Guide de grammaire française
pour étudiants finnophones

  Index alphabétique

Subordonnées
adverbiales
temporelles

Liste de conjonctions

Rapport de simultanéité
(ponctuel)

Rapport de simultanéité
(duratif)

Rapport d’antériorité

Rapport de postériorité

Avant que et après que,
règles particulières

Liste de conjonctions

Il y a en fin­nois une gamme variée de con­jonc­tions ou locutions con­jonc­tion­nel­les qui permettent de rendre l’essentiel des locutions fran­çai­ses cor­res­pon­dantes (voir ta­bleau ci-dessous). La seule dif­fé­ren­ce est l’em­ploi du sub­jonc­tif dans cer­tains ty­pes de pro­po­si­tions.

Les gram­mai­res regrou­pent sou­vent les con­jonc­tions tem­po­rel­les en fonc­tion du rap­port logico-tem­po­rel qu’elles établissent entre la prin­ci­pa­le et la sub­or­don­née : si­mul­ta­néit­é, an­té­rio­ri­té, pos­té­rio­rité. Ces ca­té­go­ries n’ont pas un caractère très strict et n’apportent pas vraiment d’informations nouvelles aux appre­nants fin­no­pho­nes, mais on les a utilisées com­me moyen de classement des con­jonc­tions Elles sont résumées dans le tableau ci-dessous et sont pré­sen­tées dans le mê­me ordre dans le texte.

Les con­jonc­tions tem­po­rel­les
valeurfran­çaisfin­nois
simultanéité
(ponctuel)
quand, lorsquekun
dès que, aus­sitôt que, sitôtheti kun
à peine / à peine… ne pas… quejuuri… kun
chaque fois que, tou­tes les fois quejoka kerta kun, aina kun
si(silloin) kun, aina kun
au moment où, au moment de(silloin) kun
simultanéité
(duratif)
pen­dant quesen aikana kun, sillä välin kun
tandis que, alors quesillä aikaa kun, sillä välin kun
au fur et à mesure que, à mesure quesitä mukaa kun
tant que, aus­si longtemps que
tant et aus­si longtemps que
niin kauan kuin, kunnes, siihen mennessä kun
depuis quesiitä lähtien kun, sen jälkeen kun
antérioritéaprès quesen jälkeen kun
une fois quesen jälkeen kun, sitten kun
maintenant quenyt kun
postérioritéavant que, avant deennen kun
jusqu’à ce que, jusqu’àkunnes, siihen mennessä kun
en attendant que, en attendant de, le temps que, le temps de, d’ici quesiihen mennessä kun, sillä välin kun, kunnes

Rapport de simultanéité (ponctuel)

Quand, lorsque

La con­jonc­tion quand est la con­jonc­tion la plus cou­rante, uti­li­sée aus­si bien dans le fran­çais parlé que dans le code écrit. Lorsque est une va­rian­te de quand, qui s’uti­li­se pra­ti­que­ment exclusivement dans le code écrit. Il y a donc entre les deux uni­que­ment une dif­fé­ren­ce de style.  :

Il faisait complètement nuit quand nous avons fini de manger. Lorsqu’ils eurent com­pris le parti qu’ils pouvaient en tirer, les guerriers se mirent à faire des pri­son­niers. Leur sentiment de sécurité se renforça en­co­re quand elles virent que les engagements étaient tenus.

Quand et lorsque peu­vent s’uti­li­ser avec tous les temps de l’in­di­ca­tif, im­par­fait, pas­sé com­po­sé, passé simple, antérieur ou surcom­po­sé, futur simple ou antérieur, con­di­tion­nel etc. (quand sui­vi du con­di­tion­nel peut ce­pen­dant aus­si avoir une valeur con­ces­sive) :

Quand la poussière fut dissipée, quand nous eûmes repris nos sens, je comptai mes hom­mes, pas un n’était blessé. Je crois me souvenir qu’ils ont applaudi quand il a eu fini de boire le verre.  Hélène lui avait déclaré que Stésichore re­cou­vre­rait la vue quand il aurait dit la vérité sur elle. Lorsque tu auras compris cela, tu sauras que le moment le plus im­por­tant de ta vie c’est maintenant !

Quand et lorsque s’uti­li­sent rarement pour mar­quer l’ac­tion dans son ac­com­plis­se­ment ; dans ce cas-là on uti­li­se pen­dant que ou tandis que.

Remar­que : la con­jonc­tion quand ne peut pas traduire le pro­nom relatif fin­nois jol­loin. Le pro­nom relatif à uti­li­ser dans un tel cas est .

