Guide de grammaire française
pour étudiants finnophones

  Index alphabétique

L’infinitif et
le participe

Formes

Conjugaison

Forme négative

Emploi de l’infinitif

Les périphrases verbales

Être en train de + infinitif

Être sur le point de + infinitif

Aller + infinitif

Venir de + infinitif

Forme simple et forme
composée du participe passé

Le participe présent utilisé
comme adjectif ou nom

Généralités

 Dans la grammaire fran­çaise, on considère l’in­fi­ni­tif (infinitiivi) et le par­ti­ci­pe (par­ti­siip­pi) com­me des mo­des (modus, tapaluokka) verbaux, con­trai­re­ment finnois, où ils sont con­si­dé­rés com­me des éléments du grou­pe no­mi­nal (noms ou adjectifs). En fran­çais, l’in­fi­ni­tif et le par­ti­ci­pe sont en principe invariables, mais ils ont un temps (aikamuoto) présent et passé, et peu­vent « se con­ju­guer » en changeant de personne, par exem­ple dans le cas des ver­bes à pro­nom ré­flé­chi. De plus, le par­ti­ci­pe passé peut s’ac­cor­der en gen­re et en nom­bre.

L’in­fi­ni­tif et le par­ti­ci­pe sont d’un em­ploi très souple. L’infinitif s’uti­li­se com­me com­plé­ment ou sujet d’un ver­be, mais aus­si de façon « in­dé­pen­dan­te » com­me nom, en posi­tion détachée  et com­me for­me d’impé­ratif.

Le par­ti­ci­pe passé est uti­li­sé dans la forma­tion des temps com­po­sés des ver­bes (pas­sé com­po­sé, plus-que parfait, fu­tur antérieur etc.), et il est donc utilisé très souvent. Le par­ti­cipe présent, au contraire, est uti­li­sé de préférence dans le code écrit. Il est donc moins fré­quent que le par­ti­ci­pe passé, mais on l’em­ploie tout à fait cou­ram­ment à l’écrit. Le par­ti­ci­pe présent ou passé peut rem­pla­cer des pro­po­si­tions sub­or­don­nées ad­verbiales.

Le par­ti­ci­pe passé uti­li­sé pour la forma­tion des temps com­po­sés (temps du pas­sé, passif) peut, selon les cas, s’ac­corder en gen­re et en nombre avec le sujet ou le com­plé­ment direct du ver­be. En règle générale, quand l’auxi­liai­re est avoir, le par­ti­ci­pe ne s’ac­cor­de pas, et quand l’au­xi­liai­re est être, il s’ac­cor­de. Mais il y a beau­coup de cas par­ti­cu­liers, voir l’ac­cor­d du par­ti­ci­pe pas­sé.

Le par­ti­ci­pe présent ou passé for­me com­po­sée sert aus­si à for­mer le gérondif (pré sent ou passé).

Formes

L’infinitif est traditionnellement considéré comme la for­me de base du ver­be et c’est celle qui est est donnée com­me en­trée (hakusana) dans les dictionnaires quand on présente un ver­be. Il n’y a donc pas à mémoriser de for­me par­ti­cu­lière.

Le par­ti­ci­pe présent se for­me sur la base de la personne 4 de l’in­di­ca­tif présent :

marchons → marchant, rougissons → rougissant, rompons → rompant, men­tons → mentant, paraissons → paraissant, craignons → craignant, traduisons → traduisant etc.

Les exceptions sont rares, il n’y en a que trois :

être → étant, avoir → ayant, savoir → sachant

Le par­ti­ci­pe passé est la for­me ver­bale simple for­mée ha­bi­tu­el­le­ment sur la base du passé simple (qui diffère parfois de celle du présent). Les for­mes du par­ti­ci­pe passé va­rient selon les con­ju­gai­sons  :

   1e con­ju­gai­son : terminaison é ;
   2e con­ju­gai­son : terminaison i ;
   3e con­ju­gai­son : terminaisons vocaliques (-i, -u) ou consonantiques (-s, ‑t).

Exactement com­me en finnois (ou en anglais, suédois etc.) le par­ti­ci­pe passé est utilisé pour for­mer les temps com­po­sés (liittomuoto) des ver­bes (passé com­po­sé, futur antérieur, plus-que-parfait etc.).

Con­ju­gai­son

L’in­fi­ni­tif et le par­ti­ci­pe présent sont des for­mes invariables, qui ne prennent pas de mar­que de gen­re ou de nombre. Mais chacun des deux peut se conjuguer, et dans cette con­ju­gai­son, on peut uti­li­ser des mar­ques de personne et de gen­re ou de nombre :

Infinitif passé et par­ti­ci­pe passé for­me com­po­sée

L’in­fi­ni­tif passé se for­me avec l’in­fi­ni­tif présent de l’au­xi­liai­re et le par­ti­ci­pe pas­sé, et, de la mê­me ma­niè­re, le par­ti­ci­pe passé for­me com­po­sée se for­me avec le par­ti­ci­pe présent de l’au­xi­liai­re et le par­ti­ci­pe passé  :

marcher → avoir marché / ayant marché
jouer → avoir joué / ayant joué
avoir → avoir eu / ayant eu
être → avoir été / ayant été
appeler → avoir appelé / ayant appelé
rougir → avoir rougi / ayant rougi
mentir → avoir menti / ayant menti
rendre → avoir rendu / ayant rendu
com­pren­dre → avoir compris / ayant compris
met­tre → avoir mis / ayant mis etc.

