je : je discute ʒdiskyt], je pense ʃpɑ̃s]
me, te, se : je te dis ʃtədi], ça me dérange samdeʃɑ̃ʒ], on se revoit ʁəvwa], il te le dit itlədi]
ce : dans ce cas dɑ̃ska], ce travail stʁavaj]
que : il faut que tu téléphones ilfoktytelefɔn], le livre que vous commandé lːivʁkvuzavekomɑ̃de]
ne : tu ne joues pas tynʒupa], je ne pense pas ʒənpɑ̃spa] (le plus souvent, ne est omis complètement : tu joues pas, je pense pas).

Remarque : la chute de e muet entraine souvent des changements considérables dans la structure pho­né­ti­que (et rythmique) d’une phrase, voir le chapitre sur l’assimilation 7.12.. On trouvera également des ex­er­cices de prononciation.

6.13.2. Habitudes personnelles

Dans certains suites de monosyllabes fréquents, la distribution des e muets est difficile à de­vi­ner d’avance. Dans ces cas-là, chaque locuteur a ses habitudes, et même les groupes prononcés ha­bi­tuel­le­ment d’une seule manière peuvent être pro­non­cés par certaines per­son­nes d’une fa­çon dif­férente :

ce que (ce que tu veux) : prononcé habituellement [skə] ([sək] possible)
je me (je me prépare) : [ʒəm] ou [ʒmə]
je le (je le veux) : [ʒəl] ou [ʒlə]
je te (je te vois) : [ʒət] ou [ʃtə]
de ne (de ne pas le faire): prononcé habituellement [dən] ([dnə] possible)
de le (de le dire) : [dəl] ou [dlə]
de me (de me parler) : [dəm] ou [dmə]
de te (de te presser) : prononcé habituellement [dət] ([tːə] possible).

6.13.3. Autres facteurs

L’emploi d’e muet obéit aussi à d’autres types de besoins ou de règles :


6.14. Les voyelles postérieures : [u]  

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6.14.1. Phonétique

Ce phonème est une voyelle postérieure fermée arrondie (vélaire labialisée). Elle est pra­ti­que­ment identique au [u] finnois, mais nettement plus labialisée : les lèvres vont beaucoup plus vers l’avant, et l’ouverture formée est nettement plus petite. En lui-même, le phonème ne pose pas beaucoup de problèmes, mais il doit être bien labialisé, sinon une mauvaise prononciation se remarque assez vite.

Pour la prononciation, il faut penser à exagérer la projection des lèvres en avant. Pour [u], il faut faire attention à respecter la labialité, notamment à l’intérieur d’un groupe de mot, comme j’ai tout oublié.

6.14.2. Graphie

[u] est en général transcrit par le digramme ou, mais il y a quelques variantes possibles :

Tableau 78. Graphèmes correspondant à [u]
oudes milliers de mots nous, vous, tous, loup, coup, toutou, fou, amour, toujours, blouse, ventouse, soul, souler etc.
dans un seul mot
accent circonflexe dans les graphies non mo­der­ni­sées soûl, voûte, coûter, goûter (graphie moderne : soul, voute, couter, gouter)
aou/aoûaccent circonflexe dans la graphie non mo­der­ni­sée (août) ([ut]), graphie moderne de août
On trouve aou également dans saoul / saouler, qui sont des variantes graphiques vieillies de soul / souler
aout [ut] (anciennement août), saoul [su], saouler (= soul, souler)
oo, ew, udans des mots d’emprunt divers scoop, boots, foot
interview
putsch, blues etc.

NB. Dans aujourd’hui, on prononce pratiquement toujours ou sous forme de o ouvert [ojɔʁdɥi].

6.15. Les voyelles postérieures : [o]  

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6.15.1. Phonétique

Ce phonème est une voyelle postérieure mi-fermée arrondie (vélaire labialisée). Il correspond au [o] finnois, mais est nettement plus labialisé et plus arrondi, et plus fermé qu’en finnois. Il faut surveiller particulièrement l’arrondissement et la labialisation, notamment en finale. Com­pa­rer les paires suivantes (finnois/français) :

lotto / loto
koko / coco
sato / château
pato / bateau
alkovi / alcôve
koon (génitif de koko) / cône.

Les finnophones ont souvent tendance à prononcer en finale un o trop délabialisé et trop pos­té­rieur, qui ressemble presque à o nasal, notamment en présence de la combinaison gra­phi­que eau. Pour éviter cela, il faut prononcer un o labialisé et fermé.

Le phonème [o] est transcrit par la lettre o, par le digramme au ou par le trigramme eau.

NB. Les graphèmes ô et eau correspondent toujours à o fermé, quelle que soit la position (syllabe ouverte ou fermée). De même, le graphème au correspond presque toujours aussi à o fermé, mais il y a quelques exceptions.

6.15.2. Graphies en syllabe ouverte

79a. Graphèmes correspondant à [o] en syllabe ouverte
odes milliers de motscopie, rotatif, police
pot, clos, motorisé etc.
ôenviron 20 motstôt, bientôt, impôt, hôtel, rôtir, ôter, entrepôt
audes centaines de motschaud, taux, normaux, autel, applaudir, appauvrir etc.
eauuniquement en syllabe finale, des centaines de motsbeau, château, bureau, barreau, jumeau etc.

6.15.3. Graphie en syllabe fermée

79b. Graphèmes correspondant à [o] en syllabe fermée
audes dizaines de motsépaule, autre, fausse, jaune, jauge, faune, auxiliaire, caustique, encaustique, exhaustif, claustrer, holocauste etc.
eaudans un seul motépeautre speltti
ôdes dizaines de motscôte, nôtre, rôle, apôtre, arôme etc.
oen syllabe finale devant [z]chose, dose, close, pose, rose etc.
odans quelques dizaines de mots d’origine grecque en -ome ou -one. Dans ces mots-là, on devrait logiquement prononcer une voyelle ouverte [ɔ], mais, par pro­non­cia­tion étymologisante, on prononce [o] fermé.
Cela concerne pratiquement la majorité des mots en -ome, mais seulement une partie des mots en -one. Dans le cas des mots en -ome, ce sont ceux avec o fermé qui sont les plus nombreux, alors que dans le cas des mots en -one, ce sont ceux en o ouvert qui sont les plus nombreux (voir Annexe 1).
atome [atom], gnome [gnom], tome, glaucome, chrome, aérodrome, hippodrome, autonome, chromosome, rhizome
zone [zon], cyclone [siklon], aphone, ozone, amazone, polygone, hexagone etc.
oen syllabe finale devant [s] dans un certain nombre d’exceptions, voir 6.19.3.grosse ; cosmos ; nullos ; albinos
oadans quelques mots d’emprunttoast [tost], goal [gol], ferry-boat [feʁibot]
adans quelques mots d’emprunt anglaishall [ol], football [futbol], volley-ball, basket-ball (mais handball avec [-bal], car c’est un emprunt à l’allemand)
awdans quelques mots d’empruntcrawl [kʁol], squaw [skwo], yawl [jol]

6.15.4. Exceptions

a. On ne prononce jamais en français de [o] fermé en finale absolue devant [ʁ] ; pour cette raison, on pro­nonce o ouvert [ɔ] dans les formes en au en voyelle entravée des verbes instaurer et restaurer et dans cer­tains mots en -aure :

j’instaure, on restaure [ʁɛstɔʁ]
maure, Faure
centaure, dinosaure [dinozɔʁ] etc.

b. Dans le prénom Paul on prononce o ouvert [ɔ], mais le féminin Paule est avec [o] fermé. C’est une dis­tinc­tion artificielle qui contredit la règle :

Paul [pɔl]
Paule [pol]

Ailleurs que dans les cas énumérés ci-dessus, la lettre o transcrit /O/ avec aperture variable (neu­tra­li­sa­tion d’opposition, voir loi de position 5.7., et 6.19.2.).

Se rappeler que devant [l] et [ʁ], la voyelle [o] reste toujours nettement ouverte, même en syllabe non fi­na­le (pas de neutralisation de l’opposition d’aperture) : colporter, molletonné etc.

L’aperture de [o] est souvent modifiée par harmonisation vocalique (5.10.) : dans automne, le premier [o], normalement fermé, devient ouvert sous l’influence de [ɔ] qui suit : [ǫtɔn]  ; dans monotone, l’o ouvert fi­nal « colore » tous les /o/ : [mǫnǫtǫn]  ; de même, dans hôtel, moteur etc.

6.16. Les voyelles postérieures : [ɔ]  

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6.16.1. Phonétique

Ce phonème correspond à une voyelle postérieure mi-ouverte arrondie (vélaire labialisée). Les lèvres sont arrondies comme pour [o], mais l’aperture est plus grande. L’o ouvert n’est pas toujours facile pour les finnophones, qui doivent rechercher la position correcte de la langue : elle doit être assez en arrière et assez basse. Dans le verbe olla employé comme réponse (Onko hän tullut? — On!), il y a une voyelle assez ouverte et assez proche de [ɔ] : en augmentant encore l’aperture, on arrive au [ɔ] français.

L’aperture de [ɔ] doit être importante quand [ɔ] est en position finale, et particulièrement devant [ʁ] : fort, tort etc., doivent être prononcés avec un [ɔ] bien ouvert.

6.16.2. Graphie

Le phonème [ɔ] correspond à toutes les formes de [o] en syllabe fermée (finale ou non finale). Ailleurs qu’en finale, l’aperture est variable (neutralisation d’opposition, voir loi de position 5.7.). On trouve les graphies suivantes :

Tableau 80. Graphèmes correspondant à [ɔ]
odes milliers de mots
En règle générale, on peut dire qu’en syllabe fermée on prononce [ɔ] s’il n’y a pas de signe ou de graphème indiquant qu’il faut prononcer [o] : c’est ainsi qu’on oppose cote [kɔt] (osakekurssi) et côte [kot] (rannikko), où la fermeture de/o/ est indiquée par le circonflexe.
dot (le t se prononce), molle, toque, corole, loge, interroge, innove
solde, tordre, carotte, snob, amorphe, cornichon, emporter etc.
audans certaines exceptions (voir p6.15.4.) Paul, restaure etc.
udans les mots latins ou pseudolatins en ‑um, plus de 500 mots, voir 4.13.3. et 12.5,  exercice 5. forum, radium, césium etc.

6.16.3. Exceptions

a. Dans le mot grosse (féminin de gros) et fosse, on prononce [o]. Mais il y a hésitation chez beaucoup de gens, qui mettent un [ɔ] ouvert (qui serait logique, car on est en finale entravée comme dans gosse, bosse, brosse, cosse, crosse etc., qui se prononcent avec o ouvert) :

grosse [gʁos]
fosse [fos]

b. Dans un certain nombre de mots d’origine grecque (ou construits sur un modèle grec), la terminaison -os se prononce [os] (fermé), mais rhinocéros et d’autres mots d’origine grecque se prononcent avec o ouvert :

cosmos [kosmos]
éros [eʁos]
pathos [patos]
thermos [tɛʁmos]
rhinocéros [ʁinoseʁɔs]

c. Il existe quelques mots avec un suffixe -os argotique qui se prononce [os] :

nullos (de nul) [nylos] tylsä, gratos (de gratuit) [gʁatos] ilmainen
craignos (de craindre) [kʁɛnjos] pelottava, tranquillos [tʁɑ̃kilos] rauhallinen, lunki
rapidos [ʁapidos] nopea, calendos (de camembert) [kalɑ̃dos] camembert-juusto etc.

d. On trouve aussi un o fermé en syllabe fermée dans des mots d’origine variée :

albinos, calvados, les Galápagos

6.17. Phonétique et prononciation des voyelles nasales  

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6.17.1. Phonétique

Les voyelles nasales du français sont prononcées avec un abaissement du voile du palais. Cet abaissement n’est pas aussi important que dans le cas des consonnes nasales [m] ou [n]. Le son qui résulte de cet abaissement reçoit ainsi une coloration nasale, il y a une résonance sup­plé­mentaire. La voyelle [õ] est plus ou moins l’équivalent nasale de la voyelle [o], mais [ɛ̃] est plus ouvert que [ɛ], et [ɑ̃] est plus ouvert et plus en arrière (postérieur) que la voyelle orale correspondante.

De plus, lors de l’émission d’une nasale en français, il y a une contraction (supistus) de la zone pharyngale. Cette contraction est au moins aussi importante que l’abais­se­ment du voile du palais. On la sent très bien sous forme d’une espèce de mou­vement vers l’arrière. Pour bien prononcer les nasales, le débutant à intérêt à lever un peu le men­ton : ce déplacement musculaire vers le haut entraine un déplacement de la zone vélaire vers l’arrière.

Pour des raisons physiologiques (voir 2.2.3.) les nasales sont un tout petit peu plus longues que les voyelles orales (retard de fonctionnement musculaire de la zone vélaire). Les voyelles nasales ont en outre tendance à s’allonger devant une consonne en finale absolue : grande, blonde, oncle, tonte etc. Cet al­longement est sensible (tuntuva), mais n’a pas de valeur dis­tinc­tive.

6.17.2. Prononciation

Les finnophones ont souvent des problèmes pour différencier [ɑ̃] et [ɔ̃]. Il faut que les deux soient nettement distincts, car il y peut y avoir des confusions de sens (banc / bond, lent / long) etc. Pour la pro­non­cia­tion des nasales en général, deux points importants sont à retenir :

a. Dans un groupe phonique qui contient plusieurs voyelles nasales, il faut s’efforcer de prononcer toutes les nasales : en attendant, on entend, dans un instant etc. Les finnophones ont souvent tendance à prononcer une ou deux nasales, puis à « oublier » la nasalisation, autrement dit ils ne sont pas capables de (ou pas suffisamment entrainés pour) maintenir la dépense d’énergie nécessaire, requise notamment par la pharyngalité des voyelles restantes.

En Finlande…

L’effort musculaire demandé est en effet relativement important, complexe (nasalité + pharyngalité) et complètement étranger au système du finnois. Le mot en (au début du groupe syntaxique) est souvent mal prononcé dans ce cas (dénasalisé). Il faut faire attention à la contraction du pharynx, qui joue un rôle très important de « déclencheur » (käynnistäjä) de la nasalisation. Souvent aus­si, les nasales en fin de groupe sont négligées (on nasalise bien au début, puis la contraction du pharynx se relâche). Le groupe en Finlande, qui est évidemment très utilisé par les locuteurs finnophones parlant français, est un excellent exemple de ces difficultés : il faut nasaliser en au début, et aussi bien nasaliser an dans -lande. C’est un groupe de mots avec trois voyelles nasales qu’il faudrait répéter quo­ti­dien­ne­ment pour s’habituer à ce mouvement de contraction du pharynx.

b. Les voyelles nasales françaises sont pures, il n’y a pas d’appendice (lisäke) consonantique. Les voyelles nasales sont, comme leur nom l’indique, des voyelles, sans élément con­so­nan­ti­que :

entend = 3 phonèmes [ɑ̃] [t][ɑ̃], il n’y a pas de [n]
bon = 2 phonèmes : [b] [ɔ̃], il n’y a pas de [n]
tombe = 3 phonèmes : [t] [ɔ̃] [b], il n’y a pas de [m].

Il faut donc veiller particulièrement à ne pas prononcer de [n] parasite, notamment devant les dentales ou les palatales (t, d, k, g), ni de [m] parasite, devant les labiales (p, b) : entendre, impossible, banquier etc. En effet, à cause du lieu d’articulation très proche ([n] est une dentale comme [t], [m] est une labiale comme [p] etc.), les débutants ont souvent tendance à prononcer une consonne nasale de passage (siirtymä-). Sur l’explication du mécanisme, voir 5.3.. Une erreur de prononciation encore plus grave con­siste à prononcer un [n] de passage devant [v] ou [f] par exemple, dans des mots comme inviter, envoyer ou informer, faute qu’aucun facteur phonétique ne vient justifier.

6.17.3. Cas particulier de vingt et des autres chiffres

Il y a cependant un cas (en plus de la liaison avec les voyelles nasales, 7.9.) où l’on prononce le [n] de la voyelle nasale, c’est dans les chiffres :

  21 [vɛ̃teɛ̃]
  22 [vɛ̃ndø]
  23 [vɛ̃ntʁwa]
  24 [vɛ̃nkatʁ]
  25 [vɛ̃nsɛ̃k]
26 [vɛ̃nsis]
27 [vɛ̃nsɛt]
28 [vɛ̃(n)tɥit]
29 [vɛ̃ntnœf]
Origine de cet [n] […]

Cet [n] n’est pas le « n de la voyelle nasale » (puisque les voyelles nasales sont des voyelles pures et n’ont pas d’élément consonantique), mais le résultat de la nasalisation du [t] de [vɛ̃t] en position im­plo­sive (as­si­milation du mode articulatoire, ääntymätapa-assimilaatio). Voir « Autres ty­pes d’assimilation », 7.12.4.

Cependant, dans le discours audiovisuel, politique etc., où la prononciation est plus soignée (par désir de clarté, mais par hypercorrectisme aussi), le [t] peut être réalisé, et on peut en­ten­dre prononcer par exemple vingt-deux [vɛ̃tdø], avec même un petit [ə] de passage entre le [t] et le [d], [vɛ̃tədø]. Cet [ə] est nécessaire pour réaliser une explosion (3.3.2.) de l’occlusive [t] et permet d’empêcher l’assimilation, qui se pro­dui­rait sinon automatiquement (voir 7.13.). Ce­pen­dant, dans l’élocution normale, on fait l’as­si­mi­la­tion en nasale comme dans les exemples ci-dessus, et l’apprenant FLE a intérêt à prononcer avec assimilation.

6.18. Les voyelles nasales : principes graphiques généraux  

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6.18.1. Règle générale

La transcription des voyelles nasales n’est pas toujours très cohérente et la graphie provoque des con­fu­sions. Principes généraux :

Une voyelle se lit comme voyelle nasale quand 

– dans toutes les positions elle est suivie de n ou m et au moins 1 consonne :

chanter, sympathique, entendement, envoyer, denrée, genre, combiner
dans, dont, prompt, encombrant, informer, ils vinrent, langage etc.

– en fin de mot, quand elle est suivie de n ou de m (suivi ou non d’une consonne) :

fin, faim, parfum
bon, nom, thym
craint, dont, vient, prompt etc.

Une voyelle suivie de n(n) + voyelle ou m(m) + voyelle ne transcrit pas une voyelle nasale. Dans les mots suivants, il n’y a aucune voyelle nasale :

fané, anhydre, anneau, ami, grammaire
inexact, inhabile, inexorable, inné, imiter, immobile
tonique, bonne, bonhomme, comique, comme
tenez, ennemi, semer, gemme
unanime, unique, brumeux

Il faut faire attention notamment aux mots en imm- ou in(n)-, souvent prononcés de façon erronée avec une nasale à l’initiale. Il n’y a pas de voyelle nasale au début des mots suivants, qui commencent tous par [im-] / [in-] :

immeuble, immoral, immatériel, immémorial, immaculé, immanent, imminent
immatriculé, immature, immense, immergé, immersion, immérité, immigration
immigré, s’immiscer, immodéré, immondice, immortel, immuable, immunité etc.
inavouable, inexpliqué, inoffensif, innocuité, innocent, inhumain etc.

6.18.2. Exceptions

a. Dans le groupe emm-, en(n)- en début de mot, la voyelle est nasale. Il s’agit pour la plupart de mots composés avec la préposition en- ; on trouve même certains cas avec un seul n :

emmener [ɑ̃mne], emménager [ɑ̃menaʒe]
emmitoufler [ɑ̃mitufle], emmurer [ɑ̃myʁe]
emmagasiner [ɑ̃magazine], emmanché [ɑ̃mɑ̃ʃe]
enneigé [ɑ̃neʒe], ennoblir [ɑ̃nobliʁ]
ennui [ɑ̃nɥi], ennuyeux [ɑ̃nɥijø]
(s’)enivrer [sɑ̃nivʁe] (en + ivre)
s’enorgueillir [sɑ̃nɔʁgøjiʁ] (en + orgueil)
(s’)enhardir [sɑ̃aʁdiʁ] (en + hardi).

Les mots dans lesquels enn- initial obéit à la règle générale présentée au §1 sont en fait très peu nom­breux :

ennemi [ɛnmi], ennéagone [eneagɔn] (rare)

Ailleurs qu’à l’initiale, le groupe enn se lit [ɛn], conformément à la règle normale :

benne, penne, senne, étrenne, renne, comprennent, éprennent etc.

b. Certains composés formés avec im- se prononcent avec une nasale ; ce sont des composés plus récents :

immanquable [ɛ̃mɑ̃kabl]
immangeable [ɛ̃mɑ̃ʒabl]
immaitrisable [ɛ̃metʁizabl] etc. Voir p. 201.

Parfois, ce sont des mots qu’on peut former librement, et qui ne sont pas forcément répertoriés dans les dictionnaires. Exemples authentiques trouvé sur Internet :

un homme immariable [ɛ̃maʁjabl]
des réglages immodifiables [ɛ̃modifjabl]
une robe immettable [ɛ̃metabl]
un but immarquable [ɛ̃maʁkabl] etc.

c. Dans tous les adverbes en -emment, le groupe -emm- se lit [am], au total 36 adverbes, dont certains seu­le­ment sont courants :

récemment [ʁesamɑ̃], prudemment [pʁydamɑ̃]
intelligemment, ardemment, violemment, apparemment etc.

d. Dans certains mots d’emprunt, m ne forme pas de digramme avec la voyelle et se prononce [m] :

hamster [amstɛʁ]
romsteck [ʁɔmstɛk]

6.19. [ɑ] nasal   

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6.19.1. Phonétique

Ce phonème, transcrit [ɑ̃], est une voyelle postérieure ouverte non labialisée (vélaire illabiale) nasale. En finale, il y a alternance entre [ɑ̃] et [an] dans les féminins ou les dérivés :

plan / plane
paysan / paysanne
nigérian / nigériane
van / vanner etc.

6.19.2. Graphie

Le phonème [ɑ̃] connait une assez grande variation de transcriptions :

Tab. 83. Graphèmes correspondant à [ɑ̃]
anen finale ou devant consonne ; des centaines de mots tant, blanc, plan, tante, pantalon etc.
enen finale ou devant consonne ; des centaines de mots.
En finale, en non suivi de consonne ne se prononce jamais [ɑ̃] (sauf dans le pronom / la préposition en), voir ci-dessous Exceptions
tente, dent, gens, mentir etc.
amdevant p ou b ampoule, chambre, lampe, champ etc.
emdevant p ou b temps, emporter etc.
emm / enn / en + voyellede nombreux mots, voir 6.18.2a) emmener, emmagasiner, ennui ; enivrer, s’enhardir etc.
aondans quelques noms faon, taon, paon, Laon (nom d’une ville)
eanun seul cas Jean
aenun seul cas Caen

6.19.3. Exceptions

a. Dans les groupes -ien(+consonne) ou -yen en finale, en transcrit [ɛ̃]  :

bien, tiens, rien, lien, tiendra, moyen, doyen etc.

sauf dans les participes de verbes (ou anciens participes) :

Orient, inconscient, patient, inconvénient etc.

b. Dans les adverbes en -emment, on prononce [a] non nasal, voir 6.18.2c ;

c. En finale, le groupe en après voyelle correspond à [ɛ̃]  :

européen, lycéen, manichéen etc.

d. Dans les mots terminés par -men, en ne transcrit pas une nasale, mais [ɛn] (abdomen [abdomɛn]), sauf dans examen [ɛgzamɛ̃], voir 4.14.2. De même dans lichen [likɛn], gluten [glytɛn].

6.20. [ɛ] nasal  

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6.20.1. Phonétique

Le phonème [ɛ̃] est une voyelle antérieure mi-ouverte non labialisée (palatale illabiale) nasale. Elle est un peu plus ouverte que [ɛ]. Il y a alternance entre les formes en [ɛ̃] et celles en [ɛn] dans les paradigmes de noms, d’adjectifs ou de verbes  :

mien / mienne, vain/vaine
plein / pleine, moyen / moyenne
européen / européenne
il vient / ils viennent etc.

Dans ces cas, il faut faire attention à ne pas nasaliser la forme en ‑nn‑ : se rappeler qu’une vo­yel­le suivie de n(n) ou m(m) et d’une autre voyelle (voyelle + m(m) + voyelle ou voyelle+m(m)+ voyelle) n’est pas nasale (voir 6.18.). Ne pas prononcer par exemple ils viennent *[ilvjɛ̃n], que le locuteur francophone a du mal à interpréter (est-ce un pluriel, ou un singulier mal prononcé ?)

Il y a également alternance plus rarement entre [ɛ̃] et [in] :

fin / fine, patin / patiner
chauvin / chauvinisme
copain / copine etc.

Enfin, il y a deux mots avec opposition [ɛ̃] / [inj] :

malin / maligne
bénin / bénigne

6.20.2. Graphie

Le phonème [ɛ̃] se transcrit de diverses façons :

Tab. 84. Graphèmes correspondant à [ɛ̃]
in/imim devant p ou b
des centaines de mots
malin, Inde, vin, impression, imberbe etc.
ainde nombreux mots tain, sain, saint, crainte etc.
aimquatre mots seulement, et leurs composés daim, faim, étaim, essaim
einde nombreux mots teinte, plein, feindre, ceindre etc.
eimun seul mot Reims [ʁɛ̃s]
yn, ymym devant p ou b
des centaines de mots
thym, symphonie, sympathique, lynx, pharynx, syntaxe etc.
enen finale après voyelle européen, lycéen, bien, mien, rien, tiens, vient, tient etc.
en finale après y moyen, citoyen, doyen etc.
en finale dans examen
dans des mots d’origine savante (latin ou grec), environ 25 mots, voir 10.4, exercice 7, et liste complète Annexe 1. appendice, agenda, addenda, épenthèse, pensum, paracentèse, amniocentèse, référendum etc.
dans des noms propres Agen, Benjamin, Stendhal, Rubens, Nuremberg

6.21. [o] et [œ] nasals  

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6.21.1. Phonétique et graphie de [õ]

Le phonème [õ] est une voyelle postérieure mi-ouverte labialisée (vélaire labialisée) nasale. Son lieu d’articulation et son aperture sont à peu près identiques à celui de [o] non nasal. Cette proximité explique que les finnophones aient souvent des difficultés à bien différencier [õ] et [o] dans les paires pont/peau, bâton/bateau etc., voir 12.3, exercice 3

Remarque : le phonème /õ/ est fréquemment transcrit [ɔ̃], parce qu’il est en opposition phonologique avec [ɔ] dans de nombreux paradigmes (bon/bonne, pardon/pardonnent etc.). Mais en réalité, il s’agit d’un [o] mi-ouvert labialisé (la prononciation d’un [ɔ̃] nasalisé et pharyngal serait d’ailleurs physiologiquement assez laborieuse). De plus, dans de nombreux mots (bond, pont, plomb, rond etc., il n’est pas en opposition avec o ouvert, et rien, sinon la tradition, ne justifie la transcription [ɔ̃]. Pour ces raisons, il est transcrit [õ] dans ce manuel.

Il ne faut pas non plus confondre avec [õ] et [ɑ̃] (erreur fréquente ; voir 12.10. exercices 4 et 5 sur l’op­po­si­tion entre les deux voyelles [ɑ̃/õ]).

Pour transcrire [õ], on utilise pratiquement toujours la combinaison de o + n ou m ; les ex­cep­tions sont rares :

Tableau 85a. Graphèmes correspondant à [õ]
on, omdes centaines de mots

bon, dont, tombe, nom, ronde, ombilical etc.
undans quelques mots rares ; on entend parfois aussi (et les dictionnaires donnent aussi) jungle et junte avec [õ], mais aujourd’hui, on prononce habituellement [œ̃/ɛ̃]. punch (punssi), homuncule, acupuncture (graphie ancienne ; la graphie moderne est acuponcture)
umdans quelques mots

lumbago (mais on entend aussi prononcer [lœ̃- ou lɛ̃bago]), columbarium, rhumb

NB. Les rectifications orthographiques de 1990 ont simplifié le système en transcrivant avec on les mots avec o nasal comme punch (dans le sens de punssi, à ne pas confondre avec punch iskuvoima, voir 6.7.2.) :

punch → ponch
columbarium → colombarium
lumbago → lombago

Dans le cas de lumbago, la variante de prononciation avec [œ̃/ɛ̃] est cependant relativement bien implantée, malgré le fait que lumbago soit de la même famille que lombes (alaselkä). On a ici un exemple typique de la manière dont une graphie savante a provoqué une prononciation dé­fec­tu­eu­se. Le seul moy­en d’obtenir que tout le monde prononce [lõbago] est effectivement d’écrire lombago.

6.21.2.Phonétique et graphie de [œ̃]

Le phonème [œ̃] est une voyelle antérieure mi-ouverte arrondie (palatale labialisée) nasale. L’ar­ron­dis­sement des lèvres est celui de [œ]. Il n’y pas de forte labialisation. Il est concurrencé par [ɛ̃]. Pour les non francophones, il est plus simple et plus « économique » de prononcer cou­ram­ment [ɛ̃] à la place de [œ̃], mais la prononciation [œ̃] n’est bien sûr pas interdite.

Les graphies possibles de [œ̃] sont les suivantes :

Tableau 85b. Graphèmes correspondant à [œ̃]
un, umenviron 40 mots

NB. Le mot parfum est le seul mot terminé par -um où ces deux lettres forment un digramme transcrivant une nasale ; ailleurs, en finale -um transcrit [ɔm] (voir 6.16.)

un, brun, aucun, parfum, humble, chaucun, commun, junte, jungle, lundi etc.
eunun seul cas à jeun

7. Phonétique combinatoire

7.1. Coarticulation et syllabation
7.2. L’enchainement consonantique
7.3. L’enchainement vocalique
7.4. La liaison : généralités
7.5. Liaison obligatoire
7.6. Liaison facultative
7.7. Liaison interdite
7.8. Groupes figés
7.9. Liaison avec les voyelles nasales
7.10. La liaison avec tout - tous et neuf
7.11. La liaison : cas divers
7.12. L’assimilation
7.13. Force et perception de l’assimilation de sonorité
7.14. L’assimilation : exemples

7.1. Coarticulation et syllabation  

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7.1.1. La coarticulation

Le fait de présenter les phonèmes sous forme d’unités physiques analysables (et sous forme de symboles) ne doit pas faire oublier que dans un message sonore, il n’y a pas de coupure (kat­kos, raja) entre les phonèmes. Quand on prononce vase, le [a] commence à s’entendre pendant que le [v] est en train de se terminer. Le passage de [a] à [z] se fait lui aussi de manière progressive. On n’entend pas [v][a][z]. Il est donc évident que les phonèmes s’influencent les uns les autres. C’est ce qu’on appelle la coar­ticulation (en finnois, on utilise le terme général de assimilaatio), autrement dit le fait d’articuler plu­sieurs choses en même temps.

La branche de la phonétique qui s’occupe d’étudier la manière dont les sons s’agencent (jär­jes­tyvät) et s’influencent les uns les autres dans l’émission d’un ensemble phonique s’appelle la phonétique com­bi­na­toi­re (kombinaatio-oppi).

Par exemple, la voyelle [u] dans le mot trouve labialise les trois consonnes [tʁv] ; dans trêve, ces mêmes consonnes ne sont pas labialisées. C’est la même chose en finnois pour kysy et kasa. Cette manière de prononcer est le résultat d’un phénomène présent dans toutes les langues : on tend (pyrkii) vers l’économie (taloudellisuus) et le moindre effort (mahdollisimman vähäinen ponnistus). Pour prononcer [tʁuv], il est plus simple et plus rapide de mettre tout de suite les lèvres dans la position arrondie de [u] et de les maintenir dans cette position pendant tout le mot, car cela n’affecte (vaikuttaa) pas la com­pré­hension ; le fait de labialiser le [t] n’empêche pas qu’il soit compris comme [t], même si d’habitude il n’est pas labialisé. La tendance au moin­dre effort se heurte (törmää) donc toujours au problème de la clarté : on peut pratiquer le moindre effort, à condition que la clarté soit garantie.

7.1.2. Le découpage en syllabes

Ce phénomène de la coarticulation pose le problème de la notion de syllabe : jusqu’où s’étend l’in­flu­en­ce de la coarticulation ? Quelles sont les limites minimales d’un groupe de sons sur le plan fonctionnel ? Sur un tracé d’analyse phonétique, on ne voit pas des syllabes, on ne voit qu’un tracé continu. À quoi correspond, donc, la syllabe ? La définition n’est pas facile, et il faut l’envisager de plusieurs points de vue.

Du point de vue physiologique, on constate une légère baisse de tension musculaire entre les syllabes (par exemple entre les trois [a] de il va à Annecy [ilvaaansi]). D’autre part, le plus souvent, les consonnes sont des moments où la bouche se ferme, et pour les voyelles elle s’ouvre. Il y a ainsi un découpage physique. Les voyelles sont souvent plus tendues (en fran­çais) que les consonnes. Ces différences de ten­sion permettent de repérer (havaita) facilement les syllabes. Le français préfère les syllabes terminées par une voyelle (des syllabes ouvertes), parce qu’en français on a tendance à maintenir la tension vers la fin. Cette forte tension permet ainsi un découpage naturel en élément faibles (consonnes) et forts (voy­elles) et contribue à marquer physiologiquement la distinction entre les syllabes. Dans d’autres langues (allemand, finnois etc.), ce n’est pas du tout le cas, et, physiologiquement au moins, le découpage en syllabes se fait différemment (voir l’Enchainement consonantique 7.2.).

7.1.3. La syllabation libre

En français, la proportion de groupes CV (consonne + voyelle) est de 55 %, autrement dit plus de la moitié des syllabes. Le français donne à la voyelle une place prépondérante (hallitseva). Quand on articule une consonne, on lui donne déjà certains traits de la voyelle qui va suivre : on arrondit les lèvres pour faire [s] quand on va prononcer sucre. La voyelle s’entend déjà un peu dans la consonne. Autrement dit, le français préfère la syllabation libre, c’est-à-dire découper les mots (quand c’est possible) en syllabes terminées par une voyelle libre (non suivie d’une consonne, voir 5.6.2.) selon le schéma CV + CV + CV.

7.1.4. Point de vue acoustique

Du point de vue acoustique, la séparation entre syllabes est plus facile à observer : les voyelles ont des formants particuliers (voir remarque 5.1.4.), les consonnes sont caractérisées par des bruits typiques. On décèle en général avec des appareils d’analyse électroniques des sons transitoires (siirtymä-äänteet) entre les deux ; ce sont en général des marqueurs très nets de dé­cou­pa­ge syllabique.

Ces sons transitoires peuvent devenir importants et se transformer en véritables phonèmes perceptibles à l’oreille. En finnois, dans la prononciation de halpa dans certaines régions, le son transitoire (qui nait de la vibrations des plis vocaux dans [l]) qui existe entre hal et pa est transformé en voyelle et on prononce [halapa]. Les sons transitoires jouent d’ailleurs souvent un rôle important dans l’évolution des langues. Dans le latin vulgaire *génere [genere], le deuxième [e] était non accentué et a fini par tomber : [genʁe]. À la limite entre [n] (dental) et [ʁ] (apical) s’est développé un son transitoire, une occlusive apicodentale, qui s’est développée en [d]. C’est ainsi qu’on est passé à gendre (vävy). C’est la même chose pour ponerepondre, minore(m)moindre etc.

7.2. L’enchainement consonantique  

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7.2.1. L’enchainement

On appelle enchainement la manière dont les phonèmes sont liés dans la suite phonique. Dans certains cas, on fait des pauses à certains endroits, dans d’autres cas on lie ((sitoa) les pho­nè­mes pour en faire un ensemble continu.

7.2.2. L’enchainement consonantique

Le français préfère la syllabation libre (voir 7.1.3). Sur ce point, il diffère de l’allemand, par exemple, du russe ou du finnois. L’enchainement consonantique est une des caractéristiques phonétiques fon­da­men­tales du français à laquelle il est difficile (mais indispensable) de s’habituer et qui fonctionne selon le principe suivant : quand dans un groupe rythmique (syntagme nominal, groupe nominal etc.) un mot se termine (phonétiquement, pas dans la graphie) par une consonne et que le mot suivant commence par une voyelle, la consonne finale du premier mot devient la consonne initiale du mot suivant, autrement dit la consonne finale forme une syllabe avec la voyelle suivante. Exemples :

avec eux [a-vɛ-kø] et non pas *[a-vɛk-ø]
votre ami [vɔ-tʁa-mi] et non pas * [vɔtʁ-a-mi]
tout étonnée [tu-te-to-ne] et non pas *[tut-e-to-ne]
une histoire amusante [y-nis-twa-ʁa-my-zɑ̃t] et non pas *[yn-is-twaʁ-a-my-zɑ̃t])

Cette règle s’applique dans tous les cas où une consonne finale est prononcée devant une voyelle dans un groupe où deux mots sont liés par une relation syntaxique quelconque comme histoireamusante, votreami, touteétonnée. La liaison est un cas fréquent de réalisation de l’enchainement : unhomme, c’estétrange, desamis, sansargent etc.

Pour montrer à quel point cet enchainement consonantique est enraciné dans la conscience linguistique du fran­co­pho­ne, on mentionnera des exemples tirés de la langue des enfants : le mot nounours est constitué par la répétition d’une première syllabe nou- issue de l’enchainement du n de l’article et du mot ours : un‿ours. De même, le singulier « enfantin » (fréquemment utilisé par des adultes s’adressant à des enfants) le petit zoizeau (variante zozio) est dérivé chez l’enfant du pluriel des oiseaux avec une syllabation reconstituée sur le même principe. On a également entendu des enfants dire le navion déduit de la forme un avion, et, avec un processus inverse, on va ettoyer : dans ce cas, l’enfant a interprété on nettoye comme une liaison *onettoye et a déduit logiquement que la forme de base du verbe est *ettoyer.

7.2.3. Conseils de prononciation

L’enchainement consonantique en français, c’est comme on prononçait la phrase finnoise hän on anonut ennenkin sitä apurahaa en disant « hä-No-Nanonu-Tennenkin… », ou bien hä-no-Nihana, hä-no-Nälykäs etc. : cette manière de découper les syllabes est donc tout à fait différente de ce qu’on fait en finnois, et c’est pourquoi c’est quelque chose de particulièrement difficile à assimiler. Il s’agit à vrai dire plutôt d’une barrière psychologique que véritablement mé­ca­ni­que : il faut s’entrainer à découper franchement, « sans crainte » pourrait-on dire, les syllabes sur le modèle français.

Cela demande en général un certain effort, notamment avec des mots terminés par le groupe consonne+le ou consonne+re (fenêtre, autre, table, ongle etc.) où on entend souvent dire de façon erronée [*lafə­nɛtʁəetuvɛʁt] « la fenêtre est ouverte » avec un [ə] supplémentaire tout à fait interdit : certains découpent la syllabe au mauvais endroit, et surtout prononcent le e muet à la fin de fenêtre, alors qu’en général on ne le prononce pas — en tout cas pas devant une autre voyelle, comme le montrent les exemples sui­vants :

votre attention [vɔtʁatɑ̃sjɔ̃]
dix contre un [diskɔ̃tʁɛ̃]
un autre ouvrier [ɛ̃notʁuvʁie]
en quatre épisodes [ɑ̃katʁepizɔd]
se mettre assis [səmɛtʁasi]

Autres exemples voir 11.8., exercices 5 à 8, et 14.2., exercices 5-6.

Comme on le constate, le transfert de la consonne au début du mot suivant produit de nou­velles syllabes, qui peuvent sembler surprenantes à l’apprenant allophone, mais qu’un fran­co­pho­ne ne re­mar­que même pas :

notre autre appartement [nɔtʁotʁapaʁtə­mɑ̃].

Dans une phrase déclarative, l’accent d’insistance se trouve en général sur la première syllabe du mot porteur de sens dans la phrase. C’est évidemment toute la syllabe ainsi formée qui se trouve sous l’ac­cent, et non pas seulement la voyelle :

je veux une olive [ʒøvøyNOliv] (information : olive)

qui serait opposé à

je veux une olive [ʒøvøYnoliv] (information : une seule).

Comme on le voit, c’est bien la syllabe no, et non pas o seul, qui se trouve ainsi sous l’accent.

7.3. L’enchainement vocalique  

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7.3.1. Définition

En français, quand un mot se termine par une voyelle et que le mot suivant commence par une voyelle, il n’y a pas d’arrêt de la voix entre les deux voyelles : il faut les enchainer, les lier. Ex : tu as été étonné se prononce [tya⁀ete⁀etone] et non pas *[tyʔaʔeteʔetone] (le signe indique que les voyelles sont prononcées dans une seule émission, sans pause, et le signe ʔ indique un coup de glotte, un arrêt de l’émission de la voix). Il faut donc s’entrainer à enchainer les voyelles, pour obtenir une prononciation « liée ». Mais attention : bien que liées, les deux voyelles ne doivent pas se fondre en une seule voyelle longue (erreurs d’interprétation fréquente chez les apprenants finnophones), on doit entendre nettement chacune des voyelles :

Il va à Annecy. [ilvaaansi] et non pas *[ilvaːnsi]
Ici il y a eu une bataille. [isiiljayynbataj] et non pas *[isiːljayːnbataj]

7.3.2. Cas possibles

La rencontre de deux ou plusieurs voyelles peut se produire à l’intérieur des mots, entre toute sorte de voyelles (orales et/ou nasales) :

ahuri, ébahi, brouhaha
désagréable, aération, vidéo
magnétoaérodynamique, antiaérien
se déhancher, s’enhardir, béant etc.

ou au contact de mots différents :

la⁀haie, des⁀haricots
en⁀haut, un⁀hibou, la⁀hache, en⁀Hongrie
on va⁀à⁀Annecy, il a⁀eu⁀une attaque
un⁀et⁀un⁀égale deux [ɛ̃eɛ̃egaldø] etc.

Voir autres exemples dans la partie Exercices de prononciation 12.15. à 12.17.

à l’oral, les cas de rencontres de voyelles, qu’elles soient orales ou nasales, sont extrêmement fré­quents :

Y en a pas un en haut ? [jɑ̃napaɛ̃ɑ̃o]
Mais on va où au fait ? [meɔ̃vauofɛt]
C’est plus utile. [seplyytil]

La langue française a longtemps mal toléré la rencontre de deux voyelles. C’est ce qui explique les élisions de l’ami, d’eau etc. Cette rencontre de voyelle s’appelle hiatus. Les normes stylistiques veulent que l’hiatus soit évité par exemple dans la poésie. L’hiatus serait ainsi déplaisant à l’oreille. Cepandant, dans la langue moderne, les rencontres de voyelles sont très courantes et tout à fait normales.

7.3.3. Conseils de prononciation

La règle à retenir pour bien réaliser l’enchainement vocalique, c’est que les lèvres doivent être très mobiles : si l’on ne sent pas cette « gymnastique » continuelle des lèvres, l’enchainement vocalique reste im­par­faitement réalisé.

Bien que deux voyelles identiques puissent être liées, il est important qu’on les entende dis­tinc­tement (selvästi) l’une et l’autre, car une mauvaise prononciation peut entrainer une mau­vai­se compréhension du message. C’est notamment le cas des verbes. Comparer :

[ʒekʁi] j’écris
[ʒeekʁi] j’ai écrit 
[ilaynavɑ̃tyʁ] il a une aventure
[ilayynavɑ̃tyʁ] il a eu une aventure.
[ʒeteamyze] j’étais amusé
[ʒeeteamyze] j’ai été amusé 

Dans la prononciation courante et en position non accentuée, la terminaison -ais de l’imparfait se prononce [e], d’où la confusion possible entre j’étais et j’ai été si l’enchainement vocalique est mal réalisé.

Il importe donc de ne pas contracter les deux voyelles en une seule voyelle longue.

7.4. La liaison : généralités  

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7.4.1. Définition

Dans certains cas, une consonne habituellement non prononcée à la fin d’un mot peut se prononcer quand le mot suivant commence par une voyelle. Exemple : l’s de l’article des ne se prononce pas devant con­sonne, des mots [demo], mais devant la voyelle de amis, il « s’active » et se prononce comme s so­no­re : [dezami].

Historique [...]

Les consonnes de liaison ne sont pas des consonnes qu’on s’amuse à prononcer dans certains cas pour des raisons arbitraires, elles sont tout simplement la survivance (jäänne) d’un état de la langue où toutes les consonnes se prononçaient (jusqu’au XIVe – XVe siècle). En ancien français, dans la phrase Il vint à moi et me tint les deux mains, toutes les consonnes finales se prononçaient : [ilvĩntamɔi̮etme̟̣tĩntlesdεu̮smãi̮ns] (exemple emprunté à Carton, p. 87) ; petit à petit ces consonnes se sont amuïes (heittyä, muuttua ään­ty­mät­tö­mäksi) et aujourd’hui elles ne se prononcent plus quand le mot est devant consonne ou en finale. Devant voyelle, ces consonnes continuent pourtant de se prononcer dans des groupes syntaxiques où les mots forment un groupe très lié (comme vous êtes, dans un an etc.) qui a empêché la consonne de s’amuïr.

Dans sa réalisation, la liaison est un enchainement consonantique. La consonne qui se pro­non­ce devant voyelle forme avec la voyelle une nouvelle syllabe (voir remarque sur nounours 7.2.2.) :

des‿amis [de-za-mi]
c’est‿efficace [se-te-fi-kas] etc.

On syllabe de la même manière

petite amie et petit‿ami [pə-ti-ta-mi].

Il ne faut cependant pas confondre enchainement et liaison. La liaison (dans le sens où on le comprend avec par exemple lesamis) est le fait de prononcer devant voyelle certaines consonnes qui nor­ma­le­ment (en finale ou devant consonne) ne se prononcent pas ; l’en­chai­ne­ment, c’est le fait de lier en gé­né­ral certains phonèmes pour créer des suites phoniques uni­for­mes : voyelles avec voyelles (enchainement vocalique), ou consonnes avec voyelles (en­chai­ne­ment consonantique). Ces consonnes peuvent être des consonnes qui se prononcent toujours, comme dans avec‿eux, ou des consonnes qui se « réveillent », comme dans la liaison desamis. La liaison est donc un cas et une manifestation d’enchainement consonantique. Voir l’exemple de fort 7.1., qui illustre la différence entre enchainement et liaison.

7.4.2. Types phoniques de liaison

Les liaisons peuvent se faire en

7.4.3. Fonctionnement

Il est difficile de donner des règles définitives en ce qui concerne la liaison, car elle dépend de facteurs variés. La liaison se fait à l’intérieur d’un groupe rythmique et marque la cohérence syntagmatique. Ce lien entre les éléments est cependant plus ou moins fort. On distingue habituellement trois catégories (liaison obligatoire, facultative, interdite), mais dans la pratique il y en quatre :

  1. liaison absolument obligatoire
  2. liaison théoriquement obligatoire
  3. liaison facultative
  4. liaison interdite.

En effet, il y a des liaisons réputées obligatoires qui ne sont pas forcément toujours observées par cer­tains locuteurs, dans certains milieux sociaux ou dans certains contextes d’énonciation. Voir 7.5.

7.5. Liaison obligatoire  

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7.5.1. Liaison absolument obligatoire

Dans les cas suivants, la liaison est obligatoire et impossible à supprimer, quel que soit le ni­veau de langue :

– à l’intérieur du groupe nominal (GN) [déterminant (adjectif) – nom] :

ces‿oiseaux, mes‿amis, des‿enfants, les petits‿enfants
ces grands‿oiseaux, tout‿un‿an.

Le [z] du pluriel [lezami] fait partie du paradigme du pluriel, personne ne prononcera jamais *[leami]. Dans chers amis !, à l’oral le [z] est la seule marque de pluriel.

