Guide de grammaire française
pour étudiants finnophones

  Index alphabétique

Subordonnées
adverbiales
consécutives

Subordonnées annoncées par si, tant, tellement

Subordonnées annoncées par tel

Subordonnées avec verbe au subjonctif

Consécutives explicatives en forme de commentaire

Subordonnées annoncées par si, tant, tellement

Les pro­po­si­tions ex­pri­mant la conséquence ne posent en gé­né­ral pas de grands pro­blè­mes aux ap­pre­nants fin­no­pho­nes, car le choix des cons­truc­tions et conjonctions pos­si­bles est re­la­ti­ve­ment limité. La plu­part des pro­po­si­tions ad­ver­bia­les con­sé­cu­ti­ves sont à l’in­di­ca­tif, mais cer­tai­nes cons­truc­tions en­trai­nent l’utilisation du sub­jonc­tif dans la sub­or­don­née.

Le plus sou­vent, les con­sé­cu­ti­ves sont in­tro­duites par la con­jonc­tion que en rela­tion avec un ad­ver­be ou un dé­ter­mi­nant à valeur intensive (si, tellement etc.) se trouvant dans la prin­ci­pa­le, exac­te­ment com­me en fin­nois :

si (+ ad­jec­tif ou ad­ver­be)… que niin… että
tellement (+ ad­jec­tif ou ad­ver­be)… que niin… että
tellementde (+ nom)… que niin paljon… että
tant… que niin paljon… että
tant de (+ nom)… que niin paljon… että
un(e) tel(le) (+ nom)… que niin [vakava, vaikuttava jne.]… että

Les subordonnées con­sé­cu­ti­ves en corrélation sont des subordonnées essentielles et pour cette raison elles ne sont nor­ma­le­ment pas pré­cé­dées d’une virgule.

Si… que

L’ad­ver­be si précède un ad­jec­tif ou un ad­ver­be et cor­res­pond au fin­nois niin :

Cet élève a fait de si grands efforts qu’il a rattrapé son retard en deux semaines. C’est si drôle que je n’ai pas pu m’empêcher de rire. Le train roule si vite qu’on n’arrive pas à lire les noms des gares.

Rappel :  l’ad­ver­be si est incompatible avec beau­coup [de]. Pour dire niin paljon (jotakin) että, il faut donc uti­li­ser tant (de) ou tellement (de). Autre limita­tion im­por­tan­te : on ne peut pas em­ploy­er si devant un par­ti­ci­pe passé quand celui-ci est un élé­ment d’une for­me ver­bale d’un temps com­po­sé. Dans ce cas, il faut uti­li­ser tellement / tant :

Ça m’a tellement fatigué que je n’avais plus la force de lever le bras.

et non pas  : Ça m’a *si fatigué que…, parce que dans ce cas fatigué est le par­ti­ci­pe passé servant à for­mer le passé com­po­sé du ver­be fatiguer. Mais on peut dire :

J’étais si fatigué que je me suis endormi com­me une masse.

Dans cet ex­em­ple, fatigué est employé com­me ad­jec­tif, on peut donc uti­li­ser si. On peut aus­si uti­li­ser tellement, puis­que c’est une va­rian­te de si devant ad­jec­tif/ad­ver­be :

J’étais tellement fatigué que je me suis endormi com­me une masse.

Il est parfois malaisé de savoir si le par­ti­ci­pe est une for­me ver­bale ou s’il est devenu un ad­jec­tif. Le plus simple est d’uti­li­ser tellement, qui convient dans les deux cas.

Tant [de]… que

L’ad­ver­be tant signifie en lui-mê­me « une si grande quan­ti­té » (fin­nois niin paljon). Il peut s’uti­li­ser seul com­me ad­ver­be de quan­ti­té. Aux temps com­po­sés, tant se place alors entre l’au­xi­liai­re et le par­ti­ci­pe passé :

Pendant le film, il riait tant qu’il en avait mal au ventre. Le bassiste avait tant joué qu’il avait mal aux doigts. Elles ont tant travaillé qu’elles ont fini deux se­mai­nes avant le délai prévu.