Certains ver­bes intransitifs se conjuguent avec l’au­xi­liai­re être :

sortir → être sorti / étant sorti
entrer → être entré / étant entré
naitre → être né / étant né

Au passif, on uti­li­se le passif de l’au­xi­liai­re et le par­ti­cipe passé :

être imité / étant imité → avoir été imité / ayant été imité.
être suivi / étant suivi → avoir été suivi / ayant été suivi
être observé / étant observé → avoir été observé / ayant été observé.
être compris / étant compris → avoir été compris / ayant été compris
être évité / étant évité → avoir été évité / ayant été évité.
être appris / étant appris → avoir été appris / ayant été appris

Le par­ti­ci­pe de l’in­fi­ni­tif passé peut s’ac­cor­der en gen­re et en nombre :

pour être partie trop tard / étant partie trop tard après avoir été découvertes / ayant été découvertes faute d’avoir été observées / n’ayant pas été observées sans avoir été écoutés / n’ayant pas été écoutés pour avoir été apprises trop vite / ayant été apprises trop vite

Remar­que : atten­tion à ne pas confondre les par­ti­ci­pes passés for­mes com­po­sées de certains ver­bes intransitifs avec les par­ti­cipes présents passifs des ver­bes transitifs : étant parti (for­me com­po­sée du par­ti­ci­pe passé) vs étant imité (par­ti­ci­pe présent passif). Dans cer­tains cas, une mê­me for­me peut avoir deux valeurs :

étant sorti
a) présent passif de sortir « viedä ulos »
b)
par­ti­ci­pe passé for­me com­po­sée de sortir « mennä ulos »

Verbes à pro­nom réfléchi

Dans le cas des ver­bes à pro­nom réfléchi, le pro­nom varie en fonc­tion de la per­son­ne et, au passé, le par­ti­ci­pe passé s’ac­cor­de éven­tu­el­le­ment en gen­re et en nombre. C’est là qu’on voit le plus net­te­ment que l’in­fi­ni­tif et le par­ti­ci­pe se conjuguent :

se lever
m’être levée, t’être levée, s’être levée, nous être levées
m’étant levée, t’étant levée, s’étant levée, nous étant levées etc.

s’habiller
m’être habillée, t’être habillée, vous être habillées, s’être habillées
m’étant habillée, t’étant habillée, vous étant habillées, s’étant habillées etc.

se demander (qch)
m’être demandé, t’être demandé, s’être demandé, nous être demandé
m’étant demandé, t’étant demandé, s’étant demandé, nous étant demandé etc.

se regarder → vous être regardés / vous étant regardés
se téléphoner → après nous être téléphoné / nous étant téléphoné.
s’endormir → après vous être endormies / vous étant endormies
se lever → après m’être levé / m’étant levée
se consulter → avant de nous être consultés / nous étant consultés
s’enfuir → après s’être enfuies / s’étant enfuies
se tromper → pour vous être trompées de date / vous étant trompées de date
se rendre compte → après m’en être rendu compte / m’en étant rendu compte

Remar­que : cette par­ti­cu­larité est source d’er­reurs fré­quen­tes chez les ap­pre­nants fin­no­pho­nes (et au­tres ap­pre­nants de fran­çais lan­gue étran­gè­re), qui semblent sou­vent con­si­dé­rer que le ver­be à pro­nom réfléchi se « conjugue » tou­jours avec le pro­nom de personne 3/6 se. Ex­em­ples de for­mes erronées : Après *s’être levée, je suis sortie. → Après m’être levée, je suis sortie, Après *s’être arrêtés, nous avons continué le voyage. → Après nous être arrêtés… etc.

Infinitif et participe à la for­me né­ga­ti­ve

Forme simple et for­me com­po­sée

L’in­fi­ni­tif et le par­ti­ci­pe peu­vent aus­si se met­tre à la for­me né­ga­ti­ve. À l’in­fi­ni­tif pré­sent, le grou­pe ne…pas (ou ne…plus etc.) est soudé (ne pas, ne plus etc.) et se place devant l’in­fi­ni­tif, mais au par­ti­ci­pe, on observe l’ordre des mots normal de la né­ga­tion, ne précède l’auxiliaire, et le mot né­ga­ti­f le suit :

accepter → ne pas accepter / n’acceptant pas
refuser → ne pas refuser / ne refusant pas
remar­quer → ne plus remar­quer / ne remar­quant plus
dire → ne jamais dire  / ne disant jamais
accepter → ne pas en­co­re accepter / n’acceptant pas en­co­re
ajouter le sucre → ne pas en­co­re ajouter le sucre / n’ajoutant pas en­co­re le sucre

Cepen­dant, l’ad­ver­be nulle part se place après l’in­fi­ni­tif :

Ne stationner nulle part où il y a danger d’avalanche. Il ne court pas de place en place pour se montrer partout et ne rester nulle part.

On peut aus­si for­mer des in­fi­ni­tifs passés (actifs, passifs ou à pro­nom réfléchi) à la for­me né­ga­ti­ve. Aux temps com­po­sés, on met en principe le deuxième mot né­ga­ti­f après l’au­xi­liai­re, con­trai­re­ment au pré­sent de l’in­fi­ni­tif (où ne pas se met soudé avant le ver­be) :

n’avoir pas compris  n’avoir jamais ri pour n’être jamais allé en Italie koska hän ei ollut koskaan käynyt Italiassa

L’usage est ce­pen­dant un peu flottant, car la langue moderne cou­rante préfère met­tre les deux mots né­ga­tifs devant l’in­fi­ni­tif. Le plus simple est donc de met­tre ne pas, ne jamais etc. tou­jours groupé devant l’in­fi­ni­tif, au présent com­me au passé (sauf dans le cas de nulle part, qui se place tou­jours après le ver­be), mê­me si on rencontre de nom­breux cas dans le code écrit où ces mots se placent de part et d’au­tre du ver­be ou de l’au­xi­liai­re.