– à l’intérieur du groupe verbal (GV) avec sujet pronominal ou au gérondif : [pronom sujet/pronom objet – verbe] ou [verbe – pronom inversé] :

ils‿ont, vous‿êtes, il en‿a, en‿allant, en‿en‿écoutant
est-il, répond-il, pensez-y, manges-en etc.

Par exemple dans vous avez [vuzave], le [z] fait en quelque sorte partie du paradigme et indique le pluriel (il y a donc en fait trois marques de pluriel : [vu], [z] et -[e]). Pour la liaison entre les formes verbales, voir 7.6. La liaison est donc obligatoire après les mots suivants :

Tableau 90a. Liaison absolument obligatoire
les déterminants en [z] les, des, aux, ces, mes, tes, ses, nos, vos, leurs
quelques, certains, différents, plusieurs, divers, quels ; deux, trois, six, dix
les déterminants en [t] cet, tout (un)
les déterminants en [n] un, aucun, mon, ton, son (7.9.2.)
le mot en préposition ou pronom conjoint en‿Espagne, en‿un‿an, en‿allant, en‿en‿achetant
les pronoms personnels sujet nous, vous, ils, elles, on
les formes inversées des verbes prends-en, vas-y ; répond-il ? attend-on ? comprennent-ils ?; chantent-elles ?
dans le groupe adjectif + nom au pluriel de longues‿études, de grands‿efforts, ces dures‿épreuves

Rappel : dans le groupe nom + adjectif, la liaison est facultative : des études(‿)approfondies, voir 7.6.3a

7.5.2. Remarques

a. Dans certains cas, la liaison s’entend sous forme d’une consonne longue :

attendent-ils [atɑ̃d̥til] (= [atɑ̃tːil])

Le premier [t] est le [d] final d’attendent ([atɑ̃d]) assourdi par assimilation de sonorité (voir 7.13. et 7.14.) devant le deuxième [t], qui est le t de la terminaison -ent avec lequel on fait la liaison. On différencie ainsi

[atɑ̃til] Attend-il ? (singulier, liaison en [t], voir 11.4., exercice 7)
[atɑ̃tːil] Attendent-ils ? (pluriel)

C’est la même chose dans correspond-il ? / correspondent-ils ?, entend-elle ? / entendent-elles ? etc. Cela permet donc de différencier le singulier et le pluriel. Paradoxalement, dans les verbes du 1er groupe, à cause de l’utilisation d’un t intercalaire au singulier et à cause de la liaison, il n’y a plus de différence entre le singulier et le pluriel :

joue-t-il ? / jouent-ils ? [ʒutil]
pleure-t-il ? / pleurent-ils ? [plœʁtil]
chasse-t-il ? / chassent-ils ? [ʃastil]
coupe-t-il ? / coupent-ils ? [kuptil]

De même, à cause de l’assimilation, des verbes avec un radical différent peuvent se prononcer de la mê­me manière à la forme interrogative :

tentent-ils [tɑ̃tːtil]
tendent-ils ? [tɑ̃d̥til] > /tɑ̃tːtil/

Il y a aussi des cas de liaisons avec s sonore double (= long). Comparer :

une chose étrange [ynʃozetʁɑ̃ʒ]
des choses‿étranges [deʃozːetʁɑ̃ʒ]

Comme il s’agit d’un groupe nom+adjectif, la liaison est cependant facultative. On peut donc prononcer : des choses étranges [deʃozːetʁɑ̃ʒ] ou [deʃozetʁɑ̃ʒ]. De même il y a un [zː] dans de mau­vaisesha­bi­tu­des, de nombreusesacquisitions etc. À cause du phénomène de l’assimilation, il y a aussi des cas avec s sonore long qui provient de la sonorisation de l’s sourd du radical devant le [z] de la liaison (voir 6.14.1. et 7.14.2. de grosses aiguilles, penses-y etc.)

b. En ce qui concerne la liaison avec nous, on a assez peu de chances de l’entendre dans la langue parlée, car on exprime généralement la 1e personne du pluriel avec on : on est inquiets. On remarquera que dans ce cas, on fait la liaison (absolument obligatoire) entre on et est, mais on négligera le plus souvent de la faire entre est et inquiets, car il y aurait une sorte de contradiction entre le fait d’utiliser on (typique de la langue parlée) et le fait de faire la liaison après est (liaison facultative, caractéristique d’une langue plus soutenue). Dans un cas de ce genre, les hypercorrectismes, autrement dit le mélange entre la pro­non­cia­tion du code de la langue parlée et celle du code de l’écrit, sont fréquents (on pour­rait entendre des gens pro­non­cer onestinquiets).

c. On ne fait pas la liaison après le pronom eux quand il est employé comme sujet détaché. Ha­bi­tu­el­le­ment, on fait le détachement en utilisant d’abord un pronom disjoint (eux) puis en le reprenant par un pronom conjoint normal (Eux, ils ont dit...). Dans ce cas, on ne fait pas la liaison après eux, car ce pronom est alors, comme son nom l’indique, détaché, « isolé » du reste de la phrase (comme le signale la virgule à l’écrit) :

Eux, // ils ont dit que cela leur convenait.

Cependant, on peut aussi utiliser le pronom détaché eux employé seul devant le verbe, sans exprimer ensuite le pronom conjont ils. Dans ce cas-là non plus, on ne fait pas la liaison :

Eux // ont dit que cela leur convenait.
Eux // étaient d’accord.

La prononciation [øzɔ̃di] ou [øzetɛdakɔʁ] serait agrammaticale.

Liaison après elles [...]

Cette particularité ne concerne pas le pronom elles. En effet, on peut théoriquement utiliser elles (ou elle au singulier) seul en position détachée, mais comme la forme est identique au pronom conjoint, le caractère détaché du pronom apparait diificilement, sauf si on ont fait une pause très marquée. En général, on préfère utiliser le procédé normal de reprise du pronom détaché par le pronom conjoint. On ne fait évidemment pas non plus la liaison après elles pluriel quand il est en position détachée : Elles, // elles ont dit que cela leur convenait.

7.5.3. Liaison théoriquement obligatoire

Dans les cas suivants, la liaison est normalement obligatoire, mais, en fonction du niveau de langue, elle peut ne pas être faite. On peut entendre chez des jeunes par exemple : dans une cave [dɑ̃ynkav]. Le fait de ne pas respecter la liaison peut être interprété ici comme une volonté inconsciente de se démarquer (ottaa etäisyyttä) d’un certain types de règles ou de monde des valeurs.

Variantes régionales. [...]

Cela peut aussi être une caractéristique régionale : dans la région lyonnaise, par exemple, il est fréquent d’entendre dans une cave sans liaison entre dans et une.

La liaison est donc théoriquement obligatoire, mais peut cependant ne pas être réalisée dans certains contextes, dans les cas suivants :

Tableau 90b. Liaison théoriquement obligatoire
avec les prépositions monosyllabiques  sans, dans, chez, sous (sur la liaison après les prépositions, voir résumé 7.6.4.) chez‿eux, sans‿argent, dans‿un an etc.
avec les adverbes très et plus (comparatif) suivis d’un adjectif très‿important, plus‿efficace
dans le groupe adjectif + nom au singulier, dans un nombre limité de cas un léger‿incident, un grand arbre [ɛ̃gʁɑ̃taʁbʁ] (liaison en [t], voir 11.4., exercice 7), un petit‿effort
avec la conjonction quand (liaison en [t], voir 11.4., exercice 7) quand‿il a dit

Bien qu’elles puissent ne pas être réalisées, normalement on fait (et le locuteur allophone doit faire) ces liaisons. De toute façon, la liaison est presque systématique dans certains groupes adjectif + nom au singulier  (voir liste 7.8.):

de bas‿étage alhainen, le tiers-état kolmas sääty
grand‿ouvert ammollaan*, un petit‿ins­tant hetkinen, un petit‿ami poikaystävä
au premier‿étage toisessa kerroksessa (voir 7.6.3b).

* Note sur grand ouvert [...]

Au féminin, dans l’usage moderne, le groupe s’accorde et le d final se réalise donc sous sa forme normale [d] : la porte était grande ouverte.

7.6. Liaison facultative  

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7.6.1. Généralités

Quand la cohérence syntagmatique est moins forte, la liaison est possible, mais facultative (valinnainen). Dans ce cas-là, c’est le niveau de langue ou la situation qui déterminent l’emploi de la liaison. La liaison dépend de facteurs sociolinguistiques. Plus la situation de parole est officielle, académique etc., plus on fera les liaisons. Inversement, plus la situation de parole est informelle, familière, (conversation entre amis etc.), moins on fera la liaison. La liaison, quand elle n’est pas obligatoire comme dans vousêtes, est typiquement un indice sociologique et culturel. Comme le dit F. Carton : « les règles définies par les grammairiens concernent plus la langue écrite que la langue parlée. Elles servent surtout à montrer que l’on a de l’or­tho­gra­phe ». C’est pourquoi, si on n’est pas un académicien en train de prononcer un discours ou un chanteur d’opéra qui observe des règles de diction (lausuntatapa, ääntymys) particulières, il vaudrait mieux éviter de faire trop de liaisons. Ce désir de « montrer sa culture » explique que certaines liaisons devenues archaïques reviennent à la mode (exactement comme des mots savants ou oubliés reviennent à la mode), voir le cas de la liaison en [ʁ] dans les infinitifs (voir ci-dessous). La tendance actuelle (depuis 2000 environ) est d’ailleurs, à la télévision comme à la radio, de prononcer de plus en plus de liaisons, même des liaisons non justifiées. Le fait de s’écouter parler, d’ignorer la grammaire et de faire trop de liaisons provoque des hyper­cor­rec­tismes (autrement dit : des erreurs).

7.6.2. Dans le groupe verbal

Les liaisons sont présentées par ordre de fréquence décroissant :

la liaison est fréquente après l’auxiliaire être il est‿arrivé
je suis‿arrivé
la liaison est fréquente entre le verbe être et l’adjectif attribut c’est‿amusant, je suis‿étonné
la liaison est un peu moins fréquente après avoir j’avais‿écouté, ils ont‿entendu.
Néanmoins la liaison est en [t] est impossible après les formes du verbe avoir en t (ont/avait, avaient/eut, eût, eurent) etc. si l’auxiliaire est précédé du pronom te ils t’ont // entendu
elles t’avaient // attendu et non
*ils t’ont‿entendu
*elles t’avaient‿attendu
Avec la forme as du verbe avoir, la laison est possible, mais rare et littéraire (poésie, opéra etc.), et, dans la langue courante, elle serait très affectée (teennäinen) tu as‿appris

—  la liaison est moins fréquente après un semi-auxiliaire (devoir, aller etc.) :

il doit‿arriver
je vais‿écouter
ils vont‿observer etc.

Suites homophones [...]

On peut prononcer de la même manière ils vont observer et ils vont t’observer [ilvɔ̃tɔbsεʁve], ou les prononcer différemment : ils vont observer [ilvɔ̃ɔbsεʁsve] / ils vont t’observer [ilvɔ̃tɔbsεʁsve].

— la liaison est moins fréquente après plus adverbe négatif :

ce n’est plus‿efficace
ils n’ont plus‿accepté

Dans la langue parlée, on ne la fait pratiquement jamais, car la prononciation [plyz] est réservée au plus comparatif (voir 4.8.). Dans la langue parlée, l’adverbe négatif ne est très peu employé ; on peut ainsi distinguer

C’est plus‿efficace. Se on tehokkaampaa. (comparatif)
C’est plus // efficace. Se ei ole enää tehokasta. (négatif)

— la liaison est encore moins fréquente après une forme verbale indépendante (sauf être avec attribut, voir ci-dessus) :

j’avais‿un ami
ils entrent‿ici etc.

—  on faisait autrefois la liaison en [ʁ] après les infinitifs :

aller‿au théâtre
parler‿encore

puis cette liaison était devenue démodée. Cependant, sans doute sous l’influence de l’écrit et du discours de type politique, elle est redevenue tout à fait courante chez de nombreux journalistes de l’audiovisuel ou chez les orateurs politiques (en France, comme en Suisse ou en Belgique). Mais dans la langue courante on ne la fait pas.

En savoir plus [...]

Dans une version très antérieure et très différente de ce texte (conçue au milieu des années 1980), la liaison en -r après infinitif était présentée comme strictement interdite. Léon (Prononciation du français standard, 1972), ne la mentionne qu’indirectement et dit que la liaison avec r n’est fréquente qu’avec quelques adjectifs (léger etc.).

7.6.3. Remarques

7.6.4. Dans le groupe nominal

a. On peut faire la liaison entre un nom au pluriel et un adjectif postposé. Cette liaison n’est donc pas obligatoire, alors qu’elle est obligatoire quand l’adjectif est antéposé. Comparer :

des livres(‿)intéressants, des histoires(‿)amusantes etc.
de grosses‿aiguilles, mes chers‿amis

* Note sur grand ouvert [...]

Il existe cependant un certain nombre de groupes nom + adjectif au pluriel qui forment une seule notion, autrement des mots composés, et dans lesquelles on fait quasi systématiquement la liaison : des huiles‿essentielles etc.

b. Avec trois adjectifs terminés par -er, devant un nom on peut faire la liaison en [ʁ] : premier, dernier, léger, mais elle n’est pas obligatoire dans la langue courante (elle est cependant assez fréquente) :

un léger‿incident [ɛ̃leʒeʁɛ̃sidɑ̃]
le dernier‿arrivant [lədɛʁnjeʁaʁivɑ̃]

Pourquoi ces trois adjectifs ? [...]

Cette liaison n’est possible qu’avec ces trois adjectifs parce que ce sont les seuls adjectifs terminés par er qui peuvent être antéposés. Les autres adjectifs en er sont postposés : du fromage fermier, un produit laitier, le revenu foncier etc. (sauf quelques rares exceptions ponctuelles comme l’entière responsabilité).

Dans le groupe nominal premierétage, on fait systématiquement la liaison, car le groupe est devenu figé et se comporte comme un mot composé :

au premier‿étage [opʁəmjeʁetaʒ]

Nb. Dans la liaison après er, la voyelle du mot reste un [e] fermé, on ne prononce pas un [ɛ] ouvert (qui serait la prononciation du féminin). On oppose donc :

une légère avance [ynleʒɛʁavaɑ̃s]
un léger avantage [ɛ̃leʒeʁavɑ̃taʒ]
la première épreuve [lapʁəmjɛʁepʁœv]
le premier écueil [ləpʁəmjeʁekøj]

Au pluriel, la liaison se fait en [z], puisque la consonne finale avec laquelle on peut faire la liaison n’est plus r, mais s :

les premiers‿élèves [pʁəmjezelɛv]
de légers‿incidents [dəleʒezɛ̃sidɑ̃]
les premiers‿étages [lepʁəmjezetaʒ]

La cohérence est donc forte dans le groupe adjectif-nom, mais moins forte dans le groupe nom-adjectif.

Un élégant anglais [...]

Comme certains manuels ne manquent pas de le signaler, on peut en principe distinguer dans la pro­non­cia­tion un élegantAnglais « un Anglais qui est élégant » (Anglais est le nom) et un élégant // anglais « un dandy de nationalité anglaise » (anglais est adjectif). Mais ces cas sont très peu fréquents et plutôt théoriques, et si un tel cas se présentait, la plupart des usagers de la langue seraient probablement bien embarrassés de choisir telle ou telle liaison ou tout simplement n’y penseraient même pas.

7.6.5. Groupes prépositionnels

a. Prépositions monosyllabiques : la liaison est (théoriquement, voir 7.6.3.) obligatoire après les prépositions sans, dans, chez, sous, et on la fait couramment :

dans‿un restaurant, sans‿effort, chez‿une amie, sous‿un toit

La liaison est fréquente après dès, mais elle n’est pas obligatoire. Devant aujourd’hui, on la fait presque systématiqument :

dès‿une heure ou dès// une heure, dès‿aujourd’hui

La laison est possible mais très rare après vers (vers eux), et il vaut mieux l’éviter ; elle est interdite devant un numéral, un article ou un nom propre. On prononce donc :

vers une solution [vɛʁynsolysjɔ̃], vers huit heures [vɛʁɥitøʁ], vers Annecy [vɛʁansi]

b. Prépositions de plus d’une syllabe : la liaison est facultative. Dans la langue courante, on la fait rarement (sauf après après et devant), et il vaut mieux l’éviter en dehors d’une prononciation soutenue :

après‿un échec, devant‿eux (laisons relativement fréquentes)
d’après‿eux, depuis‿un an, à travers‿eux (liaisons rares)
pendant‿une heure, envers‿eux (liaison encore plus rares ou littéraires)
hormis//un seul cas (liaison interdite).

7.6.6. Mais

La liaison (en [z]) est relativement fréquente après mais dans la prononciation soignée, mais elle est plutôt aléatoire. Dans la langue parlée courante, on ne la fait pas (sauf dans le groupe figé mais encore, voir 7.8.):

Mais‿il est impossible de prédire quand on fait la liaison après mais.
On est allés faire du shopping, mais | on a rien acheté. (prononciation courante).

7.7. Liaison interdite  

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Quand il n’y a pas de cohérence syntagmatique, la liaison ne se fait pas. Dans tous les autres cas que ceux énumérés pages 7.5. et 7.6., la liaison est donc interdite, notamment dans les cas suivants :

7.7.1. Après tout nom au singulier, sauf dans le cas de groupes figés (voir 7.8.) :

un enfant // intelligent, un cas // intéressant, un bien // immobilier
le temps // est humide ; la paix // est signée
j’ai le pied // enflé

Exceptions [...]

Ce type de liaison est néanmoins possible dans la déclamation, l’opéra, la chanson etc. Et s’entend parfois dans l’audiovisuel ou ailleurs par hypercorrectisme.

7.7.2. Entre le groupe nominal sujet (terminé par un nom ou un adjectif) au pluriel et le verbe :

mes amis// ont dit
des gens// attendaient
des passants intrigués// approchaient
les taxis// arrivent etc.

ou le groupe nominal pluriel et un autre groupe nominal :

des enfants// avec des adultes
des chiens// et des chats etc.

7.7.3. Après le pronom sujet d’un verbe inversé (le pronom fait partie du syntagme verbal et se rapporte au verbe qui précède) :

Ont-ils // accepté ?
A-t-on // essayé ?

7.7.4. Après un et aucun en fonction de pronom (le pronom fait partie du syntagme verbal et se rapporte au verbe qui précède) :

j’en ai un // aussi
n’en donne aucun // aux enfants

7.7.5. Après le mot un désignant le chiffre « 1 » :

un // et un // égale deux (1+1=2) [ɛ̃eɛ̃egaldø]

7.7.6. Après quelqu’un (l’élément un est pronom) :

Quelqu’un // a téléphoné.
Quelqu’un // a-t-il quelque chose à ajouter ?

7.7.7. Après les pronoms interrogatifs sujets ou adverbes interrogatifs :

Lesquels // ont accepté ?
Quand // est-il arrivé ?
Comment // accepter ?
Combien // en veux-tu ?

Mais on entend relativement fréquemment des gens faire la liaison après comment et quand (no­tam­ment dans l’audiovisuel). Dans certaines formules interrogatives figées, on fait cependant toujours la liai­son :

Comment allez-vous ? [komɑ̃talevu]
Quand est-ce que... [kɑ̃tɛskə]

En revanche, on ne fait pas la liaison dans le groupe comment est-ce que :

Comment est-ce qu’il a appris ça ? [komɑ̃ɛskilaapʁisa].

7.7.8. Devant h disjonctif, toutes les liaisons sont supprimées, même les liaisons théoriquement obli­ga­toi­res :

un // hold-up, ces // haricots
le // hall, les // Halles
des // haches, des// hors-bords
en // haut, en // hauteur
la hauteur // ces // hérissons
le premier // héros, il est // handicapé etc.

Handicapé [...]

Mais on entend souvent faire la liaison avec handicapé (l’h semble perdre progressivement sa valeur de « dis­jonc­tif »). Dans le doute, il vaut mieux se conformer à la règle et ne pas faire la liaison.

7.7.9. Après la conjonction de coordination et (il n’y a absolument aucun cas où on fasse la liaison après et, c’est l’une des rares règles sans aucune exception) :

un homme et // une femme
en haut et // en bas [ɑ̃oeɑ̃ba]

7.7.10. Après les participes passés qui sont un élément d’un temps composé d’un verbe :

Il a mis // une chemise
J’ai écrit // une lettre.
J’en ai pris // une.

Exceptions [...]

On fait la liaison si le participe passé est employé comme adjectif : ses incomprises‿idées.
On fait aussi la liaison dans certains groupes figés, comme soit dit‿en passant muuten, ohimennen sanottuna.

Les formes [miz] et [ekʁit] sont les formes du féminin mise, écrite, et faire la liaison reviendrait à ac­cor­der l’adjectif au féminin, ce qui est impossible si l’objet direct ne précède pas le verbe. Là encore, il convient de noter que les hypercorrectismes sont fréquents.

7.7.11. Avec les adverbes en -ent : vraiment, extrêmement etc. (mais on entend actuellement de plus en plus gens faire la liaison) ;

Entendu à la radio [...]

On a entendu (France-Inter) : ... ce qui va mécaniquemententrainer une augmentation.

7.7.12. Après le déterminant numéral cent quand il est suivi d’un autre numéral :

cent // un
cent // onze
trois cent // un

Liaison avec cent [...]

Quand cent est suivi d’un nom commençant par une voyelle, on fait la liaison en [t] devant ans (dans cent◡ans). Dans les autres cas, il vaut mieux ne pas faire la liaison (cent // euros), bien que certains puristes la préconisent (voir aussi les cas de liaison fautive 7.8.3.). Quand cent est multiplié, la liaison se fait avec [z] et elle est tout à fait courante : deux-cents◡invités, trois-cents◡euros etc.

7.7.13. Quand on veut isoler un mot pour le faire ressortir du contexte ou éviter des confusions, par ex­em­ple dans un contexte pédagogique (explications données par un orateur, un enseignant) :

[deo] des « oh » (comparer  : [dezo] des os)
[ɛ̃ə] un « e » (comparer  : [ɛ̃nø] un nœud)

Quand il n’y a pas de risque de confusion, on fait la liaison :

L’adjectif prend un e [ɛ̃nə] au féminin.
Il écrivait des o [dezo] très petits. Etc.

Dans ce cas-là, l’élision devient facultative aussi. On peut dire (ou écrire) le e [lə’ə] ou l’e [lə]. C’est assez souvent le cas devant le mot un, quand on veut faire ressortir sa valeur numérale et le distinguer de l’article indéfini (en appuyant sur le mot un) :

L’écart d’espérance de vie n’est que de un an [kədə’ɛ̃nɑ̃] entre les deux pays.

7.7.14. Normalement, on ne fait pas la liaison avec les noms propres, mais la règle n’est pas absolue et l’usage est un peu flot­tant :

chez// Anne, sans// Antoine, dans// Ivry etc.

7.8. Groupes figés  

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7.8.1. Groupes figés expression diverses

Dans certains groupes lexicaux figés, la liaison est systématique, bien que dans des cas analogues, avec d’autres mots, elle puisse ne pas être obligatoire ou réalisée. Voici quelques exemples courants (groupes nominaux ou prépositionnels, expressions adverbiales diverses). Dans ce cas également, la liaison est généralement la survivance d’un état ancien de la langue où toutes les consonnes se prononçaient (voir remarque 7.4.). Les groupes étant figés, la cohérence syntaxique a fait que la consonne n’a pas disparu :

de bas‿étage alhainen
le tiers-‿état [tjɛʁzeta] kolmas sääty
de temps‿à autre silloin tällöin
de temps‿en temps silloin tällöin
de plus‿en plus yhä enemmän
qui mieux‿est mikä parasta
de mieux‿en mieux aina vain paremmin
doux-‿amer [duzamεʁ] suloisen katkera (féminin douce-amère [dusamεʁ])
au premier‿étage toisessa kerroksessa (voir 7.6.3b)
avant-‿hier [avɑ̃tjɛʁ] toissapäivänä
d’un bout‿à l’autre läpikotaisin
de haut‿en bas ylhäältä alas
tout‿au moins ainakin
tout‿à fait aivan
tout‿au plus korkeintaan
un accent‿aigu akuutti
petit‿à petit [ptitapti] vähitellen
un petit‿ins­tant hetkinen
un petit‿ami poikaystävä
nuit‿et jour yötä päivää
bout‿à bout peräkkäin
mot‿à mot sanasta sanaan
mais‿encore mutta lisäksi; entäs mitä vielä?
pot‿à eau vesikannu
pot-‿au-feu lihakeitto
du tout‿au tout perustavalla tavalla
pont‿aux‿ânes helppo kysymys
soit dit‿en passant muuten, ohimennen sanottuna
trop‿aimable expression de politesse

Liaison avec -d prononcé [t] :

de pied‿en cap [dəpjetɑ̃kap] kiireestä kantapäähän
un pied-à-terre [pjetɑ̃tɛʁ] tilapäisasunto, kakkosasunto
grand‿ouvert [gʁɑ̃tuvɛʁ] ammollaan
de fond‿en comble [dəfɔ̃tɑ̃kɔ̃bl] perusteellisesti

Il existe également un certain nombre de groupes nominaux au pluriel où on fait toujours la liaison  (qui, dans ce cas, serait en principe facultative) :

corps‿et biens [kɔʁzebjɛ̃] miehineen päivineen (liaison normalement interdite)
promettre monts‿et merveilles luvata kuu taivaalta (liaison normalement interdite)
les huiles‿essentielles eteeriset öljyt [-zesɑ̃-] (liaison normalement facultative) etc.
les Nations‿-Unies [-zy] (liaison normalement facultative)
les Champs‿-Élysées [-zeli-] (liaison normalement facultative) etc.

7.8.2. Au cas où...

On trouve également un groupe « semi-figé », au cas où. Quand cette locution s’utilise comme locution conjonctionnelle introduisant une proposition subordonnée, la liaison est possible, mais facultative (et très peu fréquente dans la la langue courante) :

Vous nous préviendrez au cas où il y aurait des retards.
[okazu], mais plus fréquemment [okau].

Cependant, cette locution est aussi employée comme locution adverbiale qu’on ajoute en fin de phrase (comme si jamais), et dans ce cas-là, on la prononce assez fréquemment avec une liaison :

J’ai emporté un parapluie, au cas où... [okazu]
Il faudrait peut-être réserver pour ce soir, au cas où... [okazu]

7.9. Liaison avec les voyelles nasales  

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7.9.1. Règle générale

Les cas de liaison avec les voyelles nasales ont aussi été abordés au chapitre 4, mais regroupés ici pour servir de référence. En dehors de certaines exceptions, on ne peut pas faire de « liaison » avec les voy­el­les nasales, puisque ce sont des voyelles, sans élément consonantique. Il n’y a pas de liaison avec nasale dans les phrases suivantes :

Christian // est parti ce matin // à sept heures.
du mouton// et des haricots
Jean// a téléphoné.
l’Union// européenne etc.

Il ne faut donc jamais prononcer de [n] ou de [m] dans ce cas. Il faut se souvenir que les voyelles nasales sont des voyelles, sans élément consonantique, et qu’il n’y a donc, logiquement, pas de raison de faire la liaison, puisqu’il n’y a pas de consonne avec laquelle la faire... Une faute encore plus grave, et que l’on entend malheureusement trop souvent chez les apprenants FLE (notamment finnophones), consiste à pro­noncer un [n] dans avons devant voyelle : Nous avons acheté : *[nuzavɔ̃naʃte]. Faire la « liaison » dans ce cas est une faute de prononciation grossière, qu’il faut éviter.

7.9.2. Cas particuliers

Cependant, dans un nombre de cas limité et précis, la prononciation d’un [n] de liaison après une voyelle nasale devant un mot commençant par une voyelle est obligatoire. Ce sont les cas suivants :

—  après les déterminants un, aucun, mon, ton, son :

mon‿ami, un‿avion etc. ;

—  après le pronom on, sauf quand il est inversé :

on‿a, on‿écoute etc.

—  après le mot en (préposition et pronom), sauf quand il est inversé :

en‿allant, en‿Inde
tu en‿as eu deux

—  après bien et rien (liaison facultative, voir ci-dessous 3c).

7.9.3. Liaison après voyelle nasale interdite

Dans de nombreux cas, la liaison après voyelle nasale est cependant interdite. Il s’agit des cas suivants :

a. On fait la liaison seulement quand un et aucun sont déterminants ; quand ce sont des pronoms, on ne fait pas la liaison (d’autant moins que dans ce cas-là, ces mots forment un ensemble syntaxique avec le verbe qui précède, pas avec les mots qui suivent) :

J’en veux un // au moins.
Il faut en acheter un // avant de partir.
Je n’en vois aucun // ici.
Il n’y en avait aucun // avec eux.

Ainsi, on ne fait absolument jamais la liaison après quelqu’un, qui est un pronom :

quelqu’un // a téléphoné
quelqu’un // a dit

b. On ne fait pas la liaison quand en ou on se trouvent après le verbe (inversion) :

Pense-t-on // aux conséquences ?
A-t-on //appris quelque chose ?
Sait-on // au moins qui l’a fait ?
Prends-en //autant que tu veux.
Manges-en //un //aussi.

Ainsi, il faut bien faire attention aux liaisons dans la phrase nous, on en a eu un en un an et demi (me saatiin yksi puolessatoista vuodessa) :

Nous, on‿en‿a eu un // en‿un‿an // et demi. [nuɔ̃nɑñayɛ̃ɑ̃nɛ̃nɑ̃edmi]

Après un, il n’y a pas de liaison, car un est un pronom, et après an il n’y a pas de liaison non plus, car la règle générale veut qu’on ne faisse pas la liaison avec les voyelles nasales.

c. On fait la liaison avec le mot bien s’il est suivi par un adjectif qu’il détermine :

bien‿habillé [bjɛ̃nabije]
bien‿élevé [bjɛ̃nelve]

Dans les autres cas, on ne fait pas la liaison :

On vit bien // ici.

De même, après le pronom indéfini rien, on fait la liaison dans la construction rien + infinitif :

rien‿à faire, rien‿à dire etc.

Dans les autres cas, il n’y a pas de liaison :

Je ne veux rien // en plastique.

Ces types de liaison sont cependant facultatifs et, du fait de l’analogie, il règne un certain flottement à ce sujet, l’usage est assez variable d’un locuteur à l’autre.

En savoir plus [...]

La liaison est en fait possible dans d’autres constructions, mais elle est facultative et dans la langue parlée moderne, elle se limite pratiquement à rien + infinitif. On peut même dire qu’elle est lexicalisée avec certains verbes : rien à faire, rien à dire, rien à ajouter, rien à redire, ou autres constructions similaires de la langue familière. Dans la construction (langue parlée) y a rien à manger, on a tendance à ne pas la faire. De même dans des expressions familières du type j’en ai rien à cirer etc., où la liaison entre rien et à serait inattendue, quoique possible.

d.  Un h disjonctif empêche toute liaison (voir 7.7.8.). Il empêche donc aussi la liaison après nasale :

en// haut, en// hauteur, en// Hongrie
un// haricot, un// Hongrois, un// hibou
ton// hachoir, aucun// hérisson
en// hochant, en// hissant etc.

7.9.3. Résumé

On constate qu’au total, le nombre de cas où l’on fait la liaison avec des voyelles nasales est très limité (mais ces quelques cas se produisent très souvent à cause de la fréquence de un, on, en etc., ce qui peut donner l’impression que c’est la liaison qui est la règle normale, alors que c’est l’inverse) :

Dans tous les autres cas, la liaison avec les voyelles nasales est interdite.

7.9.4. La liaison avec les adjectifs terminés par une voyelle nasale

Avec les adjectifs terminés par une nasale, on fait la liaison quand ils sont antéposés (= devant le nom) devant un nom commençant par une voyelle : on prononce un [n], mais on dénasalise la voyelle nasale. Ainsi, dans certains cas, il n’y a phonétiquement pas de différence entre le masculin et le féminin :

[kɛlbɔnelɛv] = quelle bonne élève ou quel bon élève
[lɑ̃sjɛnami] = l’ancienne amie ou l’ancien ami

Il faut remarquer que cette liaison diffère des cas précédents, parce que dans ceux-ci, on prononçait un [n] et une voyelle nasale, alors qu’ici, on prononce un [n] et une voyelle orale ; il ne s’agit donc pas à pro­pre­ment parler d’une liaison avec voyelle nasale. Cela concerne l’adjectif bon et un nombre limité d’adjectifs terminés par [ɛ̃] qui peuvent être antéposés : moyen, plein, ancien etc. :

un bon ami [ɛ̃bɔnami]
au moyen âge [omwajɛnaʒ]
en plein air [ɑ̃plɛnɛʁ]
un certain aspect [ɛ̃sɛʁtɛnaspɛ]
un vilain animal [ɛ̃vilɛnanimal] etc.

Dans le divin enfant, on dénasalise en [i] : [lədivinɑ̃fɑ̃]. Voir 12.14., exercices 7 et 8.

Cette dénasalisation concernait autrefois aussi les déterminants possessifs : mon ami était prononcé [mɔnami] ; aujourd’hui, ce type de dénasalisation est archaïsante ou régionale, et on prononce avec na­sa­le : la dénasalisation ne concerne plus que les adjectifs antéposés.

Au pluriel, l’adjectif se termine par un s, on fait donc la liaison en [z] comme avec n’importe quel autre ad­jec­tif pluriel, et il n’y pas de dénasalisation :

quels bons élèves [kɛlbɔ̃zelɛv]
ses anciens amis [sezɑ̃sjɛ̃zami]
certains experts [sɛʁtɛ̃zɛkspɛʁ]

7.10. La liaison avec tout - tous et neuf

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7.10.1. Liaison avec tout – tous

La liaison avec les mots tous/toutes et tous est parfois source d’incertitudes. Voici un résumé des règles :

— tout déterminant indéfini : liaison obligatoire

tout‿un kilo
tout‿un problème etc.

—  tout adverbe : on fait généralement la liaison, mais elle n’est pas absolument obligatoire, notamment au masculin 

tout‿étonné
tout‿excitée
tout‿habillé
l’Europe tout‿entière etc.

On peut donc prononcer aussi il était tout étonné [iletetuetone]. Mais au féminin, on fait la liaison, parce que quand l’adjectif commence par une consonne, on écrit toujours toute et on prononce toujours [tut] : toute ratatinée [tutʁatatine] comme tout étonnée [tutetone].

—  tout pronom : la liaison est facultative 

il a tout‿oublié ou il a tout // oublié
je lui ai tout‿expliqué ou je lui ai tout // expliqué etc.

—  toutes : la liaison est rare (mais pas impossible) quand toutes est sujet ; le [t] final a tendance à se sonoriser :

toutes ont dit la même chose [tuṱzɔ̃di]

Plus fréquent : [tutɔ̃di], avec une très légère pause entre toutes et ont. Mais la liaison est interdite quand toutes est repris après le verbe :

Elles ont toutes// accepté.

— tous déterminant indéfini est rarement directement devant le nom ; dans les rares cas où il est en contact avec un nom commençant par une voyelle, on fait la liaison en s sonore :

tous‿azimuts [tuzazimyt]

—  tous pronom : on prononce toujours [tus] et toujours avec s sourd (jamais de liaison en s sonore) :

tous ont dit [tusɔ̃di]
tous étaient d’accord [tusetɛdakɔʁ]
ils ont tous accepté [ilzɔ̃tusaksɛpte].

Mais cet s peut se sonoriser par assimilation devant consonne sonore /ilzɔ̃tuzdi/. Voir 7.4. et 11.17., exercice 6.

7.10.2. La liaison avec neuf

Devant ans et heures, le f du mot neuf se prononce [v] :

dix-neuf ans [diznœvɑ̃]
à neuf heures [anœvœʁ]

Mais devant tous les autres mots commençant par une voyelle, le f se prononce [f] :

le neuf avril [lənœfavʁil]
ils ont neuf enfants [ilzɔ̃nœfɑ̃fɑ̃]

7.11. La liaison : cas divers  

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7.11.1. Liaison rares

— avec le mot fort (sangen), littéraire, on peut faire prononcer le t devant voyelle ou faire l’en­chai­ne­ment avec [ʁ] :

fort élégant
avec enchainement : [fɔʁelegɑ̃]
avec liaison : [fɔʁtelegɑ̃].

Remarque sur le sens de fort [...]

L’adverbe fort est beaucoup plus couramment utilisé en Belgique qu’en France (il est aussi fréquent en France dans la région du Nord, donc dans la région frontalière de la Belgique), même dans un usage non littéraire, avec le sens de « très » ; la liaison est fréquente dans ce cas.

—  avec toujours, certains font parfois la liaison avec le s, mais cette liaison est plutôt affectée ;

—  on peut faire la liaison après beaucoup et trop :

beaucoup‿aimé
trop‿excité

Mais cette liaison est plutôt du style très soutenu et inutilisée dans la langue courante, même si certains ont tendance à en user comme d’une liaison normale (phénomène de mode dans l’audiovisuel). Dans l’ex­pression trop aimable (qui s’utilise comme formule de politesse), on fait pratiquement toujours la liai­son, ce groupe étant devenu quasiment figé.

7.11.2. La liaison avec les semi-consonnes

Quelques mots commençant par une semi-consonne (yeux, ouailles, ouate, yeuse, huitre, huile) sont traités comme si l’initiale commençait par une voyelle (ce qui est le cas historiquement) :

l’ouate, l’yeuse, l’huitre, l’huile
des‿huiles‿essentielles, ces‿huitres
tes‿yeux, ses‿ouailles

En revanche, dans les mots empruntés plus récemment, avec [w] ou [j] (il n’y a pas d’emprunts récents avec [ɥ] initial), on ne fait pas l’élision, ni la liaison :

le yaourt (ou le yogourt ), le watt, le yacht etc.

7.11.3. Les liaisons fautives

La liaison est un phénomène qui provoque parfois des erreurs chez les francophones eux-mêmes. On peut entendre des liaisons fautives qui s’expliquent par la force du mécanisme de cohérence syntagmatique. Comme les chiffres indiquent en général un pluriel et que le pluriel comporte très souvent une liaison avec [z], certains prononcent par exemple quatre amis fautivement *[katʁəzami] (réalisé couramment sous la forme /kadzami/) au lieu de [katʁami]. De même, il n’est pas impossible d’en­tendre dire cent euros prononcé *[sɑ̃zøʁo] Autre faute (assez fréquente) : il faudra étudier prononcé *[ilfodʁatetydje] avec une liaison en [t] par analogie avec les formes ils pourront‿étudier etc. On a même relevé à la télévision suisse (mais cela aurait très bien pu être en France) *la décision a ététacceptée. Ces liaisons fautives peuvent s’en­ten­dre même chez des gens habitués à soigner leur langage. Il ne faut bien sûr pas les imiter, mais il peut être utile de savoir les reconnaitre (pour les éviter, justement) et d’en comprendre le mécanisme.

Velours et pataquès [...]

Il existe même des noms pour ces erreurs : la liaison fautive en [z] s’appelle un « velours » et la liaison fautive en [t] un « cuir ». On rencontre également le « pataquès », qui est une confusion entre les consonnes de liaison : *ce n’est pas à moi prononcé *[sənepatamwa] au lieu de [sənepazamwa].

7.11.4. La liaison – un mélange de grammaire, de mode et d’irrationnel

La liaison est un phénomène qui obéit à des règles complexes et qui se situe pour une certaine partie dans le domaine de l’irrationnel : on fait la liaison pour « faire joli », pour montrer qu’on a de la culture. En général, quand on veut montrer qu’on a de la culture, c’est souvent parce qu’on n’en a pas tellement. Il n’est donc pas étonnant que ceux qui font beaucoup de liaisons fas­sent aussi souvent beaucoup de fautes de liaison. C’est aussi une des raisons pour les­quel­les il est difficile de donner des règles absolument dé­finitives au sujet de certaines liaisons. Enfin, puisque la liaison a aussi une fonction sociale, elle est sou­mise aux lois d’un autre phé­no­mè­ne tout à fait irrationnel : la mode. Telle « règle » vraie en 2016 sera peut-être tout à fait dépassée dans cinq ans ou dix ans (voir par exemple la liaison avec les infinitifs en −er).

7.12. L’assimilation  

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7.12.1. Définition

En phonétique, on appelle « assimilation » les différents changements que subit un son à cause de l’influence d’un son voisin. Deux sons qui sont l’un à côté de l’autre acquièrent (saavat) un ou plusieurs caractères communs. L’assimilation peut concerner divers traits articulatoires. Il peut y avoir une as­si­mi­la­tion de sonorité (sointiassimilaatio), une assimilation de labialité (huu­li­as­si­mi­laa­tio), une assimilation du lieu articulatoire (ääntymäpaikka-assimilaatio), ou une assimilation de nasalité (nasaali­as­si­mi­laa­tio). Comme on le verra plus loin, plusieurs de ces assimilations exis­tent aussi en finnois. Le principal type d’assimilation qui pose des problèmes concrets du point de vue de l’apprentissage de la prononciation, c’est l’assimilation de sonorité. Il s’agit d’un phé­no­mè­ne fréquent, simple dans son principe, mais qui a des conséquences considérables no­tam­ment sur la compréhension.

7.12.2. L’assimilation de sonorité

Ce genre d’assimilation n’est possible que dans des langues qui utilisent l’opposition sourde / sonore, ce qui n’est pas le cas du finnois. L’assimilation de sonorité est très fréquente en fran­çais, et aussi par exemple en russe, anglais, en grec etc.

Quand deux consonnes sont en contact, l’une d’elle communique à l’autre un de ses traits ar­ti­cu­la­toi­res. Comme le dit F. Carton, « la plus faible est en quelque sorte victime de la plus forte ». C’est très souvent le cas quand deux occlusives se suivent.

Dans cette dame [sɛtdam], pour le [t], la phase d’implosion (imploosio ou tiivistymävaihe, voir 3.2.2.) est plus importante que la phase d’explosion, parce que l’explosion de [t] est affaiblie considérablement par la mise en place de la consonne qui va suivre immédiatement ([d]). C’est pourquoi on l’appelle consonne implosive (finale de syllabe).

Pour le [d] dans [sɛtdam], c’est l’inverse : c’est la phase d’explosion (eksploosio, laukeama) qui est plus importante, il s’agit donc d’une consonne explosive. Comme l’implosive [t] est plus faible que l’explosive [d], elle s’assimile à [d] et forme un seul groupe avec une seule phase complète :

implosion/occlusion/explosion
et non pas
implosion/occlusion/explosion + implosion/occlusion/explosion

La conséquence, c’est que comme les plis vocaux ont commencé à vibrer pour prononcer [d], le fonctionnement des plis se poursuit pendant l’ensemble de l’articulation : [sɛtdam] est en fait prononcé [sɛt̬dam] (le v souscrit (rivinalinen) indique une sonorisation), qui équivaut à /sɛddam/, c’est-à-dire /sɛdːam/ avec d long. Ces phénomènes d’assimilation proviennent d’une « mau­vai­se » coordination des organes phonateurs : la synchronisation des mouvements musculaires est souvent mal faite.

7.12.3. Assimilation régressive et assimilation progressive

L’assimilation est le plus souvent anticipante (ennakoiva) : quand on dit assis [asi], la fin du [s] peut devenir légèrement sonorisée, parce qu’on commence à faire vibrer les plis vocaux avant de terminer la prononciation complète de [s]. Mais il ne devient pas complètement sonore. Dans le cas cité de cette dame, il y a anticipation de la sonorité du [d]. On parle dans ce cas-là d’assimilation régressive (regressiivinen, taannehtiva), car c’est la deuxième consonne qui communique son mode articulatoire à la première (t ← d = dd), l’assimilation se fait « vers l’arrière ». L’assimilation peut évidemment aussi se produire de sonore à sourde, voir exemples 7.13..

Il y a aussi des cas où l’assimilation se fait vers l’avant, elle est alors dite progressive (progressiivinen) [...]

Par exemple, dans cheveu (où le premier e est un e muet non prononcé), le [ʃ], sourd, a tendance à assourdir légèrement le [v], sans qu’on dise toutefois *[ʃfø]. Dans le cas de assis, les plis vocaux peuvent encore vibrer légèrement après [a] quand on a déjà mis en place les organes pour prononcer [s], et le début de [s] peut devenir légèrement sonorisé. On voit que les consonnes intervocaliques (entre deux voyelles) peuvent subir des assimilations progressive et régressive et sont pour cette raison souvent menacées quand elles se trouvent avec certaines consonnes (ce phénomène joue un grand rôle dans l’évolution des langues).

7.12.4. Autres types d’assimilations

Les autres types d’assimilation concernent par exemple le lieu d’articultation, la nasalité, la labialité etc. Dans une prononciation rapide du groupe le 14 juillet, le [z] de quatorze s’assimile à [ʒ] de juillet : [katɔʁʒɥijᴇ]. Dans les langues modernes [lɑ̃gmodɛʁn], le [g] se nasalise et devient [ŋ] : [lɑ̃ŋmodɛʁn] De même, dans une grande ville prononcé vite, le [d] se nasalise et devient [n] : [yngʁɑ̃nvil], ou donne-moi ça prononcé couramment [dɔm(ː)wasa]. On trouve des exemples de ces assimilations en finnois aussi : assimilation du lieu d’articulation dans pojan pyörä, la dentale [n] se labialise en [m] : [pojampɥøræ], ou dans niin kiva, prononcé avec [ŋ] [niːŋkiva].

Il y a un groupe de mots en français dans lesquels l’assimilation de nasalité est pratiquement sys­té­ma­ti­que, ce sont les noms de nombre. Dans les nombres de la série 22 à 29, sous l’influence de la voyelle nasale qui précède, le /t/ final se nasalise et devient [n] devant dentale : vingt-deux [vɛ̃ndø] etc. Dans vingt-quatre prononcé rapidement, on entend [ŋ] : [vɛ̃ŋkatʁ]. Voir le détail 6.17.4.. Cette prononciation n’est pas due à la prononciation d’un appendice (lisäke) nasal dans la voyelle nasale, car les voyelles nasales françaises sont pures, mais à un affaiblissement du [t] final de vingt [vɛ̃(t)], qui aboutit à une assimilation. La nasalité de la voyelle contribue évidemment à « préparer le terrain ».

7.13. Force et perception de l’assimilation de sonorité  

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7.13.1. Force

L’assimilation régressive de sonorité est plus forte dans des groupes d’occlusives, car les phases d’implosion et d’explosion (voir 3.2.2.) se confondent. L’assimilation de sonorité est la plus forte quand les deux consonnes ont le même lieu d’articulation. Dans dites donc ou toute dure, le t se sonorise complètement et on obtient un d long :

dites donc ! [didːɔ̃]
toute dure [tudːyʁ]
faute de temps [fodːətɑ̃]
il achète des livres [ilaʃɛdːelivʁ]

Quand les lieux d’articulation sont différents, l’impression auditive de fusion des consonnes est moins nette, comme dans Amérique du Sud, mais elle reste cependant très forte (le [k] de [ameʁik̬dysyd] est complètement sonorisé).

Dans le cas des constrictives, l’assimilation de sonorité est moins forte, parce que les constrictives sont moins fortes que les occlusives (voir 3.7. §1). Mais, comme on le voit ci-des­sous, le résultat auditif est le même qu’avec des consonnes fortes :

je pense [ʒ̊pɑ̃s]/ʃpɑ̃s/
je chuchote [ʒ̊ʃyʃɔt]/ʃʃyʃɔt/
il trouve ça bien [itʁuv̬sabjɛ̃]/itʁufsabjɛ̃/
ça change tout [saʃɑ̃ʒ̊tu]/saʃɑ̃ʃtu/
une mauvaise chose [ynmovɛz̬ʃoz]/ynmovɛsʃoz/
on se décide [ɔ̃s̬desid]/ɔ̃zdesid/
ça se justifie [sas̬ʒystifi]/sazʒystifi/

7.13.2. Prononciation

En lui-même, le phénomène de l’assimilation est simple, mais il peut au début poser quelques difficultés à l’apprenant de FLE, car pour le comprendre, il faut pouvoir faire abstraction (ohittaa, jättää huo­mioi­mat­ta) de l’écriture, il faut « penser phonétiquement ». Si on écrivait *i chant debou (ils chantent debout), il serait plus facile de comprendre que le t du radical de chan­tent se sonorise, car il n’y aurait pas besoin de supprimer mentalement le groupe de lettres ent.