Ne pas confondre tant que consécutif (a) avec tant que à valeur tem­po­rel­le (b) ou con­di­tion­nel­le (c) :

(a) Il pleuvait tant que nous avons dû attendre dans la voiture.
(b) Je n’ose pas acheter de billet tant que la grève des trains ne sera pas terminée.
(c) Le temps qu’il fait n’a guère d’importance pour le ski, tant qu’il ne pleut pas.

En combinaison avec de, tant for­me un dé­ter­mi­nant com­po­sé qui cor­res­pond à niin paljon [jotakin] :

Il y avait tant de monde que nous n’avons pas pu entrer. Le texte contenait tant de fautes que j’ai dû le refuser.

Dans la langue cou­rante, on préfère net­te­ment uti­li­ser tellement, plus ex­pres­sif que tant, lequel est plutôt employé dans le code écrit (mais ce n’est pas une règle ab­so­lue).

Tellement [de]… que

Le mot tellement peut s’uti­li­ser seul com­me ad­ver­be modifiant un ad­jec­tif ou un ad­ver­be, ou bien for­mer un dé­ter­mi­nant com­po­sé avec de, auquel cas il précède un nom. Il sert de va­rian­te em­pha­ti­que (mahtiponttinen, paatoksellinen) à si et tant. Aux temps com­po­sés, tellement (com­me tant) se place entre l’au­xi­liai­re et le par­ti­ci­pe pas­sé.

a) va­rian­te emphatique de si :

C’était tellement drôle que je n’ai pas pu m’empêcher de rire. Le train roule tellement vite qu’on n’arrive pas à lire les noms des gares.

b) va­rian­te emphatique de tant (aux temps com­po­sés, tellement uti­li­sé seul com­me ad­ver­be se place entre l’au­xi­liai­re et le par­ti­ci­pe passé) :

Pendant le film, il riait tellement qu’il en avait mal au ventre. Elles ont tellement travaillé qu’elles ont fini deux semaines avant le délai prévu. Le bassiste avait tellement joué qu’il en avait mal aux doigts. Il y avait tellement de monde que nous n’avons pas pu entrer. Le texte contenait tellement de fautes que j’ai dû le refuser. Le site a reçu tellement de requêtes de connexion qu’il a crashé.

Variante avec pro­po­si­tion ad­ver­bia­le en rappel

Il exis­te une va­rian­te des cons­truc­tions sub­or­don­nées avec tellement/tant qui consiste à trans­for­mer la prin­ci­pa­le et la sub­or­don­née en deux pro­po­si­tions in­dé­pen­dan­tes, dont la deuxième est en rappel (après la prin­ci­pa­le) et in­tro­duite par tellement (de) /tant (de) :

Il faisait tellement chaud qu’il s’est levé en sueur. →
Il s’est levé en sueur, tellement il faisait chaud.

Bien que les deux pro­po­si­tions soient for­mellement indépen­dantes, elles sont for­te­ment liées l’une à l’autre et on peut con­si­dé­rer qu’il y a une sorte de rapport de subordina­tion « logique » entre l’une et l’autre. Ces cons­truc­tions sont uti­li­sées à l’écrit et à l’oral, où elles sont fré­quen­tes :

On dirait un banc de harengs com­me on en voit dans « Thalassa », tant ils sont serrés les uns contre les autres ! On s’est mises à hurler à s’en péter les cordes vocales, tellement on a eu peur. On a jamais mis autant de temps pour rentrer de Paris, tellement on a eu de fou rire. Je ne sais mê­me pas com­ment l’ex­pri­mer tellement c’est dif­fi­ci­le dans mes pensées. Cet osso buco, c’était à lécher le plat, tellement c’était divin !

Ces pro­po­si­tions peuvent être isolées de la pro­po­si­tion à laquelle elles sont rat­ta­chées, par une pause à l’oral ou par un point dans la graphie ; elles restent ce­pen­dant logiquement liées à la phra­se ou au con­tex­te qui précède :

À la fin, on a dû carrément fermer les fenêtres ! Tellement l’odeur de soufre était forte.