Mais à la for­me com­po­sée du par­ti­ci­pe passé, on uti­li­se l’ordre normal des mots né­ga­ti­fs :

com­pren­dre : ne pas avoir compris cette réalité / n’ayant pas compris cette réalité
s’enfuir : ne pas s’être enfuis / ne pas s’étant pas enfuis
se scandaliser : ne pas s’être scandalisée / ne s’étant pas scandalisée
accepter : ne pas en­co­re avoir accepté / n’ayant pas en­co­re accepté
sortir : ne pas être sorties / n’étant pas sorties
se moquer : ne pas s’être moquées / ne s’étant pas moquées
s’en aller : ne pas s’en être allés / ne s’en étant pas allés
ne rester nulle part / ne restant nulle part
n’être resté nulle part / n’étant resté nulle part
pour n’être jamais allées en Italie / n’étant jamais allées en Italie

N’ayant pas pu trouver de pharmacie ouverte le dimanche après-midi, elle a dû aller aux urgences. Les jeunes ayant travaillé quel­ques années et ayant terminé leurs droits aux ASSEDIC n’ont pas droit au RMI, alors qu’un jeune ayant fait de longues études mais n’ayant jamais travaillé peut y avoir droit dès la sortie de l’université.

Au passif

Au passif, on applique les mê­mes règles :

être compris / étant compris → ne pas être compris / n’étant pas compris
être observé / étant observé → ne pas être observé / n’étant pas observé

Aux for­mes passées (com­po­sées), il y a donc trois éléments verbaux :

avoir été compris / ayant été compris → ne pas avoir été compris / n’ayant pas été compris
avoir été observé / ayant été observé → ne pas avoir été observé / n’ayant pas été observé

Exemple de conjugaison de l’infinitif

La « con­ju­gai­son » de l’in­fi­ni­tif est illustrée par cette liste de conditions requises pour le don du sang figurant sur le site Internet d’une commune fran­çaise :

Être âgé de 18 ans à 60 ans
être en bonne santé
peser au moins 50 kg
ne pas avoir subi de soins dentaires (extraction, détartrage etc.) au cours des 3 derniers jours
ne pas avoir subi une opéra­tion chirurgicale ou une endoscopie dans les 6 derniers mois
ne pas présenter actuellement une infec­tion aigüe
ne pas prendre des antibiotiques
ne pas être revenu d’un pays tropical (zone de paludisme) depuis moins de 4 mois
ne pas avoir d’anémie ou prendre du fer
ne pas avoir été transfusé, mê­me il y a longtemps
ne pas avoir subi de greffe de cornée ni de dure-mère
ne pas avoir dans sa famille de personne souffrant de la maladie de Kreutzfeld-Jakob
ne pas avoir reçu un traitement par l’hormone de croissance

Ordre des mots avec les pro­noms in­dé­fi­nis semi-né­ga­ti­fs

Avec les pro­noms in­dé­fi­nis semi-né­ga­ti­fs, l’ordre des mots pose cer­tains pro­blè­mes. Rien se met nor­ma­lement avant l’in­fi­ni­tif (groupé avec ne com­me dans le cas de ne pas), alors que personne, au­cun et nul se placent après l’in­fi­ni­tif ; au par­ti­ci­pe, on observe la règle nor­ma­le :

ne rien révéler / ne révélant rien
ne voir personne / ne voyant personne
ne prendre au­cun rendez-vous / ne prenant au­cun rendez-vous
ne se donner nulle peine / ne se donnant nulle peine

Au passé, à l’infinitif et au par­ti­ci­pe, rien se place entre l’au­xi­liai­re et le par­ti­ci­pe passé, tandis que personne, au­cun et nul se placent après tout le grou­pe in­fi­ni­tif (code écrit et fran­çais parlé)  :

n’avoir rien vu  / n’ayant rien vu
n’avoir rien dit / n’ayant rien dit
n’avoir jamais rien tenté / n’ayant jamais rien tenté
n’avoir vu personne /n’ayant vu personne
n’avoir essayé au­cu­ne au­tre solu­tion / n’ayant essayé au­cu­ne au­tre solu­tion
n’être tombé sur au­cu­ne er­reur / n’étant tombé sur au­cu­ne er­reur

Emploi de l’infinitif

Noyau ver­bal d’une pro­po­si­tion

L’in­fi­ni­tif peut être utilisé comme noyau ver­bal d’une proposition com­plé­ti­ve sujet, attribut ou com­plé­ment d’une au­tre pro­po­si­tion. Dans ce cas, il est en général pré­cé­dé de la con­jonc­tion de :

Nos voisins ont décidé de déménager. Il est normal de s’inquiéter un peu de l’a­ve­nir de ses enfants. Il devient de plus en plus difficile d’ache­ter un ap­par­te­ment à Paris. Ça serait sympa de sortir ensemble un de ces soirs.

sauf dans cer­tai­nes constructions : complétive sujet antéposé au ver­be de la prin­ci­pa­le (a) com­plé­ti­ve com­plé­ment de ver­bes de perception (b), ou com­plé­ti­ve com­plé­ment de ver­bes déclaratifs (c) :

(a) Ne pas assez dormir nuit à la santé.
(b) J’entends les enfants se disputer.
(c) Nous estimons ne pas avoir à vous répondre.

L’infinitif peut aus­si for­mer une sub­or­don­née ad­ver­bia­le :

Faute d’avoir réservé à temps, nous avons dû payer le prix fort. Après avoir obtenu son bac, elle a passé un an en Inde. Il est parti dans sa maison de campagne afin d’être plus tranquille pour terminer son livre. Après avoir obtenu des crédits sup­plé­men­tai­res, la bibliothèque a pu acheter de nouveaux ordinateurs.

Dans le fran­çais parlé, on peut uti­li­ser l’in­fi­ni­tif seul en posi­tion détachée en tête de phrase, au­tre­ment dit en prolepse, avec disloca­tion à gauche. Il est aus­si sou­vent uti­li­sé en posi­tion de rappel, par disloca­tion à droite. Il est alors sys­té­ma­ti­que­ment pré­cé­dé de la con­jonc­tion de :

Annuler, c’est impos­si­ble maintenant. Ça te dirait, de partir dès demain ? Mais jça m’intéresse pas, moi, de partir trois mois au bout du monde !