Dès que, aus­sitôt que, sitôt

Les con­jonc­tions dès que et aus­sitôt que s’em­ploient com­me quand et lorsque, mais y ajou­tent une idée d’im­mé­dia­te­té. Elles cor­res­pondent tou­jours au fin­nois heti kun. La locu­tion con­jonc­tion­nelle aus­sitôt que in­di­que que l’ac­tion est quasiment im­mé­diate, alors que dès que n’a pas tou­jours cette valeur. Dans la langue cou­rante, aus­sitôt que est un peu moins fré­quen­t ; pour l’étu­diant de fran­çais lan­gue étran­gè­re, uti­li­ser dès que est suffisant. Com­me lorsque et quand, ces deux con­jonc­tions s’uti­li­sent avec une gran­de variété de temps verbaux :

Qu’ils m’appellent sur mon portable dès qu’ils auront terminé ! Sur Internet, dès que j’ouvre une page d’un site, une page de pub s’ouvre aus­sitôt, que dois-je faire ? On vous a envoyé pour enquêter et demandé de faire un rapport aus­sitôt que vous auriez effectué votre enquête initiale. Dès qu’elle eut fait quel­ques pas, elle heur­ta une marche. « Aussitôt qu’elle a eu connu nos projets, sa Sainteté a voulu l’encourager »… et c’est du Bossuet, alors oui, cela se dit ! [sur un site Internet, à pro­pos de l’em­ploi du passé surcom­po­sé]

Dans les constructions participiales, on uti­li­se aus­si la va­rian­te sitôt. On peut aus­si l’uti­li­ser ré­pé­tée en tê­te de phra­se pour mar­quer le rapport logique entre les deux pro­po­si­tions (la ré­pé­ti­tion mar­que le rapport de subordina­tion ha­bi­tu­el­le­ment ex­pri­mé par que) :

Le poisson est congelé sitôt pêché. [= aus­sitôt qu’il a été pêché] Sitôt vu, sitôt ou­blié. [= aus­sitôt qu’il a été vu, il est oublié (à propos d’un film)]. Sitôt annoncée, sitôt vendue ! [= aus­sitôt qu’elle a été annoncée, elle a été disponible à la vente (à propos d’un nouveau modèle de voiture)]

À peine… que, à peine… ne pas… que

La con­jonc­tion que peut mar­quer un rapport de simultanéité similaire à dès que quand elle est « an­non­cée » par un ad­ver­be com­me à peine ou une né­ga­tion. En finnois, cet emploi cor­res­pon­d à juuri... kun. Il faut faire atten­tion à bien interpréter le sens de que dans ce cas-là. Dans le code écrit, le ver­be est sou­vent inversé après à peine :

J’étais à peine sorti qu’il s’est mis à pleuvoir. Olin juuri ehtinyt ulos, kun alkoi sataa. À peine eut-il fait dix pas qu’il s’arrêta sous un bec de gaz pour relire la lettre de son père. Cepen­dant, à peine eut-il rac­com­pa­gné Mme Hanska à Francfort qu’il s’ef­fondra de nouveau.

La con­jonc­tion que à sens tem­po­rel peut être annoncée par une phra­se né­ga­ti­ve con­te­nant l’ad­ver­be plus tôt (ne pas confondre avec plutôt), comme en fin­nois par ex­em­ple tus­kin… kun :

Les noces ne furent pas plus tôt faites que la belle-mère fit éclater sa mauvaise humeur. On demande une réfor­me… et elle n’est pas plus tôt votée qu’on s’en dé­tourne, qu’on court à une au­tre. C’est pourtant le soliste qui a la par­tie la plus courte ; il n’est pas plus tôt pré­sen­té qu’il se fait étriper par sa douce et tendre fian­cée. [à propos de l’intrigue de Lucia di Lammermoor]

On peut aus­si uti­li­ser que seul, si un au­tre indice (par exem­ple une indica­tion de du­rée) permet de com­pren­dre la valeur tem­po­rel­le :

Il n’avait pas fait deux kilomètres que la voiture est tombée en panne. Hän ei ehtinyt ajaa pari kilometria, kun autoon tuli vika. On n’a pas eu le temps de poser nos valises que déjà le train s’est mis en marche. Ehdimme juuri laskea matka­lauk­kum­me, kun juna jolähti liikkeelle. Le conférencier n’avait pas parlé cinq minutes que déjà je m’ennuyais.

Chaque fois que, tou­tes les fois que

Ces locutions mar­quent la ré­pé­ti­tion de l’ac­tion et cor­res­pondent au fin­nois joka kerta kun ou aina kun :

Chaque fois  qu’il avait l’occasion de sortir de chez lui, il trouvait tou­jours dix raisons pour ne pas bouger. Vous êtes libres d’arrêter et de vous reposer tou­tes les fois que vous en avez envie, car ces activités peu­vent parfois être phy­si­que­ment éprouvantes. Vous uti­li­serez ce code d’uti­li­sateur et ce mot de passe cha­que fois que vous aurez besoin de consulter votre dossier. Toutes les fois qu’on avait besoin de ses services, il était prêt.

Dans le fran­çais parlé, on rencontre éga­le­ment la va­rian­te à chaque fois, avec la pré­po­si­tion à. Bien que la pré­po­si­­tion soit in­uti­le ou redondante, à chaque fois que est une for­me qu’on rencontre assez sou­vent. Dans le code écrit strict, on préfère ce­pen­dant la for­me sans pré­po­si­tion :

À chaque fois que je commande le produit, un message d’er­reur m’in­di­que que le panier de commande est vide. Si à chaque fois qu’on avait coupé des arbres, on avait versé une par­tie des redevances dans un fonds régional, on aurait diversifié l’économie. Autrement dit, à chaque fois que vous achetez pour 1 000 euros de produits soumis à la TVA, vous payez 166 euros d’impôts.