Dif­fé­ren­ces entre si, tant et tellement

1. Dif­fé­ren­ces entre si et tellement :

2.Dif­fé­ren­ces entre tant et tellement :

Remar­que :  dans les ex­pres­sions ver­bales avec ar­ti­cle zéro com­me avoir mal, faire mal, avoir pitié, avoir peur, avoir soif, avoir besoin etc., on uti­li­se si ou tellement seuls, com­me ad­ver­bes, et non pas les déterminants tellement de ou tant de :

Elle avait si/tellement faim qu’elle a dû se résoudre à manger de la viande. J’au­rais si peur que les maisons d’éditions ne lisent mê­me pas mes manuscrits, ce se­rait du papier utilisé pour rien ! Mon mec a eu tellement pitié de ma façon d’é­gout­ter les pâtes qu’il m’a acheté une passoire nickel pour mon repas du 14. Ce pays avait tellement be­soin de paix et de stabilité que les gens ont voté pour un régime autoritaire, que maintenant ils re­gret­tent.

Subordonnées con­sé­cu­ti­ves annoncées par tel

L’ad­jec­tif in­dé­fi­ni tel in­di­que une idée d’intensité. Il cor­res­pond à « si grand », « si im­por­tant », « si fort » etc. En fin­nois, son équi­va­lent n’est donc gé­né­ra­le­ment pas sellainen, mais niin suuri, niin vahva, niin va­ka­va, niin kova, niin paha, niin mahtava etc. (lire les descriptions ci-dessous).

Le mot sellainen peut avoir plu­sieurs équivalents en fran­çais (voir ci-des­sous).

Un tel… que

On uti­li­se en gé­né­ral tel dans un GN in­tro­duit par l’ar­ti­cle in­dé­fi­ni (un, une, des, de). Au pluriel, on utilise donc sou­vent la for­me de qui est la for­me de un devant l’ad­jec­tif an­té­po­sé au pluriel tels :

Nous avons eu de tels pro­blè­mes avec les sous-traitants qu’il a fallu interrompre le projet. Meillä oli niin paljon/niin vakavia ongelmia alihankkijoiden kanssa, että projekti jouduttiin keskeyttämään. Ils ont posé de telles conditions que nous n’avons pas pu accepter. [telles = « si dif­fi­ci­les »]. He asettivat niin tiukkoja ehtoja, ettemme voineet suostua. Tu as réagi avec une telle rapidité que je n’ai pas eu le temps de te donner mon com­men­tai­re. Vastasit niin salamannopeasti, etten ehtinyt postata kommenttiani.

Le mot tel peut être post­po­sé (moins fré­quem­ment) :

Le vent soufflait avec une violence telle que l’hélicoptère du secours en montagne n’a pas pu décoller.

Ne pas confondre la cons­truc­­tion un(e) tel(le) nomque à valeur con­sé­cu­ti­ve avec les pro­po­sitions re­la­tives en fin­nois in­tro­duites par sellainen.

Locutions conjonctionnelles avec tel

L’ad­jec­tif tel se retrouve dans des GN formant des locutions conjonctionnelles, de telle sorte que, de telle façon que, de telle ma­niè­re que, qui cor­res­pondent toutes en fin­nois à « siten että, sillä tavalla, että » :

L’appartement était disposé de telle sorte/ de telle façon/ de telle ma­niè­re qu’on voyait à travers l’im­meu­ble.  Il avait organisé sa semaine de telle ma­niè­re qu’il pouvait consacrer une journée entière à la recherche.

Dans le code écrit, on peut supprimer tel dans ces conjonctions et uti­li­ser les for­mes de sorte que, de façon que, de ma­niè­re que :

Il avait été bafoué de sorte que, mal­gré sa douceur, il se fâcha. Notre maison était située de ma­niè­re que nous pouvions voir tous les arrivages d’Alexandrie et de Rosette.

Mais dans la langue cou­rante moderne, le plus sou­vent on uti­li­se les conjonctions de sorte que / de façon que / de ma­niè­re que (donc sans tel) pour ex­pri­mer le but (elles de­mandent alors le sub­jonc­tif), et l’em­ploi des lo­cu­tions de sorte que, de ma­niè­re que, de façon que avec une valeur con­sé­cu­ti­ve et suivies de l’in­di­ca­tif y est devenu rela­ti­ve­ment rare.