L’in­fi­ni­tif employé com­me nom

En fran­çais, l’in­fi­ni­tif est parfois uti­li­sé com­me un nom. Il est alors sans gen­re gram­ma­ti­cal. Dans cet em­ploi, il cor­res­pond à l’in­fi­ni­tif finnois en -minen. La plu­part du temps, les in­fi­ni­tifs uti­li­sés com­me noms sont ce­pen­dant devenus des noms à part entière, qui ne sont plus sentis com­me des in­fi­ni­tifs :

le rire, le souvenir, le souper, le devenir ( = l’évolution), le lever du soleil, le boire et le manger etc.

D’au­tres in­fi­ni­tifs no­mi­nalisés ne peu­vent s’employer que dans cer­tains contextes ou dans un em­ploi figé, par exem­ple l’ex­pres­sion le sortir de / au sortir de, où sortir est synonyme de sortie :

Malgré tout, quels sont les nouveaux rapports de force au sortir de la guerre ? [ = à la sortie] Sa Troisième symphonie à l’héroïsme triomphant mar­que le sortir de la crise de 1802. [ = la sortie]

En fran­çais moderne, on uti­li­se typiquement l’in­fi­ni­tif no­mi­nalisé dans le dis­cours de type phi­lo­so­phi­que :

le non croire, le renaitre Exposé sur La mort et le mourir chez Montaigne [Dans la langue cou­rante, on dirait le fait de ne pas croire, le fait de renaitre etc.]

L’in­fi­ni­tif employé com­me impératif

En fran­çais, l’in­fi­ni­tif est couramment uti­li­sé com­me impératif pour donner des ins­truc­tions ou, à la for­me né­ga­ti­ve, des in­ter­dic­tions diverses. À la for­me af­fir­ma­ti­ve, il cor­res­pon­d en finnois au passiivi à valeur prescriptive, tandis qu’à la for­me né­ga­ti­ve, il se rend sou­vent en finnois par ei saa + in­fi­ni­tif ou gn+ kielletty :

Danger : ne pas manier l’équipement ou les câbles pen­dant les périodes d’activité orageuse Ne pas parler au conducteur pen­dant la marche. Ne pas se pencher de­hors, s’appuyer contre les portes ou s’assoir le long du pare-brise [règlement d’une compagnie de transports] Dimanche 28 décembre, dans le sens des re­tours, éviter les grands axes (A11, A10, A71, A13, A6) convergeant vers Paris de 15 à 20 heures [conseils de Bison futé] Service minimum dans les transports : ne pas toucher à la loi de 2007, dit le rapport de la mission de l’Assemblée nationale. Ne pas abuser de quel­que au singulier !

Il est utilisé par ex­em­ple dans des textes sur des emballages d’aliments, de mé­di­ca­ments ou d’au­tres modes d’em­ploi, et no­tam­ment sou­vent dans des recettes de cuisine (en finnois, on uti­li­se en général l’impératif ou le passiivi)  :

Bien agiter avant usage Ne pas dépasser la dose prescrite Ne pas laisser à la portée des en­fants Lire les précautions d’em­ploi Conserver au frais après ouverture Ne pas recongeler Bien mélanger la pâte, puis la placer une heure au réfrigérateur.

Recette de terrine de saumon :

Faire chauffer le lait et le verser sur le pain pour en faire une panade.
Dans un mixer : met­tre les filets de merlan, la panade, le beurre et mixer.
Ajouter le jaune d’œuf, les deux œufs entiers et mixer à nouveau.
Ajouter la crème fraiche, le poivre et la muscade.
Beurrer un moule à cake ou une terrine.
Tapisser le fond du moule de saumon fumé.
Verser la moitié de la pré­pa­ra­tion pré­cé­dente, déposer les filets de sole préa­la­ble­ment passés à la poêle, puis recouvrir avec le reste de pré­pa­ration.
Faire cuire une heure au bain-marie.
Laisser au réfrigérateur jusqu’au lendemain.

Ordre des mots à l’infinitif impératif

Le pro­nom com­plé­ment d’un in­fi­ni­tif à valeur d’impératif se place devant l’in­fi­ni­tif, mê­me à la for­me affirmative. Il ne suit donc pas les règles par­ti­cu­lières concernant la place des pro­noms à l’impératif af­fir­ma­tif :

Faire revenir les noix de saint Jacques sur feu vif.  Les retourner avec une spatule.
Travailler la pâte avec une spatule. La laisser reposer une heure au réfrigérateur.

Couper les fanes des carottes et en réserver la moitié.
Mettre les lentilles dans une casserole d’eau froide et les faire cuire 40 min avec le thym et le laurier. 
Lorsqu’elles sont cuites mais en­co­re croquantes, les mélanger à la vinaigrette. 

Avec un impératif conjugué, les for­mes en italiques seraient respectivement :

Faites revenir les noix de saint Jacques sur feu vif. Retournez-les avec une spatule.
Travaillez la pâte avec une spatule. Laissez-la reposer une heure au réfrigérateur.

Coupez les fanes des carottes et réservez-en la moitié.
Mettez les lentilles dans une casserole d’eau froide et faites-les cuire 40 min avec le thym et le laurier. 
Lorsqu’elles sont cuites mais en­co­re croquantes, mélangez-les à la vinaigrette.

Les périphrases ver­bales

Avec un ver­be ou une construction pré­po­si­tion­nelle suivis de l’infinitif, on peut for­mer des périphrases ver­bales, très employées dans la langue de tous les jours.

Être en train de + infinitif

Cette périphrase ver­bale ex­pri­me qu’une action est en cours et n’est pas terminée. Elle peut cor­res­pon­dre par ex­em­ple au finnois olla + infinitif en -mA à l’inessiivi, olla tekemässä, olla katsomassa. Plus fré­quem­ment, quand en finnois le ver­be a un com­plé­ment direct (finnois objekti) l’idée que l’action du ver­be n’est pas achevée est exprimée par l’utilisation du par­ti­tii­vi :

Je suis en train de lire un nouveau roman absolument passionnant. Où est Papa ? – Il est en train de laver la voiture.