Il faut remarquer que cette assimilation régressive se produit indépendamment de la volonté du lo­cu­teur, car, comme l’a vu, il serait physiquement impossible de prononcer à la suite deux occlusives de sonorité différente sans faire de pause. Sur la perception par les francophones, voir ci dessous §3.

Cela n’a pas d’importance de savoir si l’assimilation est totale (comme dans cette dame) ou moins forte (comme dans banque danoise) : l’assimilation est un phénomène physique in­con­tes­ta­ble, mais qui n’a pas de grandes conséquences sur la compréhension. Sauf chez le locuteur non francophone, qui n’arrive pas à reconstituer aussi facilement les « véritables » phonèmes.

En fait, si en finnois il y avait des occlusives sonores, l’assimilation régressive se produirait au­to­ma­ti­que­ment et il serait inutile de lui accorder quelque importance. Mais ce n’est pas le cas, et il faut donc bien connaitre ce phénomène, pour deux raisons essentiellement : d’un point de vue « actif », et d’un point de vue passif.

Si on prend pour exemple la phrase c’est vite dit, si le finnophone prononce correctement le d de dit, l’assimilation se produit automatiquement. Mais on constate souvent que le débutant est embarrassé par le double [d] qui apparait et tente de se corriger en voulant prononcer à tout prix [td], ce qui provoque un arrêt dans l’émission de la voix et ne correspond pas à la manière naturelle d’enchainer ces deux phonèmes. (Ce problème ne se manifeste que dans le sens sourde → sonore ; dans le cas inverse, par exemple douze tables = [duztabl]/dustabl/, l’as­si­mi­la­tion se réalise sans problème, vu que les fin­no­pho­nes ont de toute façon tendance à as­sour­dir les sonores.) Connaitre l’assimilation régressive permet donc d’éviter ce genre d’erreurs. 

Il faut donc s’habituer à prononcer franchement ces séquences « nouvelles ». Mais il ne faut bien sûr pas anticiper cette assimilation en disant par exemple cette dame *[sɛddam]. L’assimilation ne se produit que quand les consonnes sont prononcées en une seule émission. La seule chose qui compte est de prononcer les occlusives sonores avec la sonorité voulue, il n’y a pas besoin, en fait, de penser à l’assimilation. Cela permet à la fois de prononcer le français de manière plus naturelle et, surtout, de reconnaitre ces suites de phonèmes nouvelles. Car – c’est là cette fois le point de vue passif, qui est encore plus im­por­tant – une bonne con­nais­san­ce de l’assimilation régressive est nécessaire pour comprendre la langue parlée (voir exemples 7.14. et Exercices de prononciation sur la langue parlée 14.3.).

7.13.3. Perception chez les usagers et transcription dans les dictionnaires

L’assimilation de sonorité est un phénomène pratiquement inconnu des francophones et absent de l’enseignement scolaire (généralement, il n’en est fait mention que dans les cours de phonétique au niveau universitaire). La plupart des francophones seraient étonnés d’en apprendre l’exis­ten­ce, alors qu’ils l’appliquent quotidiennement. Il est probable que si on dit à un Français non linguiste que dans cette dame il prononce en fait [dd], il refusera de le croire.

Des expériences de laboratoire montrent que si l’on fait écouter à un sujet (koe­henkilö) les suites [etsin] et [itsa], il entend un [t] dans les deux cas. Si on restitue (palauttaa) en entier les séquences tronquées (katkottu) d’où ont été tirés ces phonèmes, [med̥sin] (médecine) et [ʁitsakʁe] (rite sacré), dans le premier cas l’auditeur entend un [d] et dans le second un [t]. Donc le son apicodental occlusif sourd [t] est interprété de deux manières : d’une manière phonique, purement acoustique dans rite sacré, et d’une manière reconstituée, d’après son « sens » linguistique dans médecine. Autrement dit, si le sujet sait qu’il « faut » un [d], comme dans médecine, il croit l’entendre, alors qu’en fait, comme le prouve l’expérience avec séquences tronquées, il y a véritablement un [t].

Des sons reconstitués dans leur contexte [...]

Comme le fait remarquer F. Carton (p. 122), il semblerait qu’il n’y ait pas de cor­res­pon­dance entre la perception d’un signal acoustique (d’un son) et son interprétation : on identifie des phonèmes dans des ensembles qui ont un sens.

Dans les dictionnaires, l’assimilation est rarement transcrite, ou, quand elle l’est, c’est de façon non systématique ou non cohérente. L’assimilation de sonore à sourde est transcrite dans certains préfixes comme ab- ou sub-, par exemple absurde [apsyʁd], absent [apsɑ̃], subconscient [sypkɔ̃sjɑ̃], subtilité [syptilite] (Le nouveau Petit Robert de la langue française, 2010, s.v.). Elle l’est dans ce cas probablement parce que la tradition enseigne effectivement (parfois même déjà au niveau scolaire) qu’on prononce un [p] « inattendu » dans ce cas. En dehors de ces suffixes, les autres types d’assimilation de sonore à sourde (médecin [metsɛ̃]) et toutes celles de sourde à sonore (paquebot [pagbo]) ne sont jamais indiqués, alors qu’elles constituent un fait clair et perceptible (et avéré dans les expériences de la­bo­ra­toi­re, voir ci-dessus).

Mis à part les cas de ab- ou sub devant consonne, entérinés par la tradition scolaire et lexicographique, il semble y avoir une très forte résistance à transcrire l’assimilation telle qu’elle se produit dans la réalité, tant l’influence de la représentation écrite est forte. Le meilleur exemple en est fourni par Le nouveau Petit Robert lui-même : dans le mot subtropical, qui suit immédiatement le mot subtilité dans ce dictionnaire, on transcrit [sybtʁɔpikal], avec [b], alors qu’il y a exactement la même assimilation que dans subtilité ([syptilite] / [syptʁopikal]), comme si, pour une raison inconnue (et subjective, voir ci-dessus), on « devait » ou on « croit » entendre un [b].

Cela souligne l’importance qu’il y a pour l’apprenant de FLE de pouvoir comprendre le mécanisme de l’assimilation de sonorité (voir §2 ci-dessus), afin de pouvoir la détecter dans les nombreux cas où elle se produit, puisqu’il n’en trouvera quasiment pas trace dans les dictionnaires ou les manuels de français, qui se contentent généralement de reproduire les transcriptions des dictionnaires (sur les incohérences des transcriptions dans les dictionnaires et les manuels, voir 1.3.4.)

7.14. L’assimilation : exemples  

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7.14.1. Fréquence de l’assimilation régressive de sonorité

L’assimilation est nettement sensible dans les groupes consonantiques. La première consonne peut être partiellement ou entièrement sonorisée ou assourdie. L’assimilation se produit en général au contact de deux mots, mais elle apparait également à l’intérieur de mots, à cause de la chute d’un e muet. Voici quelques exemples (le v souscrit indique une sonorisation, l’o sous­crit un assourdissement) :

— sourde → sonore :

anecdote [anɛk̬dɔt]/anɛgdɔt/
paquebot [pak̬bo] → /pagbo/
trente-deux [tʁɑ̃t̬dø]/tʁɑ̃dːø/
la fête de Noël [lafɛt̬dənoɛl]/lafɛdːənoɛl/
ça se dit [sas̬di]/sazdi/
il faut que je parte [ilfok̬ʒəpaʁt]/ilfogʒəpaʁt/
ils sont tous debout [ilsɔ̃tus̬dəbu]/ilsɔ̃tuzdəbu/
une grosse goutte [yngʁos̬gut]/yngʁozgut/
encore plus d’eau [ɑ̃kɔʁplys̬do]/ɑ̃kɔʁplyzdo/
une gousse d’ail [yngus̬daj]/ynguzdaj/

— sonore → sourde :

médecine [med̥sin]/metsin/
absurde [ab̥syʁd]/apsyʁd/
clavecin [klav̥sɛ̃][klafsɛ̃]
pas de thé [pad̥te]/patːe/
je pense [ʒ̊pɑ̃s]/ʃpɑ̃s/
projeter [pʁɔʒ̊te]/pʁɔʃte/
un agent de change [aʒɑ̃d̥ʃɑ̃ʒ]/aʒɑ̃tʃɑ̃ʒ/

7.14.2. Exemples

À cause du phénomène de l’assimilation, il y a par exemple des cas avec s sonore long qui provient de la sonorisation de l’s du radical devant le [z] de la liaison. Dans ces mots, l’s final est prononcé [z] et il sonorise l’[s] précédent :

passes-y [pas̬zi]/pazzi/ = /pazːi/
penses-y [pɑ̃s̬zi]/pɑ̃zzi/ = /pɑ̃zːi/
de grosses aiguilles [dəgros̬zegɥij]/dəgrozzegɥij/ = /dəgrozːegɥij/
de fausses idées [dəfos̬zide]/dəfozzide/ = /dəfozːide/
diverses opinions [divɛʁs̬zopinjɔ̃]/divɛʁzzopinjɔ̃/ = /divɛʁzːopinjɔ̃/
des places occupées [deplas̬zokupe]/deplazzokupe/ = /deplazːokupe/

Les impératifs passes-y et penses-y prononcés avec un [z] bref ([pazi] ou [pɑ̃zi]) sont incompréhensibles.

Dans les groupes consonantiques, l’assimilation régressive est extrêmement fréquente ; dans la langue parlée, de nombreux e muets sont supprimés par rapport « à ce qu’on écrit » et l’as­si­mi­la­tion a pour conséquence que les étrangers sont souvent perdus quand ils entendent le fran­çais parlé. Exemple : la phrase ce qu’ils se disent (se mitä he ajattelevat). On ne prononce pas le e muet de ce ni celui de se, et le [l] de il tombe (voir 4.19.2.), on obtient donc :

c’ qu’i(l)s s’ disent [skis̬diz]/skizdiz/

Il peut ainsi y avoir confusion de sens : /seaʃte/ peut signifier c’est acheté ([seaʃte]) ou c’est à jeter (résultat de [seaʒ̊te]). La seule solution dans ce cas-là, c’est de prononcer l’e muet pour supprimer l’ambigüité Pour l’étranger, et notamment le finnophone, habitué à une or­tho­gra­phe quasiment phonétique, le français parlé courant « élimine », par rapport à l’écrit, de nom­breu­ses lettres, et même des syllabes entières, et ces phénomènes créent fréquemment des suites de phonèmes nouvelles, que l’assimilation régressive rend encore plus difficilement reconnaissables.

7.14.3. Exemples de la langue parlée

Dans la langue parlée, certaines consonnes et certaines voyelles ne sont pas prononcées ; certains mots sont « raccourcis » (apocope, voir 14.2. B), ou simplement supprimés (par exemple ne négatif). Pour une lis­te des principales modifications dans la langue parlée, voir 14.3. Toutes ces modifications pro­vo­quent la rencontre de consonnes qui habituellement (dans la prononciation soignée de la langue écrite) ne sont pas en contact, et elles transforment con­si­dé­ra­ble­ment la manière de prononcer (et de percevoir) certains groupes de mots. Ci-dessous figurent quelques exemples illustrant ces trans­for­ma­tions :

La chute de e muet à l’intérieur des mots ou au contact entre deux mots modifie la structure phonique de l’ensemble :

achètes-en [aʃɛt̬zɑ̃] > /aʃɛdzɑ̃/
deux secondes [døs̬gɔ̃d] > /døzgɔ̃d/
je trouve ça bon [ʒ̊tʁuv̥sabɔ̃] > /ʃtʁufsabɔ̃/
ils ont les jetons (ils ont peur) [ilzɔ̃leʒ̊tɔ̃] > [izɔ̃leʃtɔ̃]

Remarque [...]

 Dans cet emploi familier, le mot jetons est toujours prononcé [ʃtɔ̃], jamais [ʒətɔ̃].

La chute de e dans la préposition de a souvent pour résultat la prononciation d’un [d] long, ou, à cause de l’assimilation de sonorité, d’un [t] long :

pas de doute [padːut]
beaucoup de temps [bokutːɑ̃]
pas assez de temps [paasetːɑ̃]
avant de traverser [avɑ̃tːʁavɛʁse]

C’est également le cas avec des mots comme te, que etc. :

ça te dérange pas ? [sat̬deʁɑ̃ʒ̊pa] > /sadːeʁɑ̃ʃpa/
il te dégoute [it̬degut] > /idːegut/
Ça te dirait de sortir ? [sat̬diʁɛd̥sɔʁtiʁ] > /sadːiʁɛtsɔʁtiʁ/
il te demande [it̬dəmɑ̃d] > /idːəmɑ̃d/
t’as qu’à te dépêcher (tu n’as qu’à te dépêcher) [takat̬depeʃe] > /takadːepeʃe/

Remarque [...]

La tournure il n’y a qu’à / tu n’as qu’à + infinitif signifie « il suffit de + infinitif » / « il suffit que tu... »

Observer les variations de longueur de [s] résultant de l’assimilation dans les exemples suivants :

ce qu’il te dit est faux [skit̬diefo] > /skidːiefo/
ce qu’il te disent est faux [skit̬dizefo] > /skidːizefo/
ce qu’il te dit, c’est faux [skit̬disefo] > /skidːisefo/
ce qu’il te disent, c’est faux [skit̬diz̥sefo] > /skidːisːefo/

La locution adverbiale ne... que, qui signifie « seulement » se réduit habituellement à [k] ou parfois (à cause de l’assimilation) à [g] :

il ne boit que du thé [ibwak̬dyte] > /ibwagdyte/
il n’y en a que deux [jɑ̃nak̬dø] > /jɑ̃nagdø/
il ne te dit que des bêtises [it̬dik̬debetiz] > /idːigdebetiz/

Le même phénomène affecte également que pronom relatif ou conjonction de subordination :

il y en a que j’ai déjà lus [jɑ̃nak̬ʒedjaly] > /jɑ̃nagʒedjaly/
il me dit que je lui fais mal [imdik̬ʒɥifemal] > /imdigʒɥifemal/
ça fait que je lui ai rien acheté [safek̬ʒɥieʁjɛ̃aʃte] > /safegʒɥieʁjɛ̃aʃte/

8. La quantité

8.1. Durée et longueur
8.2. Consonnes longues accidentelles
8.3. Allongement vocalique à valeur distinctive
8.4. Cas particuliers

8.1. Durée et longueur  

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8.1.1. Durée et longueur

Les phonèmes ne sont pas seulement caractérisés par le lieu et le mode d’articulation, mais aussi par leur quantité (kvantiteetti). Ce terme de quantité recouvre deux notions :

Quand on parle une langue qui fait l’opposition entre longues et brèves (lyhyt), on perçoit des différences de longueur, c’est-à-dire qu’on se rend compte qu’il y a des sons plus longs re­la­ti­ve­ment à d’autres. C’est, pour un finnophone, parfaitement évident, puisqu’on peut opposer en finnois

[tule] tule
[tuːle] tuule
[tuleː] tulee
[tuːlːe] tuulle
[tuːlːeː] tuullee

qui sont toutes des formes verbales différentes des verbes tulla et tuulla. Dans l’opposition entre ces mots, c’est la longueur relative des phonèmes les uns par rapport aux autres qui in­di­que qu’il y a une différence. Ce n’est pas une quantité absolue : le finnois ne prescrit (määrätä) pas qu’il faut par exemple toujours prononcer un u long avec une durée exacte de 135 mil­li­se­con­des. Sinon on ne pourrait pas parler vite ou lentement. La longueur ne concerne pas seu­le­ment les voyelles, mais aussi les consonnes (tule, tuullee etc.). On a vu par exemple à propos des occlusives que, même si en finnois on est habitué à « voir » des occlusives doubles (parce qu’el­les sont transcrites avec une lettre double) comme dans takka, Lappi, ce ne sont pas des occlusives doubles : ce sont des occlusives longues (voir 3.2.2.).

8.1.2. Durée inhérente ou combinatoire

Dans les langues du monde, la quantité n’est pas toujours utilisée de façon systématique. On peut s’en servir pour créer des oppositions, comme en finnois. Certaines langues d’Europe, dont le français (et l’espagnol, le breton, le basque etc.) n’utilisent pas la quantité comme outil linguistique. Pourtant, il existe en français certaines différences de quantité, qui sont dues essentiellement aux facteurs suivants :

a. Certains phonèmes sont par nature plus longs que d’autres. C’est ce qu’on appelle la durée inhérente (ominaiskesto ou inherenttinen kesto) :

Ces différences de durée sont cependant quasiment imperceptibles à l’oreille. Si on prononce une suite de voyelles [a-ɑ̃-a-ɑ̃-a-ɑ̃-a-ɑ̃-a-ɑ̃ etc.], il est très difficile de remarquer à l’oreille une différence de durée. Pour que celle-ci se remarque, il faut qu’il y ait d’autres facteurs qui la renforcent (voir points b. à d. ci-dessous).

b. La durée d’un phonème (et donc la longueur perçue) dépend aussi souvent des phonèmes qui l’en­tou­rent. Il s’agit alors d’une durée combinatoire. En français, une voyelle suivie d’une consonne sonore en finale absolue est nettement plus longue que dans une autre position ; l’allongement est sensible, no­tam­ment quand la consonne finale est un [z] ou un [ʒ], comme dans pose (qui peut être perçu comme [poˑz]), fraise (qui peut être perçu comme [fʁɛˑz]) ou neige (qui peut être perçu comme [nɛˑʒ]). Voir 5.8.2b.

c. Quand une syllabe est accentuée à cause d’un accent de phrase ou d’un accent d’insistance, les phonèmes sont souvent plus longs que normalement. Une syllabe accentuée est deux fois plus longue qu’une syllabe non accentuée (voir Nature de l’accent 9.2.). C’est pourquoi la nasale finale de quarante peut être plus longue dans « J’en veux quarante. » que dans Il a quarante ans. Cependant, même si cette différence est perceptible et même si les apprenants allophones la sentent plus ou moins nettement, elle ne joue aucun rôle sur le plan pho­no­lo­gique, car elle ne permet pas de distinguer deux mots quarante qui seraient différents par le sens. C’est pourquoi on ne la transcrit pas dans les transcriptions phonétiques. En outre, on peut très bien pro­non­cer le mot quarante avec un [ɑ̃] tout à fait « bref », autrement dit d’une longueur nor­male, même en finale absolue. L’allongement n’est donc ni sys­té­ma­tique, ni obligatoire, et pour cette raison transcrire par exemple le mot quarante dans un dictionnaire avec une nasale longue serait tout à fait contraire à la réalité.

d. En français, comme dans d’autres langues, on peut aussi allonger les phonèmes pour des raisons ex­pres­sives ou émotionnelles (surprise, admiration, colère etc.). Ce pénomène est tout à fait courant et l’al­lon­ge­ment expressif (ou allongement émotionnel) peut concerner les voyelles comme les consonnes :

Incroyable ! [’ɛ̃ːkʁwajabl]
C’est dingue ! [se’dːɛ̃g]
C’est terrible ! [se’tːɛʁibl]
C’est goutant ! [se’dːegutɑ̃] etc.

8.2. Consonnes longues accidentelles  

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8.2.1. Cas général

Sauf dans les cas où la voyelle s’allonge devant consonne sonore et surtout s sonore, il n’y a pas en fran­çais véritablement de phonèmes longs : dans les différents cas énumérés 8.1.2., la longueur est un phénomène secondaire (même dans le cas de l’accent d’insistance, ce qui se remarque avant tout, c’est la hauteur et non la longueur). Le français n’utilise pas la quantité comme moyen de production sys­té­ma­ti­que. Dans la graphie, on trouve énormément de lettres doubles, qui transcrivent, dans presque 100% des cas, des phonèmes simples :

soufre rikki, souffre (hän) kärsii [sufʁ]
pattu [paty], appater [apate]
tapisser [tapise], immobile [imobil] etc.

Il y a pourtant en français des consonnes longues, qui apparaissent accidentellement (sa­tun­nai­ses­ti) dans les cas suivants :

8.2.2. Futur de certains verbes

Dans le futur des verbes courir, mourir, acquérir, requérir et conquérir, le double r ortho­gra­phi­que correspond à un [ʁ] long :

je courrai [kuʁːe]
il mourra [muʁːa]
il acquerra [akɛʁːa] etc.

Ceci permet de distinguer l’imparfait du conditionnel :

courait [kuʁɛ] / courrait [kuʁːɛ]

Attention : dans le futur de pouvoir, de voir, d’envoyer etc., on écrit un r double, mais on pro­non­ce un r simple :

tu pourras [typuʁa]
il verra [ilvɛʁa] etc.

À retenir : la prononciation avec [ʁ] long ne concerne que les verbes courir, mourir, acquérir, requérir et conquérir mentionnés ci-dessus ainsi que leurs composés : encourir, concourir, s’enquérir etc.

8.2.3. Rencontre de consonnes

a. Dans les autres cas, les consonnes longues naissent de la rencontre de deux consonnes iden­ti­ques à la fin d’un mot et au début de l’autre :

une nouille [ynːuj]
de la musique classique [myzikːlasik]
cette table [sɛtːabl]
pour réparer [puʁːepaʁe]
une longue guirlande [ynlɔ̃gːiʁlɑ̃d] etc.

Les cas sont très nombreux. L’opposition de longueur permet souvent de distinguer des grou­pes syntaxiques différents :

il a dit [iladi] / il l’a dit [ilːadi]
pour apporter [puʁapɔʁte] / pour apporter [puʁːapɔʁte] etc.

Dans les noms de nombre de vingt-trois, trente-trois à soixante-trois, la prononciation d’un [t] long est importante pour une bonne compréhension :

quarante-trois [kaʁɑ̃tːʁwa] etc.

b. On trouve également des [t] longs dans les formes inversées des verbes, par exemple dans l’interrogation directe. Cette consonne longue peut être produite :

– par la rencontre du [t] du radical du verbe et du t intercalaire devant le pronom de 3e per­son­ne in­ver­sé :

Chante-t-elle ? [ʃɑ̃tːɛl]
Doute-t-il ? [dutːil] etc.

– par la rencontre du [t] du radical du verbe et du [t] de liaison de la forme du pluriel :

Chantent-t-elles ? [ʃɑ̃tːɛl]
Doutent-t-il ? [dutːil] etc.

Comme on le constate, dans la prononciation, il n’y a donc pas de différence entre le singulier et le féminin. Voir aussi ci-dessous §4c et 7.5.2a.

8.2.4. Chute d’e muet

La chute de e muet entraine souvent la rencontre de deux consonnes. Ceci peut se produire :

a. à l’intérieur des mots, quand la chute de e muet est obligatoire (voir 6.10.2), notamment dans le futur des verbes avec radical en -r- :

beurreras [bœʁːa]
fourrera [fuʁːa]
préparerez [pʁepaʁːe] etc.

mais aussi d’autres consonnes dans d’autres mots :

extrêmement [ɛkstʁɛmːɑ̃]
netteté [nɛtːe] etc.

b. au contact entre des mots :

tu me manques [tymːɑ̃k]
tu te trompes [tytːʁɔ̃p]
on se sauve [ɔ̃sːov]
Chantent-ils ? [ʃɑ̃tːil]

Comme le l final du pronom il tombe généralement devant consonne (voir 4.19.2.), c’est aussi très fréquent avec ce pronom :

i(l) me manque [imːɑ̃k]
i(l) se sauve [isːov] etc.

c. la chute d’e muet met en contact des consonnes de sonorité différente, mais à cause du phé­no­mè­ne de l’assimilation régressive, ces consonnes deviennent identiques et s’allongent. Ces cas sont extrêmement fréquents, voir 7.14. :

cette dame [sɛtdam]/sɛdːam/
il te dit [itdi]/idːi/
penses-y [pɑ̃szi]/pɑ̃zːi/
c’est vite dit [vitdi]/vidːi/
ça te dérange [satdeʁɑ̃ʒ]/sadːeʁɑ̃ʒ/
Que décident-elles ? [desid̥tɛl]/desitːɛl/ (voir 7.5.2a) etc.

8.3. Allongement vocalique à valeur distinctive

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8.3.1. Homonymes

Il existe un certain nombre de mots monosyllabiques homonymes contenant un /ᴇ/, qu’on peut différen­cier par un léger allongement de la voyelle. On allonge légèrement e ouvert quand le mot est écrit avec un e accent circonflexe (ê) ou un ai. Ces paires de mots sont les suivantes :

bêle [bɛˑl]/ belle [bɛl]
bête / bette (rare)
l’être / lettre
maitre / mettre

Cependant, dans une prononciation rapide et ailleurs qu’en finale absolue, la différence de longueur est inexistante. Malgré cela, les cas de confusion possible sont très rares, car ces paires sont composées de mots de nature grammaticale différente (bêle verbe, belle adjectif ; bête adjectif, bette nom etc.) et le contexte (la structure de la phrase) éclaire le sens. Ces oppositions sont donc plus ou moins virtuelles et occasionnent rarement des malentendus.

8.3.2. Différence de timbre (lieu d’articulation et aperture)

D’autres mots forment des paires de mots qui ne sont pas exactement homophones, mais qui contien­nent des voyelles proches par leur lieu d’articulation et s’opposent par le degré d’aperture de la voy­elle. Dans ce cas, on allonge parfois la voyelle ouverte ou fermée pour mieux différencier les deux mots. Cet allongement est sensible surtout en finale absolue, et quand il y a réellement risque de confu­sion. On est alors même souvent obligé de répéter le mot avec une longue pour être sûr que l’interlocu­teur comprend la différence. À l’intérieur des groupes de mots, on le remarque nettement moins. Cela concerne un nom­bre de mots limités :

a. Avec la voyelle /o/, il y a souvent un léger allongement dans le cas de [o] fermé, pour opposer des mots comme

cote / côte [kɔt] / [koˑt]
mort / maure [mɔʁ] / [moˑʁ]
notre / le nôtre
votre / le vôtre
molle / môle

Là aussi, pour les mêmes raisons que dans le cas de [ɛ], les confusions sont rarement possibles. En outre, dans chacune de ces paires, le timbre de la voyelle /O/ est différent, ce qui suffit déjà normalement à dis­tinguer un mot de l’autre.

b. Avec la voyelle /ø/, on allonge en général la voyelle du mot jeûne [ʒøˑn] (paasto) pour mieux le différencier de jeune [ʒœn] (nuori). Le cas le plus typique et le plus concret d’allongement à valeur distinc­tive concerne l’opposition ce / ceux. Si on veut distinguer dans la prononciation ce que tu vois et ceux que tu vois, on peut être amené à prononcer ceux légèrement plus long, et on accentue la différence de tim­bre en prononçant un [ø] très fermé et très labialisé :

ce que tu vois [səkətyvwa]
ceux que tu vois [søˑkətyvwa]

c. Dans le cas de la voyelle [a], la distinction entre [ɑ] postérieur et [a] antérieur a pratiquement disparu (voir 5.12.). On n’oppose donc plus pâte et patte par une différence de timbre, mais, quand c’est nécessaire pour plus de clarté, on allonge légèrement le [a] quand il est transcrit par un â :

bail / bâille [baj] / [baˑj]
mal / mâle [mal] / [maˑl]
patte / pâte [pat] / [paˑt]
tache / tâche [taʃ] / [taˑʃ]
Anne / âne [an] / [aˑn]
halle / hâle [al] / [aˑl]
balle / Bâle [bal] / [baˑl]

Dans ce cas aussi, la plupart du temps il n’y a pas de risque de confusion, car il s’agit de mots de catégories grammaticale différente ou de genre grammatical différent (féminin/masculin). Dans tous ces cas, l’allongement vocalique à valeur distinctive n’est sensible qu’en finale ab­solue. À l’intérieur du groupe rythmique, il est complètement effacé. Par exemple on pro­non­ce /pat/ exactement de la même manière dans 

pâte d’amande [patdamɑ̃d]
patte de mouche [patdəmuʃ]

Dans la pratique, les cas d’oppositions sémantiques reposant sur un allongement vocalique à valeur dis­tinc­tive sont rares ou très rares. Le seul cas où l’opposition de longueur soit vraiment « productive » est celui de ce / ceux.

8.4. Cas particuliers  

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8.4.1. Prononciation savante

Un certain type de prononciation un peu affectée (teennäinen) consiste à prononcer un double l ou un double m dans des mots comme illusion, allusion, sommet, grammaire, illégal, immense, immonde, irréel etc. En fait, c’est une prononciation savante (ou plutôt qui s’imagine savante), où on prononce ce qu’on écrit. C’est typique notamment des orateurs politiques ou des présentateurs de la télévision. C’est sans doute dû à un phénomène d’hypercorrectisme, et sans doute aussi une volonté d’expressivité (voir 8.1.2c), surtout dans le cas des adjectifs : il y a allongement émotionnel de la consonne : une con­fé­ren­ce au sommet (huippukokous) avec deux m [sɔmːɛ] est plus importante ou plus solennelle qu’avec un seul [m].

Remarque [...]

En 1972, P. Léon (Prononciation du français standard, p. 78) parle à ce propos de style « affecté ou insistant ».

Il n’y a aucune règle permettant de prédire ces mots (les exemples indiqués ici sont les plus fréquents) : on entend rarement dire par exemple les immigrés ou l’immigration avec [mː]. La même personne, dans une autre situation, pourra d’ailleurs prononcer normalement avec un seul l ou m. On peut dire que la prononciation d’une consonne longue dans ce cas est typique d’un style politico-journalistique ou scien­tifico-universitaire. Il s’agit là d’un des phénomènes irrationnels relevant de la sociolinguistique. Pour l’apprenant FLE, aucune crainte à avoir ni aucune règle à retenir : il suffit de prononcer avec une con­sonne simple.

8.4.2. Français populaire

Dans le français populaire, on entend assez souvent une géminée dans les cas où le pronom personnel élidé l’ (de le ou la) précède une forme verbale avec voyelle :

je l’ai vu [ʒəlːevy]
c’est moi qui l’écoute [semwakilːekut]
c’est moi qui l’ai dit [semwakilːedi]

Cette prononciation est due vraisemblablement à une analogie avec les formes il l’a dit [ilːadi] et s’explique essentiellement par une mauvaise compréhension des mécanismes gram­ma­ti­caux.

Remarque [...]

Certains y voient aussi des facteurs d’ordre phonétique. Malmberg (p. 92, note 1) prend pour hypothèse de départ que dans la langue courante le l de il tombe, et c’est pour cette raison qu’on voudrait rétablir une division syllabique. Or il est vrai que le l de il tombe, mais il ne tombe pas devant voyelle. La forme normale de la langue parlée serait je l’ai vu [ʒlevy].

8.4.3. Variantes régionales

Dans la prononciation méridionale (notamment du Sud-Ouest de la France), on prononce sou­vent une géminée dans les nasales suivies de nn ou mm, et en plus on prononce la voyelle comme une nasale (alors qu’en français standard on ne prononce pas de nasale dans ce cas-là) :

une année [ynɑ̃nːe]
la grammaire [lagʁɑ̃mːɛʁ]

9. La prosodie

9.1. L’accentuation
9.2. Nature de l’accent en français
9.3. Place de l’accent de phrase
9.4. L’accent d’insistance
9.5. L’intonation
9.6. Fonction de l’intonation
9.7. L’intonation expressive

9.1. L’accentuation  

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9.1.1. La prosodie

On regroupe sous le nom général de prosodie différents phénomènes :

La quantité a été étudiée en détail au chapitre 8. Les tons (variation de hauteur avec effet de sens, comme en chinois ou d’autres langues, dont le suédois de Suède) ne jouent pas de rôle en français.

9.1.2. Accentuation et intonation

On confond souvent l’accentuation (paino) et l’intonation (intonaatio). On apprend ainsi classiquement aux étrangers qu’en français l’accent tombe sur la dernière syllabe (de quoi ? on ne le précise pas tou­jours). Résultat : comme en finnois l’accent (paino) est tonique, c’est-à-dire qu’il s’entend par une dif­férence de hauteur mélodique sur la première syllabe, les fin­no­pho­nes, ayant appris que l’accent en français était sur la dernière syllabe, prononcent cette syllabe plus haut. Des journalistes diront ainsi « Marcel CaMUUS » ou « presidentti SarkoZIIIE », ce qui parait assez comique à une oreille francophone.

Souvent, sous l’influence de langues comme l’anglais ou l’italien et… le finnois, on pense que l’ac­cen­tua­tion, c’est le fait de prononcer plus haut ou plus bas des parties du message sonore. Dans de nombreuses langues, les variations de hauteur sont utilisées pour distinguer des mots. Ces langues utilisent les tons (sävelkorkeus), c’est-à-dire la hauteur musicale de la syllabe, comme élément de sens. Ce n’est pas le cas du français, et d’ailleurs pas non plus du finnois.

Le français utilise aussi des variations de hauteur, mais essentiellement pour varier la mélodie de la phrase (affirmation, question, insistance, ordre etc.). Les variations de hauteur, de mélodie, constituent ce qu’on appelle généralement l’intonation.

9.1.3. L’accentuation

En français comme en finnois et dans d’autres langues, l’accentuation est le fait de découper les suites de phonèmes en unités qui forment des groupes qu’on peut reconnaitre. Elle concerne davantage le rythme, les groupes, que la hauteur. L’accentuation établit une hié­rar­chie de syllabes, un contraste sur l’axe syntagmatique : l’accentuation se place sur un axe horizontal (vaakasuora), alors que l’intonation est plus généralement sur un axe vertical (pys­ty­suo­ra).

L’accentuation, c’est la mise en valeur (korostaminen) d’une syllabe particulière dans une unité accentuelle. Cette mise en valeur ne se fait pas forcément seulement avec une différence de hauteur. Dans beaucoup de langues, l’unité accentuelle est le mot : on accentue (on met en valeur) une syllabe particulière du mot. C’est le cas aussi en finnois (première syllabe). Dans de nombreuses langues, le sens du mot change selon l’accentuation (italien, anglais, suédois etc.). Cet accent a une fonction contrastive, il permet d’opposer des mots : en anglais permit  « permettre »  / permit « permis », espagnol ´canto « je chante » / can´ « il chanta » etc. Il s’agit en fait à proprement parler d’un accent tonique (le ton).

Le latin avait un accent tonique, dont l’italien a hérité, mais le français n’a plus d’accent tonique à fonction purement contrastive : le mot libération peut être prononcé en appuyant sur la première, la troisième ou la dernière syllabe, le sens ne change pas. Souvent on dit que le français n’a pas d’accent, car il n’y a pas des hauts et des bas comme en italien.

En fait, on utilise de façon erronée (virheellinen) le terme « accent tonique » (sanapaino), alors qu’on veut désigner un accent de phrase (lausepaino), qui n’est pas la même chose. Voir 9.2..

9.2. Nature de l’accent en français

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9.2.1. Une unité accentuelle plus vaste que le mot

En français, il y a bien un « accent » (voir 9.1.3.), mais contrairement au finnois, ce n’est pas le mot individuellement qui porte l’acccent : l’unité accentuelle est le groupe de mots. L’accent se manifeste par un changement dans l’énergie articulatoire qui provoque une différence

Une syllabe accentuée est plus longue, plus forte ou plus haute qu’une syllabe non accentuée. En moyenne, une syllabe accentuée est deux fois plus longue qu’une syllabe non accentuée. C’est un fait rythmique très régulier en français, mais tout cela est cependant relatif : les caractéristiques de durée, d’intensité et de hauteur peuvent varier mutuellement (keskenään) et parfois c’est l’intensité qui sera perçue comme marque de l’accent, parfois la hauteur. Au total, on peut dire que l’accent se manifeste par une proéminence (esiinpistävyys) dans le message sonore. La nature de cette proéminence est très va­ria­ble.

Ces différences sont cependant le plus souvent très petites. La durée est physiquement observable : dans la phrase je l’ai quit cet é, les syllabes durent environ 14 cs (cen­ti­se­con­des), sauf les deux syllabes , qui durent environ 26-28 cs. Comme on l’a vu au chapitre 8, la durée n’est pas forcément sentie comme une longueur : l’opposition entre voyelle longue et voyelle brève demanderait en français une plus nette différence. C’est la combinaison des trois éléments (durée, intensité, hauteur) qui montre qu’il y a « quelque chose ». Souvent les trois varient mutuellement de façon assez importante et on ne peut pas affirmer catégoriquement que l’accent est une différence de durée.

9.2.2. Des variations très subtiles

En français, ces variations sont très subtiles. Le sens du mot joue un aussi un rôle (terrible, amusant, bizarre peuvent être accentués différemment), et la structure syntaxique influence aussi l’accentuation (voir ci-dessous). Le souffle (hengitys) joue par exemple aussi un rôle démarcateur (erotteleva). De plus, à cause de l’intonation du français, la dernière syllabe d’un groupe peut très bien être prononcée plus bas (matalampana) et pourtant elle est accentuée ! Il y a donc plusieurs paramètres qui, ensemble, dé­ter­mi­nent la structure de l’accentuation.

En fait, comme le dit F. Carton, on perçoit l’accent par la discontinuité (epä­ta­sai­suus, kat­ko­nai­suus) : il y a des interruptions ou des changements par rapport à la normale. On ne peut pas affirmer que l’accent soit toujours marqué par une proéminence sur la syllabe finale d’un grou­pe. Même dans une phrase pro­non­cée de façon monotone, sans montée ou descente, il y a de petites variations, qui permettent de reconnaitre des groupes. Ces variations sont souvent très faibles et donnent l’impression aux étrangers habitués à un accent tonique que le français « n’a pas d’accent ». Quand on parle français, il ne faut donc pas appuyer inutilement sur une syllabe accentuée (comme les journalistes finlandais qui disent MacrOON ou Claude DebuSSYY).

9.3. Place de l’accent de phrase  

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9.3.1. Règle générale

En général, l’accent de phrase tombe sur la fin du groupe de mots :

un petit enfant blond
un petit enfant blond français etc.

L’accent a ainsi une fonction démarcative : il permet de découper des unités de sens facilement re­con­nais­sa­bles. En général, les unités de sens  correspondent à des unités syntaxiques (sujet, verbe, objet, com­plément circonstanciel etc.). Dans la phrase Ils ont passé leurs vacances en Finlande, il y a trois unités, qui peuvent être accentuées :

Ils ont passé  leurs vacances en Finlande.

Dans une phrase longue, l’accent introduit donc des sortes de « contrastes » :

Cet été, nous irons en Belgique et au Luxembourg et ensuite dans les Alpes et au Pays basque.

Mais en français l’accent est très variable, on peut découper des unités rythmiques très souples. On pour­rait très bien dire 

Ils ont passé leurs vacances en Finlande.

avec seulement deux syllabes accentuées ou même avec une seule syllabe accentuée :

ls ont passé leurs vacances en Finlande.

De plus, l’accent est plus fort à la fin d’un grand groupe rythmique. Dans la phrase citée plus haut, il y a deux accents principaux :

Cet été, nous irons en Belgique et au LuxemBOURG et ensuite dans les Alpes et au Pays BASQUE.

9.3.2. Important !

Dans tous les exemples précédents, les parties accentuées ont été mises en relief (korostettu) pour montrer où tombe l’accent. Mais dans la réalité, ces syllabes ne sont pas forcément pro­non­cées de manière très différente de la normale. Il faut se rappeler que l’accentuation ne signifie pas au­to­ma­ti­que­ment une différence de hauteur. De plus, l’accent de phrase peut par­fois être très faible — on le sent surtout comme un contraste avec le reste. Dans l’exemple précédent, il ne faut donc pas réellement ap­puy­er sur les syllabes [buʁ] et [bask].

Comment savoir où est l’accent ? Il correspond généralement au groupe syntaxique, à plus ou moins gran­de échelle. Il faut donc connaitre un peu la grammaire pour savoir découper en groupes syntaxiques. On peut ainsi opposer différentes constructions :

J’ai trou | ce film intéressant.
Löysin tämän mielenkiintoisen elokuvan.
J’ai trou | ce film | intéressant. (3 groupes)
Pidin sitä elokuvana mielenkiintoisena.

Mais l’accent ne suit pas toujours la syntaxe, car il y a beaucoup de mots non accentués qui forment un groupe avec le mot suivant (on appelle ces mots des clitiques) :

L’étudiant va ouvrir la porte. (3 groupes)
Il va ouvrir la porte. (2 groupes)

Bien que étudiant et il soient tous deux sujets, le pronom il est clitique et ne peut pas constituer un groupe accentuel. Comme le dit F. Carton, « on pourrait enseigner qu’il y a en français un accent chaque fois qu’on peut faire une pause sans nuire au sens ou à la grammaire ».

9.4. L’accent d’insistance  

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9.4.1. Description

Comme cela est expliqué p. 101, l’accent de phrase n’est pas forcément toujours très sensible. Il faut y ajouter un phénomène bien plus nettement sensible et très courant en français, l’accent d’insistance. Cet accent d’insistance se manifeste de la même manière que l’accent de phrase par une plus grande durée, une plus grande intensité et une plus grande hauteur que la normale. Là encore, les trois paramètres peuvent varier mutuellement, mais ces phénomènes sont toujours nettement plus forts que dans le cas de l’accent de phrase (dont on a vu que parfois il était à peine perceptible).

L’accent d’insistance tombe en général sur la première syllabe du mot ou élément sur lequel on veut insister. Il est donc à un tout autre endroit que l’accent de phrase. L’accent d’insistance s’entend souvent beaucoup plus nettement que l’accent de phrase, et comme il tombe sur le début du mot, c’est encore une raison de plus pour ne pas appuyer inutilement sur la dernière syllabe.

L’accent d’insistance permet de faire ressortir des unités plus petites que l’unité accentuelle habituelle. On l’utilise notamment

9.4.2. Similitudes avec le finnois

L’accent d’insistance est très typique du français moderne et il fonctionne de manière très souple. Comme le français n’a pas d’accent tonique comme l’anglais ou l’allemand, on peut très facilement ac­cen­tuer n’importe quelle syllabe (ou presque) qu’on veut souligner pour une raison ou pour une autre (par exemple dans l’enseignement … de la prononciation ou de la grammaire), ce qui n’est pas possible dans les langues utilisant un accent à fonction lin­guis­ti­que. On peut très bien dire en français « JE sais » (MINÄ tiedän) pour exprimer la même chose que « moi je sais ». Comme le dit Léon [86], « si les mots outils ne sont pas encore très souvent accentués, n’importe quel terme lexical peut pratiquement l’être au­jour­d’hui, sous l’influence de discours argumentatifs, radiophonique ou télévisuel. »

Du point de vue des finnophones, le résultat est que le schéma accentuel du français rappelle gran­dement celui du finnois, qui accentue la première syllabe des mots. Comparer :

Olen ihan tyytyväinen.
Je suis tout à fait satisfait.
Ottelu kesti kauhean pitkään, mutta se oli hirveän jännittävä.
Le match a duré vraiment longtemps, mais il était vachement passionnant.

9.5. L’intonation  

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9.5.1. L’intonation

Accent de phrase, accent d’insistance : dans les deux cas, il y des variations de hauteur qui accompagnent souvent les variations d’intensité et de durée. Comme l’intonation est en principe ce qui concerne la mélodie de la phrase, la hauteur musicale (c’est-à-dire une variation de fréquence en hertz), on constate qu’il y a donc déjà des variations mélodiques à cause de facteurs accentuels.

À ces variations mélodiques provenant de facteurs accentuels viennent s’ajouter les variations mélodiques provenant de l’intonation du français, et on comprend que les deux se mélangent de façon complexe et qu’il n’est pas toujours facile pour l’étranger (ni pour le phonéticien) de distinguer ce qui est intonation et ce qui est accentuation : accentuation et intonation sont souvent liées.

Sur un plan général, on peut constater qu’il est assez facile pour les finnophones d’interpréter les fonctions de l’intonation, car on retrouve souvent les mêmes choses (et les mêmes mélodies) en finnois et en français. Les finnophones n’ont pas le même genre de problèmes que les anglophones, qui ont tendance à placer la coupe syllabique et l’accent (notamment marqué par l’intensité) au mauvais endroit. Dans l’ensemble, le débit du finnois est assez monocorde, comme peut l’être celui du français.[87] Il y a donc tout un ensemble de problèmes qu’il est inutile de traiter avec des étudiants dont la langue ma­ter­nelle est le finnois.

Il existe évidemment dans les deux langues des types (des patrons) d’intonation différents, qui ne se ressemblent pas forcément, mais ils sont facilement reconnaissables. L’intonation expressive est riche et variée dans les deux langues, et sa compréhension est en général facilitée par les signes extralangagiers (gestes, mimiques, grimaces etc.).

En revanche, il est beaucoup plus difficile d’apprendre à imiter l’intonation d’une autre langue : cela demande d’abord une parfaite connaissance des nuances des mots et de la grammaire, et en général une longue pratique et … un séjour dans le pays. On trouvera dans la partie Exercices de prononciation une série d’exercices permettant de s’entrainer à l’intonation de base, et également d’avoir un aperçu des nuances supplémentaires que peut exprimer l’in­to­na­tion dite « expressive ».

9.5.2. Nature de l’intonation

Au niveau physiologique et acoustique, on retrouve les mêmes facteurs que dans l’accentuation : plus grande durée, intensité, hauteur, mais ici c’est surtout la hauteur qui est importante. Encore une fois, ce n’est pas elle seule qui donne l’impression auditive. Si la hauteur est absente, ce sont les autres facteurs qui sont renforcés. Il y a sans cesse un phénomène compensateur et régulateur (säätelevä). En résumé, l’intonation se compose de plusieurs élé­ments :

Pour l’intonation expressive, on ajoute même un niveau 5 (registre suraigu) et un niveau 0 (infra-grave). Le niveau 2 e st celui de la hauteur moyenne où on commence une phrase normale (on prononce aussi en général le euh d ’hésitation à ce niveau-là.)

On utilise souvent pour transcrire l’intonation des notations de type musical. Parfois, on utilise également des flèches.

9.6. Fonction de l’intonation  

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9.6.1. Au niveau de l’énoncé

L’intonation donne une information sur la manière dont il faut interpréter l’énoncé ; il y a ainsi trois types fondamentaux :

En variant l’intonation, on donne un sens différent à une suite de mots identiques, par exemple la phrase Tu viendras avec moi peut être prononcée avec trois intonations différentes :

Assertion
Interrogation
Ordre

9.6.2. Remarques

  1. L’intonation de l’interrogation n’est pas forcément très montante. En fait, il suffit que la mélodie ne descende pas aussi bas en fin de phrase que dans l’assertion (deux courbes possibles ont été indiquées).
  2. L’intonation peut à elle seule marquer l’interrogation ou l’ordre. Dans le cas de l’interrogation totale (à laquelle on répond par oui ou non) avec ordre des mots normal (sans inversion), c’est d’ailleurs uniquement l’intonation qui marque l’interrogation ; dans l’écrit, c’est transcrit par un point d’interrogation : Tu viens avec moi ? Dans l’interrogation totale avec inversion (Venez-vous avec moi ?) ou avec est-ce que,on utilise l’intonation descendante normale, car l’interrogation est déjà indiquée par des éléments syntaxiques. Dans l’interrogation partielle (avec quand, qui, qu’est-ce que, pourquoi etc., on a aussi un mot qui indique qu’il s’agit d’une question et on a donc en général une intonation descendante. Mais il est toujours possible d’avoir une légère remontée à la fin de la courbe.
  3. Dans le cas de l’ordre, il y a d’autres facteurs redondants : la forme du verbe à l’impératif (sachez vous tenir ! ne peut être qu’un ordre — à cause de sachez) ; il y a aussi dans la prononciation un facteur d’intensité (on prononce « plus fort » pour marquer l’ordre).
  4. À l’écrit, l’intonation est rendue par la ponctuation (virgule, deux-points, et surtout point d’exclamation et point d’interrogation). Mais ces signes de ponctuation ne correspondent bien sûr que de façon imparfaite aux riches nuances de l’intonation. On pourrait d’ailleurs dire d’une certaine manière que l’accentuation et l’intonation sont « la ponctuation de l’oral ».