À tel point que, à ce point que, au point que, au point de

Il exis­te éga­le­ment des cons­truc­tions contenant le mot point (dans le sens de aste, mää­rä), avec dif­fé­ren­tes va­rian­tes : à tel point que / à un tel point que / au point que / à ce point que (fin­nois niin pal­jon, niin pahasti, siinä määrin etc.) :

Il neigeait à tel point qu’on ne voyait plus les balises du bord de la piste. Les spec­tateurs étaient excités au point que le service d’ordre avait jugé plus prudent d’appeler la police. Les larmes le gagnaient à un tel point qu’il ne pouvait plus pro­non­cer d’une ma­niè­re intelligible. [Jules Romains]

Ces conjonctions peuvent aus­si in­tro­dui­re des con­sé­cu­ti­ves explicatives (voir ci-des­sous). Le grou­pe à ce point peut se détacher de que et se placer avant l’ad­jec­tif, ce qui est impos­si­ble avec les autres conjonctions mentionnées.

Ils sont à ce point installés dans la guerre qu’ils ne sauraient plus com­ment en sor­tir. [Stendhal]

Quand le su­jet de la sub­or­don­née est le mê­me que celui de la prin­ci­pa­le (co­ré­fé­ren­ce du su­jet), la con­jonc­tion au point que peut devenir au point de suivi d’un infinitif ; la transformation in­fi­ni­ti­ve n’est ce­pen­dant pas obli­ga­toi­re et on peut aus­si utiliser au point que mê­me en cas de coréférence du su­jet :

Cette enquête reste très sou­vent sans ré­pon­se, au point de ne pas avoir été re­te­nue par de nom­breux chercheurs. Il a énormément travaillé pour sa thèse, au point de ne plus dormir. La chanteuse avait été reçue à bras ouverts com­me une princesse, au point d’avoir été surprise elle-mê­me. Il avait mal au genou au point de ne plus pouvoir marcher nor­ma­le­ment.

Toutes ces cons­truc­tions sont uti­li­sables dans le code écrit com­me dans le fran­çais parlé, mais cou­ram­ment on dirait plutôt :

Il neigeait tellement qu’on ne voyait plus les balises du bord de la piste. Les spec­tateurs étaient si/tellement excités que le service d’ordre avait jugé plus pru­dent d’appeler la police. Etc.

Tel at­tri­but du su­jet

L’ad­jec­tif tel peut éga­le­ment s’uti­li­ser com­me un adjectif at­tri­but du su­jet suivi de la con­jonc­tion que. Il équivaut dans ce cas à « si grand », « si fort », « si intense », « si gra­ve » etc. Cette cons­truc­­tion s’uti­li­se plutôt dans le code écrit, mais elle est pos­si­ble aus­si dans le fran­çais parlé :

Les premières secousses furent telles que je tombai à terre en hurlant. La situa­tion de l’em­ploi est telle qu’il faut d’urgence prendre des mesures. Les réactions ont été telles que le gouvernement a dû retirer son projet. Les pressions du gouvernement de Washington ont été telles que le gouvernement thaïlandais a dû reculer. Les inquiétudes ont été telles que nous ne pouvons pas les ignorer.

Le sens de tel peut être positif ou né­ga­ti­f et le mot tel peut remplacer si suivi de toute sorte d’ad­jec­tifs (beau, bon, grand, catastrophique, dif­fi­ci­le etc.). Il faut donc tra­dui­re se­lon les cas par niin vakava, niin suuri etc. Cepen­dant, on trouve aus­si des cas où tel est à pren­dre dans son sens de base « neu­tre » de sellainen, sans valeur em­pha­ti­que :

Les pro­po­si­tions du Comité consultatif d’éthique ont été telles que, me semble-t-il, en 18 mois, les positions à ma gauche com­me à ma droite ont évolué no­ta­ble­ment. Nos ré­pon­ses judiciaires ont été telles que les organismes d’en­re­gis­tre­ment américains et fran­çais ont très vite admis que nous avions qua­li­té pour im­po­ser cer­tai­nes choses.

Tel s’uti­li­se aus­si avec une simple valeur com­pa­ra­ti­ve, dans le sens de sellainen kuin.