Remar­que : atten­tion au fin­nois aina kun, ne pas le traduire par *tou­jours quand, locu­tion con­jonc­tion­nel­le in­exis­tan­te en fran­çais et qui est une er­reur fré­quen­te chez les fin­no­pho­nes. Le for­me à uti­li­ser est chaque fois que :

Aina kun soitan hänelle, hänen puhelimensa on äänettömällä eikä hän vastaa. Chaque fois que je l’appelle, son téléphone est sur mode silencieux et elle ne répond pas.

Si tem­po­rel

La con­jonc­tion si peut avoir une valeur tem­po­rel­le et mar­quer une ac­tion qui se ré­pè­te fré­quem­ment, dans un em­ploi qui a une valeur à la fois con­di­tion­nel­le (d’éven­tu­el) et tem­po­rel­le. Si cor­res­pond dans ce cas à dès que ou chaque fois que et s’em­ploie avec le présent ou l’im­par­fait dans la sub­or­don­née et la prin­ci­pa­le :

S’il avait un pro­blè­me, il téléphonait tout de suite à son meilleur ami Claude. Si el­le se sentait trop seule, elle allumait la télévision et se mettait à zapper. En va­cances, s’il pleu­vait, nous allions visiter les musées. Lomalla ollessamme silloin kun satoi, kävimme aina museoissa. Le week­end, si j’ai le temps, je vais en gé­né­ral voir mon frère.

Dans ce cas, il ne faut donc pas interpréter si + im­par­fait com­me l’ex­pres­sion d’une con­di­tion. On pour­rait para­phra­ser ces sub­or­don­nées en disant :

Dès qu’il avait/Chaque fois qu’il avait un pro­blè­me… Dès qu’elle/Chaque fois qu’elle se sentait seule… Le weekend, chaque fois que / quand j’ai le temps… En vacances, quand il pleuvait…

Au moment où

Cette locu­tion in­tro­duit for­mellement une sub­or­don­née re­la­ti­ve, mais les équi­va­lents en fin­nois introduisent des subordonnées ad­ver­bia­les. Elle peut in­di­quer une simultanéité (samanaikaisuus) avec un évènement momentané mais aus­si avec une période d’une durée plus vaste. Elle peut se traduire par (silloin) kun ou sillä välin kun :

Au moment où il allait partir, il se rendit compte qu’il avait oublié son passeport chez ses parents. Au moment où nous eûmes cette révélation, tou­tes les portes s’ouvrirent à nous. La Chine se porte bien au moment où l’économie mondiale est plongée dans l’in­cer­ti­tu­de.

Rapport de simultanéité (duratif)

Pendant que, tandis que, alors que

Ces trois locutions mar­quent une ac­tion qui se déroule en mê­me temps que celle de la prin­ci­pa­le. Il y a cer­tai­nes dif­fé­ren­ces :

a. Alors que et tandis que à valeur tem­po­rel­le (en fin­nois sillä aikaa kun, sillä välin kun) s’uti­li­sent pres­que exclusivement dans le code écrit. Tandis que et alors que ex­pri­ment aus­si une op­po­si­tion et sont dans ce cas uti­li­sés couramment dans le fran­çais parlé aus­si. Les pro­po­si­tions in­tro­duites par tandis que tem­po­rel sont ma­jo­ri­tai­re­ment des ad­ver­bia­les an­té­po­sées :

Tandis que nous avancions vers le refuge, l’orage éclata avec violence. Mais tan­dis qu’ils prenaient congé, les uns après les au­tres, l’atmosphère familiale s’appe­san­tis­sait. Un au­tre jour un téléspectateur succomba d’un arrêt cardiaque alors qu’il regardait un match de football dans la rue, sur un écran géant. Il sentait en­co­re la grande main chaude qui tenait la sienne tandis qu’ils marchaient sur un chemin forestier.

b. Alors que peut éga­le­ment signifier que l’évènement est momentané, no­tam­ment avec des cons­truc­tions com­me aller + in­fi­ni­tif, être sur le point de + in­fi­ni­tif et équi­vaut dans ce cas à au moment où. Dans ce sens, alors que est fré­quen­t dans le fran­çais parlé éga­le­ment :

Dimanche, alors que nous allions quitter les bâtiments de l’ULB, des affaires ont été volées dans une de nos voitures.  Alors qu’ils étaient sur le point d’ac­com­plir leur mission, les douaniers furent contraints d’abandonner la par­tie après avoir essuyé des tirs de la part des contrebandiers.

C’est dans cet em­ploi qu’on sent sou­vent le glissement vers une nuance concessive :

Combien de gens abandonnent alors qu’ils étaient sur le point de réussir ?

Au fur et à mesure que, à mesure que

Ces con­jonc­tions in­di­quent que deux actions se déroulent en mê­me temps, qu’elles pro­gres­sent ensemble. Elles cor­res­pondent au fin­nois sitä mukaa kun :

Au fur et à mesure qu’il apprenait du vocabulaire, il se sentait de plus en plus en plus à l’aise pour parler. À mesure que des entreprises multinationales s’em­pa­rent des moyens d’informa­tion et de com­mu­ni­ca­tion, la concentra­tion des mé­dias s’ac­croit.