9.6.3. Au niveau de la phrase : opposition thème/propos

L’intonation remplit une fonction syntaxique (au sens large du terme). Sur la ligne mélodique générale, elle permet de distinguer le thème et le propos (information donné et information nouvelle) ; en général le thème est plus haut, et le propos suit sur une ligne mélodique plus basse :

La semaine dernière, j’étais à Bruxelles
J’étais à Bruxelles la semaine dernière.

Dans la langue parlée, cette opposition devient systématique dans les constructions disloquées où on place d’abord le propos et ensuite le thème, et dans ce cas, l’intonation joue un grand rôle pour la compréhension, car la mélodie est très particulière :

Il est pas mal, ce film.
Il a une belle maison, ton frère.

9.6.3. Délimlitation des unités syntaxiques

L’intonation marque aussi la limite entre les grandes unités syntaxiques de la phrase : est-ce que la phrase continue ou bien est-ce qu’elle s’arrête ? Quand la mélodie reste « en l’air », on sait en général que la phrase va continuer, c’est la suspension (jatkuvuuden merkki) ; la suspension s’utilise aussi pour marquer les éléments d’une énumération :

La semaine dernière, j’étais à Bruxelles, j’ai donné des cours, j’ai vu des collègues et bu de bonnes bières.
Pour faire une vinaigrette, il suffit de peu de choses : huile, vinaigre, sel, poivre.

9.6.5. Délimitation entre principale et subordonnée

L’intonation marque souvent la limite entre proposition principale et proposition subordonnée appositive (relative ou circonstancielle) ou élément final rajouté et sans valeur essentielle pour la phrase. L’intonation sert à marquer une rupture (on parle de « parenthèse basse » ou « parenthèse haute ») :

Parenthèse basse (remarquer que la phrase finnoise observe pratiquement la même intonation.)
La Finlande, où il y a beaucoup de lacs, est un pays idéal pour la pêche.
Suomi, jossa on paljon järviä, on ihanteellinen maa kalastukselle.

Comparer la différence de sens sans parenthèse basse et avec parenthèse basse en finale :

Il n’est pas parti parce qu’il avait peur.
Hän ei lähtenyt sen takia, että hän pelkäsi.
 Il n’est pas parti, parce qu’il avait peur.
Hän ei lähtenyt, koska hän pelkäsi.
Parenthèse haute, en écho (dans les questions)
Il ne te plait pas, ce livre ?

On peut également indiquer par une rupture (vers le haut ou vers le bas) le début d’un nouveau passage ou d’une nouvelle idée :

Voilà ce qu’on peut dire de l’économie. En ce qui concerne la culture…

La rupture s’utilise notamment pour marquer l’asyndète (asyndeetti, absence de coordination), forme « d’enchainement » très courante en français utilisée par exemple pour indiquer une cause, ou pour marquer une opposition (là où le finnois emploie vaan) :

Il ne viendra pas aujourd’hui : les bus font la grève.
Il n’est pas français, il est suisse.

Remarque

Dans les deux exemples précédents, on voit que l’asyndète est « transcrite » par un deux-points : ce deux-points est souvent une manière très pratique de « traduire » des adverbes finnois comme vaan, nimittäin etc.

9.7. L’intonation expressive  

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9.7.1. L’intonation expressive

En plus de ces fonctions de type syntaxique, l’intonation a également une fonction expressive, qui permet de marquer colère, irritation, ironie, prière, menace etc. et qui est souvent difficile à imiter pour le non francophone. L’intonation expressive est marquée en général :

Tous ces éléments peuvent bien sûr varier entre eux. On peut classer l’intonation expressive en deux types :

9.7.2. L’intonation émotionnelle

Elle exprime les sentiments (colère, joie, indignation, prière etc.) ; dans ce cas, c’est en général la forme de la courbe mélodique qui change. Ci-dessous figurent des exemples de deux phra­ses prononcées sur différentes intonations qui leur donnent une valeur différente :

Viens avec moi.
neutre
prière
invitation
ordre menaçant
Tu n’as pas acheté de chocolat ?
Question neutre
surprise
déception

Il s’agit là seulement de quelques exemples ; les variations d’effet peuvent être nombreuses et peuvent comporter également des modifications d’intensité, de durée etc., qui accentuent encore l’expressivité (voir Exercices de prononciation).

9.7.3. L’intonation implicative

On utilise l’intonation implicative (vihjaileva) pour suggérer quelque chose sans le dire expressément (nimenomaisesti). Elle est le plus souvent marquée par une variation de hauteur sur un élément de la courbe (et non pas l’ensemble de la courbe). Les nuances qui peuvent être exprimées sont très nombreuses et dépendent bien sûr aussi du contexte d’ensemble. Pour comprendre une implication, il faut aussi connaitre le monde auquel elle se rapporte et toute sorte de présupposés (oletukset). Quelques exemples d’intonation implicative avec la phrase Je n’ai pas encore terminé :

Forme neutre, assertion
« Laissez-moi parler, si vous êtes poli. »
« Malheureusement, je n’ai pas réussi à terminer. »
« Je n’ai pas fini, ce n’est pas si simple, qu’est-ce que vous croyez ? » (ton indigné)
« « Il y a encore bien du travail, je le crains. »
« « C’est plus difficile que je ne pensais. »
« Cela prendra le temps qu’il faudra, vous n’avez qu’à attendre ! »

On trouvera des exemples complémentaires sous forme d’exercices dans la partie Exercices de prononciation.


Exercices de prononciation

10. Révision des principes orthographiques

10.1. Révision des règles graphiques élémentaires (1)  

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Note : les règles regroupées dans ce chapitre devraient être en principe connues de tous les apprenants ayant étudié le français pendant trois ans à l’école. Elles sont malheureusement trop souvent ignorées ou source d’erreurs, parfois même chez des étudiants avancés. Ces règles sont expliquées dans la partie Phonétique, mais comme celle-ci se déroule en même temps que les exercices de prononciation et que tout ne peut pas être expliqué en une seule séance, il peut être bon de faire un résumé des conventions graphiques esssentielles du français avant de commencer les exercices du laboratoire de langue. Une première séance sera consacrée à l’explication détaillée des règles, les exercices proprement dits se trouvant au chapitre 10.3. Les indications « Voir Exercice 1, 2 etc. » renvoient aux exercices correspondants du cha­pi­tre 112.

1. Une consonne finale ne se prononce pas.

Principe général : une consonne à la fin d’un mot ne se prononce pas :

nez, tabouret, prix, avis
effet, corps, nid, long, longtemps etc.

Dans de nombreux mots, ces consonnes se sont prononcées à une époque de l’histoire du français, puis se sont amuïes (muuttua ääntymättömäksi). Il y a de très nombreuses exceptions et graphies illogiques (voir chapitre IV), mais en ce qui concerne les adjectifs, cette règle est pratiquement sans exception. En effet, prononcer la consonne finale, c’est mettre l’adjectif au féminin (dans la graphie, en ajoutant e) :

[pəti] petit (masculin) / [pətit] petite (féminin)
[luʁ] lourd (masculin) / [luʁd] lourde (féminin)
[lõ] long (masculin) / [lõg] longue (féminin)
[ʒeɑ̃] géant (masculin) / [ʒeɑ̃t] longue (féminin)

XXX

Erreur à éviter : il ne faut pas prononcer la consonne finale quand l’adjectif est au masculin ! Ex. : Ce garçon est petit *[pətit] : il faut prononcer [pəti]. Parmi les quelques exceptions chez les adjectifs (p. 23 §2a), il y a des mots en -t, où le t se prononce au masculin : net, brut, mat (re­mar­quer qu’il s’agit de mots existant en finnois : netto, brutto, matta). [Voir Exercice 1].

2. Prononciation de y

Principe général : la lettre y (« i grec ») se prononce toujours [i], et jamais comme l’y finnois ! Combiné avec -n ou -m, y se comporte comme i et devient nasal :

le type, à Lyon, la syntaxe, le cycliste, Annecy
la synthèse, un synonyme, la physique, le xylophone
un lynx, la myrtille, à Chypre, le larynx, la psychologie etc.

Erreur à éviter : il ne faut pas prononcer [y]. La lettre y vaut (on sama kuin) toujours i. Attention notamment aux mots qui existent aussi en finnois et où l’y finnois induit en erreur :

psyykkinen [psy-] / psychique [psi-]
psykologia [psy-] / psychologie [psi-] etc. [Voir Exercice 2].

3. Prononciation de c

Principe général :

c devant a, o, u se lit [k] :

le cas [ka], la côte [kot], couper [kupe], le cuivre [kɥivʁ]

c devant e, i, y se lit [s] :

le ciel [sjɛl], cynique [sinik], le pouce [pus]

À noter :

  1. quand c correspond à [s] (devant e, i, y), il est toujours sourd !
  2. on peut transformer c + a, o, u en [s] en ajoutant une cédille : ç + a, o, u = [s] le maçon [masõ], en français [-sɛ], déçu [desy]
  3. inversement, on peut transformer un c devant e et i en [k] en utilisant le digramme qu : vaincrevainqueur (et non *vainceur), ou bien en
  4. le groupe cc devant e, i, y se prononce [ks] : accident [aksi-], succès [syksɛ], coccinelle [kɔksi-], Ajaccio [-ksjo], vacciner [vaksine], coccyx [kɔksis], etc.

La cédille était à l’origine un petit s placé sous le c, indiquant que le c devait se lire [s], exactement comme dans la lettre suédoise å, le ̊ est à l’origine un petit o indiquant que le a doit se lire comme [oː].

Erreurs à éviter :

  1. Il ne faut pas lire c ou ç comme [k] ; c’est une erreur fréquente quand on doit lire un mot nouveau ; attention notamment à l’influence des mots d’emprunt en finnois : kyyninen en finnois avec [ky-] / cynique en français avec [si-] ! [voir Exercice 3] ;
  2. il ne faut pas prononcer de chuintante (suhuäänne). On constate souvent des hésitations sur la prononciation des mots en -ance ou -ence : certains apprenants pro­non­cent une chuintante. Il faut dire nettement [s] : la tendance, l’élégance, l’importance, la France [voir Exercice 4].

4. Prononciation de g

Principe général :

g devant a, o, u se lit [g] :

gai [gɛ], la gorge [gɔʁʒ], aigu [egy]

g devant e, i, y se lit [ʒ]

le gingembre [ʒɛ̃ʒɑ̃bʁ], la gerçure [ʒɛʁsyʁ], un nageur [naʒœʁ], un gynécologue [ʒinekolɔg]

On peut transformer g + a, o, u en [ʒ] en ajoutant un e  (qui fonctionne en quelque sorte comme la cédille dans le cas de c+a/o/u) :

ge + a, o, u = [ʒ], un geai [ʒɛ], nous mangeons [mɑ̃ʒõ], soulageant [sulaʒɑ̃], la gageüre [gaʒyʁ]

Inversement, on peut transformer un g + e, i en [g] en ajoutant un u :

gu + e/i = [g], le guide [gid], la guerre [gɛʁ].

On utilise le même procédé pour transformer c en [k] dans les mots écueil, recueillir etc., dans lesquels ue = eu (eu ouvert) : si on écrivait *éceuil, on lirait [esœj]. Mais d’habitude, pour transformer c(+ e/i) en [k], on utilise le graphème qu : je vaincs / ils vainquent. Le groupe cui- se prononce [kɥi] : cuivre, cuisse, cuir etc. En italien, par exemple, on peut trans-former un c + e/ i en [k] en ajoutant h (chi, scherzo).

Dans les mots de la famille de suggérer (suggestif, suggestion etc.), gg transcrit [gʒ] :[sygʒeʁe]

Erreur à éviter : il ne faut pas lire [g] devant i, e, y : gigantesque doit se lire [ʒigɑ̃tɛsk] et non *[gigɑ̃tɛsk] ; attention notamment à l’influence des mots d’emprunt en finnois : gynekologi en finnois avec [gy-] ~ gynécologue en français avec [ʒi-] [Voir Exercice 5].

5. Tableaux-résumés c/g

Les deux tableaux suivants présentent un résumé des combinaisons possibles obtenues avec les lettres c et g et permettent de montrer la logique d’ensemble.

Perspective 1 : valeur phonématique de la lettre en fonction de la voyelle qui suit
c [k]cacocuquequiquy
c[s]çaçoçucecicy
g[g]gagogugueguiguy
g[ʒ]geageogeü(geu)gegigy

Remarques

Perspective 2 : système graphématique
de la transcription des constrictives et des occlusives par c et g

Constrictives [s/ʒ]

Occlusives [k/g]

ce

ci

cy

que

qui

quy

ça

ço

çu

ca

co

cu

ge

gi

gy

gue

gui

guy

gea

geo

geü (geu)

ga

go

gu

10.2. Révision des règles graphiques élémentaires (2)  

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1. Prononciation de e

Principe général (voir règles p. 6) :

   e sans accent + 1 consonne = [ə] e muet
   e sans accent + 2 (3) consonnes = /E/ (è plus ou moins ouvert)

À l’intérieur d’un mot, quand e est suivi d’une seule consonne et ne porte pas d’accent, il se prononce [ə] ; quand il est suivi de deux consonnes, e se lit [ɛ] (plus ou moins ouvert) :

relire [ʁəliʁ] airelle [ɛʁɛl]
petite [pətit] mettre [mɛtʁ]
fenêtre [fənɛtʁ] renne [ʁɛn]

Il y a des exceptions, par exemple quand la deuxième consonne est un l, un r ou un h, il faut mettre un accent pour marquer [ɛ] ou [e] (voir les détails p. 6 §2 et suivants) :

reflet əflɛ] réfléchir efleʃiʁ]
reprise əpʁiz] réprimer epʁime]

Erreur à éviter : il ne faut pas lire e comme [e]. Il ne faut pas prononcer par exemple

Exemple prononciation erronée prononciation correcte
demande *[demɑ̃d] [dəmɑ̃d]
petite *[petit] [pətit]
mesure *[mezyʁ] [məzyʁ]

2. Prononciation de gn

Principe général : le groupe gn est normalement un digramme (voir p. 36) qui transcrit anciennement [ɲ], aujourd’hui [nj].

Erreur à éviter : il ne faut pas prononcer [gn] :

la Bretagne, une araignée, en Espagne, l’Auvergne, Allemagne
[bʁətanj, aʁɛnje, ɛspanj, ovɛʁnj, almanj]

Il faut notamment faire attention aux mots qui existent aussi en finnois, comme signal / signaali magnétique / magneettinen : en finnois gn est lu [ŋgn], il faut donc bien lire magnétique [manjetik] et non pas [maŋgnetik] !

Exceptions (voir en détail p. 36 §3) :

  1. quand gn est en début de mot, il se prononce [gn] : gnome, gnostique, gneiss, gnou etc. De même dans les dérivés du radical grec gno-: agnostique, diagnostic etc.
  2. gn se prononce [gn] dans les mots d’origine latine stagner, stagnant, stagnation, pugnace, pugnacité, cognitif, cognition [voir Exercice 7].

3. Prononciation de -er

Principe général : en position finale (à la fin des mots), le groupe -er est normalement un digramme (voir p. 39 §2 et suivants), qui transcrit [e] :

le passager, le portier, un cavalier,
en dernier, régulier, les premiers
Garnier, Cartier, Rocher, Béziers, Angers etc.

Erreur à éviter : il ne faut pas prononcer *[eʁ] ou *[ɛʁ]. C’est une faute de prononciation grossière (karkea) et malheureusement très fréquente chez les finnophones. Le r ne se prononce pas !

C’est le même mécanisme avec -et, qui équivaut à un digramme dans les mots tabouret, complet, goret, replet, concret etc., et où les finnophones ne prononcent jamais de [t]. Pourquoi faut-il alors prononcer le R dans les mots en -er ?

Cette règle concerne plus de 11 000 verbes du premier groupe, des centaines de noms, des centaines d’adjectifs etc. (voir exemples p.136 exercice 2 à 4), au total environ 12 000 mots dans lesquels -er final = [e]. Prononcer le r peut provoquer des erreurs de compréhension ou de grammaire : les deux premiers passagers prononcé par erreur *[ledøpʁəmjɛʁpasaʒɛʁ] signifie « les deux premières passagères » (ensimmäiset kaksi naismatkustajaa).

Exceptions :

  1. Onze (11) mots français courants, où le r se prononce : fer, mer, ver, cher, fier, hier, cuiller (graphie ancienne ; graphie moderne : cuillère), amer, cancer, hiver, enfer ;
  2. des noms scientifiques (assez peu nombreux) d’origine grecque ou latine : master, sphincter, ester, liber, éther, polyester, etc.
  3. des mots d’origine étrangère (très nombreux…) : setter, bulldozer, reporter, hamster etc. [voir Exercice 8].

4. Pas d’élément consonantique dans les voyelles nasales

Les voyelles nasales, comme leur nom l’indique, sont des voyelles. Elles ne contiennent pas d’élément consonantique. Dans entendant, on prononce donc six phonèmes, pas neuf :

Exemple prononciation erronée prononciation correcte
entendant *[ɑ̃ntɑ̃ndɑ̃n] [ɑ̃tɑ̃dɑ̃]
impossible *[ɛ̃mposibl] [ɛ̃posibl]
en janvier *[ɑ̃nʒɑ̃nvje] [ɑ̃ʒɑ̃vje]

Les seules exceptions sont les cas de liaison avec voyelle nasale (avec les mots un, aucun, mon, ton, son, en, on, voir p. 93 §2).

5. Pas de liaison après et

On ne fait jamais la liaison après la conjonction de coordination et (finnois ja). En effet, faire la liaison pourrait provoquer une confusion avec est, forme du verbe être, et donner parfois des résultats comiques :

un homme et une femme se lit [ɛ̃nɔmeynfam]
et non *[ɛ̃nɔmetynfam]
qui signifierait ”mies on nainen” [Voir Exercice 9].

10.3. Principes graphiques : exercices

Version d’archive non mise à jour. Pour consultation uniquement. Reproduction, impression et diffusion interdites.

Les règles sur lesquelles portent les exercices qui suivent sont expliquées en détail au point  10.1. et 10.2.

Exercice 1

Consonne finale prononcée / non prononcée

longblondcuitfatigant
vertpetiteméchantepassionnant
doucegrosélégantparente
épaissegrisedégoutantprudente
contenteabsentamusanterésistant

Exercice 2

La lettre y (i grec) se prononce [i]

le typeà Lyonla syntaxele cycliste
Annecyla synthèseun synonymela physique
une symphoniele stylole xylophoneun lynx
la myrtilleà Chyprele larynxla psychologie

Exercice 3

Valeur de la lettre c devant e, i, y

la tendancel’élégancel’importancela France
la connaissancela constancela clémencel’expérience
la portancela performancel’endurancela résistance

Exercice 4

La lettre c ne doit pas être lue comme [ʃ]

le ciell’importancele maçoncertain
la cerisele commercesans façonsla glace
la cirel’acieren françaisacyclique
le garçonle commerçantcyniquedéçu
un cycleun caciquele péricycledes glaçons

Exercice 5

Valeur de la lettre g selon la voyelle qui suit

la fatiguele givrefatigantgigantesque
la tige le gui soulageantagir
la gorgenous mangeonsdiligentla gerçure
Georgesgaiaigula gynécologie
le sergentguèreun geaile gingembre

Exercice 6

Valeur de la lettre e

menacerse reposerdepuisvenir
la demandepetitele degréla mesure
le regardla grenouilleune cerisele repos
deboutla religionle retardla fenêtre
le merisierregarderil a reçurepasser
le besoinredirele remordsla recherche

Exercice 7

Valeur du digramme gn

la montagneune araignéeen Espagnel’Auvergne
la campagnele peigneun agneauqu’il atteigne
l’épargnemagnifiquedes lasagnesil saigne
un enseignantmignonun signalen Champagne
ignobleun ognonla châtaignemagnétique
l’Allemagnele vigneronun vignoblebaigner

Exercice 8

Valeur du digramme -er en finale

le passagerle portierun cavalieren dernier
régulierles premiersle cahierle potager
entierle dangerun lancerun cuisinier
le boulangerun dentierles pompiersun cerisier
gagnerrépugnerdésigneraligner

Exercice 9

Liaison interdite après et

doux et affectueuxen Suède et en Finlandeen hiver et en été
beau et aimableen mai et en juinà Paris et à Lyon
un garçon et une filledes bonbons et un jouetun homme et une femme

Phrases

Je vais au lycée à bicyclette.
Ton pantalon est trop grand.
Il n’est peut-être pas très élégant, mais il est très intelligent.
Autour des grandes villes, on voit beaucoup d’hypermarchés.
Elle a eu tellement peur qu’elle a perdu connaissance.
Tu aurais pu répondre un peu plus vite.
Sois prudent quand tu rentreras.
Ulysse est le héros mythique de l’Odyssée.
Tu crois que la poule va repondre un œuf aujourd’hui ?
Reprenez depuis le début de la mesure.
Au début, il était debout devant la fenêtre.

10.4. Difficultés diverses  

Version d’archive non mise à jour. Pour consultation uniquement. Reproduction, impression et diffusion interdites.

Ce chapitre présente un certain nombre de mots dont on constate fréquemment qu’ils sont mal prononcés, le plus souvent à cause d’une graphie illogique. Il ne s’agit donc pas véritablement de problèmes phonétiques, mais plutôt de difficultés de « déchiffrement ». Les exercices ont pour objet d’illustrer des règles qui sont expliquées en détail aux chapitres IV et VI. Ils présentent un certain nombre d’exemples représentatifs et relativement courants ; ce ne sont évidemment pas les seules graphies bizarres ou illogiques : on trouvera une liste complète p. 201.

Prononciation du groupe -mn-

Normalement, le groupe de lettres mn se prononce [mn] : amnistie, somnoler, gymnaste etc. Dans les mots damner et automne (et leurs dérivés et composés), il équivaut à [n].

Exercice 1

l’amnistiele gymnasesomnoleren automne
amniotiquela gymnastiqueautomnalla damnation
un gymnoteamnésiquecondamnablecondamner

Prononciation de -ay- et -aï- / -oï-

La prononciation de -ay- ne devrait pas poser de problèmes, puisque ce groupe correspond normalement à [εj/ej], donc une seule syllabe . Cependant, dans les mots pays, paysan et leurs dérivés, et abbaye, on fait la diérèse, il correspond donc à [ei], en deux syllabes, voir p. 44 §4a
- pays [pei] = 2 syllabes, et non [pεj], 1 syllabe = (il) paye ou (la) paye ;
- paysan [peizɑ̃] : 3 syllabes ;
- abbaye [abei] : 3 syllabes (et non 2 syllabes : ce serait [abεj] abeille).
On trouve cependant une assez grande quantité d’exceptions, notamment des noms propres comme Fayard, La Fayette, Bayonne, ou encore mayonnaise, où ay = [aj], voir p. 44 §4b.

Exercice 2

il paye*effrayantun paysanune abbaye
essayezbalayerdépayserun beau pays
en ayantque nous ayonsla paysanneriele paysage
un rayonpagayerl’arrière-paysun paysagiste

Les verbes en -ayer peuvent se conjuguer avec [j] (il paye [ilp ɛ j]) ou sans [j] (il paie [ilp ɛ]) ; les formes en -aye ([ɛj]) sont nettement plus fréquentes dans la langue parlée que celles en -aie, qui s’utilisent essentiellement dans la langue écrite.

Exercice 3

Attention à la prononciation du groupe /  : il équivaut à deux syllabes ; le nombre de syllabes de chaque mot est indiqué entre parenthèses (voir p. 44 §3). Il faut faire attention à bien prononcer le [i] : le maïs = [mais] et non *[majs], naïf = [naif] et non *[najf], ovoïde [ovoid] et non *[ovojd] etc. Comptez les syllabes que vous prononcez et vérifiez que le compte y est (määrää täsmää) !

haïr (2)c’est naïf (2)du maïs (2)l’archaïsme (3)
deltaïque (3)altaïque (3)la cocaïne (3)le dadaïsme (3)
les Danaïdes (3)la naïveté (3)haïssable (3)haïtien (3)
jamaïquain (4)le judaïsme (3)la laïcité (4)la mosaïque (3)

Exercice 4

laïque (2)ovoïde (3)du celluloïd (4)dioïque (3)
prosaïque (3)égoïste (3)des stéroïdes (3)la thyroïde (3)
naïvement (3)une héroïne (3)un astéroïde (4)un polaroïd (4)
les Caraïbes (3)Moïse (2)un hautboïste (3)*le taoïsme (3)

         * Prononcé [oboist].

Prononciation de ch

Le groupe de lettres ch transcrit normalement le son [ʃ]. Cependant, dans un certain nombre de mots d’origine grecque, il équivaut à [k] : chorale [kɔʁal], archétype [aʁketip]. Voir explications p. 32 §2a.

Exercice 5

ch = [k]

le psychologuele lichenl’échoun choriste
un psychiatreun chœurle cholérale cholestérol
l’archéologiela chorégraphieun chiromancienun archétype
une orchidéeun orchestrearchaïqueune psychose
le chaosla dichotomiemanichéenmachiavélique

Exercice 6

ch = [ʃ]

psychique psyykkinenun architecte arkkitehti
un archiprêtrele psychisme psyyke
un archipel angl. archipelagoune bronchite
le chancelier kansleriun archevêque arkkipiispa
machinalle chirurgien kirurgi
le rachitismeun chérubin kerubi
des archives arkistole tendon d’Achille Akilleen jänne
un pachydermebachique Bacchuksen

Le digramme en transcrivant [ɛ̃]

Le digramme en transcrit normalement [ɑ̃]. Il y a cependant un assez grand nombre de cas où il transcrit [ɛ̃]. Ce sont souvent des mots d’origine savante tirés du latin et surtout du grec.

Exercice 7

un pensumbenthiqueun agendaun pentagone
une paracentèsele placentaun benjaminun benjamina
un référendumun rhododendron le benjoinépenthétique
du benzène l’amniocentèse le pentathlonun appendice

En se prononce aussi [ɛ̃] dans la terminaison d’adjectif : européen, italien, manichéen etc.

Lettres « fantômes », graphies spéciales

Il y a en français des milliers de cas dans lesquels certaines lettres ne se prononcent pas. L’exercice ci-dessous présente quelques mots qui occasionnent le plus souvent des erreurs (parfois chez les francophones eux-mêmes), ainsi que quelques graphies spéciales. Les lettres « fantômes » sont en bleu clair dans l’exercice.

Exercice 8

le compteexempt1le cerfun taon
prompt1la sculptureun serfun oignon2
le baptêmeun comptableun nerfl’encoignure (p. 36 §2)
baptiserun chef-d’œuvreun faonsaoul3
sculpterune clef4un paonen aout

1. Mais on prononce le p dans promptitude, exempté. Dans dompter et dompteur, l’usage est hésitant, on prononce le plus souvent avec [p] : [dõpte] etc.).
2. Graphie ancienne encore fréquente de ognon (sipuli).
3. Graphie non rectifiée de soul.
4. Graphie parallèle de clé, qui est la graphie moderne à préférer.

Exercice 9

vingtl’instinctsuccinctle caoutchouc
les amygdalesle flancun accrocdes crocs
des joncsdistinctdu tabacil vainc
un tronc le respectl’estomacle plomb

Phrases

Le chef de la chorale est américain.
La chorégraphie du ballet ne m’a pas plu.
Cette remarque n’était pas exempte de malice.
En Laponie, il y a des paysages extraordinaires.
Moi, je les trouve plutôt effrayants.
La chitine est une substance qui durcit la peau des insectes.
Le chien avait des crocs acérés.
Tous les condamnés ont été amnistiés.
Cette aquarelle dépeint un paysage automnal.
Un psychiatre n’est pas forcément un psychanalyste.
Le mot clé s’écrit parfois encore avec un f (clef).
Le cholestérol est un des sujets de discussion favoris des Finlandais.
Chaque matin, il mangeait des flocons de maïs.
L’échographie se pratique systématiquement pour les femmes enceintes.
Mais l’amniocentèse coute encore assez cher.

11. Les consonnes sonores

11.1. Les occlusives sonores : [b]  

Version d’archive non mise à jour. Pour consultation uniquement. Reproduction, impression et diffusion interdites.

Pour prononcer une occlusive sonore, il faut que les plis vocaux vibrent. La cavité supralaryngale se remplit d’air, on doit sentir le « gon­fle­ment ». Voir explications et re­com­man­da­tions p. 20 (Le voisement, et notamment §2b) et p. 22 §1. Penser à exagérer la sonorité.

Exercice 1

[b] initial, explosion facile. Bien exagérer la sonorité.

basboutbutblond
bubisbancblanc
baibon beurbleu
bienbassebonneblet

Exercice 2

Mots avec [b] initial et intervocalique (ne pas lire les articles entre crochets [ ] ).

bombé[un] bobo[le] bambin[un] boubou
baba[un] bon bain[un] babouin[un] bonbon
babiller[une] bobine[un] beau bébé[du] babeurre
[une] bonbonne[une] babiole[un] bas bleu[du] bon beurre

Exercice 3

Paires minimales avec opposition [b] / [p]

peut / bœufspou / boutpan / bancpar / barre
pus / bupont / bonpeau / beaupois / boit
pas / baspain / bainport / bordplomb / blond
paie / baiepied / biaispuits / buisplan / blanc

Exercice 4

Paires minimales avec opposition [b] / occlusives sourdes

patte / battepotée / botterpote / bottepiquet / biquet
pique / biquepâté / bâtépack / bacpète / bête
paquet / baquetponter / bontépic / bicton paquet/ton baquet

Exercice 5

Opposition [b] / occlusives sourdes

tombanttes basun pub*qui boit
tuber ton bienpas bonqui bout
tabou ton tabacimpubèreun caban
tout beau une pibaleune pimbêcheun cobaye
ton tibia tu as peu buun cabasle cambouis

* Dans le mot pub, comme dans tous les mots d’emprunt anglais, le u se prononce [œ] : [pœb]. Voir p. 71 §2 et Exercice 4 p. 133.

Exercice 6

[b] final. En finale, l’énergie et la tension restent constantes. Le [b] final doit être très sonore.

il tombela jambeles lombesun club*
la bombeune robesnobun lobe
Bobun crabearabeun baobab
à l’aubeune colombeles limbesun nabab

* Même remarque que ci-dessus pour pub : on prononce [klœb].

Exercice 7

[bː] (b long, rencontres de deux [b])

ça tombe bienla bombe basculele crabe bouge
un tube bleuune robe beigeune gerbe blanche
la jambe boueusele verbe boireun club belge

Exercice 8

Opposition [b]/ occlusives sourdes. Bien alterner sourdes et sonores, ne pas sonoriser ou assourdir toutes les occlusives !

un caboteurincapabletitubant ton tambour
ta poubelle tout au bouttout est tombécoupable
pas tout bucomptableimpalpable incompatible
en combattantun embouteillageil a peu buton bâton

Exercice 9.

Opposition [b]/ occlusives sourdes

du pain blancun topinambourbipartitela puberté
une betteravenon potableen t’abattantas-tu tout bu ?
ta bouteilleun habitantplombépas beaucoup
pas bien payéton bâtimentton bateauun tabou

Phrases

Je crois que les voisins ont eu un bébé.
Bertrand est allé faire du football.1
Le lavabo est encore bouché !
Je n’ai pas pu boire toute la bouteille.
C’est le parti républicain qui a gagné.
Ce débutant est un buteur remarquable.
Tu tiens le bon bout.
Ils sont restés longtemps sur un banc public.
Il nous a offert une bonbonne de bon beaujolais.
La salle était pleine d’un bout à l’autre.2
Il est peu probable qu’il accepte.
Cela ne pose pas de problème.
Le petit bébé babillait dans son berceau.
Ton chien n’aboie pas beaucoup.

1. -ball se prononce [bol]. Voir note p. 131  exercice 8, et p. 79 §2.
2. On fait la liaison entre bout et à [butalotʁ]. C’est un cas de liaison rare au singulier. Voir p. 93 §1.

11.2. Les occlusives sonores : [b]  

Version d’archive non mise à jour. Pour consultation uniquement. Reproduction, impression et diffusion interdites.

Reprise du chapitre précédent avec des mots en partie différents.

Exercice 1

[b] initial, explosion facile

le boutla bileun bondle bac
c’est bondéc’est beauune billej’ai bu
une bouleun balaiun basle bec
une baleineun bancc’est bleuune baie

Exercice 2

mots avec [b] initial et intervocalique

un bébéun bobole bambinun boubou
faire bombanceun bon bainun babouinun bonbon
une bobinebabillerbombédu boudin blanc
une bonbonneun babaun bas bleudu bon beurre

Exercice 3

[b] intervocalique

un abbéun hobbyhabileun carambolage
un habiten Birmanieà boutoublier
c’est bienébahiça sent bonRobert
au bainen bascibléune framboise
il a bul’embarrasle volley-ballun rabat

Exercice 4

[b] final

un tube la jambeles lombesimpensable
la bombeune robesnoble trouble
Bobun crabepossibledu sable
à l’aubeune colombeincroyablenoble
arabeun club*ça trembleinoubliable

* Voir note p. 113, exercice 5.

Exercice 5

Paires minimales avec opposition [b] / occlusives sourdes

patte / battepotée / botterpote / bottecapot / cabot
pique / biquepâté / bâtépack / bacton pain / ton bain
paquet / baquetponter / bontépic / bicton paquet / ton baquet

Exercice 6

Opposition [b] / occlusives sourdes

tombanttes basun pubqui boit
tuber ton bienpas bonqui bout
timbale tabacimpubèreun caban
tout beau une pibaleune pimbêcheun cobaye
ton tibia les Pays-Basun cabasle cambouis

Exercice 7

Opposition [b] / occlusives sourdes

ta poubelle tout au bouttout est tombécoupable
pas tout bucomptableimpalpable incompatible
une betteravenon potableen t’abattantas-tu tout bu ?
un taboupas beaucouple métabolismepas bien payé

Exercice 8

Opposition [b] / occlusives sourdes

ta bouteilleun habitantplombéil s’est débattu
pas possible !abattuton bâtiment en combattant
ton bateauimprobabletout basincapable
l’autobusc’est habilece n’est pas beau un embouteillage

Exercice 9

Opposition [b] / occlusives sourdes

un topinambourton cabaspas possible !tout bas
ta comptabilitéton tambourtout est tombé cet autobus
une républiquec’est au boutun banc publicc’est tout bête
il a peu buton bâton cet incubateur la prépuberté

Phrases

Je crois que les voisins ont eu un bébé.
Rien de tel qu’une bonne bouteille de bière !
Sabine tient une petite boutique de bijoux fantaisie.
Bertrand est allé faire du football.
Le lavabo est encore bouché.
Cette fois, je change de plombier !
Tu tiens le bon bout.
Je n’ai pas pu boire toute la bouteille.
C’est le parti républicain qui a gagné.
Ce joueur belge est un buteur remarquable.
Ils sont restés longtemps sur un banc public.
Il nous a offert une bouteille de bon beaujolais.
Il est peu probable qu’il accepte.
C’est inhabituel !
Le petit bébé babillait dans son berceau.
Ton chien n’aboie pas beaucoup.
Ce soir à la télé, il y a un film sur Robin des bois.
Nous, on va au match de rugby1 Béziers-Bayonne2.
Le stade sera probablement comble.
Le boxeur s’est remis sur ses jambes en titubant.
La salle était pleine d’un bout3 à l’autre.
Les premières cellules seraient nées d’une « soupe prébiotique ».

1. Le mot rugby se prononce [ʁygbi], pas *[ʁœgbi] ni à l’anglaise *[ʁʌgbi]).
2. Bayonne se prononce [bajɔn] (voir p. 44 §2e). Sur la prononciation de Béziers, voir 10.1.3.
2. On fait la liaison entre bout et à [butalotʁ]. C’est un cas de liaison rare au singulier. Voir p. 93 §1.

11.3. Les occlusives sonores : [d]  

Version d’archive non mise à jour. Pour consultation uniquement. Reproduction, impression et diffusion interdites.

Les mêmes remarques sont valables que pour [b]. Il faut s’efforcer au début d’exagérer la sonorité, et surtout de ne pas prononcer des [d] faibles à la fin des mots. L’important est de faire vibrer les plis vocaux. Voir explications et recommandations p. 20 (Le voisement, et notamment  §2b) et p.23 §1.

Exercice 1

[d] initial, explosion facile

douxdontdes
daimdosdeuxdent
ditd’undarddire
doigtdorédixdéçu

Exercice 2

Mots avec [d] initial et intervocalique

au dododéduitdédiése dandiner
un dédaledoduun dindonun addenda
un dadadix disquesdedansdodeliner
deux doigtsun dandyle dédaindédouaner

Exercice 3

Paires minimales avec Opposition [d] / [t]

tout / douxteint / daimtire / diretonne / donne
tu / dutôt / dostard / dardtance / danse
temps / dentte / detort / dorttope / dope
ton / dontoit / doigtté / détaxe / Dax

Exercice 4

Paires minimales avec Opposition [d] / occlusives sourdes

tenté / dentépétale / pédaletâter / daterpentu / pendu
couter / coudécoté / codétaquin / Daquinconté / condé
toc / dockpétant / pédantpontant / pondanttoper / doper

Exercice 5

Opposition [d] / occlusives sourdes

tu dispas douxconduitdéca
tondu penduton dontendu
ta dent dompter [dõte]donccadet
tout durponducandiun cadeau

Exercice 6

[d] final

le coudeune ondeblondehumide
un nomadeune amandeGidela rade
en Indeune dindeen Finlandeacide
la paradede l’aidele jadecandide

Exercice 7

Il y a un [dː] (d long) lors de la rencontre du mot de avec des mots commençant par d.

je viens de descendreje viens de dire qu’il est absent
je viens de donner un euroil ne veut pas de disques
il ne veut pas de disputesil n’y a pas de danger
il n’a plus de dentsil ne veut pas de discussion
il n’achète pas de dictionnaireelle revient de Dinan

Exercice 8

Opposition [d]/ occlusives sourdes

en t’attendantun décodeurun députétudesque
en t’entendantle pédonculeton caddiepudique
contondantbipèdedécaperune cascade
qu’as-tu dit ?édentéen tapenadeune peccadille

Exercice 9

Opposition [d]/ occlusives sourdes

radicalcathodiqueredouterune rotonde
quotidienun dockendettéun équidé
découpécandideta cadettecaduc
accoudépas du toutta pédicureantidaté

Phrases

Achète-moi un tube de dentifrice.
Rendez-vous samedi à midi.
Il n’y a pas de doute à ce sujet.
J’ai commandé un plat de crudités.
Il est entré sur la pointe des pieds.
J’en veux deux douzaines.
C’est une déduction difficile à contredire.
Je lui ai donné du thé.
Je ne veux pas de cadeau.
L’as-tu dit à ta sœur ?
Elle t’a dit tout ce qu’elle savait.
Il n’y a plus de danger.
Il est à Dijon, comme tu t’en doutais.
Il aurait pu te donner un peu plus d’argent.
Je suis tout à fait démoralisé.
Ta timidité est un handicap.
Le haut débit est devenu tout à fait banal.
Mais le très haut débit est peu répandu.
Les ventes de télévisions 3D augmentent rapidement.

11.4. Les occlusives sonores : [d]  

Version d’archive non mise à jour. Pour consultation uniquement. Reproduction, impression et diffusion interdites.

Reprise du chapitre précédent avec des mots partiellement différents.

Exercice 1

Mots avec [d] initial et intervocalique

endureren donnantdécidémadame
une odeuridylliqueidiotun dédale
adorerl’additiondoduun dindon
un idéallundiun dadadix disques
un décideurse dandinerredondantdédouaner

Exercice 2

Mots avec [d] initial et intervocalique

débiledoubler un débat au début
à samedidébuter un adulteun bandit
un bandageun bidonbadiner la BD
c’est bondé du bœufdu bléau dodo

Exercice 3

[d] final

une toquadeune rocadeune pommadeen rade
un acidela Hollandelucidede la salade
l’ambassadela piperadeune pinèdeen Finlande
tièdeun oxydela marmeladesplendide
en Suèderaideen Islandeun suicide

Exercice 4

Opposition [d] / occlusives sourdes

une attitudedépendantà Budapest*fétide
que dis-tu ?daté du dixton cadeaul’auditoire
en t’aidanten t’attendantdu doigtéqu’as-tu dit ?
fatidiqueen t’entendanttu t’en doutesun quotidien

* Attention à la prononciation de Budapest : [bydapɛst] (avec un [y], à la française) et non [bu-].

Exercice 5

Opposition [d] / occlusives sourdes

j’ai tout donnésans douteune dictéeétant entendu que
la dotta détentedéguerpirle datif
bipèdetrépidantindubitablementque dis-tu ?
contondantton dentistec’est douteuxen t’attendant

Exercice 6

Opposition [d] / occlusives sourdes

décadentdétenduquotidienton cadeau
des rodomontadesl’entendementdébouterles décapodes
un intermèdeun lagopèdecet auditoireta dédicace
un quadrupèdela limpiditédilapiderla datation

Exercice 7

Opposition [d] / occlusives sourdes. Avec les mots quand et grand, et avec les verbes du 3e groupe dont le radical se termine par un -d, dans la liaison avec un mot commençant par une voyelle, d se prononce [t] : un grand avion [gʁɑ̃tavjõ], quand il a dit [kɑ̃tiladi], répond-il ? [ʁepõtil]. Voir Types phoniques de liaison, p. 89 §2.

un grand arbreun grand admirateurquand on dort
quand on donnequand on descendcomprend-elle ?
un grand adolescentquand on doutequand eux décident
attend-il ?quand on dépensel’entend-on dire ?
quand on ditun grand adeptese détend-il ?
son grand-oncleun grand-anglerépond-elle ?

Exercice 8

Opposition [d] / occlusives sourdes

la dépendanceun catadioptredans tout débaten bout de table
intimidantune rotondeendettédécoupé
c’est odieuxen tandemcette audaceun équidé
tout tenduquotidienta cadettecaduc
radicalun dockredouterpas du tout

Phrases

Il est interdit de doubler dans un virage.
Rendez-vous samedi à dix heures et demie.
C’est tout à fait démodé !
Il est indifférent aux dangers.
Sers-moi deux doigts de madère.
Le temps est humide.
Ton attitude me désespère.
Comprend-il que c’est dans son intérêt ?
C’est indubitable.
Il est très timide.
Je ne veux pas de cadeaux.
Détendez-vous, voyons !
T’a-t-il dit qu’il devait déjeuner avec nous lundi ?
Mais non, pas du tout !
C’est une déduction difficile à contredire.
On n’a pas eu beauoup de difficultés pour trouver la gare.
On s’est laissé guider par notre navigateur GPS.
L’avion perd rapidement de l’altitude.
Les débitants de tabac sont ouverts le dimanche.
Je veux beaucoup de beurre sur ma baguette !
Pas de problème, Monsieur.
Il n’y aura pas de dessert aujourd’hui !
Quand Odile a dit ça, personne n’a plus rien dit.
Il n’a cessé de dire des bêtises.
J’ai oublié l’heure du départ du train.
Le devant de la cour était décoré d’œillets d’Inde.
Abou Dhabi et Dubai sont deux villes des Émirats Arabes unis.

11.5. Les occlusives sonores : [g]  

Version d’archive non mise à jour. Pour consultation uniquement. Reproduction, impression et diffusion interdites.

Les mêmes remarques sont valables que pour [b] et [d]. Voir explications et recommandations p. 20 (Le voisement, et notamment  §2b) et p.25 §1.

Exercice 1

Mots avec [g] initial, explosion facile

gaiguériun gazune gaine
gaucheguèreun guidedu gui
gagnantgauloisles gondsdu gout
garniguindéun garsle gain

Exercice 2

Mots avec [g] initial et intervocalique

gagala guéguerregoguenardà gogo
une guinguettele gant gaucheGogolGauguin
un gugusseGagarinede guingoisen goguette
à glaglagooglerglagolitiquele gagaku

Exercice 3

Paires minimales avec opposition [g] / [k] et [g]/occlusives sourdes

quand / gantclan / glandcosse / gossequêter / guetter
quai / gaicourt / gourdcoffre / gaufretaquer / taguer
corps / gord quart / gareencart / hangarbaquet / bagué
cou / goutquête / guettequiche / guichecouter / gouter
qui / guicoute / gouttequota / gothapaquet / pagaie

Exercice 4

Opposition [g] / occlusives sourdes

ton gâteaugothiquetes gantsdégoutant
une agatetanguerégoutterdistingué
la gouttièreun tangoqui gagne ?Singapour
gâterfatigantpas galantveux-tu gouter ?
gantésanguinolentquand on gaspilledu rutabaga

Exercice 5

[g] final

c’est vagueune mangueun dialogueun sigle
la langueun bègueun radiologuesur l’ongle
une diguerogueune intrigueun angle
une baguelongueun gongun gang
une dagueen voguedingueune sangle

Exercice 6

[g] long (rencontres de deux [g])

une longue guérisonun dialogue guindéune vague garantie
une longue guirlandeune bague guillochéeune blague gauloise
ils voguent gaiementle psychologue guéritune longue glissière

Exercice 7

Opposition [g] / occlusives sourdes

gigantesquele tout-à-l’égoutc’est intrigantagglutiné
pagayerChicagoc’est agaçantau Portugal
une pagodedéguerpirc’est angoissantc’est à gauche
dégusterun guêpiersecondaire*tout augmente

* Dans second et les mots de la même famille : seconde, secondaire, seconder, c se lit [g] : [səgõ], voir p. 25 §2.

Exercice 8

Même exercice

un cataloguec’est égalles Galápagosqui t’a guéri ?
prodiguerfatigantdiphtonguécataloguer
un catogandégoutanttes bigoudisportugais
la gouttièreun tangoqui gagne ?des téguments

Phrases

Ce petit gâteau a un gout douteux.
Le pêcheur a pêché une longue anguille.
La petite Agathe s’est déguisée en garçon.
Le kouglof est un gâteau alsacien.
Guy habite à Garges-les-Gonnesse.
As-tu lu des bandes dessinées de Gaston Lagaffe ?
Tiens-toi bien à ton guidon.
Inutile de te fatiguer.
Il t’a gâché tout ton travail.
Peux-tu me prêter ta gomme ?
J’ai les doigts glacés et engourdis.
Je n’ai jamais mangé une aussi bonne meringue.
Venise est connue pour ses gondoles.
Nous n’avons que des documents fragmentaires.
Il est trop tôt pour faire un diagnostic valable.
Veux-tu gouter du gâteau ?
Pendant nos vacances en Afrique, nous avons vu Tombouctou et Ouagadougou.
Une dague est un petit poignard.
Il travaille dans un garage à Gagny.
Cet accident a fait des dégâts.
Ce thé te guérira de ton mal de gorge.
Mets tes gants, sinon tu auras froid.
Goute ce délicieux malaga.
Peux-tu me prêter ta guitare ?
Ce gâteau est un cadeau pour toi.
J’ai trouvé la recette du gâteau en googlant sur Internet.
Nous avons dansé un tango.
Bagdad est la capitale de l’Irak.
Les habitants du Togo s’appellent les Togolais.
Et ceux du Congo, les Congolais.

11.6. Les occlusives sonores : révision  

Version d’archive non mise à jour. Pour consultation uniquement. Reproduction, impression et diffusion interdites.