On qualifie parfois la périphrase être en train de + infinitif de « présent progressif » (comme en anglais). Mais le fran­çais n’ac­cor­de pas une très grande importance à cet aspect. L’utilisation de la périphrase en train de + infinitif n’est pas obli­ga­toi­re ni systématique, à la place on uti­li­se sou­vent simplement le présent ou bien un adver­be comme actuellement, en ce moment :

Où est Maman ? – Elle gare la voiture. Mes amis vont aller en Islande et en ce moment ils apprennent l’islandais.

Les constructions olla + -mAssA se traduisent en fran­çais par un présent simple ou par d’au­tres périphrases ver­bales :

Missä viivyt? – Olen tulossa! Mais qu’est-ce que tu fais ? – J’arrive ! He ovat eroa­mas­sa. Ils sont sur le point de divorcer. Olin juuri sanomassa, että konsertti on peruutettu. J’allais justement dire que le concert est annulé.

Être sur le point de + infinitif

Cette périphrase ex­pri­me qu’une action est presque en train de se réaliser ou qu’elle se réalisera dans très peu de temps :

Nous sommes sur le point de partir en vacances. Ma fille est sur le point de ter­mi­ner ses études.

On l’uti­li­se assez sou­vent à l’im­par­fait pour indiquer une action qui a été in­ter­rom­pue :

On était sur le point de sortir quand il a commencé à pleuvoir.

Aller + infinitif

Le ver­be aller suivi d’un infinitif sert à for­mer une périphrase qui ex­pri­me une in­ten­tion, un projet :

Cet été, je vais aller en France. Tu n’as pas compris ? Alors je vais t’expliquer.

Cette périphrase sert aus­si à ex­pri­mer un évènement im­mé­diat, très proche dans le futur :

Dépêchez-vous, l’embarquement va commencer ! Attention, tu vas tomber !

Dans la ter­mi­no­lo­gie grammaticale traditionnelle, on appelle la périphrase aller + infinitif « futur proche ». Cette appellation est doublement trompeuse, car quand la périphrase ex­pri­me le futur, c’est un futur très proche, quasi im­mé­diat. D’au­tre part, le plus sou­vent, aller + infinitif ex­pri­me une intention (dont la réalisation, par dé­fi­nition, se situe évi­dem­ment dans l’avenir). La phrase

Qu’est-ce que tu vas faire ce soir ?

si­gni­fie en substance « est-ce que tu as décidé ce que tu vas faire ce soir ? ». Si on voulait ex­pri­mer le futur, on uti­li­serait simplement le présent, qui est le temps le plus fré­quen­t en fran­çais pour indiquer une action située dans l’avenir :

Qu’est-ce que tu fais ce soir ?

Il faut donc éviter de présenter la périphrase aller + infinitif comme une sorte de futur « facile » qui permet de remplacer le futur en -r. Fondamentalement, aller + infinitif n’ex­pri­me pas le futur. Com­pa­rer :

Je vais en France cet été. (futur)
Je vais aller en France cet été. (intention)

Venir de + infinitif

La périphrase for­mée de venir de + infinitif ex­pri­me une action qui s’est achevée récemment. Pour cette raison, dans la ter­mi­no­lo­gie gram­maticale tra­ditionnelle, on l’appelle sou­vent « passé récent », mais, con­trai­re­ment au pas­sé sim­ple ou au pas­sé an­té­rieur, ce n’est pas à proprement parler un temps de la conjugaison. En finnois, la mê­me idée est exprimée par l’adver­be juuri utilisé avec un perfekti (quand venir est au présent) ou un pluskvamperfekti (quand venir est à l’im­par­fait) :

Le dernier train de la journée vient de partir (viimeinen juna on juuri lähtenyt), pas de chance ! Nous venions justement de rentrer (olimme juuri palanneet) de pro­me­na­de quand nous avons appris la naissance de notre petite-fille.

On peut aus­si ex­pri­mer cette idée par des adver­bes comme à l’instant :

J’ai terminé le livre à l’instant.
Nous sommes rentrés à l’instant.

Forme simple et for­me com­po­sée du par­ti­ci­pe passé

Le par­ti­ci­pe passé for­me simple

Dans sa for­me simple chanté, écrit, vu, donné, noirci, attendu etc., le par­ti­ci­pe passé d’un ver­be transitif direct (se construisant avec com­plé­ment de ver­be direct) a tou­jours une valeur pas­si­ve :

chanté laulettu écrit kirjoitettu vérifié tarkistettu exclu poissuljettu les per­son­nes in­vitées kutsutut henkilöt mal compris väärin ymmärretty tout com­pris kaikki mukaanluettu

En revanche, le par­ti­ci­pe passé d’un ver­be in­tran­sitif a un sens « actif », com­me en finnois :

revenu palannut, parti lähtenyt, tombé pudonnut, disparus kadonneet etc.

Pour traduire des for­mes actives com­me pitkään laulanut ou ranskaa opiskellut, il faut uti­li­ser la for­me com­po­sée du par­ti­ci­pe, ayant longtemps chanté, ayant étudié le français (voir ci-des­sous).