Atten­tion à la valeur du fin­nois sellainen

En fin­nois, sellainen, littéralement « tel », peut servir à la fois d’ad­jec­tif à valeur con­sé­cu­tive an­non­çant une sub­or­don­née con­sé­cutive (exem­ple 1), com­me en fran­çais, et de dé­ter­mi­nant à valeur cata­pho­ri­que annon­çant une re­la­ti­ve, qui correspond en fran­çais à un article (exem­ple 2) :

(1) Se oli sellainen pettymys, että tulen sen muistamaan pitkään. C’était une telle décep­tion que je m’en souviendrai longtemps.

(2) Se pitäisi järjestää sellaisena iltana, jolloin kaikki pääsevät tulemaan, ei siis viikon­lop­pui­sin. Il faudrait l’organiser un soir tout le monde peut venir, donc pas le week­end.

Autrement dit, en fin­nois, sellainen peut avoir une valeur intensive, et dans ce cas il cor­res­pond ef­fec­ti­ve­ment à un tel… que (de tels… que). Mais quand sellainen sert à an­non­cer une pro­po­si­tion re­la­ti­ve (cons­truc­­tion qui n’exis­te pas en tant que telle en fran­çais), l’équi­va­lent de sellainen est l’ar­ti­cle in­dé­fi­ni un, et en au­cun cas tel. La phra­se sui­vante est agram­ma­ti­cale en fran­çais :

*Je cherche un tel livre qui soit facile à lire pour un enfant de 10 ans.

Il y a un moyen simple de distinguer les deux cons­truc­tions : les con­sé­cu­ti­ves sont in­tro­duites par että, les re­la­ti­ves par un pro­nom relatif :

sellainen… joka = un… qui/que
sellainen… että = tel… que

Rem. Le déterminant sellainen est aus­si fré­quem­ment utilisé (sous la for­me sellane) dans le finnois parlé comme déterminant in­dé­fi­ni, qui équivaut assez exactement à l’ar­ti­cle in­dé­fi­ni un.

Subordonnées con­sé­cu­ti­ves avec ver­be au sub­jonc­tif

Assez… pour que, trop… pour que

Les ad­ver­bes assez/trop peuvent être utilisés comme des ad­ver­bes ou, com­po­sés avec de, comme des dé­ter­mi­nants (assez de, trop de) et suivi de pour annonçant une ad­ver­bia­le exprimant une conséquence. On peut aus­si uti­li­ser suffisamment à la pla­ce d’as­sez.

Le mot pour pourrait faire penser qu’il s’a­git de cons­truc­tions à valeur de but, mais elles ex­pri­ment ce­pen­dant une conséquence. En fin­nois, l’équi­va­lent est en gé­né­ral liian paljon… jotta, liian vähän… jotta, mais un bon équi­va­lent en fin­nois de as­sez… pour que… peut aus­si être sen verran… että :

Il pleut bien trop pour que nous puissions faire un pique-nique. La commune a dé­blo­qué assez d’argent pour que les travaux de la nouvelle crèche puissent enfin com­mencer. Il n’avait pas assez neigé pour qu’il soit absolument né­ces­sai­re de damer la pis­te. Le projet n’avait pas recueilli assez de soutien pour qu’il soit ra­tion­nel de le pour­sui­vre.

Quand le su­jet de la sub­or­don­née est le mê­me que celui de la prin­ci­pa­le (co­ré­fé­ren­ce du su­jet), les sub­or­don­nées in­tro­duites par assez / trop… pour que sont remplacées par des in­fi­ni­tives introduites par pour :

Elle l’aime trop pour lui en vouloir. Cette pièce n’est pas assez grande pour pou­voir servir de salle à manger.

Assez pour que, suffisamment pour que

Dans les cons­truc­tions con­sé­cu­ti­ves du type assez… pour que, l’élé­ment pour que n’est pas in­ter­chan­gea­ble avec la locu­tion afin que, qui ex­pri­me uni­que­ment le but. Ainsi, il est im­pos­sible de rem­pla­cer assez (…) pour que par la for­me trom­peu­se­ment si­mi­lai­re assez… *afin que ou suffisamment… *afin que, er­reur parfois cons­ta­tée dans les écrits d’étu­diants de fran­çais lan­gue étran­gè­re. Mais on peut utiliser suffisamment (…) pour que, qui a une va­leur con­sé­cu­ti­ve :

Ce pro­blè­me n’a pas été étudié *suffisamment afin qu’on puisse en tirer des con­clu­sions cer­tai­nes. 