Exercice 1

Occlusives sonores en finale

en Indeune amandedans le sudil y a du monde
à l’aubeincroyablenobleun club
ça trembleinoubliableune ondec’est fade
c’est vagueune mangueun dialogueun sigle
la langueun bègueun psychologueun nomade

Exercice 2

[d] initial et intervocalique

déduireun dindonun dadaun dédale
des désdeux disquesau dododes dents dures
Didierdu dedansdodudes deux doyens
dédommagerdes doigts de doux dinguesben dis donc !
pas de doutepas de donspas de dangerla débandade

Exercice 3

[b] et [g] initial et intervocalique

de guingoisça tombe bienun bibelotGauguin
une robe bleueun tube blancgagafaire bombance
un bon bainun babouinle gant gaucheune bobine
à gogogoguenarden goguetteGogol
babiller bombéun bonbonune bonbonne

Exercice 4

Opposition occlusives sourdes / occlusives sonores

dépendantdaté du dixqu’as-tu dit ?la rapidité
une betteravenon potableen t’abattantas-tu tout bu ?
gâterfatigantpas galantveux-tu gouter ?
pédalerl’auditoiretout édentétu t’en doutes

Exercice 5

Opposition occlusives sourdes / occlusives sonores

il a peu buen combattantau Portugalton tablier
c’est égalgigantesquele tout-à-l’égoutimpudique
ton attitudel’a-t-il dit ?tout douxc’est agaçant
du pain blancun topinambourla poubelleune pimbêche

Exercice 6

Opposition occlusives sourdes / occlusives sonores

une pagaietanguerc’est aiguiséton gâteau
égouttergothiquetes gantsdégoutant
ta bouteilleil est à boutplombéil s’est débattu
c’est habileun habitantfatidiquec’est tout bête

Exercice 7

Opposition occlusives sourdes / occlusives sonores

c’est embêtantton départpagayerChicago
ton bateauimprobabletout basincapable
un députéen t’aidanten t’entendantdu doigté
une agateGaspardPéguydistingué
dubitatifla culpabilitéun banc publicqu’étudies-tu ?

Exercice 8

Opposition occlusives sourdes / occlusives sonores

débuterrépublicainton tambourtout est tombé
dégusterune guêpedotertout augmente
gantéun navigateurquand on gaspilledu rutabaga
un taboupas beaucouple métabolismepas bien payé
pas possible !la pubertéà Budapestton bâtiment

Phrases

Nous habitons place de la République.
J’ai les doigts glacés et engourdis.
Nous irons voir le match de rugby Béziers-Bayonne.
Le stade sera probablement comble.
Inutile de te fatiguer.
C’est une déduction difficile à contredire.
Les débitants de tabac sont ouverts le dimanche.
J’ai entendu parler du départ de ton directeur.
Ce gâteau est un cadeau.
Ce soir à la télé, il y a un film sur Robin des bois.
As-tu lu des bandes dessinées de Gaston Lagaffe ?
Dimanche, on dansera à la fête du village.
Elle portait une robe de chez Dior.
Il est à Dijon, comme tu t’en doutais.
Ta timidité est un handicap.
Veux-tu gouter du gâteau ?
C’est un baba au rhum.1
Ce débutant est un buteur remarquable.
Il nous a offert une bonbonne de bon beaujolais.
Il est peu probable qu’il accepte.
Mets tes gants, sinon tu auras froid.
On dit que le pain blanc n’est pas bon pour la ligne.
Pour Noël, elle m’a offert de beaux gants.
D’habitude, c’est toujours un bidule inutile.
Au moins, tu ne risques pas d’égarer le bon de garantie.
Didier vient d’acheter un décodeur numérique avec disque dur.
C’est un modèle bas de gamme bon marché mais tout à fait fiable.

1. Rhum se prononce [ʁɔm].

11.7. L’enchainement consonantique  

Version d’archive non mise à jour. Pour consultation uniquement. Reproduction, impression et diffusion interdites.

L’enchainement consonantique est étudié en détail en 7.2. Il est étudié ici parce que :

Pour les détails théoriques et les conseils de prononciation, se reporter à la p. 87. Pour faire mieux res­sortir le phénomène de l’enchainement consonantique et montrer que la consonne qui se rattache au mot suivant forme une nouvelle syllabe avec la voyelle, prononcer dans tous les exercices en exagérant l’accent d’insistance sur la syllabe concernée : un-NAnimal (exercice 1), de-ZActions (exercice 2), ave-CAttention (exercice 3) etc.

Rappel :

  1. Sous l’effet de l’enchainement consonantique, dans avec attention, par orgueil etc., ce n’est pas seu­lement la voyelle initiale qui est appuyée, mais tout le groupe CONSONNE + VOYELLE : ave-CA-ttention, pa-ROR-gueil.
  2. Dans les mots terminés par le groupe CONSONNE + re / le, c’est le groupe final de deux consonnes (bl, tr, vr, cl etc.) qui passe à l’initiale du mot suivant (voir p. 87 §3). On ne doit donc pas dire notre autre ami *[nɔtʁəotʁəami] mais : [nɔtʁotʁami]. Prononcer ici [ə] est une très grosse faute qu’il faut absolument éviter.

Exercice 1

Enchainement consonantique dans la liaison avec les déterminants

un animalun amourun arbrecet avion
un hommeune oliveune hirondellecette explication
un aspirateurun auteurcet étéquelle histoire
un amiun instantcet oiseauquel ennui

Exercice 2

Enchainement consonantique dans la liaison avec les déterminants

des actionsces avancesc’est égalc’est agaçant
des aventuresces appareilsc’est ennuyeuxc’est incroyable
des outilsces Allemandsc’est horribleil est intelligent
des offrandestes exploitsc’est amusantelle est anxieuse

Exercice 3

Enchainement consonantique dans liaison avec des verbes

avec attentionpour oubliersur ordonnancevers Amiens
pour obtenirpar orgueilsur enquêteavec efficacité
pour illustrerpar habitudevers octobreavec obstination
pour expliquer par inadvertancevers une heureavec anxiété
par avionpar entêtementvers Ivryavec étonnement

Exercice 4

Enchainement consonantique dans la liaisons avec on et en

on accuseon obligeon utiliseon hérite
on oublieraon arriveon affirmeon entend
en Irlandeen attendanten islandaisen achetant
en apportanten Indeen Angleterreen allemand

Exercice 5

Enchainement consonantique dans liaison avec mots divers

certains endroitsquelques exemplestrès épaissans intérêt
certains auteurstout abimétrès inquietsans argent
certains aspectstoujours ensembletrès amicalsous anesthésie
quelques abricotstrès efficacetrès humainsans autorité

Exercice 6

Prononciation du e final interdite. Voir p. 87 §3.

votre attention [tʁa]dix contre un [tʁɛ̃]un autre ouvrier [tʁu]
notre accord [tʁa]notre influence [tʁɛ̃] notre humeur [tʁy]
quatre assiettes [tʁa]votre avance [tʁa]à quatre heures [tʁœ]
notre ordinateur [tʁɔʁ]notre adresse [tʁa]quatre épisodes [tʁe]

Phrases

La fenêtre est ouverte.
C’est une longue anguille.
Je veux partir avec eux.
On ira en Espagne en avion.
Est-ce agréable ou pénible ?
C’est un argument très intéressant.
Ce diamant pèse un gramme et demi.
Il espère encore et toujours.
Il arrive toujours en retard.
Il est parti ventre à terre.
Hélène entre avec une amie.
Quelle est votre activité préférée ?
Le chapitre à lire est difficile et long.
Il a offert une montre élégante à cette amie.
Nous allons pouvoir nous mettre à table.
La voiture était couverte de givre et de glace.
Ils sont allés en Finlande et en Suède.
Je vais attendre un peu.
Encore un petit effort.

11.8. L’enchainement consonantique  

Version d’archive non mise à jour. Pour consultation uniquement. Reproduction, impression et diffusion interdites.

Reprise du chapitre précédent avec des mots en partie différents.

Exercice 1

Enchainement avec déterminants, pronoms sujets

un espacemes étudiantscette histoirecet exemple
une armoireses aveuxcet oscet aspect
des alimentsleurs idéescette habitudeil est énervant
des insultescette invasioncette actionelle est humiliée

Exercice 2

Enchainement avec verbe être, déterminants divers

c’est impossiblec’est interditquel incendietout habillé
c’est incroyablec’est aprèsquelle idée !tout excité
c’est absurdec’est encore moitout abimétout horrifiée
c’est oséquelle obstinée !tout affoléela même allumette
c’est en basquelle attitudetout unila même antenne

Exercice 3

Enchainement avec prépositions diverses

avec attentionpour oublierpar avionsur ordonnance
avec humourpour obtenirpar orgueilsur enquête
avec efficacitépour illustrerpar habitudevers octobre
avec obstinationpour effacerpar inadvertancevers une heure
avec anxiétépour en finirpar entêtementvers Ivry
avec étonnementpour expliquer par ordrevers Amiens

Exercice 4

Enchainement avec en, on

en automneen affirmanten Afriqueen avance
en espèceson arriveon oublieon attendra
on écouteen ouvranten Irlandeen hiver
en Allemagneon oseon accélèreon est heureux
on en inviteraen Écosseon organiseen expert
on entre icien opposanton insinueen abattant

Exercice 5

Enchainement avec le groupe CONSONNE + re / le devant voyelle. Ne pas prononcer d’[ə] dans les grou­pes CONSONNE + re/le + VOYELLE. Prononcer franchement les nouvelles syllabes comme indiqué.

votre attention [tʁa]dix contre un [tʁɛ̃ ]un autre ouvrier [tʁu]
notre accord [tʁa]notre influence [tʁɛ̃] notre humeur [tʁy]
quatre assiettes [tʁa]votre avance [tʁa]à quatre heures [tʁœ]
notre ordinateur [tʁɔʁ]notre adresse [tʁa]quatre épisodes [tʁe]
votre éducation [tʁe]votre arrivée [tʁa]se mettre assis [tʁa]
être ivre [tʁi]contre eux [tʁø]être heureux [tʁø]

Exercice 6

Enchainement avec le groupe CONSONNE + re / le devant voyelle

votre intentionquatre étudiantsun autre accent
battre en retraitevotre accidentnotre intérêt
un autre ouvrageun autre inspecteurl’épargne annuelle
mon pauvre amiquatre élanscontre elle
votre auditoirenotre éducationun autre adulte

Exercice 7

Enchainement avec le groupe CONSONNE + re / le devant voyelle

souple et gracieuxample et confortable
un autre exempleune montre en or
un autre outilune œuvre intéressante
une autre orangeun couvercle en verre
un couple adorableune autre université

Exercice 8

Enchainement avec le groupe CONSONNE + re / le devant voyelle

une table en noyerl’autre agent
une autre essenceun autre étranger
la montagne en éténotre autre ami
notre autre appartementL’être et le néant
un érable immensemettre en berne
en Espagne ou au Portugalun peuple individualiste

Exercice 9

Phrases. Se rappeler qu’on ne fait jamais la liaison après la conjonction de coordination et !

Le film était remarquable et passionnant.
Il m’impressionne énormément.
La fenêtre est ouverte.
Je voudrais un autre apéritif.
Il faut prendre un taxi et partir immédiatement.
La rencontre est annulée.
Il neige encore.
Je veux partir avec eux.
Mon oncle Alexandre habite à Lyon.
Il faut mettre encore une autre assiette.
L’équipe adverse mène déjà quatre à un.
Notre équipe doit trouver un autre entraineur !
Ce sera dans quatre ans.
Il veut être attentif à leurs désirs.
Ce type est idiot.
Ils sont allés en Finlande et en Suède.
Je vais attendre un peu.
Vous partirez avec Maude à neuf heures et demie.
C’est une femme aimable et très serviable.
On va prendre un verre au café du coin.
Il a trouvé un moyen simple et efficace.
Il dort la bouche ouverte.
Le problème semble impossible à résoudre.
C’est un argument très intéressant.
Il faudra le prendre en compte.
Il nous ouvre enfin.
Je ne pourrai pas répondre à leur invitation.
Je le trouve ennuyeux.
Nous avons un autre avis sur cette enquête.
Nous allons pouvoir nous mettre à table.
La voiture était couverte de givre et de glace.
Tout est arrangé.
C’est incroyable et horrible.
J’ai tout oublié.
Est-ce que la machine marche encore ?
La campagne en été est très belle.
Ce bateau fait la liaison entre Douvres et Calais.
J’ai repeint la table en vert.
Il faut que j’écrive une lettre à Mylène.
Je n’ai pas pu lui répondre à temps.
Encore un petit effort.

11.9. Prononciation de [s]  

Version d’archive non mise à jour. Pour consultation uniquement. Reproduction, impression et diffusion interdites.

La bonne maitrise de s sourd est nécessaire pour une bonne prononciation de s sonore (et, par opposition, des chuintantes). Voir les recommandations pour la prononciation de [s] en 4.6.. Le phonème [s] doit être net et sifflant. Se rappeler qu’il faut que les bords de la langue soient en contact avec les dents, « écrasés » entre les dents.

Exercice 1

[s] initial

sasusanssourd
sonsotsessale
sisoussesel
saintsuissceausept

Exercice 2

[s] transcrit c ou ç

ceicifoncéen ponçant
çavoiciprécisun maçon
cecien deçàspécialdes gerçures
merciune piècereçuun poinçon
ceux-làglacialfrançaisun commerçant

Exercice 3

[s] final

un osfacticeça poussele tonus
sixun irisexpressle tennis
un lisun ananasun atlasun prospectus
une thermosl’oxalisun busjadis
ramasse !un papyrusun tournevisun virus

Exercice 4

[s] final (mots en -ance ou -ence)

la prudenceune expériencel’essenceavec insistance
la constanceune tendancel’assistancesans consistance
l’élégancela condescendancela connaissanceces circonstances
en Francel’innocencel’ascendancesous licence
la pénitencedes stancesla surveillancel’obéissance

Exercice 5

[s] dans le groupe [sj] (mots avec -ti ou -si)

la nationune sectionune ponctionla gentiane
une missionune portionpartielsa diplomatie
une cautionune motionmartialune idiotie
la directionsa dictionà satiétéla démocratie
une rationdes sanctionsspatialla calvitie

Exercice 6

Mots avec plusieurs [s]

ceux-cices sessionsdes saucissessa cicatrice
en cessantsaucerça s’amasseça saigne
ses soucisc’est çasa souplesseune bissectrice
sa sœursans cessecent sixces sociétés
sensuelsocialla sécessionà cent sous

Exercice 7

Mots avec plusieurs [s]

un sascent sixun synopsisun rhinocéros
du xérèsl’accessionla succioncet accessoire
des vexationssuccessifune fixationle laxisme
sexuelune luxationsaxonbissextile
excessifune coccinelleaccessibleasyntaxique

Exercice 8

Mots avec plusieurs [s]

l’occiputl’oxydationun excipientle coccyx
une initiationune processionla scissionla sénescence
sans décencel’effervescencela puissancela suprématie
essentieldans ce senssa suspensionsous ce sceau
du cassisses soucissans concessionsdu saucisson

Exercice 9

Mots avec plusieurs [s]

sans spécifierc’est si sales’associersans ces signes
ses possessionssursoirla passationsa cassation
grossissantune 505épaississantsix-cent-six
photosensibleun assassinasocialsans sursis
vraisemblableasexuéamincissantl’ascension sociale

Exercice 10

[s] long. Dans le mot se, supprimer le [ə] (e en gris) pour obtenir [sː]

ça se saitça se saurails sont tous sauvés
ça se soigneen se sauvantils sont tous surpris
ça se saleen se sacrifiantils sont tous sans papiers
ça se sucreen se savonnantils sont tous cinglés

Phrases

Commence sans moi !
S’ils sont si sûrs de leur fait, laisse-les faire.
Tout se sait ici.
Ça tombe sous le sens.
Ça, c’est sûr !
Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes ?1
Elle danse si bien.
C’est une critique sans concessions.
Occire est un verbe archaïque qui signifie « tuer ».
On se sauve !
Ça se casse souvent.
Ce roi est mort sans descendance.
Ça, c’est sensationnel.
Elles sont six.
Ils sont tous ici.2
Ne sois pas si sceptique !
Son agressivité et son cynisme sont surprenants.
Elle ne sort jamais sans sa sœur.
Il est si sensible.
Sa sincérité se lit dans son regard.
Le poinsettia a une grosse fleur rouge.
Ce plat se sert très chaud.

1. Citation célèbre de la tragédie Andromaque, de Racine (datant de 1667).
2. Quand tous est déterminant, l’s n’est jamais prononcé : tous les ans, tous mes amis. Quand il est pronom, comme ici, l’s se prononce, toujours sourd, [s], même devant voyelle : ils sont tous ici [tusisi]. Il peut néanmoins devenir sonore à cause de l’assimilation de sonorité, ils sont tous debout /ilsõtuzdəbu/. Voir les règles de liaison avec Tout – tous p. 95, et l’assimilation p. 97.

11.10. S sonore [z]  

Version d’archive non mise à jour. Pour consultation uniquement. Reproduction, impression et diffusion interdites.

Les règles concernant la prononciation et la transcription de [z] sont présentées en détail p. 27 et p. 30. Le s sonore est un phonème très fréquent en français, il faut le surveiller particulièrement. En général, tous les finnophones sont capables de le prononcer : simplement, ils l’oublient trop souvent. Il faut au début faire un réel effort pour que la prononciation de s sonore devienne peu à peu automatique.

Exercice 1

[z] intervocalique (exemples de [z] transcrit z)

la zoneun bazaren Zambieun zoom [zum]
l’azurle zéphyrun zouavele zèle
douzezéroune douzaineles alizés
un zèbreMozartsur le zinc [zɛ̃g]le Venezuela
en zigzagle zoole zénithbronzer

Exercice 2

[z] intervocalique ( [z] transcrit s)

oservisiterla télévisionune invasion
le désertchoisirun roseauséduisant
mon cousinse raserarroserdeuxième*
le hasarddéguisédémoralisésixième

* Dans certains déterminants ou adjectifs numéraux, la lettre x s e lit [z], voir p. 30.

Exercice 3

[z] intervocalique ( [z] transcrit s)

une raisondésirerun faisan [fə-]oiseuse
un paysannuisiblel’Élyséeun dixième
un baiserl’Asievisibledix-huit
arroserla cellulosenuisibledix-neuvième

Exercice 4

[z] final

la rusedanoiseune buseun mélèze
une fraiseà Veniseà sa guisela marquise
une doseanglaisefinlandaisec’est du gaz
en bronzeune gueuzel’emphaseseize
la phrasela mayonnaiseune chemiseBerlioz

Exercice 5

Opposition [z] / consonnes sourdes

du poisonimposerdéposerfrançaise
suffisantle lactosele glucoseune pézize
exquiseà l’occasiondécomposerentreposer
un trapèze une topazeune ceriseson épouse

Exercice 6

Opposition [z] / consonnes sourdes

une synthèseun trapézistequelques-unsazoté
le Caucasetranquillisantebyzantinempesé
du piséune paqueteuseun compositeurcicatriser
le casinoprosaïqueen Tanzanieune causette

Exercice 7

Opposition [s] / [z]

la concisionl’insuffisancedu sésameun musicien
en saisonses excusesla précisionl’ascèse
rosissantsaisirpensez-ydésespéré
assaisonnerà seize ansla positionassise

Exercice 8

Opposition [s] / [z]

à Byzancesaisissantces incisivesce seizain
dans un magasinsans en faireun anesthésistecisailler
sans essayerla civilisationcette positionl’insuffisance
une improvisationmésestimerdésosséune pizza salée

Exercice 9

Exceptions à la règle « des deux voyelles ». Dans un nombre limité de cas, s transcrit [z], bien qu’il se trouve entre une voyelle et une consonne. Voir p. 30 §2a.

transila transhumanceLisbonnesubsister
transitiftransitoireà Strasbourgla subsistance
la transitiontransigeren Alsacele balsa
un transistordu jerseySaint-Pétersbourgbalsamique

En plus des noms propres mentionnés ici, on prononce parfois aussi Israël et Islande (et leurs dérivés) avec [z].

Rappel : s peut aussi transcrire un s sourd, bien qu’il se trouve entre deux voyelles, dans carrousel (certains prononcent cependant carrousel avec  [z]), dans des mots composés semblable > vraisemblable, suffisant > autosuffisant, septique > antiseptique, syntaxique > asyntaxique, sensible > photosensible etc. Voir p.30 §3a.

Phrases

Pour la Toussaint, les gens achètent des chrysanthèmes.
Cette Finlandaise a seize ans.
Saisissez-vous la différence ?
Je veux que tu te taises.
Je suis allé à un concert de musique classique.1
Moi, je préfère le jazz. [dʒaz]
Zoé causait avec sa cousine en cousant dans la cuisine.
Il est rentré bronzé de ses vacances au Brésil.
Je n’ai pas le temps de lire beaucoup de magazines.
Il a pris le train pour le Vésinet à la gare Saint-Lazare.
Ses vêtements étaient tout usés.
Elle s’est assise sur une chaise dans la cuisine.
Cette année, nous avons eu une très belle arrière-saison.
La voiture zigzaguait à plein gaz entre les camions.
Notre voisin a habité seize ans en Tanzanie.
La télévision utilise le procédé de la synthèse additive des couleurs.
On entend dehors la douce musique des tondeuses à gazon.
C’est une des plaies des zones résidentielles.
Il subsiste encore des zones obscures dans sa relation des faits.
Le dessert était misérable : des fraises ratatinées, sans chantilly.

1. Attention à bien prononcer un [k] long : [myzikːlasik].

11.11. S sonore — la liaison  

Version d’archive non mise à jour. Pour consultation uniquement. Reproduction, impression et diffusion interdites.

Exercice 1

[z] intervocalique (révision)

la zonele bazarl’azurle zéphyr
une douzainefaire du zèleen zigzagla zoologie
la roséeune chaisele muséeen crise
un zigotolyonnaisela maisonnéezézayer
un vasec’est hasardeuxen Tanzaniele désir

Exercice 2

[z] intervocalique (révision)

une phraseraisonnerdésobéirune périphrase
mesurerune doseciviliséasiatique
baliserirlandaiseécraserle paysage
la dérisionquasimentLisbonnesubsister

Exercice 3

Opposition [z]/[s](révision)

un musicienisocèleune propositionune supposition
douteuseen Alsacebaptiserdécisif
avec précisionla positionincisifhors saison
le désespoirune décisionciselerdésapprouver
assiseavec aisancesans enthousiasmeun réquisitoire
l’antithèsela concisionle désistementl’insuffisance

Exercice 4

[z] dans la liaison (voir p.90 §1) avec déterminants. Ne pas oublier la règle de l’enchainement consonantique !

les amisquels ennuisses espoirscertains élèves
des enfantsces exemplesnos habitudesplusieurs heures
ces oiseauxquels honneurstrois oiseauxquelques années
mes étudiantesquelles histoiresleurs idéesdivers aspects
tes explicationscertaines astucesvos assistantsdifférents auteurs

Exercice 5

[z] dans la liaison : prépositions, pronoms, verbes.

chez eux sans espoirlis-envous êtes arrivées
chez un voisinsans issuegoutez-yje suis embarrassé
chez un amisans y penserbois-envous avez indiqué
dans une usinesous un toitdonnes-enTu es expert ?
dans un ansous une tenteallez-yj’étais allé

Exercice 6

[z] dans la liaison avec adjectifs antéposés au pluriel

de bons amismes chers étudiantsde petits ennuisleurs maigres efforts
de longs étésde graves illusionsde grands autocarstes dures attaques
de longues annéesde grands ensemblesles longues avenuesces tristes hivers

Exercice 7

[z] dans la liaison avec six et dix devant voyelle

dix amisà six heuresdix épreuvessix huitres
en six ansdix-huiten six épisodesdix affreux films
dix hommesdix-neufdix autobussix autres enfants

Si six et dix sont utilisés seuls, ou s’ils sont suivis d’un autre mot qu’un nom ou adjectif, l’x se prononce [s] : j’en veux six [sis], entre 6 et 10h [sisedis] (prononcé couramment avec ellipse du mot heures), de 10 à midi [dədisamidi] etc. Sur la prononciation des consonnes finales des noms de nombre, voir GRFLE p. 136.

Exercice 8

[z] dans la liaison avec plus devant comparatif commençant par une voyelle (sur la prononciation du mot plus, voir p. 29).

plus actifplus utileplus importantplus intéressant
plus intelligentplus avancéplus efficaceplus assuré
plus aimableplus agaçantplus adaptéplus organisé
plus oséplus isoléplus aiséplus exquise

Phrases

Nous avons eu de la pluie pendant toute la saison.
Cette Danoise a dix-neuf ans.
Il te désapprouvera, sois-en sûr.
Saisissez-vous la différence ?
Ces analyses ne sont pas très précises.
Il y a eu hier de violents orages.
De nombreuses caves sont sous eau.
Plusieurs centaines de foyers sont sans électricité.
Gisèle est vendeuse dans un magasin de chaussures.
Achète-lui des chrysanthèmes et des œillets.
Je veux qu’il te dise la vérité.
J’écoute beaucoup de musique classique.
J’irai chez eux à deux heures.
L’épée était aiguisée comme une lame de rasoir.
Je n’ai pas le temps de lire beaucoup de magazines.

11.12. S sonore : x = [gz] / révision  

Version d’archive non mise à jour. Pour consultation uniquement. Reproduction, impression et diffusion interdites.

La lettre x transcrit deux consonnes, soit [ks], soit [gz]. Voir explications p.30. En résumé :
x = [ks] règle générale : boxer, texte, axé, oxygène
x = [gz] dans le préfixe ex- devant voyelle ou h : examen, exhorter, et dans le préfixe hexa-
x = [z] deuxième, sixième, dixième, dix-huit, dix-neuf
x = [s] soixante, Bruxelles

Exercice 1

x = [gz] dans le préfixe ex-

c’est exactexacerberdes exactionsun exocet
exiguc’est exaltantun examenexaspérer
des exhortationsen exilexhiberun exutoire
exaucerexécrableune exécutionl’existence

Exercice 2

x = [gz] dans le préfixe ex-

des exhalaisonsexempterl’exécutifexulter
examinerexhaustifexotiquehexagonal
de l’exotismel’exode ruralexhumerun hexamètre
quelle exubérance !l’exactitudeen deux exemplairesl’exobiologie
ces exercices une exonération s’exercerune exoplanète

Exercice 3

x = [ks] (cas général)

désaxéde l’oxygènetoxiqueun saxophone
luxueuselexicaliséla syntaxele maximum
mixerinflexibledes vexationsla réflexion

Exercice 4

[z] dans toutes positions

c’est la zoneils sont onzeen Zambiec’est en bronze
quel bazar !à 12hla zizaniela mayonnaise
françaiseà treize anszigzaguerune marquise
Mozartquatorzele Zambèzeil m’accuse
Byzancecasanierle zodiaqueazuré

Exercice 5

Exceptions à la règle « des deux voyelles » (p. 30 §2).

il est transila transhumanceLisbonnesubsister
transitiftransitoireà Strasbourgsubsidiaire
la transitionintransigeanten Alsacele balsa
un transistordu jerseySaint-Pétersbourgbalsamique

Exercice 6

[z] dans la liaison

des assurancesla saisiesans intérêtfais-en
sous-exposémes chers élèvesce fut décisifsans enthousiasme
la subsistancec’est démesuréprends tes aisessans assaisonnement
quels espoirssans en serviren trois épisodesun musicien
rebaptiser*deux usineschez un dentistede petits enfants

* On ne prononce pas le p des mots de la famille de baptiser (baptême, rebaptiser etc.) : [ʁəbatize]. Voir p. 159, exercice 8.

Exercice 7

[z] dans la liaison

ils y sontdouze douzainesj’en avais enviecausatif
des jours entiersd’autres idéauxdeux entréeschoisissez
dix longues annéesquelques oublisdans un magazine dans un asile
plus actifplus aimableplus osépensez-y

Exercice 8

[z] dans la liaison

plus assurésous un pontsans effortsous antibiotiques
plus amusantpas encoredans un ande dix à midi [disa-]*
en dix ansj’en veux sixà six heuresentre six et dix [sise-]*
chez euxdeux amisdix appelssix et six douze [sise-]*

* Dans ces constructions, le mot heures est sous-entendu ; dans ce cas on ne fait pas de liaison en [z], puisque le mot six/dix est utilisé seul, sans le nom qu’il détermine. Sur la prononciation des consonnes finales des noms de nombre, voir Grammaire p. 153.

Phrases

À cause de la grève, nous sommes sans eau ni gaz.
Ces analyses ne sont pas très précises.
Nous sommes arrivés après le début de la représentation.
Je n’ai pas le temps de lire beaucoup de magazines.
Cette année, la visite de l’église était mieux organisée.
Il n’a pas hésité à nous aider.
Cette décision nous ouvre de nouveaux horizons.
Dans un mois, nous irons au Brésil et au Venezuela.
Elles ont été surprises de sa visite.
Il faut amener la voiture chez un garagiste pour la faire réviser.
Cette musique a été exécutée de manière exécrable.
J’ai fait cette proposition sans y songer sérieusement.
Je veux que tu te taises.
Je vous assure que c’est faux.
C’est invraisemblable [ɛ̃vʁɛsɑ̃blabl].1
Ces exemples sont mal choisis.
« Chercher midi à quatorze heures », c’est compliquer les choses inutilement.
Qu’il n’oublie pas de réviser pour ses examens.
Ils habitent dans le sixième arrondissement.
Il s’est assis sur une chaise dans la cuisine.
Repasse dans deux heures exactement.
Suzanne est allée faire du ski aux Arcs.
Tahiti fait partie de la Polynésie française.
Tu lui feras plaisir en achetant des roses blanches.
Il y avait une exposition très intéressante au musée d’art moderne.

1. Avec s sourd (exception à la règle des « deux voyelles »), voir p. 30.

11.13. Prononciation de /r/  

Version d’archive non mise à jour. Pour consultation uniquement. Reproduction, impression et diffusion interdites.

Voir les explications détaillées sur [ʁ] et les conseils de prononciation p. 38 §2.

Exercice 1

[ʁ] + CONSONNE sourde

la perteun arc-en-ciella poursuitec’est mortel
qu’il sortemercimartialune torche
une tartec’est certainpartoutune barque
au cirquec’est parfaitun parkingun artisan

Exercice 2

[ʁ] + CONSONNE sourde

une marquepar téléphoneamorpheun sarcasme
le parquetpar timiditéune tourtedes myrtilles
une arcadepar paresseparce quela surface
pour quides pourparlersune fourcheune marquise
un orchestreSartreun quartierpar camion

Exercice 3

CONSONNE sourde + [ʁ]

tu achèterasla promenadetrès bienfrapper
se battreune preuvec’est tropc’est frais
le maitrela prothèseune fraisec’est froid
un traitrec’est prêtla craiefrotter
le tartrec’est promisquel cri !frileux

Exercice 4

CONSONNE sourde + [ʁ]

mettreune prévisionen criseça sera
paraitretraduitchrétienune cerise
croitreun travailc’est creuxil poussera
un pédiatreà trente ansnous porteronsça passera
quatre litresc’est tristede l’arthriteon se repose

Exercice 5

En position finale, [ʁ] peut être sourd ou sonore selon les locuteurs, mais il est léger. Cependant, on doit l’entendre, notamment dans les verbes en -ir, où certains apprenants finnophones oublient parfois de le prononcer.

direle jourla mesurevenir
il tirec’est courtsortirpartir
une tirelireil est sourdpâlirfaillir
trop tardsur la tourjaunirservir

Exercice 6

[ʁ] en position finale

bizarrec’est lourdfinirun soupir
le soiren voituredésobéirle désir
à la garetrop durtiédirun sourire
le départune mures’enfuirnoircir
au revoirje le jurementirun menhir

Exercice 7

[ʁ] intervocalique

il arrivepar avionen forêttorride
un haricoterrerquelle ironieje saurai
à l’arrêtc’est terriblel’irrespectdécorer
il paraitserrerirréligieuxça m’irrite
un carréirriterirrégulierune auréole

Exercice 8

[ʁ] intervocalique

une carottedes irishorrifiéils auront
dans la rueIrez-vous ?purifierheureux
écœuréfourréune denréemon respect
peureuxsurannésans rienun rien
amoureuxla puréeton rirebien réussi

Exercice 9

[ʁ] à l’initiale

riez !repousserronderajeunir
rireredoublerraserrare
romprerincerrubanrepartir
ridérentrerraisonnableredire
roserencontrerretourrevenir

Phrases

L’an prochain, nous nous installerons à Strasbourg.
Ferme la porte en partant.
Au mois de mars, j’irai en Irlande ou au Portugal.
Si Robert n’est pas rentré, nous repasserons dans trois jours.
Proust est un écrivain difficile à lire.
On reprend Carmen à l’opéra ce soir.
J’irai à Rouen mercredi.
N’oubliez pas de mettre la lettre à la boite.
Combien de fois devrai-je vous le redire ?
Raymond achète rarement des livres.
Crois-tu pouvoir venir ce soir ?
Tu écouteras le concert à la radio cet après-midi ?
Rassure-toi, je ne lui dirai rien.
Rira bien qui rira le dernier.

11.14. Prononciation de /r/  

Version d’archive non mise à jour. Pour consultation uniquement. Reproduction, impression et diffusion interdites.

Reprise du chapitre précédent avec des mots partiellement différents.

Exercice 1

[ʁ] + CONSONNE sourde

un pitrel’arthriteune cerisela barque
un apôtredu tartreje seraipourquoi ?
une poutreun portraitça passerades arcades
un monstrel’arthroseça pousserail portera
une perteune martreun mousseronpourpre

Exercice 2

[ʁ] + CONSONNE sourde. Attention à la prononciation des mots avec préfixe re- : le plus souvent, on ne prononce pas le e muet.

il faut se rappelerj’ai repassé le linge
il faut se reposerj’ai recouvert le livre
il faut se rincerj’ai recollé le vase
j’ai refait la vaissellej’ai retrouvé tes lunettes
j’ai repris de la viandej’ai recompté l’argent
j’ai resalé la soupej’ai retapissé la chambre

Exercice 3

[ʁ] intervocalique

ils irontil mentiraun ver à soiepar enthousiasme
ça sortirail repartirale tir à l’arcpar idiotie
ça pourrirails pourraientça sert à quoi ?vers où ?
je rediraiil pâliraitc’est pire aprèsun porc-épic
nous verronsils fuiraientpour aller où ?vers en bas

Exercice 4

[ʁ] en finale

un radarle sonarquel rirec’est rare
c’est sûrmourircourirrevenir
il va le direc’est courtrepartirredire
c’est lourdpar amourau retourrougir
un arrosoirun sourirerecevoirrajeunir
une raretéconcevoirdérisoiredu curare

Exercice 5

CONSONNE sonore (v) + [ʁ]. Devant [ʁ], il faut veiller à ce le /v/ reste sonore et ne pas prononcer par exemple vraiment *[fʁemɑ̃] ou ouvrir *[ufʁiʁ]. De même, il faut veiller à ce que [z] devant [ʁ] reste bien sonore : épousera [epuzʁa] etc.

ouvrirla Marneil assommeraseize rangs
une livraisonla caserneje me reposetreize rapports
en avrilje ne ris pasje me relèveil épousera
en vracje ne rends rienil consommeraune rose rouge

Exercice 6

CONSONNE sonore (z) + [ʁ]

vraimenttu ne rames pasil causeraune pause rapide
serviril binerail pèseraun gaz rare
je recevraiil me ramènerails apaiserontune chose récente
une réponseune rumeuril caserale suzerain

Exercice 7

[ʁ] géminé au contact entre deux mots (voir p.101)

leur rirepour rapporterpar respecttoujours respecté
leur repaspour revenirpar railtoujours réfléchi
leur restaurantpour Raymondpar rancunetoujours rangé
leurs rosespour rienpar remonte-pentetoujours riant
leur rentepour rentrerpar rayonstoujours ridicule
leur réponsepour reproduirepar routesur rendez-vous

Exercice 8

[ʁ] géminé dans certaines formes verbales (voir p.101)

il mourraj’exagèrerainous retireronstu entoureras
il courraje tirerainous fourreronstu serreras
tu acquerrasje décoreraisnous soupireronstu répareras
elle mourraitvous adorereznous serreronstu aspireras
elles courraientvous parereztu beurreraisils assureront

Phrases

Je vais devoir racheter une lampe !
Proust est un écrivain difficile à lire.
Ferme la porte en partant.
Ton travail ne sert à rien.
Il n’est pas encore rentré.
Combien de fois devrai-je vous le redire ?
La présure est utilisée pour faire le fromage.
Crois-tu pouvoir venir ce soir ?
Non, je dois encore revoir ce travail.
Les fusils étaient rangés dans leurs râteliers.
Au mois de mars, j’irai au Portugal.
Ce soir, je repasserai chez Bernard.
Vous vous disputerez encore ?
Elle a eu des difficultés pour rhabiller le petit garçon.
On reprend Carmen à l’opéra en février.
Tu gareras la voiture à l’entrée du garage.
Tu n’as pas encore rempli la demande de bourse ?
N’oublie pas de mettre la lettre à la boite.
J’espère avoir une réponse par retour du courrier.
René achète rarement des disques.
Je n’ai pas encore retrouvé ton livre.
Rassure-toi, je ne lui dirai rien.
Son sourire m’a fait plaisir.

11.15. /r/ et occlusives sonores  

Version d’archive non mise à jour. Pour consultation uniquement. Reproduction, impression et diffusion interdites.

La prononciation des groupes [ʁd], [ʁg], [ʁb], [dʁ], [bʁ] et [gʁ] pose des problèmes à pratiquement tous les apprenants de langue finnoise. Pour prononcer ces groupes correctement, il faut faire attention à deux choses :

Exercice 1

[ʁ] + occlusive sonore

mardiorganiserbarbules pires défauts
Bordeauxbourguignonun sorbetpar dépit
morduorgueilleuxun arbustepour distinguer
regarderun gargarismearbitrerpour bouillir
pardonen argotperturberun lourd bilan

Exercice 2

[ʁ] + occlusive sonore

d’ordinaireun escargotsur orbitepar bonheur
une sardinegargouillerune arbalètepour dire
la gardeune margueritesuperbele tour de France
un bardela morgueimberbele Père Goriot
une cordeil se targuela courbeun ver de terre

Exercice 3

Occlusive sonore + [ʁ]en position intervocalique

vendredile degréembrasserpas de riz
adresserregroupers’abriterpas de risques
il faudraitagricoleune rubriquepeu de raisons
il attendraagréablel’ébriétépas de rhum
maladroitl’orthographeil tomberapas de radis

Exercice 4

Occlusive sonore + [ʁ]en position intervocalique

il voudraitingratnombreuxune aide rapide
il m’aideraiten Hongriela sobriétéles langues romanes
un madrigalmalgréténébreuxune robe rouge
nous demanderonsagressifun abricotla jambe raide
pour Andréun programmepas brillantune aube radieuse

Exercice 5

peindreun tigrele zèbreun ordre
coudreun ogreà l’ombremordre
fendremaigrele Tibretordre
la poudrepingresobreun arbre

Exercice 6

Occlusive sonore + [ʁ]en position finale

comprendreIngresen équilibresourdre
revendreallègrec’est sombrepar Brest
suspendreil dénigreen septembrepour grimper
confondrele vinaigreen novembrela fibre optique
Alexandreun bon bougreun concombreun verre grossissant

Exercice 7

[dʁ] à l’initiale

un drapun dramedrula Drôme
dresserla drogueun drakkardrastique
drainerun dragondramatiquele drapeau
droitun drinkun dromadaireun druide
drôledroitementun droséraune draperie

Exercice 8

[gʁ] à l’initiale

grisgrandirgrignotergracieux
grand un groupeune grillele grenier
grasla graissegraphiquedu gruau
grosgriffergrammaticalen grève
gravegrincerune groseillegrotesque
graindu granitla grimacedu gratin

Exercice 9

[bʁ] à l’initiale

brunbranchébrutalbranlant
bruyantbrassébraderune brindille
brefbrillerbriserle brouillard
un brinune brebisune brouetteà Bruxelles
une briqueen brousseune briochela brasserie
la brigueun brouillonune bronchitebruler

Phrases

Ma montre retarde d’un quart d’heure.
Le verre de bière déborde.
Il a gagné le gros lot.
Regarde à gauche et à droite avant de traverser.
Ce n’était pas un grand exploit.
Pour guérir ton mal de gorge, tu devrais faire des gargarismes.
Et pour la grippe, bois un grand verre de grog !
Tu ne bronzeras pas si tu restes à l’ombre !
Les collections d’art du musée du Louvre sont célèbres.
L’église Notre-Dame est une cathédrale gothique.
J’aime bien les grumeaux dans le gruau.
L’université est quadrillée de bornes d’accès wifi.
Il faudrait que je change de forfait pour mon portable.
La marche nordique est très populaire en Finlande.

11.16. /r/ et consonnes sonores  

Version d’archive non mise à jour. Pour consultation uniquement. Reproduction, impression et diffusion interdites.

Reprise du chapitre précédent avec des combinaisons de /r/ et différents types de consonnes.

Exercice 1

[ʁ] + occlusive sonore

mardiorganiserbarbuun verre de vin
Bordeauxbourguignonun sorbetpar dépit
morduorgueilleuxun arbustepour distinguer
déborderun gargarismele sorbiertoujours bon

Exercice 2

[ʁ] + occlusive sonore

une sardinegargouillerune arbalètepour dire
une échardeen Camarguela tourbeles pires défauts
sourdela verguela barbepour gagner
une cordeil se targuela courbeun ver de terre

Exercice 3

Occlusive sonore + [ʁ] en position intervocalique

maladroitl’orthographeil tomberapas de radis
il voudraitingratnombreuxune aide rapide
un aérodromeles immigrésun embryonune longue route
ça fondrale congrèsse débrouillerla digue résiste
il faudraitagricoleune rubriquepeu de raisons

Exercice 4

Occlusive sonore + [ʁ] en position finale

la poudrepingresobreun arbre
répondreà Langresglabreen marbre
attendreun congreune chambreune perdrix
revendrela pègrec’est sombrepar Brest
suspendreil dénigreen septembrepour grimper
confondrele vinaigreen novembrechère Brigitte

Exercice 5

[dʁ] à l’initiale

un drapun dramedrula Drôme
dresserla drogueun drakkardrastique
drainerun dragondramatiquele drapeau
droitun drinkun dromadaireun druide
drôledroitementun droséraune draperie

Exercice 6

[bʁ] à l’initiale

en Brieau Brésilbriserla bruyère
brumeuxbrosseren Bretagnebrandir
braverla brigadeun breuvageun bric-à-brac
un brinune brebisune brouetteà Bruxelles
une brèchebravo !le brasierquelle bravoure !
briguerun brancardun briquetbritannique

Exercice 7

[gʁ] à l’initiale

grosgriffergrammaticalen grève
grecune grenouillegratuitementdu gruyère
gravegrincerune groseillegrotesque
grappegrimperune grenadeun grumeau
graindu granitla grimacedu gratin

Exercice 8

[v]+[ʁ]

vraimentle poivrieren vracje me laverai
la pauvretéparveniren avrilun vrombissement
du chanvreje t’ouvre ?couvrirla mièvrerie
il trouveraje recevraià vrai direle souverain
un cadavreune œuvreil se sauverarecouvrir

Exercice 9

[z]+[ʁ]

ça fuserail le caserale suzerainun vase rempli
il causeraon miseraune pause rapidedouze roses
il épouseranous préciseronsça se briseraitle liseron
elle se reposerades choses ridiculesune crise radicaleune cause respectable

Phrases

Ma montre retarde d’un quart d’heure.
Il a eu un accident très grave en avril.
On lui a retiré son permis pour conduite en état d’ivresse.
Ça ne m’étonne pas, c’est un vrai ivrogne.
Il a gagné le gros lot.
J’ai perdu ma carte d’étudiant dans un couloir de l’université.
Regarde à gauche et à droite avant de traverser.
Pour guérir ton mal de gorge, tu devrais faire des gargarismes.
Et pour la grippe, bois un grand verre de grog !
L’opération entre maintenant dans une phase risquée.
Ça se décidera seulement après de nombreuses réunions.
Nous aviserons plus tard.
Ils n’ont guère eu l’occasion de discuter lors de leur brève rencontre.
Françoise économise pour s’acheter un ordinateur portable.
Toute la petite bourgade était quadrillée de bornes d’accès wifi.
Les collections d’art du musée du Louvre sont célèbres.
Bientôt, le très haut débit par fibre optique couvrira toute la France.
Il y aura un concert d’orgue à la cathédrale ce soir.
J’espère que nous arriverons à l’heure…

11.17. L’assimilation de sonorité  

Version d’archive non mise à jour. Pour consultation uniquement. Reproduction, impression et diffusion interdites.

Voir les explications p.98 et les exemples p.99. Se rappeler que l’assimilation se fait au­to­ma­ti­que­ment : il suffit « d’enchainer » correctement les consonnes. Il ne faut pas prononcer exprès des suites de phonèmes qui n’existent pas à l’origine, par exemple dans ça se voit, le [s] se sonorise tout seul [sas̬vwa], il ne faut pas essayer de prononcer d’abord [saz] et après une pause [vwa] : l’assimilation se fait au contact des consonnes, pas « à l’avance », dans le vide.

Remarque : pour faciliter la compréhension du phénomène et la prononciation, on a marqué en gris les « zones » où se produit une assimilation.

Exercice 1

Sonorisation complète de [t]

je viens de direil vient de donnerplus de deux millec’est vite dit
je vais te direil va te donnercinquante-deuxsans doute délicat
la rade du portpas de douteachète du laitachète des fleurs
la pâte d’amandeon va pas te dérangersoixante-dixsans doute difficile

Exercice 2

Sonorisation complète de [p], [t]

une robe bleuede la tourbe bruneun crabe banal un remède dangereux
une nappe bleueune coupe bizarreune crêpe beurréeune arête dangereuse
un tube blancun Arabe barbuune lande déserteune grande dispute
une jupe blancheune cape bleueune lente descentela vente directe

Exercice 3

Sonorisation complète de [t], [k]

une grande douceurla ronde des jouetsune vague glaciale
en pente doucela tonte des moutonsune plaque glissante
cède donc !le coude droitune bague gravée
arrête donc !une route droiteun bac gratuit

Exercice 4

Sonorisation de consonnes diverses (lieux d’articulation différents)

une banque danoiseune époque difficileil n’y a que des enfants
c’est donc dur ?un paquebotil se moque de vous
une marque de voiturel’Amérique du nordle football
une soupe de poisune coupe de fruitstrente-deux
le soleil tape duril campe dans les Alpes une touffe blanche

Exercice 5

Sonorisation de [s]

on se diton se voiton se demandeça se défend
on se déclareon se baisseon se gareça se discute
on se donneon se décideça se voitça se donne
on se disputeça se diton se borneça se gagne

Exercice 6

ça se développeJean se décide enfinla hausse des prix
des pièces étrangesje veux plus de vinune masse de gens
mets-en six devantj’y passe des vacancesil me pousse dans l’eau
ils sont tous danois*de la graisse d’oiepasses-y
une tasse de théil fait +10 [plus dix]penses-y (voir p. 99 §2)

* Sur la prononciation de tous, voir p. 95.

Exercice 7

ils sont tous debout1la tasse bascule+2°… [plus deux degrés]
de la graisse de porcla chance de ta viede fausses idées2
une grosse bosseune tasse de cafédes pousses de bambou
passe d’aborddiverses opinions2il casse des noix
la messe dominicaledes vacances détendues en face de chez eux
la mousse déborde de grosses aiguilles2des places occupées2

1. Sur la prononciation de tous, voir p. 95.
2. Voir p. 99 §2.

Phrases

Mets un peu plus d’eau dans mon anisette.
Repasse dans deux heures exactement.
Ils ont tous décidé de partir.
J’ai eu 15% [quinze pour cent] de remise pour cette perceuse.
À la fin de l’hiver, la neige est toute dure.
L’Aconcagua est la plus haute montagne d’Amérique du Sud.
Il aurait pu te donner un peu plus d’argent.
J’adore ces petites galettes.
Monte dans ta chambre et va lire des bandes dessinées !
Elles ont toutes deux disparu après le diner.
Sabine tient une petite boutique de bijoux fantaisie.
J’ai commandé un plat de crudités.
Pour ne pas faire de bruit, il est entré sur la pointe des pieds.
Il y a trop de monde qui essaie d’entrer

Les voyelles

12.1. Les voyelles labialisées [u] et [y]  

Version d’archive non mise à jour. Pour consultation uniquement. Reproduction, impression et diffusion interdites.