La langue moderne semble préférer la for­me longue au fur et à mesure que plutôt que à mesure que, et les exem­ples relevés sur Internet semblent montrer que à me­su­re que in­tro­duit de préférence une ad­ver­bia­le an­té­po­sée, bien que les exem­ples avec ad­ver­bia­le post­po­sée ne manquent pas.

Tant que, aus­si longtemps que, tant et aus­si longtemps que

Tant que et aus­si longtemps que peu­vent avoir une valeur soit tem­po­rel­le, soit condi­tion­nel­le, et les deux sens se recouvrent parfois en par­tie. Quand ils in­tro­duisent une sub­or­don­née tem­po­rel­le, on peut uti­li­ser pres­que tous les temps verbaux, alors que dans le sens con­di­tion­nel, on uti­li­se seu­le­ment le présent ou le futur (ou le con­di­tion­nel, va­rian­te pas­sée du futur) :

Il nous était strictement interdit de quitter la table tant que nous n’avions pas terminé no­tre assiette. Aussi longtemps qu’ils ont eu besoin de nous, ils ont été très serviables. Aussi longtemps que ça ne débouche pas sur des confrontations armées, il faut se satisfaire de cette situation. Les circonstances firent que Pépin, puis ses fils, ne se soucièrent pas du patriciat, tant qu’ils n’eurent pas d’éta­blis­se­ment durable en Italie.

Il exis­te une va­rian­te redondante qui combine les deux con­jonc­tions sous la for­me tant et aus­si longtemps que. Elle semble employée en par­tie pour des raisons ex­pres­sives (in­sis­tan­ce), mais probablement aus­si pour faire ressortir plus clairement le sens tem­po­rel et l’opposer plus net­te­ment à la valeur con­di­tion­nel­le pos­si­ble de tant que et aus­si longtemps que :

Nous sommes à votre entière disposi­tion tant et aus­si longtemps que vous avez besoin d’ai­de avant votre départ. Tant et aus­si longtemps que les jeunes consi­dèrent le jeu com­me une entreprise excitante et risquée, ils y sont attirés. Tant et aus­si long­temps que vous n’aurez pas vu la Gaspésie en hiver, il vous manque quel­que chose.

Cepen­dant, on trouve des cas où mê­me tant et aus­si longtemps que peut avoir une nuance con­di­tion­nel­le (il est alors synonyme de à condi­tion que).

Depuis que

Cette con­jonc­tion in­tro­duit une pro­po­si­tion dont le ver­be in­di­que un état présent (ré­sul­tant d’une ac­tion passée). Le temps de la sub­or­don­née est gé­né­ra­le­ment le pré­sent et son temps com­posé, le passé com­posé, ou le « présent du passé » qui y cor­res­pond, c’est-à-dire l’im­par­fait, ou sa for­me com­po­sée le plus-que-parfait :

Depuis que nous avons acheté cette maison, tout notre temps libre passe en travaux de réparation. Depuis qu’il faisait de la natation, il n’avait plus de dou­leurs au dos. De­puis qu’elle a vendu son auto, elle parcourt à vélo les 12 ki­lo­mè­tres qui la séparent du bou­lot. Depuis qu’ils faisaient des exercices ré­gu­liè­re­ment, leur pro­non­cia­tion s’était net­te­ment amé­lio­rée.

Rapport d’antériorité

En règle gé­né­rale, le ver­be d’une pro­po­si­tion ad­ver­bia­le qui ex­pri­me l’antériorité se trouve à une for­me com­po­sée. L’au­xi­liai­re de la for­me com­po­sée est le plus sou­vent au mê­me temps que le ver­be de la prin­ci­pa­le.

Après que, après

Cette locu­tion in­di­que que l’ac­tion de la sub­or­don­née est achevée par rapport à celle de la prin­ci­pale. Elle demande nor­ma­le­ment l’in­di­ca­tif, le plus sou­vent un passé antérieur, mais d’au­tres temps sont pos­si­bles aus­si :

Après que nous fûmes sortis du port, la tempête s’éleva. Après qu’ils eurent re­plié leur tente, ils se mirent en route. Réfrigérez ou congelez les restes moins de deux heures après qu’ils ont été servis dans un contenant peu profond couvert. Après que les bénévoles eurent été remerciés de leur aide par le président de l’association, un repas fraternel fut servi. Croient-ils que ces candidats les écou­te­ront après qu’ils auront été élus ?

Dans le fran­çais parlé, on uti­li­se couramment le sub­jonc­tif passé dans la pro­po­si­­tion in­tro­duite par après que (voir ci-des­sous).