Forme correcte :
Ce pro­blè­me n’a pas été étudié suf­fi­sam­ment pour qu’on puisse en tirer des conclusions cer­tai­nes. ou
Ce pro­blè­me n’a pas été assez étudié pour qu’on puisse en tirer des conclusions cer­tai­nes.

Constructions du style soutenu

Il exis­te dans le style soutenu des va­rian­tes de assez … pour que, trop… pour que qui s’uti­li­sent quand la prin­ci­pa­le est une phra­se né­ga­ti­ve ou ou une phra­se in­ter­ro­ga­tive for­mée avec in­ver­sion du su­jet (mais pas quand elle est for­mée avec est-ce que). Dans la proposition adverbiale le ver­be est alors au subjonctif. Ces cons­truc­tions sont délicates à uti­li­ser et re­la­ti­ve­ment lourdes. On les trouve as­sez sou­vent dans le style administratif et politique :

La fusion des instituts en un seul est-elle si urgente que tout doive être décidé en un mois ? Avez-vous tant de soucis que vous en perdiez le sommeil ? Le bruit était-il tel qu’il fallût fermer les fenêtres ? Cette décision était-elle tellement im­por­tan­te qu’elle imposât la réunion de tout le conseil d’administration ?  Il n’a­vait pas montré une telle compétence qu’il faille d’office le nommer chef du per­son­nel.

Dans la langue cou­rante, ces phra­ses pourraient se dire de la façon sui­vante :

Est-ce que la fusion des instituts en un seul est si urgente qu’il faut tout décider en un mois ? Il n’y avait pas assez de bruit pour qu’il / il n’y avait pas de bruit au point qu’il soit né­ces­sai­re de fermer les fenêtres. Est-ce que cette décision était si im­por­tan­te qu’elle imposait la réunion de tout le conseil d’administration ? Il n’avait pas montré une compétence si grande qu’il fallait d’office le nommer chef du per­son­nel.

Con­sé­cu­ti­ves explicatives en for­me de com­men­tai­re

Les con­sé­cu­ti­ves explicatives ex­pri­ment une conséquence sous for­me de com­men­tai­re. Elles sont in­tro­duites par des conjonctions variées, qui se dif­fé­ren­cient es­sen­tiel­le­ment par le style :

si bien que joten (code écrit, langue cou­rante)
de sorte que joten (surtout code écrit)
de telle sorte que joten (surtout code écrit)
de façon que joten (surtout code écrit)
de ma­niè­re que joten (surtout code écrit)
de sorte que joten (code écrit)
à tel point que joten, niinkin…sti että, jopa siinä määrin että (code écrit, langue cou­rante)
au point que joten, niinkin…sti että (code écrit es­sen­tiel­le­ment)
tant et si bien quekunnes lopulta
ce qui fait que joten (très uti­li­sé dans le code écrit courant ou le fran­çais parlé)

Exem­ples :

J’avais un horaire des bus périmé, si bien que j’ai raté le dernier bus et que j’ai dû rentrer à pied. Nous avons préparé tout le matériel pour la conférence, de (telle) sorte que vous pourrez com­mencer aus­sitôt. Kevin est tou­jours très distrait, au point qu’on finit par se demander si ce n’est pas un pro­blè­me neurologique. Toute la journée il a neigé en abondance, à tel point que la sta­tion a été fermée. Il y avait tou­jours quel­qu’un chez eux, de telle ma­niè­re que ce n’était pas né­ces­sai­re de téléphoner avant de leur rendre visite.

Certaines de ces conjonctions s’uti­li­sent aus­si dans des pro­po­si­tions ad­ver­bia­les es­sen­tiel­les (voir ci-dessus). La dif­fé­ren­ce est mar­quée par la ponctua­tion (ou l’intona­tion à l’oral) : il n’y a pas de virgule (ou de pause) devant une con­sé­cu­ti­ve essentielle.