Participe passé passif vs adjectif

De nom­breux par­ti­ci­pes passés s’em­ploient com­me adjectifs : surpris, énervé, étonné, déçu etc. Un participe peut donc être un élément d'une forme verbale ou un adjectif. Comparer :

Les cyclistes étaient énervés par le bruit des camions qui passaient tout près. [imparfait passif de énerver]
Les cyclistes étaient énervés à cause des spectateurs qui se pressaient sur le bord de la route. [ad­jec­tif énervé]

Les randonneurs avaient été surpris par la pluie et avaient dû se réfugier sous un rocher. [plus-que-parfait pas­sif du verbe surprendre]
Les randonneurs avaient été surpris de découvrir des moutons à cette altitude élevée. [ad­jec­tif]

Ces dif­fé­ren­ces sont en général faciles à identifier, mais cer­tai­nes ex­pres­sions idiomatiques peu­vent poser plus de pro­blè­mes :

adjectif
J’aimerais bien m’acheter ce portable, mais vraiment, ce n’est pas donné !
[la locu­tion si­gni­fie : se maksaa melkoisesti]
passif
Ce n’est pas donné à tout le monde de savoir faire la cuisine com­me ça.
[passif impersonnel de donner].

passif
Mademoiselle Victoire a été bien fatiguée par une vilaine angine, mais sa for­me olympique revient à grand pas.
adjectif
Gersande, qui a été bien fatiguée deux jours avant, a participé à la journée avec sa bonne humeur ha­bi­tu­el­le et a gouté à la joie de revoir ses cousines ! [voir le sens de bien].

Valeur tem­po­rel­le

La mê­me différence se retrouve dans l’interpréta­tion de la valeur tem­po­relle du pas­sif, surtout dans l’opposi­tion entre présent et passé. La distinction en­tre être + par­ti­ci­pe passé et être + adjectif peut parfois être floue. Dans l’exem­ple sui­vant, interdit est un ad­jec­tif :

Le port d’arme est interdit. Aseen kantaminen on kielletty [nykyään].

Avec un temps com­po­sé, il peut y avoir con­fu­sion, car le temps com­po­sé (par exem­ple passé com­posé ou plus-que-parfait) peut avoir deux valeurs : évènement passé (ver­be passif) ou état passé (ver­be être + ad­jec­tif). Comparer :

La vente des pétards a été autorisée. Paukkupommien myynti sallittiin [esim. eilen].
La vente des pétards a été autorisée. Paukkupommien myynti on ollut sallittu [mutta on nykyään kielletty].

Dans la plupart des cas, le contexte permet de trancher, car il y a un com­plé­ment de phrase qui précise le sens : 

La France est divisée [présent] en départements. Ranska on jaettu departementteihin.
La France a été divisée [passé com­po­sé passif] en départements à la Révolution. Ranska jaettiin departementteihin vallankumouksen aikana.

La dif­fé­ren­ce est parfois moins facile à saisir avec cer­tains adjectifs :

Le crime était prémédité. Murha oli harkittu. adjectif.
Le crime avait été prémédité. Murha oli ollut harkittu. adjectif.
Le crime avait été prémédité depuis longtemps. Murhaa oli kauan harkittu. cons­truc­­tion pas­si­ve

Le par­ti­ci­pe passé for­me com­po­sée

Le par­ti­ci­pe passé for­me simple est un adjectif. Le par­ti­ci­pe passé for­me com­po­sée est une for­me ver­bale et un temps ver­bal : c’est en quel­que sorte le « passé com­po­sé » du par­ti­ci­pe. Il se for­me et se conjugue avec le par­ti­ci­pe présent de l’au­xi­liai­re (avoir ou être) et le par­ti­ci­pe passé du ver­be.

La for­me com­po­sée du par­ti­ci­pe passé s’em­ploie prin­ci­pa­lement pour ex­pri­mer le passé du par­ti­ci­pe d’un ver­be transitif actif. En effet, com­me le par­ti­ci­pe passé d’un ver­be transitif direct a tou­jours un sens passif (chanté = laulettu, voir ci-des­sus), la for­me com­po­sée fournit le moyen for­mer un par­ti­ci­pe de sens passé ayant une va­leur active, qui peut être employé par exem­ple dans les pro­po­si­tions par­ti­ci­pia­les :

chanté = laulettu
ayant chanté = laulanut

On peut également uti­li­ser une for­me com­po­sée quand le ver­be est au passif, , mais elle a le mê­me sens que la fo­rme simple (chanté = ayant été chanté), et le plus sou­vent on uti­li­se la for­me simple. On obtient donc les cor­res­pon­dances sui­vantes entre le finnois et le fran­çais :

Verbes transitifs
chanté ou ayant été chanté laulettu ~ ayant chanté laulanut
vu ou ayant été vu nähty ~ ayant vu nähnyt
compris ou ayant été compris ymmärretty ~ ayant compris ymmärtänyt
 refusé ou ayant été refusé hylätty ~ ayant refusé hylännyt

Verbes intransitifs
parti ou étant parti lähtenyt
tombé ou étant tombé pudonnut

Le par­ti­ci­pe passé for­me com­po­sée permet d’uti­li­ser par exem­ple des ad­ver­bes né­ga­tifs ou des pro­noms avec le ver­be, ce qui serait impos­si­ble avec la for­me simple (qui se comporte com­me un adjectif) :

Ayant rapidement gagné en popularité cette année après avoir été révélée par un magazine, la chanteuse se retrouve en première posi­tion dans les palmarès. Les ayant finalement retrouvées, il mit ses lunettes sur le siège… et s’assit dessus. Ayant enfin pu leur téléphoner, nous avons prévenu nos parents de notre retard. M’étant longuement demandé ce qui avait motivé sa réaction, j’en conclus qu’il devait être un peu jaloux. N’ayant pas pu me libérer, j’ai dû renoncer à aller à ce colloque.

Le par­ti­ci­pe passé for­me simple (donc de sens passif ou intransitif) uti­li­sé dans une pro­po­si­­tion par­ti­ci­pia­le peut ce­pen­dant être modifié par un ad­ver­be, com­me tous les adjectifs :

Bien respectées, ces quel­ques règles vous permettront de com­pren­dre l’essentiel. Mal réveillé, l’étudiant ne comprenait rien à ce que le professeur disait. Ar­ri­vés tard, nous n’avons plus trouvé de restaurant ouvert. Respectées scru­pu­leu­se­ment, ces instructions donnent un résultat garanti.