Quand le su­jet de la sub­or­don­née est le mê­me que celui de la prin­ci­pa­le (co­ré­fé­rence du su­jet), on uti­li­se obli­ga­toi­re­ment la for­me in­fi­ni­tive, et la con­jonc­tion est alors à la for­me après (non suivie de l’élément de) :

Après avoir acheté leur maison, ils y firent installer une pompe à chaleur. Après nous être levés très tard, nous sortîmes pour faire une petite promenade. Après avoir obtenu des crédits supplémentaires, la bibliothèque a pu acheter de nou­veaux ordinateurs. Pourquoi est-ce que les fruits murissent en­co­re après avoir été cueil­lis ?

Une fois que

Cette locu­tion est une va­rian­te de quand qui in­tro­duit le plus sou­vent un ver­be à un temps com­po­sé ex­pri­mant le fait que l’ac­tion est achevée avant que celle de la prin­ci­pa­le com­mence. En fonc­tion du sens du ver­be, cette valeur peut aus­si ressortir d’un temps simple, com­me le passé simple :

Une fois que tu auras terminé de réviser, tu pourras aller t’amuser. Une fois qu’el­les ont eu compris qu’elles n’avaient plus au­cu­ne chance, elles ont décidé de changer de tac­ti­que.  Une fois qu’ils étaient rentrés, ils prenaient l’apéritif sur la terrasse. Beau­coup de ces per­son­nes, une fois qu’elles eurent en leur possession ce matériel écrit, choisirent d’ignorer le but et le con­tex­te dans lesquels il avait été écrit.

Dans le dernier ex­em­ple (Beaucoup de ces per­son­nes…), le ver­be avoir est au passé simple, qui in­di­que à lui seul la réalisa­tion de cet état de possession. On trouve aus­si une fois que dans le sens de « aus­sitôt que » avec un présent :

Une fois que l’enfant manifeste son mécontentement, essayez de lui expliquer avec dou­ceur qu’il doit penser à sa santé.

Maintenant que

La locu­tion maintenant que est similaire à une fois que. Elle est suivie d’un temps ex­pri­mant l’achevé, mais ancré uni­que­ment dans le présent de l’énon­cia­tion : présent ou passé com­po­sé, im­par­fait (présent du passé ) ou plus-que-parfait. Elle in­tro­duit le plus sou­vent une ad­ver­bia­le an­té­po­sée, mais s’uti­li­se aus­si après la prin­ci­pa­le. Quand elle in­tro­duit une ad­ver­bia­le an­té­po­sée, la con­jonction maintenant que a aus­si une assez nette va­leur causale, proche de puis­que. En fin­nois, elle cor­res­pond à nyt kun :

Maintenant que vous avez bien travaillé, il est temps de réclamer vos gains. Main­tenant qu’ils avaient quitté Montréal et qu’elle avait pris place dans l’avion, elle regrettait amèrement d’avoir décidé de partir. On se posait beau­coup la ques­tion de l’utilité d’une montre, maintenant qu’on pouvait lire l’heure sur son télé­pho­ne portable.

Rapport de postériorité

Avant que, avant de

La con­jonc­tion avant que est tou­jours suivie du sub­jonc­tif. On peut uti­li­ser un ne explétif devant le ver­be de la sub­or­don­née. Il est assez fré­quen­t (voir ci-des­sous), mais reste tou­jours facultatif (et dans le fran­çais parlé, on ne l’uti­li­se pra­ti­que­ment pas) :

Il s’est dépêché de rentrer avant qu’on ne découvre son absence. Tu es parti en cla­quant la porte avant que j’aie pu me justifier, com­me d’ha­bi­tu­de ! On s’est fait un nom sur la scène régionale, avant que ça prenne vraiment de l’ampleur il y a une dizaine d’an­nées. S.V.P arrêtez de fumer avant que ça ne vous tue ! [titre d’ar­ti­cle de forum]

Si le su­jet de la sub­or­don­née est le mê­me que celui de la prin­ci­pa­le (co­ré­fé­ren­ce du su­jet), l’uti­li­sa­tion de la cons­truc­­tion in­fi­ni­ti­ve est obli­ga­toi­re ; on l’uti­li­se quasi sys­té­ma­ti­que­ment mê­me dans le fran­çais parlé. On uti­li­se dans ce cas la for­me avant de, suivie de l’in­fi­ni­tif (avant de faire, avant de dire) :

Est-ce que tu peux faire des courses avant de partir à la fac ? Ils n’eurent pas le temps de faire leurs adieux avant de rentrer dans leur pays. Ce com­po­sit­eur est mort avant d’avoir pu achever sa dernière grande symphonie.

Jusqu’à ce que, jusqu’à

Cette con­jonc­tion (fin­nois kunnes) demande éga­le­ment le sub­jonc­tif :

Nous attendrons jusqu’à ce que le temps permette de prendre la mer. En­trai­nez-vous jusqu’à ce que vous soyez satisfait de vos progrès. Les habitants du quar­tier essaient d’empêcher la démoli­tion de leurs maisons jusqu’à ce qu’ils aient pu faire évaluer la valeur de leurs terrains.