La labialité en général et la labialisation des voyelles françaises sont abordées aux chapitres 5 et 6. Pour [y] et [u], voir les conseils de prononciation p.69 et p.78.

Exercice 1

[u] en position finale

un cloubonjoursur une routeen groupe
un bijoudes mouchesça s’ouvreil bouge
à genouxil boudetout rougede retour
il est fouça s’écroulequel amourde la mousse

Exercice 2

[u] en position intervocalique ou initiale

dans un troule soufreau Camerounun balourd
faire la moueils écoutentsans doutej’étouffe
le dégouttoujoursavec humourun discours
oublierdécouvrirun toutouroucouler
houleuxune doudounele couscousparcourir

Exercice 3

[u] en position intervocalique ou initiale

ouvrirun moustiqueaboutirdouloureux
outrédes joujouxsans soucientrecouper
houspillerréprouverla choucroutefoudroyer
des outilsessouffléun couvercleune soucoupe
un pourboirela moutardele pourtourdes froufrous

Exercice 4

[y] en position finale

la vertuune lugela cambrureun adulte
un abusune étuveune habitudedes prunes
une jupeune communeune excusec’est injuste
un légumela pendulel’agricultureune couverture

Exercice 5

[y] en position intervocalique ou initiale

la verdureune devanturela caniculeune aventure
une enclumeune doublureinsalubrel’amertume
utileurbainunifierlunaire
usuelhurlerastucieuxc’est humide

Exercice 6

[y] en position intervocalique ou initiale

humerlugubrebrunirune bousculade
uniqueun murmurela nullitéla communion
urgentcurieuxune diminutionallumer
usurperune évolutionpurifierpas du tout
unanimeparticulierl’émulationl’éducation

Exercice 7

[y] dans le mot une (position proclitique)

dans une boitepour une minutec’est une cassette
sur une étagèrec’est une unitéc’est une mouche
vers une concessionc’est une bouteillesous une tente
c’est une annulationpar une autre routedans une épreuve
à une heureavec une expressionc’est une fêlure

Exercice 8

[y] au contact de [ʁ]

c’est rudeune assuranceau bureauamoureux
des agrumesla nourriturela déroutepeu courant
une excursionmourirentrouvrirla rupture
la carrureune gruefurieuxdéroutant
une éruptionune interruptionun serrurierune parure

Phrases

Sur le pré étaient alignées douze ruches.
Il faut mettre une crème sur cette brulure.
Cette rupture est due à un malentendu.
Le lundi, les cinémas pratiquent le tarif unique.
Le poids lourd était arrêté sur une route de campagne.
Le conducteur était fou furieux !
Le matin, il avait déjà attendu deux heures dans un bouchon.
Au début, il est resté debout.
Il a couru et est arrivé à bout de souffle.
La voiture est partie à toute allure.
Sur une courte distance, il pouvait courir très vite.
Il ne veut pas du tout de sucre dans son café.
Le calvados a un léger gout de pomme pourrie.
C’est une musique envoutante.
La bougie était ornée de feuilles de houx.
Es-tu au courant des dernières nouveautés ?
Si on en discutait autour d’une bière ?
Après on pourrait faire un tour à Beaubourg.
Bijou, caillou, chou, genou, hibou, joujou et pou prennent un x au pluriel.

12.2. Les voyelles labialisées : [ø] et [o]  

Version d’archive non mise à jour. Pour consultation uniquement. Reproduction, impression et diffusion interdites.

Ces deux voyelles sont, comme [u] et [y], fortement labialisées : il faut bien arrondir la bouche et avancer les lèvres, beaucoup plus qu’en finnois.

Exercice 1

Répéter les paires suivantes en faisant bien attention à la différence de labialité de /o/ fermé ; prononcer un /o/ bien fermé et bien avancer les lèvres ! Ne pas prononcer [œ] en finale !

peubleules bœufs peureux
feuil veutle nœudboueux
vœuun aveusérieuxeux deux
queuemon neveuprécieuxpoudreux
dieudes œufs*glorieuxdeux par deux

* L’f de œuf et de bœuf ne se prononce pas au pluriel.

Exercice 2

[ø] en finale entravée devant [z], voir p.70 §3.

joueusecurieusehideusepeureuse
dangereusefameusetortueusepernicieuse
anxieusenerveuseil creuseune moissonneuse
flatteusepérilleusefâcheuseune meuleuse

Exercice 3

[ø] en finale entravée devant consonnes diverses, voir p.70 §3.

veuleun pleutreune meutedes neumes
une meuleil beugleune émeuteà Maubeuge
du feutreelle meugleun thérapeuteun herméneute
neutrele jeûnele choreuteun kinésithérapeute

Exercice 4

Labialité de [o] ; opposition à [õ]

bon / beaubâton / bateaucoton / coteauoison / oiseau
vont / veauphoton / photoberçons / berceauhéron / héraut
pont / peauraison / réseaugâtons / gâteautassons / tasseau
mont / motradon / radeauvient-on ? / bientôtbaron / barreau
sont / seauservons / cerveauchaton / châteaumenton / manteau

Exercice 5

Exemples de graphies diverses transcrivant [o]. Essayer de maintenir les lèvres continuellement dans la même position (très en avant et très arrondies).

le dosnos os*une chosemorose
un motun boboune roseune photo
le potla motoune dosele polo
closle boulotune poseun enclos

* L’s de os ne se prononce pas au pluriel.

Exercice 6

[o] transcrit au

le sautles travauxfaussela pause
il fautdes chevauxjauneune taupe
un nigaudnormauxchauvel’épaule
le tauxdes capitauxune fauteapplaudir
un autredes métauxla jaugela Gaule

Exercice 7

[o] transcrit ô

le pôlele nôtrela tôleça frôle
la geôlele môlele contrôledrôle
rôderle rôlel’apôtreun hôte
le vôtrela côtel’alcôvele trône

Exercice 8

[o] transcrit o en finale entravée ; graphies diverses (mots d’emprunt, mots d’argot en [os]), voir p.80 §3.

la zonele cosmosle footballle calvados
le chromele tétanosle crawlnullos
un atomele basket-ball*un toastcraignos
un clonele volley-ballun halltranquillos

* Dans la série des termes sportifs en -ball, le mot handball est une exception : le a se prononce effectivement [a] et non [o] (le mot est d’origine allemande, alors que basket-ball, football et volley-ball sont d’origine anglaise). Mais tous les francophones ne le savent pas ! Voir p. 79 §3.

Exercice 9

[o] transcrit eau

un gâteauun traineauun marteauc’est beau
un cadeauun tableauun barreaule caniveau
beaucoupun bureauun tonneauun corbeau
des ciseauxmon chapeaudes jumeauxun fardeau
un châteauun agneaule préauà Bordeaux
un morceauun troupeaule drapeaudes pruneaux

Phrases

Il n’aime pas beaucoup voyager en bateau.
Les jumeaux avaient les cheveux bruns et les yeux bleus.
Il a gagné le gros lot au loto.
Il s’est offert un repas copieux.
Ils s’insultaient à qui mieux mieux.
Mais ce n’était pas très sérieux.
La fosse était remplie d’eau.
Le gâteau a été servi sur un plateau d’argent.
Le plateau était très beau.
Mais le gâteau, lui, n’était pas très bon.
Il jouait du piano, d’un air bienheureux.
Il faudrait s’efforcer de boire beaucoup d’eau.
Est-ce que ça garantit de vivre vieux et d’être heureux ?

12.3. Les voyelles labialisées : o fermé  

Version d’archive non mise à jour. Pour consultation uniquement. Reproduction, impression et diffusion interdites.

Voir les explications p.79. Dans les exercices, il faut s’efforcer de prononcer un [o] bien ouvert (exagérer un peu l’aperture).

Exercice 1

Opposition o fermé / o ouvert. Répéter les paires suivantes en faisant bien attention à la différence de labialité de /o/ fermé ; prononcer un /o/ bien fermé et bien avancer les lèvres !

motte / mot pote / potrote / rotnote / nos
trotte / trottope / tôt flotte / flotbotte / bot
lotte / lot cote / côte port / pose dort / dose
sotte / sotmort / maure Paul / Paulechlore / close

Exercice 2

Même exercice

culotte / culotvotre / le vôtrematelote / matelotvieillotte / vieillot
molle / môleidiote / idiotmarmotte / marmotpâlotte / pâlot
falote / falotgriotte / griotcapote / capotmarotte / Marot
garrotte / garrotbigote / bigotnotre / le nôtreboulotte / boulot
cocotte / cococamelote / camelot calotte / calot carotte / carreau

Exercice 3

Labialité de [o] ; opposition à [õ]

bon / beaubâton / bateaucoton / coteauoison / oiseau
vont / veauphoton / photoberçons / berceauhéron / héraut
pont / peauraison / réseaugâtons / gâteautassons / tasseau
plomb / plotbison / biseaufourrons / fourreaupasserons / passereau
mont / motradon / radeauvient-on ? / bientôtbaron / barreau
sont / seauservons / cerveauchaton / châteaumenton / manteau

Exercice 4

Exemples de graphies diverses transcrivant [o]. Dans cet exercice, maintenir les lèvres continuellement dans la même position (très en avant et très arrondies !)

le dosnos os*la choserobotisé
un motun boboune rosepoli
le potla photoune dosele potin
closle mégotla posela morosité
zéroun hérosun abricotun casino

* L’s de os ne se prononce pas au pluriel.

Exercice 5

[o] transcrit au

le sautles travauxfaussela pause
il fautdes chevauxjauneune taupe
un nigaudnormauxchauvel’épaule
le tauxdes capitauxune fauteun cosmonaute
un autredes métauxla jaugela Gaule

Exercice 6

[o] transcrit ô

le pôlele nôtrela tôleça frôle
la geôlele môlele contrôledrôle
rôderle rôlel’apôtreun hôte
le vôtrela côtel’alcôvele trône

Exercice 7

[o] transcrit o en finale entravée ; graphies diverses, voir p.79 §2 et p.80 §3.

la zonele cosmosle footballle calvados
le chromele tétanosun goalnullos
un atomele basket-ball*un toastcraignos
un clonele volley-ballun halltranquillos

* Voir note p. 131 exercice 8, et p. 79 §2.

Exercice 8

[o] transcrit eau

un gâteauun traineauun marteauc’est beau
un cadeauun tableauun barreaule caniveau
beaucoupun bureauun tonneauun corbeau
des ciseauxmon chapeaudes jumeauxun fardeau
un châteauun agneaule préauà Bordeaux
un morceauun troupeaule drapeaudes pruneaux

Phrases

Il n’aime pas beaucoup voyager en bateau.
Les jumeaux avaient les cheveux bruns et les yeux bleus.
Il a gagné le gros lot au loto.
Il s’est offert un repas copieux.
Tu nages le crawl ou la brasse ?
En général, je fais de la nage sur le dos.
Tu as a mis le tableau beaucoup trop haut.
La fosse était remplie d’eau.
Le gâteau a été servi sur un plateau d’argent.
Le plateau était très beau.
Mais le gâteau, lui, n’était pas très bon.
Il y a une drôle de zone jaune sur la photo.
Arnaud est passionné de jeux de rôles.
Il dit souvent des gros mots.
Il jouait du piano, d’un air bienheureux.
De nombreux hôtels au bord de la mer s’appellent « Les Flots bleus ».

12.4. Eu ouvert  

Version d’archive non mise à jour. Pour consultation uniquement. Reproduction, impression et diffusion interdites.

Voir les explications p. 71. Dans les exercices, il faut s’efforcer de prononcer un [œ] bien ouvert (exagérer un peu l’aperture).

Exercice 1

[œ] en finale devant consonnes diverses

seull’œuvreils s’émeuventl’écureuil
un œufla pieuvrele hors-d’œuvrele bouvreuil
un bœufil déjeunele chef-d’œuvrel’orgueil
veufils se meuventla couleuvrele recueil

Exercice 2

Même exercice

neufune veuvemon filleulun œil
jeuneelles peuventl’écueille fauteuil
ils veulenttoute neuvele seuilla feuille
la gueulequ’il pleuvel’accueilen deuil

Exercice 3

Opposition [ø]/[œ]

chanteuse / chanteurvoleuse / voleurcoureuse / coureur
veule / [ils] veulent[le] jeûne / jeunedes bœufs / un bœuf
joueuse / joueur[la] Meuse / [les] mœurssongeuse / songeur
neutre / neuveles yeux / l’œil[la] coiffeuse / [le] coiffeur

Exercice 4

Mots d’emprunt anglais avec [œ] (adapation au phonétisme français du [ʌ] anglais). Ne pas prononcer ces mots à l’anglaise avec [ʌ], mais avec [œ].

le publa nursele turfsurfer
du ketchupun surfun trustun pick-up
le cluble puzzleun hold-updes muffins
une pin-upun hamburgerle bluffun mug
un lunchle suspenseun cutterle dumping
un mustun rushun brunchdu seven-up

Exercice 5

[œ] devant [ʁ] en finale (mots divers et noms féminins dérivés d’adjectifs). Devant [ʁ] en finale, il faut que [œ] soit très ouvert. Le [ʁ] doit être prononcé léger, et il faut éviter de faire une diphtongue bizarre *œʁ].

l’heurela couleurla rumeurla longueur
la fleurle beurrel’erreurla largeur
la peurla tumeurla sueurla grandeur
le cœurtout à l’heurela vapeurla pâleur

Exercice 6

[œ] devant [ʁ] en finale (mots divers et noms féminins dérivés d’adjectifs)

la sœurla candeurl’horreurla torpeur
elle pleureil meurtla fureurla blancheur
un leurre le chœur*la hauteurla rougeur
le bonheurle malheurla douceurla lourdeur
avec ardeurla fadeurpar pudeurun répondeur

* Chœur se prononce avec un [k] : [kœʁ]. Voir p. 32 §2a.

Exercice 7

[œ] devant [ʁ] en finale (noms masculins)

le professeurl’instituteurle sécateurle secteur
l’acteurle receveurle copieurle décodeur
le chanteurle conducteurle collectionneurle récepteur
l’arrangeurle plongeurle buveurle planeur
l’auteurle lecteurle pasteurle tracteur

Exercice 8

Même exercice

l’employeurle passeurl’éditeurle démarreur
le recteurle pêcheurle vendeurle leader
le directeurle facteurle boxeurl’ascenseur
le proviseurle censeurun farceurle hautparleur
le chauffeurl’ingénieurle vainqueurle transformateur
des rolleursun râleurun baladeurun débardeur

Phrases

Notre professeur chante dans un chœur d’amateurs.
La voiture de ma sœur n’est pas neuve.
Un œil-de-bœuf est une petite fenêtre ronde.
Il y a une heure, j’ai vu deux écureuils dans le tilleul.
Ne mange pas trop de beurre, ce n’est pas bon pour le cœur.
Ce chanteur est aussi auteur-compositeur.
Dans l’immeuble au coin de la rue Pasteur, il y a eu un meurtre.
Il passe des heures devant son ordinateur.
Il me faudrait un nouveau décodeur numérique.
J’ai peur qu’il ne pleuve bientôt.
Son père est acteur et son frère professeur d’école.
Nos amis québécois nous ont fait des muffins au beurre d’arachide.
Le petit Christian est un élève chahuteur.
Il est super-fun, ce pub !

12.5. O ouvert  

Version d’archive non mise à jour. Pour consultation uniquement. Reproduction, impression et diffusion interdites.

Voir les explications sur la prononciation et la transcription de [ɔ] p. 80. Rappel des règles graphiques : le phonème [ɔ] correspond pratiquement toujours à la lettre o en syllabe fermée : mort, cote, rigole etc., sauf dans les exceptions suivantes, où il correspond à [o] fermé, voir liste p. 80 §3 :

Dans certains mots, le digramme -au- (qui transcrit normalement toujours un [o] fermé) correspond à [ɔ] (Paul, et des formes des verbes instaurer et restaurer), voir p. 79 §4.

Exercice 1

En finale devant consonnes diverses

la toqueune enveloppele globeun bol
une loqueun dialogueil enrobeune corole
l’époquele prologuela strophel’alcool
la botteun psychologuel’apostrophele pétrole
la dotun neurologuela catastrophela roche

Exercice 2

En finale devant consonnes diverses

une carottela modeun osla poche
des menottesle codeun gossela galoche
il galopel’exodeatroceil approche
j’écopesnobprécocetu raccroches
il développela robeune bosseune sacoche

Exercice 3

Opposition [o] / [ɔ]

maure / mort rose / rosse[la] côte / [la] cote
le nôtre / notrenigaud / rigolele Causse / une cosse
le tome / la tommeBeaune / bonneune zone / des hommes
un gnome / une gommela vôtre / votrela faune / aphone*

* Pour aphone, on entend aussi la prononciation avec o fermé [afon].

Exercice 4

Prononciation de [ɔ] au contact de consonne nasale (ne pas nasaliser)

bonnel’hommeune chaconneun gentilhomme
ils donnentRomeune colonneil nomme
une tonnela gommeune nonneils consomment
il pardonneune pommecette personneça m’assomme
j’ordonneun sommela rayonneun bonhomme

Exercice 5

Mots en -um [ɔm] ; voir p. 34 §3 et p. 80 §2. Ne pas prononcer *[um], mais [ɔm].

le décorumle césiumun auditoriumun crématorium
un aquarium*le radiumdu cadmiumun référendum
du lithiumun magnumun muséumun opossum
le maximuml’uraniumun géraniumdu rhum
le planétariumle foruml’albumun chewing-gum

* Dans aquarium, le groupe qu se prononce [kw] et non pas *[kv] (voir p. 45 §2). Le mot se prononce donc [akwaʁjɔm] et non pas *[akvaʁjum].

Exercice 6

Aperture de [ɔ] devant [ʁ]

borgnetordrela sorteforcé
la cordemordremorteun torchon
un orgueBordeauxfortel’escorte
l’exordeamorphela borneun cornichon
j’accordela porteune cornes’emporter

Exercice 7

Aperture maximale de [ɔ] devant [ʁ] en finale absolue. Ne pas hésiter à exagérer l’aperture !

l’ord’accordle décordehors
la mortsonored’abordle remords
le portle rebordje sorsle raifort
le bordà l’auroreil s’endortà bâbord
le confortle phosphorele folkloreomnivore

Exercice 8

Même exercice

un butorla floreun renfortle roquefort
une sporeun castorle sportun raccord
au nordun corridorun recordson support
le fluoralorsun ténoril instaure
le chloreencoreà l’aéroportje me restaure

Phrases

Cette allée bordée d’ormes est très romantique en automne.
En Floride, la faune et la flore sont très riches.
Est-ce que ma prononciation s’améliore ?
Si tu continues à faire des efforts.
Tu devrais faire plus de sport.
Pour aller à Tokyo, l’avion passe par le Pôle Nord.
Il a eu tort de ne pas obéir à nos ordres.
Ne mets pas trop d’eau dans la casserole, sinon elle déborde.
Il y avait des hors-bords sur le plan d’eau.
On ne peut pas rester dehors, le temps est trop moche.
Comme le vent était trop fort, le voilier n’a pas pu entrer dans le port.
« Mille sabords » est le juron préféré du capitaine Haddock.
Ne confondez pas rhume (nuha) et rhum (rommi).

12.6. [ɛ] ouvert  

Version d’archive non mise à jour. Pour consultation uniquement. Reproduction, impression et diffusion interdites.

Revoir :

Attention également à la synérèse / diérèse (voir p. 42) dans pierre, entière etc. (exercices 3 – 6).

Exercice 1

[ɛ] final devant consonnes diverses

je jetteil est bègueune chaiseun peigne
une fêtec’est maigrela neigeen bref
complètela steppeun cortègeil soulève
c’est tièdeineptele thèmeje paye

Exercice 2

[ɛ] final devant consonnes diverses

trop secça baisseils s’aimentune abeille
en grecdu resteà peineà merveille
une pastèqueseizeà Noëlun hêtre*
une mouetteune tressedes aspergesl’appareil
une baguetteà la messeune châtaigneparaitre

* H disjonctif, pas de liaison.

Exercice 3

[ɛ] final devant consonnes diverses

la vinaigrettesur Internetils craignentun manège
une omeletteune mècheremettrede l’aneth
une seicheen grèveun cerclela crèche
un lièvreun orchestrele flegmele sommeil

Exercice 4

[ɛ] final devant [ʁ] (adjectifs)

vertbancaireordinaire laitière
désertnécessairefièreguerrière
expertpolaireentièrefoncière
ouvertplanétairepremièrefamilière
impairglaciairedernièrerégulière

Exercice 5

[ɛ] final devant [ʁ] (noms masculins)

un dessertun nerfle mairedu calcaire
un concertun cerfle dictionnaireMolière
un verrede l’airun centenaireun tiers
le lierrele flairun millénairele cimetière

Exercice 6

[ɛ] final devant [ʁ] (noms féminins)

l’èreune aireune salièreune civière
la guerrela grammaireune sorcièrela boutonnière
la pierrela molairela portièreune cuisinière
une serreun ampèreune passagèrela soupière
l’Angleterrela bièreune gouttièreune sablière
la chairla matièreune barrièreune ouvrière

Exercice 7

Mots courants d’origine romane en -er où le r se prononce (p. 39 §4)

cheramerla merle cancer
fierle ferl’enferla cuiller*
hierle verl’hiverle liber

* Graphie ancienne encore assez fréquente de cuillère.

Exercice 8

Termes techniques / mots d’emprunt en -er où le r se prononce (p. 39 §4). Entre parenthèses, la langue à laquelle le mot en été emprunté : latin, allemand, alsacien, anglais, islandais.

un cathéter (lat.)un munster (alsac.)un blazer (angl.)les waters (angl.)
un sphincter (lat.)un pullover (angl.)un gangster (angl.)un pater-noster (lat.)
le polyester (grec, all.)un charter (angl.)le bulldozer (angl.)un boxer (angl.)
l’éther (gr.)un geyser (isl.)un laser (angl.)un poster (angl.)
un hamster (all.)un blister (angl.)un setter (angl.)un reporter (angl.)

Phrases

Il faut que j’achète de la crème pour le dessert.
Et moi, de la crème solaire pour le désert !
Elle est inquiète parce que sa mère n’était pas encore rentrée hier.
Avant, Pierre était libraire.
Maintenant, il est bibliothécaire à la bibliothèque universitaire.
Paire et père sont homophones.
Un tiers de la Finlande se trouve au nord du cercle polaire.
La côte était si raide qu’on a dû rouler tout le temps en première.
Ce soir nous irons manger des moules marinières dans un restaurant belge.
Et il faudra bien sûr gouter leurs excellentes bières.
Vous payez avec un chèque ou une carte bancaire ?
Les Pêcheurs de Perles et Carmen sont des opéras de Bizet.
La police a emmené ma voiture à la fourrière.
Le mot frigo vient de frigidaire.
À l’origine, c’était une marque de réfrigérateur.
N’oublie pas d’envoyer une carte à ta mère pour son anniversaire.
Cette année, nous avons cueilli beaucoup d’airelles.
Au dessert, il y aura des crêpes !
Est-ce que tu connais la dernière nouvelle ?
Je vais passer une semaine en Grèce.
Leur lopin de terre a été racheté par un grand propriétaire foncier.

12.7. Les voyelles antérieures : [e] fermé  

Version d’archive non mise à jour. Pour consultation uniquement. Reproduction, impression et diffusion interdites.

Voir les explications sur [e] fermé et sur l’écartement p.66 et p.54 §3.

Exercice 1

[e] en finale

jetéembarrasséassez !son ainé
des désrépéterle nezhébété
une annéeRenédes clésune dictée
créerrestervous chantezune bénédiction
visitervénérerla véritéécraser

Exercice 2

[e] transcrit par le digramme -er (noms masculins et adjectifs). Attention également à la synérèse et diérèse (voir p.42).

entierle fumierle poulaillerun lévrier
premier le palierle courrierun tablier
dernier*des milliersun quartierle gaufrier
altierun chemisierun saladierle bouclier
léger*le grenierle potagerle sablier
le mortierle terrierl’atelierun sanglier
le gibieren janvierle clocherun poivrier

*Quand premier, dernier et léger sont suivis d’un nom commençant par une voyelle, on fait la liaison, autrement dit le [ʁ] final se prononce : premier avis [pʁəmjeʁavi], le dernier autobus [dɛʁnjeʁotobys], un léger optimisme [leʒeʁɔptimism]. Voir p.91 §3b.

Exercice 3

[e] transcrit par le digramme -er (noms d’arbres et de métiers)

le pommierle noyerle boulangerle meunier
le pêcherl’orangerle crémierle bijoutier
le cerisierle palmierle pompierle policier
le sorbierle métierle potierle cordonnier
le poirierle portierle courtierle vitrier

Exercice 4

[e] transcrit par le digramme -er (verbes du premier groupe)

réparerréitérerrégénérerrasséréner
récrimineréliminerdésespérerrépéter
perdurerdécomposerfaciliterfédérer
dépayserbénéficierétêterhomogénéiser

Exercice 5

[e] en position initiale ou intérieure. Bien respecter l’écartement de [e] à l’initiale et à l’intérieur des mots.

un élèveun goélandà Béziersl’homogénéité
la poésieénerverdes idéauxl’hétérogénéité
le zénithfélicitertéléphonerl’anxiété
féodalun néologismegénéraliseravec efficacité

Exercice 6

[e] au contact de [ʁ]. Bien respecter l’écartement de [e] au contact de [ʁ].

mystérieuxun érableaérienla température
se réveillerintéressantl’aéroportagréable
la sobriétéexaspérél’aérationdésagréable
la différenceprécieuxle Brésilprécisément

Exercice 7

Même exercice

la véritéune opérationet cæterala littérature
sans intérêtréviserindifférentun numéro
réaliserrétablirla répétitionmériter
hérétiqueaméricainune sérénadec’est héroïque

Exercice 8

Phrases. Bien prononcer le [e] dans les déterminants les, ces, des etc., pour qu’ils ne se confondent pas avec le singulier.

Le portier de l’hôtel a ouvert la portière de la voiture.
Le reporter part demain avec le premier avion.
Ses derniers articles étaient très intéressants.
Dans ce quartier, il y a beaucoup d’ouvriers.
Les pompiers sont venus pour descendre le chat du pommier.
Son frère est pâtissier et son père tapissier-décorateur.
Il faut faire réparer le collier du setter chez le cordonnier.
Le président a parlé avec un reporter américain.
Bien sûr, on a d’abord fait de nombreuses vérifications d’identité.
Le glacier a acheté une nouvelle glacière.
J’ai heurté la soupière contre le saladier et elle s’est cassée.
Je ne l’ai pas fait exprès.*
Il a mal digéré sa défaite.
Les baies du sorbier ont un gout particulier.
L’an dernier, il y avait moins de passagers.
Les policiers et les pompiers bloquaient le quartier.
La cérémonie a duré longtemps.
Cet élève arrive toujours le premier.
Mais pour travailler, il est le dernier.
Les déclarations du PDG n’étaient pas très intéressantes.
Ce soir, nous mangerons des crêpes flambées au Grand Marnier.

* Il existe deux mots exprès : 1) un adjectif, prononcé [ɛkspʁɛs], fém. ex­pres­se : une demande expresse ni­me­no­mai­nen pyyntö ; une lettre exprès (l’adjectif est ici invariable) pikakirje  2) un adverbe, prononcé [ɛkspʁɛ] tahallisesti.

12.8. Les voyelles antérieures : [a] [i] [e]  

Version d’archive non mise à jour. Pour consultation uniquement. Reproduction, impression et diffusion interdites.

Voir les explications sur la prononciation de [a] p.68 et p.54 §3.

Exercice 1

Prononciation de [a] ; attention à la prononciation de [a] notamment après [k] ou [g].

la pattele cabasl’attaquele macadam
la carafele capitalle canardil est malade
le repasle matelasla moutardesa camarade
en Bretagnele hamacun malabarune mascarade
un amasc’est normalpar hasardla marmelade

Exercice 2

Même exercice

l’étalagefacialnoirâtrela cavalcade
la syntaxec’est sa bagueà son âgec’est passable
une catapultedécadentla caravaneélégamment
la grammaireà l’étableénigmatiquesavamment
le paragraphese débarrasserla parataxenotamment
remarquerJean-Baptisteà Madagascaren quatre ans

Exercice 3

Prononciation de [a] à l’intérieur de mots. à l’initiale et surtout à l’intérieur des mots, le a doit être prononcé avec autant de netteté que dans les autres positions, et non pas devenir une sorte de e muet indistinct, comme on le constate fréquemment, par exemple dans les mots sympathique, prononcé *[sɛ̃pətik], ou alsacien, prononcé *[alzəsjɛ̃].

l’actualitésympathiquedu caféincapable
un artistedépassernégatifla civilisation
adaptéle magasinpassagerantipathique
assisterle parapluiealsacienc’est épatant

Exercice 4

Prononciation de [i] en finale

à Venisema cousinemagnanimela cuisine
les convivesle magazineelle est câlinebénéfique
en civilune maximeil est timidemaléfique
il naviguec’est acidec’est humideexhaustif
une intrigueil est passifautomatiquela panique

Exercice 5

Prononciation de [i] à l’intérieur de mots

À l’intérieur des mots prononcer un i bien net, et on pas par exemple *[sjɑ̃tıfık] (scientifique), *[sıvılıze] (civilisé) (le signe [ı] indique un [i] illabial, qui fait penser à [ə].)

civiliséuniversitairerisibleune initiative
c’est difficilescientifiqueantiseptiquesyndical
incriminerincisifà l’hôpitalpositif
l’activitécrucifierinaniméla cyclicité

Exercice 6

Prononciation de [i] à l’intérieur de mots

une inhibitionle ministrela polysémievisiter
magnifiquesymétriqueles Champs-Élyséesun quotidien
l’amiralla timiditéimminentun individu
minimiserinsensiblec’est compliquéla synonymie
invisibleindivisibleministérielimprévisible
l’hyperglycémieinsuniliqueantisismiquedissymétrique

Exercice 7

Prononciation de [i] après [ʁ]. Bien maintenir la tension musculaire et prononcer un [i] bien net

l’apparitionle corridorc’est ridiculeen Iran
parisienil l’a méritéla pourritureune brique
la margarinede l’aspirineune météoriteun héritier
il irail souriraune barricadela sobriété

Exercice 8

Même exercice

la véritéla sévéritéavec irritations’abriter
déshéritéavec dextéritéun rituelhorrifié
la sincéritédémériterapprivoiseren arrivant
des aspéritésaméricanisédémilitariséfrigorifié
avec céléritédes vérificationsla tarificationla déqualification

Exercice 9

Attention à la prononciation de pas à l’intérieur de la phrase ; attention à la prononciation de il (mal prononcé, il peut être confondu avec elle), et de six (ne pas confondre avec ses ou ces).

Ce n’est pas tout.Il ne l’a pas préparé
Il n’en faut pas plusTu crois qu’il acceptera ?
Je n’ai pas le temps.Ce n’est pas si difficile.
Il n’a pas protesté.Il m’a dit qu’il viendrait.
Il n’a pas dit ça.Il est naturel qu’il l’admette.
Je ne sais pas s’il a dit ça. Il m’a offert six affreux verres.
Il n’a pas paniqué.Le film passe dans six salles différentes.

Phrases

Prends le cabas, on y va.
Il habite là-bas.
Nous n’avons pas encore la télévision par câble.
Ce type est un imbécile.
Moi je le trouve sympathique.
Ces analyses comportent trop d’inexactitudes.
Apparemment, il n’a rien compris.
Passe d’abord.
Comme diner, j’ai mangé une assiette de crudités avec de la charcuterie.
L’avion arrivera dans six heures.
Sa réputation n’est plus à faire.
Il m’est impossible de terminer ce travail dans les délais prévus.
Le métro est plein de policiers en civil.
Il ne s’intéresse pas à la politique.
Patte et pâte se distinguent par une légère différence de longueur.
Le premier ministre a dû démissionner.
Son attitude est irritante.
Il faut faire réparer l’ordinateur.
On organise des visites guidées de la cathédrale en été.
Le dimanche, le parvis est envahi par les rolleurs.
Ne confondez pas magasin et magazine.
Il ne boit que du café décaféiné.

12.9. Les voyelles orales : révision  

Version d’archive non mise à jour. Pour consultation uniquement. Reproduction, impression et diffusion interdites.

Révision des chapitres précédents.

Exercice 1

Voyelles arrondies

rajouterboursoufléexpulserse disputer
réputéémouvantsubjuguerdubitatif
indubitabledoucereuxcirculaireun chérubin
des scrupulespeureuxà Toulouseen murissant
plantureuxsulfureuxpurulentun curriculum

Exercice 2

Voyelles arrondies ; attention à la prononciation des mots en -eau

des locauxen daubeun poteauun roseau
des ossur le coteauun tonneauun dindonneau
au troten bateaudes copeauxtout le réseau
sauverau châteaule berceaudu terreau
faucherun bon gâteaudes carreauxc’est un cadeau

Exercice 3

Voyelles ouvertes

en hauteurun voyageurle professeurantérieur
un clubun hors-d’œuvrej’ai peurpostérieur
c’est leur sœurun vendeurle lecteurun contrôleur
un ordinateurun leaderun scanneurun chef-d’œuvre
un meurtreun ingénieurtout à l’heuresans valeur

Exercice 4

Voyelles ouvertes

à l’écoleun dialogueà l’auroreun magnétophone
il décoreune strophedu pétroleun magnétoscope
de l’alcoolde la compotele sternumson accord
le rebordun ressortun forumelle est folle
c’est au nordil est dehorsun géraniumje m’en moque

Exercice 5

Voyelles ouvertes

en Suèdedu vinaigreun caramelactuel
célèbreune nouvelleune querelledes groseilles
la toiletteune chainela synthèseun évêque
parfaiteil neigele conciergeun dixième
peut-êtrerenaitrec’est beigele millimètre

Exercice 6

[ɛ] ouvert devant [ʁ] final

le vocabulaireun fonctionnairec’est nécessaireils décidèrent
c’est secondaireje préfèretête en l’airelles percèrent
le dictionnairec’est derrièreune passagèreen hiver
la grammaireen colèrec’est désertmon pullover
un commissairetout l’universpar terreun reporter
un mercenaireà l’enversguèreune babysitteur

Exercice 7

[e] fermé en finale

affirmerimpliquerun banquieren dernier
espérerdans le cahierun cerisiertout entier
corrigerun infirmierétrangerc’est au premier
répéterun teinturierdes créanciersun armurier
justifierun usurierle vitrierun poulet fermier

Exercice 8

Voyelles écartées à l’intérieur des mots

paraphraserils arrivèrentun éditeurun imprimeur
s’attarderen réparationmeurtrierl’infinitif
impatientun pharaoncorrigerune policlinique
du malagadétaxéc’est sinistrel’administration
de la margarineadapterc’est ridiculeréhabiliter
irrémédiabledétériorerc’est indéniableappréhender

Phrases

Il y avait des moineaux et des étourneaux sous le préau.
J’ai enfin monté les pneus cloutés sur ma voiture.
C’est pas trop tôt !
Je suis paresseux de nature.
Ils ont passé des vacances en Californie et dans les Montagnes Rocheuses.
Demain, je compte aller à la pêche.
Nous avons une petite cabane sur une ile.
Il faudra que je cherche des vers dans le terreau.
La viande de dindonneau est actuellement à la mode.
Elle est très saine parce qu’elle contient peu de graisse.
Sa blessure a nécessité la pose de dix points de suture.
Et en plus, il a le visage couvert de sparadrap.
C’est une bien ténébreuse affaire.
Visiblement, cette déclaration a mis le ministre mal à l’aise.
Sa confiture préférée, c’est la confiture de mures.
Il ne s’intéresse pas à la politique.
Son commerce a périclité et le magasin a été fermé définitivement.

12.10. Les voyelles nasales  

Version d’archive non mise à jour. Pour consultation uniquement. Reproduction, impression et diffusion interdites.

Voir les règles concernant les nasales p. 52 ainsi que p .83 et suivantes.

Exercice 1

Différenciation des nasales. Bien nasaliser, on ne doit pas entendre *[blɑ] (blanc) etc.

gantgondgainun
tanttonthymAutun
sangsonsainbrun
lentlonglinMelun

Exercice 2

Paires minimales avec opposition voyelles orales / voyelles nasales

plat / planrat / rendtas / taonjars / genre
chat / chantjas / gensbat / bancgâte / gante
mât / mentpas / panfa / faonpâte / pente
las / lentva / ventça / sanschasse / chance

Exercice 3

Même exercice

pattu / pentuplaça / plaçantpassa / passantgâté / ganté
joua / jouanttasser / tancerrageur /rangeurplaquer / planquer
avers / enversrâper / ramperlacer / lancertrachée / tranché

Exercice 4

Opposition [ɑ̃] / [õ]

rang / rondlent / longfaon / fondquand / qu’on
sans / sonbanc / bonn’en / nonpan / pont
gens / joncsgant / gondtaon / tonplan / plomb
dent / dontment / montvent / vontprend / prompt

Exercice 5

Même exercice

prenant / prenonsballant / ballonrépondre / répandrebon ton / bon temps
ronger / rangerJean / joncdompter / denterrampez / rompez
blond / blancbonder / bandertromper / trempercomptant / comptons
allant / allonsramant / ramonstentant / tentonsfendu / fondu

  papa – pampa – pompa – pompant – pompon

Exercice 6

Exercice sur le maintien de la nasalité. Dans certaines positions (initiale, après [l], devant consonne sonore), il faut faire attention à prononcer une voyelle nettement nasale. Toutefois, bien que d’un point de vue strictement phonétique les voyelles nasales soient très légèrement plus longues que les voyelles orales (voir p. 11 §1-3), il ne faut pas en faire des voyelles longues, notamment à l’initiale (*[ɛ̃ːposibl], *[ɛ̃ːteʁjœʁ] etc.).

ambréombragéindienlanger
humbleondeimportantl’éponge
c’est longc’est blancle mondeil gronde
c’est bonc’est lentil tombeelle est blonde

Exercice 7

Dans les mots comportant plusieurs voyelles nasales, la dernière nasale (notamment quand il s’agit de [ɑ̃]) est souvent « négligée », c’est-à-dire dénasalisée : il faut se souvenir de maintenir la tension de prononciation jusqu’au bout.

longtempsen confondantun enfant blonden simplifiant
en tombantun enfanten s’orientantdes dents blanches
en montantmille-cinq-centen descendantindépendant
cinquantecinquante-cinqen continuanten vingt ans

Exercice 8

Les voyelles nasales sont des voyelles pures, ne pas prononcer de [n] ou de [m] parasite. Faire attention notamment à l’article un devant consonne.

la quantitébientôtremonterun dindon
un attentatla peintureen tentanten disant
l’ententeun vingtièmeun tendonen dansant
la syntaxedu dentifriceindépendantle monde

Exercice 9

Nasales devant occlusives bilabiales

impossiblela températureen pensantassombrir
sympathiqueun pourboireincomprisen bougeant
simplifierun parapluieambitieuxemballer
emporterempêchersemblableen Belgique

Exercice 10

Nasales devant occlusives vélaires

inquietdoncsanglantun cancre
incapableun banquiercingléune fonction
un cinquièmeun comptoirune manguec’est dingue
un campingincompréhensiblela longueurun kangourou

Exercice 11

Nasales devant labiodentales

envoyerenvierinventergonfler
janvieren voyantune invasionenfantin
inviteron vientinvalideconfier
invariablel’inversioninférieurinformer

Phrases

Les mangues sont importées des Antilles.
Récemment, il y a encore eu un attentat sanglant.
Cette recrudescence est inquiétante.
Ma télévision est continuellement en panne, c’est ennuyeux.
Demain, j’envoie une lettre de réclamation au magasin.
En attendant, nous ne pouvons pas regarder le feuilleton.
On peut passer le temps agréablement en lisant un roman.

12.11. Les voyelles nasales  

Version d’archive non mise à jour. Pour consultation uniquement. Reproduction, impression et diffusion interdites.

Reprise du chapitre précédent avec des mots partiellement différents. Voir les règles concernant les nasales p. 52 ainsi que p .83 et suivantes.

Exercice 1

Opposition a oral / a nasal (paires minimales). Bien nasaliser, on ne doit pas entendre *[blɑ] (blanc) etc.

plat/ planrat / rendtas / taonjars / genre
chat / chantjas / gensbat / bancgâte / gante
mât / mentpas / panfa / faonpâte / pente
las / lentva / ventça / sanschasse / chance

Exercice 2

Même exercice

pattu / pentuplaça / plaçantpassa / passantgâté / ganté
joua / jouanttasser / tancerrageur /rangeurplaquer / planquer
râper / ramperlacer / lancertrachée / tranchéetâta / tenta

Exercice 3

Opposition [ɑ̃] / [õ] (paires minimales)

rang / rondlent / longfaon / fondquand / qu’on
sans / sonbanc / bonprend / promptpan / pont
gens / joncsgant / gondtaon / tonplan / plomb
dent / dontment / montvent / vontfendre / fondre

Exercice 4

Opposition [ɑ̃] / [õ] (paires minimales)

prenant / prenonsdompter / denterrépondre / répandrebon ton / bon temps
ronger / rangerJean / joncballon/ ballantrampez / rompez
blond / blancbonder / bandertromper / trempercomptant / comptons
allant / allonsramant / ramonstentant / tentonsfondu / fendu

Exercice 5

Opposition de nasales diverses

en montantmille-cinq-centen descendantindépendant
cinquantecinquante-cinqen continuanten vingt ans
combienen attendantun tympanen répondant
en rangeanten entendantun agenten cent-trente ans
papa – pampa – pompa – pompant – pompon

Exercice 6

Exercice sur le maintien de la nasalité (notamment cas d’allongement devant sonore)

anglaisonclele singeune amende
entreen Indela landeune légende
onzelentementlongerdes dividendes
les Andesintriguéla grangeen Finlande
honteuxla dinde une secondedes offrandes

Exercice 7

Exercice sur le maintien de la nasalité de [ɑ̃] dans des groupes avec plusieurs nasales. Penser à prononcer toutes les nasales

longtempsen confondantun enfant blonden simplifiant
en tombantun enfanten s’orientantdes dents blanches
en montantmille-cinq-centen descendantindépendant
un dentiercompterun syndicatune hirondelle

Exercice 8

Nasales devant occlusives dentales. Ne pas prononcer de [n] ou de [m] parasite. Faire attention notamment à l’article un devant consonne.

la quantitébientôtremonterun dindon
un attentatla peintureen tentanten disant
l’ententeun vingtièmeun tendonen dansant
la syntaxedu dentifriceindépendantle monde

Exercice 9

Nasales devant occlusives bilabiales

innombrableune combinaisonembaumerun lombric
sympathiqueun pourboiretu as comprisen bougeant
simplifierun parapluieambitieuxemballer
se tromperimportanthumblementun bonbon

Exercice 10

Nasales devant occlusives vélaires

mon oncleencombrerincroyableun quart
incapableun banquiercingléune fonction
un cinquièmeun comptoirune manguec’est dingue
un campingincompréhensiblela longueurun kangourou

Exercice 11

Nasales devant labiodentales

envoyerenvierinventergonfler
janvieren voyantune invasionenfantin
inviteron vientinvalideconfier
invariablel’inversioninférieurinformer
invivableinvestirun infirmierà l’infini

Phrases

Cet étudiant est toujours très détendu.
Cette somme était insuffisante pour subsister longtemps.
Il a fait une analyse saisissante de la situation.
Il avait emporté comme provisions un sachet de pruneaux d’Agen.
Un détendeur sert à détendre un gaz sous pression.
J’ai vu d’innombrables oiseaux dans la combe.
Tous les membres du groupe de danse ont la grippe.
François croit toujours avoir raison.
Nous avons entendu un léger chuchotement dans la chambre.
Chez son grand-père, il y avait un début d’embonpoint.
Jean-Claude avait un tempérament sanguin.
Il faut sensibiliser les débutants à l’importance de la prononciation.

12.12. Les voyelles nasales  

Version d’archive non mise à jour. Pour consultation uniquement. Reproduction, impression et diffusion interdites.

Reprise du chapitre précédent avec des mots partiellement différents.

Exercice 1

Nasales devant occlusives dentales

la quantitébientôtremonterun dindon
un attentatla peintureen tentanten disant
l’ententeun vingtièmeun tendonen dansant
la syntaxedu dentifriceindépendantle monde
un dentiercompterun syndicatune hirondelle

Exercice 2

Nasales devant occlusives bilabiales

impossiblela températureen pensantassombrir
sympathiqueun pourboireincomprisen bougeant
simplifierun parapluieambitieuxemballer
emporterempêchersemblableen Belgique
se tromperimportanthumblementun bonbon

Exercice 3

Nasales devant occlusives vélaires

inquietdoncsanglantun cancre
incapableun banquiercingléune fonction
un cinquièmeun comptoirune manguec’est dingue
un campingincompréhensiblela longueurun kangourou
mon oncleencombrerincroyableun quart

Exercice 4

Nasales devant [v]

envoyerenvierinventergonfler
janvieren voyantune invasionenfantin
inviteron vientinvalideconfier
invariablel’inversioninférieurinformer
invivableinvestirun infirmierà l’infini

Exercice 5

Nasales devant s sonore

onzièmesans argentonze foismanger
on se ditinsenséun concertbonjour
on se disputeon se parlesongeron se donne
concevoiron jaseune bronchiteun singe

Exercice 6

Nasales devant [ʁ]

une denréesans rienun renseignementon renonce
enrouésans rapport en rangeanten ronronnant
un genresans riresans rancunemon rhume
enregistrerun rongeuren rentrantton roman
enrouleren renvoyantdans Rouenson rendez-vous

Exercice 7

Nasalité de [ɑ̃]. S’efforcer de prononcer tous les [ɑ̃] de façon bien nasale.

enclencherle renflementun enchantementen branlant
flancherle plancheren languissantle lancement
affolantlancinant aveuglantdans l’ensemble
en ambulanceefflanquésanglantdans l’entêtement
dans l’entouragedans l’ententele blanchimentdu pétrole lampant

Exercice 8

Opposition entre nasales dans les chiffres. Dans certains cas, on prononce un [n] dans vingt. Voir p. 81 §3

cinq-centsoixante-et-onze
cent-onzecent-cinquante-cinq
cent-cinqquatre-vingt-quinze
cent-soixantecent-quatre-vingt-onze
cinq-cent-onzecent-quatre-vingt-cinq
cinq-cent-cinqcinq-cent-trente-et-un

Rappel : 71 se lit avec et, soixante-et-onze, mais 81 et 91 se lisent sans et : quatre-vingt-un, quatre-vingt-onze.