Forme com­po­sée obli­ga­toi­re au passé

Uti­li­sé dans une sub­or­don­née participiale, le par­ti­ci­pe passé for­me simple (c’est-à-dire le par­ti­ci­pe passé d’un ver­be intransitif com­me revenu, ou le par­ti­ci­pe passé d’un ver­be transitif uti­li­sé au passif com­me exa­mi­né) ne peut pas se met­tre seul à la for­me né­ga­ti­ve ; il faut dans ce cas uti­li­ser la for­me com­po­sée. Com­parer :

Les vacanciers partis, le village était redevenu silencieux.
Les vacanciers n’étant pas partis, l’anima­tion régnait en­co­re.

Ses malheurs oubliés, il com­mençait à re­pren­dre gout à la vie.
Ses malheurs n’étant pas oubliés (par­ti­ci­pe présent passif), il avait du mal à re­pren­dre gout à la vie.

Sa thèse terminée, il put enfin se consacrer à au­tre chose.
Sa thèse n’étant pas terminée, il était de plus en plus stressé.

 Règles orthogra­phi­ques : dans cer­tains cas, le par­ti­ci­pe présent a une for­me écrite dif­fé­ren­te selon qu’il est utilisé com­me adjectif ou com­me nom.

 Valeur tem­po­rel­le et concordance des temps : le mode par­ti­ci­pe n’a que deux temps (pré­sent et passé). Si on remplace le par­ti­ci­pe par une for­me conjuguée, il faut faire attention au choix de la for­me ver­bale.

Valeur tem­po­rel­le – concordance des temps

Le mode par­ti­ci­pe n’a que deux temps (présent et passé). Le présent indique que l’ac­tion exprimée par le ver­be au par­ti­ci­pe est simultanée à celle exprimée par le ver­be conjugué prin­ci­pa­l, tandis que le par­ti­ci­pe passé mar­que l’antériorité par rapport à celle-ci. Le par­ti­ci­pe passé est à la for­me com­po­sée quand il s’agit d’un ver­be transitif direct ; s’il s’agit d’un ver­be intransitif ou passif, il peut être à la for­me com­po­sée ou, tout seul, à la for­me simple :

Comme il n’avait [im­par­fait] plus assez de temps pour y aller en métro, il prit un taxi. → N’ayant plus assez de temps pour y aller en métro, il prit un taxi.  Il oublia [passé simple] sa peur et se précipita au secours de son ami. → Oubliant sa peur, il se précipita au secours de son ami.  Quand il eut découvert [passé an­té­ri­eur] la trahison du prince, le roi le fit couvrir de chaines. → Ayant découvert la trahison du prince, le roi le fit couvrir de chaines.  Comme il avait été condamné à une peine de prison, il ne pouvait plus se présenter aux élections. → Ayant été condamné à une peine de prison / Condamné à une peine de prison, il ne pouvait plus se présenter aux élections.

Quand le par­ti­ci­pe a une valeur de futur (futur antérieur) exprimée par le ver­be de la prin­ci­pa­le, on évite d’uti­li­ser la for­me com­po­sée, de sens trop net­te­ment passé (exem­ple c ci-dessous). L’uti­li­sa­tion de la for­me simple, quand elle est pos­si­ble (par exem­ple avec un ver­be intransitif) permet d’éviter ce pro­blè­me (exem­ple b). Si la for­me simple ne peut pas être uti­li­sée, la seule solu­tion est d’uti­li­ser une sub­or­don­née avec con­jonc­tion (d) :

(a) Quand il sera rentré de l’étranger, il pourra s’atteler à son nouveau roman. =
(b) Rentré de l’étranger, il pourra s’atteler à nouveau roman.
(c) ? Étant rentré de l’étranger, il pourra s’atteler à son nouveau roman.
(d) Quand il aura retrouvé son bureau fa­mi­li­er, il pourra s’atteler à son nouveau roman. (et non pas ? Ayant retrouvé son bureau fa­mi­li­er, il pourra …)

Effacement des rapports tem­po­rels

Quand le par­ti­ci­pe remplace une sub­or­don­née re­la­ti­ve ou ad­ver­bia­le, le temps pré­cis de la sub­or­don­née d’origine est « effacé », il n’y a plus que le présent ou le passé. Dans ces exem­ples avec un ver­be au pas­sif, les participes passés passifs démontrée correspondent à des temps différents si on utilise des sub­or­don­nées tem­po­rel­les :

Démontrée par l’expérience, cette théorie aura des conséquences incalculables.
Quand elle aura été démontrée [futur antérieur passif] par l’expérience, cette théo­rie aura des conséquences incalculables. =

Démontrée par l’expérience, cette théorie eut des conséquences incalculables.
Quand elle eut été démontrée [passé antérieur passif] par l’expérience, cette théorie eut des conséquences incalculables.

Si on veut trans­for­mer une cons­truc­­tion participiale en sub­or­don­née re­la­ti­ve ou ad­ver­bia­le, il faut penser à rétablir le temps qui convient :

Les candidats retenus seront avisés par lettre. =
Les candidats qui seront retenus (ou : auront été retenus) seront avisés par let­tre.

N’ayant pas réservé à temps, ils ne purent pas trouver de chambre d’hô­tel. =
Comme ils n’avaient pas réservé à temps, ils ne purent pas trouver de chambre d’hô­tel.

Le par­ti­ci­pe présent uti­li­sé com­me adjectif ou nom

Accord du par­ti­ci­pe adjectif

Tout com­me en finnois, de nom­breux par­ti­ci­pes présents ou passés sont devenus en fran­çais des adjectifs ou des noms.