Si le su­jet de la sub­or­don­née est le mê­me que celui de la prin­ci­pa­le, l’uti­li­sa­tion de la cons­truc­­tion in­fi­ni­ti­ve (sous la for­me jusqu’à + in­fi­ni­tif) est pos­sible, mais pas obli­ga­toi­re. La cons­truc­­tion jusqu’à + in­fi­ni­tif ne s’uti­li­se en gé­né­ral que dans le code écrit. Elle in­di­que sou­vent l’aboutissement d’un pro­ces­sus long, répétitif ou dif­fi­ci­le, ce qui lui donne parfois une valeur con­sé­cu­ti­ve, « à tel point que », en fin­nois jopa siinä määrin että :

Ils ont travaillé jusqu’à ne plus pouvoir tenir debout. La fillette a dû rejouer la sonate jusqu’à la savoir par cœur. Faites varier les paramètres Gain, Rayon et Seuil jusqu’à être satisfait du résultat. Il était ferme jusqu’à être in­ex­ora­ble.

Cepen­dant, par analogie, on rencontre sou­vent des cas où jusqu’à + in­fi­ni­tif n’a pas cette valeur : 

Ce pro­gram­me offre des subventions à court terme permettant aux cher­cheurs de dé­ve­lop­per leurs recherches jusqu’à pouvoir soumet­tre des pro­po­si­tions. [plutôt : jusqu’à ce qu’ils puissent…] Suivre cette arête sur 200 m jusqu’à pouvoir rejoindre le couloir de droite au niveau d’une large pente de neige [plutôt : jusqu’à ce que vous rejoigniez, il n’y a pas de nuance de con­sé­quen­ce].

La cons­truc­­tion jusqu’à + in­fi­ni­tif s’uti­li­se aus­si dans un au­tre sens, no­tam­ment après le ver­be aller, et peut se paraphraser dans ce cas par « et mê­me », en fin­nois ce serait par ex­em­ple …ja ver­be peräti… :

Elle est fortement impliquée dans la réalisa­tion de ses clips, allant jusqu’à être présente au montage [= étant mê­me] Il alla jusqu’à être nommé conseiller du président [= il a mê­me été nommé]. Le frère de Charles VI fut le don Juan de son époque et alla jusqu’à être l’amant de la reine, sa belle-sœur, Isabeau de Bavière. [= il fut mê­me l’amant de la reine]

En attendant que, le temps que, en attendant de, le temps de

Les locutions conjonctionnelles en attendant que, le temps que demandent le sub­jonc­tif. Elles ajoutent une idée d’attente à l’idée de pos­té­rio­ri­té; en fin­nois, elles cor­res­pon­dent à kunnes. Le temps que est synonyme de en attendant que quand il est en posi­tion d’ad­ver­bia­le post­po­sée :

En attendant que le bateau rentre au port, les passagers prenaient des photos des voiliers qui passaient. Les gens s’étaient mis à l’abri dans les bars, le temps que l’orage soit fini. Vous pouvez demander que le contrat soit sus­pen­du en at­ten­dant que vous achetiez une nouvelle voiture.

En cas de co­ré­fé­ren­ce du su­jet de la prin­ci­pa­le et de la subordonnée, on peut uti­li­ser les con­jonc­tions en attendant de ou le temps de suivies d’un infinitif, mais l’uti­li­sa­tion de la cons­truc­­tion in­fi­ni­tive n’est pas obli­ga­toi­re :

En attendant de débarquer, les passagers prenaient des photos des voiliers qui pas­saient. Les gens s’arrêtaient à l’abri des porches, le temps d’ouvrir leur pa­ra­pluie. On s’est arrêtés en haut de la côte, le temps de reprendre notre souffle.

D’ici que, le temps que, le temps de

Ces deux con­jonc­tions ex­pri­ment la durée et un rapport de postériorité. Elles sont la com­binaison de en attendant que et avant que et sont suivies du sub­jonc­tif. En fin­nois, elles cor­res­pon­dent à kunnes, siihen mennessä kun. La locu­tion le temps que et sa va­rian­te in­fi­ni­tive fa­cul­ta­tive le temps de ont ce sens quand elles sont an­té­po­sées (com­pa­rer avec le point pré­cé­dent)  :

D’ici que vous trouviez la solution, il faudra sans doute beau­coup de temps. Le temps que vous ayez fini de lire cette phra­se, une per­son­ne aura été tuée avec une arme dans le monde. Le temps qu’ils comprennent que nous les avons bernés, nous serons loin  De tou­te façon, d’ici qu’ils aient terminé cette route, nous aurons quitté le quartier. Le temps de com­pren­dre ce qui m’arrivait, je me suis retrouvé dans le fossé.

Dans le fran­çais parlé, la locu­tion d’ici que peut éga­le­ment avoir une valeur con­di­tion­nel­le et ex­pri­mer une hypothèse.