Exercice 9

Opposition entre nasales dans les chiffres

cent-soixante-cinqcent-soixante-et-onze
cent-trente-cinqcinq-cent-cinquante-cinq
cinq-cent-vingt-cinqcinq-cent-quatre-vingt-onze
cinq-cent-trente-cinqcent-quatre-vingt-quinze
cinquante-et-uncinq-cent-soixante-quinze
soixante-quinzecinq-cent-soixante-et-onze

Phrases

Les noms de nombre contiennent beaucoup de nasales.
Ce sont d’excellents exercices de prononciation.
J’ai reçu une invitation pour l’inauguration du nouveau musée.
Voilà une invitation qui ferait des envieux.
Jean est tombé en descendant du toit.
Il est seulement légèrement commotionné.
Cette télévision est continuellement en panne, c’est ennuyeux.
Demain, j’envoie une lettre de réclamation au magasin.
Nous irons passer nos vacances dans le Massif Central.
On peut y faire de belles randonnées.
L’air de la montagne est très vivifiant.
Pas moyen de faire du ski aujourd’hui, les remonte-pentes sont fermés à cause du froid.
Il y avait une réception à l’ambassade pour la fête de l’indépendance.
Il y avait plus de cinq-cent-cinquante invités !
Je me demande ce qu’André est en train de manigancer.
C’est étrange et intriguant.
Mon grand-oncle devait nous amener au concert.
Il n’est pas encore arrivé et nous nous impatientons.
Pour des raisons de budget, nous recherchons la précision et la concision de l’information.

12.13. Opposition voyelles nasales/voyelles orales  

Version d’archive non mise à jour. Pour consultation uniquement. Reproduction, impression et diffusion interdites.

En français, contrairement à d’autres langues, une consonne nasale ne nasalise pas la voyelle qui la précède : la nasalisation a dans le système phonétique du français une valeur distinctive, il faut donc que les voyelles orales restent nettement non nasales. Pourtant, on constate fréquemment des prononciations fautives, par exemple ils contiennent est prononcé *[kõtjɛ̃n] avec un [ɛ̃] nasalisé. Les erreurs à ce sujet peuvent avoir deux causes différentes : soit on applique mal les règles concernant la prononciation du groupe voyelle + n(n) ou voyelle + m(m), où la voyelle est lue par erreur comme une nasale ; soit (il s’agit alors véritablement d’un problème phonétique) on connait bien ces règles, mais on a tendance à nasaliser les voyelles au contact de [m] ou de [n]. Parallèlement à l’étude des nasales, il faut donc faire des exercices sur la dénasalisation.

Exercice 1

Mots avec VOYELLE +n(n) / m(m) + VOYELLE sans voyelles nasales. Relire les règles concernant la graphie des nasales p. 82. Il n’y a pas de voyelles nasales dans cet exercice !

inavouableimmédiatl’ammoniaquedonner
inéditinhabituell’ennemiinnommable
innéimmobileune décennieune benne
inhiberinhumainehonnêtele fromage
innoverannuelun bonhommeinhabité
immoralles immigrésl’immortalitél’immunité

Exercice 2

Opposition [ɛ̃]/[ɛ]. Bien opposer voyelles nasales et orales

plein / pleinemusicien / musicienne
doyen / doyenneil convient / ils conviennent
sain / saineelle soutient / elles soutiennent
lycéen / lycéenneil retient / ils retiennent
moyen / moyennedes opticiens / des opticiennes

Exercice 3

Même exercice

européen / européenneil soutient / ils soutiennent
ancien / ancienneles tiens / les tiennes
les siens / les siennesil vient / ils viennent
païen / païenneparisien / parisienne

Exercice 4

Même exercice

des chiens / des chienneselle contient / elles contiennent
chrétien / chrétienneaméricain / américaine
les miens / les miennesil survient / ils surviennent
carélien / carélienneelle maintient / elles maintiennent
certain / certainedes pharmaciens / des pharmaciennes

Exercice 5

Prononciation de [ɛ] au contact de consonnes nasales. Ne pas nasaliser [ɛ] au contact de [m] ou [n].

la mise en scèneune gemmela Saint Étiennela baleine
une antennela flemmeles étrennesle capitaine
un air amèneun dilemmeune persiennehors d’haleine
qu’il apprenneune arèneun renneune semaine

Exercice 6

Opposition [õ]/[ɔn]. Bien opposer voyelles nasales et orales.

bon / bonne[le] patron / [la] patronnegarçon / garçonne
[un] don / [il] donne[le] pardon / [il] pardonne[un] tronçon / [il] tronçonne
[le] nom / [il] nomme[un] éperon / [il] éperonne[le] goudron / [il] goudronne
[le] rayon / [il] rayonne[le] bonbon / [la] bonbonne[le] harpon / [il] harponne

Exercice 7

Prononciation de [ɔ] au contact de consonnes nasales. Ne pas nasaliser les voyelles au contact de [m] ou [n].

la tonnele téléphonela commodeune commande
une colonneun interphonereconnaitreon conditionne
ça m’étonneune gommeun entonnoiril recommande
à la Sorbonneil est à Romeen automnej’assaisonne
il ronronneça m’assommele bonhommeil se réapprovisionne

Le groupe mn se prononce ici [n] : [otɔn]. Pour la prononciation du groupe -mn-, voir p. 34 §3b.

Exercice 8

Prononciation de [ɔ] au contact de [m] dans la terminaison -um. Ne pas prononcer *[um], voir p.34 §3 et p.80 §2 ; ne pas nasaliser !

un aquarium [akwa-]un forumle potassiumde l’uranium
un planétariumle sternumle sodiumun référendum*
un muséumun albumle plutoniumun ultimatum
le maximumun géraniumle césiumun auditorium
le minimumun harmoniumle radiumun sérum
un podiuml’aluminiumle magnésiumun chewing-gum

Le mot rhum, bien que n’étant pas formé sur un mot latin, se prononce également selon le même modèle : [ʁɔm].

*Dans le mot référendum, le groupe en se prononce [ɑ̃] ([ʁefeʁɑ̃dɔm]), mais on entend aussi la prononciation avec [ɛ̃] : [ʁefeʁɛ̃dɔm]. Voir p.84 §2.

Exercice 9

Prononciation de au contact de consonnes nasales. Ne pas nasaliser les voyelles au contact de [m] ou [n]

la damela flammeen pannenotamment
une rameun grammeprudemmentun drame
une femmeune vannecourammentsolennel
monogamele programmeincessammentpatiemment
la grammaireun kilogrammeélégammentardemment

Phrases

Cette pomme pèse trois cent grammes.
Je ne crois pas qu’ils reviennent avant la fin de l’année.
J’aime beaucoup les quais de la Seine en automne.
Ça fait une semaine que j’ai commandé ces albums.
Tu dois faire une réclamation immédiatement.
Est-ce que ça vaut la peine ?
Je crois que je vais annuler la commande.
Ils me prennent pour un idiot.
Ce garçon est incapable de rester immobile une seconde !
Nous nous sommes donné rendez-vous au Forum des Halles.*
C’est toujours étonnant d’y voir cette foule.

*Dans le mot Halles, le h est disjonctif. Il n’y a donc pas liaison, on prononce [foʁɔmdeal].

12.14. La liaison avec les voyelles nasales  

Version d’archive non mise à jour. Pour consultation uniquement. Reproduction, impression et diffusion interdites.

Voir les règles concernant la liaison avec les voyelles nasales p. 94. Rappel : toute liaison avec une voyelle nasale est interdite sauf dans les cas suivants, où elle est habituelle :

Se rappeler la règle générale de l’enchainement consonantique : la consonne forme une syllabe avec la voyelle initiale du mot suivant [ɛ̃-na-mi] etc.

Exercice 1

Liaison en nasale avec les déterminants un et aucun

un enfantun invitéaucun espoiraucun autre
un aspirateurun hommeaucun abonnementaucun envoyé
un uniformeun ordinateuraucun exposéaucun emploi
un employéun historienaucun élémentaucun usage

Exercice 2

Liaison en nasale avec les déterminants possessifs (une seule forme pour le masculin et le féminin)

mon aquariummon employeurton invitéeson amie
mon accordmon avanceton histoireson enquête
mon impressionton inspirationton impatienceson assurance
mon accentton ombreson impuissanceson importance

Exercice 3

Liaison en nasale avec on

on y vaon a diton avanceon espère
on oseon en parleon emporteon arrive
on imposeon a écoutéon agranditon a oublié
on y penseon essaieraon est bienon en vient
on achèteon enquêteon en prendon apporte

On ne fait pas la liaison après on s’il est inversé : que dit-on// à ce sujet ?

Exercice 4

Liaison en nasale avec en

en allanten Indeen allemandils en ont dix
en impliquanten invitanten italienj’en achète
en oren avionen espagnolj’en ouvre un ?
en ivoirej’en inviteraij’en ai euj’en ai parlé

Pas de liaison avec en quand il est placé après le verbe : prends-en// un peu.

Exercice 5

Combinaisons en /on / un

en un anon en a euen en achetanton en a trois
en un instanten un éclairon en a parléon en a noté
on en a on en ôteon en entendon en a mis
on en a unon en apprenden en ôtant on en a eu un
on en a faiton en a prison en a vuen un an et demi

Exercice 6

Liaison en nasale avec bien et rien

bien habillébien essuyébien appliquébien organisé
bien observébien ouvertbien entendubien expliqué
bien exposérien à fairerien à direrien à corriger
bien imaginérien à ajouterrien à redirerien à boire

Exercice 7

Dénasalisation devant voyelle des adjectifs antéposés terminés par une voyelle nasale (voir p. 94 §4).

un bon ami [bɔnami]un certain acteur [sɛʁtɛnaktœʁ]
j’ai bon espoir [bɔnɛspwaʁ]un certain aspect [sɛʁtɛnaspɛ]
un bon élève [bɔnelɛv]un certain impôt [sɛʁtɛnɛ̃po]
un bon exemple [bɔnɛgzɑ̃pl]un certain avocat [sɛʁtɛnavoka]
un bon aperçu [bɔnapɛʁsy]un certain accent [sɛʁtɛnaksɑ̃]
un bon exercice [bɔnegzɛʁsis]un certain ouvrier [sɛʁtɛnuvʁie]

Exercice 8

Même exercice

un ancien expert [ɑ̃sjɛnɛkspɛʁ]en plein effort [ɑ̃plɛnefɔʁ]
un ancien ami [ɑ̃sjɛnami]en plein entracte [plɛnɑ̃tʁakt]
un ancien ordre [ɑ̃sjɛnɔʁdʁ]le plein emploi [plɛnɑ̃plwa]
un ancien s [ɑ̃sjɛnɛs]le moyen âge [mwajɛnaʒ]
un ancien l [ɑ̃sjɛnɛl]le Moyen Orient [mwajɛnɔʁjɑ̃]
un ancien inspecteur [ɑ̃sjɛnɛ̃spɛktœʁ]en moyen anglais [mwajɛnɑ̃glɛ]
en plein air [ɑ̃plɛnɛʁ]un vilain animal [vilɛnanimal]
en plein office [ɑ̃plɛnofis]le divin enfant [lədivinɑ̃fɑ̃]*

*Cas unique de dénasalisation en [i] (dans le chant de Noël Il est né le divin enfant).

Phrases

Nous nous sommes bien amusés hier soir.
Son autobus avait du retard.
Je n’ai rien à ajouter.
Ton oranger a bien poussé en un an.
L’étudiant manifestait un certain énervement avant son examen.
C’est un bon exemple pour expliquer cette règle.
On en utilise souvent.
Jean en a eu beaucoup.
Il peut y avoir des orages même en plein hiver.
Tu n’as rien acheté pour son anniversaire ?*

*La liaison facultative avec rien ne se fait que dans une langue soutenue. En effet, dans la langue parlée, comme on n’utilise pas le mot négatif ne, rien acquiert en quelque sorte une valeur de pronom négatif indépendant, valeur qui se marque par l’absence de liaison. De plus, dans la langue parlée on fait plus rarement la liaison en général.

12.15. L’enchainement vocalique  

Version d’archive non mise à jour. Pour consultation uniquement. Reproduction, impression et diffusion interdites.

Voir les explications 7.1.3.. Se rappeler la règle générale de l’enchainement consonantique : la consonne forme une syllabe avec la voyelle initiale du mot suivant [ɛ̃-na-mi] etc.

Exercice 1

Enchainement vocalique au contact des mots. Bien enchainer les voyelles

je vais au cinémaj’irai à midien juillet ou en aout
tu vas au marchéil joue au hockeyen février ou en mars
il ira à Arlesoù est Iris ?pas avant
j’étais à Ajacciooù est Aimé ?en mai et en juin

Exercice 2

Même exercice. Se rappeler qu’on ne prononce jamais le t de la conjonction et !

tu iras au concert ?au début et à la finen janvier et en février
il va à Annecyà André et à Albertil viendra à une heure
elle va à un balà Épinay et à Antonydepuis huit mois
j’irai à Albiaprès euxce sera amusant
il ira à une heureété et hiveraprès onze heures

Exercice 3

Enchainement vocalique à l’intérieur de mots

un brouhahaavec appréhensionpoétiqueun néon
prohibervéhémentse déhancherà Cahors
réaliserrehausserextraordinairela création
désagréableagréablele péagela cohésion

Exercice 4

Enchainement vocalique à l’intérieur de mots

féeriquel’aérationrééditerun aéroport
au Saharaune cahuteun cahierahaner
une cohorterecréerl’aorteébahi
ahuricahoteuxbéantchez Raoul
anaérobiela créativitéhexaédriquebéatement
une aérogareantiaérienle baccalauréatmagnétoaérodynamique

Exercice 5

Avec les mots commençant par un h disjonctif, il n’y a pas élision de la voyelle de l’article défini. Il y a donc deux voyelles en contact, qu’il faut bien lier.

la hachele hallla hontelà-haut
la hauteurla hainela Hollandele hamburger*
la haiele hongroisle haricotje te hais
la haltela houssela hordetu te hâtes
le hautboisau Havrele hérissonla harpe

* Prononcer [ɑ̃bœʁgɛʁ] ou [ɑ̃bœʁgœʁ]

Exercice 6

Bien que deux voyelles identiques puissent être liées, il est important qu’on les entende distinctement (selvästi) l’une et l’autre. Comparer : [ʒekʁi] (j’écris) / [ʒeekʁi] (j’ai écrit) ; [ilaynavɑ̃tyʁ] (il a une aventure) / [ilayynavɑ̃tyʁ] (il a eu une aventure).

j’ai été étonnéj’ai été aimableil a eu une lettre
j’ai été insultéj’ai été hospitaliséil a eu un cadeau
j’ai été oubliéj’ai été à Amiensil y a eu une bagarre
j’ai été impliquéil a eu une attaqueil y a eu un bruit
j’ai été aperçuil a eu une invitationil y a eu une enquête
j’ai été immobileil a eu une amendeil y a eu un accident
j’ai été ébahiil a eu une occasionil y a eu une conférence

Exercice 7

Exemples de courtes phrases avec enchainement vocalique

il n’a pas achetéj’ai bu une bouteilletu n’as pas honte ?
il n’a pas avouétu y as été ?j’ai voulu une glace
j’ai écritj’ai eu envieil n’ira pas à Avignon
j’ai étudiéj’ai eu honteil vit ici
je l’ai peu utiliséon a fait halteil ira après
c’est trop hauttu as pensé à eux ?vous avez été étonnés

Phrases

Samedi, il va à Hambourg.
Mais eux iront demain.
J’ai voulu essayer un peu moi aussi.
Ce n’est plus utile.
Où est-il allé avant-hier ?
Renaud a eu un succès extraordinaire.
Ça va où, cette route ?
On a une idée erronée sur cette question.
C’est aussi incompréhensible qu’avant.
Il faudrait penser à tailler la haie du jardin.
On entend le hululement du hibou.
J’ai eu une lettre de mon fils.
Je me suis abonné à un magazine.
Cette pièce n’a pas été aérée depuis longtemps.
Le plombier est venu aujourd’hui.
On ira à Eu après eux.
Est-ce qu’il a eu de nouvelles cravates ?
Oui, il en a eu une.
Demain, nous irons au Havre, puis de là à Arles et à Avignon.
Il me regardait les yeux fixes et béants.
Béant est le participe du verbe béer, qui signifie « être grand ouvert ».
Le boulanger et sa femme vont en vacances à Anvers.
En France, la plupart des autoroutes sont à péage.
On n’aura pas à attendre longtemps.
Et alors ? Tu arrives ? J’ai un rendez-vous !

12.16. L’enchainement vocalique avec les voyelles nasales  

Version d’archive non mise à jour. Pour consultation uniquement. Reproduction, impression et diffusion interdites.

Comme on ne fait pas la liaison avec les voyelles nasales (sauf exceptions mentionnées p. 94 §3, voir aussi p. 89), la rencontre d’une voyelle nasale en fin de mot avec une autre voyelle au début du mot suivant est un cas d’enchainement vocalique (p. 88). Dans la phrase [kʁistjɑ̃epaʁtisəmaɑ̃asɛtœʁ] (Christian est parti ce matin à sept heures), il faut se rappeler :

Remarque  : comme il est parfois difficile de se rappeler quand il faut faire la liaison, on a indiqué dans les exercices suivants les endroits où elle est interdite :

Exercice 1

La liaison en nasale avec les déterminants est empêchée par h disjonctif

un|⁀Hongroisun|⁀haricotaucun|⁀Hollandaisen|⁀haïssant
un|⁀hamburgeren|⁀hauton|⁀haitaucun|⁀hold-up
en|⁀Hollandeun|⁀hasardun|⁀hallun|⁀hamac
aucun|⁀héroson|⁀houspilleen|⁀Hongrieun|⁀hareng

Exercice 2

Liaison interdite après un et aucun quand ils sont pronoms

Il faut en prendre un|⁀aujourd’hui.Je n’en veux aucun|⁀avant.
Il faut en donnerun|⁀à Antoine.Je n’en vois aucun|⁀ici.
Il faut en commanderun|⁀ici.Il n’y enaura aucun|⁀après.
Tu peuxen mangerun|⁀au maximum.N’en mange aucun|⁀après 10h.
J’en veuxun|⁀avant demain.L’un|⁀et l’autre
Il faut en boire un|⁀avant midi.L’un|⁀est parti.

Exercice 3

Liaison interdite après un en fonction de pronom et quelqu’un

J’en voisun|⁀à gauche.L’un|⁀écoute, l’autre pas.
Un|⁀etun|⁀égale deux.L’un|⁀en veut.
Quelqu’un|⁀a téléphoné.L’un|⁀est cassé.
Quelqu’un|⁀a-t-il parlé ?L’un|⁀a dit ça.
Quelqu’un|⁀est arrivé.L’un|⁀aune marque.
Quelqu’un|⁀est ici.L’un|⁀aonze ans.

Exercice 4

Liaison interdite après on et en postposés (après le verbe)

Prenez-en|⁀un peu.A-t-on|⁀eu des nouvelles ?
Donnez-en|⁀àAndré.Peut-on|⁀arrêter ?
Fais-en|⁀avec de la farine.Commentexplique-t-on|⁀un mot ?
Essaies-en|⁀un plus grand.Sait-on|⁀au moins son nom ?
Choisis-en|⁀un.Y pense-t-on|⁀assez ?
Prends-en|⁀un peu plus.Va-t-on|⁀interrompre les négociations ?
Achètes-en|⁀unautre.Passe-t-on|⁀assez de tempsavec eux ?

Exercice 5

Phrases

C’est un parfum|⁀enivrant.*
Nous avons|⁀achetéun cadeau.
Ils sont|⁀hongrois.
J’en veuxau moins|⁀un.
C’est unhomme bon|⁀et généreux.
Il est grand|⁀et fort.
C’est loin|⁀et difficile d’accès.
Ils sont sains|⁀et saufs.
Ce sera le matin|⁀à neuf heures.
Quelqu’un|⁀a une idée ?
L’été, nous irons|⁀en |⁀Hollande.
Nous y avons|⁀unami d’enfance.
Ce seraen juin|⁀ouen juillet.
Ton pantalon|⁀est très chic.
Le mien|⁀est assez « fatigué ».
C’est plein|⁀à craquer.
C’est une question|⁀angoissante.
Nous avons|⁀honte.
Nous avons|⁀onze livres.
J’enaurai cent|⁀au plus.
Ce seraau printemps|⁀ouenété.
Il faut en prendre un|⁀en|⁀haut.
Tu viens|⁀avant|⁀ouaprès ?
L’enfant|⁀aeuunan|⁀enété.
Maintenant il aunan|⁀et demi.
Cherches-en|⁀un|⁀au début.
Il m’en reste un|⁀à emballer.
Ce vin|⁀est bouchonné.
Nous enavons|⁀euun|⁀aussi.
Il n’y à rienà dire, Jean|⁀est toujours bienhabillé.
Nous mangerons|⁀un gigot de mouton|⁀avec des|⁀haricots.
Jean|⁀-Yves va souvent|⁀au marchéaux puces.
Tu irasenAngleterre en train|⁀ouenavion ?
Sonarrière-grand-père a cent|⁀onze ans.
J’ai souvent penséàAlain|⁀età sa femme.
Si ce parfum|⁀est trop fort, choisis-en|⁀unautre.
M. Boutefeuest traducteur au Parlement|⁀européen.
Nous y allons|⁀après-demain, maiseuxiront|⁀avant.
L’un|⁀est parti, mais l’autre est encore là.
J’iraien|⁀Hongrieenhiver.
Il est arrivéen|⁀hautavant|⁀eux.
Combien de poissonsavez-vous prisenune heure ?
Onenaeu deux.
Moi je n’enaieu qu’un.

* Pour la prononciation d’enivrant, voir p. 82 §2a.s

12.17. L’enchainement vocalique avec les voyelles nasales  

Version d’archive non mise à jour. Pour consultation uniquement. Reproduction, impression et diffusion interdites.

Reprise du chapitre précédent avec des mots partiellement différents. Rappel (du chapitre précédent) :

Exercice 1

La liaison en nasale avec les déterminants est empêchée par h disjonctif

un|⁀harponun|⁀haricotaucun|⁀Hollandaisen|⁀happant
un|⁀hamburgeren|⁀hautun|⁀hibouun|⁀hareng
un|⁀hochetun|⁀hasardun|⁀hallun|⁀haut-bois
un|⁀hameauaucun|⁀héroson|⁀houspilleun|⁀hamster
en|⁀haïssantaucun|⁀hâleun|⁀hublotun|⁀hêtre
un|⁀hold-upun|⁀homarden|⁀hurlantun|⁀hérisson

Exercice 2

Liaison interdite après un et aucun quand ils sont en fonction de pronom

Il faut en prendre un|⁀aujourd’huiJe n’en veuxaucun|⁀avant.
Il faut en donnerun|⁀à Jean.Je n’en voisaucun|⁀ici.
Il faut en commanderun|⁀ici.Il n’y enauraaucun|⁀après.
Tu peuxen mangerun|⁀au maximum.N’en mange aucun|⁀après 10h.
J’en veux|⁀un|⁀avant demain.Il faut en boire un|⁀avant midi.
J’en voisun|⁀à gauche.Prends-en|⁀un|⁀au moins.

Exercice 3

Liaison interdite après un pronom et quelqu’un

Quelqu’un|⁀a téléphoné.L’un|⁀est cassé.
Quelqu’un|⁀a-t-il parlé ?L’un|⁀a dit ça.
Quelqu’un|⁀est arrivé.L’un|⁀aune marque.
Quelqu’un|⁀est ici.L’un|⁀aonze ans.
L’un|⁀est parti.L’un|⁀écoute, l’autre pas.

Exercice 4

Liaison interdite après on et en postposés (après le verbe)

Prenez-en|⁀un peu.Révise-t-on|⁀assez ?
Donnez-en|⁀àHenri.Peut-on|⁀arrêter ?
Fais-en|⁀avec de la farine.Commentexplique-t-on|⁀un mot ?
Essaies-en|⁀un plus grand.Sait-on|⁀au moins son nom ?
Choisis-en|⁀un.Y pense-t-on|⁀assez ?
Prends-en|⁀un peu plus.Va-t-on|⁀interrompre les négociations ?
Achètes-en|⁀unautre.Passe-t-on|⁀assez de tempsavec eux ?

Exercice 5

Même exercice que le précédent, mais avec des suites de 3 ou 4 voyelles nasales. Attention à l’enchainement vocalique !

Gardes-en|⁀un|⁀en réserve.Récites-en|⁀un|⁀enanglais.
Donnes-en|⁀un|⁀à André.Poses-en|⁀un|⁀en bas.
Chantes-en|⁀un|⁀enallemand.Prends-en|⁀un|⁀en|⁀haut.
Portez-en|⁀un|⁀au chien.Dites-en|⁀un|⁀en|⁀hongrois.
Jouez-en|⁀un|⁀ensemble.Achètes-en|⁀un|⁀en|⁀Hollande.

Phrases

Nous avons|⁀euun cadeau.
Nous enavons|⁀eu un|⁀aussi.
Ils sont|⁀hongrois.
J’en veuxaumoins|⁀un.
Il faut en prendre un|⁀en|⁀haut.
C’est unhomme bon|⁀et généreux.
Il est grand|⁀et fort.
C’est loin|⁀et difficile d’accès.
L’enfantaeuunan|⁀enété.
Maintenant il aunan|⁀et demi.
Ils sont sains|⁀etsaufs.
Nous y allons après-demain, maiseuxirontavant.
Ce sera le matin|⁀à neuf heures.
Quelqu’un|⁀aune idée ?
L’été, nous irons|⁀en|⁀Hollande.
Nous yavons|⁀unami d’enfance.
Ce seraen juin|⁀ouen juillet.
C’est plein|⁀à craquer.
Un|⁀et un|⁀égale deux.
Mon cousin|⁀invitera des amis pour sonanniversaire.
Si ce parfum|⁀est trop fort, choisis-en|⁀unautre.
Nous avons|⁀onze livres.
J’enaurai cent|⁀au plus.
On iraau printemps|⁀ouenété.
Tu viens|⁀avant|⁀ouaprès ?
Cherches-en|⁀un|⁀à gauche.
Il y enaun|⁀enor enhaut.
Il m’en reste un|⁀àemballer.
C’est la première porte au fondà droite.
Nous mangerons|⁀un gigot de mouton|⁀avec des|⁀haricots.
Ce vin|⁀est bouchonné.
Nous avons|⁀honte.
Jean|⁀-Yves va souventau marché aux puces.
Tu iras enAngleterre en train|⁀ou enavion ?
Le moulinàventen|⁀haut de la colline aété restauré.
J’ai souvent penséàAlain|⁀età sa femme.
As-tu vu le film Les centun dalmatiens ?
Son père est un physicien de renom |⁀international.
Son clavecinest uninstrumentancienavec des touches enivoire.
Il est arrivéen|⁀hautavanteux.
On iraenHollande enhiver.
Enenachetantunautre, tuas droitàune [tyadʁwaayn] réduction.
Le camionavançait lentementà cause des nids de poule.
Nous n’avonseuaucunincident à l’usine.
Nous, onenaeuun|⁀enunan|⁀et demi.
Maiseux n’enont|⁀euaucun|⁀en deux ans.

12.18. Révision s sonore et voyelles  

Version d’archive non mise à jour. Pour consultation uniquement. Reproduction, impression et diffusion interdites.

Exercice 1

Prononciation de s sonore ; revoir les règles p. 30.

J’ai emprunté des chaises à la voisine.
Josette travaille comme vendeuse dans un grand magasin.
L’État a accordé une subvention pour la réalisation du projet.
Elle a mal cousu le col de la chemise.
Nous avons rencontré vos amis par hasard au BHV.
De nombreux oiseaux se reposaient dans les branches.
Nous sommes enthousiasmés par votre proposition.
Le contraste était saisissant quand on les voyait ensemble.
Il faut que vous révisiez pour l’examen de demain, pensez-y.
Nous avons assisté à l’inauguration de l’exposition.
Je n’ai pas le temps de m’amuser, je dois préparer un exposé.
Choisissez une solution plus avantageuse.
Avec lui, tu n’obtiens rien sans insister.
Suzanne est vraiment le sosie de sa sœur.
Le dernier épisode que j’ai vu à la télévision était assez amusant.

Exercice 2

Même exercice

L’eau-de-vie de framboise est une spécialité alsacienne.
On est passé sans transition de l’hiver à l’été.
Il se reposait sous un parasol.
Nous avons essayé de ne pas être trop désagréables avec lui.
On ne peut pas réussir à l’examen sans assister au cours.
Il m’a fallu plus de trois heures pour préparer ces exercices.
Zozoter est un mot familier pour « zézayer ».
Nous avons photographié des oies sauvages.
Il nous a raconté des choses assez amusantes sur son dernier voyage.
La chanson de Roland est une très ancienne légende française.
Il est plus intelligent que tu ne supposes.
Qu’est qui cause ces incidents sans arrêt ?
Cette décision a semé la zizanie au sein de l’organisation.
Le plaignant s’est retrouvé sans un sou.

Exercice 3

Voyelles. Voir chapitre VI. Attention notamment aux voyelles antérieures non labialisées [a, e, i], voir p. 65 à 68.

Je vous rappelle qu’il faut prononcer des è bien ouverts.
L’air est trop sec dans cette pièce.
L’image n’est pas très nette.
Sans abeilles, il n’y aurait pas de miel.
Elle est trop jeune pour avoir des problèmes de cœur.
Si tu ne viens pas à l’heure, tu manqueras la meilleure partie du concert.
À cause de la grève, il faut d’abord se renseigner à l’agence.
Il a vidé d’un coup le bol de grog au rhum.
La Finlande est un pays membre de l’Union européenne.
Il parait que la graisse d’oie est aussi bonne pour la santé que l’huile d’olive.
Il ne faut pas confondre le conducteur avec le contrôleur.
L’un conduit le train, l’autre contrôle les billets.
Il faut que j’achète de nouvelles serviettes de toilette.
Cette allée bordée d’ormes est très romantique en automne.
En Suède, la semaine dernière, il y a eu une catastrophe ferroviaire.
Son père doit subir une opération à cœur ouvert.
Il faut que je fasse réparer mon lecteur de DVD HD.
Notre proposition n’a pas eu l’heur de lui plaire.
Ce pays n’est pas encore membre de la zone euro.

Exercice 4

Même exercice

Il a eu tort de ne pas suivre nos conseils.
Je pars pour le weekend en Angleterre.
Je logerai dans un hôtel.
Annette enseigne au lycée Montaigne.
Dans quelques instants, la reine va apparaitre à la fenêtre.
Qui sème le vent récolte la tempête.
Toute ma vaisselle est tombée par terre.
Rovaniemi se trouve presque sur le cercle polaire.
Respecte les limitations de vitesse, c’est un conseil.
Les voyages en chemin de fer coutent de plus en plus cher.
Le vocabulaire est presque plus important que la grammaire.
Une misère est aussi une plante d’intérieur.
Paul s’est fait une entorse en jouant au squash.
Le français est trop dur, je suis désespérée.

Autres consonnes

13.1. Les chuintantes  

Version d’archive non mise à jour. Pour consultation uniquement. Reproduction, impression et diffusion interdites.

Les chuintantes représentent une des grandes difficultés de la prononciation française pour les étudiants de langue finnoise, étant donné qu’elles sont absentes du système phonétique du finnois. Elles sont cependant moins difficiles à prononcer que, par exemple, les occlusives sonores.

Pour pouvoir bien prononcer les chuintantes, il faut absolument savoir prononcer le [s] (et, donc, le [z]). Le [s] français est assez nettement différent du [s] finnois (voir p. 27). On ne peut bien prononcer les chuintantes et bien opposer chuintantes et sifflantes que quand on maitrise parfaitement la prononciation de [s]. Voir les explications théoriques et les conseils de prononciation p. 31.

Exercice 1

Prononciation de [ʃ]

chaudle boucherun pois chichearchiver
un choule charcutierchez Charlesun démarcheur
une hachela charruemarcherune écorchure
la branchela mouchec’est fort cherrechercher
charmantla chambredéfricherune porcherie
touchéla bêchepar chemin de fernous marcherons

Exercice 2

Prononciation de [ʒ]

la jambejeunelégerl’argent
génialjaunefigerla forge
âgérougela gorgeune fromagerie
déjàorangebourgeoisle forgeron
le fromageGenevièveun bourgeonla marge
jamaisagitéun bergerla berge

Exercice 3

Répétition des chuintantes

la jaugele jugela jugeotej’ajourne
le jugementGeorgesj’agisje jauge
je jetteje joinsun jambageJean-Jacques
j’enjoinsj’ajouteun joujouje juge

Exercice 4

Opposition [ʃ]/[ʒ]

changerj’ai chantéchargerchez Jacques
j’ai chaudjoncherdu chou rouge vous changerez
je changele branchagejuchéje recharge
le chômageun marchandagela jachèreun chien jaune
le chauffagej’en cherchele changementje chahute
chaque jouren échangeun geai chantecher Georges

Exercice 5

Changement de sonorité dû à l’assimilation de sonorité (p. 98)

je croisje permetsça change toutje cherche des fraises
je pencheje parieje marche devantje change chaque jour
je trouvetu manges troptu bouges tropil couche dehors

Exercice 6

Chuintantes géminées. Sous l’effet conjugué de la chute de e muet et de l’assimilation de sonorité (p. 98) le pronom je peut former une chuintante géminée avec le verbe qui le suit. Le e muet qui disparait a été indiqué en gris.

moi, je cherchemoi, je chagrinemoi, je charmemoi, je jubile
moi, je chantemoi, je joinsmoi, je jonglemoi, je joue
moi, je changemoi, je jugemoi, je chauffemoi, je jaunis
moi, je chargemoi, je chérismoi, je chicanemoi, je jure

Phrases

Le petit Jean joue avec le chat.
Je cherche des champignons.
J’ouvre la fenêtre, car j’ai trop chaud.
Il y a beaucoup de gens aux champs.
À la cantine, on mange presque toujours du hachis.
Georges a fait une chute et s’est fait mal au genou.
En automne, nous mangeons du chou rouge avec des châtaignes.
Le maçon s’est cassé la jambe en tombant de l’échafaudage.
Le père de Charles est chirurgien.
Le vin rouge doit être bu chambré.
J’entends un léger chuchotement.
Après Noël, les magasins sont pleins de gens qui échangent leurs cadeaux.
Je vous rejoins chez Jean-Jacques.
Le jeune chat jouait avec un chien berger.
Vous voulez aller à la station Château-Rouge ?
Alors, il faut changer à Barbès-Rochechouart.
Château-Chalon est un petit village dans le Jura.
Il est perché très haut sur un rocher.
Il y avait un énorme embouteillage près de l’échangeur de Champigny.
Il travaille comme agent de change à la bourse.
Le vaccin a été découvert par un jeune chercheur.
Dans la ratatouille, on met des courgettes, des aubergines et des poivrons.
Ne ferme pas le paquet, j’y joins un mot.

13.2. Opposition sifflantes / chuintantes  

Version d’archive non mise à jour. Pour consultation uniquement. Reproduction, impression et diffusion interdites.

L’opposition sifflantes / chuintantes est souvent l’occasion de difficultés pour les finnophones ; comme elle joue un grand rôle en français (il y a beaucoup de paires minimales du type sang/champ, gens/chant, cage/case, casse/cache etc.).

Il y a également de très nombreux cas où une chuintante suit immédiatement une sifflante (ou l’inverse) : branche sèche, ça se change, rose jaune, et dans la langue courante les innombrables j’suis, j’sais etc. Il faut apprendre petit à petit à les enchainer de manière naturelle, sans faire de pause (voir Exercice 8).

Exercice 1

Paires minimales

chant / sansanche / ansebâche / bassecache / casse
chou / sousbêche / baissebuche / bustorche / torse
chaud / seaubroche / brossehache / assèche / cesse
chien / sienmâche / massefiche / filscoche / cosse

Exercice 2

Paires minimales

pencher / penserpastiche / pastisauge / oseraser / rager
charmant / sarmentchausser / saucerdes gens / des ansbouse / bouge
rocher / rosserjaune / zonebaise / beigearroger / arroser
moucher / mousserjupe / ZUPnage / nasealéser / alléger

Exercice 3

Opposition [s] / [ʃ][ʃ] / [s]

son changementson chefson chapeauc’est cher
sans chutec’est chouetteça chauffesache-le !
chasserune chaussurechez soile chancelier
fascistela chancela chassechassieux

Exercice 4

Opposition [z] / [ʒ][ʒ] / [z]

le paysagela mésangeils en jugentexiger
intransigeantnous enjambonsdes angesmisogyne
nous y joignonsles agentsexagérerdes ajouts
Josette joues-yGisèlel’exégèse

Exercice 5

Opposition [s] / [ʒ]

sagele singesa joiec’est juste
le graissageses jouetsça, jamais !le passage
ça giclesa jouela passagère le rinçage
ces gens-là c’est jauneun songeune pince à linge
ces jeunesun massagec’est sageil s’agit d’eux

Exercice 6

Opposition [ʒ] / [s]

le gestele jasminle garagisteun vagissement
un paysagisteje suisjacasserune engeance
je suaisun justicier agissez !la gentiane
changez ça la jouissancemagicienun jouisseur

Exercice 7

Opposition [ʃ] / [z]

chez euxla chaise des achatsvous êtes enchanté
la chemisela chosearracheuseles Champs-Élysées
chez elleschinoisedes anchoismasochiste
la chasublechoisirles échecsdes champs enneigés

Exercice 8

Enchainement chuintantes / sifflantes et sifflantes / chuintantes. Dans les deux exercices suivants, il faut veiller à bien distinguer les sifflantes et les chuintantes ; par exemple, dans ça se charge, [sasʃaʁʒ], il faut éviter de faire une assimilation du lieu articulatoire des phonèmes, et ne pas prononcer *[saʃʃaʁʒ]. Mais en même temps, il faut s’efforcer de bien les enchainer (Exercice 8), donc de les prononcer sans marquer de pause. Remarquer aussi les changements de sonorité dus à l’assimilation régressive.

une branche sècheune mauvaise chutedans quinze joursdimanche soir
ça se changeonze jeunesje suisça se chante
ça se jetteje sais biença se chargeça se jalouse
je supposedouze chatsça se justifiemanges-en

Exercice 9

Même exercice

le 12 janvierle 14 juilletcherches-en unil va se changer
la dose justesonges-ypasse chez luiun vase japonais
échanges-en unon se chauffeune phrase génialepage six
le 13 juinle 15 juinle 16 janvierquatorze jetons
il pense changerune cerise jaunebranches-en unedouze chapeaux

Exercice 10

Opposition chuintantes et sifflantes

le séchageje suis enchantésans se changerces ensacheuses
ces chosesces chemisessa chansonses chaussettes
nous exigeonsces agissementsson chat siamoisrecharges-en six
ça surgissaitses joues sèchessans argentça sèche ?

Phrases

C’était une confusion fâcheuse.
Qu’est-ce que ça change ?
Son jugement se justifie.
Josiane et Josette sont comme chien et chat.
Est-ce que ce sachet se jette après usage ?
J’ai si chaud que je dois changer de chemise.
Une mésange chantait sur la plus haute branche.
Ces deux passagères sont chinoises.
Vous avez un fils charmant.
Peu de gens connaissent la conjugaison du verbe gésir.
Derrière le sultan se tenaient deux esclaves chasse-mouches.

13.3. Opposition sifflantes / chuintantes  

Version d’archive non mise à jour. Pour consultation uniquement. Reproduction, impression et diffusion interdites.

Reprise du chapitre précédent avec des mots partiellement différents.

Exercice 1

Opposition [s] / [ʃ]

le sachetassez chaudsans chercherc’est charmant
fascistela chancela chassesans se fâcher
asséchéces chatss’échinerun sèche-cheveu
sans chutec’est chouetteça chauffesache-le !
un chat siamoischanceusechez Sylviesa chère sœur

Exercice 2

Opposition [z] / [ʒ]

l’usagele rasageune exigencevous osez jouer
le paysagela mésangeils en jugentexiger
ce gésierune mélangeusechanceusesj’existe
intransigeantnous enjambonsdes angesmisogyne
nous y joignonsles agentsexagérerla syzygie

Exercice 3

Opposition [s] / [ʒ]

sagece singesa joiec’est juste
le graissageses jouetsça, jamais !le passage
le gestedu jasminle garagisteun vagissement
un paysagisteje suisjacasserune engeance

Exercice 4

Opposition [s] / [ʒ]

ça giclesa jouela passagèrele rinçage
ces gens-làc’est jauneun songeune pince à linge
ces jeunesun massagec’est sagej’y suis
je suaisce justicieragissez !la gentiane
rangez ça !la jouissanceun magicienà Jussieu

Exercice 5

Opposition [ʃ] / [z]

chez euxsa chemisechez ellesarracheuse
sa chaisedes choseschinoisedes anchois
des achatsje suis enchantéla chasubledes champs enneigés
les échangesles Champs-Élyséesmasochisteils ont chaud

Exercice 6

Enchainement chuintantes / sifflantes et sifflantes / chuintantes. Bien distinguer les sifflantes des chuintantes !

page sixça se chargequinze joursune branche sèche
ça se chanteonze jeunesje suis bienon se chauffe
ça se jetteje sais biença se jalouseune mauvaise chute
je suppose douze chatsça se justifiedimanche soir

Exercice 7

Même exercice

il va se changerla dose justemange ça !on se change
une phrase génialecherches-en unon se chamailleune bâche solide
songes-ypasse chez luichanges-en unun vase japonais
manges-enune cerise jaunebranches-en unedouze chapitres

Exercice 8

Opposition chuintantes et sifflantes

le séchagesa chansonsans argentassez âgé
songeuseces achatsces ensacheusesc’est si cher ?
ces échangesses chaussettesnous exigeonsces agissements
ces aspergesces engeancesça surgissaitsur sa joue sèche

Exercice 9

Opposition chuintantes et sifflantes

ça s’achète où ?ça s’échangeça se gélifieces chansons
ce sachetces anchoisces Chinoisescherches-en six
ces exigencesces geysersces usageschez ces gens
il se chausseils se chérissentsous-jacentj’ai si chaud
le chasse-neigechez Sergesans ce sachetun h aspiré

Phrases

Il se fâche sans raison.
Nous étions tous charmés.
Je suis surchargé de travail.
Nous avons échangé le chemisier rouge contre un jaune.
Cherche page 16.
Ils sont seuls juges.
Nous avons parlé avec le chirurgien-en-chef.
Pour les soldes, on engage souvent des vendeuses supplémentaires.
Cet après-rasage s’achète uniquement dans les parfumeries.
Elle a les joues rouges et chaudes.
Ils sont hébergés chez un chercheur de l’université.
C’est la seule chose que je sache.
Pour aller à la station Château-Rouge, il faut changer à Barbès-Rochechouart.
Est-ce que ce sachet se jette après usage ?
Qu’est-ce que ça change ?
L’Islande est connue pour ses geysers.
Autrefois, la viande s’achetait chez le boucher et la saucisse et le jambon chez le charcutier.
Où sont Gisèle et Sacha ?
Ils sont chez eux aux Seychelles.
Souchon a chanté ses chansons.
Pour vous amuser :
Un chasseur sachant chasser sans son chien est un bon chasseur.
Les chaussettes de l’archiduchesse sont sèches et archisèches.

13.4. Prononciation de [l]  

Version d’archive non mise à jour. Pour consultation uniquement. Reproduction, impression et diffusion interdites.

Devant les voyelles d’arrière, le [l] finnois est un l vélaire. Les finnophones ont tendance à prononcer un l trop « fort » au contact des voyelles d’arrière du français ([a], [u] etc., et même [ɛ]). Cette faute est particulièrement sensible en finale de mots, par exemple école, normal, miel. Il faut donc s’appliquer à prononcer un l plus antérieur : en français, le l est prononcé avec la pointe de la langue, le dos de la langue ne doit pas se rapprocher du voile du palais. Voir les explications p. 38. Bien respecter l’écartement de [a], la labialisation de [u], et bien prononcer les nasales dans l’exercice 7.

Exercice 1

[l] après [a] en finale

radicalverticalanormalun amiral
banalnormalasocialle Sénégal
spécialbancalune ballele maréchal
socialastralun poilla timbale

Exercice 2

[l] après [a] en finale

normalhorizontalspatialle cheval
facialmartialun voileil se régale
glacialimpartialune toileil avale
épiscopalun scandaleun métalil dévoile

Exercice 3

[l] au contact de [a]

la baladeune malédictionalitéil est là
de la saladec’est scandaleuxà l’eaudes algues
le malademalheureuxune allocutionà la fin
se salirla chaleurgalvaniserà la sortie

Exercice 4

[l] au contact de [a]

égalermalgré toutmalvoyantà l’entrée
des palabresmaladifun malentenduà l’allemande
il fallaitla Loirevoilàallaiter
dévoiléen Alsaceil a falluun attelage

Exercice 5

[l] après [u] en finale

une bouleil couleJoulela semoule
la fouleil rouleil roucouleelle est soule
des moulesla houleune ampouleil enroule
une cagouleune poulechez Raoulil s’écroule

Exercice 6

[l] au contact de [u]

vouloirla boule de neigeau goulotun boulon
le couloirnous rouleronsla douleurle moulin
sous la lampeils coulerontun poulainen roulant
souleversous l’eaule boulotla couleur

Exercice 7

[l] après [ɔ] en finale

un bolà l’écoleun atollles paroles
un mariolede l’alcoolau solun faux col
de la colledes girolesdu pétroleune rigole
la casseroleune bagnoleun symboleil s’envole

Exercice 8

[l] au contact de [ɔ]

colporterun solvantla policepolonais
la politessenos livresvos liensau loin
Molièrenos lettresvos logementsau large
quelle rigolade !une salopettela loterieun prologue

Exercice 9

[l] au contact de nasales

c’est lentdans l’annéeon le lavec’est malin
c’est blancdans l’ensembleon l’emporteun linguiste
un plandans l’angleon l’envoiec’est plein
sanglantdans l’ombreon l’emballedans l’Ain
semblantdans l’ordreon l’enroulec’est vilain

Exercice 10

[l] au contact de nasales

lentementl’ondeil l’imposeil l’enlève
enleverdu plombelle l’embrasseelle l’emporte
en longueuril est blondil l’analysede l’eau limpide
en largeurallons-ysans lampela Finlande
un alambicau salonon l’invitecinq lampes

Exercice 11

[l] au contact de [ɛ]

du selelle l’enviele mielune pelle
belgeelle le laveun aileronil l’aime
en Belgiqueelle l’allongemielleuxil lève
elle l’aideelle le videfielleuxelle lègue

Phrases

Tu as les mains sales, va te les laver.
Cette statue est le symbole de la liberté.
La récolte du colza a généralement lieu en juillet.
Les composés volatils du fruit déterminent la valeur olfactive d’un jus.
Le général a fait une entrée triomphale dans la capitale libérée.
J’ai réussi à enlever les taches de la casserole avec de l’alcool.
L’eau de Javel contient du chlore.
Elle décolore les tissus de couleur.
Les cloches de l’église sonnaient à toute volée.
Elle s’est cassé la jambe et a dû être transportée à l’hôpital.
Tu es tout pâle, est-ce que tu te sens mal ?
Non, j’ai seulement eu un léger malaise.

13.5. Prononciation de [w]  

Version d’archive non mise à jour. Pour consultation uniquement. Reproduction, impression et diffusion interdites.

La semi-consonne [w] pose en général deux types de problèmes :

Pour les détails concernant la prononciation et la graphie, voir p. 45.

Exercice 1

[wa] après diverses consonnes

un moisbourgeoisla toitureun noyau
pour toila toiletteparfoisaboyer
l’espoirla foireune poirele loyer
une noireAntoineun moineun moyen

Exercice 2

[wa] après diverses consonnes

j’ai soifpoiluRenoirnettoyer
nettoyerempoignersoyeuxà foison
à boire !une macédoinele moyeula royauté
un petit poisloyal*un noyerla moelle

* Se rappeler que, après voyelle, la lettre y équivaut à deux i. C’est ainsi que voyons = *voiions, où le premier i forme avec o le groupe [wa], et le deuxième forme un [j] : [vwajõ].

Exercice 3

[wa] après diverses consonnes

le trottoirla couennevouloirune poêle
une poignéedes loisirsun chanoinele weekend
la paroiune histoirel’ardoisedu whisky
le couloirmiroiterenrouéun chewing-gum*
narquoisun emploimoisirdes courroies
un poignardmoiréflamboyerune pirouette

* Prononcer [ʃwiŋgɔm].