Le par­ti­ci­pe présent ou passé uti­li­sé com­me adjectif s’ac­cor­de avec le nom auquel il se rap­por­te :

une attitude irritante ärsyttävä asenne un documentaire passionnant kiehtova dokumenttielokuva un roman barbant pitkästyttävä romaani une maison ac­cueil­lan­te viihtyisä koti une lettre ouverte avoin kirje une eau glacée jäinen vesi des spectateurs émus liikuttuneita katsojia les feuilles mortes kuolleet lehdet

Ne pas confondre l’adjectif et le par­ti­ci­pe présent. Le par­ti­ci­pe présent, qui est une for­me ver­bale qui peut avoir un com­plé­ment, reste inva­ria­ble :

des découvertes passionnantes jännittäviä löytöjä
des découvertes passionnant les chercheurs tutkijoita kiehtovia löytöjä

une auberge accueillantevieraan­va­rai­nen majapaikka
une auberge accueillant beaucoup de touristes étrangers maa­seu­tu­hotelli, jossa käy pal­jon ulkomaalaisia vie­rai­ta

Les produits vieillissants doivent être remplacés. Vanhenevat tuotteet on vaihdettava uusiin.
Les produits vieillissant rapidement sont une me­na­ce pour la valeur de nos stocks. Nopeasti vanhetuvat tuotteet ovat uhka varastomme arvolle.

De nom­breux par­ti­ci­pes présents ou passés sont employés com­me noms :

un négociant tukkukauppias des produits un antioxydant le fini viimeistely un brillant briljantti le commandant majuri un com­merçant kauppias

Règles concernant l’orthographe de l’adjectif

Le par­ti­ci­pe présent uti­li­sé comme adjectif a en général la mê­me for­me que quand il est uti­li­sé comme par­ticipe : dépen­dant, attachant, vacillant, brillant etc. Mais quand la base du ver­be se termine ‑c ou en ‑g, le par­ticipe pré­sent ver­bal a la for­me du ver­be conjugué avec u intercalaire (fatiguonsfatiguant, con­vainquonsconvainquant), alors que la for­me adjectif est sans u :

en convainquant vakuuttaen, vakuuttamalla ~ convaincant vakuuttava
en communiquant yhdistäen, yhdistämällä ~ communicant yhteydessä oleva, yhtyvä
en provoquant yllyttäen, yllyttämällä ~ provocant tahallisesti ärsyttävä, yllyttävä
en suffoquant tukehtuen, tukehtumalla ~ suffocant tukahduttava
en vaquant hoitaen, hoitamalla ~ vacant avoin, vapaa
en fatiguant väsyttämällä, väsyttäen ~ fatigant väsyttävä, rasittava
en intriguant kummastuttaen ~ intrigant oudoksuttava, kummastuttava

Remar­que FLE  : cet u intercalaire est uti­li­sé dans la con­ju­gai­son pour maintenir la mê­me for­me gra­phi­que du radical dans tout le paradigme du ver­be (fatiguer, fatigues, fatiguons, fatiguais, fatiguant etc.). Pour la pro­non­cia­tion, il est complètement in­uti­le  : fatiguant et fatigant se pro­non­cent exac­te­ment de la mê­me ma­niè­re, ce qui pro­vo­que de nom­breu­ses er­reurs (des « fautes d’orthographe ») chez les francophones.

D’au­tres adjectifs ont une for­me en ‑ent (ce sont des mots dérivés de par­ti­ci­pes latins en ‑ens), qui se pro­non­ce comme le par­ti­ci­pe, mais qu’il ne faut pas con­fon­dre avec celui-ci :

négligeant laiminlyöden ~ négligent huolimaton
pré­cé­dant edeltäen ~ pré­cé­dent edellinen
divergeant eroten ~ divergent erilainen
émergeant nousten pinnalle ~ émergent uusi etc.

Remar­que FLE  : dans ce cas éga­le­ment, de nom­breux fran­co­pho­nes ne comprennent pas ces règles ou ces dif­fé­ren­ces, et on trouve de très nom­breux cas d’er­reurs.

Règles concernant l’orthographe du nom

Comme dans le cas des par­ti­ci­pes présents uti­li­sés comme adjectifs, il exis­te quel­ques par­ti­ci­pes présents employés comme noms for­més sur un ver­be dont le radical est en ‑c ou en ‑g et dont la graphie est dif­fé­ren­te de la for­me ver­bale :

en fabriquant valmistaen, valmistamalla / un fabricant valmistaja
en naviguant navigoiden, navigoimalla / un navigant lentohenkilökuntaan kuuluva henkilö
en intriguant vehkeilemällä / un intrigant vehkeilijä

Certains noms ont une terminaison en ‑ent qui se pro­non­ce de la mê­me ma­niè­re que le par­ti­ci­pe présent en ‑ant :

adhérant tarttuen /un adhérent jäsen
équivalant à qch vastaten jtak / l’équi­va­lent de qch jnk vastine
pré­cé­dant edeltäen / un pré­cé­dent ennakkotapaus
résidant asuen / un résident asukas
présidant johtaen / le président puhemies

Il faut éviter de confondre les for­mes ver­bales avec les noms :

Présidant la réunion du comité de coordination, le président du Parlement a pris connaissance des activités de l’ONG Ce sondage d’opinion a été réalisé par la Commission auprès d’un échantillon de 15 000 personnes résidant dans l’UE.

De plus, il faut se rappeler que le par­ti­ci­pe est invariable. On écrira donc :

des résidents temporaires résidant en France

Atten­tion aus­si aux adjectifs ou noms qui font penser à des par­ti­ci­pes présents, mais qui n’en sont pas en fran­çais moderne (ce sont d’anciens par­ti­ci­pes latins en ‑ens) : décadent, dissident, an­té­cé­dent.

Remar­que FLE  : de nom­breux fran­co­pho­nes ne comprennent pas ces règles ou ces dif­fé­ren­ces, et on trouve de très nom­breux cas d’er­reurs.

ISBN 978-951-39-8092-4 © Jyväskylän yliopisto 2020
Page 46. L’infinitif et le par­ti­ci­pe. Dernière mise à jour : 1.8.2021