Usage du ne explétif après avant que

Certains considèrent que l’ajout d’un ne explétif devant le ver­be dans une ad­ver­bia­le introduite par avant que ex­pri­me une nuance par­ti­cu­lière (achè­ve­ment, doute etc.). Comme ne explétif s’uti­li­se assez fré­quem­ment après les ver­bes in­di­quant qu’on veut éviter quel­que chose (craindre que, éviter que etc.), on peut ef­fec­ti­vement penser que ne après avant que ajoute la mê­me nuance. Sans ne, le sens serait alors sim­ple­ment tem­po­rel :

Il se dépêche de rentrer avant que la grève du métro ne com­mence.[pour éviter de devoir rentrer à pied ou en taxi] Hän kiirehtii kotiin, ennen kuin metrolakko alkaa [=jotta et jäisi ilman kyytiä metrolakon alkaessa]. Je suis rentré avant que la grève du métro ait com­mencé. Pääsin kotiin, ennen kuin metrolakko alkoi. [ex­pri­me le temps uni­que­ment]

Cepen­dant, ce n’est pas ne explétif en lui-mê­me qui ajoute cette nuance de chose à éviter, c’est l’interpréta­tion du sens gé­né­ral de la phra­se. L’em­ploi de ne explétif après avant que est très flottant et beau­coup l’uti­li­sent probablement par hy­per­cor­rec­tis­me ou par­ce qu’il n’y a pas vraiment de règle univoque à ce su­jet. Dans les ex­em­ples sui­vants relevés sur Internet, ne est pres­que légèrement comique (on veut éviter des choses positives) :

Au moins quand tu peins le plafond, per­son­ne ne marche dessus avant que ça ne soit sec ! J’ai photographié les stars d’Hollywood avant qu’elles ne soient des stars. Tout sera revenu à la nor­ma­le avant que tu n’aies eu le temps de souffler. Toutes les choses faciles sont dif­fi­ci­les avant qu’elles ne soient faciles. Veiller à ne jamais publier des informations confidentielles ou internes via une platefor­me de médias sociaux avant que celles-ci n’aient été rendues publiques.

En résumé, « mê­me si cer­tains usagers sentent des nuances de ce gen­re, elles n’ont au­cun carac­tè­re gé­né­ral. » (Bon usage §1024g)

Le mode de la sub­or­don­née in­tro­duite par après que

Antagonisme entre l’évolu­tion de la langue et la norme

Le mode du ver­be après la con­jonc­tion après que est source de nom­breu­ses in­ter­ro­ga­tions et d’autant d’in­dications contradictoires. La norme héritée du passé se heur­te à l’évolu­tion de la langue moderne, au point que les usagers, à cause d’un sen­ti­ment d’insécurité linguistique, en arrivent à uti­li­ser des for­mes en­co­re plus cri­tiquables que ce que la norme interdit en principe.

La règle du code écrit veut que la con­jonc­tion après que soit suivie d’un in­di­ca­tif. À l’écrit, cela se produit le plus sou­vent dans un énon­cé de récit, au passé simple, et le temps uti­li­sé dans la sub­or­don­née tem­po­rel­le in­tro­duite par après que est nor­ma­le­ment le passé antérieur. Le premier pro­blè­me est que dans la langue moderne, le passé antérieur ne s’uti­li­se pas à l’oral : le récit passé se fait au passé com­po­sé. Or, dans un récit au passé com­po­sé dans la langue cou­rante, on trouve aus­si des cas où le passé com­po­sé mar­que une antériorité (un passé antérieur). Dans ce cas, si on observe strictement la règle selon laquelle on doit uti­li­ser l’in­di­ca­tif après après que, on peut se trouver dans un cas de figure dans lequel des passés com­po­sés ren­voient à des niveaux narratifs dif­fé­rents :

Ils ont économisé pen­dant des années, puis ils se sont enfin décidés à acheter, ils ont trouvé un quartier sympa et ils ont déménagé en mai, et après qu’ils ont acheté leur maison, les prix des terrains ont augmenté.

Le ver­be ils ont acheté leur maison est au passé com­po­sé com­me tous les au­tres ver­bes de ce petit récit ; pour cette raison, l’antériorité qu’il doit ex­pri­mer par rapport à ont augmenté n’est plus assez sensible. C’est pourquoi le fran­çais parlé a trouvé un moyen de faire ressortir l’antériorité en uti­li­sant le sub­jonc­tif passé, sur le modèle de avant que :

Avant qu’ils aient acheté leur maison, les prix des terrains ont augmenté.
Après qu’ils aient acheté leur maison, les prix des terrains ont augmenté.

Formes surcom­po­sées

On trouve mê­me assez couramment des for­mes surcom­po­sées du sub­jonc­tif passé employées après la con­jonc­tion après que :

Le di­rec­teur du magasin était consterné, m’a dit l’inspectrice, et sans mots après qu’ils aient eu fini de faire le tour. Jenn, leur manager, après qu’ils aient eu fini d’enregistrer « Hologram » a dit qu’ils allaient enregistrer une au­tre chanson. Re­tour de ma sortie kayak, c’était, wouah, trop fort ! En plus on a eu trop de chan­ce, il s’est mis à pleuvoir après qu’on ait eu fini !