Exercice 4

[wa] après liquides

la cloisonadroitdéployerun employé
vous croyezune proietrente-troispoudroyer
accroitreune croixbroyerun cloitre
la droiteexploiterun détroitla croisée

Exercice 5

[wa] après liquides

un racloirfroisserdécroiserles Troyens
un exploitétroittout droitune lamproie
ployertrop froidoctroyerà Blois
foudroyantle parloirfroidementemployer

Exercice 6

[wa] après [v]

une voievoyonsde l’avoinevous voyez
en voiturela voirieune voyanteles voyelles
voiciapercevoiravoisinantvoilà
au revoirenvoyerune voileun réservoir

Exercice 7

[wa] après [v]

concevoirle voyagelouvoyerdévoiler
le voisinconvoyerdévoyéle devoir
pourvoirrecevoirémouvoiravouer
une pivoinese fourvoyervouvoyerse dévouer

Exercice 8

[wɛ̃]

au moinsà pointavec soindu foin
les soinsau coinpointudisjoint
oindrerejoindredu benjoinun groin
c’est loinun poinçonmoindredu tintouin

Exercice 9

[wɛ̃]

joindrecoincerpointilleuxdes appointements
les jointures l’embonpointamoindrirdes accointances
enjoindreun pingouinlointainà brule-pourpoint

Exercice 10

Normalement qu = [k], mais dans un certain nombre de mots, le graphème qu se lit [kw]*. Ne pas prononcer [kv] ! De même, dans certains mots gu se lit [gw].

aquatiquequaternairel’équateurun iguane
un quadragénaireun aquariumune aquarellela Guadeloupe
équatorialune équationl’aquaplaningle Nicaragua
l’aquaculturele quorumun aquariophilel’Aconcagua
un squaleun quatuoradéquatun jaguar

* Pour un certain nombre de mots, tels quadragénaire ou quorum, la prononciation est flottante, soit [kw], soit [k]. Le mieux est de consulter un dictionnaire.

Phrases

Vêtu comme tu l’es, tu dois avoir froid.
François fait des études de droit.
Il se balade toujours avec son pda et son lecteur mp3.
Il s’est tordu le poignet en ouvrant la fenêtre !
Qu’il est maladroit !
L’Épiphanie, c’est la fête des Rois.
En achetant un bibelot dérisoire comme celui-ci, tu favorises le trafic de l’ivoire.
Il l’a appris par ouï-dire.
Le verbe ouïr est très rare et littéraire.
« À boire  », dirent les trois amis d’une voix joyeuse.
Je crois qu’il va pleuvoir ce soir.
Nous n’avons pas eu d’ennuis à la douane.
Ma voisine est une grande adepte de l’aquagym et de l’aquajogging.
On ne voit rien ici, il fait noir comme dans un four.
Chaque matin, il mange une bouillie de flocons d’avoine.
Poing et point sont des homophones.
C’est comme poids et pois.
Il a su faire preuve de courtoisie et se montrer très adroit.
Ma sœur est restée trois heures dans la baignoire !
Il va falloir revoir tout ce travail.
Moi, je ne crois pas que ce soit nécessaire.
La négation point est « archaïque, littéraire ou régionale », dit le Robert.
Le pourboire est une pratique moyenâgeuse.
Pendant le voyage, on voyait beaucoup de voitures danoises et suédoises.
Certains disent que le foie gras de canard est encore meilleur que le foie gras d’oie.

13.6. Prononciation de [ɥ]  

Version d’archive non mise à jour. Pour consultation uniquement. Reproduction, impression et diffusion interdites.

Difficultés de prononciation :

Exercice 1

[ɥ + i]

huitaujourd’huiinduiredéduire
la suitec’est cuitil est épuiséennuyer
de l’huilela suienuireappuyer
dix-huitun produitpoursuivreune tuile
il est juifun puitsreluirel’innocuité

Exercice 2

[ɥ + i]

qu’il puissej’y suisdes biscuitsun écuyer
s’enfuirun tuyau*la pluieessuyer
la nuitquel ennuinuisiblele menuisier
une annuitédepuisen juin**réduire
reproduiresuicidairedes huitressuinter

*   À propos de l’effet de y sur une voyelle, voir la remarque de l’exercice 2, p. 152.
** La prononciation [ ʒwɛ̃] (avec [w]) est également fréquente.

Exercice 3

Attention à la prononciation du groupe [ɥi] après [ʁ].

une truiteébruiterle fruitinstruire
du bruitautruibruyantdétruire
un druideconstruireune truiefruité
bruiredes incongruitésl’usufruitaltruiste
la pruineon se ruinela bruyère ([bʁɥiɛʁ]/[bʁyjɛʁ])

Exercice 4

[ɥ] + autres voyelles

la ruéepuerla puanteursuédois
la buéeun nuageune lueurse ruer
une ruadetuerembuéune nuée
influersuerla sueurmuer
une nuancemuetdes huéescruel
une truelleune écuelleun duelactuel

Exercice 5

Dans certains mots, les graphèmes qu et gu peuvent se prononcer [kɥ] et [gɥ] (pour [kw] et [gw], voir l’exercice 10 de la page précédente). Ces mots ne sont pas très nombreux.

un requieméquilatéralun linguisteun aiguillage
équidistantun quidamla linguistiqueinguinal
l’ubiquitéune aiguillela contigüité*une ambigüité*
le quiétismel’exigüité*la consanguinitélinguistiquement

* Également graphie non rectifiée exiguïté, contiguïté, ambiguïté.

Mais normalement qui se lit [ki] : équitable [ekitabl], quiétude [kjetyd], et gui [gi]/[gj] : aiguière [ɛgjɛʁ], inextinguible [inɛkstɛ̃gibl] etc.

Exercice 6

[ɥ] + autres voyelles

un annuaireannueléventuellementl’actualité
persuaderdistribuerinstituerla mansuétude
atténuerpolluersomptueuxperpétuel
la dévaluationévoluerargüervoluptueux
actuellementonctueuxgraduellementluxueux
restituercontractuelinfatuérituellement

Phrases

Je suis ici depuis huit jours.
Les victuailles seront bientôt épuisées.
Essuyez-vous les mains.
J’ai appuyé sur la sonnette.
Tu t’es ennuyé, j’en suis persuadé.
On prétend que les Français sont un peuple individualiste.
J’irai en Suède en juin et en Suisse en juillet.
En Suède, je pourrai voir le soleil de minuit.
Il s’est tué dans un accident de voiture.
Je me suis piqué avec une aiguille.
Prends une cuillère pour mélanger l’huile et le vinaigre.
J’aime bien la cuisine chinoise.
Il arrivait rituellement en retard.
Dans cet hôtel, il y a un point d’accès wifi gratuit.
Elle s’est blessée à la cuisse.
Il y a beaucoup de truites dans le ruisseau.
Mettons-nous à l’ombre des buissons.
Le tuyau est crevé et fuit.
La pluie qui tombe sur le toit fait un bruit reposant.
L’église était en ruines.
Elle avait autrefois un beau toit de cuivre.
Suivez-moi sans faire de bruit.
Il passe ses journées à la cuisine.
Il ne fait pas très froid : moins huit seulement.
L’amuïssement du s final s’est produit vers le XVe siècle.

13.7. Les semi-consonnes : [j]  

Version d’archive non mise à jour. Pour consultation uniquement. Reproduction, impression et diffusion interdites.

Le phonème [j] ne pose pas de grandes difficultés de prononciation, puisqu’il existe aussi en finnois. Le seul problème constaté apparait en présence de [i] (voir commentaires ci-dessous EXERCICES 4 et 5). Les erreurs les plus fréquentes sont dues à une lecture erronée du groupe -ill-, car — on retrouve là un phénomène fréquent — il existe quelques rares exceptions, qui sont des mots courants et qui peuvent donner l’impression que les règles sont plus compliquées qu’elles ne le sont en réalité. Voir en détail p. 44.

Remarque : dans certains des mots terminés en CONSONNE + il, le l final ne se prononce pas : outil, coutil, gentil, fusil etc., voir p. 40 §2a.

Exercice 1

Voyelle + il(le) en finale

le travailla veilleun treuildes nouilles
le bercailles merveillesun accueilune brouille
de la ferrailleune corneillequ’il veuillela houille
des tenaillesune abeille un écureuilon se mouille

Exercice 2

Voyelle + il(le) en finale

des représaillesune treilleune feuilledes fouilles
un soupirailun orteilen deuilla rouille
la racaillela bouteillel’orgueilune grenouille
la canailleil conseilleun écueilla ratatouille

Exercice 3

Voyelle + il(le) intervocalique

un vieillarden veilleusepiaillerle réveillon
se débrouillerun tailleurdétailléun œillet
le gaillardun maillotun surveillantsouiller
déraillerbraillerune paillasseéveillé

Exercice 4

Prononciation du graphème ill- intervocalique

c’est brillantun tilleulles sillonsle billet
persillésans cillerle billardle sillage
la grilladegrillerun coquillagel’habillement
se tortillermouillénous travaillonsmeilleur

Exercice 5

Prononciation du graphème -il final (= [il])

Respecter l’écartement de [i]
le filun pistille nombrilen avril
de profilsur le grilc’est vilen civil
en périlun chenilen exilviril
du grésille babille Nilpuéril

Exercice 6

Prononciation du graphème -ille final (= [ij]). Bien prononcer la constrictive [j] : on doit entendre à la fois un [i], suffisamment long, et un [j] final net.

la filleune faucillela quillegentille
la pupillela grilleun gorilleun trille
une morillela torpilledes billesla vanille
la myrtilleen familleça brilleune estampille

Exercice 7

Même exercice

des broutillesune cédillela chevilleune coquille
une anguillela pastilleaux Antillesune chenille
il babille*je m’habilleune peccadillela camomille
une aiguilleça scintilleça s’éparpilleune godille

* Tous les verbes en -iller se prononcent donc ainsi au présent : brille, s’habillent etc.

Exercice 8

Même exercice

il frétilleune brindilleles Alpillesune goupille
l’escadrilleune faucilledes gerbillesdes guenilles
des lentillesde la pacotilleles papillesune béquille
il resquilleelle boitilleça pétilleça vacille

Exercice 9

Prononciation du graphème -illi. Ici c’est l’inverse des trois exercices précédents : on doit entendre d’abord un [j] net, puis un [i] ; il faut faire attention à respecter le nombre de syllabes : taillis = [taji] et non *[taj].

un taillisun fouillisà Neuillyune saillie
il a faillides gargouillisfailliblec’est bouilli
tressaillirassaillirjaillirun treillis
un baillide la chantillyil a vieilliun bafouillis
un gazouillisun grouillisun gribouillisun tortillis

Phrases

Les deux villes sont distantes de plus de mille kilomètres.
Les gyromitres sont une variété de morilles qu’on consomme en Finlande.
Ils sont mortels si on ne les fait pas bouillir ou sécher.
Une grosse chenille aux couleurs vives se tenait sur la feuille.
Son entreprise de textile a fait faillite.
Sois tranquille, j’ai tous les outils qu’il faut pour réparer ton vélo.
Toute la famille est partie cueillir des myrtilles.
Le Côte de Brouilly est un des grands crus du Beaujolais.
Un grand vin a souvent intérêt à vieillir un peu.
De profil, on voyait très bien ses longs cils.
Il a grillé le feu rouge.
L’explosion de la torpille a endommagé la quille du bateau.
Il a répondu sans sourciller.
Les fiançailles se sont déroulées dans une petite ville de province.
La place était grouillante de monde.
En langage d’imprimerie, une « coquille », c’est une faute d’impression.
Le bailli était autrefois une sorte de juge.
J’entends le petit bébé qui babille.
C’est une petite fille très gentille.
Allons sous la charmille, où l’églantier fleurit.
Le soleil brille, les oiseaux trillent, c’est le printemps !

14. E muet, langue parlée, liaison

14.1. E muet  

Version d’archive non mise à jour. Pour consultation uniquement. Reproduction, impression et diffusion interdites.

Les règles concernant la chute ou le maintien de [ə] sont expliquées de façon détaillée p. 73 et suivantes. Les exercices servent à s’entrainer à imiter la langue courante, pour pouvoir un peu plus facilement la reconnaitre Pour la prononciation, il faut cependant se rappeler la règle de prudence : quand on n’est pas absolument sûr que l’e est muet, il vaut mieux le prononcer (sauf dans les cas où la suppression est obligatoire, en fin de mot et dans la 2e ou 3e etc., syllabe, ci-dessous Exercice 1). Dans les exercices, les e muets non prononcés sont indiqués en gris.

Exercice 1

Chute d’e muet obligatoire (e est au moins dans la 2e syllabe), voir p. 74 §2.

emmenerun médecinun clavecinsamedi
éleversoigneusementsouleveron chantera
rapidementla sècheresselentementfranchement
à l’avenirparfaitementallemand le lendemain
une boulangerieun feuilletonmal éledes évènements

Exercice 2

Chute d’e muet facultative (mais fréquente). Pour les besoins de l’exercice, on ne prononcera pas l’e muet dans les mots suivants, mais il faut se rappeler qu’ici il se trouve dans la première syllabe du mot et pourrait, donc, se prononcer.

la fenêtrela mesurela petiteça devient
la tenuede devantc’est dedans ça recommence
tu retardes tu regardesla demandeje reviens
je reconnaisil est deboutle cerisierla chemise
on reviendraen venantau retourla semelle

Exercice 3

Chute d’e muet courante dans le et de

pas de douteça vient de luiil y a beaucoup de gens
pas de gâteauça vient de dehorsil a beaucoup de disques
pas de bière ça vient de casseril n’a pas beaucoup de temps
pas de dentsil vient de partiril vient de te dire

Exercice 4

Chute d’e muet courante dans le et de

tout le mondeprends le vin dans le fondtout le personnel
dans le venttout le débutpasse-moi le selsans le dire
chez le dentisteil fait le foudonne-moi le beurrechez le coiffeur

Exercice 5

E muet dans les verbes en -VOYELLE+er et les noms en -VOYELLEement. Ne pas prononcer e après voyelle à l’intérieur des mots.

j’étudieraile redéploiementses remerciementsl’engouement
ils jouerontnous le créeronstu le déplierasdes balbutiements
je vous prieraisle maniementça se dénouerale chatoiement
ils crierontdes bégaiementsdes aboiements ça s’amplifierait
il le désavoueranous le renfloueronsvous le simplifierezj’en louerai un

Exercice 6

Chute d’e muet courante dans se et je

ça se faitlis ce passageje prendsje frémis
ça se donnelisez ce journalje joueje cherche
ça se voittu vois ce tas ? je croisje comprends
il va se laver je vois bienje jubileje veux ce vin-là
il va se coucher je repasseje buvaisje veux ce disque
il faut se dire je gagneje rangeraij’ai vu ce film

Exercice 7

Distribution habituelle de la chute de e muet dans les groupes de monosyllabes. La distribution de la chute d’e muet peut varier selon les habitudes de chaque locuteur (voir p. 77 §1).

ça me décourageje me lave je me prépareje ne sais pas
je me taisje ne pense pasça le faciliteje ne crois
ça le rassureje le suisje le comprendsje ne plaisante pas
ça te fatigueje te cherchaisje te prometsje ne peux pas

Exercice 8

Distribution habituelle de la chute de e muet avec le mot que

il faut que ça changeje te dis que c’est faux
il faut que tu dises je dis que tu as tort
il faut que vous veniezje crois que c’est bon
il faut que vous partiezil sait bien que non

Exercice 9

avant que ça commenceil n’y a que des images
après que ça soit finice n’est que le début
pour que ça réussisseil n’en faut que trois
jusqu’à ce que ça marche [ʒyskasksa-]moi, je n’en prends que deux
pour que tu partesil n’y a que des erreurs

Exercice 10

Chute de e muet dans le mot que dans la langue parlée

on est que deuxil boit que du vin
il y a pas que toiil y avait que des étudiants
c’est pas que je t’aime pasil y a pas de quoi
il fait que des bêtisesje connais que l’adresse
il fait que parler tout le tempsil fait que ça toute la journée

Phrases

Dans ces phrases, s’efforcer de faire tomber tous les e muets indiqués en gris pour imiter la langue parlée. Le but de ces exercices n’est pas que l’étudiant apprenne à parler systématiquement de cette manière (se rappeler les conseils de prudence p. 73 §3), mais plutôt d’entendre et de répéter deux ou trois fois ces phrases telles qu’on pourrait les entendre dans la langue parlée et de se rendre compte des changements qui se produisent par rapport à la langue écrite. Remarquer également les phrases dans lesquelles aucun e muet ne tombe.

Qu’est-ce que c’est que ça ?
Est-ce que tu iras visiter le musée ?
Pose le bac de fleurs sur la terrasse.
Il faut que je trouve un appartement.
Nous avons pris notre repas tranquillement.
Tu m’as demandé un livre, mais je ne sais plus lequel.
On reparlera de ça demain matin.
D’où vient ce drôle de bruit ?
Je crois que ça vient de dehors.
Il est prévu de projeter ce film lors d’une conférence.
Je répèterai jusqu’à ce que ça marche.
Le petit garçon se débrouille déjà très bien tout seul.
Dans ce sens-là, je crois que c’est plus compréhensible.
Ton idée se défend, mais je crois que ce serait [ʃkʁwaksːʁε] trop cher.
Moi, je juge personne, mais je trouve que c’est assez scandaleux.
Est-ce que vous m’entendez ?
Est-ce que tu viendras ?
Il n’y a pas de doute à ce sujet.
Il faut se décider rapidement.
Moi, je change de chemise tous les jours.
J’ai ouvert la petite fenêtre pour donner de l’air.
Ce débat sur la pollution ne semble pas te passionner.
Je pense qu’il y aura de la neige ce matin.
Ce pullover blanc te va bien.
Tu ne m’avais pas dit que tu devais aller chez le dentiste ?
Maintenant, je te dis au revoir.

14.2. Le groupe consonne+liquide en finale  

Version d’archive non mise à jour. Pour consultation uniquement. Reproduction, impression et diffusion interdites.

A. Mots terminés par consonne + re/le en finale absolue

La prononciation des mots du type autre, angle, sable peut poser des problèmes, car il ne faut pas faire entendre de syllabe surnuméraire (ylimääräinen) à la fin du mot, autrement dit il ne faut pas prononcer d’e muet à la fin du mot. Ainsi, sable compte une seule syllabe [sabl], et non deux *[sablə]. Quand la consonne qui précède la liquide est sourde, il est assez facile d’éviter de prononcer un [ə], le [l] ou le [ʁ] sont sourds , il suffit de « laisser mourir » la voix suffisamment tôt.

D’un point de vue phonologique, la distinction entre r / l sourds et r / l sonores ne joue aucun rôle (ils ne peuvent pas former de paires minimales), mais cette différence existe phonétiquement, comme on peut s’en rendre compte facilement en opposant oncle et ongle, rompre et ombre.

Exercice 1

Occlusive sourde + le/re en finale

S’appliquer à ne prononcer qu’une seule syllabe.

il bâcleça gonfleromprele maitre
il racleil sifflela loutreâpre
ça gicleil souffleune mitredes câpres
mon oncleil ronflemettredu soufre

Exercice 2

Occlusive sourde + le/re en finale

souplela nacreil montreun gouffre
amplele sacreil entreune gaufre
simplede l’encrecontreun coffre
ça enflele sucreun peintreun chiffre

Exercice 3

Occlusive sonore + le/re en finale. Quand [ʁ] ou [l] sont précédés d’une occlusive sonore, il faut s’appliquer davantage pour éviter de prononcer un [ə] parasite. Il est évident qu’avec une sonore, on ne peut éviter de prononcer un léger son d’« accompagnement », mais on ne doit pas entendre une syllabe supplémentaire. De plus, dans le cas CONSONNE + [l], il faut absolument éviter de prononcer un [ə] intercalaire entre la consonne et la liquide : coupable *[kupabəl], pas possible *[paposibəl].

un anglele coupableen septembrerevendre
une tringlec’est possibleen octobredétendre
un sigleincroyableen novembrecraindre
l’ongledu sabledès décembrerecoudre

Exercice 4

Même exercice

le seigle tangible un tigre des cendres
un trouble à table maigre un cèdre
noble un sabre un ogre ouvre !
la cible glabre attendre une chèvre
capable un zèbre confondre mièvre

B. Le groupe final consonne + re/le à l’intérieur d’un groupe

Les deux premiers exercices concernaient le cas où le groupe consonne + re/le se trouvait en finale absolue (fin de phrase ou de groupe de mots etc.). Quand il se trouve à l’intérieur d’un groupe de mots, il y a deux possibilités :

a. Occlusive + le/re final + voyelle initiale

Devant voyelle, on ne prononce bien sûr pas plus le e final que quand le mot se trouve en finale absolue : le groupe de consonnes devient initiale du mot suivant, selon le principe de l’enchainement consonantique : la table est lourde [latableluʁd]. Se rappeler qu’il faut faire passer franchement le groupe de consonnes à l’initiale du mot suivant et surtout ne pas prononcer de e muet ! Cependant, devant h disjonctif, on ne supprime pas l’e muet : l’autre hauteur [lotʁəotœʁ].

Exercice 5

un angle aiguil faut attendre un peuils sont quatre enfants
il est maigre et maladele vent souffle encorec’est simple et facile
il ronfle assez fortje vais mettre un pullla cible est trop loin
des câpres et des olivesc’est noble et généreuxun chiffre énorme

Exercice 6

il a les ongles abimésentre avant moi !la loutre est joueuse
du sucre et de la crèmenotre avantageune poutre élevée
c’est un autre étudiantla table est lourdevotre échange
l’autre aspectune autre imageune autre édition
c’est un sigle étrangel’autre agrafenotre employé
b. Apocope

Devant consonne, dans la prononciation soignée, on maintient [ə] pour éviter les groupes con­so­nan­ti­ques complexes : l’autre livre [lotʁəlivʁ] (et non [lotʁlivʁ]), une table bleue [yntabləblø] (et non [yntablblø]). Cependant, dans la langue parlée, au lieu de prononcer cet e muet, on supprime le l ou le r, ce qui permet d’« économiser » une syllabe :

notre cadeau > not- cadeau [nɔtkado]
une autre question > une aut- question [ynotkɛstjõ]
une table blanche > une tab- blanche [yntabːlɑ̃ʃ]

C’est ce qu’on appelle l’apocope (suppression d’un élément à la fin d’un mot). C’est un phénomène tout à fait courant dans la langue parlée. L’apocope n’est pas la marque d’un style vulgaire, elle ressortit à un niveau de langue familier. Ou, pour le dire autrement, si l’on soigne son élocution (lecture d’un texte, discours, conférence etc.), on maintient le e muet en cette position. Dans les autres cas, c’est l’apocope qui est la règle. Il est utile de s’y entrainer un peu, car la suppression de [l] ou de [ʁ] provoque (associée en outre à l’assimilation de sonorité, voir p. 97) des suites de phonèmes nouvelles qu’il faut savoir reconnaitre.

L’apocope se produit aussi à l’intérieur des mots (il s’agit alors à proprement parler d’une syncope) :

autrefois [otfwa], tremblement de terre [tʁɑ̃bmɑ̃tːɛʁ]

Exercice 7

Lire alternativement la phrase de gauche avec tous les e muets, puis son correspondant dans la colonne de droite.

un autre tableauun aut- tableau
Entre là-dedans.Ent- là-dedans. /ɑ̃tladːɑ̃/
Ça va interrompre ton cours.Ça va interromp- ton cours.
Je suis contre ce système.Je suis cont- ce système. /ʃɥikõtsːistɛm/
l’autre jour l’aut- jour /lodʒuʁ/
Montre-moi ça !Mont- moi ça !
Ça enfle toujours.Ça enf- toujours.
C’est simple comme bonjour !C’est simp- comme bonjour !
Ma montre retarde.Ma mont- retarde.
un maitre d’hôtelun mait- d’hôtel /mɛdːotɛl/
Tu veux un autre morceau ?Tu veux un aut- morceau ?
Pour vingt-quatre personnes pour vingt-quat- personnes

Exercice 8

Même exercice

Une autre foisune aut- fois
Il faut prendre le bus.Il faut prend- le bus.
Les cendres tombent par terre.Les cend- tombent par terre. /lesɑ̃tːõpːatɛʁ/
en décembre certainementen décemb- certainement
un multiple de septun multip- de sept
Ce serait possible de partir ?Ce serait possib- de partir.
un mètre dix (1,10 m)un mèt- dix /mɛdːis/
de septembre jusqu’à févrierde septemb- jusqu’à février
Ouvre ce sac !Ouv- ce sac ! /ufsəsak/
Je veux entendre sa version à lui.Je veux entend- sa version à lui.
On va attendre son retour.On va attend- son retour /õvaatɑ̃tsõʁtuʁ/
Tu pourras apprendre quelque choseTu pourras apprend- que’que chose.*
C’est du sable blanc.C’est du sab- blanc.
le titre du filmle tit- du film /lətidːyfilm/
un jeune couple d’ouvriersun jeune coup- d’ouvriers /-kubduvʁie/
à trois kilomètres d’icià trois kilomèt- d’ici /kilomɛdːisi/

* Quelque chose se prononce familièrement [kᴇkʃoz] (chute de l ). Voir remarque p. 75 §2.

Exercice 9

Même exercice

C’est notre directeur.C’est not- directeur /nɔdːiʁɛktœʁl/
Il faut attendre demain.Il faut attend- demain /atɑ̃dːəmɛ̃/
pas de sucre dans le cafépas de suc- dans le café
Souffle dessus !Souff- dessus !
un litre de vinun lit- de vin /ɛ̃lidːəvɛ̃/
Il faut le mettre dans le salon.Il faut le mett- dans le salon. /ifolmɛdːɑ̃lsalõ/
Entre d’abord, je t’en prie.Ent- d’abord, je t’en prie.
une autre dameune aut- dame
Ça fait un mètre vingt (1,20 m)Ça fait un mèt- vingt. /ɛ̃mɛdːvɛ̃/
Prends un cintre dans le placardPrends un cint- dans le placard.
C’est un chiffre démesuré.C’est un chiff- démesuré.
C’est un véritable scandale.C’est un véritab- scandale.
Pose le livre sur la table.Pose le liv- sur la table.
Je vais rejoindre Jean dehors.Je vais rejoind- Jean dehors.
Il est capable de tout.Il est capab- de tout. /kapabdːətu/

14.3. Formes contractes – langue parlée  

Version d’archive non mise à jour. Pour consultation uniquement. Reproduction, impression et diffusion interdites.

L’apprenant de FLE arrivant pour la première fois en France se trouve souvent désemparé quand il constate que les Français parlent vite, « avalent des morceaux de mots », bref, que dans la langue parlée, des éléments de mots ou des mots entiers disparaissent par rapport à ce qu’il est habitué à voir écrit. L’apprenant apprend à dire je ne le lui ai pas dit (7 syllabes), alors qu’un francophone, dans la conversation de tous les jours, dit j’ui ai pas dit (4 syllabes). De même, l’apprenant FLE peut avoir des difficultés à reconnaitre du premier coup la phrase [sidːisːatakatːeʁ] (6 syllabes), en « bon » français s’ils te disent cela, tu n’as qu’à te taire (10 syllabes).

Ces « raccourcis » sont le résultat de plusieurs facteurs : chute de l dans le pronom il (p. 40 §2c) et assimilation de sonorité (p. 95) notamment. Il y a aussi d’autres modifications caractéristiques de la langue parlée. Pour aider un peu l’apprenant FLE, on donne dans ce chapitre un bref aperçu des formes contractes, élisions et apocopes les plus courantes de la langue parlée. Il n’est pas nécessaire (mais pas interdit) que l’étudiant de français se mette à les pratiquer, mais il est en tout cas utile qu’il sache les reconnaitre quand elles se présentent. Comme pour l’apocope, les phénomènes présentés ci-dessous sont tout à fait courants dans la langue parlée, et ne sont pas la marque d’un style « vulgaire » : plus le style est soigné, moins on utilise ces formes contractes, et vice-versa.

Altérations courantes dans la langue parlée :

1. On trouve de même devant consonne le démonstratif féminin cette « abrégé » en [stə] : c’te p’tite [stəptit], mais c’est un registre de langue nettement plus relâché (mais une manière de dire courante au Québec). Encore un peu « plus bas » dans le registre de langue, on trouve le démonstratif masculin cet sous la forme [stə] : c’te crétin, c’te truc (tous deux masculins).
2. On prononce donc dans une prononciation soignée [kɛlkəʃoz] sans chute de e muet, ou bien dans la langue courante [kᴇkʃoz]. Mais on ne prononce jamais *[kɛlkʃoz]. Voir remarque p. 75 §2.

Exercice 1

Faire l’apocope : [imdi], [itpaʁl], [islav] etc. Attention à l’assimilation de sonorité : [sidːi] = s’il te dit !

il me ditil me donneil te pardonneil te dégoute
il me fatigueil me critiqueil te dénoncerail repart
s’il se dominaitil reviendrace qu’il ditce qu’ils te disent
s’il te dit çail leur parlece qu’il te ditce qu’ils te doivent

Exercice 2

ils se ramènentil se prépareils y vontce qu’il se demandait
s’il me réclameils se lèventils sont tous làce qu’il me donne
il te donneil se raseils se téléphonentce qu’il te veut
il te parles’ils se doutentils en ont unqu’est-ce qu’il dit

Exercice 3

Suppression de ne négatif : je ne sais pas > j’ sais pas. Attention à l’enchainement sifflante / chuintante

je crois pasje suis plusil vient pasje connais pas
je sais pastu dors pas ?il est pas làça me dit rien
je sens rienil a rien ditil te dit rien ?il se fatigue pas
je changerai plustu manges plus ?je me rappelle plusça se dit pas

Exercice 4

C’est ou cet[te] devant voyelle > [st]

c’est énervantc’est idiotc’est évidentc’est impossible
cet exemplecette andouillecet avioncette église
c’est étonnantc’est un amic’est horriblec’est inimaginable
cet animalcette expériencecet ordinateurcette excursion

Exercice 5

C’était > [ste], j’étais > [ʃte] devant voyelle et devant consonne. Devant voyelle, il n’y a donc plus de liaison avec [t] : il faut bien soigner l’enchainement vocalique.

c’était angoissantc’était inquiétantc’était autrefoisc’était banal
c’était avant çac’était un exploitc’était une bonne idéec’était assez dur
j’étais inquietj’étais à Parisj’étais en vacancesj’étais ébahi
j’étais agacéj’étais fatiguéj’étais intéresséj’étais là avant toi

Exercice 6

je suis > [ʃsɥi] > [ʃɥi], assimilation de la sifflante*. Là non plus, on ne fait pas la liaison en [z], je suis//absent, donc il faut faire attention à l’enchainement vocalique ; celui > [sɥi] ; on écrit souvent çui, çui-ci, çui-là.

je suis fatiguéje veux çui de droitec’est çui de devant
je prends çui-làet moi, çui de gaucheje suis au début
çui-ci est plus joliçui-là est jolije suis un peu hypocrite
je suis avantagéje suis partiçui-là me plait bien
je suis à l’abrije suis en retard donne-moi çui du haut

* On la rencontre un peu moins fréquemment avec je sais pas /ʃepa/ ; pour les autres verbes, c’est nettement moins fréquent : je sens rien = /ʃsɑ̃ʁjɛ̃/, prononciation relâchée  /ʃɑ̃ʁjɛ̃/.

Exercice 7

je lui > [ʒɥi] : je lui dis [ʒɥidi]

je lui téléphoneraije lui enverrai le paquetje lui ai tout raconté
je lui ai parlé hierje lui dirai rienje lui explique l’exemple
je lui ai dit la véritéje lui ai écrit un motje lui donnerai à manger
je lui ai tout avouéje lui ai acheté un cadeauje lui en ferai voir

Exercice 8

Élision de tu devant voyelle (langue parlée), chute du l dans quelque chose, suppression de il devant les formes simples du verbe falloir, élision de i dans qui devant voyelle, chute de que dans qu’est-ce que tu ? [kɛsty]).

t’es déjà là ?qu’est-ce t’as à dire ?faut que je te dise
t’as qu’à sortir un peut’as pas le temps ?faudrait réparer ça
t’as dit que t’étais pas làp’têt- pason boirait bien quelque chose
alors, t’accouches ?faut pas rêver !fallait pas leur dire

Exercice 9

faut faire quelque chosefaut p’têt que je lui disec’est p’têt- lui
qu’est-ce tu veux ?qu’est-ce tu me donnes ?faudra y repenser
çui qui est le plus beauc’est qui qui a dit ça ?çui qui a dit ça s’est gourré
qu’est-ce t’en penses ?çui qui est à gaucheça te fait quelque chose
qu’est-ce ça donne ?y en a que j’ai déjà vusy en a que je connais

Phrases

Ces phrases sont à lire d’abord sans supprimer d’éléments, puis à la manière de la langue parlée.

C’est amusant qu’il te dise cela. (8 syllabes)
C’t amusant qu’i’ te dise ça. [stamyzɑ̃kidːisːa] (6 syllabes)

S’il te dit que je ne suis pas là, c’est que c’est vrai. (13 syllabes)
S’i’ te dit que j’suis pas là, c’est que c’est vrai. [sidːikʃɥipalaseksevʁɛ] (8 syllabes)

J’étais chez eux mais il ne fallait pas le dire. (12 syllabes)
J’tais chez eux mais fallait pas le dire. (8 syllabes)

Tu n’es pas capable de te taire ? (9 syllabes)
T’es pas capab- de te taire ? [tepakapaptːətɛʁ]* (6 syllabes)

Tu entends ce qu’il te dit ? (7 syllabes)
T’entends c’qu’i’ t’dit ? [tɑ̃tɑ̃skidːi] (4 syllabes)

Ça ne te dirait rien de t’amuser un peu ? (12 syllabes)
Ça t’dirait rien d’ t’amuser un peu ? (9 syllabes) [sadːiʁjɛ̃tːamyzeɛ̃pø]

Peut-être que je ne lui dis rien. (9 syllabes)
P’têt- qu’ j’ui dis rien [ptɛdgʒɥidiʁjɛ̃]. (4 syllabes)

* Le t de te assourdit le d de de, qui à son tour assourdit le b de capab- : /kapaptə ətɛʁ/.

14.4. La liaison  

Version d’archive non mise à jour. Pour consultation uniquement. Reproduction, impression et diffusion interdites.

Voir les explications théoriques p. 89 et suivantes.

Exercice 1

Liaison absolument obligatoire (avec déterminants et pronoms), voir p. 90 §1. Ne pas oublier la règle de l’enchainement consonantique.

plusieurs‿amisdes‿enfantsen trois‿anssix‿examens
des‿oiseauxmes‿appelsnos‿idéesleurs‿espoirs
certains‿aspectsquelques‿étagesses‿onglesnous‿avons
sans‿argentchez‿euxdans‿une boitesous‿un toit
très‿élégantils‿arriventelles‿ont ditdix‿étudiants
leurs‿angoissessans‿illusionsdans‿un‿antrès‿original

Exercice 2

Même exercice avec verbes et mots divers

ces‿universitésdes‿étudeschez‿un‿autrepensez-y
allons-ydonnez-encours-y !reprends-en
plus‿utilevous‿y croyez ?ils‿y sontcertains‿effets
d’autres‿exemplescherches‿-ende durs‿effortsdivers‿arrangements
mets-encertaines‿offressans‿exagérerses longues‿études
sans‿ellestrès‿en retarddeux‿orangeschez‿elles
on‿en‿aen‿un‿an à mon‿avis cet‿accroissement

Exercice 3

Liaison facultative (voir p. 91)

il est iciquand il a criérépondent-ils ?un petit effort
ils sont arrivésquand il viendraun grand ensembleapprend-elle ?
ils sont énervésqu’attend-il ?un grand exploitchantent-ils ?
il est en retardqu’attend-on ?un petit enfantacceptent-elles ?

Exercice 4

Liaison facultative

un léger‿incidentde légers‿incidents
un léger‿espoirde légers‿espoirs
le premier‿étéles premiers‿étés
au premier‿étageles premiers‿étages
le dernier‿arrivageles derniers‿arrivages
le dernier‿avionles derniers‿avions
un léger‿ennuide légers‿ennuis
son dernier‿échecses derniers‿échecs

Exercice 5

Divers. Prononcer d’abord les phrases en faisant la liaison, puis sans la liaison

langue soignéelangue courante
je suis‿amoureuxje suis // amoureux
vous avez‿écouté vous avez // écouté
ils conduisent‿un camion ils conduisent // un camion
nous sommes‿inquiets on est // inquiets
vous êtes‿efficace vous êtes // efficace
c’est assez‿étrange c’est assez // étrange
il veut‿un livre il veut // un livre
ils vont‿en France ils vont // en France
j’étais‿à l’heure j’étais // à l’heure
ils ont‿une voiture ils ont // une voiture
il faut‿y penser il faut // y penser
ce n’est pas‿assezc’est pas // assez
c’était‿amusantc’était // amusant

Exercice 6

Même exercice

ils veulent‿en parler ils veulent // en parler
il fait‿un effort il fait // un effort
elle veut‿un enfant elle veut // un enfant
ils chantent‿ensembleils chantent // ensemble
ça peut‿attendre ça peut // attendre
nous avons‿achetéon a acheté
ils iraient‿en avionils iraient // en avion
ils savent‿à qui parlerils savent // à qui parler
des gens‿importantsdes gens // importants
ils voudraient‿en avoirils voudraient // en avoir
des choses‿étranges des choses // étranges
ils seraient‿intéressés ils seraient // intéressés
des ponts‿étroits des ponts // étroits

Exercice 7

Liaison avec le mot neuf (voir p. 95 §2)

Il a dix-neuf ans.Il est dix-neuf heures.pendant neuf ans
en neuf ans et demide neuf heures à midiJ’ai vingt-neuf ans.
Viens à neuf heures.Il est neuf heures.à soixante-dix-neuf ans
à neuf heures et quartIl a quarante-neuf ans.à neuf heures dix

Phrases

Faire toutes les liaisons possibles. Les liaisons absolument obligatoires sont marquées par le signe en rouge, les liaisons facultatives par le signe en violet .

Nousavonsété invités chez unancienélève de mon père.
Si vousétiezintéressés, ce seraitune affaire enor.
Mesassociés préfèrentattendre.
Nous vousavonsécoutés avec attention.
Elle est sortie avec son petitami.
Certainsétudiants n’ont pasencore dix-neufans.
Ces longsexamens médicaux sontextrêmement chers.
Ellesont pris de mauvaiseshabitudes.*
Il fautexaminer cesoffres avec attention.
Elles sont fortintéressantes.
Cetenfant bouge sansarrêt.
C’étaitau début de l’hiver.
Ces petitesoranges sontexcellentes. Le navire a été perdu corpset biens.**

* Prononcé avec [zː] long : [movɛzːabityd].
** On fait la liaison entre corps et et [kɔʁzebjɛ̃] « miehineen päivineen » (type de liaison rare dans un groupe lexical figé), voir p. 93.

15.1. Intonation et accentuation  

Version d’archive non mise à jour. Pour consultation uniquement. Reproduction, impression et diffusion interdites.

Voir les explications théoriques p. 108 et p. 109.

Exercice 1

Phrases assertives à ligne descendante continue

Nous avons visité une très belle abbaye bénédictine.
Le garde-boue de ton vélo est complètement tordu.
Le Périgord est réputé pour sa gastronomie.
Je ne vois rien d’intéressant dans ce qu’il t’a dit.
L’entrée de la librairie était décorée de colonnes de marbre.
Tu ne devrais pas toujours douter de tout ce qu’il te dit.
Il lui a lancé un regard désapprobateur.
Le petit garçon est tombé du toboggan.
Leurs amis leur ont donné de nombreuses marques de gratitude.
Il n’aurait pas dû faire un effort aussi violent sans s’échauffer.

Exercice 2

Phrases assertives à plusieurs groupes (thème – propos, p. 106)

En France, la Fête des mères se fête le dernier dimanche de mai.
Au bout de la rue s’élevait un grand bâtiment blanc.
Par timidité ou par stupidité, je n’ai pas osé le lui demander.
À Paris, on peut aussi acheter des tickets d’autobus chez les débitants de tabac.
En France, aux baptêmes, on offre des dragées aux invités.
Grâce à ma carte d’étudiant, j’ai pu entrer gratuitement.
Chez Agathe, nous avons mangé des sardines grillées.
En Finlande, on fait du vin avec des groseilles.
Après tout ce travail, j’ai besoin de changement.
À six heures, elle ira rendre visite à l’une de ses voisines.
L’hiver dernier, Air France a enregistré une baisse du nombre de passagers.
Près du carrefour de Cergy-Pontoise, il y a eu un carambolage assez impressionnant.

Exercice 3

Phrases assertives avec énumérations

Ils avaient un grand chat gris, gros et gras.
À Noël, nous avons mangé des langoustes, des escargots et du foie gras.
En Finlande, on trouve toutes sortes de baies : framboises, myrtilles, canneberges, groseilles etc.
Dans le verger, il y avait des pêchers, des poiriers, des abricotiers, et toutes sortes d’arbres fruitiers.
Ne confondez pas matière (aine), matériau (aines) et matériel (tarvikkeet, kalusto).
C’était tantôt drôle, tantôt dramatique, mais toujours très divertissant.
Les oranges, les citrons et les mandarines sont des agrumes.

Exercice 4

Phrases assertives à plusieurs propositions

Si tu ne mets pas tes gants, tu auras des gerçures.
Pour savoir si c’est bon, vous n’avez qu’à gouter.
Depuis que je suis tombé, j’ai mal à la jambe.
Les étudiantes qui connaissent mal la grammaire font des barbarismes.
Si tu es sage, Maman viendra te lire une histoire et te bordera.
Autrefois, à la campagne, quand on avait une fracture, on allait voir le rebouteux.
En France, quand on s’adresse à une religieuse, on lui dit « ma sœur ».

Exercice 5

Phrases assertives avec parenthèse

Le concierge, grincheux, ne cesse de maugréer et de grommeler.
La petite fille, dépitée, se mit dans un coin pour bouder.
Ses parents, ayant appris la nouvelle de son mariage, étaient très surpris.
Le ciel, chargé de nuages lourds et menaçants, annonçait l’orage.
Les Bonin, qui ont acheté un appartement, nous invitent à pendre la crémaillère.
Dans cette station, où les pistes sont bien entretenues, on peut skier jusque début mai.
Son père, passionné de ski, y va tous les jours.
La palatalisation, phénomène fréquent, joue un grand rôle dans l’évolution des langues.

Exercice 6

Phrases assertives avec parenthèse basse finale

Son attitude est déroutante, sans aucun doute.
Je crois qu’il est sincère, aussi, je lui pardonne.
Je ne peux* vous accompagner, veuillez m’en excuser.
C’est une occasion spéciale, pensez-y.
J’adore les éclairs au chocolat, mais je n’en achète jamais aucun ici, ils sont bien trop chers.
Il ne va pas à la chasse, que je sache.
Il s’est fait une égratignure en escaladant le grillage, mais c’est sans gravité.

* Suppression exceptionnelle de pas, possible après le verbe pouvoir dans la langue écrite.

Exercice 7

Accentuation à valeur explicative

Le chauffage et l’œsophage sont deux choses très différentes.
Comme vous vous en doutez, ch et j sont des chuintantes.
Avant l’époque des hypermarchés, on achetait la viande chez le boucher, et le jambon et la saucisse chez le charcutier.
Un « bourreau de travail », c’est quelqu’un qui travaille beaucoup.
La femelle du mouton s’appelle la brebis.
C’est Rabelais qui a rendu célèbre le personnage de Gargantua, le gros mangeur.
Aino n’aime pas les huitres : elle les adore.
Vous ne pouvez pas poser des questions, vous devez !

Exercice 8

Rupture asyndétique

Je n’ai pas été au Brésil, j’ai été au Paraguay.
Ce n’est pas une mangue, c’est une papaye.
Elle n’étudie pas l’anglais, elle étudie le néerlandais.
Les Schmitt n’ont pas quatre enfants, ils en ont cinq.
Les gens d’aujourd’hui ne font plus la cuisine  : ils sont trop paresseux.
Va voir Christian à l’hôpital  : il attend ta visite.
Je te demande pardon  : c’est moi qui avais tort.
Il n’est pas allé faire du ski : il fait trop froid.

15.2. L’intonation : interrogation et ordre  

Version d’archive non mise à jour. Pour consultation uniquement. Reproduction, impression et diffusion interdites.

Voir les explications théoriques p. 109.

Exercice 1

Interrogation partielle

Que t’a-t-il dit ?Qui te le garantit ?Où es-tu ?
Qui a dit ça ?Quand changera-t-il ?D’où tenez-vous ça ?
Qui a téléphoné ?Quand te le rendra-t-il ? Pourquoi dramatiser ?
Qui gagne ?À quel endroit es-tu ?Pourquoi te fatiguer ?
Qui conduit ?Depuis quand pleut-il ?Comment te convaincre ?
Que dit-elle ?À quoi joue-t-il ?Comment gagner ?

Exercice 2

Interrogation partielle

Quand est-ce que tu viendras ?Qui est-ce qui a téléphoné ?
Qu’est-ce que tu regardes ?Avec qui est-ce que vous avez parlé ?
Qu’est-ce que vous voulez ?Comment est-ce qu’ils ont compris ?
Quand est-ce que vous aurez fini ?Depuis quand est-ce que Serge est là ?
Chez qui est-ce que tu loges ?Qui est-ce que vous avez choisi ?
Pourquoi est-ce qu’il refuse ?Combien est-ce que ça coute ?

Exercice 3

Interrogation partielle avec ordre des mots normal (langue familière)

Qui tu as vu ?À quoi ça sert ?Tu auras fini quand ?
Où tu habites ?Tu en veux combien ?On va où ?
Tu veux quoi ?C’est à qui ?Tu sais quoi ?
Avec qui tu pars ?Où tu es garé ?Où il est ?
Quand tu rentreras ?Combien il t’a donné ?Où tu vas ?
Ça coute combien ?Depuis quand il dort ?Pourquoi il a refusé ?
On mange quoi ce soir ?Tu veux quoi ?Il a vu qui ?
Ça s’achète où ?Vous pensez à qui ?C’est depuis quand ?

Exercice 4

Interrogation totale avec inversion / avec intonation

Est-ce que tu viens ? / Tu viens ?
Est-ce que tu es d’accord ? / Tu es d’accord ?
Est-ce qu’on part ? / On part ?
Est-ce qu’il pleut ? / Il pleut ?
Est-ce qu’il t’a dit oui ? / Il t’a dit oui ?
Est-ce qu’elle est malade ? / Elle est malade ?
Est-ce que vous avez compris ? / Vous avez compris ?
Est ce que ça ira comme ça ? / Ça ira comme ça ?
Est-ce que tu sais où il habite ? / Tu sais où il habite ?
Est-ce qu’il n’a pas précisé l’heure de son arrivée ? / Il n’a pas précisé l’heure de son arrivée ?
Est-ce qu’on ne va pas un peu trop vite ? / On ne va pas un peu trop vite ?

Exercice 5

Interrogation totale avec inversion / avec intonation

Cela les gêne-t-il ? / Ça les gêne ?
As-tu mis le linge et les chaussettes à sécher ? / Tu as mis le linge et les chaussettes à sécher ?
T’a-t-il dit qu’il voulait t’attendre dehors ? / Il t’a dit qu’il voulait t’attendre dehors ?
Sais-tu ce que je veux ? / Tu sais ce que je veux ?
Voudriez-vous discuter en détail de cette affaire ? / Vous voudriez discuter en détail de cette affaire ?
Georges a-t-il appelé ? / Georges a appelé ?
N’avez-vous pas compris ? / Vous n’avez pas compris ?
Est-ce que vous avez terminé vos recherches ? / Vous avez terminé vos recherches ?
Est-ce que c’est trop dur pour eux ?