Tant et si bien que

La locu­tion tant et si bien que est similaire par le sens et l’em­ploi à si bien que, mais elle apporte une nuance d’insistance et de durée, qui la rapproche à la fois de jusqu’à ce que et de à tel point que. Elle peut être paraphrasée par [et] finalement, [et] au bout du compte (ja lopulta [kävi niin, että…]). Elle est éga­le­ment employée cou­ram­ment en tête de phra­se, à la place de si bien que :

La maison de leurs voisins a été longtemps déserte, tant et si bien qu’elles avaient fini par oublier ce que peuvent être des voisins. [synonyme : si bien que] Lors de l’arrivée de la police, le couple se rebelle, tant et si bien qu’ils doivent être menottés. [synonyme : à tel point que] Les dumplings étaient fantastiques ! Tant et si bien que nous avons commandé une autre tournée. [synonyme : si bien que] Il arrive mê­me, parfois, qu’on se sépare de façon lamentable : on s’injurie, on lance les mê­mes injures qu’on reçoit, tant et si bien que les auditeurs s’en veulent d’être venus écouter de pareils individus. [synonyme : à tel point que]

Le grou­pe tant et si bien que est éga­le­ment employé dans la locu­tion ver­bale faire tant et si bien que…, qui a le sens de « poursuivre une ac­tion avec dé­ter­mi­nation », « in­sis­ter jusqu’à obtenir satis­fac­tion », « s’acharner » :

Les sauveteurs firent tant et si bien que tous les passagers purent être évacués à temps. Ses ennemis firent tant et si bien qu’il dut s’exiler et qu’il mourut loin de son pays natal. Mme de Staël avait fait tant et si bien que ses amants désiraient tous convoler, mais pas avec elle.

Ce qui fait que

Les conjonctions pré­sen­tées ci-dessus s’uti­li­sent es­sen­tiel­le­ment dans le code écrit. Dans le fran­çais parlé, la locu­tion de loin la plus fré­quente est ce qui fait que. On peut ainsi reprendre cer­tai­nes des phra­ses pré­cé­dentes dans leur version « langue cou­rante » :

J’avais un horaire des bus périmé, ce qui fait que j’ai raté le dernier bus et que j’ai dû rentrer à pied. Nous avons préparé tout le matériel pour la conférence, ce qui fait que vous pourrez com­mencer aus­sitôt. Toute la journée il a neigé en abon­dan­ce, ce qui fait que la sta­tion a été fermée.

Bien que cette ex­pres­sion soit com­po­sée de quatre mots et puisse sembler com­pli­quée, elle se pro­non­ce cou­ram­ment en deux syllabes seu­le­ment : /skifᴇk/. Elle n’est donc pas plus longue que le fin­nois joten, et elle est utilisée abondamment.

Nuance de but

Certaines conjonctions servent aus­si à ex­pri­mer le but. Elles sont alors suivies du sub­jonc­tif. En fin­nois, le ver­be est sou­vent au kon­di­tio­naa­li dans le cas cor­res­pon­dant :

Articulez, de sorte que l’on vous comprenne bien. Il travaille de façon que sa famille puisse vivre à son aise. L’appartement était disposé de telle sorte/ de telle façon/ de telle ma­niè­re qu’on voie à travers l’immeuble. Il y avait dans le jardin un portique disposé de ma­niè­re qu’on trouvât de l’ombre à toute heure. La professeure avait organisé sa semaine de telle ma­niè­re que ses étudiants puissent venir la con­sul­ter au moins deux fois par se­mai­ne.

Avec l’in­di­ca­tif, ces phra­ses ex­pri­ment une conséquence de fait (tosiasiallinen seu­raus), avec le sub­jonc­tif elles in­di­quent une conséquence voulue. En traduisant depuis le fran­çais, il faut faire at­ten­tion de ne pas confondre ces conjonctions avec celles ex­pri­mant la conséquence. Parfois la nuance n’est pas très gran­de, et, en traduisant vers le fran­çais, il n’est pas tou­jours facile de choi­sir le mode. En cas de doute, le mieux est d’uti­li­ser des conjonctions à sens net­te­ment final (afin que, pour que).

ISBN 978-951-39-8092-4 © Jyväskylän yliopisto 2020
Page 59. Adverbiales con­sé­cu­ti­ves. Dernière mise à jour : 4.8.2021