Solutions de remplacement

L’em­ploi du sub­jonc­tif est parfaitement logique et explicable dans ce cas (im­pos­si­bi­li­té d’uti­li­ser le passé antérieur, exclu du fran­çais parlé), mais il est con­dam­né par les puristes et la gram­mai­re pres­crip­ti­ve. On a plu­sieurs solutions pour évi­ter le sub­jonc­tif dans le code écrit :

a) on peut uti­li­ser le passé surcom­po­sé avec quand ou une fois que / dès que. Cette for­me est ce­pen­dant plutôt du style oral :

Quand ils ont eu acheté leur maison, les prix des terrains ont augmenté.

b) quand le su­jet de la sub­or­don­née est le mê­me que celui de la prin­ci­pa­le, on uti­li­se obli­ga­toi­rement l’in­fi­ni­tif, ce qui règle le pro­blè­me du mode du ver­be. Mais à l’oral, on em­ploie peu les cons­truc­tions avec in­fi­ni­tif passé et quand le su­jet de la sub­or­don­née est le mê­me que celui de la prin­ci­pa­le, on uti­li­se de préférence [quand + pas­sé surcom­po­sé. Cepen­dant, le passé surcom­po­sé n’est pas tou­jours uti­li­sable, parce qu’il in­tro­duit sou­vent une nuance d’abou­tis­sement ou de réussite (et on ne peut pas l’employer avec les ver­bes intransitifs ni avec les ver­bes à pro­nom réfléchi. C’est pourquoi dans le fran­çais parlé on trouve mê­me [après que + sub­jonc­tif] quand le su­jet de la sub­or­don­née ren­voie au mê­me su­jet que celui de la prin­ci­pa­le, auquel cas on devrait nor­ma­le­ment uti­li­ser un in­fi­ni­tif passé (si le su­jet de la sub­or­don­née est dif­fé­rent celui de la prin­ci­pa­le, à l’oral on uti­li­se de tou­te façon exclusivement [après que + sub­jonc­tif]) :

Après que je sois parti, je me suis rappelé que j’avais oublié d’éteindre la cafetière.

Situa­tion du code écrit

À l’écrit, dans la presse ou des documents officiels, cette hantise d’éviter le sub­jonc­tif conduit à des for­mes hybrides, dans lesquelles, après la con­jonc­tion après que, on uti­li­se le passé com­po­sé (qui est de­venu quasiment impos­si­ble dans la langue cou­rante à cause de la prépondérance du sub­jonc­tif passé), ou bien on uti­li­se le passé antérieur, temps du récit, mélangé à des prin­ci­pales au passé com­po­sé ou à d’au­tres temps du dis­cours nor­ma­le­ment incompatibles avec le passé antérieur. Les phra­ses sui­vantes sont des exem­ples qui illustrent ce pro­blè­me et ne sont pas des modèles de cohérence tem­po­rel­le ou dis­cur­si­ve :

Les radios privées sont devenues la bête noire du nouveau parti au pouvoir, no­tam­ment après qu’elles eurent mis en doute la véracité d’un coup. Puis la crainte de l’épuisement des forêts s’est largement répandue après qu’elles eurent été de plus en plus exploitées pour la cons­truc­­tion de bateaux.  Franchement, qui peut argüer avoir cessé d’acheter des cassettes audio et vidéo après qu’elles eurent été soumises à la redevance. La couverture de l’agent de la CIA Valerie Plame est révélée en 2003 après que son époux eut critiqué la politique amé­ri­cai­ne en Irak [présent historique + passé antérieur ! Un restaurant de Clifton Park dans l’État de New York (nord-est) a annoncé avoir ouvert une enquête après qu’un client eut affirmé avoir découvert une tête de serpent dans son assiette de brocolis. Une enquête préliminaire pour homicide involontaire a été ouverte après que « plu­sieurs manquements à la règlementation » eurent été observés, a précisé Philippe Toccanier, le procureur de la République.

Une situa­tion confuse

Au total, on peut dire que la situa­tion est passablement confuse et qu’il règne une véritable incertitude chez les usagers de la langue. Cette situation, qui relève fon­da­men­ta­le­ment du processus de l’hy­per­cor­rec­tis­me, semble engendrer un hy­per­cor­rec­tis­me nouveau, puis­qu’on a relevé (juillet 2021) plus de 500 occurrences de la suite après que nous eussions (suivie ou non d’un par­ti­ci­pe passé), donc avec un im­par­fait du sub­jonc­tif (ou, avec un par­ti­ci­pe passé, un plus-que-parfait du sub­jonc­tif). Autrement dit, com­me les lo­cu­teurs craignent d’employer le sub­jonc­tif passé après après que, ils veulent le remplacer par un passé antérieur. Comme ils maitrisent mal la mor­pho­lo­gie des ver­bes, ils confondent passé antérieur et sub­jonc­tif plus-que-parfait (c’est là l’hy­per­cor­rec­tis­me). Les puristes veulent à tout prix éviter le sub­jonc­tif et finissent ainsi par l’employer sans s’en rendre comp­te.

L’étu­diant de fran­çais lan­gue étran­gè­re peut retenir les consignes sui­vantes :

a) code écrit :

b) fran­çais parlé (et écrit cou­rant, par exem­ple courriel) : on uti­li­se le sub­jonc­tif pas­sé, mê­me si le su­jet est le mê­me dans la prin­ci­pa­le et la sub­or­don­née.

ISBN 978-951-39-8092-4 © Jyväskylän yliopisto 2020
Page 61. Adverbiales tem­po­rel­les. Dernière mise à jour : 6.8.2021